Bonjour à tous ! Je suis enfin de retour et j'en profite pour glisser ce petit chapitre sur le passé de notre héroïne.
C'est toujours hypothétique, bien entendu, mais voici ma vision de ce qui a pu être la vie de Sakuya.
Au fait, je remercie .x de sa review. J'ai juste une question. Lorsque tu dis trouver que les personnages exprime trop leurs sentiments, parles-tu de leurs comportements au quotidien, ou bien de leurs déclarations amoureuses ?
Dans le premier cas, je pense qu'il est normal de les voir crier ou pleurer, parce que même si ce sont des yôkai/tengu/humains/dieux, ce sont des êtres vivants et il est plus intéressants de les voir avec toutes leurs nuances, plutôt que de n'afficher qu'un seul trait de leur personnalité. Je suis d'accord pour dire qu'il faut conserver le trait déterminant, mais rien n'empêche un peu de subtilité.
Si tu trouves que les déclarations amoureuses sont trop rapides, trop franches, j'essaye de montrer des fragments de chaque personnage. Vu qu'il y en a plusieurs, je choisis de montrer ces passages en particulier, parce que le yûri/shôjo-aï est inévitable et que sinon, il ne se passe pas grand chose et qu'une histoire qui traine trop finit par lasser.
Après, je glisse quand même des passages sans efflusions de sentiments pour essayer de limiter l'accumulation de scènes amoureuses ou à l'eau de rose.
PS : Marisa x Alice forever.
Bonne lecture.
Chapitre 16 : L'histoire secrète de la servante parfaite
Tandis que Remilia volait vers l'hôpital ou sa domestique était soignée, elle ne put s'empêcher de réfléchir à la véritable raison pour laquelle la servante avait tenté de se suicider. Elle voulait impérativement savoir ce qui avait poussé la froide servante à désirer se donner la mort. Cette question tournait en boucle dans son esprit, alors qu'elle ressassait sans cesse ce mot.
Pourquoi ?
Plus elle cherchait d'éléments pouvant lui servir d'indices, plus la vampire se rendait compte qu'elle ne connaissait presque rien de sa servante. Elle lui avait jadis offert un emploi, un lieu ou vivre et une place dans son entourage, mais elle ignorait la majeure partie du passé de sa soubrette. « Sakuya Izayoi » n'est rien d'autre qu'un nom que Remilia lui a donné, ignorant le véritable patronyme de la femme aux cheveux et aux nerfs d'acier.
Le démon écarlate ignore à quel point Sakuya lui est reconnaissante de lui avoir donné ce nom. A l'origine, la vampire pensait effacer toute trace du passé de sa domestique, effaçant tout ce qui aurait pu la gêner dans son projet de créer et de posséder la servante parfaite. Au final, en octroyant ce patronyme à sa servante, Remilia a fini par faire émerger l'humanité longtemps refoulée en Sakuya. A la base, la combattante aux cheveux d'argent était qu'une chasseuse de vampire, une combattante d'élite et une machine de mort implacable au service d'une organisation secrète. Remilia ne le sait pas, mais en réalité, Sakuya n'avait jamais eu de nom.
Aujourd'hui, la femme aux cheveux brillants a totalement occulté son passé, scellant son histoire dans les abysses de sa mémoire. Sa volonté de refouler son passé fut facilitée par les pouvoirs de manipulation de Remilia, permettant à la domestique d'oublier ses expériences précédentes, oubliant même que la première fois qu'elle aperçut Remilia, elle avait ardemment désiré lui planter un pieu dans le cœur.
Sakuya n'avait pas de famille connue. Elle fut retrouvée par un moine, à la porte d'une petite abbaye reculée loin de la civilisation, un établissement religieux perdu dans le pays de Galles. Alors que ce lieu passait pour n'être un simple couvent occupé par des moines prieurs, il s'avérait que l'abbaye servait de refuge à une confrérie mystique et secrète, vouée à la sûreté des humains.
L'abbé organisait secrètement une armée pour lutter contre la menace que représentaient les vampires. Ou qu'elles se cachent, ces créatures cédaient à leurs instincts sanguinaires, tuaient de nombreuses personnes innocentes et leur existence finissait immanquablement par devenir un danger. Dans cette abbaye, les moines formaient des novices pour qu'ils traquent implacablement les démons de la nuit et qu'ils assurent la sécurité des humains.
