Chap. 40 : "Kiss the bride".

Le soir, Hermione raconta à son père tout ce qu'elle avait appris de Dumbledore. Ils avaient soupé très légèrement dans la cuisine sous le regard suspicieux de Kreatur. Que la jeune fille ait été accusé de meurtre aurait plutôt amélioré encore sa position dans le classement des 10 membres de la famille Black les plus dignes d'être connus. L'elfe de maison aimait visiblement le caractère sanguinaire de la famille de ses propriétaires. Il paraissait un peu déçu qu'elle soit innocentée. Par conséquent, Kreatur la suspectait d'être lâche et de ne pas porter les responsabilités de ses actes. Malgré les dénégations de Sirius, il affectait de la considérer coupable.

Assez rapidement, Hermione eut assez de ces remarques et décida de se réfugier dans le salon du premier étage. Délaissant le piano auquel elle dédiait pourtant un temps habituellement considérable, la jeune fille s'effondra dans un canapé avant de pleurer doucement. Personne n'avait prêté attention à ses propres sentiments. Seuls comptaient les objectifs, les missions et que savait-elle encore. Pourtant, tout ce qu'elle désirait était d'être un peu tranquille, de vivre une vie normale avec son père, ses amis, son petit-ami. Elle s'aperçut qu'elle n'avait pas donné de nouvelles à Percy depuis son départ pour Sainte-Mangouste. Il était déjà tard et elle n'allait pas pouvoir le contacter, lui envoyer un hibou. La possibilité de se rendre chez lui traversa son esprit avant d'être écartée. Elle ne s'y sentait pas prête.

Progressivement, la jeune fille parvint à reprendre le dessus. Hermione n'allait pas sans cesse s'apitoyer sur elle. Si elle voulait un peu de tranquillité, il lui suffisait de prendre la distance nécessaire. Jusqu'à la fin de l'été, elle se débrouillerait pour ne pas être confronté à Dumbledore ou à Harry. Ainsi, elle pourrait profiter pleinement de ses vacances.

Avec douceur Sirius apporta un thé de Chine infusé exactement comme il le fallait. Hermione ne savait pas pourquoi, mais alors qu'elle préférait le café, le thé oolong l'apaisait, comme si il était relié à de délicats et agréables souvenirs.

- Tu te sens mieux ? fut la première question de Sirius.

- Très bien, je te remercie. J'avais besoin d'un peu de solitude. répondit Hermione avec un sourire un peu humide. Son père fit semblant de l'ignorer en s'installant à ses côtés pour la prendre dans ses bras.

- Je vais demander à Albus de te libérer de cette mission inutile. reprit-il pour soulager un peu plus sa fille.

- Ce n'est pas la peine, rassures-toi. sourit la jeune fille. J'en ai vu d'autres.

- Peut-être, mais Harry est quelqu'un de spécialement odieux. continua Sirius déterminé. Je veux seulement te protéger.

- Harry n'est plus le même. coupa Hermione. Maintenant que Jedusor est revenu.

Un cri coupa la discussion. Comme elle le présentait, Sirius fut spécialement heureux d'apprendre que son filleul était libéré de la néfaste présence de Jedusor. Cependant, l'idée que Voldemort soit de retour n'avait pas la même incidence sur son moral.

- Comment ça "revenu". s'écriait-il. Je le croyais mort et enterré.

- Mort, il l'était. Enterré, je suis bien placée pour savoir que non. sourit Hermione qui se rappelait parfaitement les conditions de son anéantissement. C'est un autre adversaire que nous avons à combattre.

Hermione expliqua par le menu la magie mise en œuvre par Jedusor pour se rendre immortel. La création des horcruxes, tant par le procédé que par les objets choisis et leur nombre, estomaqua Sirius. Il peinait à croire que tout ce qu'elle racontait pouvait être véridique. Pourtant, il restait encore des horcruxes non identifiés cachés à deux ou trois endroits différents. Hermione en détenait un, celui que son oncle adoptif avait volé, un autre se trouvait probablement à Gringott's, un autre enfin chez les Lestrange. La question n'était pas de les trouver et de les détruire. Hermione pensait que l'ordre du Phénix sous la direction de Dumbledore saurait se préoccuper de tout cela. Non, le problème était d'informer le monde magique de son retour sans passer pour des fous.

- N'est-il pas possible de le détruire une bonne fois pour toute avant qu'il ne retrouve toute sa puissance. s'enquit Sirius visiblement inquiet de revivre la guerre une nouvelle fois.

- Tant qu'il reste des horcruxes, il risque de revenir. grimaça Hermione.

- C'est pour cela qu'Albus veut que tu t'en occupe. conclut-il fâché.

- Non, c'est ma mission. coupa Hermione. Il faut que tu comprennes. C'est moi qui décide dans cette histoire, pas Dumbledore.

Le constat qu'elle venait d'énoncer, Hermione ne s'était pas préparée à l'avoir. Jusqu'au moment où elle l'avait dit, elle n'y pensait pas. Évidemment qu'elle décidait de tout. Une fois que les horcruxes seraient détruits, elle pourrait s'arrêter et profiter de l'instant présent. Rien qu'à cette idée, Hermione se sentait beaucoup mieux.

- Au lit petite fille. intervint Sirius en constatant que sa fille se pelotonnait encore un peu plus contre lui. Et cette nuit, c'est toi qui garde Cassy.

- Pourquoi ? elle t'ennuie tant que cela ? s'étonna Hermione. C'est ton chat.

