Bonjour à tous. Je poste le chapitre suivant qui nous ramène à notre chère vampire. Au passage, on s'intéresse au passé de Remilia. J'ai été fortement inspiré de cette vidéo : http: /www .youtube .com/ watch?v =rdlMdy URwtk (enlevez les espaces pour lire).
Je réponds aussi à mon célèbre Anonyme qui m'a laissé une review. Mokou est l'un de mes persos préférés. Son nom de famille m'a poussé à lui chercher un passé bien tragique et vu son age, j'ai pu profiter de l'existence du clan Fujiwara. Après quelques recherches historique, il m'a suffi de donner une fille à Fujiwara no Katamari et le tour était joué.
La différence entre Mokou et Kaguya tient au fait que Mokou n'a jamais été choyée lorsqu'elle était immortelle (Kaguya avait Eirin) et que vu son passé, j'imagine qu'elle est plus renfermée et plus secrète pour ne plus être blessée. Sa relation avec Keine est spéciale, j'essayerais de la présenter plus tard en montrant l'ambivalence entre les sentiments amoureux que Mokou éprouve, mais aussi le besoin d'avoir une personne à ses cotés, la crainte de se déclarer et la peur de perdre l'être aimé.
Pour la trêve proposée, j'en parlerais plus tard. Il faudra être patient et ... aucun indice sur les raisons de Kaguya !
Bon, j'arrête de parler et j'envoie la suite.
Disclaimer : Touhou Project appartient à ZUN.
Chapitre 7 : Même après avoir sacrifiée son humanité sur l'autel du pouvoir, Remilia peut pleurer.
Tout vampire brûle au contact de la lumière du soleil. C'est un fait bien connu par tous ceux qui connaissent un tant soit peu cette espèce, une évidence telle que la rappeler semble être aussi utile que d'enfoncer une porte ouverte.
C'est pour cette bonne et vitale raison que Remilia passe une partie de la journée enfouie sous les couvertures de son grand lit à baldaquin. Même si elle n'a pas besoin de beaucoup d'heures de sommeil, elle aime bien passer un peu de temps à rester au calme dans son matelas rembourré de plumes d'oie. La jeune fille, du moins jeune en apparence, passe quand même quelques heures, plongée dans son sommeil. Elle se blottit sous l'édredon, repliée sur elle même en chien de fusil, cherchant désespérément un peu de chaleur sur sa peau glaciale. Seule dans sa chambre, même les lents battements de son cœur ne parviennent pas à la réchauffer.
Les quelques heures de repos qu'elle s'accorde chaque jour n'empêchent pas Remilia de craindre que quelqu'un ne la voie dans la position si honteuse qu'elle arbore à chaque réveil. Le démon écarlate à peur que son image de créature impassible ne soit ternie par le fait que ses exceptionnels instants de faiblesses soient exposés en public.
Alors que ses craintes se dissipent, parce que la vampire clôt ses yeux rubis, de nouvelles images émergent lentement des tréfonds de sa mémoire. Avec une vitesse calculée pour la blesser, les souvenirs remontent vers la conscience de la vampire solitaire. Des passages familiers qui ont été soigneusement occultés par son esprit, censurant les moments traumatisants de son enfance.
Pourtant, des flashs parviennent à passer, s'écrasant sur l'écran de sa mémoire vive. Des images de ses parents violents qui ne l'ont jamais aimée commencent à la tourmenter. Elle revoit sa petite sœur fragile et effrayée, innocente petite fille que Remilia cherchait à protéger au maximum de ses géniteurs en prenant sciemment les coups à la place de sa cadette. Elle ressent alors en elle chacun des stigmates que lui laissa cette vie misérable dans le sous-sol. Une pâle copie d'existence décente, à attendre au froid, blottie contre Flandre qui frissonnait à cause du vent mordant et de la peur glissant insidieusement en elle.
A chaque instant ou elle était réveillée, à chaque seconde ou elle était consciente, la petite fille en rose guettait avec angoisse les pas résonnants dans les escaliers de pierre. Lorsqu'elle entendait ce terrifiant compte à rebours vers la douleur, elle regardait au plus profond des yeux de sa sœur pour y trouver la force de continuer à se battre. Lorsqu'elle entendait la porte de la cellule grincer, elle se plaçait toujours devant Flandre, ramassant les coups et les injures, souffrant pour épargner sa sœur. Tandis que la haine de Remilia grandissait quotidiennement, Flandre était de plus en plus affectée par les images de son aînée en sang qui cherchait désespérément à la sauver.