Sakuya grandit au milieu des armes, pour finir par devenir une belle femme, une beauté glaciale et attrayante, habile avec ses armes et ses couteaux d'argent. Celle qui répondait comme « Numéro 16 » était dotée de dons spécifiques. A force de méditation, d'acharnement et de recherche de ses pouvoirs internes, la jeune femme parvint à influer sur le cours du temps. En modifiant le cours du temps, elle jouait sur la courbure de l'espace, lui permettant d'agrandir certaines pièces. Avec son don lui permettant de figer l'écoulement du temps, elle avait un avantage considérable en combat, facilitant ses affrontements en plaçant ses couteaux avec précision.
Numéro 16 était la domestique parfaite, attirant ses ennemis grâce à sa peau pâle et sa froideur, concentrant les regards et faisant naître le désir envers cette beauté si inaccessible, qu'elle en devenait l'incarnation du péché. Une fois sa cible localisée, elle utilisait son corps, ponctué d'une subtile pointe de dédain pour faire tomber les vampires dans ses filets. Elle tuait discrètement, ayant le silence et la rapidité d'une flèche, sa dague d'argent perçant la chair avec une efficacité redoutable.
Sakuya finit rapidement par constater qu'elle vieillissait bien moins que les autres. Plus elle utilisait ses pouvoirs temporels, moins son corps subissait les affres de ce flot impétueux qu'est le temps. Son enveloppe charnelle s'arrêta de vieillir, la figeant dans son corps âgé d'une vingtaine d'années.
Lorsque Sakuya eut atteint la cinquantaine, son corps était resté le même mélange de luxure et d'impudicité, lui facilitant grandement la tache. On lui confia alors l'une des missions les plus sensibles pouvant exister. Une concentration anormale de formes vivantes suintant les ténèbres s'était regroupée dans un manoir abandonné. Les rumeurs prétendaient que les anciens habitants, un couple honnête entouré de nombreux domestiques, avaient été sauvagement massacrés. Numéro 16 devait s'introduire dans la résidence servant d'antre aux créatures nocturnes, afin d'assassiner toutes les bêtes maléfiques s'y trouvant.
Pour Sakuya, c'était une mission comme une autre. Habituée à obéir sans réfléchir, elle accepta et chercha a accomplir sa sanglante besogne du mieux qu'elle pouvait. Pourtant, elle ignorait que la nouvelle maîtresse des lieux était le redoutable démon écarlate et que ce jour là, son destin allait basculer. Sakuya s'infiltra dans la bâtisse, tuant silencieusement succubes et fées, avant de crocheter la porte menant aux appartements privés de Remilia.
Lorsque le démon écarlate apparût, Sakuya vit que toutes les représentations stéréotypées sur les vampires étaient visiblement erronées. Elle avait éliminé un grand nombre de vampires, la plupart correspondant aux schémas classiques de la créature, tels que l'inconscient populaire les imaginent. Lorsqu'elle vit Remilia, elle eut un instant de doute. Qui irait sérieusement imaginer un démon ténébreux habillé en rose ?
A cette époque, les deux femmes n'avaient pas encore mis un pied dans les terres orientales. Elles n'étaient pas au courant de l'existence des cartes de sort, permettant de sceller de la magie, mais ça ne les a pas empêché de faire appel à de redoutables techniques. Quand elle vivait encore en Angleterre, la magie rouge de Remilia était plus sauvage, moins contrôlée, mais tout aussi dangereuse qu'à l'heure actuelle.
Sakuya constata que le démon se défendait très bien, utilisant un pouvoir qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de voir. La chasseuse se battit avec hargne, esquivant ces volutes d'énergie couleur de sang, essayant de trouver une ouverture dans l'impressionnante défense ennemie, mais en vain.
A chaque occasion, Sakuya attaquait et à chaque fois, Remilia contrait les efforts de son ennemie. La traqueuse s'épuisait lentement et lorsque la vampire se lassa de jouer, elle frappa la femme aux cheveux d'argents par derrière.
Sakuya se retrouva désarmée et épuisée, à la merci de son ennemie. Ereintée et privée de ses moyens de défense, elle n'eut d'autre choix que l'humiliante reddition. Elle décida de se soumettre à la créature nocturne, espérant que la victorieuse vampire ait assez de pitié pour lui laisser la vie sauve. Quelque soit le prix à payer, Sakuya accepterait tout, du moment qu'elle puisse organiser ultérieurement une nouvelle tentative d'assassinat. Peu lui importait combien de temps elle resterait près du démon, peu lui importait le sort qu'on lui réservait, la chasseuse avait une mission et elle devait l'exécuter jusqu'au bout.
