Chap. 47 : Liberté de la presse.

First Amendment.

Le groupe composé d'Harry, Hermione, Ginny, Ron, Emma, Neville et Luna remonta vers le château assez tard. L'ambiance était globalement bonne. Tout le monde hormis Ron trouva naturel de ne pas insister sur les difficultés rencontrées par Ginny et Dean. Hermione s'intéressa à la réaction d'Harry. Elle pensait qu'il était toujours possible de restaurer aussi cette portion de son propre passé. Pourtant, le jeune homme ne sembla pas s'intéresser à la question, préférant poser de multiples questions sur l'ami qu'elles avaient rencontré à la "Tête de sanglier". La jalousie dont faisait preuve le jeune homme à son égard gênait clairement Hermione qui ne parvenait pas à se débarrasser de ses avances plus ou moins conscientes.

Au cours du repas du soir, Hermione s'arrangea pour installer Ginny entre elle et Harry. Cette précaution n'empêcha pas le jeune homme de monopoliser une grande partie de ses conversations. Fatiguée, Hermione pensa qu'elle aurait mieux fait de laisser Harry falot et renfermé tel qu'elle l'avait retrouvé au début de l'année scolaire. En désespoir de cause, alors qu'ils remontaient enfin se coucher, l'irlandaise attrapa Harry pour lui parler en tête à tête.

- Je voudrais que tu comprennes Harry que rien ne se passera entre nous. lui assena la jeune fille. L'interpelé ouvrit de grands yeux.

- Je ne vois pas de quoi tu parles. s'étonna-t-il. Je t'aime bien comme amie, c'est tout. Hermione resta un peu bête. Elle avait mal interprété les indicateurs. Elle rougit tellement que ses oreilles la brulèrent.

- Expliques-moi pourquoi tu es toujours sur mon dos alors. reprit la jeune fille d'une voix qu'elle voulait neutre mais qui ne devait pas l'être.

- Avec Neville tu es ma seule amie. répondit léger le jeune homme. Sans oublier Ron, évidemment. ajouta-t-il vivement.

Reculant d'un pas, Hermione considéra le jeune homme. Il ressemblait en tous points à celui de ses souvenirs. Pourtant son vécu n'était pas le même. La relation qu'ils entretenaient était encore plus fusionnelle qu'auparavant. Empêtrée dans ses propres difficultés et dans les objectifs qu'elle s'était imposée, Hermione avait mal perçu ses attentions. Au contraire, affirmait-il, il voulait être prévenant à cause de Percy. Comprenant le fin mot de la situation, la jeune fille eut l'impression d'ouvrir les yeux pour la première fois. Elle regarda longuement Harry comme si elle ne l'avait jamais vu. Ces intentions étaient simplement charmantes. Sa grande proximité avec Ginny et la jalousie de la rouquine avait passablement altérés son jugement sur la situation. Elle s'excusa donc d'avoir été désagréable et reporta sans scrupules la faute sur Percy.

- De toute façon, je préfère les filles de mon âge. sourit-il.

- J'aime autant. s'amusa Hermione. Moi, c'est quand ils sont un peu plus murs que les garçons m'attirent.

Ils achevèrent leur conversation sur quelques éclats de rire et décidèrent de rejoindre les autres. Ils les rattrapèrent au moment de pénétrer dans le passage laissé libre par le portrait de la grosse dame. Personne ne semblait particulièrement inquiet de leur absence. Dès qu'il s'agissait d'Hermione il y avait peu de gens pour craindre qu'il arrive quoi que ce soit de grave. Il était communément admis qu'elle pouvait réduire à peu près tous les impondérables. Seule Ginny eut un regard furieux pour son amie. Pour une fois, Hermione trouva l'énergie de lui répondre par un sourire.

Ils décidèrent de s'attarder encore un peu dans la salle commune de Griffondor. Mais Hermione considéra que son 28 octobre avait été assez rempli pour qu'elle ne reporte pas plus son ascension jusqu'à son lit. Elle en avait encore la force, ce qui ne serait pas toujours le cas, s'amusa-t-elle devant les mines interrogatrices de ses amis. Elle salua tous le monde d'un baiser et monta tranquillement vers les dortoirs des filles. Pour la première fois depuis longtemps, elle n'avait pas l'impression que le regard de Harry se portait sur sa croupe alors qu'elle s'éloignait de lui. D'ailleurs, l'avait-il jamais fait ? Si c'était le cas, elle serait profondément vexée. L'idée la fit sourire toute seule alors que ses amis la regardaient encore distraitement.

Parvenue dans sa chambre, Hermione s'installa dans son salon. Elle avait ôté ses vêtements sorciers pour un débardeur beige et un corsaire en lin. Les pieds sur le bras de son fauteuil, elle écrivit une lettre à son père. Elle ignorait pourquoi, mais elle ressentait le besoin de l'informer des évolutions de la journée. Qui plus était, elle ne l'avait guère contacté depuis deux semaines. Le pauvre Sirius méritait un peu plus d'attention de la part de sa fille aimante.

"Mon cher Patmol,
Aujourd'hui, j'ai pu croiser l'un de mes vieux amis. Je ne pense pas que tu le connaisses.
Il m
'a dit s'appeler Albert Durillon. Tel que je te connais, tu vas vérifier qui il est. Merci de me le dire après tes vérifications.
Il est si drôle et intelligent. Je crois que nous avons fait du bon travail ensemble.
Ne sois pas jaloux, c
'était il y a 15 ans. Comment va le meilleur père du monde ?
Si tu savais combien ta présence me manque. Chaque jour est identique au précédent.
Nous allons en cours et revenons avec des monceaux de travail.
Cette journée était super.
Depuis que je suis revenue dans cette époque, c
'est la première au cours de laquelle j'ai pu rire et discuter avec d'autres personnes.
Mais je donnerais tout ce que j'ai pour être moins loin de toi. Quoi que je fasse, quel que soient mes interlocuteurs, tout me parait sans saveur.
Bien moins que la moindre chose faite ensemble.
J'espère que nous pourrons prochainement retourner en Irlande.C'est le seul endroit où je me sente bien.
Avec toute mon affection ,
Ton Hermione."

La jeune fille s'inquiétait un peu du ton qu'elle venait de donner à sa lettre. Il était à craindre que Sirius ne lui tombe dessus rapidement après avoir reçu sa missive. Elle y indiquait tout de même qu'elle s'ennuyait à Poudlard et que sa présence lui manquait énormément. Ce n'était pas une nouveauté en somme. Il ne pouvait pas non plus lui en vouloir de recroiser des amis à qui elle avait donné rendez-vous il y a plus de quinze ans. Au cours de sa journée, Hermione avait remis dans l'ordre une partie de ses souvenirs. Surtout, ils avaient évoqué ensemble les directions qu'elle aurait à prendre prochainement.

Pour la dix-huitième fois, la jeune fille relisait sa missive. Elle ne parvenait pas à ôter le ton qu'elle lui avait donné maladroitement. Le grincement caractéristique de sa porte ne lui permit pas, cependant, de la relire une dix-neuvième fois. Elle se leva d'un bond et s'étira, portant très haut ses deux mains jointes. Le débardeur un peu grand et le corsaire un peu serré étaient très à son avantage et Ginny ne manqua pas de faire remarquer qu'elle n'avait pas intérêt à se promener dans cette tenue. Hermione ricana en affirmant qu'elle gardait cela pour sa prochaine visite au Terrier.

- Percy ne vas pas s'en remettre. rit la rouquine de bon cœur.

- Au moins il saura ce qu'il a perdu. rétorqua Hermione qui se tournait vers son amie.

En quelques mots les deux filles établirent ce qui avait motivé la venue de la plus jeune. Le cas Harry sembla désespéré à Hermione. Même si elle raconta dans le détail leur conversation, Ginny ne paraissait pas convaincue. Pourtant, il était clair que le jeune homme n'avait aucune vue sur son aînée.

