Bonjour à tous mes lecteurs ! C'est sans doute le dernier chapitre que je poste avant de partir en vacances. Eh oui, vous risquez d'être sans la suite pour au moins deux bonnes semaines. Il va falloir attendre, c'est toujours meilleur quand on attend. Inutiles de me lancer des pierres ou des oeufs.

Par contre, savourez ce chapitre, il est un peu plus long.


Chapitre 15 : La dernière vengeance du phénix

S'il y avait une personne au monde qui aimait plus la pleine lune que la noble Remilia, c'est sans nul doute Kaguya.

La princesse aimait beaucoup se promener seule ces soirs, profitant de l'air frais et des agréables vents nocturnes. Même si l'aristocrate était toujours entourée par sa cour, elle se réservait des sorties privées sous la pleine lune, surtout lorsque le ciel était dégagé. Elle aimait revoir sa planète natale, l'endroit dont elle avait été bannie pour avoir osé s'octroyer l'immortalité. C'était les seuls moments ou elle s'abandonnait à la nostalgie, repensait à sa vie passée et se laissait aller à verser quelques larmes.

Pourtant, malgré cet éloignement avec son monde natal, Kaguya-hime souhaitait par-dessus tout rester sur Terre. Ses habitants étaient très spécifiques, mais se révélaient être intéressants. Avec le temps, la princesse avait fini par apprécier sa vie terrestre, ne regrettant en rien son exil. Eirin était toujours à ses cotés, la réconfortant régulièrement avec sa présence bienveillante. Reisen et Tewi lui servaient plus d'amies que de servantes et elle adorait les facéties de ces deux lapines si proches, mais dont les caractères opposés créaient de multiples situations cocasses.

La magnifique créature aux cheveux d'ébène aimait être entourée de ces personnes, même si elle ne le montrait pas vraiment. Cet éloignement était un réflexe instinctif, un automatisme acquis après des années. Kaguya voulait éviter que ses proches ne soient victimes d'attaques la visant personnellement, même si elle avait peu de chance d'être attaquée. Sa seule véritable ennemie, Mokou, se faisait toujours une joie de violenter l'ensemble des résidents, à l'étonnante exception d'Eirin qu'elle semblait étrangement respecter.

Cependant, il y avaient ces quelques moments que Kaguya aimait passer seule. Elle aimait passer une petite heure dans la forêt, couchée sur le sol à observer la lune. Elle ne voulait pas voir ses amies, histoire de se calmer et de méditer, avant de retrouver ses proches. Ce n'est lorsqu'elle revoyait Eirin ou Reisen que Kaguya, après ces quelques heures de séparation, se remémorait de l'importance de ses amies dans sa vie. Ces petites coupures lui semblaient indispensables, évitant de tomber dans une routine qui éclipserait l'importance de tout son entourage.

Couchée dans l'herbe fraiche, la princesse rêvassait, inspirant l'air pur apporté par une douce brise et chargé des parfums de la forêt. Lentement, Kaguya se sentit prise de somnolence. Avec une progression sournoise, une étrange sensation envahit la princesse. Plus le temps passait, plus la brune se sentait mal, ayant des vertiges et des crampes dans son estomac douloureux. Hébétée, la princesse se leva, mais la migraine qui frappait ses tempes était si forte qu'elle préféra se recoucher pour limiter la douleur.

La brune sentit ses viscères être broyés par une poigne invisible, alors que la nausée se faisait de plus en plus présente. Sans prévenir, son estomac rendit le repas du soir, souillant son kimono de soie rouge brodée d'or, pour le plus grand dégoût de la brune déjà couverte de sueur.

- Que … que m'arrive t-il ? dit elle d'une voix maladive. Je … me sens mal.

Kaguya vomit de nouveau, alors que la douleur qui l'envahissait lui brûlait les poumons. Incapable de bouger, elle sentait ses nerfs irradier de douleur, tandis que ses membres secoués de convulsions ne lui répondaient plus.

L'immortelle sentait ses poumons en feu, sa langue gonflée et son nez envahi de mucus l'empêchaient de pousser le moindre appel à l'aide. Alors qu'un filet de salive coulait sur son menton, la brune tremblotante ne pouvait plus que voir ce qui l'entourait, incapable de se relever pour chercher de l'aide.