- Non, il semble que ce soit le tien. répondit-il d'abord. C'est juste qu'elle a décidé de me chasser de mon propre lit.

La jeune fille rit de bon cœur en imaginant les trois kilos de poils noirs pourchassant de ses câlins assidus la carcasse chaude et confortable d'un Sirius qui tente désespérément de s'enfuir. Elle allait proposer à son père de partager sa chambre mais manifestement, ce n'était pas à l'ordre du jour. D'ailleurs, Cassy s'empresserait de le suivre dans son nouveau lit. L'irlandaise accepta donc le fardeau sans peine. En montant se coucher, elle attrapa la carpette noire qui reposait sur l'un des fauteuils du salon. Cassy bâilla très ostensiblement avant de se laisser emporter par les mains délicates de la jeune fille.

« §§§ »

Les jours s'égrainèrent très vite. Ainsi, le 4 août arriva avant qu'Hermione ait compris qu'elle serait réquisitionnée pour les dernières mises en place du mariage de Bill et Fleur. Les préparatifs les plus importants s'achevaient sans peine avec l'aide de professionnels. Cependant, l'ensemble des membres de la famille devait terminer de ranger, d'ordonner et de nettoyer le Terrier. De son côté, Sirius s'était proposé pour recevoir certains invités qu'il n'était pas possible de loger chez les Weasley. Notamment les amis et la famille de Fleur. Du coup, Hermione s'était trouvée privée de chambre et logée chez Ginny. Ce qui n'était pas pour lui déplaire. Un moment, Percy avait proposé de la recevoir. En rougissant, elle avait décliné l'invitation. La cadette des Weasley en tirait un grand amusement. Elle répéta la scène si souvent au cours des trois jours qui suivirent que même Emma qui avait de l'humour ne pouvait plus supporter les mimiques de Ginny. Hermione remercia son alter-ego de son tact.

Contrairement à ce qu'elle avait craint, Hermione supportait assez bien de se trouver sous le même toit que Ron et Emma. Les deux amoureux passaient finalement très peu de temps ensemble tant il y avait à faire. D'ailleurs, Percy aussi passait beaucoup de temps chez ses parents, ce que fit remarquer Molly un nombre incalculable de fois jusqu'à ce qu'Hermione lui explique qu'elle s'en rendait parfaitement compte.

Le soir du 5 août, les jeunes gens étaient un peu seuls. Il ne restait plus sous le grand chapiteau qui servirait dans moins de deux jours que les jumeaux, Percy et Hermione, Ginny, Ron et Emma. Percy soupçonnais ses frères de vouloir cacher quelques surprises indélicates dans les recoins de la tente. Par conséquent, il dépensait plus d'énergie à les surveiller qu'à écouter la conversation. D'une certaine manière, Hermione en était satisfaite.

- Alors, comment tu supportes mon frère ? s'enquit Ginny.

- Pour l'instant ça va. répondirent ensemble Emma et Hermione.

La rouquine s'esclaffa devant le regard étonné de l'une et l'autre des Granger. Elles avaient répondu parce qu'elles se sentaient toutes les deux également concernées. Ce qui, finalement était vrai. Hermione fut très surprise de voir Emma murmurer un sortilège de brisure sur le siège de Ginny qui s'effondra doucement sous le poids de la jeune fille. Elle-même n'aurait pas osé. Il fallait croire que les alternatives de l'histoire avaient permis que son alter-ego soit plus impulsive. Les différences d'ailleurs ne s'arrêtaient pas à cela.

Lors de leur première rencontre, Hermione avait longuement détaillé Emma. Par précaution, la jeune irlandaise avait conservé ses lunettes pour modifier un peu l'ovale de son visage. Bien que seul Clark Kent puisse croire que cela fonctionne. Dans les faits, Emma ressemblait peu à Hermione. Plus exactement, Emma concordait avec le souvenir qu'Hermione avait de son propre physique. Elle était brune avec des cheveux en broussailles, le visage rond de l'adolescence finissante, et des dents un peu longues. La jeune irlandaise sourit en coin en se souvenant que les siennes avaient été réduites à la suite d'un usage frauduleux de polynectar qu'évidemment Emma n'avait pas eu à préparer.

En comparaison, Hermione était dix centimètres plus grande, mais aussi plus svelte. A posteriori, elle se satisfaisait particulièrement de son entrainement intensif. Son visage était plus effilé, son estafilade modifiant un peu l'impression qui s'en dégageait. Ron admit le matin même du mariage qu'Hermione lui avait fait peur la première fois qu'ils s'étaient rencontrés en raison de cette fine cicatrice. Même la couleur et l'ondulation des cheveux d'Hermione n'étaient pas les mêmes que ceux d'Emma. De ses voyages en mer étaient restée une décoloration de ses cheveux et de ses yeux[1]. Ils étaient ondulés en non frisés. Intérieurement, Hermione plaignait Emma qui devait passer un certain temps tous les matins pour se coiffer. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait plus ce problème. Quoi que cela serait mieux si elle s'attachait les cheveux au lieu de les laisser relâchés comme le faisait en général Ginny.

- Emma, je connais ta réponse. reprit Ginny. Je parlais à mon autre future belle-sœur. Hermione tourna machinalement son bracelet de cuir avant de répondre.

- Percy est positivement adorable. minauda-t-elle en imitant Fleur, ce qui amusa les jeunes gens. Et je l'aime beaucoup. acheva-t-elle.