- Je suis trop vieille pour lui. coupa Hermione un peu vexée. Ginny se contint un peu, mais il était manifeste qu'elle s'amusait beaucoup de cette situation. Et toi, tu es trop jeune. ajouta Hermione pour faire cesser le sourire narquois.

- Merci de ton soutien. fit la rouquine en croisant les bras sur sa poitrine.

La conversation dura un peu. Cette fois, Hermione ne laissa pas son amie s'endormir sur le canapé, elle la conduisit dans son lit pour l'y allonger quand le sommeil devint irrépressible. De son côté, Hermione avait encore des choses à faire. Elle scruta longtemps la carte du maraudeur en se concentrant sur la présence de Jedusor. La jeune irlandaise pensait que forcer le sentiment désagréable qu'elle ressentait en présence des horcruxes pourrait influer sur la restitution fournie par la carte magique. Indirectement, elle ne se trompait pas. Quand elle passa la main au-dessus du bureau de Dumbledore Hermione retrouva cette impression désagréable. Celle-ci était très atténuée et devait émaner du journal de Tom. Malgré tous ses efforts cependant, elle ne put isoler un endroit spécifiquement plus désagréable que les autres. Les toilettes de Myrtle étaient plus réceptives, probablement en raison de la magie de Serpentard. Déçue, Hermione n'avait plus qu'à se coucher. Elle repoussa un peu son amie pour profiter d'une moitié de lit. Ce qui n'empêcha pas Ginny de la réveiller en pleine nuit en murmurant "Harry" et en la serrant un peu fort dans ses bras. Entre amusement et gêne, Hermione dût se lever pour s'installer sur son canapé. Elle pronostiqua une nuit plus confortable. Le lendemain, la rouquine s'étonna de voir son hôtesse dormir ailleurs que dans son lit.

- Je plains juste ton futur mari. répondit Hermione en se massant les reins. Á moins qu'il soit Harry, évidemment.

Ginny fit semblant d'ignorer la remarque et affirma souriante qu'elle avait bien dormi et fait de beaux rêves. L'irlandaise admit qu'elle n'en doutait pas une seconde. La poigne de la rouquine restait gravée dans sa mémoire. Une fois apprêtées, les deux filles descendirent dans la grande salle. Les mines sombres qu'elles croisèrent ne furent pas de bon augure. Les tabes de Griffondor et de Poufsouffle faisaient pâles figures alors que celle de Serpentard fourmillait de mille bruissements. En approchant, Hermione remarqua les exemplaires de la "Gazette du Sorcier" et commençait à craindre le contenu du journal.

Alors que Ginny marchait encore à ses côtés, la jeune irlandaise lui indiqua que Dean arrivait à grands pas. La rouquine resta silencieuse jusqu'à ce que son petit-ami soit assez près pour qu'elle puisse l'attraper par le bras et l'emporter hors de la salle. Regardant le couple s'éloigner, Hermione se mordit la lèvre inférieure. Les affaires du jeune homme lui paraissaient mal engagées. D'une certaine manière, elle y était pour beaucoup. Comme elle l'aimait bien, Hermione s'en voulait un peu. Ne pouvant faire autrement, elle se dirigea seule vers Ron et Emma qui discutaient à voix basse. De l'autre côté de la table, Harry et Neville la saluèrent avec des sourires forcés. Hermione s'installa et Emma lui fit glisser son exemplaire de la "Gazette du Sorcier" ouvert à la bonne page.

"Mystère dans la haute société,
par Rita Skeeter.

Depuis notre précédente publication, il semble que les liens qui unissent Harry Potter à l'héritière des Black se soient renforcés. Il n'est plus possible de croiser l'un sans l'autre.

Pourtant, nous avons émis des doutes quant à la véracité de la situation de la demoiselle. Nous avons achevé les vérifications au sein du ministère de la magie irlandais. Aucune Hermione Black n'est née sur leur sol depuis 1872. Qui donc est cette jeune fille ?

Il s'agit nécessairement d'une aventurière. Pour nous il ne saurait être autrement. Il devient urgent de faire définitivement éclater la vérité. Néanmoins, Sirius Black, le plus pauvre esprit de sa famille, ne démords pas de cette filiation fictive qu'il est allé lui-même trafiquer au ministère.

Il est aussi notable de constater que cette fillette qui vient de passer devant le magenmagot s'en soit sortie aussi facilement.

Pourtant, le ministère de la magie ne sait même pas de quoi sa baguette est faite. L'absence de déclaration est, vous le savez tout comme moi, un délit puni de trois mois de prison à Azkaban.

Nous sommes plus que jamais convaincus de l'importance, de l'imminence, de la nécessité de reconduire cette fille hors de notre pays."

Hermione regarda tous ses amis les uns après les autres. Sa couverture craquait de partout. Bientôt elle ne pourrait plus se cacher sous ce faux nom. Ceci dit, il suffisait qu'elle prenne celui de Lady of Derrycarna qui était aussi le sien et avait le mérite d'être opaque. Si cela avait été aussi simple, Dumbledore aurait accepté qu'elle change de nom dès son arrivée. Mieux, il l'aurait imposé. Jusque-là, Hermione n'avait pas voulu parler de cette partie secrète de sa vie. Elle ignorait comment ses mensonges seraient interprétés. Elle en restait là de ses réflexions lorsqu'Emma rompit le silence.

- Tout ça, ce n'est rien. Nous savons tous que c'est idiot. fit la petite-amie de Ron. D'ailleurs d'après ce que j'ai compris, tu es personnel d'ambassade, c'est pour cela qu'ils n'ont pas continué le procès et qu'ils n'ont pas divulgués la nature de ta baguette.

- En effet. reconnu Hermione. Techniquement je suis danoise. Mais pour ce qui est de ma baguette, je crois que personne ne sait de quoi elle est vraiment faite, à part moi.

Elle trouvait étonnant cette affirmation de la journaliste, Ollivander avait clairement identifié l'objet. Les minutes du procès avaient dû être placées au secret. Ce qui arrangeait bien Hermione. Relevant la tête, Hermione se demanda pourquoi un pareil mélange de bêtises et de méchanceté gratuite semblait tant influencer deux des quatre maisons de Poudlard. N'ayant pas de réponse dans l'article qui se trouvait entre ses mains, elle demanda à Emma ce qu'il en était. La jeune fille regarda Hermione comme si la question était du dernier degré de la stupidité. Elle lui arracha le journal des mains et tourna précipitamment les pages en quête d'un second article.

"Mensonges et tricheries à Poudlard.
par Dolores Ombrage."

Rien que le nom de l'auteur de l'article fit bondir l'irlandaise. Aucun des souvenirs qu'elle avait de la femme à la face de crapaud n'étaient à son avantage. Après avoir expiré profondément pour se calmer, Hermione entreprit une lecture qu'elle devinait difficile.

"Le professeur Dumbledore qui assure la direction de l'école de sorcellerie de Poudlard par la volonté du ministère fait preuve de la plus grande des inconséquences. Certains éléments permettent de comprendre à quel point le cursus de nos enfants est mal engagés. Pour que tous puissent comprendre l'urgence de la situation, nous allons les exposer à la sagesse populaire en attendant que l'intervention du ministère ne produise ses fruits.

D'abord, les enseignants ont été recrutés pour une partie en dépit du bon sens. Peut-on tolérer qu'un loup-garou, qu'une devineresse incompétente, qu'une française, ou de non-sorciers, puissent être considérés comme des enseignants de valeur ? Nous répondons évidemment par la négative. Il faut rapidement purger le corps enseignant de ces scories inutiles.

