Chap. 57 : Coup de semonce.
S'éloignant de l'école, Ron et Emma avaient tenté de rejoindre Harry qui semblait se diriger vers la forêt interdite. Devant la cour pavée menant au pont couvert, ils avaient constaté qu'Harry avait disparu. Désappointés, ils avaient choisis de rejoindre les défenseurs de l'embarcadère.
Ils y retrouvèrent sans difficulté Sean O'Connell et les irlandais ainsi qu'une poignée d'élèves. Pour la plupart des membres de l'école, le lac représentait une sécurité supplémentaire et non une zone de danger. Les défenseurs indigènes n'étaient donc pas très nombreux. Sean s'en moqua lorsque le jeune couple parvint à ses côtés. Rapidement, Emma l'avait informé.
- C'est une considération qui me surprend. S'étonna Sean.
- Ils ne pourront pas passer par là. S'exclama Ron surpris à son tour.
- C'est ce que vous croyez. S'amusa l'irlandais en tendant une paire de jumelles enchantées à Ron.
Rougissant à vue d'œil, l'incriminé ne pouvait réfuter que son aîné eut raison. Le jeune homme expliqua à une Emma intriguée qu'une poignée de mange-morts préparaient des radeaux sur la rive qui faisait face à la leur.
- Pour l'instant, nous n'en voyons que quelques-uns, dès que tout sera prêt, ils se masseront. Coupa Sean visiblement inquiet.
Comprenant qu'il n'y avait rien de mieux à faire que d'aider la poignée d'irlandais présents, Ron et Emma préparèrent des pots emplis d'une potion explosive. Ron ne cessait de maugréer que ses frères eurent été plus à même de réaliser ces préparations que lui, néanmoins, il n'osa pas se lancer à la recherche de Fred et Georges.
D'ailleurs, Emma soupçonnait que les bruits de combat au-dessus de leurs têtes fussent bien plus que toutes autres choses responsables de sa présence au débarcadère. Dès le début des combats, Sean avait choisi de se départir d'une partie de ses hommes pour renforcer le soutien des entrées principales.
Quelques minutes plus tard, les mange-morts mirent à l'eau une vingtaine d'embarcations des plus extravagantes. Mais tout cela flottait, par miracle ou pour la plus profonde des angoisses des défenseurs de l'école.
La traversée du lac sembla durer une éternité à Drago Malefoy. Il digérait fort mal que les directeurs de l'école aient choisi de renvoyer chez eux tous les membres de la maison de Serpentard. D'une certaine manière, ils avaient eu raison de se méfier. Dès son arrivée chez lui, Drago avait pu expliquer à son nouveau maître ce que les défenseurs avaient mis en œuvre. Le seigneur des ténèbres avait été fâché un moment, puis il avait admis que Drago apportait de bonnes nouvelles, finalement.
Pour le remercier, il fit de Drago le chef du groupe qui se lancerait à l'attaque de l'école par le lac. Le jeune homme avait une légère répulsion pour l'eau et pour le contenu de ce lac, mais il était bien trop fier de l'honneur pour se plaindre, même à ses parents.
Cependant, ils avaient perdu beaucoup de temps à préparer les radeaux. Les géants ne sont pas de bons artisans et il disposait finalement d'assez peu de « vrais » mange-morts. La plupart étaient des jeunes gens recrutés récemment et devant faire leurs preuves. D'une certaine manière cela les rendait encore plus dangereux, ils n'avaient rien à perdre et tout à gagner. En face, les défenseurs ignoraient qu'ils allaient recevoir des fanatiques avec bien trop peu de moyens.
La traversée s'achevait enfin pour Drago. Les défenseurs tentaient vainement d'envoyer sur ses radeaux des flacons explosifs. Ceux qui, par chance, tombaient sur les embarcations n'explosaient pas ou faisaient à peine de légers dégâts. Les premiers avaient tant inquiété les assaillants que certains s'étaient jetés à l'eau, mais à présent, plus aucun mange-morts ne les évitait.
Sur la berge Sean pestait contre lui-même et sa décision de réduire le corps des défenseurs. Á présent, il se trouvait démuni. Il regardait ce qui restait et considérait qu'à part Ron et Emma qui avaient fréquenté assidument Hermione, il ne pouvait guère compter que sur ses 3 hommes et autant d'élèves. La dizaine qui restait aurait mieux fait de reprendre la direction de l'école. Le regardant avec effroi, Ron comprit ce qui se passait. D'un mouvement impérieux, il regroupa les plus jeunes et leur ordonna de remonter vers l'école par les escaliers. Apeurés, aucun ne fit de difficulté.
- Merci petit. Lança Sean un peu moins anxieux.
- Mais maintenant, qu'allons-nous faire contre ces mange-morts ? s'étonna Emma à ses côté. Nous ne sommes qu'une dizaine et ils sont plus de quarante !
- Nous avons vécu bien pire. Coupa une voix qu'Emma ne connaissait pas.