Percy sembla entendre seulement une partie de la remarque de sa petite amie qu'il tenait distraitement entre ses bras et lui déposa un léger baiser sur les lèvres avant de détourner son attention sur Fred et George qui courraient d'un bout à l'autre de la tente. Emma et Ginny rirent un moment de l'air désabusé qu'avait immédiatement pris Hermione. Seul Ron ne semblait pas comprendre ce que cela pouvait avoir de drôle.

- Maman est plus que satisfaite de vous voir collés l'un à l'autre. remarqua Ron. Alors que dès que j'approche Emma, elle trouve immédiatement une bricole idiote à faire. Il se renfrogna malgré le soutien tactile de son amie.

- Parce que vous êtes encore à l'école. trancha doctement Ginny.

- Merci pour moi. remarqua Hermione. Je te rappelle que je fais ma rentrée avec vous dans un mois.

- Sur ordre de Dumbledore. Ce n'est pas pareil. coupa Ron visiblement bien informé.

La jeune irlandaise constata que le vieux directeur faisait pleinement confiance aux amis d'enfance d'Harry comme il l'avait fait dans ses souvenirs. D'une certaine manière, elle se sentait rassurée. Mener cette bataille seule aurait été bien trop difficile. Elle avait encore besoin de l'amitié de Ron même s'il n'était plus question d'affection. Emma insista pour qu'Hermione lui raconte un maximum de choses sur l'enseignement en Irlande et sur les sorts qu'ils utilisent là-bas.

- Je n'ai pas beaucoup de souvenirs spécifiques. s'excusa Hermione. Je crois que nous utilisons les mêmes sortilèges. Emma fit une moue déçue. En cela, les deux jeunes filles se ressemblaient encore.

- Il parait que tu es très douée. lança Ron. En tout cas, c'est ce que dit Tonks.

Hermione sourit. Elle savait que le jeune auror avait fait son rapport à toute la famille Weasley et il était inutile de tenter de les détromper.

- J'ai surtout une très bonne maitrise des sorts de récurage. s'exclama-t-elle en ensorcelant les balais qui trainaient au sol.

Quoi que la tente soit déjà largement nettoyée, les jeunes gens furent satisfaits de l'aide que pouvait apporter ce genre de sorts. Mais ils ne seraient pas suffisants pour écarter durablement Molly Weasley. La rouquine surtout s'inquiétait d'avoir constamment sa mère sur le dos.

- Imagine, au mariage il y aura Dean. Comment veux-tu que je fasse ? reprit Ginny avec une grimace.

- Il y aura Harry aussi. coupa Hermione pour qui l'information était anodine.

La jeune fille comprit que ce n'était le cas que pour elle. Même Percy sursauta à cette annonce. Visiblement cette idée ne satisfaisait personne. Hermione tenta d'expliquer que Dumbledore voulait le remettre sur le droit chemin et qu'il avait besoin de leur aide. Ce fut à peine suffisant pour éviter d'entendre pis que pendre du jeune homme.

- Si Dumbledore y tient. souffla Percy.

- Sirius nous l'aurait imposé de toute façon. continua Ron.

- J'ai confiance en lui. trancha Hermione. Ce qui provoqua la consternation au sein de ses amis.

- Confiance en Harry. s'exclama Fred de loin. C'est comme.

- Demander à un aspic[2] de faire une prise de sang. acheva George

Hermione soupira. Elle doutait de pouvoir leur expliquer de quoi il retournait. Dumbledore n'aurait pas permis qu'elle expliqua à tous ceux qu'elle croisait ce qu'étaient les horcruxes. Déjà elle avait tout raconté à Sirius et Dumbledore n'avait pas été très content.

La conversation dériva, évidemment, sur les incidents qui virent Hermione passer devant le tribunal du magenmagot. Ce qui le la ravit pas. Ginny essaya de minimiser le rôle de Harry dans ces effroyables événements sans convaincre. Ron et Percy se montraient terriblement durs à son propos. Même le fait qu'il ait sauvé leur jeune sœur n'était pas suffisant pour balayer le sentiment de trahison que ressentait toute la fratrie Weasley.

- Je ne peux pas vous obliger à l'aimer. conclu Hermione. Mais mon rôle sera de le protéger. Le ton de sa voix exprima une lassitude qu'elle ne s'attendait pas à montrer.

- Tu ne seras pas seule. lança Ginny, les joues légèrement rosies.

- Nous n'allons pas te laisser seule. commença George.

- Face à un dragon. acheva Fred.

Hermione sentit une bouffée d'angoisse lui enserrer la poitrine. L'évocation du dragon éveilla quelque chose dans son inconscient. Elle ferma les yeux pour se concentrer. En songe elle vit une poignée de sorciers vêtus de robes rouges plastronnée de deux lions d'or[3]. Face à eux se dressait un dragon immense qui sembla les écraser de sa stature. Elle connaissait ses hommes mais ne les distinguait pas. Leur sort l'inquiétait au plus haut point. Hermione se voyait fuir alors qu'elle aurait voulu les aider.

- Tout va bien ? s'enquit Ginny en se penchant vers Hermione. La jeune irlandaise fut tirée de son rêve.

- Pas de problème. sourit faussement Hermione qui savait que ces images la hanteraient pendant un moment, plusieurs jours peut-être.

