Chap. 53 : Human Kind.
Qu'est-ce qu'être humain ?
Très loin de Londres, un groupe aux atours peu rassurants tenaient un inquiétant conciliabule. Au centre d'une troupe encapuchonnée se tenait un homme grand et frêle. Pouvait-on encore parler d'un être humain tant ses traits étaient vipérins ?
Dans ces Highlands, Voldemort ne craignait pas la visite inopportune des aurors du ministère de la magie. D'ailleurs, les populations locales étaient tant pétries de fantastiques, d'histoire de fantômes ou de monstres marins, qu'ils ne prêtaient qu'une attention limitée aux événements étranges qui se déroulaient dans les environs de Letterewe depuis que le mage noir s'y était installé. Il fallait aussi reconnaitre qu'il y avait bien peu d'habitants autour du loch Maree. Le fait qu'aucune route ne desserve les quelques exploitations agricoles avait conduit le seigneur des ténèbres à s'installer le plus confortablement possible dans l'ancien château. D'un sort de confusion, il maintenait les inopportuns à l'écart. Néanmoins il prenait garde à ne pas tuer de voisins, de crainte d'attirer l'enquête des services de police moldus puis ceux du ministère. Tant qu'il n'aurait pas pu faire évader ses plus fidèles mange-morts, il s'abstiendrait.
Pour l'heure, Voldemort savourait une victoire en demi-teinte. Il n'avait pu réunir autour de lui qu'une poignée de ses mange-morts. Son retour à la vie avait été spectaculaire et lui-même avait quelque mal à envisager l'importance de l'événement. Sans l'intervention de la fille de Sirius Black, il serait encore coincé dans le corps fragile du petit Potter. Sa victoire gardait par conséquent une amertume peu plaisante. Lui qui détestait par-dessus tout dépendre de quelqu'un devait sa vie à un jeune sorcier. Une fille qui plus était. Pis que tout, il était redevable au frère « traitre à son sang » de l'un de ses anciens lieutenant. D'un soupir, Voldemort exprima tout le mépris qu'il avait pour Sirius et sa fille, et le désagrément qu'il ressentait de la perte de Regulus.
Tout autour de lui, les manges-morts tentaient de comprendre les mouvements d'humeur de leur maître. Au premier rang de ceux-ci, Lucius Malefoy semblait le plus inquiet. Jusqu'à présent Voldemort n'avait pas encore porté son regard sur lui et il en concevait une grande peine ainsi qu'une sourde angoisse. Si son maître avait quelques reproches à faire, il ne le ferait qu'avec violence et sa vie serait certainement en danger. Avoir survécu toutes ses années sans se faire prendre pour être exécuté par le maître n'était pas véritablement dans les projets de Lucius. Il faisait donc amende honorable pour retrouver les bonnes grâces de Voldemort. Celui-ci en était-il conscient ? Y était-il sensible ? Nul ne saurait le dire, en tout cas, jusqu'à présent, Voldemort n'avait tué qu'un seul des manges-morts libres.
Dès le premier soir, celui-ci était arrivé avec un peu de retard à l'appel. Lorsque leur marque s'était mise à brûler, aucun des manges-morts ne pouvait ignorer que leur maître était revenu et réclamait leur présence. Le malheureux Daunil avait rejoint le groupe avec quelques instants de retard. Il avait balbutié quelques misérables excuses, et tous les autres s'étaient désolidarisés de lui. D'un geste impérieux, Voldemort avait pris la baguette de Nott et assassiné Daunil. Les survivants avaient convenu que le comportement du mort était indigne et qu'il méritait son sort. Il n'en restait pas moins qu'aucun d'eux n'était véritablement à l'aise depuis. Le seigneur des ténèbres était revenu avec tous ses artifices. Il règnerait bientôt à nouveau par la peur et la cruauté. Pour cela il ne lui manquait plus que deux choses.
- Mes chers manges-morts, nous sommes à l'aube d'un grand changement. Commença Voldemort. Dumbledore vient de mourir.
Des bruissements se firent entendre. L'ensemble du groupe acquiesça sur l'importance de la nouvelle. Lucius Malefoy, plus revendicatif que les autres, ajouta qu'il était temps. L'intervention fit naître un rictus sur la face brouillé de son maître. L'air enjoué du mange-mort s'effaça instantanément. Il n'était pas bon de plaisanter avec le seigneur des ténèbres.
- Dès ce soir, j'aurais en ma possession la baguette de Sureau. Reprit Voldemort plus pour lui-même que pour son auditoire.
Les manges-morts se dévisagèrent sous leurs cagoules. Était-il possible que leur maître ait pris pour de vraies informations les histoires de Beedle le barde ? Ces contes pour enfant n'avaient aucune valeur. Ils en déduisirent que leur maître souhaitait avant tout prendre sa revanche sur Dumbledore en le privant au-delà de la mort de ses pouvoirs en le délestant de sa baguette. Le morbide de cette affaire fit rire quelques uns des membres de l'assemblée. Au centre du groupe, Voldemort semblait prendre aussi un grand plaisir.
