Bonjour à tous !
Voici finalement ce nouveau chapitre, qui risque bien d'être l'avant dernier !
J'espère qu'il vous plaira toujours autant et que vous profiterez bien de la réunion entre Remilia et Sakuya.
Enjoy et Review ?
Chapitre 17 : Les confessions de Sakuya
La princesse vampire arriva rapidement à Eientei, plus qu'heureuse de retrouver la terre ferme après ce voyage inconfortable en balai. Même si elle adorait voler, elle préférait de loin ses ailes que de passer des heures sur ce bout de bois inconfortable.
Au même moment, Eirin était toujours debout, tournant inutilement en rond dans ses quartiers, profondément songeuse. Kaguya-hime était partie en promenade depuis plusieurs heures et elle n'était pas encore revenue, ce qui n'était pas dans ses habitudes. Eirin savait que sa princesse ne risquait pas grand-chose, étant donné son immortalité, mais elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour la brune.
Des coups portés contre la porte la sortirent finalement de sa torpeur. En adressant un regard à la lourde horloge à balancier, l'infirmière alla ouvrir aux arrivants tardifs. Lorsqu'elle ouvrit finalement la porte, elle n'imaginait pas devoir faire face à Remilia. La doctoresse sentit une froideur gagner son cœur lorsqu'elle repensa à sa patiente amorphe, songeant presque à renvoyer la vampire. Cependant, son serment de soulager les âmes se rappela à elle, Eirin voulait aider Sakuya et la présence de Remilia pourrait peut être s'avérer bénéfique. Les blessures multiples et les contusions sur le corps de la vampire, en particulier cette attelle emprisonnant l'aile dextre, achevèrent de convaincre Eirin de la nécessité d'inviter la vampire à entrer.
L'infirmière fit rapidement entrer le démon écarlate, venue en compagnie de Marisa. La blonde était tranquillement assise en amazone sur son balai, descendant avec légèreté pour entrer dans la demeure cossue. Il est hors de question qu'elle pénètre dans les lieux sur son balai, ce serait un manque de savoir vivre. Il n'y a que lorsqu'elle cambriole ou qu'elle pratique le vol à l'étalage, que Marisa reste sur son balai pour garder un moyen de fuite rapide à portée de main.
Remilia refusa tous les soins proposés par Eirin. Elle devait aider Sakuya et l'état de la domestique était autrement plus préoccupant que quelques blessures. Pour la première fois, elle fit passer quelqu'un avant elle.
Au moment ou la vampire se trouva face à la porte de la chambre de son ancienne employée, elle hésita à entrer, comme si elle craignait de devoir faire face à une épreuve trop forte. Elle avait peur, exactement comme lorsqu'elle avait été voir Flandre. La situation pouvait très bien dégénérer, Sakuya étant plus forte que son ex-maîtresse.
- Marisa, Eirin, laissez moi, dit Remilia d'une voix tremblante et si différente du ton sec avec lequel elle donne habituellement ses ordres. S'il vous plait, ajouta t-elle après quelques secondes de réflexion.
- Très bien, répondit l'infirmière avec professionnalisme, mais pas plus d'un quart d'heure.
Lorsque le démon entra dans la pièce, elle eut un choc. Faisant abstraction de l'odeur de sérum physiologique et de toute cette blancheur, elle vit que Sakuya était allongée dans un drap blanc, sinistrement semblable à un linceul. Elle était si pâle et si immobile qu'elle semblait déjà avoir trépassée.
Remilia s'approcha en tremblant, effrayée à l'idée de perdre Sakuya, alors que l'hypothèse de la mort de la domestique semblait davantage plausible à chaque seconde s'écoulant. La respiration lente et les légers battements de cœur de Sakuya étaient la seule chose qui montraient qu'elle était encore vivante.
La vampire posa sa main sur celle de son ancienne employée, avant de découvrir la longue et profonde cicatrice qui striait le poignet gauche. L'horreur gagna Remilia, dont les jambes tremblaient, alors qu'elle constatait que Sakuya était vraiment allée jusqu'à mettre fin à ses jours.
- Qu'ais-je fait ? geignit la vampire. Je t'en supplies Sakuya, ne pars pas. Flandre a besoin de toi, Meiling a besoin de toi, Patchouli a besoin de toi. J'ai besoin de toi, murmura le démon en larmes. Ne me laisses pas, je t'en prie. Pardonnes moi, j'ai été une imbécile. Je te dois tellement …
Sakuya bougea légèrement, poussant un petit gémissement Elle émergea de son état de sommeil, pour ouvrir les yeux. Ils étaient si ternes, si fatigués, que Remilia vit que sa domestique ne voulait plus vivre. Les deux perles restaient fixées sur le plafond, ne se souciant même pas de la personne qui pleurait pour elle.
- Sakuya, dis moi quelque chose, je t'en prie. Réveilles toi, tu me … manques tellement.
La vampire pleura de plus belle, ses larmes tombant sur le visage pâle de la patiente.
Les gouttes salées du démon glissèrent sur la peau de Sakuya, finissant leur course dans les orbites aux yeux vides.
- Sakuya, supplia la vampire, dis moi quelque chose, n'importe quoi …
Cette voix. Ce son lui semblait familier. Ce murmure résonna dans les tympans de la femme brisée. Elle reconnaissait cette personne. Elle pouvait mettre un nom sur ce timbre, ainsi qu'un visage.
- Re … mi … lia …
Le faible gémissement qui émergea de la gorge de la femme aux cheveux d'argent surprit le démon. Un soulagement primitif et viscéral naquit dans sa poitrine, enveloppé d'une dose d'espoir.
