Bonne année 2011 à tous donc !
Chap. 34 : ça ira mieux demain !
Le retour de la banque de Gringot fut presque un rêve pour Hermione. Bill ouvrit l'immense porte magique et dévoila à ses propriétaires des monceaux d'or, d'argent et de pierreries. Brièvement Sirius mit en garde sa fille des dangers qui sommeillaient dans son coffre. Nombre d'objets étaient plus ou moins ensorcelés.
- La plupart du temps, je reviens avec des pustules sur les doigts parce que j'ai touché des galions piégés. s'amusa-t-il malgré tout.
- Je crois que je ne vais toucher à rien. affirma Hermione qui préférait éviter ces désagréments.
- Sirius, si tu veux qu'on fasse un tour des sorts présents dans le coffre, il suffit de nous le signaler. intervint Bill.
- Laisse, je m'y suis habitué. fit Sirius avec un sourire. D'ailleurs, je ne vais pas te surcharger de travail maintenant. Ta mère m'en voudrait.
- Au contraire. Je préférerai rester ici. fit Bill en hochant vivement la tête. Tu ne sais pas ce que c'est de vivre entre deux furies.
- J'en ai une à la maison, ça me suffit. rit Sirius en posa une main compatissante sur l'épaule de Bill.
- Ben voyons. fit Hermione en serrant les lèvres et en envoyant un coup de pied rageur dans les tibias de son père qui finalement l'avait mérité.
- Tu vois ce que je veux dire. continua Sirius en grimaçant.
- Sans commentaire. trancha Bill qui semblait tenir à ses tibias.
Le retour fut aussi long que la descente, mais Hermione la trouva bien moins amusante. Maintenant qu'elle avait détaillé le trajet il n'y avait plus de surprise. Ils retrouvèrent Ginny qui sauta au cou de son amie en lui murmurant que son frère ne serait pas déçu en ouvrant le troisième tiroir de son bureau.
Après une collation légère, Hermione et Sirius laissèrent Ginny repartir chez elle bien qu'elle espérait rester encore un peu. Les corvées que sa mère devait avoir préparé à son intention lui pesaient déjà. Son air contrit donna l'envie à Hermione de la retenir encore une journée ou deux. Mais son père s'y opposa affirmant que Molly avait véritablement besoin de tous ces enfants ces jours-ci.
- Rassures ta mère, elle aura bientôt des bras en plus. indiqua Sirius avec un petit sourire entendu.
- Á bientôt alors ! fit-elle avant de s'avancer dans l'âtre.
« §§§ »
Pendant une semaine, ce qui mena Hermione au 15 juillet, les artisans sorciers présents au 12 square Grimaurd purent tolérer la présence des propriétaires des lieux. D'autant que Sirius et Hermione souhaitaient surveiller l'avancement du chantier. Mais il vint un moment où la cohabitation ne fut plus tolérable. Notamment lorsqu'il fallut retirer les lits de la chambre de la jeune irlandaise.
Par contre, Kreatur resta fermement opposé à l'idée de quitter la maison de ses maitres. Il décida de rester caché dans le réduit qu'ils avaient fait aménager dans un recoin de la cuisine, plus sain que le local de la chaudière où il avait l'habitude de résider.
Hermione passa la première par la cheminée. Elle tourbillonnait encore lorsqu'une poigne vive l'extirpa de l'âtre du Terrier. Déstabilisée par la traction, la jeune fille manqua de s'effondrer dans les bras du jeune homme qui venait d'ainsi la faire trébucher. Surprise, mais agréablement tant l'espace ouvert entre les deux bras était chaleureux, Hermione chercha à deviner qui venait de la saisir. Á contre-jour, elle ne pouvait distinguer les traits précis du jeune homme, seuls ses cheveux roux, d'un rouge vif, apparaissaient dans une couronne de lumière.
- Ron ? s'étonna Hermione, mi-amusée mi-satisfaite.
- Raté, essayes encore ! fit une voix dans l'angle opposé de la pièce.
- Voyons, Fred, si tu l'aides on n'y arrivera jamais. insista une seconde voix pratiquement identique à la première. Mécaniquement, Hermione réalisa qu'il s'agissait des jumeaux et qu'aucun des deux ne la tenait. De ce qu'elle savait, Bill était plus massif, Charlie plus grand.
- Hermione, quand tu en auras fini avec Percy. coupa la voix de Ginny. Tu pourras venir un instant ?
Les deux jumeaux jurèrent et assénèrent à leur sœur une série d'injure mal polies montrant qu'ils s'amusaient beaucoup de voir leur ainé se comporter ainsi avec une représentante du sexe dit faible.
- Il est loin d'être galant. intervint Fred.
- Mais plutôt entreprenant. convint George.
- Et s'il continue, il va prendre une gifle. coupa Hermione. Percy ôta prestement ses mains qui avaient eu la fâcheuse tendance à glisser des épaules de la jeune fille. Les deux jumeaux et Ginny prenant conscience du fait s'amusèrent beaucoup de la chose et se gaussèrent de ses manies déplacées pendant les jours qui suivirent.
- On te savait bien élevée. lança George.