Lorsque la pleine lune brillait dans le ciel, Remilia regardait l'astre à travers les lourds barreaux de la cellule lui servant de chambre. En regardant l'astre brillant, elle suppliait, elle implorait quelqu'un de venir sauver sa sœur, quel qu'en soit le prix à payer. Elle était prête à tout pour Flandre, même à donner sa vie pour sauver la blonde. Tout ce qu'elle voulait, c'était libérer sa sœur, cette fille qu'elle aimait, de son enfer personnel. L'état mental de sa cadette se dégradait quotidiennement, elle entendait de plus en plus la blonde marmonner dans son sommeil, avant de se répondre à elle même. La petite montrait tous les signes d'une schizophrénie de plus en plus profonde, la démence luisante qui apparaissait fugacement dans ses yeux en était la preuve la plus flagrante.
Lorsque les pas résonnent dans les entrailles de la citadelle, Remilia sent l'appréhension monter insidieusement en elle. Leurs bourreaux sont revenus, cherchant à s'amuser et à se gausser de leurs larmes. Remilia fit ce qu'elle faisait toujours, elle attira l'attention sur elle. La jeune fille aux cheveux bleutés s'est ramassé les coups de pieds du vieux dans les côtes, gémissant pathétiquement en tentant de contenir la douleur et ne pas leur laisser le plaisir d'entendre ses cris.
Lorsque sa génitrice à préféré passer Flandre à tabac, Remilia a hurlé. Ce cri était parfait pour les tortionnaires, qui commençaient à se lasser de frapper la même poupée de chiffon qui affichait de moins en moins se émotions. Les cris d'horreur de Remilia étaient si forts qu'ils couvraient ceux de sa sœur, pour le plaisir sadique des deux personnes qui avaient perdu depuis longtemps le droit d'être appelés « parents ».
Lorsque les tortionnaires sont partis et que Remilia a vu les contusions et le poignet brisé de sa cadette évanouie, sa haine est devenue encore plus forte. Secouée par des tremblements incontrôlables, elle a ressenti une force brûlante et irrésistible grandir au fond d'elle même. Sous la lune rouge, une pleine lune aussi sanglante que son âme, ses pouvoirs se sont réveillés. Ses ongles abîmés se sont mués en griffes saillantes, ses canines se sont allongés en des crocs effilés et ses ailes pourpre ont émergé de son dos, déchirant sa robe en lambeaux.
Scarlet Remilia, le démon écarlate était né, n'ayant que la lune pour unique témoin.
Séduite par ses nouveaux pouvoirs, la jeune fille se déchaîna. Les barreaux de la fenêtre ont volé en éclat, pulvérisés par une vague d'énergie cramoisie, tandis que Remilia appréhendait la nouvelle réalité de son corps. D'un battement d'ailes, elle quitta enfin sa cellule pour retourner dans un monde qu'elle n'avait jamais vu, n'ayant eu que pour seul horizon les quatre murs de sa prison.
Une nouvelle fois, le sang coula dans le manoir. Mais, à la différence des précédents événements, l'hémoglobine ne gicla pas seulement dans les cachots. La petite fille, battue à cause de son potentiel et de sa nature enfouie qui inspirait la peur, s'était relevée et frappa à son tour.
L'amour que Remilia éprouvait pour Flandre entraîna le sacrifice de son humanité. La libération de sa puissance entraîna une hausse incroyable de sa haine. La haine de la vampire la poussa à massacrer la totalité des occupants des niveaux supérieurs du manoir. Mue par une furie implacable, par une soif de sang irrésistible et une fureur égale à nulle autre, Remilia entraîna le domaine dans l'horreur. Ces pathétiques humains qui n'avaient jamais rien fait pour elle, qui n'avaient jamais agi pour aider sa sœur allaient payer. Dans sa violence aveugle, le démon gagna ses lettres de noblesse en éviscérant le personnel, mordant les victimes, vidant de leur sang ceux n'ayant pas eu la chance de mourir vite et arrachant le cœur du majordome.
