Bonjour à tous, voici un chapitre plus court que d'habitude (désolé) qui doit servir de transition. Je sais qu'il ne sera pas très important, mais je le mets pour faire le lien avec la suite qui devrait arriver vendredi, dans un chapitre plus long et durant lequel j'approfondirais les relations entre nos deux ennemies, m'intéressant au passé de Mokou.
Je remercie également la personne anonyme qui a eu la gentillesse de me laisser une review (très bien écrite, je la rassure) et qui m'a fait beaucoup plaisir. Je vais essayer d'y répondre brièvement dès maintenant. Mon principal intérêt dans les fictions est de travailler sur les sentiments et les motivations animant chaque personnage. Quand on regarde les filles, on s'aperçoit qu'il y en a peu qui voient la vie en rose (exception faite de l'équipe baka, mais c'est un cas à part). Il y a forcément quelque chose dans leur passé qui a du les influer pour amener à ce résultat. Tout en essayant de rester cohérent et logique avec l'univers original, j'essaye de mettre mon grain de sel pour compléter leurs histoires personnelles, puisque nous sommes dans une fiction après tout. Je vais essayer d'articuler l'histoire autour de plusieurs personnages, mais toujours avec Sakuya pour servir de fil conducteur et les relier ensemble.
Allez, j'ai trop parlé et je suis sur que vous avez envie de lire ce court chapitre de transition. Bonne lecture et ... review ?
Disclaimer : Touhou Project appartient à ZUN.
Chapitre 4 : L'aide de la doctoresse lunarienne
Fujiwara no Mokou gronda. Pour sauver la vie de la servante inanimée, elle n'avait d'autre option possible que de l'amener d'urgence au manoir de l'Eternité. Déjà qu'elle haïssait de toutes ses forces la princesse lunaire et qu'elle faisait son maximum pour ne pas la croiser, voilà que maintenant, elle devait aller sur le terrain de son ennemie. Elle devait aller à la rencontre de cette garce pourrie et gâtée, qu'elle ne pouvait même pas voir en estampe.
- Salope, jura Mokou, les poings serrés et pensant au visage tant honni.
Le phénix détourna son esprit et attrapa délicatement Sakuya, la maintenant fermement contre elle. Mokou put alors comparer ses traits et son corps, avec ceux de la soubrette. Les différences entre la mortelle en péril et l'invincible fille lui sautèrent aux yeux, apparaissant encore plus flagrantes et plus cruelles. Il était clair que la poitrine de Mokou, presque inexistante avec son bonnet A, n'avait rien à voir avec les seins fermes de Sakuya, délicatement masqués par la robe bleue.
A contrecœur, Mokou se mit en route vers la résidence de son ennemie jurée. Elle traversa la forêt de bambous avec célérité, sans se soucier des points de repères qu'elle connaissait par cœur. Après quelques minutes d'une course effrénée, la jeune fille aux cheveux d'argent aperçut finalement la demeure ancienne, élégamment construite dans un style harmonieux. Aux alentours du complexe architectural, un jardin japonais typique était agencé de manière très traditionnelle, avec son apparent désordre soigneusement réfléchi et minutieusement mis en place.
Les bottines de Mokou laissaient de profondes empreintes dans les petits graviers blancs qui servaient à décorer les plates bandes. Pressée, elle avait survolé le ruisseau, sans se soucier de prendre le pont de bambou. Elle n'avait pas pris la peine de suivre les sentiers sinueux couverts de pavés.
Lorsque la grande porte en bois de cerisier finement ciselé fut à portée, l'immortelle frappa dessus pour alerter la maisonnée et faire en sorte que l'infirmière se décide à venir porter assistance à la mourante. Mokou espérait que la doctoresse serait celle qui ouvrirait, puisqu'elle n'avait pas vraiment de temps à perdre en babillages incessants avec les chiens de garde de Kaguya.
Par chance, c'est bien Eirin qui lui ouvrit la porte. Sa haute silhouette se dressait dans l'encadrement, aisément reconnaissable grâce à sa belle robe moulante. Le rouge et le bleu de sa tenue étaient divisés par une ligne verticale, qui séparait les deux couleurs, deux teintes à la fois opposées et complémentaires, réunies en une harmonie cassante.
Dès que la pharmacienne posa son regard sur l'immortelle, elle sursauta, entraînant dans son geste sa longue natte argentée. La surprise se lisait clairement dans les yeux d'Eirin, qui reprit bien vite ses esprits, avant de réajuster son calot bleu décoré d'une croix rouge.