Sean présenta rapidement son adjoint, James Dewitt. Comme les autres, il était un vétéran de la guerre civile et ce n'était pas véritablement l'arrivée de cette escouade de mange-morts qui l'inquiétait. Revenu à leurs côtés, Brian Fitzham confirma que les jeunes gens qui arrivaient auraient bien plus peur d'eux que l'inverse. Ron considéra que cela était bien présomptueux et frissonna en estimant le temps qui leur restait avant que les mange-morts ne puissent prendre pied sur la berge.
- Pas plus de trois minutes. S'amusa Sean qui observait le jeune homme.
- Et cela ne vous inquiète pas plus ? s'étonna Ron qui ne releva pas qu'on venait de lire dans ses pensées.
- Et pourquoi ? s'amusa Brian. S'il y a une chose que Seagull nous a appris, c'est bien de ne pas avoir peur et de garder confiance en soi.
- C'est stupide. Trancha Emma. Se mettre en sécurité, aviser et réfléchir, c'est aussi important !
- Vous êtes Emma Granger, n'est-ce pas ? Sourit Brian. La jeune fille se rembrunit instantanément, hésitante sur la conduite à tenir devant cette remarque. L'un n'empêche pas l'autre. S'amusa l'homme.
Il se tourna vers James Dewitt qui s'était accroupis au bord de l'eau, laissant tremper sa baguette en psalmodiant des incantations dans une langue étrange. Un peu plus loin, Sean et les autres défenseurs lançaient ce qu'ils pouvaient de sortilèges offensifs sur les nouveaux arrivants. Mais la peau extrêmement dure des géants résistaient à tous les sorts et les mange-morts se dissimulaient derrière eux.
Drago exultait, rien ne pourrait l'empêcher d'écraser les sorciers qui tentaient de s'opposer à son maître. Il y prendrait d'autant plus de plaisir qu'il distinguait en face de lui Ronald Weasley, le frère de son ex-petite amie et Emma Granger, la sang-de-bourbe qui n'avait cessé de l'encombrer toutes ces années.
Vraiment, il prendrait un malin plaisir à les faire souffrir. D'ailleurs, il ne les tuerait pas. Les rendre fous comme les parents Longdubat serait amusant, les soumettre aussi. Il verrait lorsqu'il les tiendrait entre ses griffes.
Tout à son plaisir, le jeune homme ne prêta aucune attention à l'irlandais penché sur l'eau. Pourtant, les effets de la présence des défenseurs se faisaient enfin sentir. D'abord réticentes, les sirènes avaient accepté de rendre service aux occupants du château. Le fait que les mange-morts empruntent sans autorisation la voie maritime avait accentué leur rancune. Les sirènes étaient sourcilleuses lorsqu'il s'agissait de naviguer sur le lac. Drago consciemment ou non avait enfreint leurs lois et ils allaient demander réparation.
Certains des radeaux tanguaient dangereusement sous la pression invisible des sirènes. Et deux d'entre eux basculèrent dans l'eau. Aucun mange-morts et aucun géant ne ressortaient de l'élément liquide une fois les gerbes d'écumes retombées. Sur la berge, les élèves se sentaient ragaillardis par ce phénomène. Sur l'eau, un brin d'angoisse s'élevait. Mais malgré les pertes, il restait bien assez d'assaillants pour vaincre la poignée de défenseurs.
D'ailleurs, Drago comprit assez rapidement de quoi il pouvait être question et imposa à ses mange-morts de se protéger en lançant des sorts de chaleur sous les radeaux. Perturbés, les sirènes ne purent plus venir en aide aux défenseurs. De toute manière, les agresseurs voyaient enfin le fond de l'eau. Bientôt, ils auraient pied et pourraient quitter leurs embarcations de fortunes. La joie renaquit sur le visage de Drago Malefoy. Rien ne s'opposerait à son triomphe.
- Il faut faire quelque chose. S'écria Emma terrorisée par l'approche inexorable des mange-morts.
- On fait, on fait. S'impatienta Sean en regardant James toujours penché au raz de l'eau.
Enfin, l'auror irlandais leva une main en signe de victoire. Et d'un geste large de sa baguette, il fit vibrer la surface de l'eau. Comme si le liquide avait changé de consistance, il suivit le mouvement de la baguette, ondulant dans les airs à plusieurs mètres de hauteur. D'un geste rapide, James rabaissa sa baguette et l'eau reprit sa place.
Sur son radeau, Drago ne perdit pas un instant la scène des yeux. Cela ne lui évoquait rien de bon. Il pressa ses mange-morts pour rejoindre au plus vite le bord. Á l'instant où son radeau s'enfonçait dans la terre molle, l'eau qu'avait ensorcelée James Dewitt sembla prendre vie. Une sorte de Golem liquide se dressa, puis un autre, et d'autres encore. Chacun pris en charge un radeau et en quelques instants, il ne resta plus aucune embarcation sur l'eau. Les éléments se déchainèrent pendant de longues minutes. Prestement, Sean et les irlandais avaient emporté les défenseurs à l'abri de l'embarcadère en fermant bien consciencieusement les ouvertures. Leur tâche achevée, les golems retournèrent à l'eau.
Á l'intérieur du local à bateaux, la situation était tendue et le moral déclinait très rapidement.
- Nous sommes perdus. Pleurnichait Ron. Sans Dumbledore nous n'avions aucune chance. C'était le plus puissant sorcier qui ait existé.