- Mais pas au point de lutter contre la gravité. acheva Fred avec un clin d'œil.
Seule Ginny releva le mouvement d'épaule d'Hermione enfin laissée libre par son frère. Mouvement hautement significatif qui induit une question très rapide de la part de la jeune irlandaise.
- Je peux t'emprunter ta chambre ? souffla-t-elle à la rouquine qui se retint de mourir de rire devant les yeux implorants de son amie.
- Évidemment, c'est au… commença Ginny.
- Au premier, deuxième porte à droite, avec une fenêtre qui donne sur le champ derrière. acheva Hermione en s'élançant. Merci, je sais.
La rouquine resta un moment dubitative. Puis elle se souvint que Sirius et Hermione étaient déjà souvent venus pendant qu'ils étaient encore à l'école. Dans ces conditions, la jeune irlandaise avait pu visiter leur maison et donc en connaitre les détails. Elle s'amusa encore un peu en pensant que son aîné avait peut-être plus d'entrainement qu'elle ne l'imaginait avec les atours féminins. En tout cas, Hermione n'était pas heureuse du tour qu'il venait de lui jouer. D'un regard en coin, Ginny observa Percy qui était submergé de remarques désobligeantes de ses frères et paraissait particulièrement gêné. Il était même possible qu'il n'eut pas fait exprès, le bougre.
- Percy, tu penseras à t'excuser. fit-elle en se dirigeant à son tour vers l'escalier.
- Mais pas avant d'avoir fait une ballade. s'esclaffa George.
- Sur les mains bien sûr ! trancha Fred. Le malheureux Percy en était réduit à faire semblant de trouver cela drôle.
En quelques instants, Ginny parvint à la porte de sa chambre et frappa délicatement. Une voix fluette répondit de l'intérieur et la rouquine sut qu'elle pouvait pousser l'huis. Dans un angle de la pièce, Hermione tentait désespérément de remettre ce que le frère de la nouvelle venue avait décroché.
- Besoin d'aide ? fit Ginny narquoise.
- La prochaine fois qu'il m'approche, je gifle d'abord et je discute ensuite. trancha Hermione. La cadette des Weasley se retint de rire tant la mine d'Hermione était affreuse, entre désespoir et fureur. La visiteuse s'attendait à retrouver Ron, s'y croyait même. Avant de constater qu'elle s'écroulait dans les bras d'un autre.
- Ne rigole pas. Je suis persuadée que notre préfet-en-chef ne l'a même pas fait consciemment. annonça-t-elle en replaçant ce qui devait l'être. Hermione leva les yeux au ciel.
- Je vais lui accorder le bénéfice du doute. émit-elle finalement.
- De toute façon dès que Fleurk sera arrivée, il ne te regardera plus du tout. ricana Ginny.
Les deux jeunes filles installèrent du mieux qu'elles le pouvaient la literie qui accueillerait Hermione pendant les prochains jours. Étant donné que la place était limitée et que Ron pouvait difficilement se passer de Emma, il serait absent pendant une part non négligeable de leur séjour. Ce qui permettait à Sirius d'avoir une chambre. Hermione éprouva une certaine déception en apprenant que Ron ne serait pas présent. Pourtant, elle ne l'avait jamais rencontré, à peine aperçu sur le quai 9-3/4 quelques semaines plus tôt.
Quand elles redescendirent à la cuisine, Sirius était arrivé et subissait les remarques de Fred et George à propos de la légèreté avec laquelle leur frère aîné traitait les jeunes invitées. Percy avait disparu depuis longtemps. Patmol n'eut pas un geste de réconfort à l'égard de sa fille. La voir débarquer encore furieuse le rassurait quant à sa réaction. Elle ne se laisserait pas faire et n'avait surtout pas besoin que son père tente de la protéger.
La journée passa sans que l'on ne revoie Percy. Les jumeaux et Ginny montrèrent à la jeune fille l'étendue du Terrier, de ses jardins et de ses cours. Ils essayèrent de la convaincre de jouer au Quidditch mais reçurent une fin de non-recevoir assez sèche.
- Je n'ai qu'une confiance relative dans ces engins. avait-elle affirmé en repoussant le Brossdur de Ron.
- Miss-parfaite aurait-elle des lacunes et des défauts ? remarqua Ginny sournoisement. Le sang d'Hermione ne fit qu'un tour et elle attrapa le balai de la rouquine qu'elle chevaucha vivement.
D'un coup de talon, Hermione fit décoller le balai, le fit avancer docilement sur quelques mètres, à moins de deux mètres du sol, et s'y étala durement. Vraiment, Hermione n'aimait pas les balais volant, et ils lui rendaient bien. La jeune irlandaise resta sonnée quelques instants et quand elle reprit conscience, elle se trouvait encadrée de quatre visages aux cheveux roux.
- Je suis morte, et c'est le paradis ? balbutia-t-elle.
- Qu'avez-vous fait ? hurla celui des visages le plus à gauche.
- Pour une fois. commença l'un.
- Rien du tout. finit un autre.
- Elle est tombée toute seule. lança une voix féminine à droite.