Ensuite, le contenu des cours n'est plus en adéquation avec les besoins actuels. Les clubs de duels sont autorisés contre toute prudence. Les cours de défenses contre les forces du mal ont des exercices pratiques qui mettent en danger la vie de nos enfants. Le ministère vient donc de refondre les programmes pour permettre de mieux accentuer le travail des élèves sur les valeurs traditionnelles de la sorcellerie.

Enfin, nous avons découvert que la maison des serpentards était continuellement sous-notée. De graves tricheries ont été révélées. La moitié des diplômés des maisons de Griffondor et de Poufsouffle le sont par des malversations. Depuis que le ministère est informé, il a révoqué les examinateurs nommés par l'actuel directeur pour nommer les siens. La situation devrait retrouver une situation normale dès ces prochains mois. Néanmoins par un souci d'équité, les anciens diplômés, depuis 4 ans, reviendront subir les ultimes examens. Le ministère s'assurera à cette occasion que leurs précédents résultats n'étaient pas entachés de fraude.

Ceux des élèves qui dénonceront des tricheries verront leurs cas analysés avec la plus grande bienveillance par le ministère."

Après cette lecture, Hermione comprenait les raisons des mines abattues de ses voisins. Elle reposa le magazine atterré par tant de bêtise humaine. D'ailleurs, elle s'imagina Percy. Celui-ci ne serait certainement pas ennuyé. Par contre, l'opposition d'Ombrage à Remus n'était pas inhabituelle. La secrétaire du ministre détestait les non-humains et surtout tout ce qui n'était pas strictement conforme à sa vision du bien, de l'élégant ou du passable. Ce qu'Ombrage trouvait beau étant globalement atroce à voir. La jeune fille frémit en pensant aux bibelots surchargés de chatons enrubannés qu'elle avait installés dans son bureau au cours de sa sixième année. Par contre, Hermione était très fâchée de voir Adeline Renard placé dans le même sac que tous les autres politiquement-incorrectes. Compte-tenu de cette xénophobie latente, Hermione considéra les articles de Skeeter sous un autre angle. S'en prendre à elle s'était aussi se conformer à la politique générale du ministère. Cette politique mise en application et en mot par Ombrage dans le second article.

- Comme dit l'adage, la situation est grave, mais pas désespérée. Enfin, pour le moment.

Hermione n'avait pas fait attention que cette remarque avait été faite à voix haute. Tous les griffondor assis à ses côtés la dévisagèrent avec surprise. Manifestement, aucun d'entre eux n'avait le cœur à sourire. Derrière Emma, Ron paraissait plus abattu que tout autre. Il fallait reconnaitre que selon cette décision, Percy, Fred et George seraient contraints de repasser tout ou partie de leurs examens. Ils avaient tous un emploi, une vie d'adulte. Perdre leurs qualifications pouvait les déclasser, leur faire perdre leurs travails. Ce n'était pas une menace que la famille Weasley prendrait à la légère. D'ailleurs, Ginny qui revenait au bras de Dean n'avait pas encore rompu leur relation. Ce n'était guère le moment. Hermione fulminait. D'abord à cause des conséquences immédiates pour la famille de ses amis. Ensuite pour ses amis enseignants, Remus et Adeline. Enfin parce que le ministère reprenait en main très officiellement la direction de l'école. Pourtant, celle-ci avait toujours défendu son indépendance. Hermione avait du mal à comprendre que Dumbledore ou Severus Rogue, se laissent prendre dans des pièges aussi évident. Sans aucune retenue, la jeune fille fit part de ses conclusions à ses amis. Seule Emma se félicita d'avoir enfin quelqu'un capable de comprendre comme elle et aussi vite qu'elle les conclusions qu'il y avait à tirer des articles sibyllins de la « Gazette du Sorcier ». Á ses côtés, Ron en était resté à l'angoisse concernant ses frères, Neville et Harry s'inquiétant essentiellement pour Adeline Renard. Soudain, Hermione eut reçu l'illumination. La seule femme qui pouvait stimuler ardemment les sens d'un jeune adulte au point de le détourner des jeunes filles de sa classe ne pouvait être qu'une enseignante à la plastique pratiquement idyllique. La jeune irlandaise n'avait jamais considéré Adeline comme une adversaire sur le plan esthétique, leur actuelle différence d'âge les mettant sur des plans différents. D'ailleurs, Adeline était mariée depuis des années. Quoi qu'ils le sussent, Neville, Harry et Ron n'en fantasmaient pas moins sur ses courbes. Il fallait reconnaitre qu'Adeline savait les mettre en valeur efficacement. Le plus régulièrement à l'aide de tenues moldues sobres et de bonne qualité.

La journée des jeunes filles de septième année fut un peu houleuse. Emma tenta vainement de réconforter son petit-ami. Seul un appel de Molly en début de soirée parvint à le rassurer passablement. Il semblait que les soutiens de Percy mettent à l'abri les sang-purs des anciennes familles de sorciers. Les membres du groupe y virent instantanément la marque des mange-morts. Furieux, Harry, Neville, Emma, Ginny, et Ron virent l'annoncer à Hermione alors qu'elle trainait comme souvent à proximité de l'embarcadère. La jeune irlandaise aurait tant donné pour avoir quelques fois accès à l'une ou l'autre des barques de l'école. Il n'y avait pas de club nautique à Poudlard car les eaux du lac étaient enchantées. Il y avait dès lors trop de risques de voir les élèves être blessés par les sécurités magiques. Hermione se contentait de faire des ricochets en regardant au loin. Parfois, elle guidait de sa baguette un petit morceau d'écorce sur l'onde continuellement calme. Elle se prenait à rêver de grands voyages sur des eaux froides et tumultueuses. L'air salin lui giflant le visage lui manquait. Pourtant ce n'était pas une sensation des plus agréables. C'était essentiellement l'impression de totale liberté qui lui manquait. Son ultime année scolaire se transformait en une pénible succession de cours sans grand intérêt à ses yeux. La plupart des sorts et potions enseignées étaient largement surclassés par ce que John Vangard lui avait appris à Heuton-Pagnell.

Le bourg se dessina dans l'esprit de la jeune irlandaise. Elle revit le quai où s'alignaient les navires magiques. Elle entendait résonner les mats ondulants au rythme des vagues et le bruit des haubans qui claquaient ou sifflaient sous la force du vent. Hermione traversa le quai, observa les ruines du château avant de descendre vers les hautes maisons de pierre. Jamais auparavant elle ne s'était souvenue de ces détails. Maintenant qu'ils lui revenaient, elle ne voulait surtout pas que cela soit interrompu. Mais comme la vie n'est pas tendre avec les contemplatifs, un groupe de jeunes élèves passa en criant et riant. Hermione se tourna vivement, tremblante, craignant une attaque.

Ses souvenirs étaient agréables, mais souvent une forme de paranoïa accompagnait les évocations de son passé refoulé. Á présent que l'image de Heuton-Pagnell s'estompait, la jeune fille décida de remonter vers le château. Elle eut largement le temps de réfléchir à ce que ses amis étaient venus lui transmettre quelques minutes plus tôt. Pour Hermione, le contrôle des mange-morts sur le ministère ne faisait plus aucun doute. Ce qui l'inquiétait le plus était la vitesse à laquelle il s'était exprimé. Dans son passé, il avait fallu plusieurs années avant que Jedusor ne trouve la puissance nécessaire pour s'imposer en dirigeant occulte du pays. Cette pensée l'occupa une grande partie du repas. Á ses côtés, ses amis discutaient essentiellement du remplaçant de Dumbledore. Emma craignait que le ministère ne valide pas la nomination de Rogue. Celui-ci était trop proche du vieux directeur.