- Hermione est encore plus forte que lui. Affirma sèchement Sean. Je le sais, j'ai combattu aux côtés de ces deux-là.
Ron et Emma dévisageaient Sean O'Connell avec des regards oscillants entre incrédulité et fureur. Ni l'un ni l'autre ne parvenait à croire à l'affirmation de Sean. Pourtant, ils savaient qu'il était un personnage extrêmement influent d'Irlande.
- Vous plaisantez. Coupa finalement Emma.
- Pourquoi le ferais-je ? s'indigna Sean qui porta son attention sur une ouverture mal sécurisée.
- Tu te souviens de Thorsthon ? Lança avec un large sourire Brian.
- Comment tu le connais gamin ? C'est Seagull qui t'a tout appris ! s'étonna Sean.
- N'empêche qu'il était son mentor et qu'il avait été celui de Dumbledore. Continua Brian. Sean commençait à comprendre où voulait l'emmener son coéquipier. Les mines ébahies de Ron et Emma étaient largement éloquentes. Ils entendaient clairement les raisons de son affirmation.
- Vous voulez dire que Dumbledore et Hermione ont eu le même professeur ? balbutia Ron surpris.
- Je peux même t'affirmer qu'à l'époque Hermione m'a appris quelques tours impressionnants. Siffla Brian avec une moue admirative.
- La plupart venait de moi, gamin. S'amusa Sean qui stupéfixia un géant qui tentait de sortir de l'eau derrière Brian.
Les souvenirs des deux irlandais émaillèrent longuement les combats qui suivirent. Parfois, James ajoutait l'une ou l'autre anecdote qu'achevaient les autres vétérans. Chaque fois, le souvenir d'Hermione complétait le tableau. Les deux élèves de Griffondor comprirent qu'ils avaient reçus les conseils d'une personne particulièrement compétente et de ce fait, la confiance qu'ils avaient en eux-mêmes s'en trouvait accrue.
Pourtant, la situation n'était pas brillante. Les assiégés ne pourraient pas retenir le groupe de mange-morts bien plus longtemps. Les murs commençaient à craquer de partout. Lorsque James Dewitt s'effondra, raide mort, le moral des élèves en fut nettement diminué.
- Nous allons y passer ! reprit Ron comme une litanie et un leitmotiv.
Cette fois, Emma ne laissa pas le temps à Sean de réagir. Elle colla proprement deux bonnes gifles sur le visage du rouquin qui resta tétanisé un moment.
- Seagull aurait fait pareil. S'amusa Sean. Avant de se figer en regardant fixement Emma. Quel est votre nom, jeune fille ? questionna-t-il finalement.
- Emma, Emma Granger. Balbutia l'intéressée. Sean éclata d'un rire sonore.
- Tu entends ça Brian ? Un borborygme répondit à la place de l'irlandais. Sean se tourna et vit son coéquipier en fâcheuse posture avec un mange-mort. D'un sort de confusion il sépara les deux combattants et se précipita dans la mêlée.
De son côté, Emma resta interdite quelques instants. Elle ne comprenait pas pourquoi l'annonce de son nom avait pu entraîner une telle réaction. Á moins qu'Hermione ait donné des consignes strictes concernant la sécurité de ses amis. Emma en était intimement persuadée, de ce qu'elle savait d'Hermione, c'était particulièrement dans ses habitudes.
Soudain, la porte d'entrée éclata, balayant deux élèves et blessant l'un des derniers irlandais. Les éclats de bois et la poussière rendirent les lieux particulièrement dangereux. Il était impossible de distinguer les combattants. Pourtant, Emma savait que devant elle se dressait Drago Malefoy. Elle déglutit sachant qu'elle ne pourrait probablement pas résister. La baguette devant elle commençait à lancer des étincelles vertes.
Visiblement, Drago attendait de voir clairement sa proie avant de lui porter le coup fatal. Il ricanait de voir la sang-de-bourbe ne pas essayer de se défendre, même de la manière la plus stupide. Cela lui aurait plu de la tuer alors qu'elle tenterait de s'enfuir. Manifestement, elle n'avait même pas cet instinct de survie. Il dressa doucement sa baguette, prêt à profiter pleinement de son premier meurtre. L'air effrayé de la jeune femme l'amusait. Derrière elle gisait Weasley, mort ou blessé. Peu importait, son tour viendrait ensuite.
L'instant sembla durer des heures. Emma attendait, tétanisée, de recevoir le coup mortel. Elle se savait seule et perdue. Il lui restait tant de choses à vivre. Le courage lui manqua, d'une bouffée, toutes ses angoisses trouvèrent la sortie et les larmes coulèrent abondamment sur ses joues.
Un éclair bleu vint frapper Drago et le projeta loin en arrière. Les mange-morts placés derrière lui furent aussi bousculés. Un moment de panique se propagea dans les rangs des proto-mange-morts. Face à eux se dressait une forme fluette, féminine, encadrée par deux autres ombres. Lorsqu'Emma osa se retourner, elle distingua nettement Sean et Brian encadrant Hermione.
