Voici la suite de l'histoire, postée un peu en avance. J'espère qu'elle vous satisfera et que les personnages continueront à vous séduire et à conserver leurs caractères particuliers. Dites moi ce que vous avez pensé de ce chapitre, sincèrement.
Disclaimer : Touhou project appartient à ZUN
Chapitre 3 : L'assistance du Phénix immortel
Dans la forêt de bambous, la majorité des inconscients qui y pénétraient perdaient très rapidement leur chemin. Pourtant, très peu des humains égarés y avaient perdu la vie, puisqu'une présence bienveillante apportait facilement assistance aux personnes perdues. Une personne dont on parlait avec respect et bienveillance.
Fujiwara no Mokou était celle qui aidait ceux qu'elle croisait. Son style négligé collait parfaitement à la peau de cette jeune fille rancunière. Son chemisier rapiécé était d'un blanc délavé, tranchant avec sa salopette bouffante rouge, décorée de sceaux. Mokou agita ses longs cheveux blancs, laissant les mèches décorées des mêmes sceaux formant des nœuds, l'entourer gracieusement. Alors que le vent caressait son visage, Mokou toucha inconsciemment l'une de ses bretelles. D'un geste négligent, elle aspira une dernière bouffée de la cigarette qu'elle tenait entre ses doigts fins. Avec une arrogante supériorité, mêlée de négligence stylée, elle souffla la fumée devant elle, laissant le vent lui renvoyer l'odeur âcre du tabac.
Malgré son apparence insouciante, celle qui s'était jadis autoproclamé du titre de phénix immortel était clairement aux aguets. Elle savait que dans ces bois, elle pourrait rencontrer soit Keine, soit Kaguya. Kamishirasawa Keine était à la fois sa garde du corps, son amie, sa confidente et son amante. C'était une historienne et une philosophe qui passait beaucoup de temps à étudier et Mokou ne se lassait jamais d'écouter les précieuses connaissances que la lettrée découvrait dans les archives. Des textes anciens écrits par des hommes illustres du passé, des hommes que Mokou avait côtoyé, alors qu'ils n'étaient pourtant que des enfants.
Avec la fin du cycle lunaire, la pleine lune serait bientôt de nouveau dans le ciel. C'était la période du mois que la jeune femme craignait le plus, du fait de la nature de son amie, car Keine était une demi-bête. A ce moment, Mokou devra impérativement retrouver Keine, puisque la demi-bête pouvait être très violente lorsqu'elle laissait son coté bestial surgir. Heureusement que Mokou était immortelle, sinon elle aurait déjà succombé aux coups de cornes et de crocs portés par la berserker qu'elle retenait dans leur domicile.
Si Mokou était devenue une immortelle, c'était clairement la faute de son ennemie, Houraisan Kaguya. Cette princesse pourrie et gâtée qui se pavanait avec ses longs cheveux noirs détachés, était son ennemie jurée. Une femme qu'elle haïssait de toute son âme et qu'elle ne cesserait de détruire, tant que sa vengeance ne serait pas complète. La jeune femme aux cheveux d'argent était toujours en vie, sa haine ardente et impossible à éteindre étant une raison suffisante pour la pousser à continuer sur la route de la vie.
L'immortalité était un véritable fléau. Alors que beaucoup de gens tueraient pour obtenir ce don, Mokou savait que c'était une malédiction. Malgré le nombre de fois ou elle avait été grièvement blessée, malgré les innombrables tentatives de suicide, Mokou n'avait tout simplement plus la chance de pouvoir mourir.
Keine était une raison suffisante pour continuer à vivre, exactement comme Kaguya. Cette salope de princesse lunaire payerait un jour, Mokou en avait fait le serment. Elle se vengerait, elle les vengerait, quel qu'en soit le prix à payer. Le phénix était patient et réussirait, tôt ou tard. Après tout, cela faisait plus de treize siècles que les deux ennemies se combattaient sans cesse et un jour, Kaguya souffrira au-delà de tout ce qu'elle pourra imaginer. Mokou l'avait juré.
Fujiwara no Mokou errait entre les tiges de bambou, tournant ses pensées vers son ennemie, marmonnant des injures et des malédictions. Alors qu'elle écartait une tige en donnant un coup de pied dedans avec rage, ses cinq sens en éveil captèrent une infime odeur, celle du sang. Rapidement, l'immortelle serra les poings et fit marcher son cerveau, ainsi que sa logique.
