Bonjour à tous !
Voici finalement le dernier chapitre de cette fanfic.
Je sais, c'est toujours un peu triste de voir une histoire finir, mais c'est ainsi. Je me voyais mal faire une histoire à rallonge, alors que je n'aurais plus grand chose à dire sur le couple principal. C'est pourquoi, je préfère couper cette histoire ici, car je pense que faire un épilogue n'ajoutera rien d'intéressant.
Oui, j'ai résisté à la tentation de faire apparaître plus de personnages, car je ne savais pas comment les intégrer à la trame principale.
Donc, je vous livre le dernier chapitre, en espérant sincèrement qu'il vous plaise et qu'il réponde à vos attentes.
Bonne lecture.
Disclaimer : Touhou Project appartient à ZUN.
Chapitre 18 : Mort et Renaissance
Remilia sortit de la chambre de Sakuya. Elle était si traumatisée, qu'elle tremblait et qu'elle était incapable d'aligner quelques mots simples, tant ses pensées se bousculaient de façon incohérente. Si elle n'avait pas été une vampire, on aurait pu dire qu'elle était pâle comme la mort.
Tremblante, au point de s'étouffer avec ses larmes, elle s'effondra aux pieds de Marisa et de l'infirmière.
- Elle va mourir ! hurla la démoniaque créature. Je ne peux plus rien pour elle ! Je n'ai même pas la force de répondre à ses sentiments. Je … je ne sais même pas si je l'aime !
La vampire pleura, ne sachant plus que faire. Elle ne savait pas quel nom donner à ses propres sentiments, parce qu'elle n'a jamais su ce que c'était que d'aimer.
- J'ai laissée Sakuya, seule, avec ses sentiments et ses doutes. Je … je n'y arrive pas. Je suis une lâche, car je n'ai pas l'audace de rester avec elle pour comprendre mes sentiments.
Remilia se retourna vers la porte close et versa de nouvelles larmes.
- Pardonnes moi Sakuya, je ne suis qu'une gamine idiote, faible et lâche. Je suis désolée ! gémit elle de nouveau.
La main de Marisa percuta le visage de la pleureuse avec violence, claquant contre la joue. Instantanément, la vampire cessa de s'atermoyer sur elle-même. Choquée, Remilia plaça sa main sur sa joue et réalisa ce qui venait de se passer. Marisa l'avait frappée. Quelqu'un avait porté la main sur le démon écarlate. Jamais personne n'avait osé la malmener depuis son enfance, lorsqu'elle n'était qu'une gamine maltraitée.
- Pou … pourquoi ? gémit-elle.
- Tu es une imbécile, Remilia ! Sakuya t'aime, elle te l'a dit ! Elle est sincère, ça se lit dans ses yeux. Elle t'aime tant qu'elle ne peut envisager la vie sans toi, elle est prête à mourir et toi …
La magicienne gronda, laissant éclater sa rage.
- Tu n'es qu'une lâche ! asséna Marisa, en frappant de nouveau Remilia. Tu n'as donc aucun cœur ?
- Une lâche ? balbutia la vampire à terre. Tu crois que je ne le sais pas ? Tu penses que j'ignore que je suis faible et que je n'ai pas une once de courage ? Quand à ton autre question, saches que je n'ai jamais connu l'amour. Je ne sais même pas comment définir cette sensation ! On me respecte, on me craint, mais personne ne m'a jamais aimée !
Aimer.
Tous ces petits gestes, toutes ces petites attentions, tous ces sourires, tous ces mots, tous ces sons …
Serait-ce ça, que d'aimer quelqu'un et d'essayer de le lui faire comprendre ?
- Je ne comprends pas, hasarda Remilia, pourquoi aimerait elle quelqu'un … quelqu'un comme moi ?
Après avoir mis une nouvelle gifle au démon, Marisa hurla.
- Mais tu ne comprends pas ? Il n'y a pas besoin de raison pour aimer ! C'est irrationnel et illogique, mais c'est comme ça ! Sakuya t'aime tellement, que son cœur ne s'accrochera qu'à toi. Si tu la rejettes, elle mourra. C'est aussi simple que ça.
- Je ne sais pas si je l'aime …
- Imbécile ! hurla la sorcière désormais retenue par Eirin.
Remilia mit sa main sur sa joue rouge, gonflée par la série de gifles et couverte de larmes.
- Tu m'as dit avoir mal en voyant Sakuya souffrante ? Tu as cette sensation en toi qui te broie le cœur, qui te fait souffrir sans cesse ? Si oui, alors tu l'aimes aussi.
La vampire se releva, regardant cette porte blanche qui abritait celle qui lui était devenue indispensable. Pour une fois, elle allait cesser de se dissimuler. Elle allait avouer ses vrais sentiments, montrer ce qu'elle était réellement. Elle allait être courageuse et sincère. Pour la première fois depuis des siècles, elle ne serait plus que le démon écarlate, elle allait être simplement Remilia.
- Marisa, merci.