Pourtant, Emma ne parvenait pas à la reconnaître. Ses yeux scintillaient et semblaient durs. Tout son visage était crispé par la tension du combat. Les vêtements moldus qu'elle portait rendaient sa silhouette plus fine mais on distinguait d'autant mieux sa forte musculature. Vraiment, Hermione était impressionnante. Les deux irlandais qui l'encadraient avaient aussi perdus leurs mines débonnaires. Les corps qui jonchaient le sol autour d'eux avaient fait les frais de leur détermination.
Sans un mot, Hermione traversa vivement l'espace qui la séparait de la porte qui venait d'éclater sous la pression des assaillants. Elle-même avait pratiqué un trou dans le mur qui lui faisait face. Elle stupéfixia les rares mange-morts encore conscients, Sean et Brian l'aidant dans ces actions, il ne fallut pas longtemps pour ligoter tous les assaillants. Il manquait pourtant Drago.
- Il était temps que tu arrives. Souffla Sean.
- Je n'étais pas obligée. Mais le hurlement de terreur d'Emma m'a tellement fait peur que je n'ai pas pu ne pas venir. Fit Hermione doucement.
- Je n'ai pas crié. S'étonna Emma dans l'indifférence la plus générale. Déjà Brian faisait le bilan des pertes.
Deux des irlandais et autant d'élèves ne se relèveraient jamais. Hermione tiqua et une larme coula doucement. Elle ne prit même pas la peine de l'effacer. Personne ne lui tint rigueur de ce signe de compassion. Emma se trouva même soulagée de voir que la dureté personnifiée restait tout de même accessible aux sentiments. Puis elle ouvrit de grands yeux. Dans toute cette affaire Emma avait tant craint pour sa propre vie qu'elle en avait oublié celle de Ron.
La jeune femme se lança en direction de Ron. Brian la retint par l'épaule.
- Il va se remettre. Mais laissez-le se reposer un peu.
- Au moins, il cessera d'affirmer qu'il va mourir. Sourit Sean. Se ravisant, il se tourna vers Hermione. Des nouvelles des autres issues ?
- L'entrée principale est tenue par Jack et les professeurs. D'un point de vue opérationnel je n'ai pas d'inquiétude. En ce qui concerne les étages, je n'ai pas d'informations particulières. Le seul risque étant les acromentules, le pense que les élèves sauront les retenir. Stratégiquement, les étages n'ont pas de valeur.
- Sans eux nous serions contournés. Coupa Sean. Qui les dirige ?
- Ellie Finnighan est avec eux. Répondit Hermione. Brian parut soulagé. Je suis plus inquiète pour les cachots que contrôle Bob et la cour pavée.
- Ce sont les unités opérationnelles mixtes ? coupa Sean. J'ai confiance en nos hommes, ils sont bien entraînés.
- Il parait que certains passages des sous-sols se sont effondrés. Continua Hermione. L'information semblait être neutre, pourtant Emma sentit que la jeune femme était bien plus marquée qu'elle ne le laissait paraître.
- Alors qu'attends-tu ? s'étonna Sean. Nous sommes assez grands pour nous en sortir ici.
Hermione parut sortir d'un rêve. La dureté de son visage avait fait place un instant à toute la douceur que lui connaissait Emma. Le temps de le dire, Hermione se remit en route. Elle laissa là ses amis sans fournir d'explications ni même les saluer. Aucun n'eut la mauvaise grâce de lui faire remarquer. Son intervention les avait sauvés.
« §§§ »
Pendant qu'Hermione partageait son temps entre la grande porte et le débarcadère, la situation se dégradait sur tous les autres points. Ceux des étages avaient ressenti avec une grande surprise les déflagrations qui avaient secoué l'école sur ses bases. Il se passait des choses étonnantes et inquiétantes dans les sous-sols.
Pour l'heure cependant, les élèves et professeurs restés dans les étages avaient fort à faire avec les attaques des mange-morts qui lançaient de puissants sortilèges pour les pousser à s'écarter des fenêtres. Depuis celles-ci, ils tentaient de désorganiser la progression des assaillants. Leur manœuvre s'avérant efficace, les mange-morts avaient décidé d'expédier les acromentules à l'assaut des étages. Les araignées gigantesques n'avaient aucune peine à montrer sur les murailles et à atteindre les issues créées par les sortilèges et les effondrements.
Á la tête d'un petit groupe d'élèves qui comportait également la présence de Fred et George, Ellie Finnighan donnait de sa personne. Elle n'hésitait pas à s'exposer pour découvrir les angles les plus judicieux. Sa formation de journaliste en faisait un éclaireur de première force. Si l'irlandaise lançait peu de sortilèges, elle savait pouvoir compter sur la réactivité des jumeaux Weasley et de leurs amis. La plupart avaient quitté l'école l'année précédente et avait suivi une formation complémentaire au ministère. La fine équipe était redoutable et devint rapidement la cible prioritaire des assaillants.
Néanmoins, la progression des mange-morts n'était que ralentie. Ils continuaient de progresser en direction du château et le nombre de passages détruits augmentait pratiquement à chaque instant.
- Il faudra engager un bon maçon ! lança soudain Fred.
- Toute une équipe, oui. Coupa Georges sans se détourner de son adversaire à huit pattes.