L'envoi d'un assassin inquiéta Remilia. Ainsi, elle avait finalement été retrouvée, après toutes ces années passées à se dissimuler. Ses ennemis devraient bientôt organiser une nouvelle tentative d'assassinat, lorsqu'ils découvriront que leur tueuse avait échoué à accomplir sa macabre tâche.
Sentant le danger proche, Remilia décida de quitter son Angleterre natale pour rejoindre les contrées orientales. Ce n'était pas une fuite lâche, c'était un moyen de protéger les siens de cette confrérie secrète qui organisait des meurtres silencieux aux quatre coins de l'Europe. En plus, cette fuite lu permettait d'éloigner la tueuse prisonnière du reste de son organisation, assurant au démon un répit confortable.
Remilia tenta de formater l'esprit de sa servante, voulant la modeler à sa guise. Lorsqu'elle vit sa domestique, revêtue de sa nouvelle tenue de travail, qui exécutait ses ordres à la perfection, la vampire sourit. Elle ne l'a jamais su, mais ses pouvoirs lui permettant de jouer avec le destin des gens avaient étés totalement inutiles. Sakuya était déjà un automate, suivant les ordres de ses maîtres, quels qu'ils soient, sans broncher.
Après quelques mois, Remilia en eut assez d'appeler la femme par son grade et lui demanda finalement son nom. Sakuya avoua qu'elle n'en avait aucun. Elle n'était rien d'autre qu'un numéro, ni plus ni moins qu'un outil.
Remilia voulait avoir tout pouvoir sur sa domestique et décida de lui créer une nouvelle identité. Le démon nomma sa domestique « Izayoi », en honneur de la seizième nuit, celle qui venait juste après la pleine lune. Le prénom de la domestique fut choisi en raison des multiples fleurs du parc, qui répandaient leur délicat parfum dans le ciel étoilé.
La jeune femme s'était très lentement humanisée, surtout aux cotés des autres habitants du manoir, mais sa servilité resta longtemps ancrée en elle. Lorsqu'elle essaya de comprendre pourquoi elle n'avait pas encore tué le démon, alors que ses pouvoirs affutés avaient fini par égaler ceux de Remilia, Sakuya eut un blocage. Aucun mot ne pouvait décrire ses sensations, ne pouvait expliquer sa réaction.
Au total, il fallut plus de dix ans pour que l'humaine comprenne enfin ce qui la motivait à rester aux côtés de Remilia. Elle avait acquis suffisamment de pouvoir pour tuer la maîtresse des nuits et accomplir sa mission à bien, alors pour quel motif n'avait elle pas encore mis son plan à exécution ?
Lorsque Sakuya trouva la réponse, elle trembla, éprouvant des émotions qu'elle n'avait jamais eues, des impressions qu'elle ne pouvait pas nommer. Lorsque la servante eut découvert la réalité de ses sentiments, elle prit la décision de sceller tout ce qui avait trait à son ancienne vie. Elle ne voulait plus rien de ce passé, la seule chose qu'elle ressentait était ce désir ardent de rester aux cotés de Remilia.
La domestique ne restait pas par simple reconnaissance des bienfaits de la vampire, cherchant à remercier le démon pour lui avoir donné un nom, une famille et une raison de vivre. Sakuya offrait à la vampire en rose une loyauté sans faille et une fidélité inébranlable, la suivant sans aucune discussion. L'obéissance absolue que Sakuya avait pour sa maîtresse, ne s'expliquait que par l'amour qu'elle éprouvait pour cette reine de la nuit. La domestique avait été fascinée par le charisme de sa maîtresse, tombant amoureuse au point de vénérer cette vampire si idolâtrée.
En réalité, l'amour que Sakuya éprouvait était si puissant, qu'il était l'unique justificatif de sa dévotion. Remilia était son unique raison de vivre et Sakuya gardait ses sentiments soigneusement enfouis, ne voulant pas prendre le risque de se voir opposer un refus.
Et ça, même après plus de soixante années passées avec cette femme fidèle et dévouée, Remilia ne l'avait jamais compris.