Mais l'intrusion d'un nouveau venu fit taire l'hilarité du groupe. Un mange-mort se précipita auprès de son maître, tout tremblant et replié sur lui-même. Visiblement, la nouvelle qu'il apportait n'était pas bonne.
- Maître. Balbutia-t-il. Potter et ses amis sont entrés dans le manoir Lestrange.
- Bien, ils y resteront pour l'éternité. Coupa Lucius. L'interruption reçu l'approbation de certains manges-morts à ses côtés.
- Ils en sont sortis. Reprit, larmoyant, le nouveau venu. L'information fit naître un grand silence gêné. Lucius Malefoy recula un peu, mais un geste pratiquement imperceptible de son maître le figea sur place.
- Qui est à l'origine des sorts placés dans cette maison ? questionna Voldemort.
Le silence répondit à la question. Personne ne souhaitait prendre l'initiative et donc se voir puni pour l'information fort désagréable qu'il aurait à donner.
Un second craquement caractéristique d'un transplanage indiqua une seconde arrivée. Denis Fein s'approcha rapidement du groupe. Ce n'était plus le mange-mort falot et moitié délirant qu'Hermione avait vaincu dans les souterrains de la cave du Lestrange's mansion. Il marchait droit et fier sans hésitation ni crainte. Quelque chose avait manifestement changé en lui.
- Qu'as-tu à dire pour te défendre ? interrogea Voldemort. Un ricanement traversa le groupe. En règle générale, le maître n'acceptait aucune excuse.
- Je n'ai rien à dire sinon que vos sorts étaient insuffisants, que ceux de Redgeway l'étaient tout autant. Mais, lui, il dort tranquillement à Azkaban.
- Pas pour longtemps. Souffla Voldemort entre les dents.
Fein sourit devant la réaction de son ancien maître. Il le regardait avec intensité, comme s'il s'agissait de la première fois qu'ils se voyaient. Il compara mentalement Voldemort à la jeune fille qui l'avait terrassé deux fois, dont l'une alors qu'il chevauchait un dragon. Cette jeune fille qui avait à elle seule, ou presque, résolu la guerre civile. Lui qui avait toujours haït Seagull pour ses actions d'éclat lui trouvait bien plus de force et d'importance que cette ridicule ombre humaine qui se prétendait être le plus grand sorcier au monde. Tardivement, Denis Fein comprenait que la valeur n'était pas mesurable selon la cruauté mais bien plus par le pardon et l'amour que l'on apportait. Il se savait perdu, mais il avait reçu la plus belle leçon de sa vie. Il ne regrettait rien. Il n'aurait pas la vie éternelle, mais cela n'avait plus d'importance.
- Excuses acceptées. Ricana Fein en se campant devant son ancien maître.
Fièrement, Fein se dressait de toute sa stature devant Voldemort. Ce dernier constata que l'irlandais n'était pas petit. Il ne l'avait jamais vu dressé normalement, mais toujours courbé devant son autorité. Ceci déplu profondément à Voldemort qui ne pouvait tolérer de remise en question de son prestige. Il s'empara de la baguette du mange-mort agenouillé à ses pieds et la tendit en direction de Fein. Celui-ci ne bougea pas un cil lorsque le sort de mort le terrassa. Son corps s'affaissa doucement. Lorsque les manges-morts les plus proches reçurent l'ordre d'emporter le cadavre au loin, ils virent la quiétude sur son visage. Ce qui les surprit énormément. Mourir n'était pas, pour eux, une issue souhaitable ou même agréable.
Voldemort avait balayé l'espace de ses grands bras un grand nombre de fois. Il cheminait en long et en large sur le petit espace ouvert qu'ils avaient choisis pour la réunion. L'inquiétude se lisait sur le visage reptilien. Il avait refusé de se départir de la baguette du mange-mort venu lui annoncer que Potter et ses amis avaient réussi à sortir vivants de la maison piégée. Le petit morceau de bouleau sautait dans sa main et le regard du mange-mort le suivait chaque fois en montant et en descendant. C'eut été amusant à regarder si l'effarement dans le regard du mange-mort n'avait été aussi pitoyable. Mais cela, Voldemort s'en moquait comme d'une guigne. Seuls ses projets l'intéressaient. Jusqu'à présent, il avait discrètement recontacté ses fidèles. Puis, il avait pu en recruter de nouveaux. Fort peu parce que la magie noire n'avait plus à Hogwarts autant d'attrait qu'elle en avait eu. De ce fait, il en voulait encore plus à Dumbledore.
Heureusement, Severus Rogue venait d'être nommé directeur par intérim. Dans les prochaines heures, il pourrait s'approprier la baguette du défunt et il redeviendra le plus grand sorcier de tous les temps. Enfin. Il attendait cet instant depuis sa résurrection dans le bureau anodin d'une vieille sorcière des mois plus tôt.
Sa seule consolation pour l'heure était que le ministère ne lui résisterait plus longtemps. La plupart des chefs de service étant déjà ralliés ou sous imperium. Dès qu'il serait en mesure de se défendre, de se présenter pour ce qu'il était, Voldemort agirait et prendrait le ministère.