Les yeux de Sakuya se tournèrent lentement vers la vampire en rose, s'écarquillant lorsqu'ils croisèrent ceux de la fillette désespérée. L'enfant en robe rose était tétanisée, prise entre l'horreur des conséquences de ses actes et la peur de perdre Sakuya.
- Sakuya … pourquoi ? implora Remilia qui voulait absolument comprendre la raison de cette tentative de suicide.
- Parce que vous êtes ma raison de vivre, madame.
La voix de Sakuya était faible, chuchotant au point que Remilia devait tendre l'oreille.
- Vous êtes l'unique personne qui compte dans ma vie, souffla la domestique. Sans vous, sans votre présence, je ne suis rien. Puisque j'étais devenue inutile, j'ai choisi. Je suis votre servante, votre outil et un objet inutile est bon à jeter aux ordures. Il n'y a plus rien a en faire, conclut elle avec raideur.
- C'est faux, gémit Remilia. Sakuya, j'ai compris à quel point j'avais besoin de toi. Tu n'es pas qu'un outil, tu es celle qui me rend la vie vie possible. Pendant que tu n'étais pas là, ma vie avait une saveur amère. C'était un peu comme un thé sans lait ni sucre, tenta maladroitement Remilia. J'ai compris à quel point tu étais indispensable.
La femme aux cheveux argentés regarda son ancienne maîtresse, se demandant comment lui avouer son plus grand secret.
- Il faut que je sache une chose, madame. S'il vous plait, soyez sincère. Que ressentez vous pour moi ?
La question prit Remilia au dépourvu. Quels étaient donc ses véritables sentiments à l'égard de l'ex-employée ?
- Je ne sais pas comment le dire, confessa le démon. C'est si confus en moi, ça s'agite sans cesse. Mon ventre me fait mal, comme un poids profond et impossible à retirer. Je souffre inexplicablement et je me sens lasse. En plus de ça, ta présence me manques.
Sakuya fixa le plafond et cligna des yeux. Peut être était-il temps de tout lui avouer ?
- Moi, je crois que je vous aime, lâcha soudainement Sakuya.
- Tu … m'aimes ? répéta la créature nocturne. En est tu sûre ? Ou alors, ne désires tu que mon corps, qui te stupéfies par son charisme ? ajouta t-elle avec ironie. D'ailleurs, ne suis-je pas un peu jeune pour ça ? railla t-elle en laissant échapper un petit rire. Je n'imaginais pas que tu pouvais avoir des tendances pédophiles.
- Vous avez 500 ans, objecta Sakuya, qui savait que sa maîtresse détestait qu'on fasse référence à son âge. C'est un point sensible chez toute femme et elle même m'y fait pas exception. Mais je comprends, finit la femme aux cheveux argentés, laissant échapper un soupir.
Sakuya détourna le regard, se doutant bien qu'il était fort probable que Remilia ne réponde pas favorablement à ses sentiments.
- Ce n'est pas grave, madame. Mes sentiments sont sincères, ils me font mal sans arrêt et vous savoir loin de moi me torture davantage chaque jour. Mais je comprends parfaitement que les sentiments d'une petite idiote vivant dans sa petite utopie ne soient pas réciproques. De toute façon, je n'aurai plus mal très longtemps.
- Que veux tu dire ? demanda Remilia avec une voix tremblante.
- Madame, finit Sakuya avec gravité, je suis sur le point de mourir.
La déclaration mortifia Remilia. Pendant un instant, elle eut envie de demander à la soubrette d'arrêter de plaisanter, mais le regard azur était mortellement sérieux.
Imaginer un monde sans Sakuya, songer un instant à vivre sans sa servante, sans sa confidente, être sans celle qui la réconforte, c'était devenu impossible.
La vampire ne pouvait pas imaginer perdre sa domestique. Elle refusait d'envisager l'avenir seule. Malgré son entourage, l'absence de Sakuya lui était devenue insupportable.
- Mourir ? explosa Remilia. Comment peux tu oser dire ça ?
- Quel est mon âge, selon vous ? demanda brutalement la blessée.
Remilia hésita. Depuis longtemps, la présence de Sakuya à ses cotés était devenue comme quelque chose de normal, un fait immuable. L'idée que sa servante humaine puisse mourir, que la mort puisse prendre sa vie d'humaine avait échappé à la vampire.
- Je dirais … environ trente ans, hésita le démon, au maximum.
- Madame, j'approche des quatre vingt dix années. Mon pouvoir de manipulation du temps a eu des effets sur mon corps, retardant le vieillissement de mon enveloppe extérieure, mais à l'intérieur, c'est une autre histoire …
Sakuya ne finit pas sa tirade, n'ayant nul besoin d'en expliquer davantage.
- En fin de compte, poursuivit la domestique avec un sourire forcé, le fait que mes sentiments pour vous soient à sens unique n'est pas si grave. Toute ma vie, j'ai eu peur de les voir rejetés, mais maintenant votre refus n'a pas d'importance. Je n'en ai plus pour longtemps et je n'aurais plus à souffrir. Pas beaucoup en tout cas.
En voyant sa servante renoncer si facilement à la vie, Remilia comprit la force des émotions de Sakuya. Sans amour, elle n'avait plus de raison de se battre et rien ne pouvait plus la retenir. Elle allait se laisser mourir et après, elle reposerait en paix, dans un monde sans souffrances.
Remilia pleura, incapable d'être aussi courageuse que Sakuya. En fin de compte, elle n'arrivait pas à la comprendre, ni même à se comprendre elle même.
- Madame, laissez moi seule, supplia la blessée.
La vampire baissa la tête, vaincue et accepta cette demande qui claqua comme un ordre. Lentement, Remilia sortit de la chambre blanche. Elle n'eut pas le courage de se retourner, de dire ce qui la taraudait. Elle ferma juste la porte en silence.
Comme une lâche.