- Si vous bougiez, je pourrais peut-être me relever. trancha Hermione. Immédiatement les ombres s'éloignèrent un peu et des mains l'aidèrent à se redresser.
On convint que la jeune fille n'était pas douée pour le vol en balai et on lui promit de ne plus lui proposer une activité aussi dangereuse.
- C'est marrant. remarqua Fred. Chaque fois qu'un de nos frères s'entiche d'une donzelle, elle ne sait pas utiliser un balai.
- Rappelle-moi de ne jamais aller chez eux. continua George en mimant le geste de nettoyer le sol avec son balai. Ginny brandit sa baguette vers ses frères. Percy joignit la sienne et Hermione éclatait de rire.
La jeune irlandaise fit remarquer qu'elle disposait d'un elfe de maison qui faisait tout cela très bien. De toute façon, ils n'étaient pas moldus et le travail d'entretien de la maison était plus rapidement expédié par magie.
D'une formulation sibylline, elle demanda qui étaient les "donzelles" évoquée. Rougissante, Ginny admit qu'Hermione devait en être une.
- Et avec qui ? s'étonna la jeune irlandaise. Un toussotement lui fit tourner la tête vers Percy qui esquissa un petit geste de la main. Les jumeaux étaient sur le point de s'effondrer, terrassés par un fou rire.
- Mes frères vont un peu vite en besogne. convint Percy. Soyons amis. émit-il avec un effort visible qui contredisait les mots.
- Si nous cumulions le temps que Ron passe à parler d'Emma. lança Fred.
- Et celui que Percy utilise à déblatérer sur Hermione. continua George. Nous devrions atteindre les 26 ou 28 heures par jour.
- Uniquement consacrées à parler, d'amûr. acheva Fred en sur-articulant le dernier mot, se tordant la bouche en une moue délibérément comique.
Hermione rit de bon cœur. Elle trouvait le jeune homme charmant et gentil. De là à accepter de sortir avec lui, il y avait du chemin. Quoi que. Elle détaillait Percy et remarqua qu'il avait fait des efforts pour se rendre présentable et attractif. D'ailleurs rien que sa culture générale et sa conversation le rendait très sympathique. Ils pourraient parler des heures de choses et d'autres avec grand plaisir. Seulement, serait-elle amoureuse de lui pour autant ? Il faudrait peut-être essayer d'abord.
- J'admets que votre frère ne m'est pas indifférent. fit-elle en tournant le dos à Percy mais sachant que le jeune homme devait bouillir intérieurement. Mais qui sont les autres ?
- Emma est la petite-amie attitrée de Ron depuis leur 4ème année. fit Ginny qui fit semblant de compter sur ses doigts.
- Le tournoi des trois sorciers, ça aide pour séduire les filles. coupa Fred.
- Vous y étiez, et vous êtes toujours célibataires. trancha Percy qui semblait trouver du réconfort dans sa remarque.
- Qui te dis que nous l'étions à l'époque. reprit George, ce qui fit l'effet d'un coup de poignard au cœur à leur frère.
- Donc, ceux-là ne sont pas mariés, mais presque. ajouta sérieuse Ginny. D'ailleurs, ils sont tous deux préfets en chefs ce qui va les rapprocher encore.
La jeune irlandaise sentit une vague de jalousie l'envahir en pensant à cette Emma qui vivait manifestement le plus grand des bonheurs avec Ron. Hermione ne comprenait pas pourquoi elle était aussi attachée à ce membre de la famille Weasley. D'autant qu'elle ne le connaissait pas vraiment. Elle songea que cela avait probablement un rapport avec son ancienne vie. Ce qui ne l'avançait pas beaucoup.
- Après, il y a. Ginny semblait peiner à finir sa phrase. Fleurk.
- Fleur Delacour ? fit Hermione vivement. Du tournoi des trois sorciers ?
- Tu vois qu'elle est célèbre. lança Fred en bousculant sa sœur d'une bourrade familière.
- Ginny ne supporte pas sa manière de se comporter. trancha Percy avec un regard désagréable pour sa cadette. L'intéressée imitait une jeune fille minaudant et maniérée. Ce qui amusa Hermione. Pourtant elle savait que Fleur n'était pas aussi caricaturale.
- Mais tu auras l'occasion de la voir, elle vient ce soir. ajouta Ginny. Immédiatement, ces frères prétextèrent d'avoir quelque chose d'important à faire au Terrier et vidèrent les lieux.
Restées seules, les deux jeunes filles discutèrent de Ron et de Percy, de Fleur et d'Emma. Hermione était surtout intéressée par les relations entre Emma et Ron. Elle voulut tout savoir de la jeune née-moldu du nom de Granger. Après un bilan très flatteur, la jeune irlandaise reconnu que cette jeune fille serait probablement une bonne amie. Brillante et dynamique, elle était la personne la plus appréciée de l'école. Surtout parce qu'elle n'hésitait pas à s'opposer à Harry.
De son côté, Ginny aurait voulu que son amie se dise très attirée par son frère. Ce qu'Hermione ne pouvait évidemment pas lui confirmer. Elle le trouvait charmant et gentil, quoi que très maladroit. L'évocation de la scène du matin même ne l'amusait pas beaucoup contrairement à Ginny. Quand il fut question des amours de la rouquine, le malaise changea de bord. Pour le moment, elle sortait avec Dean Thomas, et cela se passait bien.