Lorsqu'un nouveau spasme incontrôlé lui fit tourner la tête, une paire de bottines marron apparut dans son champ de vision. Pour sa plus grande horreur, les chaussures étaient à seulement quelques centimètres de son regard. La vision au dessus d'elle, l'effraya au plus haut point. Kaguya reconnut sans difficultés les habits arborés par cette personne, une vision effrayante qui la dominait de toute sa grandeur.

En voyant cette salopette rouge, cette chemise délavée et ces rubans dans les cheveux, la princesse fut gagnée par la peur. Elle ressentait la vraie peur, cette terreur qui la rongeait et lui faisait prendre conscience que sa situation était extrêmement périlleuse.

Rien que par sa posture raide et immobile, la personne surplombant Kaguya était terrifiante, ayant désormais la princesse à sa merci. Mokou se tenait droite, l'observant lentement et savourant sa victoire, se délectant du plaisir d'avoir son ennemie jurée à terre, totalement incapable de faire un geste. La femme aux cheveux d'argent la dardait de son regard rouge, d'une fixité effrayante, étincelant de jouissance et de haine, une lueur bestiale luisant en arrière fond. Son visage était totalement dissimulé par un masque à gaz, mais la princesse n'avait aucune difficulté à imaginer le sourire cruel, ce rictus de délectation, qui devait se cacher derrière cet équipement. Le sifflement strident qui sortait de ce masque était le seul son audible, tandis que la brune tremblait, incapable d'avaler sa salive qui coulait sur son visage.

Le monde de Kaguya devint rapidement flou, la dernière chose qu'elle vit avant de sombrer dans l'inconscience fut ce regard sanglant, si profond et attirant que l'on se noierait dedans, mais en même temps si terrible que sa vision en devenait insoutenable.

Lorsque la brune reprit vaguement conscience, les choses tournaient autour d'elle. Lorsqu'elle récupéra ses esprits, la panique commença à la gagner. Lentement, elle vit qu'elle était dans une sorte de trou, profond de quelques mètres, tandis que la seule lumière provenait d'une lampe éclairant faiblement le plafond. Kaguya constata avec horreur que ses membres ne lui répondaient plus, que sa tête seule pouvait encore fonctionner correctement. Elle bougea la tête pour découvrir que le reste de son enveloppe corporelle était recouverte de sceaux qui annihilaient ses pouvoirs. Pire encore, elle était prisonnière dans un bloc de verre translucide.

- Mo … kou, appela Kaguya avec difficulté, sachant parfaitement que son ennemie jurée n'était pas loin d'elle. Ou … te caches tu ?

Rapidement, le visage de son ennemie tant méprisée apparut en haut du trou.

- Je suis ici, rétorqua le phénix avec une joie mauvaise.

- Que m'as-tu fait, demanda la princesse lunaire avec crainte.

- Laisses moi te raconter, répliqua l'immortelle avec un plaisir non dissimulé dans la voix. Je t'ai suivie pendant longtemps, obnubilée par toi et tous tes gestes. J'ai passé tellement de temps à te détester, que j'ai fini par en savoir beaucoup sur toi. Tes gestes, ta démarche, tes manies, je sais tout. Je te hais, je veux te détruire, car tu m'obsèdes, tu es mon unique centre d'intérêt, éclipsant tout le reste. Quand j'ai découvert ta petite manie de regarder la pleine lune, j'ai préparé mon plan avec soin, avant de piéger l'endroit ou tu as l'habitude de te reposer.

- Tu es complètement dingue, asséna Kaguya incrédule. Mais que je sois la seule chose qui importe dans ta vie minable me fait plaisir. En fait, sans moi, tu n'es rien !

Mokou gronda, ses jointures blanches alors que son ennemie crachait son venin, car Kaguya avait raison sur toute la ligne.