En son for intérieur, Hermione était persuadée du contraire. Aux yeux de Jedusor, et parce qu'il était un grand légilimens, Rogue était le meilleur candidat à la succession de Dumbledore. Le mage noir avait toujours eut une grande confiance dans Rogue. Aujourd'hui c'était Hermione qui ne pouvait douter de son sincère ralliement à l'Ordre du Phénix. Il avait bien trop souffert des exactions de Jedusor, mais aussi pour se racheter auprès de ses anciennes victimes, pour recommencer le chemin à l'envers. Une bourrade un peu dure sortit la jeune fille de ses pensées. Harry se tenait debout derrière elle en lui indiquant que tous leurs amis s'apprêtaient à monter dans la salle commune. D'un sourire et de deux mots, Hermione indiqua qu'elle suivait le mouvement. Ils escaladèrent ensemble les marches menant à leurs dortoirs. Visiblement, Harry était préoccupé par quelque chose. Cela expliquait aisément pourquoi il avait choisi d'attendre son amie.

- Tu crois que celui-dont-on-ne-doit-pas-dire-le-nom va venir nous trouver jusqu'ici ? fit-il brusquement.

- Dans l'école, je n'en sais rien, à vrai dire. Répondit la jeune fille. Mais il viendra pour toi, il n'a pas le choix. Acheva-t-elle en le regardant.

- Il vaudrait mieux que je m'éloigne de ceux que j'aime le plus alors. Grimaça-t-il.

- Cette pensée t'honore Harry, mais ce n'est pas suffisant. Coupa Hermione. Dès qu'il aura tous les pouvoirs, Jedusor s'en prendra aux innocents. Nous devons l'empêcher.

- C'est pour cela que Dumbledore veut que tu nous entraines. Intervint le jeune homme.

Avec un large sourire, Hermione acquiesça. La situation était très obscure pour cette version de Harry. Il n'avait pas eu conscience du retour probable de Jedusor avant les événements qui l'ont vu renaître de son esprit lui-même. En plus du choc de voir mourir Jane Olliver, Harry avait été sous le contrôle mental du mage noir pendant une grande partie de sa courte vie. Dans sa réalité, Harry avait réussi à combattre la présence de l'horcruxe en lui. De plus, il reçut un entrainement spécifique, il vécut assez d'aventures extraordinaires, pour savoir résister et vaincre Jedusor. Parfois la chance se mêlait au destin railla-t-elle en pensant à la destruction de Jedusor en Albanie.

- Ce qui m'ennuie le plus, ce sont les répercussions sur Miss Renard et Remus Lupin. Reprit Harry. Ce sont des gens que j'apprécie beaucoup. Hermione le dévisagea en souriant. Elle savait que la première évoquée était la plus intéressante des deux.

- Rassures-toi, ils connaissent les risques. Intervint la jeune fille. Et perdre un emploi n'est pas si grave lorsque l'on sauve sa vie.

La jeune irlandaise trouva sa remarque d'une platitude exaspérante. Leurs places au sein de l'équipe des enseignants permettaient de placer des alliés à des postes clefs. La question des risques personnels était totalement secondaire. Á l'avis de la jeune fille, ce n'était pas cela qui arrêterait les membres de l'Ordre du Phénix. Dès lors qu'ils avaient choisi de se mettre au service de Dumbledore, ils devaient être conscients des risques qu'ils prenaient. Hermione allait expliquer à Harry ses convictions à ce propos lorsqu'elle se souvint de l'invitation faite par Adeline à Londres un peu avant la rentrée. Elle embrassa le jeune homme et lui souhaita une bonne nuit, obtint de lui qu'elle présente ses hommages pour la nuit au reste du groupe, et s'élança dans les couloirs sombres à cette heure.

Après quelques pas précipités en direction des salles de classes, Hermione se rappela la présence de la carte du maraudeur dans sa poche intérieure. Elle la sortit prestement pour faire apparaitre le plan du château. D'instinct, elle se plaqua dans un recoin encore plus sombre lorsqu'elle vit le point désignant Rusard passer dans le couloir du niveau inférieur. Elle reconnut sa méprise en souriant dans le vide. Même en étant habitué, l'usage de la carte n'était pas anodin. La jeune fille s'assura de bien considérer le bon niveau et chercha la présence d'Adeline Renard. Sans grande surprise, elle remarqua que l'assistante de Remus Lupin était installée dans sa chambre. Compte-tenu de l'heure, elle devait probablement préparer ses cours du lendemain. Cela gênait un peu la jeune fille de venir trouver son amie un peu tard. Mais les craintes qu'elle nourrissait pour l'avenir de l'assistante ne lui laissaient pas de répit. Elle frappa doucement à la porte, espérant secrètement qu'on ne lui répondrait pas. De fait, aucune voix ne rompit le silence. Après un court instant, Hermione commença à reculer. Elle reviendrait un autre jour, quand Adeline serait plus à même de la recevoir. C'est alors que la porte s'ouvrit en grand. D'un large sourire, Adeline accueillit son amie et la fit entrer dans la pièce. Le désordre envahissait un grand nombre des meubles d'une pièce qui devait être assez grande. Quoi qu'elle supporterait mal la comparaison avec les chambres du château de Brécourt.

Sur l'invitation de l'assistante, Hermione entra s'assoir sur une chaise que son hôtesse libéra prestement des piles de copies qui l'envahissaient. La jeune irlandaise posa ses mains sur ses genoux et se concentra sur ses pieds. Maintenant qu'elle était entrée, elle ignorait par quoi commencer. La jeune fille n'avait pas nécessité de trouver un miroir pour savoir qu'elle rougissait de honte. Derrière elle, Adeline rit de bon cœur. L'enseignante fouilla un moment dans un placard avant de faire planer deux petits verres qui se posèrent sur la table à côté d'Hermione. D'un pas vif, Adeline revint s'installer, une bouteille de liqueur moldue à la main.

- C'est un peu fort, mais j'ai l'impression que tu en as besoin. Fit-elle en souriant à Hermione.

- Je n'aurais pas dû venir. Balbutia l'irlandaise encore mal à l'aise.

- Ne plaisante pas. Nous sommes amies depuis longtemps. Si tu as besoin de me parler, n'hésites surtout pas. Au contraire. Fit-elle après avoir marqué un temps.

Hermione dévisagea la trentenaire qui se tenait devant elle. Une sincère douceur émanait de cette femme. Que les jeunes hommes de sa classe aient tendance à succomber à ses charmes n'était pas un fait aussi étonnant quand on prenait la peine de regarder Adeline. Si elle n'était pas aussi belle que Fleur Delacour, elle avait les traits fins et une manière tellement gentille de vous regarder et de vous parler, qu'il était littéralement impossible de résister.

- J'espère que tu ne t'inquiètes pas pour moi à propos de l'article de la « Gazette du Sorcier ». ironisa Adeline en servant une boisson très ambrée dans les verres. Hermione hésita, se demandant s'il était judicieux de mentir.

- Ils te considèrent au même chef qu'un loup-garou. Finit-elle par articuler. C'est insultant.

- Pour Remus en effet. Adeline rit de bon cœur et Hermione resta stupéfaite.

- Dès que Dumbledore sera parti, le ministère te chassera. Reprit l'irlandaise un peu fâchée que son amie ne prenne pas la chose plus au sérieux.

- Je ne suis venue que pour toi Hermione. Coupa Adeline en portant son verre à ses lèvres. Après une gorgée, elle reprit. Je ne risque rien de toute façon.

Á son tour, Hermione leva son verre et entreprit d'en avaler le contenu. Sans y prendre garde, elle bu le liquide d'un trait. Elle crut mourir tant la brulure de l'alcool lui déchirait l'œsophage. Une larme coula le long de sa joue avant même qu'elle prenne conscience de la douleur. En face d'elle, Adeline resta ébahie.

- Je suis désolée. Fit la française en se levant pour aider Hermione. J'ai oublié de te prévenir de ne pas boire du calvados aussi vite.

- C'est ma faute. Toussa Hermione qui sentait sa gorge se serrer. J'aurais pu reconnaitre à l'odeur.