- Tu n'en es absolument pas amoureuse. coupa Hermione sagace.
- Pas vraiment. admit la jeune fille.
La rouquine expliqua qu'elle s'intéressait aux garçons pour ne pas trop penser à celui qui lui plaisait vraiment mais qui ne la remarquait pas. D'ailleurs, dans l'état actuel des choses, elle était certaine que cela finirait très mal.
- Harry n'est pas fondamentalement méchant. remarqua Hermione en regardant dans le vide. Quoi qu'elle n'observait pas son amie, elle sentit que Ginny tressaillait. Mais tu as raison d'attendre un peu.
- Attendre un peu. tu plaisantes ! coupa Ginny. Comment veux-tu qu'il y ait quelque chose de positif entre nous ?
Hermione resta sans répondre. Elle ne pouvait pas expliquer que le corps d'Harry recélait deux âmes qui s'opposaient et que pour l'heure, celle de Voldemort dépassait largement celle du jeune homme. Par ailleurs, elle avait la certitude que Ginny et Harry étaient destinés à être proches l'un de l'autre. La jeune irlandaise lui certifia que l'avenir était chargé d'incertitudes et qu'elle ne doutait pas qu'elle puisse mettre la main sur Harry et qu'elle pourrait s'en féliciter. La voix de Molly retentit sonore et impérative. Il était grand temps de rentrer.
- Tu parles. lança Ginny en se relevant. Un odieux bonhomme égoïste. joli "survivant" en fait.
- Pourtant, tu t'es précipitée quand il est arrivé au terrier. remarqua Hermione avec un sourire.
- Et je n'ai pas su dire un mot. coupa Ginny visiblement désabusée.
D'un geste amical, Hermione conduisit la cadette des Weasley jusqu'à la cuisine. Il faisait encore grand jour et la table serait probablement dressée dehors. Quand il y avait un trop grand nombre de convives, il était systématiquement fait ainsi. Dans la cuisine, Molly discutait avec Sirius pendant que les garçons entouraient une jeune fille à l'abondante chevelure blonde. Étonnamment, Sirius semblait peu sensible aux effets que provoquait en règle générale la jeune vélane. Par contre, Molly faisait particulièrement attention à ne pas rester à proximité de la jeune femme qui souhaitait par contre apporter son aide à tous propos. Ginny avait expliqué à Hermione que sa mère ne voyait pas d'un très bon œil sa future belle fille.
- Ah, Hermione. dit-elle, en voyant entrer les deux jeunes filles. Viens que je te présente à Fleur. Elle l'emporta comme un vulgaire tas de linge jusqu'à la vélane.
- 'Ermione ? fit, intriguée, Fleur en tendant une main délicate. Nice to meet you. continua-t-elle dans un anglais teinté d'un fort accent français.
- C'est moi qui suis très honorée de vous être présenté. convint Hermione. J'ai beaucoup entendu parler de vous.
- Cessez donc, vous allez me faire rougir. répondit la vélane. Hermione remarqua qu'il n'y avait plus d'accent.
- Si c'était le cas, plus aucun mâle alentour ne pourrait résister. se gaussa Hermione. Fleur s'amusa beaucoup de la remarque et éclata d'un rire cristallin.
- Ma mère est une vélane. indiqua Fleur en pointant un doigt devant ses lèves. Je ne fais pas cela volontairement. un clin d'œil démenti aussitôt l'affirmation.
- Vous pourriez parler anglais ? intervint enfin Sirius. Fleur et Hermione le regardèrent surprises.
- Désolée, je ne savais pas que. commença Hermione. ignorant véritablement qu'elle pouvait parler une autre langue.
- Tu parlais un français vraiment parfait. acheva Fleur en la félicitant chaudement. Pas une trace d'accent. Alors que moi, je ne parle toujours pas correctement votre langue.
- C'était très impressionnant. continua Percy. Derrière lui sa sœur mima un "lèche-botte" peu flatteur.
Hermione s'excusa de l'aparté qui s'était constitué. Elle reconnut sans difficulté qu'il s'agissait encore d'une aptitude étrange de la fille non moins étrange de Sirius. La famille Weasley, Molly et Ginny en tête, était très satisfaite d'avoir à disposition quelqu'un capable de traduire rapidement ce qui se disait. Car en ce temps de préparatifs de mariage, il n'y avait guère d'instants qu'ils pouvaient perdre.
- Un mariage ? s'étonna Hermione. Elle avait beau savoir plus ou moins ce qui se tramait, personne n'avait encore fait l'effort de lui annoncer clairement la situation.
- Ma pauvre enfant. lança Moly, nous t'avons laissé dans l'ignorance. Elle toisa méchamment Sirius qui lui fit comprendre qu'il n'avait fait que se conformer à ses propres directives.
- J'imagine qu'il est question de Fleur et de Bill. continua la jeune irlandaise pour qui il ne pouvait en être autrement.
- Pour Ron et Emma, il faudra attendre un an ou deux. trancha Moly qui semblait avoir lu dans les pensées de la jeune fille qui en rougit instantanément.