Du bruit venant de l'entrée de la tente interrompit le flot de question qui suivit l'absence d'Hermione. Fred et George venaient de faire exploser une de leurs inventions et un groupe de papillons multicolores traversa la tente avant de se désagréger en une pluie de colorants qui tâchèrent les robes des sorciers malheureux qui se trouvaient dessous. Ginny et Hermione les premières concernées furent les plus désagréables à leur encontre.

- Je te l'avais dit. s'exclama George. Ce n'est pas au point.

- Pas grave, il nous reste deux jours. rétorqua Fred en haussant les épaules.

- Allez donc faire vos âneries ailleurs. scanda Ginny écarlate.

Sans se faire prier plus longtemps, les jumeaux prirent leurs jambes à leurs cous. Leurs tenues devenues proprement inutilisables, Ginny et Hermione se proposèrent d'aller enfin se coucher. Le lendemain ne serait pas une journée facile. Tout le monde acquiesça sans difficultés.

Dans la chambre des filles cependant, la lumière brilla encore un moment. Entre petites taquineries et fous-rires, elles s'échangèrent longtemps leurs anecdotes et expériences. Hermione trouvait cela délassant.

« §§§ »

Tôt le matin du 6, Hermione descendit dans les champs qui entourent le Terrier. Par habitude, elle aimait s'entrainer avant même de déjeuner. Le soleil n'était même pas encore levé. Mais la jeune irlandaise n'en avait cure. Á la limite, elle préférait ne pas être observée dans ses échauffements.

Elle commença par appeler sa baguette qu'elle avait à dessein laissée sur le rebord extérieur de la fenêtre de leur chambre. Sans difficulté, ni même le moindre effort, l'objet vint se poser dans sa main. Depuis sa confrontation avec Jedusor, Hermione savait pouvoir faire entièrement confiance dans sa baguette.

Rapidement Hermione procéda à quelques étirements, histoire de s'échauffer les muscles comme le font les moldus. C'était une idée d'Al' et elle était très utile. Hermione se demanda qui pouvait être Al'. Une fois son corps prêt à subir l'entrainement, elle avisa un tronc d'arbre reposant un peu plus loin. Elle le redressa et s'en servit comme cible.

L'irlandaise était dans le champ depuis un moment. Lorsque le bruit caractéristique d'un transplanage se fit entendre. Un jeune homme massif, à la démarche chaloupé, s'approcha et demanda dans un anglais très approximatif, rugueux.

- C'est ici le Terrier ? Je venir pour mariage. fit le jeune homme.

- Derrière la haie, vous avez un chemin. fit Hermione en tournant seulement la tête. Vous le suivez sur la droite et c'est à deux cents mètres.

- Merci. Fraulein.

- De rien. répondit Hermione entre les dents.

Elle s'appliqua à reprendre son entrainement. Le tronc d'arbre était à présent méconnaissable. De profondes entailles le marquaient sur toute sa hauteur. Un sort de sectum sempra le déchiqueta en cure-dents. Un sifflement admiratif surgit de derrière Hermione. Cette fois, elle se tourna prestement, pointant sa baguette vers l'inconnu.

- Je pas trouver. fit-il en levant les mains.

- Suivez-moi. fit Hermione en ramassant sa cape de voyage qu'elle enfila pour ne pas avoir froid après tous ces efforts.

Elle s'engagea dans le petit chemin sans même un regard pour le jeune homme. Arrivée au chemin, elle continua vers la gauche et rapidement, le Terrier apparut.

- Vous voyez, ce n'était pas difficile. ironisa-t-elle.

- Vous dire droite. se défendit l'étranger. Il avait l'air tellement certain de son fait que la jeune fille s'excusa de s'être trompée.

Elle lui tendit la main en guise de signe de paix. Mais aussi pour se présenter à lui.

- Hermione Black. enchantée.

- Viktor Krum. répondit-il avec un sourire.

- Ich hätte die Kenntnis. gesollt, ich bin idiotisch[4]. fit-elle.

- Sie sprechen ebensogut deutsch, daß Sie sich im Zauber schützen.[5] répondit-il visiblement satisfait d'utiliser sa langue maternelle.

- Ich habe einen guten Professor gehabt.[6] s'amusa-t-elle en sachant pertinemment qu'il ignorait qu'il s'agissait de lui.

- Sind Sie einer der mit der Sicherheit belasteten Agenten? [7] s'enquit-il visiblement très impressionné par ce qu'il avait vu dans le champ.

- Unbedingt nicht bin ich eine Freundin der Familie. Kommen Sie mit mir, Bitte, wir angekommen sind.[8] sourit Hermione.

- Diese Karriere ist für Sie bestimmt. Das ist eine Evidenz.[9] Continua Viktor. Hermione le regarda perplexe, elle n'y avait pas réfléchi.

- Danke werde ich daran denken, wenn ich Diplomiert sein werde.[10] répondit-elle en riant.

- Sie hätte ich während des Turniers treffen sollen. Ich hätte weniger leicht gewonnen.[11] fit-il avec un grand sourire.

Hermione un peu gênée le remercia et lui ouvrit la porte de la cuisine pour le laisser entrer. Elle ne s'était pas attendue à rencontrer Viktor Krum. D'une certaine manière, c'était prévisible, il avait été un concurrent du tournoi des trois sorciers. Et visiblement, il avait gagné dans cette réalité. Dans la cuisine se trouvaient déjà Fleur et Molly. La française se jeta au cou de son ami et Molly resta interdite.

- Victor Krum, Einer ihrer Freunde, wer absichtlich aus Deutschland gekommen ist[12] lança Hermione dans la langue de Goethe. Ce qui fit froncer les sourcils de Molly. La jeune irlandaise ne comprit pas tout de suite.