- Tu sais, reprit le phénix en affichant son calme, le gaz sarin à de merveilleuses propriétés. Incolore, inodore, il est cinq-cents fois plus toxique que le cyanure et une infime dose suffit pour être fatale. Il attaque le système nerveux et entraine une salivation intense, difficultés respiratoires, vomissements et incontinence. D'ailleurs, je constate que tu t'es pissée dessus quand tu étais évanouie.

La brune baissa immédiatement les yeux, alors qu'elle sentit soudainement que son kimono était trempé. L'auréole était clairement visible et la sensation d'humidité persistante était très désagréable. La noble princesse commença à rougir, elle était si gênée de cette fuite infantilisante. La honte commençait à la gagner, alors qu'elle s'était comportée comme une gamine devant son ennemie jurée.

- Je t'ai amenée dans ma petite maison, continua la femme en position dominante. Ton corps est recouvert de sceaux t'empêchant de faire appel à tes pouvoirs pour te battre. Tu ne peux plus utiliser tes cartes et tu ne peux plus te battre. A supposer que je te libère, le gaz a fait de gros dégâts sur ton métabolisme. Les lésions dont tu souffres sont … permanentes et même l'élixir d'Hourai aura bien du mal a refaire fonctionner tes membres. En fait, tu ne pourras plus rien faire. J'ai coulé ton corps dans du sable que j'ai fait fondre en verre, en prenant bien garde de ne pas abimer les sceaux, ni ta peau pâle dont tu est si fière.

Mokou rit avec froideur, jubilant de voir impuissante cette garce qui a détruit sa vie. Enfin, Kaguya allait payer et elle allait comprendre.

- Maintenant, Kaguya-hime, as-tu une dernière volonté ? As-tu envie de me demander pardon ? Parce que saches que ta putain de trêve m'a irritée au plus haut point. Je te faisais pitié ? C'est pour ça que tu m'as proposé ta trêve ?

- Non, balbutia la princesse prisonnière. Je voulais juste mettre un terme à ta lutte idiote, c'est tout. Il est inutile de rester à se morfondre sur le passé, tu devrais tourner ta misérable existence vers autre chose. Laisses moi tranquille, continue ta vie en imaginant que je ne suis pas coupable. Abandonnes ta haine et reprends le cours ton existence, en imaginant que le jour ou ton père s'est suicidé n'a jamais existé.

- Ah oui ? Tu veux que je fasses table rase du passé ? interrogea Mokou avec ironie.

- C'est ça. Ca vaudra mieux pour tous. Ce n'est pas bon de vivre en se rappelant toujours de ce jour ...

- Eh bien, hurla Mokou, saches que ma vie s'est arrêtée depuis ce jour là !

Cette lutte était tout ce qui motivait Mokou, c'est la seule chose qui la poussait à vivre. Sa haine la rongeait sans cesse, elle en souffrait chaque jour, chaque seconde et cette gamine pourrie gâtée niait son combat.

Même dans une situation critique, Kaguya gardait son arrogance, croyant que quelqu'un allait venir aider cette aristocrate hautaine qui considérait que tout lui était du. Elle dénigrait toute la vie de Mokou, son combat, sa souffrance. Kaguya avait privée son ennemie de sa vie, de sa famille. A cause de l'élixir maudit, Mokou avait vu sa croissance stoppée, la rendant désormais incapable d'enfanter. Elle était même privée de mort, condamnée à la vie.

- Très bien, gronda Mokou. Je vais te faire comprendre ma douleur. Tu vas comprendre ce que c'est que de passer un millénaire toute seule ! Je vais t'enterrer vivante, ricana le phénix en se délectant de l'horreur naissant dans les yeux de Kaguya. Tu n'auras plus la possibilité de parler, de manger, ni même de crier ou de bouger. Tu ne pourras rien faire, tu ne pourras plus que penser. Tu seras seule avec toi-même et tu resteras en vie. Un jour viendra ou tu seras folle, prisonnière de ton corps et de l'immortalité que tu as tant désirée. La dernière image que tu auras du monde extérieur, ce sera mon souvenir, mon visage. Grave le dans ton esprit, ressasses toi mes paroles, ressent toute ma haine et saches que j'aurais le plaisir de penser à ta situation. Chaque soir, au lieu de craindre de revoir ma vie de merde, de me rappeler que j'ai du faire la pute pour survivre, de songer à l'existence pourrie que tu m'as infligée, j'aurais la satisfaction de te savoir à cinq mètres de profondeur, juste sous mon oreiller.