Dès lors qu'elle était au fait des événements, Hermione fut noyée de détails concernant la cérémonie, le repas, la tente et même les dimensions des angelots qui se dresseraient sur la pièce montée. Le fait qu'elle s'exprime en un français presque parfait permettait de réduire considérablement les délais. Arthur put ranger son mauvais dictionnaire dans le fond de sa bibliothèque. Fleur expliqua à Hermione qu'elle devait lire sur les lèvres de son futur beau-père pour essayer de comprendre les mots tant les sons qu'il produisait ressemblaient à… rien.
Pendant presque une semaine Hermione devint l'interprète officiel du Terrier. En plus d'aider Fleur à comprendre les décisions ou les propositions de ses beaux-parents et surtout des artisans magiques, elle devait traduire pour les parents de la future mariée qui étaient venu constater l'espace disponible. Les choses avançaient vite et la cérémonie aurait lieu comme prévue le 7 août suivant. Ce qui laissait moins de trois semaines.
Au cours des intermèdes que représentaient les repas en famille, Molly ne se lassait jamais de raconter les souvenirs qu'elle avait d'Hermione-mère. La jeune irlandaise tiquait chaque fois à cette dénomination, elle savait qu'il n'existait aucune parentèle entre Sirius et elle, et il était fort probable que Miss Parkinson comme disait Dumbledore, ne soit pas non plus sa mère. Hermione était très inquiète à ce propos. Car elle ignorait ce qu'elle faisait dans cette affaire. Si Sirius n'avait pas cru reconnaitre le regard de sa Parkinson en la dévisageant le premier soir, elle ne serait plus là depuis longtemps. Elle soupçonnait d'ailleurs Patmol d'avoir nourris de profonds sentiments pour Parkinson durant toutes ces années et de déverser ceux-ci sur elle par défaut. Dans le même temps, Hermione se sentait très attachée à son père adoptif. Mais dans ce cas aussi, s'agissait-il d'amour filial ? Hermione ne préférait pas réfléchir trop à cette question. Et écouta la conversation avec un peu plus d'attention.
- Il fallait voir ça. prêchait Molly devant un auditoire faussement attentif. Lestrange se trouvait devant moi qui cachait Ron et Ginny dans des fourrés.
- C'était un sort de dissimulation, pas de vrais fourrés. coupa Hermione en portant sa fourchette à la bouche.
- C'est vrai, en effet. fit Molly en se remémorant les détails de la scène.
- J'ai dit quelque chose de mal ? s'enquit Hermione alors que tous les regards se tournaient vers elle. Hermione connaissait mieux que Molly le déroulement de l'épisode, ils en restaient ébahis.
- Je parie que Ron pleurait comme un bébé. intervint Fred qui trouvait une occasion de se moquer de son cadet.
- C'en était un. rappela Ginny.
- Si je me souviens bien, vous étiez en train de martyriser cette pauvre Josy. lança Hermione amusée rétrospectivement des malices qu'ils faisaient subir à la pauvre femme de chambre.
Immédiatement, Molly relança la conversation sur le personnel du "Sleepin' Chess" mais les souvenirs de la jeune irlandaise s'étaient déjà taris. Elle ne put expliquer d'où lui venaient les détails concernant cet épisode déjà lointain. Mais elle avait eu le mérite d'empêcher Molly de raconter ces souvenirs pour la dixième fois en cinq jours. Il fut décrété que Hermione-mère avait raconté beaucoup de choses à sa fille et que malgré une mémoire défaillante, celle-ci se souvenait d'un grand nombre de détails. Cette solution ne satisfaisait guère Hermione qui n'envisageait pas un voyage dans le temps mais trouvait ces souvenirs trop réels pour avoir été vécus par quelqu'un d'autre.
Pendant qu'elle aidait à organiser techniquement le mariage, les membres de la fratrie Weasley présents, furent employés à ranger, nettoyer et réparer tout ce qui en avait le besoin. Même Arthur et Sirius furent mis à contribution lorsqu'il fallut égaliser le terrain pour poser l'impressionnant chapiteau qui servirait à la réception.
Parfois, ils avaient un peu de temps libre. Fort peu tant il y avait à faire, mais un peu tout de même. Hermione aurait souhaité en employer un maximum avec son père, cependant quand il le pouvait, celui-ci retournait sur Londres pour s'occuper de ses affaires.
Une fois, après qu'Hermione eut embrassé son père qui partait en ville, Fleur la surprit chantonnant "j'aurais voulu être un artiste".
- Tu connais Balavoine ? s'étonna la française. C'est pourtant un chanteur moldu.
- Je pourrais te dire la même chose. répliqua Hermione ce qui amusa Fleur.
- Chez nous, les limites sont moins nettes. reprit Fleur.
- Beaucoup de sorciers vivent en province dans des villes moldues. continua l'irlandaise.
- En effet. Nous n'avons pas de quartiers entiers réservés à la magie comme ici. soupira Fleur.
- En Irlande non plus nous n'avons pas tant de zones protégées. conclut Hermione.