- Messieurs, il serait bon de ne pas trop oublier de vous concentrer. Ricana Ellie qui, grâce à l'action de Georges, pouvait se rapprocher de la fenêtre. Nous sommes en pleine guerre, vous le savez ?
- Parfaitement mam'zelle. Répondit Fred avec un large sourire.
L'espace d'un instant, il avait détourné les yeux de l'ouverture béante devant laquelle il se dressait. Son visage rayonnait de bonne humeur et de satisfaction. Ils échangeaient des sortilèges et de bons mots. Que pouvait-il demander de mieux ? Sur cette dernière phrase, il se figea, définitivement. Georges n'eut pas le temps de comprendre ce qui arrivait. Plus proche, Ellie s'élança pour retenir le corps à présent sans vie de Fred pour qu'il ne bascule pas dans le vide et se retrouve aux mains de leur ennemi.
Au moment où Ellie touchait le sol poussiéreux et recouvert de gravats, un sort ennemi détruisit le plafond qui s'effondra sur eux. Suffocante, inquiète, la jeune journaliste ne lâcha pas pour autant la main qui se refroidissait. Elle sentit le poids qui la recouvrait se soulever rapidement. Puis elle put enfin reprendre son souffle, tousser et recracher toute cette poussière.
Dans le nuage qui l'entourait, Ellie ne pouvait pas reconnaître les ombres, mais elle put voir Georges qui se précipitait sur son frère qu'il tirait de toutes ses forces le plus loin possible de l'horreur du lieu. D'autres corps étaient disséminés dans le couloir aux murs éventrés. Les mange-morts avaient concentré une masse importante de leurs sortilèges à cet endroit précis et il tenait au miracle qu'il restât encore des gens en vie à cet instant.
Elle se sentait seule et perdue au milieu de la plus effroyable des horreurs. Ellie ne savait plus quoi faire, c'était comme si son cerveau refusait de produire une pensée cohérente. Enfin, une main ferme vint l'attraper par le bras pour la tirer vers un espace sûr. La jeune fille sentit des doigts fins la serrer sans lui faire mal, la poigne était solide et réconfortante. Le visage couvert de poussières, les yeux embrumés par celle qui volait tout autour, Ellie ne pût distinguer l'origine de cette aide providentielle. Tout au plus, elle parvint à balbutier quelques remerciements lorsqu'on l'assit d'autorité au bas du piédestal d'une statue partie depuis longtemps combattre les ennemis de l'école.
Des mains douces et fines parcoururent Ellie. On s'assurait qu'elle n'avait rien. En état de choc, elle ne sut quoi dire, mais elle était heureuse de tant de soin pour elle. Un peu plus loin sur sa droite, elle entendait Georges qui émettait quelques sanglots. Et l'horreur de l'instant précédent revint à la réalité. Fred Weasley venait d'être abattu par l'ennemi.
- George. Fit une voix féminine. Ron, Ginny et Percy ont besoin de toi. Ne te laisse pas dépasser.
- Es-tu insensible ? répondit l'intéressé.
- Non, j'ai trop souvent vécu cela. On n'oublie jamais l'horreur, il faut vivre avec. Compatit finalement la voix. Mettez-vous à l'abri en attendant. Reprit-elle finalement.
Mais Georges avait d'autres envies. Avec les quelques élèves encore en état de se tenir debout, il s'élança dans le couloir en hurlant des imprécations et des menaces qui auraient dû faire fuir n'importe qu'elle personne saine d'esprit.
Hermione le regarda s'éloigner avec un pincement au cœur. L'un de ses amis venait de tomber sans qu'elle ne puisse rien faire. Son frère aurait pu rester mélancolique ou tétanisé, mais il continuait de plus belle. Quelle que soit l'horreur du jour, elle se promit de continuer pour eux.
Déjà, elle fit léviter les corps inertes des blessés en sécurité. Elle se concentra pour transmettre un message aux infirmiers du « Sleepin' chess ». En quelques instants la figure fatiguée de Rodrigue se présenta à l'extrémité du couloir. En l'attendant, Hermione avait tenté de prodiguer quelques soins aux blessés, tout en éliminant régulièrement la menace des mange-morts et des acromentules. Ayant à présent reprit ses esprits, Ellie la secondait aussi bien qu'elle le pouvait.
- Alors Seagull. Commença Rodrigue. Toujours aussi douée pour contacter à distance !
- Le cap'tain avait insisté pour que j'apprenne tout cela, je n'ai pas oublié. Réplica Hermione. Je n'ai pas oublié non plus votre fameux ragout de biche aux airelles. Continua la jeune femme en lançant un sort par-dessus l'épaule de Rodrigue.
- Vous venez de dire Seagull ? s'étonna Ellie finalement. Pourtant, tu en es la fille, n'est-ce-pas ? Hermione ne lui laissa pas le temps d'achever cette question. Elle l'avait tant redouté qu'à présent, le dire serait une libération. Surtout à une compatriote.
- Non, je suis Seagull, l'unique. Fit Hermione.
Elle agrémenta sa réponse d'un sourire un peu faux. Une grande fatigue se lisait dans son regard. Ou bien était-ce de la résignation ?