- Molly, je vous présente un de mes amis. reprit Fleur qui n'avait pas entendu le début de la conversation.

- Viktor Krum, c'est cela. coupa Molly.

- En effet, enchanté madame. fit l'allemand.

Les présentations furent suivies de la proposition de servir un copieux déjeuner à tous ceux qui se trouvaient déjà dans la cuisine.

- J'ignorais que tu parlais aussi allemand. S'enquit Fleur narquoise.

- Pour tout dire, je ne le savais pas non plus. répondit Hermione embêtée.

Lorsque les jeunes gens furent installés, ils discoururent longuement en français, en allemand, mais aussi avec quelques interjections en gaëliques. Ils s'amusèrent beaucoup. Hermione se sentait évidemment plus proche d'eux qui avaient son âge. Les récits qu'ils firent du tournoi des trois sorciers la surprirent beaucoup, sans la présence d'un quatrième, ce fut beaucoup plus calme. Surtout, personne n'était mort à cause de Voldemort. Percy s'inquiétant de la disparition de sa douce vint les rejoindre et ne parut pas spécialement surpris de la présence de Viktor. Ce fut bien différent lorsque Ron descendit à son tour. Ginny et Emma s'amusèrent longtemps de son visage inexpressif, figé de surprise lorsqu'il vit le joueur de Quidditch dans sa cuisine. Il ne parvint qu'à bégayer quelques politesses creuses. Au point que Viktor s'inquiéta discrètement, en allemand, de son état de santé mental. Ce fut au tour des aînés de se moquer du jeune roux.

Quoi qu'il en fût, Fleur et Viktor Krum rejoignirent rapidement Bill qui voulait lui faire visiter un certain nombre de sites intéressant du pays. Hermione se résigna sans mal à rester avec Ginny et Ron. La journée passa presque entièrement sans qu'ils puissent prendre du temps pour discuter. Molly Weasley fit ranger pour la énième fois l'intérieur du Terrier par les trois filles, l'extérieur par tous les garçons disponibles. Ce qui se limita ce jour-là aux jumeaux et à Ron.

Le soir, aucun ne pensa à s'attarder et ils filèrent se coucher. La journée du lendemain serait longue. L'excitation commençait à s'insinuer dans chacun d'eux et les empêcha malgré toute la fatigue de trouver le sommeil rapidement.

« §§§ »

Les quelques mariages auxquels Hermione avait assisté étaient surtout de petites cérémonies bâclées dans des champs irlandais. Les combattants s'unissaient parfois un peu prestement lorsque le danger s'approchait un peu trop. D'ailleurs, certaines étaient surtout des unions catholiques tout à fait semblables à celles des moldus. Cette interpénétration entre les deux mondes était vraiment représentative de ce qui était devenu son pays.

Tout comme la plupart des résidents du Terrier, Hermione était donc terriblement excitée par l'imminence du mariage. Fleur était depuis le matin apprêtée par Molly, sa mère, et une couturière. Sa sœur et Ginny étaient les demoiselles d'honneurs et subissaient les mêmes préparatifs. De leur côté, Emma et Hermione se préparèrent dans la chambre de la jeune rouquine. Elles prirent leur temps, observant parfois Ron et ses frères faire le service en accueillant les invités. Leurs tenues amusèrent un peu Hermione et son alter-ego. Ils n'étaient pas tout à fait des serveurs et pas non plus de simples invités. La jeune irlandaise vit même l'un des jumeaux glisser de petits sachets dans les poches de certains invités. Elle ne s'inquiéta pas pour eux, mais bien pour les mariés.

Au bout de deux bonnes heures, alors qu'un quart de ce temps eut été suffisant, les deux jeunes filles furent prêtes. Hermione avait choisi une robe moldue de très bon goût correspondant à sa ligne. Un long drapé lui couvrait les jambes et le haut, en tissu coordonné, donnait l'impression de n'être que du tissu froissé délicatement. Le tout était un assemblage d'une surprenante complexité et l'enfiler n'était pas si aisé. Elle avait agrémentée sa tenue d'un collier d'or fin offert par Sirius et portant une délicate opale, avec les boucles d'oreilles assorties, évidemment. Pour une fois, elle avait décidé de discipliner ses cheveux en un délicat chignon retenu par des pinces décorées. Quelques mèches folles s'épanouissaient artistiquement. La jeune irlandaise était très satisfaite du résultat obtenu elle qui n'avait pas l'habitude de se coiffer.

De son côté, Emma avait opté pour une robe flottante couleur lilas assortie avec de hauts talons. Par ailleurs, ses cheveux étaient lisses et brillants. Hermione ne doutait pas un instant que Ron fondrait littéralement devant le spectacle. La jeune fille fit un éclatant sourire à Hermione en lui proposant de descendre. L'irlandaise ne pouvait refuser et la suivit en riant.

Sur le chemin, elles croisèrent Percy qui ne laissa pas s'échapper sa petite amie aussi facilement. Il était ravi de pénétrer sous la tente avec une telle grâce à son bras. Une sorte de répétition de son propre mariage déclara-t-il à Hermione en entrant sous les regards émus et ravis de Molly et d'Arthur. Ils allèrent s'installer sur les premiers rangs réservés à la famille Weasley. Sirius y attendait impatiemment sa fille qu'il sembla avoir du mal à reconnaitre.