Une proximité particulière se faisait entre Hermione et Fleur toutes deux apatrides. Même si Ginny s'entendait bien avec Hermione, elle avait des liens d'amitiés plus étroits avec Emma puisqu'elles avaient pratiquement grandies ensembles. La française fut désolée d'apprendre que Hermione avait perdu la mémoire. Par la suite, elle essaya de faire raconter des anecdotes à l'amnésique et apporta nombre de ses propres souvenirs. Dans le secret espoir de faire surgir des détails utiles. Mais la jeune irlandaise parlait un français sans accent ou presque, il était donc difficile de savoir où elle avait appris cette langue. De son côté, Fleur avait un petit accent du sud-ouest qui chantait et qui était agréable à entendre. Hermione en acquis la certitude qu'elle n'avait jamais visité sa région d'origine mais elle promit de s'y essayer.
Les deux « étrangères » comme avaient tendance à les désigner les jumeaux, discutaient dans la langue de Molière de choses et d'autres. Probablement l'une des épreuves de la coupe des trois sorciers, ou de musique. Quand Fleur se leva de table et se pencha vers Hermione.
- Je crois que je gêne. Glissa Fleur sur le ton de la conversation. Dès qu'elle se fut éloignée de quelques pas, Percy vint occuper le siège laissé vide.
- Je t'en prie, assieds-toi. Ironisa Hermione.
La jeune fille avait modérément envie de se laisser approcher par le plus brillant des Weasley. Maintenant qu'elle savait ce qu'il espérait, elle se sentait un peu prise en défaut. Surtout parce que c'était son cadet qu'elle aurait préféré voir devant elle. Il tenta quelques platitudes pour décrisper la situation. Sans grand succès évidemment. Hermione avait attrapé un magazine qui trainait à proximité et n'en levait plus la tête. Elle regrettait que son père ne soit pas resté ce soir-là. Au moins, il ne l'aurait pas laissée seule face à Percy. Elle fut prise d'un ricanement en remarquant qu'elle voulait avoir auprès d'elle le père possessif et protecteur qu'elle passait son temps à incriminer de tous les maux.
- Tu te rends compte que nous avons 5 ans d'écart ? fit-elle enfin. Percy resta coi un moment. Comme elle soutenait sans difficulté des conversations d'adultes, il n'avait pas prêté d'attention à son âge.
- Ne me fais pas marcher, tu n'as pas 16 ans. Intervint-il en reprenant contenance.
- C'est pour ça que je rentre à Poudlard dans la classe de ta sœur. Susurra bien doucement la jeune fille pour l'obliger à tendre l'oreille. La nouvelle décontenança le jeune homme.
- Je l'ignorais. Balbutia-t-il.
- Vas donc te coucher, ça ira mieux demain. Lui lança narquoise la jeune fille. Mais Percy ne semblait pas encore vaincu.
Le jeune homme lui rappela qu'il travaillait au ministère anglais de la magie. Devant l'absence de réaction de son interlocutrice, il insista. Ces derniers jours, il avait eu l'occasion de discuter avec certains aurors, dont une surnommée Tonks. Bien qu'elle essaya de ne pas montrer ses craintes, Hermione ne pouvait feindre de ne pas comprendre.
- Tu as une idée de mon niveau scolaire, la belle affaire. Fit-elle en haussant les épaules de dédain.
- Et de ton âge réel aussi. Continua-t-il en ne quittant pas de ses yeux ceux de la jeune fille.
- Je t'écoute. Trancha Hermione après un silence qu'elle mit à profit pour contrôler sa respiration. Percy paraissait satisfait de sa réplique.
- D'après elle tu ne peux pas avoir moins de 21 ans. Avança-t-il. Hermione resta pétrifiée d'effroi.
C'était encore pire que ce qu'elle imaginait. Á sa naissance, Sirius n'avait pas 14 ans. La jeune fille ne pouvait évidemment pas se souvenir qu'elle avait passé presque 5 ans dans le passé. Partie en mai 1997 à 18 ans, elle était revenue en novembre 1981 et erra jusqu'au mois de juillet 1985, en ajoutant l'année à venir, elle aurait au mois de mai 1998 suivant 24 ans au lieu de 19. Ce qui expliquait sa proximité avec Fleur, Bill et Percy. Et ce qui la rendait un petit peu trop âgée pour Ron ou Harry.
- Donc, tu n'as pas honte de sortir avec une fille plus âgée que toi ! reprit difficilement Hermione.
L'information la bouleversait mais elle ne pouvait pas le laisser paraitre. Toute sa vie actuelle était basée sur l'erreur d'estimation et l'affection que Sirius portait à une jeune femme qui n'était, pour le coup, absolument pas sa mère. Cela remettait aussi en cause son échange de souvenirs avec Harry et son interprétation de la mort de Jedusor. Pour l'heure, elle ne devait absolument pas penser à toutes les implications que pouvaient avoir cette révélation.
- Nous sommes de la même promotion. Coupa-t-il.
- Excuses-moi, tu fais plus jeune. Ricana-t-elle pour le vexer un peu. Elle passa la main sur son propre menton pour faire référence à l'absence presque totale de pilosité remarquable sur le visage de Percy.