Rodrigue confirma qu'il fallait descendre les blessés au plus vite. Néanmoins, les attaques des mange-morts les empêchaient de circuler sans danger. Hermione semble revenir au réel et se leva avant de se camper devant les agresseurs. La jeune femme se dressait pratiquement seule au centre du couloir. Des éclairs zébraient les airs tout autour d'elle sans répit. Pourtant rien ne la faisait dévier de sa position. Avec des gestes précis et brefs, Hermione répliquait coup pour coup.
Chacun de ses sorts devait avoir de funestes conséquences pour le mange-mort ou l'acromentule qui en était la victime. Pourtant, elle ne semblait pas prendre plaisir à agir ainsi. Finalement, lorsque Rodrigue eut fini de préparer les blessés, elle fit signe à Ellie de venir la rejoindre. Ils ne furent pas trop de trois pour faire léviter la petite dizaine de blessés vers les étages inférieurs.
Sans rompre son sortilège de lévitation, Hermione dirigea sa baguette vers les deux extrémités effondrées du couloir. Ainsi, chaque portion se vit comblée par une nouvelle masse de gravats.
- Cela devrait les retarder un moment. Grimaça-t-elle en guise d'excuse pour les meurtrissures supplémentaires qu'elle venait d'infliger à l'école.
- Espérons-le. Conclut Rodrigue. Qui n'avait pas retenu un sifflement admiratif devant l'exécution informulée des sortilèges, le tout en conservant la maitrise de ses sorts de lévitation.
Concentrée sur ses actions, Hermione ne prenait pas la peine de remarquer si ses actions paraissaient disproportionnées ou non. Elle savait pouvoir faire toutes ces choses en même temps, elle n'allait pas s'en priver. Seule la finalité des événements l'importait à présent. Peu importait ses efforts et les regards des autres. La carapace qu'elle avait patiemment construite autour d'elle depuis son retour à son époque craquait sous la pression de la nécessité.
Le petit groupe descendit doucement les étages. Rodrigue passait des uns aux autres pour s'assurer de l'état de santé de chacun. Il vint panser une jolie éraflure sur l'épaule d'Hermione qui s'étonna de la présence de la blessure. Visiblement, la jeune femme n'y avait guère prêté attention. A contrario, Hermione remarquait immanquablement les signes de fatigue d'Ellie ou de Rodrigue.
- J'ignorais que vous étiez avocat. Émit soudain Hermione en direction de l'homme. Je veux dire, lorsque j'habitais au « Sleepin' chess ».
- Drôle de nom. S'étonna Ellie un peu brutalement.
- J'avais demandé « chest » au décorateur. Sourit Rodrigue. Mais il n'était pas bien malin et il s'était trompé. Le temps de refaire, les gens s'étaient habitué et s'est resté une blague entre nous. L'évocation avait ôté une bonne dizaine d'années à Rodrigue et Hermione ne put s'empêcher de sourire en retrouvant le tenancier d'auberge qu'elle avait connu.
Un pincement au cœur rattrapa Hermione lorsqu'elle ressentit à nouveau toutes les pertes qu'ils avaient subies depuis ces années là. Satisfait de pouvoir parler d'autre chose que des horreurs qui les entouraient, Rodrigue expliqua les double-vies des résidents de son auberge. Hermione les découvrit ainsi bien qu'elle se douta depuis longtemps qu'il n'était que question d'apparence.
- Je dois donc m'attendre à retrouver Josy au détour d'un couloir. Sourit Hermione en repensant à la pauvre servante qui souffrit tant des tours de Fred et de Georges.
La mine sombre de Rodrigue indiqua bien plus que les mots douloureux qui suivirent que la pauvre Josy n'avait pas reçu une digne récompense de ses efforts. Disparue en 1990, la jeune femme laissait un mari et deux enfants. La douleur perça le cœur d'Hermione.
- Les moldus disent que c'est la fatalité. Remarqua Hermione. Moi, j'ai toujours un goût de cendre dans la gorge.
L'épitaphe était dite et personne ne revint sur les noms des disparus. Hermione, cependant, savait qu'elle-même et Rodrigue se repassaient la litanie des âmes perdues. Un silence digne, manifestation d'une souffrance morale, s'installa durablement. De là où ils étaient, ils n'avaient plus conscience des batailles qui se déroulaient tout autour, mais chacun savait qu'ils retourneraient combattre dès que les blessés seraient enfin soignés.
Finalement, Hermione quitta Ellie et Rodrigue aux abords de la grande salle. Elle s'excusa prestement de les abandonner ainsi et se précipita dans la direction des cachots. Depuis l'effondrement qui avait emporté Fred, les vibrations provenant des bases de l'école devenaient plus fortes et bien trop régulière à son goût.
Elle savait pouvoir avoir toute confiance dans Robert et ses hommes, mais elle s'inquiétait pour Sirius qu'elle avait vu partir dans leur direction. Sur son chemin, Hermione croisa une silhouette rabougrie et fluette. Elle s'arrêta dans sa progression pour aider Annabella Raferty qui se trouvait vraiment très loin de sa jolie retraite de Derrycarna.