- Tu es radieuse. balbutia-t-il en l'embrassant sur la joue.

- Toi aussi papa. convint Hermione après un regard. Mais j'aurais évité les chaussettes moutarde avec une robe aussi sobre. fit-elle dans un clin d'œil.

Sirius dévisagea sa fille et se demanda comment elle avait su qu'elles étaient ses chaussettes. En tournant la tête, Hermione se retint de rire. Elle y était allé au bluff, et, à voir la tête ahurie de son père, elle avait touché juste. C'était bien son genre de faire attention à tout, sauf au détail essentiel.

Auprès de Sirius se tenait un Harry Potter transfiguré. Au lieu d'une tenue voyante comme il en revêtait encore lors de son anniversaire chez Jane Olliver, il portait une robe classique bien coupée mais pas ostentatoire. D'une certaine manière, elle ressemblait aux robes des Weasley. Hermione soupçonna Sirius d'avoir insisté pour qu'Harry se décide pour cette robe. En la voyant, Harry eut un sourire un peu crispé, gêné.

- Bonjour madame. fit-il en regardant ses pieds.

- Hi Harry. répondit Hermione en l'embrassant sur la joue. Tu vas mieux ?

Le jeune homme reprit des couleurs et lui indiqua qu'il se sentait bien plus en forme. Il ne faisait plus de cauchemars, ni de migraines. Il n'avait plus envie d'insulter tout le monde à longueur de journée. Sirius écoutait ces explications avec un sourire radieux. Il retrouvait visiblement son filleul tel qu'il était avant son entrée à Poudlard.

- C'est comme si je me relevais d'un long rêve. conclut-il.

- J'en suis ravie. confirma Hermione avec un grand sourire. Elle le trouvait encore un peu fragile. Ou était-ce elle qui avait beaucoup changée ?

Les membres de la fratrie Weasley dans le dos d'Hermione ne paraissaient pas aussi satisfaits. Puis, un sens d'anticipation nerveuse avait rempli le chapiteau, le murmure de général cassé par des jaillissements occasionnels de rire excités Arthur et Molly Weasley flânaient debout sur le bas-côté, souriant aux parents. Madame Weasley portait un ensemble tout neuf de robe longue colorée par améthyste avec un chapeau assorti. Un peu plus tard Bill et Charlie se levaient à l'avant du chapiteau, les deux robes longues, avec de plus grandes roses blanches dans leurs boutonnières ; Fred siffla et il y eu une manifestation de rire nerveux des cousins de Veela. La foule devint silencieuse pendant que la musique gonflait de ce qui semblait être des ballons d'or.

- Ooooh ! dit Emma, en pivotant sur son siège pour regarder l'entrée.

Un grand soupir collectif des sorcières et des magiciens rassemblés éclata quand comme Monsieur Delacour et Fleur arrivèrent marchant dans l'allée centrale, Monsieur Delacour rebondissant et rayonnant. Fleur portait une robe blanche très simple et semblait émettre une lueur forte et argentée. Tandis que son rayonnement obscurcissait habituellement chacun autrement par comparaison, aujourd'hui elle embelli tout le monde pendant un moment. Ginny et Gabrielle, les deux demoiselles d'honneur étaient en robes d'or, elles semblaient encore plus jolies que d'habitude

- Mesdames et messieurs, dit une voix légèrement monotone, avec un léger choc, Hermione reconnut le même petit magicien qui avait présidé l'enterrement de Dumbledore, maintenant se tenant devant Bill et Fleur. Nous sommes réunis ici aujourd'hui pour célébrer l'union de ces deux êtres…

Le silence le plus absolu se fit pendant la cérémonie. Une fois ou deux on entendit Hagrid se moucher bruyamment dans son éternel mouchoir à carreaux. Même la tante Muriel se retint de donner trop ouvertement son avis sur chaque phrase de l'officiant. Le regard qu'Hermione lui avait adressé lors de son arrivée avait probablement aidé.

- … alors je vous déclare unis pour la vie.

Le magicien avec une chevelure onduleuse mis sa main au-dessus des têtes de Bill et Fleur et une douche d'étoiles argentées tombèrent sur eux, se développant en spirales autour de leurs figures maintenant enlacées. Fred et George menaient les applaudissements. Les oiseaux du paradis et les cloches d'or minuscules volaient et flottaient sur eux, ajoutant leurs chansons et carillons au vacarme.

- Mesdames et messieurs ! appela le magicien. Pouvez-vous vous lever?

Tous le firent ainsi que la tante Muriel maugréant à l'oreille ; il fait encore tourner sa baguette magique. Les chaises sur lesquelles ils s'étaient assis se levèrent avec élégance dans les airs pendant que les murs de toile du chapiteau disparaissaient, de sorte qu'ils se retrouvent sous une verrière soutenue par les poteaux d'or, avec une vue glorieuse du verger ensoleillé et de la campagne environnante.

Après, la piscine d'or fondit et écarta le centre du chapiteau pour former une piste de danse brillante autour de laquelle de petites tables blanches, flottaient avec élégance de nouveau sur la terre ferme, et la main d'or s'assembla en un podium[13].

Hermione ne regretta pas un instant d'être venue pour assister à tout cela. Le public s'égailla rapidement pour procéder aux remerciements. La famille laissant sans hésiter son tour.

Hermione tira Harry hors de portée des invités les plus récalcitrants à sa présence. Manifestement, dans la famille Weasley il n'avait pas aussi bonne presse que dans celle de Sirius.