Une fois que les effets du passage de l'alcool furent atténués, Hermione et Adeline plaisantèrent à propos de la manie de Robert de Mathan de préparer annuellement des quantités de cidre et de calvados qui se perdaient ou finissaient en dons. La boisson typiquement normande n'était plus guère consommée en dehors des situations de crises ou à la fin de très longs repas. L'incident avait détourné l'attention d'Hermione du problème qui l'avait conduit dans la chambre de son amie. D'une certaine manière, cela permettait de partager des souvenirs communs et donc de rapprocher les deux femmes. Pourtant, l'accalmie ne pouvait qu'être de courte durée. Prenant les devants, Adeline relança la conversation.

- Les mange-morts savent pertinemment que moi ou ma famille ne serons jamais de leur bord.

- Je crains qu'ils ne s'en prennent à toi et tes enfants. Coupa Hermione à nouveau mal à l'aise.

- C'est déjà fait.

Hermione sentit le sol se dérober sous sa chaise. D'instinct elle portait toute la responsabilité des deuils et des blessures reçues par la famille d'Adeline. La jeune irlandaise souffla et déglutit pour tenter de reprendre contenance. Ses efforts ne furent pas ignorés par Adeline qui la regarda avec une extrême douceur.

- Tu n'y es pour rien. Elle posa la main sur l'un des genoux d'Hermione. Mon beau-frère et mon père ont fait leur devoir. Ils n'auraient pas pu vivre en sachant qu'ils t'avaient abandonné.

- Le dragon. Balbutia Hermione, pâle et sur le point de s'évanouir.

L'origine du souvenir lui revenait enfin. Elle n'avait jamais affronté de dragon, mais ses amis l'avait fait pour qu'elle puisse s'enfuir. Il semblait que Robert de Mathan et Thierry du Chapelet avaient payé le prix fort à sa place. Et combien d'autres qu'elle ne connaissait pas, avaient-ils à leur tour été atteint à sa place ? Hermione éructa et affirma qu'elle avait été lâche et que leurs disparitions étaient uniquement de sa faute. Quoi qu'Adeline puisse dire, elle s'en sentait responsable.

- C'est pour cela qu'aucun de nous n'a voulu t'en parler. Grimaça Adeline.

- Combien d'autres choses m'avez-vous caché ! cria Hermione passablement énervée par ce sentiment de culpabilité et l'impression qu'on l'infantilisait. Elle était debout à présent.

- Tu sais que je ne peux rien te dire. Coupa Adeline qui se leva à son tour.

- C'est une manie ici.

- Ne cherche pas à vivre dans la culpabilité. Tu nous a tous sauvé en détruisant tu-sais-qui.

- Ce n'est pas moi ! trancha encore la jeune irlandaise.

L'affirmation déstabilisa manifestement la française. Mais elle se reprit très vite. Pendant qu'Hermione tournait en rond dans la pièce, Adeline usa de lieux communs pour tenter de la rassurer et pour qu'elle prenne conscience qu'elle ne pouvait être responsable des choix et des sacrifices des personnes qui combattaient à ses côtés.

- Je n'ai rien d'un chef de guerre. Coupa Hermione. Dumbledore veut que j'entraine les élèves. Mais je refuse de les envoyer se battre.

- Ce n'est pas toi qui décideras à leur place. Intervint Adeline d'un ton sec. Certains te suivront, d'autres partiront. C'est le libre-arbitre. Il est inutile de forcer les gens. La voix de la française se fit plus douce. Le mieux est de leur donner plus d'atouts qu'ils n'en auront besoin.

- Tu crois que la guerre est inévitable ? s'enquit Hermione quelques larmes au coin des yeux.

- C'est toi la spécialiste de la question. Répondit Adeline d'un rictus. Elle savait en dire trop, ou pas assez.

Ensembles, les deux femmes préparèrent un planning d'entrainement qu'Hermione pourrait employer auprès des élèves volontaires. La jeune irlandaise avait du mal à accepter cette aide et aurait préféré qu'Adeline elle-même gérât les entrainements. Cependant, la française lui rappela que sa place n'était que provisoire. Dès que le ministère l'exigerait, elle serait contrainte de partir.

- Cela ne change rien. Au contraire. Je n'ai pas toutes les compétences nécessaires. Scanda Hermione. J'ai besoin de toi et de Remus. Vous avez l'expérience et les connaissances que je n'ai pas.

- C'est ce que tu crois. Répondit Adeline narquoise. Tu es certainement plus forte que nous deux réunis. Mais si tu crois que tu as besoin de nous.

Adeline laissa sa phrase en suspens. Elle regarda par la fenêtre en direction de la forêt interdite, comme si elle s'attendait à y voir quelque chose ou quelqu'un de précis. Hermione n'osa pas rompre le silence qui s'installait.

- Je vais essayer de convaincre Remus. Reprit-elle enfin. Si nous pouvons être utiles. Essayons.

Hermione tomba dans les bras de son amie. Contrairement à elle, Remus et Adeline avaient l'habitude de l'enseignement. Ils sauraient mieux qu'elle gérer le groupe. Du moins au début. Grâce à leurs aides, les élèves volontaires pourront atteindre rapidement un niveau acceptable. Seule, Hermione n'aurait probablement pas réussit. C'est du moins ce qu'elle imaginait.

Les deux amies se séparèrent peu de temps après cet accord de principe. Hermione regagna sa chambre le cœur plus léger. Elle ne serait pas seule devant les défis qui prenaient un malin plaisir à se présenter sur son chemin.

« §§§ »

L'euphorie de la vieille s'imposait encore à Hermione quand elle descendit déjeuner. Pour une fois, elle faisait partie des premiers levers. Probablement parce qu'elle avait écouté son entrainement quotidien. Disposer d'un peu d'espace dans sa chambre lui permettait de se passer des installations de l'école. Les visages des autres élèves contrastaient un peu avec la mine réjouie de l'irlandaise. Les menaces du ministère portaient déjà leurs fruits. Les élèves se soupçonnaient les uns les autres d'avoir triché ou de chercher à dénoncer des tricheries. Le vol des hiboux sembla à Hermione plus important ce matin-là que les autres. Le fait qu'elle se soit descendue plus tôt pouvait expliquer le décalage. Pourtant, la jeune fille n'était pas dupe. La plupart des familles essayait de rassurer ses condisciples quant aux examens des ainés. La jeune irlandaise fut tout de même surprise de voir arriver le hibou de Sirius. Elle avait totalement oublié qu'elle avait adressé une missive à son père quelques jours plus tôt.

« Ma chérie,
Je voulais d'abord te rassurer quant à la situation de nos amis et sur celle du ministère. Jusqu'à présent notre vieil ami parvient encore contenir les voracités des agents de Dolores Ombrage. Dès que Lunar sera en péril, nous le rapatrierons. Il ne semble pas que ce soit encore à l'ordre du jour.

Nos adversaires sont de plus en plus pressants. Je commence à avoir du mal à poursuivre mes affaires.
Mes gros clients sont déjà attentistes. Le retour de qui on sait est un secret de polichinelle mais le ministère fera tout pour le nier.
Tu te rends bien compte que cela n'arrange pas nos affaires. Tant qu'il agit dans l'ombre notre ami Tom gagne en force.

Je n'ai pas enquêté sur ton ami Albert. J'ai confiance en toi et en ton jugement. D'ailleurs j'imagine qu'il est bien trop vieux pour toi. S'il avait été si proche, c'est lui que tu serais allé voir l'an dernier. Pas moi. Je vais essayer d'obtenir d'Albus l'autorisation de t'emmener loin de cette école déprimante. Cela ne va pas être facile.

Toi aussi tu me manques.