« §§§ »
Il devait être plus de minuit. Hermione et les autres tournaient dans les rues de Londres. Chacun hésitait sur la conduite à tenir dans les heures prochaines. Harry ne souhaitait pas retourner à l'école de sorcellerie. Il lui semblait incongru de s'y rendre alors que les choses sérieuses commençaient entre lui et Voldemort.
De son côté, Hermione suivait le groupe plus pour en assurer la protection que par volonté de le suivre dans des aventures dont elle se savait exclue. De tout son cœur la jeune fille aurait préféré se rendre au square Grimaurd. Elle avait même insisté plusieurs fois en ce sens mais n'avait obtenu aucun soutien. Avec beaucoup d'à-propos, Neville avait fait remarquer qu'il n'était pas nécessaire de mêler Sirius à leurs problèmes.
Ron avait proposé de rentrer à Hogwarts. Dans la foulée, Emma avait supposé qu'il souhaitait essentiellement remplir son estomac qui commençait à réclamer bruyamment. Mais le rouquin se défendit de ces considérations triviales. Il pensait surtout au fait que ses frères, les jumeaux Fred et Georges devaient se présenter le lendemain pour les rattrapages de leurs examens. Ils auraient à ce moment deux alliés supplémentaires qui connaissent parfaitement les secrets de l'école. Hermione pensa avec douleur à Percy qu'elle aurait voulu avoir auprès d'elle. Lui aussi pouvait les aider considérablement.
- Il nous manque toujours un horcruxe. Souffla enfin Harry.
- Et nous ignorons où le trouver. Continua Neville tout aussi ennuyé par le constat que son ami.
- Je crois savoir. Fit soudain Hermione en se figeant au milieu du chemin.
Elle venait de se rappeler qu'Harry avait dissimulé le livre de potion de Rogue dans la salle sur demande. Sans nul doute, il s'agissait de la pièce la mieux sécurisée de l'école. Par conséquent, si Jedusor avait déposé un objet à Hogwarts, il l'aurait installé là-bas et non dans des endroits aussi dangereux. Elle frissonna en pensant aux risques qu'avait pris Albert pour trouver l'horcruxe dans la forêt interdite. Tout cela inutilement, évidemment.
- Il faut retourner à l'école. Reprit-elle enfin.
Ils la dévisagèrent longuement. La jeune fille avait été la personne la plus opposée au retour à l'école. Elle avait cherché et trouvé un grand nombre de raisons pour ne pas y remettre une semelle et à présent, elle prêchait le contraire. Ils en restèrent, un moment, dubitatifs. D'autant qu'elle ne parvenait pas à expliquer simplement ce qu'elle chercherait à y faire. En désespoir de cause, et parce qu'ils n'avaient pas d'autre destination, le groupe accepta l'idée de retourner à l'école. Ils se donnèrent rendez-vous derrière la taverne de Pré-au-lard et transplanèrent à leur tour.
« §§§ »
Percy achevait une note urgente pour le ministre Cornelius Fudge. Il peinait à comprendre pourquoi tous ses supérieurs mettaient autant d'acharnement à vouloir profondément modifier l'architecture du personnel d'Hogwarts. Beaucoup d'événements récents l'inquiétaient un peu.
Lorsqu'il fréquentait Hermione Black, le jeune homme s'était alarmé de sa propension à voir des manges-morts partout. Si cette paranoïa l'avait alors surprise, il n'en était pas moins plus attentif aux événements qui se déroulaient au ministère. Á présent, il trouvait que les décisions prises par les chefs de département n'étaient pas toujours cohérentes ou ne correspondaient pas à l'intérêt général.
La volonté de recenser l'ensemble des sorciers nés-moldus qui s'était concrétisée par un décret publié plus tôt dans la journée le gênait particulièrement. La petite-amie de son frère était directement concernée par des lois semblables. Et il ne comprenait pas l'intérêt ou la valeur de ces chiffrages. Bien qu'il fût trop jeune pour s'en souvenir, ces pratiques avaient un goût de guerre civile.
Il avait hésité toute la journée avant de rédiger sa note. Elle était brève et mettait en garde contre l'application du décret. Mais elle livrait aussi les moyens de la mettre en œuvre. Percy était tiraillé entre son devoir et sa morale. Pour l'instant, aucun des deux n'avait pu vaincre l'autre.
Épuisé par tant de souffrance intérieure, Percy se laissa aller sur son fauteuil et s'étira. Machinalement, il ouvrit le tiroir du bas de son bureau. Il n'avait pas fait ce geste depuis des semaines. Le travail s'accumulait plus vite qu'il ne parvenait à le résorber et prendre une pause n'appartenait plus à son vocabulaire depuis un moment. Cette fois cependant, il laissa sa main achever son geste. Il était tard et bientôt il partirait. Le tiroir s'ouvrit sans bruit et sur le dessus des affaires empilées, Percy vit une photographie de lui et Hermione prise des semaines plus tôt.
Instantanément, la volonté de Percy fléchit. Cette photographie était une invitation à réagir selon sa conscience et non selon son devoir. Que penserait sa famille s'il mettait au point des outils qui conduiraient Emma en prison ? Que penserait-il de lui-même dans ce cas là ?