- Tu n'as pas honte de venir ici. remarqua Ron acide.

- Ron, arrête! lui intima Emma.

- Je crois que tu ne comprends pas, Ron. reprit Hermione. Les gens et les choses changent.

- J'aimerai voir ça. lança Percy qui resta face à son amie. Hermione en fut passablement blessée.

- Désolée, mademoiselle Black. bredouilla Harry. Je vais aller m'assoir dans un coin et attendre. Ne vous fâchez pas avec vos amis pour moi. Je n'en vaux pas la peine.

- Vous voyez ce que je veux dire. s'exclama Hermione en désignant Harry.

Ils convinrent que ce genre de remarques n'était pas dans les habitudes de Harry. Du moins pas de celui qu'ils connaissaient. Habillement, Hermione expliqua que le choc qu'il avait subi lors du décès de Jane Olliver l'avait profondément perturbé. Avec l'aide de psychiatres de Sainte-Mangouste, il avait fait un gros travail sur lui pour reconnaitre qu'il faisait fausse route. Á présent, il devait se reconstruire. Pour cela, affirma Hermione, il avait besoin de leur aide.

- Bienvenue au Terrier. fit Ginny en serrant prestement le jeune homme dans ses bras.

Elle fut visiblement déçue de constater que Harry n'avait pas de réactions particulières. Il lui fit néanmoins une réponse polie. Dans la foulée, Percy accepta de lui laisser une chance et lui proposa de se serrer la main. Ce qu'ils firent rapidement, sans s'attarder. Les jumeaux n'étaient pas à leurs côtés et ils ne firent pas de commentaires. Emma avait déjà choisi son camp. Il ne restait que Ron. Hermione était un peu gênée. Dans ses souvenirs, ils étaient les meilleurs amis du monde. Á présent, ils étaient les pires ennemis.

Hermione aurait voulu l'aide de Dumbledore ou de Sirius. Elle sentait que la situation n'était pas favorable malgré l'ambiance générale. D'un regard, elle aperçut Dumbledore en grande conversation avec un sorcier de taille moyenne, plutôt mince, voire efflanqué, et Arthur Weasley. La jeune fille connaissait cet homme mais ne pouvait se remémorer son nom. L'un de ses soutiens étant indisponible, Hermione chercha à trouver Sirius. Á sa grande surprise, elle ne le vit pas sous la tente. En désespoir de cause, rabibocher Ron et Harry lui incombait.

- Ronald Weasley. Jusqu'à preuve du contraire, Harry a montré qu'il avait de l'estime pour ta famille. scanda-t-elle peu convaincue par ses propres mots. Ginny et Percy semblaient comprendre l'allusion. Ron visiblement pas.

- Il n'aime rien ni personne. répondit le jeune homme. Qu'il aille chez ses amis Malefoy et compagnie. C'est là-bas sa vraie place.

- Il a raison madame. susurra Harry, puis plus fort. Je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps.

- Mais, Harry. bablutia Ginny.

- Tu transmettras mes sincères félicitations à ton frère, Ginny. Avec un malheureux rictus il poursuivit. Au revoir.

- Harry. coupa Hermione sèchement. Tu restes ici. On ne va pas s'abaisser à subir les humeurs d'un gardien de quidditch borné.

L'estocade porta. Non pas parce que Ron n'était pas borné, il l'était et le resta toute sa vie et cela, c'est le problème d'Emma. Mais bien parce que dans cette réalité, Ron n'était jamais devenu gardien de l'équipe de quidditch de Griffondor. Les regards malveillants qui couvaient Harry, se reportèrent sur Hermione. La jeune irlandaise eut quelques instants de doute avant de comprendre qu'elle venait de dire une bêtise.

- Quand on ne sait pas tenir sur un balai, on s'abstient de commentaire. s'exclama Ron visiblement vexé.

- Ce n'est pas très gentil de rappeler qu'Harry a toujours refusé sa candidature pour entrer dans l'équipe. reprit Emma moins cordiale qu'à son habitude. Hermione grimaça, elle venait de faire un très gros impair.

- Excusez-moi. coupa Harry. Peut-être que je devrais revoir Ronald en action.

La proposition surprit tous les Weasley présents. Bien moins Hermione il fallait le reconnaitre. L'idée fit son chemin dans le crâne roux de Ron. Pendant que Percy et sa sœur s'empressaient d'aller préparer trois balais pour faire une démonstration au capitaine de l'équipe de Quidditch de Griffondor.

- Tu ferais ça ? s'étonna Emma qui gardait la tête sur les épaules et craignait une mauvaise blague.

- Si Ronald est vraiment bon, je serais idiot de ne pas l'intégrer à l'équipe. remarqua Harry en haussant les épaules comme s'il n'était finalement question que de bon sens.

- Cela peut attendre la rentrée. commença Emma.

Mais un regard incendiaire d'Hermione mit fin à la phrase. S'il était possible d'apaiser les tensions entre les deux garçons dès à présent, ils gagneraient du temps. Ron semblait extatique. L'idée d'intégrer l'équipe de Quidditch lui tournait la tête. Il en avait tant rêvé qu'il ne croyait plus trop à cette proposition. Reprenant contenance, il indiqua à Emma, Harry et Hermione le chemin du terrain où il donnerait sa représentation.

- Harry. glissa Hermione à son protégé. Ne lui donne pas de faux espoirs. Tu aurais bien trop à perdre.