Kaguya ne supplia pas son ennemie. Elle ne lui demanda pas pardon, son orgueil la poussant à mépriser davantage son ennemie. La princesse injuria instantanément Mokou, utilisant les termes les plus vils et les plus odieux, tandis que les premières pelletées de terre remplissaient sa bouche. En fin de compte, la brune n'avait éprouvé aucun véritable remords, aucune pitié pour la maîtresse des flammes.

- Adieu Kaguya, répondit Mokou d'une voix neutre, sans haine ni rancune.

Le phénix combla rapidement le trou, avant de replacer soigneusement les lattes du parquet et son grand lit de bois. Lorsque le mobilier camouflant la tombe de la princesse fut réinstallé, l'immortelle s'effondra sur son lit, ses pensées se bousculant dans son esprit.

- Ca y est, murmura faiblement Mokou. Papa, maman, vous pouvez enfin reposer en paix.

Enfin.

C'était fini.

Kaguya venait enfin de payer, après tout ce temps, après tous ces siècles. La vengeance de Mokou était terminée, l'épisode était définitivement clos. Pourtant, malgré le fait qu'elle revoyait sa vie et songeait que sa vengeance était terminée, Mokou trouvait que l'air n'était pas plus doux. Malgré tous ses combats, toutes ces années à vivre seule et à haïr, la lune ne brillait pas plus, les étoiles ne scintillaient pas davantage et son âme ne se sentait pas plus soulagée. Lorsque Mokou repensa à Kaguya, aucun sentiment ne vint en elle. Elle n'avait ni haine, ni dégout. Elle n'avait ni soulagement, ni joie. Elle n'avait ni remords, ni honte.

Mokou se sentait vide, sa flamme intérieure semblait éteinte. Désormais, elle n'avait plus rien. La vengeance était toute sa vie et maintenant, elle savait qu'elle n'avait jamais eue que ça.

Accomplir enfin sa vengeance. A quoi ça avait donc servi ?

L'immortelle s'affala sur le sommier, se laissant tomber sans retenue. Les yeux rivés sur les poutres apparentes du plafond, elle resta allongée sur son lit, totalement amorphe. Elle était désormais sans objectif, elle n'avait plus rien.

A l'instant, elle aurait bien aimé pouvoir se suicider, parce qu'elle en avait fini avec sa tâche sur ce monde. Parce qu'elle n'avait plus rien. Parce que personne ne pouvait la comprendre. Parce que personne ne pouvait l'aider. Alors elle désirait mourir. Mais ça non plus, elle ne le pouvait pas.

Deux coups frappés à la porte la sortirent de sa torpeur. D'une voix morne, elle invita l'invité à entrer.

- Bonjour Mokou-chan, salua Keine avec une petite voix fatiguée.

Lorsque Mokou se releva, elle sentit son cœur faire un bond de sa poitrine, alors qu'un courant électrique parcourut ses veines, comme un puissant stimulant. Bien sûr qu'elle avait encore quelqu'un dans sa vie. Elle avait toujours Keine et elle se traita mentalement d'idiote. Comment avait-elle pu oublier, ne serait-ce qu'un instant, l'historienne qui avait été son amie depuis des années ?

Avec la pleine lune brillant dans le ciel, l'enseignante arborait sa forme de demi bête. Une queue touffue émergeait de sa robe, tandis que deux cornes d'ivoire saillantes tranchaient avec ses doux cheveux pâles. Ses yeux étaient rouges, signes qu'elle n'était pas au meilleur de sa forme.

- Keine, ça va ? s'inquiéta son amie.

La demi bête préféra détourner le regard avant de répondre.

- Mokou, je peux te demander quelque chose ? dit elle d'une voix tremblotante, presque brisée. Je ressemble à quoi à tes yeux, en ce moment ?

- Que veux-tu dire ? s'inquiéta le phénix.