Profondément dégouté de lui-même, Percy se précipita hors de son bureau comme un diable hors de sa boite. Il y avait peu de chance qu'il puisse retrouver la note avant qu'elle n'arrive sur le bureau de Pius Thicknesse, directeur du département de la justice magique. Courant comme un damné dans les couloirs vides à cette heure, Percy ressemblait à un fou. D'une certaine manière il l'était. Il s'apprêtait à rectifier l'erreur qu'il venait de commettre. Il avait l'intention aussi de trahir la confiance que ses supérieurs avaient mis en lui.
Percy parvint devant le bureau sans rencontrer personne. Il pensa pour lui-même que le ministère était étonnamment calme et vide pour un soir de semaine. S'il avait passé plus de temps hors de son bureau ces derniers temps, le jeune homme aurait constaté depuis longtemps le changement de rythme de la vénérable institution. Pourtant, il était trop concentré dans son travail et par sa carrière pour prendre la mesure des changements qui s'effectuaient autour de lui. Le ministère de la magie n'était pas encore pleinement sous le contrôle de Voldemort qu'il n'était déjà plus que l'ombre de lui-même.
Essoufflé, fatigué par sa course, Percy prit quelques instants devant la porte de son supérieur avant de la franchir. Il resta tétanisé en constatant que ce dernier était tranquillement installé derrière un lourd bureau en chêne. Mais aucun muscle de son visage ne semblait daigner bouger. L'homme restait installé comme une statue de cire vivante. Sans en avoir une grande expérience, Percy comprit que Thicknesse était placé sous imperium. Il comprit que le pauvre homme était à ce moment en attente d'ordres précis. Il resterait ainsi jusqu'à ce que celui qui avait pris le contrôle de son esprit décide de l'employer à une autre tâche. Le jeune homme eut un frisson devant l'étrange attitude de son supérieur. Il se reprit néanmoins et mit en œuvre ce qu'il s'était décidé à faire.
Un peu inquiet malgré tout, Percy contourna le bureau pour attraper la note qui venait de s'y poser. Il reconnut sans peine son écriture. D'un geste rageur, il froissa le parchemin qu'il glissa dans l'une des poches de sa robe. Une bonne chose était faite. Il lui restait à sortir du ministère sans faire de mauvaises rencontres.
Contrairement à ses craintes, Percy put regagner son bureau sans encombre. Il entreprit de rédiger une nouvelle note, totalement fallacieuse cette fois. Ainsi, personne ne se rendrait compte de son intervention. Si le ministère allait mal, il était de son devoir de s'arranger pour résister de l'intérieur. La situation ne durerait pas, Percy ne pouvait en douter. Son ambition n'ayant pas disparue, il entrevoyait tout l'intérêt qu'il pouvait y avoir à maintenir une présence nécessairement utile lorsque la situation redeviendrait normale. Le tout était de faire savoir à l'ordre du Phénix qu'il était de leur côté. Il ne voyait pas de difficulté particulière à cet exercice.
La fausse note envoyée, Percy regagna son appartement avec la conscience du travail justement accompli.
« §§§ »
Une ombre froide se porta sur Hogwarts. Un groupe d'hommes transplana bruyamment dans un coin de la plaine entourant l'école. Personne alentour ne prêta attention à cette arrivée. Pourtant Voldemort et ses fidèles mange-morts venaient se repaitre de victimes. Les hommes encagoulés ricanaient bruyamment en avançant vers l'école. Á leur tête, Voldemort triomphait. Dans quelques instant il accaparerait la baguette de son plus résistant opposant.
Malgré tout, le seigneur des ténèbres devait reconnaître que la personnalité de Dumbledore l'avait longtemps maintenu à l'écart de l'école de sorcellerie. Mais depuis quelques jours, le vieil homme n'était plus ni gênant ni dangereux.
Les foulées de Voldemort le conduisirent rapidement jusqu'aux grilles de l'école. Deux aurors, un peu désinvoltes, en assuraient la garde. Les malheureux n'eurent guère le temps de prendre conscience de ce qui arrivait qu'ils étaient déjà raides allongés dans l'herbe douce. Sans hésitation ni remords, les mange-morts les abattirent prestement. Voldemort se contenta de ricaner en constatant la précipitation de ses marionnettes. Il faisait peur autant à ceux qu'il guidait qu'à ceux qu'il aimait terroriser de ses exactions.
Le groupe remontait en direction de la tombe blanche de Dumbledore lorsqu'une ombre se dirigea vers eux. D'un geste impérieux Voldemort arrêta toute velléité de massacre.
- Laissez-donc notre ami Severus Rogue nous rejoindre. Intimât-il.
- Maître. Répondit l'obséquieux nouvel arrivant. Je vous attendais moins nombreux.
- Je suis seul à décider du nombre de personne qu'il est souhaitable d'avoir autour de moi. Trancha l'interpellé avec froideur.
Le coup porta. Estomaqué plus qu'il ne pouvait l'admettre, Rogue se plia en deux en forme de soumission. Le cri cristallin de Voldemort accueillit cette marque de déférence.
- Nous avons à faire. Reprit-il. Guide-nous.