Lorsque la vampire prononça ces mots, elle se retourna et envoya son poing dans la mâchoire de la blonde. La sorcière recula sous le coup, sonnée par cette attaque inattendue.
Alors que Remilia se dirigeait vers la porte, Eirin releva la magicienne à la lèvre fendue. La blonde essuya son visage qui commençait à changer de couleur, signe qu'elle allait avoir une sacrée bosse bleutée.
- Je la méritais celle là, admit Marisa.
Au même moment, Sakuya réfléchissait. Sa maîtresse ne l'aimait pas, du moins pas comme elle l'aimait, ses puissants sentiments n'étaient qu'à sens unique.
L'amour qu'elle portait pour Remilia était si grand, qu'il semblait être tout ce dont la domestique avait besoin pour vivre. Elle adulait cette créature charismatique, mais elle aimait davantage la personne cachée derrière le masque froid et cruel, cet être qu'elle était la seule à voir dans son intimité.
Si elle devait vivre seule, sans pouvoir être aux cotés de Remilia, Sakuya pensait qu'il valait mieux en finir. La première fois, sa tentative avait échoué à cause de Mokou, mais cette fois ci, elle s'assurerait que le coup soit instantanément létal.
- Je ne vois pas l'intérêt de vivre sans vous, madame. Cette fois ci, ce sera rapide. Remilia-sama, je vous aime tellement.
La blessée conjura une petite dague, plaçant la pointe affutée juste au dessus de son cœur.
- Tout ce que je veux, c'est que vous soyez heureuse, madame. J'aurais tant voulu pouvoir être avec vous, que mes sentiments soient réciproques. J'espère que vous serez heureuse, même sans moi. Je vous aime du fond du cœur. Adieu, Remilia-sama.
Sans aucune hésitation, la femme aux cheveux d'acier plongea l'arme dans sa chair. Elle eut juste le temps d'apercevoir la figure horrifiée et paniquée de Remilia se jeter sur elle pour détourner la lame. Lorsque le démon resserra sa prise sur l'arme, l'argent cisailla profondément la paume droite de Remilia. Elle ne lâche pas, malgré la douleur et la brûlure. Grâce aux réflexes du démon, le couteau ne pénétra pas la chair en profondeur et glissa superficiellement sur une des côtes de la servante.
Surprise, la domestique desserra sa prise et le démon écarlate éloigna l'arme d'un revers de main.
- Pourquoi ? supplia Sakuya. Pourquoi ne pouvez vous pas me laisser mourir ?
Remilia plaça sa main sur la blessure de Sakuya, essayant de limiter l'écoulement de sang. Sa servante était déjà faible, alors il était inutile de la laisser s'épuiser davantage. Lorsqu'elle s'aperçut que sa main entrait en contact avec un des seins masqués par le gilet bleu, la vampire ne put s'empêcher de rougir.
- Sakuya. J'ai réfléchi à ce que tu m'as dit. Je crois que je t'aime, moi aussi.
Lorsque Sakuya croisa le regard perçant de Remilia, lorsqu'elle vit cette détermination, elle sentit que c'était vrai. Malgré l'état lamentable du démon qui avait des habits déchirés, une aile brisée et de nombreuses blessures, le regard cramoisi n'avait pas perdu une once de son pouvoir charmeur.
- Vous croyez ? interrogea la malade avec cynisme.
Remilia baissa les yeux, se souvenant avec horreur qu'elle avait humilié sa domestique avec des paroles très semblables, le jour ou elle l'avait limogée. Désormais, c'était Sakuya qui était en position dominante. Elle n'avait plus rien à perdre et tout à gagner, alors elle pouvait faire mal au démon.
- Non, concéda Remilia, j'en suis sure.
- Alors sauvez moi, chuchota Sakuya. Evitez moi la mort ! Je n'en ai plus pour longtemps, c'est inévitable. S'il vous plait, transformez moi en vampire, laissez moi rester à vos cotés.
- Je te le promets ! Je ferais ce que tu veux, je te laisserais revenir, mais je ne veux plus vivre loin de toi !
Remilia approcha sa main blessée de la bouche de la domestique, laissant Sakuya goûter au sang de sa maîtresse.
- Je te sauves, Sakuya, mais je te condamnes également ! Je te condamnes à ne plus pouvoir vivre le jour, à ne plus pouvoir sortir, à ne plus pouvoir aimer le soleil. Pardonnes moi pour tout !
Lorsque le sang de la vampire coula dans la gorge de la soubrette, elle ressentit la magie de Remilia se glisser dans son corps et tirailler ses membres.
La dernière pensée que Sakuya eut avant de sombrer dans l'inconscience, c'est qu'elle avait enfin gagné.
La seule personne qu'elle aimait, était justement celle qui avait le plus besoin d'elle. Sakuya était indispensable, elle était irremplaçable. La femme aux cheveux d'acier refermait finalement ses griffes, piégeant la vampire qu'elle aimait et ne lui laissant aucun autre choix. En fin de compte, Sakuya avait eu raison depuis le début. Son plan soigneusement préparé, minutieusement orchestré était parfait et tout s'est déroulé comme prévu.