- Tout à l'heure, j'ai trouvé une fillette perdue dans la forêt, pourchassée par Rumia. Tout ce que je voulais, c'était la protéger et j'ai affronté la créature qui menaçait la vie de la petite. Lorsque j'ai mis en fuite le yôkai, lorsque j'ai tendu la main à cette enfant, elle a hurlé. Elle était encore plus terrifiée par moi que par cette saloperie qui allait la bouffer. Quand elle est partie, elle m'a appelée …

La voix de Keine se brisa, alors qu'un sanglot émergea de sa poitrine.

- Elle … elle a dit que j'étais un monstre.

Keine préféra tourner le dos à Mokou, tandis que ses larmes coulaient sans discontinuer.

- A quoi je ressemble, lorsque la lune est pleine ? demanda l'historienne au cœur meurtri par l'insulte. Dis moi Mokou, pendant la pleine lune, ne suis-je rien d'autre qu'un monstre repoussant, qu'une aberration abjecte ?

Mokou se leva calmement, un air navré sur le visage, peinée par la tristesse de son amie.

- Il doit y avoir des gens qui le pensent, admit-elle à contrecœur. Mais il y a aussi des gens qui t'aiment, pleine lune ou pas.

Mokou enserra la demi bête dans ses bras, sentant les battements du cœur qui pulsait violemment sous la robe verte, avant de glisser son visage dans les cheveux de son amie.

- Au pire, chuchota Mokou à l'oreille de l'enseignante, moi je t'aimerais toujours. Quelque soit ton apparence, tu restes la même Kamishirasawa Keine. Tu restes la femme que j'aime.

La femme aux cheveux verts sursauta en entendant le déclaration explicite de Mokou. Elle se retourna lentement vers son amie, baissant les yeux comme une enfant prise en faute. Lentement, Mokou releva le visage de son invitée et lui parla avec douceur, cherchant les bons mots.

- S'il te plait, ne me fais pas ce visage. Sèche tes larmes et souris. Tu es tellement plus belle quand tu es heureuse.

L'historienne se concentra et ferma les yeux pour se détendre. A la vue de ce visage triste qui essayait de retrouver sa joie passée, Mokou rougit. Lentement, elle approcha ses lèvres de celle de Keine et happa celles de son amie. Surprise, Keine rougit davantage, mais ne chercha pas à repousser son amie. Les deux filles restèrent à s'embrasser pendant de longues secondes, avant que Keine ne rompe l'échange pour respirer.

La demi bête baissa les yeux, n'osant pas voir les orbes rouges de sa meilleure amie, alors que ses joues devenaient cramoisies. Elle se rendait compte de la douceur des lèvres de sa confidente, alors que son cœur battait à toute vitesse. Elle savait très bien quel était ce sentiment qui envahissait tout son corps, la faisant frissonner de boheur, alors qu'une impression de félicité la gagnait.

- Keine, la sermonna gentiment Mokou, tu devrais respirer par le nez la prochaine fois.

Immédiatement, le phénix reposa ses lèvres sur celles de son amie qui écarquilla les yeux sous la surprise. Rapidement, l'historienne se détendit et commença à apprécier le baiser. Mokou sentit même les doigts de Keine cesser de se crisper sur son épaule.

Lorsque Mokou retira sa langue, elle la fit passer sur les lèvres de son amie pour retirer le fin fil qui les reliait, faisant encore davantage rougir son amante.

- Tu es si mignonne, Keine.

- Je suis désolée, répondit-elle humblement, je ne sais pas bien embrasser … ou quoi que ce soit.

Mokou lui sourit, en guise de seule réponse, ne se formalisant absolument pas de l'absence d'expérience de Keine. Les deux restèrent ensemble, face à face pendant de longs instants ou leurs cœurs battaient à l'unisson, chacune ayant instinctivement en elle la certitude d'aimer profondément l'autre.

- Mo … Mokou, ça te dérange si nous réessayons … une fois encore ?

L'immortelle fut surprise par la demande, au point de rougir d'une interprétation salace s'étant glissée dans son esprit.

- J'ai … j'ai dit quelque chose de mal ? demanda Keine avec crainte.

- Non, ce n'est pas ça. Je … ça te dit de réessayer ça dans le lit ?