N'ayant rien à ajouter, Rogue s'élança au-devant de son maître et de ses semblables. Des ricanements au sein du groupe marquaient l'amusement de certains à le voir ainsi malmené. Mais personne n'osait évidemment trop s'exposer à la vindicte du maître. Le sort peu enviable de ceux qui avaient faillis restait frais dans l'esprit de tous.
Au bout de quelques minutes ils parvinrent devant la majestueuse tombe de l'ancien directeur. D'un geste impérieux, Voldemort priva Rogue de sa baguette et fit éclater la pierre du tombeau. Sous un linceul blanc apparut la face calme de Dumbledore. La vision était insupportable pour le seigneur des ténèbres et il porta instantanément son regard sur l'objet de ses désirs. Alors qu'il n'avait jamais eu qu'une description sommaire de l'objet, Voldemort sut instantanément qu'il venait de porter la main sur la « baguette de sureau ».
Un éclair de satisfaction et de victoire traversa ses yeux vipérins. Par delà la mort il prenait sa revanche sur le digne professeur. Dès cet instant il devenait sans conteste le sorcier le plus puissant qui ait jamais existé. Cette sensation, il eut voulu qu'elle dure sans interruption. Mais tout ayant une fin, il reprit rapidement contenance. D'un geste qu'il voulut nonchalant mais qui faisait preuve d'un grand énervement, le maître rendit sa baguette à Severus Rogue.
Ensuite, il se tourna vers ses mange-morts et les regarda un par un. Soudain, il s'arrêta sur le falot Reinhard. Sans explications ni raisons, il dressa sa toute nouvelle baguette et fit s'abattre l'homme. Aucun des autres mange-morts ne sembla s'émouvoir de cette attitude. Bien au contraire, ils congratulèrent sans vergogne le maître qui venait de récupérer ses pouvoirs.
- Pour l'heure nous avons encore à faire. Coupa fâché Voldemort.
- Que voulez-vous de nous ? s'enquit Malefoy.
- Rogue et toi, et deux ou trois autres allez rester ici en attendant mon retour. S'exclama durement Voldemort.
- Quoi qu'ils ne comprissent pas bien les raisons de cet ordre, Malefoy et Rogue acquiescèrent sans hésitations. Les autres membres du groupe se préparèrent à repartir.
- Nous allons chercher ceux qui depuis toutes ses années ont fait le choix de me servir sans arrière pensée.
- Á Azkaban. S'enthousiasmèrent les mange-morts.
Contre toute attente, le groupe ne chercha pas à quitter l'enceinte de l'école. Une forme étrange enserra les mange-morts et ils décollèrent sous l'impulsion de leur maître. S'il n'en avait pas été témoin, Severus Rogue n'aurait jamais cru que son ancien maître puisse devenir aussi puissant. Un frisson le parcourut rapidement. Il fut rassuré de savoir qu'aucun des mange-morts restés à ses côtés n'était un légilimens efficace. Ainsi, sa couverture resterait toujours impénétrable.
« §§§ »
En quelques minutes de vol les mange-morts que promenait littéralement Voldemort furent déposés en plein centre de la petite cour intérieure de la prison magique d'Azkaban. Les détraqueurs qui assuraient la sécurité de l'ensemble furent immédiatement déployés par les gardiens sorciers. Pourtant, aucun ne passa à l'assaut des nouveaux venus. Les ombres fantomatiques se contentaient de tourner paresseusement autour des mange-morts. Visiblement, la puissance magique de Voldemort les laissait intrigués.
Des palabres s'engagèrent rapidement entre certains des détraqueurs et les mange-morts qu'ils encerclaient. D'ailleurs, comment pouvait-on communiquer avec ces monstres dépourvus de parole ? Ce détail ne gênait nullement Voldemort qui menait d'habile tractation. En quelques minutes l'atmosphère de la prison se modifia nettement.
Les mange-morts se lancèrent à l'assaut de la prison, libérant progressivement leurs amis et laissant les autres, bien confortablement enchaînés sous le contrôle des détraqueurs. Certains des gardiens qui n'avaient pas trop résisté ne furent pas tués ou livrés aux baisers des gardiens magiques. Les cellules vides reçurent la visite de nouveaux prisonniers. Les gardiens survivants se réjouissaient presque de leur sort pourtant guère enviable à la mort.
Au centre de la grande cour pavée, Voldemort exultait. Son triomphe était complet. Il avait à présent la baguette invincible, il avait libéré ses plus fidèles alliés, dans quelques heures il aurait le contrôle absolu du ministère.
Pourtant, dans l'euphorie du moment, un doute s'insinuait dans son esprit. Il avait fait éliminer toutes les menaces. Mais visiblement, Denis Fein n'avait pas réussi à effacer le problème « Hermione Black » de la liste. Cette jeune fille, il l'avait évité depuis sa résurrection. Quelque chose de profondément enfouit en lui signifiait clairement qu'il devait se méfier de ses actes. Dans le même temps, elle le terrorisait. Comme un souvenir profondément enfouit d'une angoisse d'enfant que l'on a mal cicatrisé.