-Mince ! s'exclama t-elle. Si je sens cette odeur, alors tous les yôkai du coin l'ont déjà sentie !
L'immortelle commença à sentir l'angoisse la gagner, inquiète à l'idée qu'une personne blessée ne se soit égarée dans la forêt. Elle se mit à courir, filant entre les pousses tropicales, en direction de l'endroit d'ou provenait l'odeur cuivrée. Mokou espérait vraiment pouvoir arriver à temps pour sauver l'inconscient perdu dans la forêt, avant qu'il ne connaisse un sort funeste.
Dans le cas contraire, elle priait pour être arrivée après la fin du repas. Le sang ne la rebutait pas, elle en avait fait couler des flots entiers, mais Mokou n'aimait pas voir ces gamines psychotiques arracher les viscères de leurs proies avant de replonger bouche ouverte dans les corps encore chauds.
L'image qu'elle avait eue d'une fée bouffant un bras, tout en suçotant l'os, l'avait passablement écœurée.
Une fois sur place, Mokou vit qu'elle était arrivée à temps. La victime était allongée au sol, tandis que Rumia, ce pathétique yôkai mineur avançait vers la blessée, les yeux exorbités.
Alors que le monstre salivait d'avance et allait commencer à découper le corps avec ses ongles, Mokou intervint rapidement en émergeant des plants.
- Spell Card ! hurla-t-elle. Fire Bird, Flying Phoenix ! (L'oiseau de feu, le phénix volant)
Dès l'énoncé de l'attaque, des flammes émergèrent du corps de Mokou, brûlant sa chemise qui n'était pas protégée par les sceaux résistants à la chaleur. Une splendide paire d'ailes enflammées fit son apparition dans le dos de l'immortelle qui volait légèrement.
- Mokou ! hurla Rumia, soudainement prise d'une terreur violente avec l'arrivée de la gardienne de la forêt.
La yôkai était en colère, une proie fraîche lui tombait dessus et voilà que ce damné oiseau gardien faisait son apparition devant elle.
- Disparais, ordonna l'immortelle. Vite, précisa-t-elle, avant que je ne te détruises.
Pour rendre sa menace plus consistante, une volée de flammes infernales tourbillonna vers la blonde vêtue de sa robe noire, qui sentit la chaleur devenir de moins en moins tenable et la lumière de plus en plus aveuglante.
Dans un geste de rage, Rumia dut battre en retraite, sachant parfaitement qu'elle ne tiendrait pas une minute dans un combat contre Mokou.
Lorsque l'immortelle fut assurée de ne plus croiser de yôkai, elle réajusta sa chemise en lambeaux. Le vêtement était tellement brûlé et usagé qu'il ne couvrait plus rien, pendant en loques déchiquetées. La jeune femme arracha les lambeaux inutiles et réajusta sa salopette. Maintenant qu'elle avait la poitrine nue, elle sentait ses tétons doucement écrasés par les bretelles, augmentant son désir.
Ecartant de son esprit le fait que sa culotte de dentelle s'humidifiait et que ses seins étaient outrageusement exposés, Mokou s'intéressa au sort de la jeune femme blessée. Le phénix fronça les sourcils en reconnaissant la si parfaite servante de Remilia.
Rapidement, Mokou fut face à un dilemme. Au vu de l'état du poignet de Sakuya, il était évident que la domestique avait fait une tentative de suicide. Que devait-elle faire dans ce cas ? Sauver Sakuya en la soignant ou lui accorder la liberté en la laissant mourir ? Mokou savait parfaitement qu'elle même ferait tout, absolument tout, pour obtenir la liberté de mourir.
Soupirant, Mokou décida de laisser sa bonté parler, une fois de plus. Il lui fallait rapidement trouver un médecin compétent, car elle n'avait fait que cautériser la blessure. L'avantage de l'immortalité faisait que Mokou pouvait se permettre d'avoir des méthodes de soin datant de l'âge de pierre.
Le seul inconvénient, c'est que la blessée avait besoin de soins d'urgence. Autrement dit, elle devait être amenée dans la clinique la plus proche, à Eientei.
Eientei. La résidence de l'infirmière Yagokoro Eirin.
Eientei. Le manoir de Kaguya.