Si elle voulait que son amour soit accepté et que Remilia y réponde favorablement, Sakuya devait être éloignée du manoir. Sans la présence de la domestique parfaite, Remilia comprendrait rapidement qu'il manque quelque chose dans sa vie.
Tout ce qu'il fallait, c'était agir avec subtilité, ne pas avoir l'air de changer radicalement de comportement. Il ne fallait laisser aucun doute, ne pas paraître suspecte, tout en laissant Remilia s'ouvrir à plus d'émotions.
Mettre Remilia en colère fut le plus difficile, car on ne voyait presque jamais le démon hausser le ton. La demande de la vampire fut le catalyseur inespéré pour Sakuya. En assénant la cruelle réalité, Remilia ressentit des émotions qu'elle avait cru avoir éliminé depuis longtemps.
Bien sûr que Sakuya eut affreusement mal, lorsqu'elle fut jetée comme un vêtement usagé. Bien sûr qu'elle songea sérieusement au suicide, mais elle devait impérativement suivre son plan. C'était sa seule lumière dans ses ténèbres, espérer que le plan se déroule comme prévu.
La rage et la colère étaient les premières étapes. Il fallait que Remilia comprenne qu'elle était une gamine égoïste et immature. Après, il était évident que les regrets, les remords et la souffrance allaient faire leur œuvre. C'était extrêmement cruel de faire souffrir la femme que l'on aime, mais c'était une étape nécessaire pour faire changer le glaçon.
Son suicide fut soigneusement mis en scène. Elle avait très envie de mourir, car elle ne pouvait plus revenir en arrière, mais le plan était toujours là. Elle frappa ses veines, de façon à laisser couler le sang, sans que ce ne soit trop rapide. Blessée et affaiblie, elle susciterait sûrement la pitié. Grâce à sa manipulation du temps, elle avait pu retarder Rumia, se débrouillant pour que Mokou la trouve à temps. La générosité dont pouvait faire preuve le phénix était un atout non négligeable car lorsqu'elle sombrerait dans l'inconscience, la servante avait intérêt à ce que Rumia ne soit pas la seule à être près de son corps.
Une fois à l'abri, à Eientei, la servante laissa faire le bouche à oreilles. Les rumeurs courent tellement vite, que la prochaine personne à visiter la pharmacienne ne manquerait pas de dévoiler l'état de la pauvre femme brisée qui n'avait plus la volonté de vivre.
Pendant quelques heures, Sakuya songea que son plan n'avait pas marché, qu'elle avait échoué à ce que le démon écarlate puisse avoir un cœur sous son armure de glace.
Mais finalement, la venue de Marisa en compagnie de Remilia lui certifia que son plan avait fonctionné au-delà de ses espérances. Elle avait tout prévu, connaissant parfaitement les caractères des personnes, des gens qu'elle allait utiliser sans qu'ils le sachent.
Il restait tout de même une inconnue. Le cas de Flandre. Etant donné l'instabilité mentale de la gamine, il était possible qu'elle ne s'énerve et qu'elle ne tue sa grande sœur. Il restait à espérer que Remilia soit aussi forte et agile qu'elle le prétendait. D'ailleurs, une boule naquit dans l'estomac de Sakuya, lorsqu'elle vit l'état dans lequel se trouvait désormais celle qu'elle aime.
En fin de compte, en passant par les regrets et la souffrance, Remilia prit conscience qu'elle aimait sincèrement Sakuya. Elle n'avait désormais plus aucune raison de repousser sa servante.
Lorsque Sakuya ouvrit les yeux, elle put sentir que ses canines s'étaient allongées. La magie de Remilia avait finalement fonctionné. La domestique se releva et sentit son dos être déchiré, traversé par l'apparition de splendides ailes d'un bleu si profond et sombre, qu'il en rappelait la couleur d'un ciel nocturne sans étoiles.
Remilia passa doucement sa main sur les fines ailes de son aimée, avant de regarder les yeux bleus. Désormais, une lueur rouge apparaissait au fond des prunelles, rehaussant par contraste l'éclat de l'azur qui entourait cette lueur écarlate.
Une adoration sans limites naquit dans les yeux pourpres de Remilia, désormais attirée par ces yeux d'une beauté inégalable.
- Sakuya, tes yeux sont si beaux de cette couleur.
La domestique sentit une chaleur naître dans son ventre. Remilia l'aimait passionnément, c'était désormais clair. L'ironie était appréciable, celle qui pouvait tisser le fil des destinées n'avait pas vu le plan soigneusement préparé par Sakuya. Elle s'était insidieusement laissée manipuler par ses émotions.
La soubrette sentit poindre en elle la culpabilité pendant quelques secondes, mais ses doutes s'évanouirent rapidement, lorsque les lèvres de Remilia se posèrent lentement sur les siennes.
- Je t'aime, Sakuya.
- Je vous aime aussi, Remilia-sama.