La vieille femme paraissait épuisée et se tenait comme elle pouvait sur les restes d'une colonne. Mais elle refusa l'aide de sa patronne, affirmant sans se tromper qu'elle avait certainement d'autres choses plus importantes à faire que d'aider une impotente qui trouverait bien toute seule la force de se traîner jusqu'à la grande salle. Rassurée par le ton employé, Hermione remercia Annabella d'être venue jusqu'en Angleterre et lui assura qu'elles se reverraient bientôt.
- J'ai encore des choses à faire ici avant de partir. S'enthousiasmât la vieille.
Hermione comprit quelques instants plus tard ce qui lui restait à faire. Les dépouilles de deux mange-morts se tenaient recroquevillées dans un coin sombre. Visiblement, Annabella Raferty vengeait la disparition de ses proches. Les gestes de la pauvre vieille seraient probablement imités par beaucoup d'autres au cours de la journée. Au fond d'elle-même, Hermione savait toute l'horreur de ces actions. Pourtant, elle ne trouvait pas la force de les blâmer tant elle souffrait encore des disparitions de ses proches.
Au long du chemin qui la conduisait auprès de Robert et de Sirius, Hermione intervint de nombreuses fois en faveur des défenseurs de l'école. Comme ce fut le cas lors de l'assaut du ministère irlandais de la magie, sa silhouette devenait une référence. Pour peu qu'il y eut un irlandais dans les rangs des défenseurs, et Hermione pouvait entendre son surnom rugit par l'une ou l'autre gorge. Seagull revenait, redevenait l'âme du combat. La jeune femme ne se départissait plus du masque de dureté qu'elle revêtait trop souvent à son goût. Mais cela avait de bons côtés, ainsi, elle mit en fuite tout un groupe de jeunes mange-morts rien qu'en apparaissant aux côtés des défenseurs de la cour pavée. Les pauvres jeunes gens redescendirent se prendre dans les filets de Sean O'Connell qui tenait encore le débarcadère.
Ce faisant, Hermione eut le droit à une gratification amicale de la part de Percy Weasley qui appartenait à l'équipe des défenseurs. Péniblement, la jeune femme repoussa le jeune homme un peu trop entreprenant.
- Percy ! fit-elle lorsqu'il essayait de lui arracher un second baiser. Ce n'est ni le lieu, ni le moment.
- Profitons du moment, peut-être qu'il est déjà trop tard.
Une lueur de fièvre semblait émaner des yeux du jeune homme. Visiblement, il était informé du sort fait à son frère. Comprenant ses motivations, Hermione se sentit coupable et désarmée. Elle se demandait si elle avait encore le droit de jouer avec les sentiments du jeune homme. Car, l'aimait-elle vraiment ?
Heureusement, la présence d'un vieux bonhomme bougon permit à la jeune femme de détourner l'attention. Le sorcier en robe rouge se dirigeait vers eux en claudiquant un peu. Hermione cherchait en vain à se souvenir de son nom. Elle l'imagina avec une quinzaine d'année de moins sans pourtant améliorer sa mémoire. Enfin, il se campa aux côtés de Percy qu'il dévisagea de pied en cap.
- M'sieur Weasley, m'est d'avis que vous seriez plus inspiré de retourner dans les rangs. Fit-il finalement d'un ton qui ne souffrait aucun délai. Le ton suffit car une partie des mots restaient sans signification pour Percy.
- Alfred. S'écria Hermione. Alfred Le Forestier de la Couture Boussey.
- Pour vous servir, Miss Seagull. Sourit l'homme dans un anglais parfait tranchant avec le mélange des langues qu'il avait employé précédemment.
Le transfert en train revint en mémoire à Hermione. S'il avait mal supporté la présence d'une légilimens, Alfred n'en avait pas moins participé sans hésitation au combat contre le dragon. Cette capacité d'abnégation restait l'expression parfaite de l'héroïsme aux yeux d'Hermione. Sans attendre, elle l'expliqua à Alfred qui s'en offusqua.
- Ce que j'ai fait n'est rien ! fit-il.
- Pourtant, vous avez joué votre vie. Insista Hermione.
- Tout comme vous l'avez fait et le faites encore. Remarqua Alfred sagace.
Il prit la jeune femme entre ses mains puissantes et la regarda avec fierté et enthousiasme. Hermione se sentit un peu mal à l'aise mais laissa faire. Elle se demandait où il voulait en venir.
- Il ne faut pas être un héros, il faut survivre. Vous comprenez cela Miss ? reprit-il. C'est ce que nous avons fait ce jour-là. Et c'est ce que nous faisons aujourd'hui.
- Mort, on ne sert plus à rien, ni à personne. Conclut Hermione d'un hochement de tête.
- Alors, allez donc aider ceux qui en ont encore besoin. Sourit Alfred.
Sans plus attendre, et sans même un regard pour Percy qui ouvrit de grands yeux effarés, Hermione courut en direction des cachots. Le groupe des défenseurs ne put cependant pas profiter longtemps du calme relatif de la cour pavée. Les mange-morts revinrent à l'assaut par l'accès principal et des pierres, sans doute lancées par les géants, tombaient littéralement du ciel. L'une d'elle faillit bien écraser Alfred qui s'en émut à peine. Seulement regrettait-il que ses souliers soient recouverts de la poussière remuée par l'impact.