Ton Patmol qui t'aime. »

La réponse de son père adoptif touchait profondément Hermione. Elle serra le parchemin un instant contre son cœur. Enfin, elle avait quelqu'un qui comprenait ce qu'elle ressentait. Elle en avait plus qu'assez d'être coincée dans les couloirs de l'école. Elle apportait toute l'aide dont elle était capable, mais elle douta que ce soit suffisant. Hermione était encore plongée dans ses rêves d'évasion lorsqu'elle entendit Emma s'étouffer en avalant une bouchée de son déjeuner de travers. La petite-amie de Ron, qui était arrivée avec Ginny quelques instants auparavant, lisait la « Gazette du sorcier ». La brune ouvrit de grands yeux et dévisagea successivement Hermione et Ginny. Visiblement ce qu'elle venait de lire l'estomaquait et la perturbait au plus haut point.

- Lisez ça. Fit-elle finalement en tendant le magazine vers Hermione et Ginny.

Un article de Rita Skeeter se déroulait de la cinquième colonne en une jusqu'à la page 4. Le titre était particulièrement évocateur. « De la dérive des mœurs à Poudlard. Les intrigues d'une intrigante ». Sans même lire les premières lignes, Hermione avait compris que la reporteur parlerait d'elle. Elle rechigna de ce fait à se pencher sur le ramassis de sottise qu'elle avait une nouvelle fois rédigé. Mais Emma insista, précisant que la portée de la chose les dépassait largement. Résignée, Hermione entreprit la lecture.

« Nous portions l'attention de nos lecteurs sur le comportement peu conventionnel de la petite-amie de Harry Potter.
D'après nos dernières investigations nous pouvons apporter de nouveaux rebondissements à cette affaire. L'enquête fut difficile tant le fonctionnement de l'école de sorcellerie est devenu opaque ces dernières années. Néanmoins, j'ai pu me procurer des éléments de première importance à force d'insistance.

La dite Hermione Black qui apparait constamment aux bras de Harry Potter ne partage pas uniquement sa couche avec lui. Dernièrement nous avons découvert que la dite intrigante contournait les protections magiques de l'école pour réchauffer son lit. Il est de notoriété que les garçons ne peuvent accéder aux dortoirs des filles. C'est donc auprès d'une jeune fille que la Black trouve un réconfort honteux. Il était déjà anormal que cette personne dispose d'une chambre individuelle. Á présent, elle y reçoit de jeunes délurées. Les soirées sont animées dans les dortoirs de Griffondor nous pouvons en témoigner.

Il n'est pas dans nos habitudes de dénoncer les auteurs d'actes frauduleux indignes d'un délit. Pourtant, pour satisfaire la curiosité de nos lecteurs, nous pouvons dire que la rouquine qui rejoint la Black la nuit est issue d'une famille bien connue de traitre à leur sang ».

Hermione blêmit. Elle avait l'impression que tout son sang s'enfuyait le plus loin possible de son cœur et de son cerveau. Déjà, elle appréciait modérément qu'on la surnomma « la Black ». Elle était blonde, d'accord, châtain clair, après tout. S'exclama-t-elle en essayant de détendre l'atmosphère autour d'elle. L'irlandaise remarqua que Ginny avait des yeux exorbités pendant qu'elle lisait et relisait l'article. La rouquine devait s'inquiéter de la réaction de sa mère. Pourtant, comme d'habitude, pas un mot n'était vrai. Seulement, aucun des élèves alentours ne pouvaient le savoir. Il devenait urgent de faire taire Skeeter, lança Emma. Les garçons qui arrivaient, déjà prêts pour l'entrainement de Quidditch furent rapidement informés. De son côté, Dean Thomas se laissa aller à un rire franc et sonore qui indiquait bien ce qu'il pensait de ces ragots. Emma le félicita discrètement car c'était à son avis la meilleure des défenses pour Ginny. Elle avait un petit-ami et se trouvait contrainte de s'afficher avec lui pour faire taire les rumeurs éventuelles. Le cas d'Hermione serait un rien plus difficile à résoudre. Harry fit semblant de se proposer d'officialiser leur relation, mais un regard furieux de l'irlandaise le coupa dans son élan. L'hilarité fit son apparition dans le groupe. Ils savaient tous que ces accusations étaient sans fondement et proprement ridicules, ils n'avaient pas à s'en inquiéter outre mesure.

- Je suis étonnée de la précision des informations de Skeeter. Remarqua Emma soudain. Comment fait-elle pour savoir que nous venons souvent dans ta chambre ? fit-elle en direction d'Hermione.

- Parce qu'elle est un animagus non déclarée. Répondit Hermione. Elle peut espionner tout le monde.

- C'est un vrai cafard cette fille. Lança Ron dégouté.

- Exactement. Convint l'irlandaise. Tu le savais ? l'interrogea-t-elle faussement.

Un nouvel éclat de rire vint ponctuer ce bref échange. Ils venaient d'évoquer la faiblesse de Skeeter, cependant, ils n'avaient pas plus de moyens de la combattre.

- Il nous faudrait mener notre propre campagne de presse. lança Emma qui était très remontée par cette affaire. Cela concernait tout de même sa belle-sœur.

- Je connais un journaliste. Peut-être qu'il pourrait nous aider. Intervint Hermione qui repensait à Lesly Finnighan.

Sans entrer dans les détails, la jeune irlandaise parla à ses amis du journaliste de son pays. Elle avait confiance en lui. SI elle lui demandait, Hermione espérait le convaincre de venir les aider. Elle tût le fait qu'elle ferait usage de son titre de Lady pour obtenir plus facilement son intervention. Tout le groupe fut immédiatement conquit par l'idée. Hermione promit de s'atteler à un courrier dès la fin du déjeuner. Le cœur un peu plus léger, ils partagèrent le repas et les anecdotes de Quidditch. Malgré leurs efforts, l'équipe de Griffondor risquait de se retrouver en seconde position derrière les serpentards. C'est alors qu'un hibou vint poser une enveloppe rougeoyante devant Ginny. Tout le groupe reconnu instantanément une beuglante. La rouquine n'eut d'autre choix que de l'ouvrir précipitamment en espérant qu'elle n'avait pas déjà accumulé trop d'énergie.

« Mademoiselle Ginevra Weasley,
N'as-tu pas honte petite délurée !

Tu nous mets dans une position incroyable !

Avec ton père au ministère et tes frères susceptibles de perdre leurs diplômes, il fallait qu'en plus tu te laisses aller à des comportements contre-nature !

Attends donc que je vienne à Poudlard. Tes professeurs sont prévenus.

TU NE SORS PLUS DE TON DORTOIR !

sauf pour les cours, naturellement »

La beuglante se déchira d'elle-même en laissant Ginny totalement abasourdie. Molly avait pris pour argent comptant les affirmations ridicules de la « Gazette du Sorcier ». Hermione aurait cru qu'elle ne se laissait plus avoir par ces duperies et ces stupidités évidentes. Si les sorciers qui n'étaient pas prévenus avaient tous la même réaction, les convaincre de la menace ne serait pas chose facile. Pour éviter que Ginny ne soit trop ouvertement la risée des autres élèves, Dean, Emma et Ron l'emmenèrent dans la salle commune. Hermione les suivit en réfléchissant aux termes qu'elle devrait employer pour être assurée de l'intervention de Lesly Finnighan. Elle laissa ses amis dans la salle commune et monta directement dans sa chambre.

« Monsieur Finnighan,
Je sais qu'il est bien cavalier de vous contacter de la sorte. Pourtant, j'ai un besoin urgent de votre aide. Vous devez l'ignorer, mais je fais l'objet d'une campagne de presse calomnieuse particulièrement agressive. Tout cela essentiellement parce que je suis irlandaise. J'aurais besoin de l'aide d'un professionnel pour parvenir à combattre efficacement cette politique.

N'oublions pas qu'avec moi ce sont tous nos compatriotes installés en Angleterre qui sont visés. J'ai combattu pour chasser les anglais de notre pays, maintenant, j'ai besoin de vous pour marquer de nouveaux points à leur désavantage.