Malgré tous ces efforts, Voldemort ne comprenait pas ce qui pouvait causer ces inquiétudes. Il avait pu retrouver la vie grâce à l'un de ses horcruxes. Il avait la mémoire de tous les événements qui s'étaient déroulé depuis la destruction de son ancien corps en 1981. Détail qui avait largement de quoi inquiéter Hermione.
Pourtant, ces certitudes se trouvaient malmenées par des détails étonnants. Voldemort ne comprenait pas ce qui avait pu motiver Harry Potter et les jeunes sorciers qui l'accompagnent partout à s'intéresser à son ancienne baguette. Lui-même n'y prenait garde. Il devait y avoir une autre motivation qui les avait conduits à prendre autant de risques. De toute son âme, le seigneur des ténèbres ne parvenait pas à comprendre.
Ce constat fit naître la réponse dans l'esprit du sorcier. Était-il possible qu'ils aient eut vent de l'existence des horcruxes ?
Tétanisé un instant, Voldemort hésita sur la conduite à tenir. L'heure de son triomphe était finalement ternie par un doute hors de toute probabilité. Il n'était pas possible que ces gamins aient pu agir sur ces précieux horcruxes. Les gamins certes pas. Mais leur aînée n'était plus une oie blanche. Visiblement la dénommée Hermione Black était bien plus forte qu'il ne l'avait imaginé. L'inquiétude laissa la place à de véritables angoisses.
D'un geste, Voldemort signala à Nott qu'il avait besoin de ses services.
- Nott et les autres vous retournez au village de Letterewe. Rendez-leur une forme vaguement humaine. Je ne peux m'entourer de loques.
- Á vos ordres maîtres. Répondit l'homme qui pourtant avait des questions qu'il retenait consciencieusement.
- Pendant ce temps, j'aurais des choses importantes à vérifier. Surtout, attendez-moi. Je ne tolérerais pas d'écart de conduite.
- Il sera fait comme vous le désirez. Continua Nott.
D'un geste, Voldemort prit son envol. De nouvelles minutes le séparaient d'une grotte enfoncée profondément dans une falaise du sud de l'Angleterre. Le seigneur des ténèbres n'eut pas besoin des précautions de Dumbledore dans une autre réalité. Le mur magique s'ouvrit sans peine. Pouvant voler au-dessus de l'étendue glauque du lac souterrain, il gagnait un temps précieux. La vasque se vida d'un geste de sa baguette. La stupeur se lisait sur son visage reptilien. Quelqu'un avait réussi à dépasser les défenses qu'il avait patiemment mises en œuvre. L'impossibilité de la situation le perturbait au plus haut point. Pourtant il tenait dans sa main la preuve qu'on l'avait trahit. La signature R.A.B. sur le message contenu dans le faux médaillon laissa un moment dubitatif le sorcier.
Sans pouvoir comprendre, Voldemort entreprit de rejoindre les autres cachettes. Si l'un des horcruxes était manquant, il était malgré tout possible que les autres soient encore à leur place.
De nouveaux vols le conduisirent jusque dans la maison des Gaunt. Et malgré les efforts qu'il fournit pour retrouver la cachette de la bague, il dut admettre que cet horcruxe là manquait aussi. Il restait encore la coupe et le diadème. L'un était dans la meilleure des cachettes qu'il avait pu imaginer, l'autre était entre les mains des gobelins.
D'un nouveau vol, Voldemort regagna le village de Letterewe. Les mange-morts l'y attendaient patiemment. Sans aucune considération pour la plupart d'entres-eux, il se dirigea droit sur Bellatrix Lestrange. Il l'empoigna et demanda la confirmation que l'objet qu'il lui avait confié dormait encore dans le coffre de la famille.
- Maître, je ne vois pas comment il aurait pu en sortir. Balbutia la femme qui tournait partout ses yeux fous.
- Inutile de me mentir, je saurais la vérité. Cracha Voldemort.
- Mais je ne mens pas maître. Pleura Bellatrix.
- Maître, coupa Nott soudain.
L'ensemble du groupe s'écarta précipitamment de l'impudent. Il venait de commettre l'un des crimes de lèse-majesté les plus grave aux yeux de leur maître. L'interrompre était souvent puni de la mort, au moins de nombreuses douleurs.
- Maître. reprit Nott en tendant un bout de papier froissé. Le coffre a été percé il y a plusieurs semaines. Le bout de la coupure de presse oscillait à la mesure de ses tremblements.
Voldemort laissa un cri de rage percer le silence de la nuit. Il laissa sa fureur dévaster tous les alentours. Les mange-morts furent un peu rassurés en constatant qu'il déversait sa colère sur les objets inanimés. Néanmoins, aucun ne pensa se sortir indemne de cette situation. Aucun n'avait osé en parler à Voldemort de crainte que le messager devienne la victime de sa fonction. Á présent, ils s'inquiétaient des répercussions de cette tromperie.
Contre toute attente, la fureur de leur maître s'acheva dans un rire pratiquement hystérique. Maintenant, Voldemort savait ce qu'avait fait Hermione Black pendant la dernière année. Seulement, il savait qu'elle n'avait pas eu le temps de finir sa mission. Il avait donc deux choses importantes à faire. Tuer Severus Rogue qui ne l'avait pas informé, et détruire Potter et ses amis. Le temps d'une nuit devrait suffire. Ricana le sorcier pour lui-même.