Avec une cruauté particulièrement raffinée, elle déchargea des années de haine en dépeçant son géniteur. Lorsqu'il ne fut plus amusant, c'est à dire lorsqu'il cessa de hurler, elle lui cisailla la gorge à pleines dents.
Lorsque la vampire rassasiée eut finalement terminé son carnage, elle se dirigea vers sa cadette. Elle priait pour que Flandre soit restée à l'abri du déchaînement de violence. En voulant la maintenir dans l'ignorance, elle espérait ainsi préserver la fragile santé mentale de la blonde, en lui épargnant la vision d'horreur que l'on trouvait dans les étages. Lorsque la porte s'ouvrit sur le cachot, le spectacle à l'intérieur bouleversa le démon fraîchement éveillé.
Sa sœur était levée. Cette posture troubla Remilia, qui n'avait quasiment jamais vue sa sœur se tenir sur deux jambes. Cette chose était surprenante, parce que la blonde vivait toujours couchée contre Remilia ou blottie dans un coin de la sinistre cellule. Même pour se déplacer, elle rampait, n'ayant presque jamais la force de se lever car ces efforts meurtrissaient davantage son corps meurtri.
Ce qui choqua davantage le monstre dans sa robe rose souillée d'hémoglobine, ce fut les ailes d'acier qui avaient transpercé le dos de sa sœur. C'était des ailes absolument effrayantes et en même temps si fascinantes. Elles étaient sans peau, irrégulièrement noircies et parfois étrangement tordues, alors que seul l'os principal était présent. Autour du squelette composé de métal froid, des cristaux magiques de diverses couleurs flottaient pour rester à proximité des étranges structures ailées. Les gemmes luisaient des sept couleurs de l'arc-en-ciel, reflétant leurs couleurs prismatiques sur le mur de pierre grossièrement taillée.
Flandre tenait une étrange lance de métal tordu dans la main droite, contrastant avec le nounours rapiécé qu'elle gardait de la main gauche. Lorsque la plus jeune posa son regard sur le visage de son aînée, pas une seule émotion n'y transpirait. Il ne restait juste que des yeux vides et inexpressifs. Les pupilles fendues étaient absolument immobiles, tandis que le visage de Flandre était inexpressif. On ne lisait aucune expression dessus. Elle n'éprouvait ni pitié ni remords, tandis que la tête tranchée de la marâtre gisait au sol, mais ne connaissait aucun soulagement et ne ressentait aucune satisfaction.
Scarlet Flandre venait de révéler sa maladie mentale au grand jour. Elle était désormais bipolaire, passant d'une joie euphorique extrême à de profondes dépressions mélancoliques.
Remilia pleura en voyant l'absence de sentiments sur le visage de sa sœur. Rien n'aurait pu la frapper davantage, que de voir les émotions de sa sœur, tout ce qui faisait d'elle ce qu'elle était, être enfouis à tout jamais. Remilia craignait que Flandre ne soit plus que l'ombre d'elle même. Heureusement, ce blocage psychologique ne fut que passager. Après de longs mois de réadaptation, la blonde retrouva une ébauche de sourire sur le visage.
Pourtant, la puissance de Flandre était devenue si démentielle et si dangereuse entre les mains d'une enfant instable, que Remilia avait continué à cantonner sa sœur aux sous-sol du manoir. Chaque jour, la vampire craignait que sa sœur ne perde pied et ne laisse parler sa deuxième personnalité.
Dans son cauchemar, Remilia se tendait toujours, lorsqu'elle revoyait cette scène. La vue de la tête tranchée de la femme qui lui avait donné la vie lui revint en mémoire. Mais lorsque Remilia distingua les traits du visage décapité, elle reconnut avec horreur que c'était son propre visage qui gisait sur le sol poussiéreux.
Désormais, c'était elle le monstre qui enfermait une enfant à la cave, parce qu'elle avait peur de la force cachée dans cet être innocent.
La vampire se réveilla brutalement dans son grand lit aux roses finement sculpté, un lit qui s'avérait être bien trop grand pour elle seule. Elle pleurait légèrement, comme à chaque fois qu'elle faisait ce cauchemar. Pourtant, son cerveau qui s'était remis à fonctionner normalement, trouvait qu'il y avait une chose qui différait, une sensation infime qui manquait. Contrairement à d'habitude, Remilia ne sentait pas la caresse soyeuse du mouchoir de tissu que sa servante appliquait sur son visage. La maîtresse de maison n'était plus là pour essuyer délicatement les larmes de la jeune vampire.