Indiquez par retour de courrier s'il vous est possible de nous aider.

Lady Hermione of Derrycarna. »

Quoi que passablement satisfaite de sa lettre, Hermione ne doutait pas que Lesly n'accepte de l'aider. Elle redescendit dans la salle commune et signala qu'elle se précipitait pour la poster. La réponse se fit attendre trois jours. Hermione reçu la lettre de l'irlandais dans la salle commune à l'heure du diner.

« My Lady,
Je suis très honoré de votre confiance à mon égard. Vous me trouvez particulièrement disposé à vous venir en aide. Je n'oublierai jamais que vous avez sauvé ma fille lors de cette terrible journée.

Malheureusement, je suis déjà bien vieux et je ne voyage plus guère.

Je vous envoie ma petite-fille Ellie. C'est une journaliste d'investigation très douée, et un rien perverse quand elle veut obtenir quelque chose. Connaissant Skeeter de réputation, je crois que ma petite-fille est à la hauteur.

Elle vous retrouvera ce samedi 12 novembre à Pré-au-lard. Elle vous reconnaitra.

Lesly Finnighan ».

Lisant par-dessus l'épaule d'Hermione, Harry émit un petit sifflement appréciateur. Il était visiblement impressionné par la rapidité de la réponse du journaliste irlandais, et probablement aussi par la mention du fait qu'Hermione avait aidé sa fille. Heureusement, pensa la jeune fille, il ne disait pas de qu'elle bataille il parlait.

La semaine fut longue à passer. Hermione avait commencé les entrainements avec l'aide d'Adeline et Remus et, pour faire attendre ses amis, ils en programmèrent un chaque jour. Ainsi la tension liée à l'arrivée de la journaliste irlandaise se trouvait atténuée par l'effort physique consenti.

« §§§ »

Le samedi, Hermione descendit à Pré-au-lard entourée de sa garde personnelle. C'est ainsi qu'elle se moquait d'eux. Elle avait l'impression qu'elle n'était plus capable du moindre geste seule tant ils l'encadraient. Dans le même temps, les attaques de Skeeter se faisaient quotidiennes et particulièrement dures. La journaliste l'accusait pratiquement à présent d'empoisonner l'eau du lac de Poudlard. Sirius n'était pas épargné, selon Skeeter, il était un dangereux faussaire. Ses affaires se ressentaient de cette agressivité. Mais le père adoptif d'Hermione se contentait de faire état de la situation sans s'en plaindre. Il s'inquiétait surtout pour Hermione. Leur correspondance devenait plus soutenue et la jeune fille se sentait renforcée par son affection. Les quelques fois où ils descendaient au bourg voisin, Hermione s'éclipsait pendant un moment pour retrouver son ami Al'. Celui-ci se dressait invariablement au centre du village en grattant sur sa guitare un petit air moldu. Doucement, il était devenu une figure de la bourgade. Les jeunes filles aimaient à l'admirer lui qui présentait si bien. Pourtant, elles rentraient toutes déçues de ne pas le voir succomber à leurs avances.

Parvenus à Pré-au-Lard, le groupe s'égailla un peu sous la pression d'Hermione qui n'aimait pas tant que cela être au centre des attentions constantes. Dean et Ginny furent les premiers à s'éloigner. Depuis les accusations de Skeeter, la rouquine n'avait pu rompre avec son petit-ami, et se garderait bien de le faire. Ron et Emma restèrent ainsi que Harry. D'ailleurs, Hermione voulait qu'ils participent à cette opération de communication. Elle prenait inconsciemment très à cœur de leur transmettre un maximum de ses aptitudes, celles qu'elle avait acquises à l'école avant la mort de Dumbledore. Neville et Luna étaient partis devant eux sans s'apercevoir qu'ils étaient seuls. L'un écoutant distraitement les élucubrations de l'autre. Ils formaient un couple improbable mais tellement attachant.

Comme à son habitude, Hermione se dirigea vers Albert qui déjà l'avait aperçut. Brusquement, il avait interrompu sa reprise de Léonard Cohen et entonnait du U2. Mais lui seul savait à quel point « New Year's day » pouvait être une chanson provocatrice.

- Bonjour My lady. Fit une petite voix derrière Hermione.

La jeune fille répondit d'instinct avant de se retourner. Elle découvrit une jeune fille plutôt petite, mais Hermione était suffisamment grande pour trouver la plupart des autres filles minuscules, mince et visiblement agile. La jeune fille atteignit Hermione en quelques pas et lui serra chaudement la main. L'ondulation de sa démarche faisait bondir les nattes châtain de sa chevelure. Hermione vit dans ses yeux marron en amande tous les signes d'une grande vitalité intellectuelle.

- Miss Ellie Finnighan j'imagine. Répliqua Hermione en attrapant la main qu'on lui tendait.

Avec un immense sourire de satisfaction, la journaliste irlandaise admit qu'elle était bien la petite-fille du grand Lesly Finnighan. Sans avoir plus d'indications, Hermione reconnut néanmoins l'allure générale du grand journaliste pourtant si petit. Sa petite fille avait, heureusement, gagné sur lui quelques précieux centimètres.

- Mon grand-père c'est bien gardé de vous dire que l'article qu'il avait fait sur vous a lancé sa carrière. S'amusa Ellie.

- Cela n'a pas d'importance à mes yeux. Remarqua un peu sèchement Hermione. Ellie eut un rictus amusé.

- Je sais. Je n'en attendais pas moins de vous.

- Comment l'avez-vous reconnue ? s'inquiéta soudain Ron. Ellie eut l'idée de demander d'un regard si elle pouvait répondre. Hermione, bien entendu, l'en dissuada.

- Lady Hermione est très connue chez nous. Fit-elle évasive.

- Miss Finighan, si je m'attendais. Rugit soudain la voix de l'historien.

Le nouveau venu portait sa guitare sur l'épaule et un large sourire sur le visage. Il s'inquiéta de l'état de santé de son grand-père et de sa mère, auror irlandaise. Visiblement touchée, la jeune journaliste expliqua que sa mère n'avait jamais repris le travail depuis que Seagull l'avait sauvé lors de l'assaut du ministère.

- Une terrible journée. Compatit l'historien l'air devenu sombre.

- Il est vrai que vous y étiez. Coupa Ellie visiblement très admirative. Albert balaya cette évocation d'un revers de main.

- Je n'ai fait que suivre le mouvement. Se récria-t-il finalement. Ron, Neville et Harry n'en étaient pas moins impressionnés.

Pour couper court à tous risques de voir son nom irlandais dévoilé, Hermione décida qu'il serait probablement plus agréable d'aller au chaud manger ou boire un peu. Le vent de novembre transperçait sans mal les tenues des écoliers. Personne ne s'opposa donc à l'idée. On proposa l'auberge des « Trois Balais », puis avec un peu moins de détermination, la « Tête de Sanglier ». Finalement, ce fut une maison de thé qui emporta les suffrages de la journaliste irlandaise. Pendant le trajet, Hermione détailla sa compatriote. Ellie Finnighan ne devait pas avoir vingt ans. Elle parlait anglais avec un accent gaëlique plutôt amusant. N'étant pas très grande, on avait l'impression qu'elle courrait pratiquement à longueur de temps. Mais Hermione pensa que cette démarche était aussi travaillée, elle démontrait force et efficacité. Ils s'installèrent dans le salon de thé et Ellie commanda un choix très vaste de viennoiseries. Elle savait ce qu'elle voulait et ne se privait pas de se faire plaisir.

Sous ses dehors encore enfantins, Ellie faisait preuve d'une grande maturité. Emma lui exposa clairement les bases du problème « Skeeter » et les contraintes dues au ministère lui-même. Sans hésitations, la journaliste irlandaise considéra qu'il serait délicat de progresser, mais qu'il n'était pas impossible d'avoir le dessus sur sa consœur.