- Mokou-san, si c'est pour combattre Kaguya, commença t-elle, c'est inutile.
- Docteur Yagokoro, coupa sèchement le phénix, je demande vos services de toute urgence.
Lorsque les yeux gris acier d'Eirin se posèrent sur la blessée que Mokou portait dans ses bras, son sens du devoir prit immédiatement le dessus.
- Très bien. Suis moi immédiatement dans le cabinet médical, ordonna la doctoresse.
Mokou obéit, suivant sagement Eirin dans le manoir en direction de la salle de consultation. Les yeux de l'immortelle observaient à la dérobée le riche mobilier, tout en grimaçant de ce faste luxueux. Lorsque son regard s'attarda sur une splendide couronne de cérémonie ornée de pierreries, la femme aux cheveux d'argent poussa un reniflement de dédain. Cette merveille ineffable, un trésor nécessitant des centaines d'heures de travail et de soin, était à la fois sublime et absurde.
Lorsque Mokou entra dans le cabinet, elle sentit l'odeur sinistre de désinfectant lui prendre à la gorge. L'odeur âcre de ces produits qui aseptisaient la pièce était difficilement supportable, même pour le phénix. Pourtant Eirin était parfaitement à l'aise, totalement intégrée à ce milieu. La jeune femme posa délicatement le corps de Sakuya sur la table d'auscultation, pendant que l'infirmière se savonnait les mains, avant d'enfiler ses gants chirurgicaux.
- Mokou-san, pourriez-vous sortir, s'il vous plait ? demanda poliment la femme en robe bicolore, tout en sachant pertinemment qu'elle n'accepterait aucun refus puisqu'elle désirait travailler dans le calme.
Mokou hocha la tête, avant de sortir de la salle dans un silence religieux pour laisser la savante travailler à son aise.
- Mokou-san, l'interpella la chirurgienne, prends une de mes robes dans l'armoire en sortant. Tu en as bien besoin !
L'immortelle mit quelques secondes à comprendre qu'elle était encore à moitié nue. Sa petite poitrine était sérieusement meurtrie par les bretelles de sa salopette et elle avait besoin de couvrir le haut de son corps. Bien qu'elle ne soit absolument pas pudique, Mokou ne tenait pas à ce qu'elle soit vue dans cet état. Surtout pas par une fouineuse du nom d'Aya Shameimaru, la fameuse tengu paparazzi. Cette journaliste adorait les potins et était toujours présente là ou il ne le fallait pas, sans jamais se séparer de son appareil photo fétiche.
Lorsque Mokou ouvrit le placard et qu'elle pénétra dans l'intimité de la femme médecin, ce qu'elle vit la refroidit. Outre les sous vêtements absolument dépassés et tue-l'amour, une série de robes toutes identiques était pendue dans le meuble de bois. Eirin n'avait aucun habit normal, convenant à une jeune femme, alors inutile d'espérer trouver quelque chose d'érotique là dedans.
En essayant une des robes décorée de motifs représentant des constellations, l'immortelle constata que le vêtement lui atteignait les chevilles sans difficulté. A l'inverse, quand il était porté par la propriétaire habituelle, le tissu laissait clairement apparaître la naissance des jambes de l'infirmière. Eirin la dépassait de deux têtes au minimum, puisque lorsque Mokou avait été gratifiée du don de l'immortalité, elle n'était encore qu'une enfant en croissance. Une gamine qui ne vieillirait jamais plus et qui avait tout perdu. Tout ça à cause de Kaguya. En plus d'avoir détruit sa famille, de lui avoir volé son enfance, sa vie, son bonheur, cette garce l'avait brisé, au point de la pousser à boire l'élixir d'Hourai.
- Sale chienne, gronda Mokou, sentant des larmes de rage affluer sous ses paupières. Après m'avoir volé ma vie, tu m'as même volé ma mort.
Alors que les larmes affluaient au visage de la jeune fille, elle serrait les poings pour contenir sa haine, se retenant de briser tout ce qu'elle trouvait sous la main. Elle se moquait bien de Kaguya, elle aurait aimé la voir pleurer, la voir hurler lorsqu'elle perdrait son manoir, mais Mokou respectait trop Eirin pour détruire le foyer de cette infirmière qu'elle appréciait. Elle n'avait aucun grief contre elle, ce qui explique le fait que les deux ne se soient jamais battues, alors que Mokou n'avait jamais hésité à casser quelques dents à Reisen ou aux autres alliés de la princesse.