- Le seigneur des ténèbres ordonna à ses fidèles mange-morts de prendre la direction d'Hogwarts.
« §§§ »
Parvenus derrière le « La tête de sanglier», Harry et ses amis se trouvaient un peu dépourvus de moyens. Selon Hermione, il était urgent de se dépêcher. D'ailleurs, le passage impromptu d'un sombre nuage sembla lui indiquer qu'il y avait une urgence particulière. Sans rechigner, ils se mirent en route vers l'école. Au bout de quelques mètres, Hermione trouva qu'ils n'allaient pas assez vite. S'arrêtant brusquement, Harry se tourna vers le village de Pré-au-Lard.
- Accio balais. Fit-il doucement.
Hermione s'en frappa le front de colère, elle n'avait pas envisagé cette solution pourtant si évidente. Cependant, le meilleur attrapeur de sa génération était bien plus apte à recourir à ce moyen de locomotion.
En quelques instants, huit balais représentant autant de montures vinrent se placer auprès des jeunes gens. Sans hésitation, Harry s'empara du plus proche. Dans un même geste, Ginny en enfourcha un second. Ainsi, le jeune homme ne pouvait espérer se débarrasser de son amie. Hermione sourit doucement en observant cette complicité. D'ailleurs, dans son dos, Ron et Emma s'empressaient de suivre le mouvement. Le jeune rouquin avait fait démonstration de gestes tendres en direction de son amie pour l'aider à s'installer. Lorsqu'ils furent tous sept prêts à décoller, Harry dévisagea Hermione. Un élément lui revenait à l'instant en mémoire. La jeune fille ne savait pas voler. Toutes ses tentatives s'étaient soldées par autant de douloureux échecs. La stupeur du jeune homme était tellement manifeste que tous finirent par s'inquiéter de ce qu'il observait ainsi.
Á deux pas d'eux, Hermione observait son balai voletant à la hauteur de ses hanches. Elle semblait plongée dans une conversation intérieure des moins agréables. Ses lèvres articulaient des phrases que nul n'entendait. Alors qu'ils étaient prêts et savaient l'urgence d'agir, aucun ne voulu laisser Hermione en arrière. Sans elle, ils n'auraient même pas pu arriver jusque là. D'un tacite accord, ils admettaient qu'il n'était pas satisfaisant de la laisser en arrière. Bien que celle-ci les y ait enjoints plusieurs fois déjà.
- Je n'y arriverais pas. Balbutia Hermione finalement.
- Ce n'est pas dur, il suffit de vraiment essayer. Tenta doucement Ron.
La voix du rouquin fut déformée par le vent et c'est sous une toute autre intonation qu'elle parvint aux oreilles de la jeune fille. Un instant, c'est Brian qu'elle entendit. Des images s'imposèrent. Doucement, Hermione tourna le visage vers ses amis, son regard semblait perdu dans le vide. Puis elle tendit le cou en direction de l'école. Elle enfourcha enfin le balai et décolla sans plus attendre, faisant preuve d'une parfaite maîtrise de l'instrument.
- Elle m'énerve quand elle fait ça. Pesta Ron.
Souviens-toi qu'elle est amnésique, parfois, les souvenirs lui reviennent sans prévenir. Rit Ginny qui s'élançait à son tour. Son frère ne sut qu'hausser les épaules. Il n'avait parlé que par force d'habitude. Était-on à une stupidité près ? pensa-t-il.
Bientôt le groupe se reforma autour d'Hermione dont l'abondante tignasse blonde flottait dans le courant d'air. Elle semblait obnubilée par la forme sombre de l'école de sorcellerie qui se détachait de plus en plus dans l'aube naissante. Á mesure qu'ils se rapprochaient, Hermione se laissait distancer. Malgré sa velléité à prendre la direction de leur objectif final, elle n'en oubliait pas qu'elle n'était qu'un élément du jeu qui allait commencer, et non pas la pièce maîtresse.
Le groupe se posa devant la grande porte de l'école. Ils n'avaient pu prévoir que Severus Rogue et les mange-morts dirigés par Malefoy seraient présents eux-aussi. Les jeunes gens furent pris à partie par les mange-morts. Ginny et Neville se retrouvèrent stupéfixiés dès les premiers sorts. Le jeune homme s'était volontairement placé devant Ellie pour la protéger. Ce qui lui avait permis d'éliminer l'un de leurs adversaires. Piètre consolation, ils étaient à présent cinq contre huit.
Harry, Ron et Emma purent atteindre un pan de mur pour se dissimuler derrière. Luna trébucha en tentant de refluer vers les jardins. Heureusement, Ellie pouvait assurer sa sécurité et empêchait les mange-morts d'approcher. Seule Hermione n'avait pas semblé prêter attention aux événements. Plantée au milieu de l'espace nu elle paraissait attendre les coups de ses adversaires. Des rictus mauvais s'étaient installés sur les visages des mange-morts. Á priori, ils n'auraient aucune difficulté à la vaincre. Ils auraient mieux fait de s'inquiéter de l'absence de réaction de Severus Rogue. Pour la première fois de sa vie, Harry le vit arborer un sourire bienveillant. Le maître des potions n'était visiblement pas à sa place dans cette escarmouche, et finalement, Hermione non plus.