- Il va sans dire que mon intervention sera gratuite. Remarqua Ellie alors qu'elle détaillait son plan d'action.

- Je n'avais pas pensé à ces détails. S'étouffa Emma prise en faute. Ce qu'elle détestait évidemment. Hermione souriait. Même payante, ils ne pouvaient se passer de son intervention. Et dans ce cas-là, elle avait assez d'argent pour s'offrir ce luxe.

- Comment allez-vous agir ? s'enquit Harry.

- D'abord, prouver que Skeeter n'est pas aussi bonne qu'elle le prétend. Ensuite, fournir des informations aussi attrayantes que les siennes, mais à notre avantage.

- Il faut un journal pour ça ! intervint Ron qui faisait parfois preuve d'une répartie très surprenante.

- J'ai l'appui de Brian Fitzham. Devant l'absence de réaction elle dut ajouter. C'est le patron de « L'impartial », la plus grande revue de mon pays.

Ron et Harry commencèrent à se gausser doucement des publications irlandaises. Compte-tenu du nombre d'habitants, ironisa Ron, cette publication ne doit pas tirer un grand nombre d'exemplaires. De son côté, Hermione réfléchissait et ne prit pas garde à la remarque. Emma intervint prestement pour les faire taire. Mais Ellie se contenta de ricaner.

- C'est pour cela que nous avons racheté la moitié de vos journaux ces dix dernières années. Elle acheva sa remarque par un sourire appuyé et un battement de cils. Les deux garçons furent penauds et Emma ne se priva pas de se moquer à son tour des deux idiots.

L'affaire fut bientôt close. Dès le lendemain, Ellie se concentrerait sur les publications destinées à combattre les articles de Rita Skeeter. Disposant de trois magazines de second ordre, il serait intéressant de démultiplier les attaques sans concertations apparentes. Le manque de visibilité des articles serait pallié par la multiplication des supports. Hermione se dit que la petite Ellie Finnighan avait du mordant et qu'elle parviendrait très certainement à venir à bout de Skeeter. Il fallait espérer que le ministère ne s'intéresserait pas trop vite à ces publications téléguidées.

Lorsque tous les détails furent planifiés, Ellie demanda à Hermione si elles pouvaient discuter seules un moment. Hermione ne pouvait refuser cette faveur à sa compatriote et elles se levèrent pour discuter en marchant. Emma, Ron et Harry saluèrent chaleureusement leur nouvel allié et elle leur rendit bien. Du coin de l'œil, Hermione constata qu'Ellie avait emballé le reste de sa commande, probablement pour dévorer tout cela plus tard. Cela l'amusa un peu et c'est détendue qu'elle sortit du salon de thés.

- L'affirmation de Skeeter sur vos nuits, c'est vrai ? s'enquit Ellie immédiatement. Hermione s'attendait à tout sauf ça. Elle dévisagea la journaliste qui éclata de rire.

- Nous vous avons dit que tout n'est que mensonges. Rétorqua Hermione.

- C'était une boutade. Vous avez oublié l'humour du pays ?

- Un peu. Répondit Hermione songeuse.

- J'imagine que Derrycarna doit vous prendre beaucoup d'énergie.

- Et me procure énormément de plaisir. Soupira Hermione. Mais je vous interdis d'en parler.

Ellie signifia qu'il n'était pas dans ses intentions de dévoiler quoique ce soit de la vie privée de son héroïne. Elle rappela que sans Hermione elle aurait perdu sa famille quinze ans plus tôt. Hermione eut un rictus douloureux. Les détails des faits n'étaient pas très nets. Elle se rendait compte qu'elle avait participé à une bataille manifestement importante, mais tout restait flou.

- Les premiers articles seront publiés sous dix jours. Conclut Ellie.

La jeune journaliste serra fermement la main de sa compatriote et transplana depuis la rue. Hermione restait un peu surprise de son attitude, mais savait qu'elle avait fait le bon choix.

Au bout d'un instant, la main délicate de l'historien vint se poser sur l'épaule de la jeune fille. Il lui assura que la journaliste avait largement les qualités requises et qu'elle faisait partie d'une machinerie qui ne la laisserait pas tomber. Hermione ne prit pas l'information pour elle mais bien pour la jeune Ellie. Elle ignorait se tromper. Le visage un peu plus grave, Albert reprit la parole.

- Je ne vais pas pouvoir rester plus longtemps. Fit-il.

- Pourquoi ? Ils ont besoin de toi à Heuton-Pagnell ? s'enquit instantanément Hermione. Al' laissa glisser un rire profond et manifestement libérateur.

- Non, je ne travaille plus pour eux depuis longtemps petite fille. Mais je pense que tu as besoin de quelqu'un à l'extérieur de l'école. Il la transperça de ses yeux clairs. Elle savait qu'il avait raison. Pourtant, elle aurait voulu le garder auprès d'elle tant ils avaient des secrets à partager.

- J'ai encore tant à te dire Al'. Hermione marqua un silence. Et tu as tant à m'apprendre.

En l'embrassant doucement sur les deux joues qu'elle avait rougies par l'air froid de l'hiver, Albert admit qu'ils devraient encore passer des heures ensembles pour rattraper tout le temps perdu. Mais il affirma aussi qu'ils prendraient ce temps une fois que tout le reste serait fait. Devant le bon sens évident de la remarque, Hermione ne pouvait que se soumettre. Elle lui fit promettre d'être prudent, plus que dans ses carnets en tout cas.

- Tu les as eus finalement ? s'étonna l'historien.

- Depuis longtemps. Confirma la jeune irlandaise.

- Mais alors, pourquoi ne m'as-tu pas reconnu la première fois ? demanda-t-il sagace.

Hermione le regarda avec de grands yeux. Malgré les informations dont elle disposait, elle n'avait pas fait le lien entre les carnets donnés par Dumbledore et le quadragénaire présent à ses côtés. Elle s'excusa de son manque de perspicacité et fit remarquer que cela n'avait pas changé le cours des événements. Riant de bon cœur, Albert prit finalement congé et transplana à son tour avec un dernier geste en direction de son amie.


Je n'ai pas l'habitude d'être désagréable, mais parfois, j'ai des réactions épidermiques fortes. En complément d'une review que vous verrez peut-être :

A Marylin : Je ne suis pas certain d'avoir à me justifier. Pour ceux qui arrivent à présent, le passage incriminé est ôté du texte.

Deux, trois petites choses me gênent dans cette remarque. Non pas le fond, il est clair que ma maîtrise de l'anglais est défaillante, employant des formes argotiques voire totalement erronées. Il n'empêche qu'il s'agit de la langue employée pour la rédaction du synopsis parce que sa simplicité, sa fluidité facilite ensuite mon travail en langue française.

Parfois, je n'ai pas les mots français pour remplacer certaines allusions. Donc, je peux laisser des extraits parce qu'ils dissimulent des objets importants pour la suite. Tant pis.

Comme cette remarque est constructive et m'a obligé à relire avec attention des phrases troussées à la va-vite, je suis content de l'avoir lue. Néanmoins, je critiquerais la forme.

Cette délation anonyme est désagréable. Vous m'obligez à répondre ici, par une tribune libre, envoyée dans le vide. Avoir le courage de ses opinions, surtout lorsqu'ils sont utiles, c'est avoir une adresse, une réalité qui permettent un échange et non une remarque anonyme et rassurante, pour vous. Les lecteurs ont, ou pas, un compte (gratuit) ce qui permet d'évoquer discrètement, entre gens civilisés, les choses qui fâchent.

Ce qu'il reste de votre remarque, c'est de la désinvolture et de la désobligeance gratuite. C'est dommage ... pour vous !

Jouant le jeu jusqu'au bout, j'ai modifié le texte et surtout, Je n'ai pas dénoncé votre remarque si désagréable.

A bon entendeur. EPLT