La jeune femme progressait difficilement à présent dans les couloirs souterrains de l'école. Elle ne parvenait pas à comprendre les raisons de la sensation d'étouffement qu'elle ressentait depuis qu'elle avait passé le seuil des escaliers descendant dans les sous-sols. Laissant glisser ses doigts sur les moellons mal apprêtés des murs, Hermione fermait les yeux pour se concentrer sur son sentiment. Même si elle avait recouvert toute sa mémoire depuis son affrontement avec Jack, elle avait quelques blocages.
Soudain, les murs se mirent à trembler, des débris tombèrent du plafond, des nuages de poussière furent soulevés. En quelques instants, l'atmosphère devint irrespirable. En plus de tout, l'angoisse qu'elle tentait de juguler revint plus forte. Á présent, elle ressentait la même chose qu'en présence des horcruxes. Un danger imminent s'approchait d'elle. Sans hésiter, elle reprit sa route devenue dangereuse en raison des nombreux morceaux de roches épars, aux débris divers et à l'instabilité des plafonds.
Bien qu'elle eut accéléré le pas, Hermione sentait l'ennemi s'approcher. Maintenant, elle n'avait plus de doute. Elle savait que Jedusor avait réussi à entrer dans l'école. La jeune femme était tout aussi certaine qu'elle serait la prochaine victime. Malgré toute sa réflexion, elle ne parvenait pas à imaginer d'autres issues que la fuite. Dès lors, elle tenta de courir. Pourtant, la présence continuait de s'approcher. Il suffisait qu'elle bute sur l'un ou l'autre des écueils présents sur le sol pour que Jedusor soit sur elle. Pour atteindre enfin l'extrémité du couloir, Hermione fournit encore un effort supplémentaire. Le désespoir s'installait durablement.
Finalement, la jeune femme trébucha comme c'était prévisible. S'étalant de tout son long, Hermione sentit sa baguette lui échapper des mains. Au même instant, une charge s'imposa sur ses épaules.
- Mademoiselle Black. Fit une voix sifflante, désagréable.
- Tom. Répondit Hermione comme elle put, tentant de ne pas respirer les poussières du sol.
D'un effort qui lui parut surhumain, Hermione se débarrassa de la charge et s'étira tant qu'elle put pour attraper sa baguette. Parvenue à quelques centimètres, la jeune fille parvint à rappeler la baguette. Elle était à nouveau armée et commença donc à se retourner. Elle ne pouvait pas prévoir qu'un pan de roche viendrait s'écraser sur son bras, lui écrasant douloureusement le poignet.
- La grande Seagull n'est plus qu'un jouet pantelant sous ma coupe. Remarqua Jedusor en s'approchant doucement.
Ne trouvant rien à redire, ni rien à hurler à la face du monstre, Hermione préféra rester coite. L'homme, si un tel qualificatif était encore utilisable, s'élança sur la jeune femme. De quelques sorts d'entraves, il l'empêcha totalement de bouger. Seul son bras immobilisé et douloureux n'était pas concerné par ces sorts. Une lueur de plaisir sadique courait dans les yeux de Voldemort. Délicatement, il promena sa baguette le long du corps de la jeune fille. Il semblait chercher le meilleur endroit pour invoquer des sorts plus douloureux les uns que les autres.
Prestement, il lacéra ses vêtements et sa chair. Hermione, aussi solide qu'elle fut, ne put retenir les hurlements de douleur. Un second sort sembla clouer la main de la jeune femme au sol. Une nouvelle fois, la douleur fut insupportable. Mais Hermione mit un point d'honneur à ne pas sombrer dans l'inconscience. D'ailleurs, elle le soupçonnait de ne pas vouloir la voir défaillir et prendre encore plus de plaisir à la maltraiter ainsi. Une seconde fois, la baguette parcourut le corps d'Hermione, la faisant vibrer instinctivement à chaque frôlement. L'angoisse anticipative du coup suivant déchirait l'âme d'Hermione. Une forte chaleur provenant de son ventre fit comprendre à la jeune femme que Jedusor venait de frapper une nouvelle fois. Pourtant, elle n'avait pas mal, elle se sentait étrangère à son propre corps. Puis, sans prémices aucun, la douleur apparut. Hermione serra les dents et se concentra sur ce qu'elle avait de plus réconfortant. Sans succès, la douleur submergeait tout.
Au-dessus d'elle, Jedusor semblait être au comble de son plaisir. Ses yeux n'étaient plus que deux fentes étroites et malsaines. Il n'avait décidemment plus rien d'Humain. Pourtant, il semblait mal réagir au fait qu'Hermione n'ait pas encore imploré sa pitié. Il s'en inquiétait à chacun de ses nouveaux coups. Ne parvenant pas à faire ressurgir de bons souvenirs, et incapable de se servir de sa baguette, Hermione se laissa submerger par sa propre haine. Elle aurait voulu déchirer cet homme ignoble comme il la déchirait lui-même.
Contre toute attente, Jedusor recula au moment où il allait entrer dans la dernière partie de son acte cruel. Il porta les mains sur les restes de son visage où des lignes ensanglantées venaient d'apparaître.