Alors que les mange-morts allaient s'en prendre violemment aux jeunes irlandaises, des sorts venus d'on ne savait où vinrent frapper les fidèles de Voldemort. En l'espace d'un instant ils furent réduits à l'inaction par les jumeaux Weasley et tous les jeunes Griffondor revenus spécialement pour repasser leurs examens.
- Enfin. Articula Severus.
- Même à deux, il était difficile de faire intervenir tout ce monde par légilimentie. Répondit Hermione en passant à ses côtés.
Un nouveau sourire vint ponctuer l'échange. Á leurs côtés, Fred et Georges triomphaient, encadrés par une douzaine d'anciens et anciennes élèves. Harry lui-même paraissait extatique. La journée commençait bien, sous les meilleurs auspices.
Rapidement, une foule d'élèves et de professeurs vinrent se joindre aux nouveaux venus. Malgré la brièveté des événements, la nouvelle avait fait le tour de l'école en quelques instants. Compte-tenu de l'heure matinale, certains était déjà levé et il leur avait suffit d'observer par les fenêtres ce qui se déroulait au pied de l'école.
Tout ce qu'avaient retenu les élèves était la présence d'Harry et ses amis face à des mange-morts notoires. D'une certaine manière, Hermione était soulagée de n'avoir pas fait preuve d'éclat cette fois encore.
Comme deux ombres, l'actuel directeur et Hermione cheminèrent doucement vers la grande salle. Personne ne fit attention à leur manège. Devant la double porte se dressait la figure replète et comique de Dolorès Ombrage.
- Madame la directrice. Intervint obséquieusement Severus Rogue. Je vous saurais gré de bien vouloir quitter mon école aussi rapidement que possible.
- De quoi voulez-vous parler ? s'étonna faussement la dite femme.
- Du fait que vous n'avez plus rien à faire ici. Coupa sèchement Hermione. Pour un peu que vous ayez eu quoi que ce soit à faire dans cette école. Acheva-t-elle avec un sourire désagréable.
- Vous ne pouvez pas. S'écria Ombrage avant de s'enfuir aussi vite que possible en appelant Rusard à son aide.
Quoi que la scène fût comique, Hermione se trouvait particulièrement gênée de se trouver là aux côtés de celui qu'elle avait tant détesté et qui à présent se trouvait son plus solide allié.
- Qu'allez-vous faire à présent ? s'inquiéta le directeur Rogue.
- Je n'en sais, rien, ce n'est pas ma guerre. Trancha Hermione.
Severus détailla longuement la jeune fille comme s'il hésitait devant un jugement important qu'il avait à rendre prochainement. L'allure d'Hermione lu déplaisait fondamentalement. Il ne comprenait pas, en ancien Serpentard qu'il était, l'importance qu'elle attachait à porter des vêtements moldus. Bien au contraire, pour lui cela représentait des signes d'une grande faiblesse intellectuelle et psychologique. Malgré l'estime que Dumbledore manifestait pour les qualités de cette jeune fille, Severus ne parvenait pas à la trouver intéressante. C'est à peine s'il la considérait digne de considération en raison de ses évidentes prouesses scolaires. Néanmoins, il ne pouvait pas ne pas s'occuper des événements qui allaient probablement secouer l'école d'ici à quelques heures. Et posséder Miss Black, ou Granger peu importait, dans son équipe n'était pas sans importance. Sa décision murît depuis longtemps avait vacillée un instant, pourtant, il n'était pas d'autre solution.
- J'ai une surprise pour vous Miss Granger. Fit-il directement dans l'esprit de la jeune fille.
Celle-ci resta une seconde interloquée lorsque les battants s'ouvrirent.
« §§§ »
Littéralement fou de rage, Voldemort manqua de massacrer tous ceux qui se tenaient à ses côté en cette heure funeste.
Tous ses horcruxes avaient été détruits. Par la main de la jeune Black semblait-il. Ce dernier détail l'enrageait encore plus. Il lui avait laissé la vie sauve comme un chat joue avec la souris. Et il venait de constater qu'avant même sa résurrection elle s'employait à l'éliminer en détruisant consciencieusement tout ce qu'il avait patiemment mis en place.
- Á Hogwarts. Finit-il par crier de la toute la force de sa rage.
Comme un seul homme, tous les mange-morts transplanèrent pour Pré-au-Lard. Parvenus à destination, Voldemort hésita pourtant. Avant de passer à l'attaque de la plus fondamentale des institutions magiques anglaises, il lui fallait s'occuper du sommet de la hiérarchie. S'il n'en tenait qu'à lui, Jedusor aurait abandonné l'idée de contrôler directement le ministère de la magie tant cet organe politique lui semblait dénué de puissance et d'intérêt. Pourtant, à l'heure de passer aux choses vraiment sérieuses, la crainte de voir s'opposer l'armée des Aurors n'était pas une solution agréable.