- Très amusant. Sourit-il. Il n'empêche que d'habitude je préfère les filles intelligentes aux filles jolies. Cette fois, je suis comblé sur les deux tableaux. Il lui adressa un clin d'œil pour lequel elle n'eut pas le cœur de se réjouir.
- Je vais prendre cela pour un compliment. Souffla-t-elle en touchant son estafilade du bout des doigts. Ce qui attira immédiatement l'attention du jeune homme.
- Tu veux que je l'efface ? s'enquit-il en sortant un pot d'onguent de sa poche. Il avait manifestement prévu son intervention.
La jeune fille refusa qu'on intervienne sur cette petite cicatrice. Contrairement à celle de Harry, elle n'avait aucune influence sur son comportement, mais elle avait une raison d'être. Tant qu'elle ne se souviendrait pas quand et comment elle l'avait reçue, Hermione s'était juré de la conserver. Percy comprit assez aisément ces raisons et trouva même tout à son honneur de chercher à savoir ce qui lui était arrivé par le passé.
Peu à peu, les membres de la famille Weasley avait regagné leurs chambres respectives. Quand Hermione et Percy décidèrent de les rejoindre, Arthur émergea d'un profond fauteuil où il devait avoir dormi un moment. Les deux jeunes gens s'étonnèrent de sa présence. Il y répondit narquois que Molly n'aurait pas accepté de laisser seuls deux adolescents en âge de penser à autre chose qu'aux petits oiseaux. Hermione affirma que c'était une réflexion un tantinet fallacieuse, Ron était bien chez Emma, sans surveillance particulière. Visiblement, ni Arthur ni Percy n'étaient dupes de l'hypocrisie de la situation. Plantant là les deux derniers représentants mâles de la famille, Hermione escalada les escaliers prestement. Ginny quoique couchée, attendait son amie un livre à la main. Le dit livre dodelinait un peu mais ne chutait pas, encore.
- Alors, mon frère ? s'enquit-elle un peu pâteuse.
- Entre rustre et goujat. Ça te vas comme description ? répondit agacée Hermione.
- Il t'a parlé de ton âge. Continua Ginny en ouvrant un peu plus les yeux. C'est quelque chose qu'on ne doit pas faire à une dame. Je lui ai dit pourtant !
- Il y a encore quelqu'un qui ne sait pas quel est mon âge dans cette maison. Éclata Hermione déboussolée.
- Depuis que Tonks est venue, je ne crois pas. Sourit Ginny
La rouquine entreprit de lui expliquer la comédie qui était jouée par Dumbledore et Sirius depuis son arrivée. Ils doutaient qu'elle soit véritablement de la famille Black, mais il fallait absolument construire une identité à la jeune fille en attendant qu'elle recouvre la mémoire d'elle-même.
- Il parait que ce n'est pas un accident. Fit Ginny. Ta perte de mémoire je veux dire. Acheva-t-elle rapidement.
- Je ne pense pas que ce soit un simple sort d'oubliette non plus. Trancha Hermione.
- C'est beaucoup plus grave. Continua Ginny l'air sombre. Probablement de la magie noire.
- Donc ils croient que je suis une alliée de Jedusor ! s'étouffa l'irlandaise.
- Dumbledore a certifié que non. Coupa Ginny. Et tu sais que tout le monde lui fait confiance. Hermione l'admit sans mal.
De fille illégitime Hermione avait vu son statut glisser à celui d'inconnue. Mais au moins, elle n'était pas considérée comme une mangemort. Ce n'était déjà pas si mal. Tous ces repères n'en étaient pas moins bouleversés.
- Sirius a toujours dit que ça ne changeait rien pour lui. Reprit Ginny coupant Hermione dans ses réflexions.
- Ah, bon ! Se contenta-t-elle de répondre.
L'indifférence de la jeune irlandaise poussa Ginny à considérer qu'il était largement temps de s'endormir. Hermione se déshabilla et se glissa dans les couvertures. Elle pleura abondamment cette nuit-là.
« §§§ »
Le lendemain, Hermione attendit impatiemment le retour de son père adoptif. Aucun membre de la fratrie ne semblait porter la moindre attention au fait qu'elle n'était pas celle qu'elle avait crue être. Ils étaient informés de la situation depuis bien plus longtemps qu'elle. Ce qu'Hermione estimait être une information neuve était déjà ancienne pour eux.
Un invité sortit précipitamment de la cheminée, Hermione se leva pour l'accueillir avant de constater qu'il s'agissait de Harry. Celui-ci n'avait absolument pas l'air satisfait.
- Tu es là toi ! hurla-t-il. Comment as-tu réussi ce tour-là ! Il brandissait sa baguette sous le nez d'Hermione qui se demandait ce qu'il lui voulait.
- De quoi tu parles ? finit-elle par demander le plus naturellement du monde.
- De ton sort qui bloque la magie évidemment. Aboya-t-il.
- Bien sûr, le sort d'Obliterium. Fit-elle en se frappant le front de la paume de la main. Tu n'as pas réussi à le supprimer toi-même ? demanda-t-elle visiblement moqueuse.