L'absence de Sakuya frappa cruellement Remilia. Cette fois, personne n'était présent pour sécher ses larmes, ni pour lui amener une tasse de thé chaud. La domestique était toujours si prévenante, lui amenant le breuvage chaud à souhait, afin de détendre les muscles de la vampire et de la soulager de ses songes. Ce soir-là, il n'y avait pas de boisson chaude à avaler, il n'y avait personne pour lui apporter cette douce chaleur qui la réconfortait.
Elle était seule.
Après quelques instants de flottement, la maîtresse des lieux réalisa que quelques larmes s'accrochaient à ses cils. D'un revers de son bras, Remilia s'irrita les yeux en les essuyant trop fort et c'est ainsi qu'elle réalisa qu'elle n'avait pas la douceur de sa domestique. Elle n'avait presque plus aucun respect pour son corps, alors que Sakuya s'assurait qu'il soit bien traité, comme celui d'une reine.
Sakuya n'était plus là pour la consoler le soir, ni pour la rassurer. Remilia ne l'avouerait jamais, mais elle craignait vraiment sa domestique. Celle qui fut jadis une traqueuse de vampires était devenue aussi puissante que la créature nocturne, voire même plus. La question qui trottait dans l'esprit de Remilia et qui revenait de façon récurrente se rappeler à elle était fondamentale : Pourquoi la domestique était-elle restée volontairement au service de Remilia, alors qu'elle avait suffisamment de pouvoir pour se libérer de sa tutelle ?
La vampire essayait toujours d'écarter cette interrogation, n'ayant jamais vraiment cherché à y répondre, comme si nier l'existence de cette question allait lui permettre de se débarrasser de ses doutes. Ce jour ci, Remilia dut faire face à une nouvelle vérité sur Sakuya. La jeune fille aux yeux azurés était devenue indispensable à cette maison et à ses occupants. Depuis qu'elle avait été limogée, l'ambiance était encore plus froide au manoir, comme s'il manquait un rouage essentiel.
Sakuya n'était plus là pour servir le thé de la bibliothécaire à heure fixes. Patchouli avait perdu cette amie avec qui elle aimait discuter, en plus du démon Koakuma qui s'incrustait régulièrement dans leurs conversations, au point de faire sourire la jeune fille anémique. Désormais, Patchouli restait cloîtrée dans sa bibliothèque, morose et concentrée uniquement sur ses ouvrages de magie. La succube en pyjama ne faisait même plus l'effort de quitter sa chaise pour dîner avec la maîtresse de maison, restant à se morfondre sur son bureau.
Sakuya n'était plus là pour taquiner Meiling et la pousser à donner le meilleur d'elle même. La chinoise adorait ces prises de bec qui lui donnaient le sentiment d'exister et d'être utile. Pour la rousse, il n'y avait rien de plus agréable que l'un de ces duels improvisés avec sa supérieure pour se défouler et sentir l'adrénaline pulser dans ses veines. Désormais, la gardienne restait à son poste, déprimée et sachant qu'elle n'avait plus de raison pour s'endormir à son poste. Elle aimait plonger dans le monde des songes, juste pour agacer Sakuya et débuter un duel amical. Désormais, elle s'ennuyait ferme à rester comme une statue devant les grilles.
C'est en constatant ces évidences que la vérité frappa la maîtresse de maison. La simple présence de Sakuya était indispensable aux habitants du manoir qui avaient tous besoin d'elle. Même Remilia avait besoin d'elle, de sa force, de sa prévenance, de son sourire sincère.
En pensant à son erreur, à sa méchanceté et à sa cruauté envers sa fidèle domestique, la fillette démoniaque poussa un cri d'effroi, accompagné de larmes amères.
- Qu'est ce que j'ai fait ? se lamenta t-elle, horrifiée après avoir analysée ses actes.
La vampire se mordit les lèvres, réalisant qu'elle avait perdu sa servante parfaite et celle qui égayait le manoir. Pleine de remords, la créature buveuse de sang se rendit compte que désormais, elle avait perdu sa Sakuya.
Pour la première fois depuis des décennies, Remilia laissa clairement son corps exprimer ses émotions. Après quelques hésitations, elle fondit en larmes.