- Je veux sincèrement voir de quoi il est capable. répondit Harry en la dévisageant de ses grands yeux verts. Sa sœur aussi. ajouta-t-il dans un souffle.

Hermione sourit pour elle. Les choses redevenaient normales. Il fallait reconnaitre que Ginny Weasley était proprement adorable dans sa tenue.

Ils parvinrent rapidement sur les arrières du terrier. Ginny avait enfilé une robe de quidditch pour éviter de salir sa tenue de bal. Percy et Ron firent de même. Harry et Emma s'installèrent sur la pelouse pour observer les évolutions des trois joueurs. Hermione resta debout derrière eux. Percy était nettement surclassé par ses cadets et il fallut l'intervention des jumeaux quelques minutes plus tard pour rendre plus intéressante la démonstration.

D'un coup, Hermione sentit une main se poser sur son épaule droite et un souffle le long de sa joue gauche.

- Alors ma grande. fit Sirius. Comment se passent les réconciliations ?

- Pour l'instant, tout se joue sur des balais. ricana Hermione qui attrapa la tête de son père pour poser un baiser sur sa joue. Où as-tu disparu ainsi ? s'étonna-t-elle.

- Tu n'es pas ma mère que je sache. taquina le dernier des Black.

- Très malin Patmol. souffla la jeune fille.

- J'avais des choses à régler entre Xénophilius Lovegood et Krum. fit-il. Cela intéresse beaucoup Dumbledore d'ailleurs.

- Encore une de ses missions que l'on ne comprendra que dans six mois. répliqua Hermione agacée par les mauvaises habitudes du directeur de Poudlard. Heureusement, pensait-elle, les principaux concernés sont protégés de toutes ses manipulations.

Après une pirouette magnifiquement exécutée, Ginny vint se poser en plein centre de l'espace ouvert qui servait de terrain de quidditch. Ses frères en liesse virent rapidement la rejoindre. Aux dires d'Emma, ils avaient été spécialement grandioses. Dans ces conditions, Sirius et sa fille ne se privèrent pas de joindre leurs applaudissements à ceux d'Harry et d'Emma.

- Alors ? s'enquit Ron en se précipitant vers Harry.

- Nous devrons refaire les auditions à la rentrée, mais je pense déjà que toi et Ginny vous avez largement le niveau pour entrer dans l'équipe. admit Harry en serrant la main du rouquin.

Emma se précipita au cou de son ami et l'embrassa goulûment. Hermione détourna le regard en serrant les paupières pour retenir son émotion. Percy revint rapidement changé, suivit de Ginny et des jumeaux. Il enlaça Hermione pour l'embrasser à son tour, ce qui remonta le moral de la jeune fille. Celle-ci ne vit pas son père qui prit prestement le chemin de la tente sans même signaler son départ.

L'ambiance entre Harry et Ron fut donc des plus aimables le reste de la soirée. Ils eurent même la chance de pouvoir discuter avec Viktor Krum qui leur raconta ses anecdotes, ses souvenirs et évoqua même certaines de ses techniques de vol. Les jeunes filles, à part Ginny, s'ennuyèrent à mourir. Heureusement, Hermione avait Percy pour danser, Emma se contenta souvent de cousins Weasley, et même une ou deux fois, accepta les invitations de Viktor Krum. Ron ne fit aucune allusion et sembla ne rien voir. Ce qui amusa Hermione tant ses propres souvenirs de la question étaient cuisants.

« §§§ »

Après le mariage de Bill et Fleur, et leur départ pour leur lune de miel, l'ambiance au Terrier devint plus sage. Progressivement tout redevint normal. Harry retourna auprès des Dursley, Hermione et Sirius retournèrent au square Grimaurd. La différence étant qu'ils recevaient régulièrement Harry et se rendait tout aussi fréquemment au Terrier.

Hermione, tout comme Sirius et Dumbledore, était très satisfaite des progrès du jeune homme. Il faisait à présent un filleul acceptable pour Sirius. Ils s'invitèrent même plusieurs fois avec lui chez les Weasley et l'opportunité qu'il avait donnée à Ginny et Ron d'intégrer l'équipe de Quidditch de leur maison aidait à améliorer les rapports.

Enfin, l'été s'acheva bien trop vite au goût des adolescents. Hermione profitait pleinement d'avoir tous ses amis sous la main, même si Emma lui avait ravi son Ron. Elle bénéficiait d'un lot de consolation tout à fait acceptable en la personne de Percy. D'ailleurs, à la réflexion, elle trouvait Percy plus intéressant que son cadet. Elle aussi avait grandi manifestement.


67 Véridique. si si.

[2] L'aspic est une variété de vipère.

68 Pour être exact. De gueule à deux lions léopardés d'or passants.

70 J'aurais dû le savoir. Suis-je idiote

71 Vous parlez aussi bien allemand que vous vous défendez en sortilèges.

72 J'ai eu un bon professeur.

73 Vous êtes l'un des agents chargés de la sécurité ?

74 Absolument pas, je suis une amie de la famille. Venez avec moi, s'il vous plait, nous sommes arrivés.

75 Cette carrière vous est destinée. C'est une évidence.

76 Merci, j'y penserai quand je serai diplômée.

77 C'est vous que j'aurais dû rencontrer lors du tournoi. J'aurais gagné moins facilement.

78 Viktor Krum, un de ses amis venu exprès d'Allemagne.

78 For more details, see J.K Rowling, Harry Potter and the Deathly Hollows, chapter 8. You really thought that I would re-write all of this!