- Sans utiliser de magie, t'es vraiment une marrante toi ! coupa-t-il.
Pendant le bref échange, Ginny, ses frères et ses parents s'étaient approchés, un peu inquiets. Harry écumait littéralement de rage sous le regard indifférent d'Hermione. Arthur s'approcha discrètement d'elle.
- Un sort d'Obliterium. Impressionnant. Je comprends qu'il soit énervé. Bravo. Ajouta-t-il en gratifiant Hermione d'une tape à l'épaule.
Sans que personne ne pût le prévoir ou prévenir, Harry lança un sort de stupéfixion sur Hermione ce qui la projeta durement sur le dallage de la cuisine du Terrier. Elle perdit conscience instantanément en ne vit pas ce qui suivit. Heureusement, on lui raconta, et on le raconte encore certains soirs.
Sirius émergea à son tour de la cheminée et assista à la défaite de sa fille. Son caractère impulsif prit le dessus immédiatement.
- Harry ! Ne touches pas à ma fille ! éructa-t-il. L'interpelé eut à peine le temps de se retourner pour prendre en pleine poitrine un sort de stupéfixion qui l'envoya rejoindre Hermione.
Les deux contusionnés furent allongés sur les canapés du salon. Hermione reprit pied très rapidement. Ce qui n'était pas anormal compte-tenu de sa formation. Quand elle se redressa, les bras de Sirius l'enlacèrent tendrement. La jeune irlandaise se sentit rassurée de sa présence.
- Papa. fit-elle. Puisque tout le monde sait que je ne suis pas ta « vraie » fille. Pourquoi tu ne m'as pas prévenue ?
- Parce que, je t'aime comme ma fille, tout simplement. Répondit-il avec un large sourire qui émut toutes les femmes présentes. Hermione articula pour ces dames « il est à moi, je le garde ! »
Personne ne faisait véritablement attention à Harry, pas même Ginny assise sur l'accoudoir du canapé sur lequel Fred et George l'avaient rudement déposé.
- Alors la bâtarde n'en est pas une ! ricana-t-il. Tante Jane va être ravie de le savoir !
- Toi, Potter, tu nous lâche, sinon, tu vas avoir de mes nouvelles. Cracha Ginny. Harry médusé semblait la voir pour la première fois de sa vie.
- Désolé. Je ne voulais pas être désagréable. Balbutia-t-il. C'est venu tout seul. Un étonnant ton de sincérité accompagnait sa remarque.
- Il faudra plus que ça pour qu'on ait envie de te garder. Continua Ginny déchainée par l'agressivité des événements précédents.
- Harry, dès que tu seras en état, tu auras intérêt à rejoindre la maison des Malefoy. Coupa Sirius sur un ton sans compromis. Hermione ressentait quelque chose d'étrange dans l'attitude de Harry mais ne parvenait pas à déterminer quoi.
Le jeune homme se redressa en frôlant Ginny qui s'écarta d'un pas mal habile, manquant de renverser un guéridon. Il se précipita pour empêcher le meuble de tomber et s'excusa du dérangement. Portant la main sur le front, frottant sa cicatrice visiblement douloureuse, il sortit de la pièce pour gagner la cuisine. Fred et George l'escortèrent. Ginny le regarda partir, tiraillée entre l'envie de lui courir après pour l'arrêter et celle de le trucider sur place.
- Dis-moi Hermione, ce sort d'Obliterium, tu as appris ça où ? demanda Arthur, revenant à la conversation précédent les événements.
- On utilisait ça Sean et moi pendant la guerre pour bloquer l'ennemi. Répondit-elle machinalement. Le temps qu'ils pensent au sort de levicorpus et nous pouvions en immobiliser plusieurs.
- Un lévicorpus pour un obliterium ? s'étonna Sirius. Pas très logique.
- Mais tellement plus simple que l'anti-sort normal. Sourit Hermione.
- Il faudra juste que tu nous dises de quelle guerre il était question. Releva Fleur en français. Hermione la dévisagea surprise et atterrée. Elle ignorait ce détail et rien ne reviendrait, comme d'habitude.
Gentiment, les Weasley ménagèrent Hermione le reste de la journée. Elle se sentait engourdie de ne pas avoir le droit de bouger. Mais Ginny ou Fleur veillaient bien, à tour de rôle, qu'elle ne quitte pas son confortable canapé. Tout serait prêt pour le mariage dans quinze jours. Auparavant, Hermione et Sirius devraient affronter la famille adoptive de la jeune fille pendant l'anniversaire officiel de Harry.
- Comme d'habitude, nous ferons son anniversaire officieux ici. indiqua Molly. Ses enfants protestèrent que cet événement tournait systématiquement au règlement de compte.
- Ce n'est pas une raison. Trancha Arthur. Nous sommes le semblant de famille qui lui reste.
- Et nous avons tous besoin d'amour et d'affection. Continua Hermione. Et je suis bien placée pour le savoir. Acheva-t-elle devant les regards intrigués des Weasley et de son père.
Le 29 juillet, Hermione et Sirius eurent enfin l'autorisation de rentrer chez eux. Dans deux jours ils fêteraient l'anniversaire d'Harry Potter et sa majorité.
