Note de l'auteure: bien entendu l'univers de Twilight a été créé par l'incomparable Stephenie Meyer (qui, incidemment, a enfin publié The Twilight saga: the official illustrated guide, que je savoure en ce moment).

J'espère que le début de Bonjour Paris vous a plu, et je vais essayer de terminer cette fic d'ici la fin du mois, mais beaucoup d'événements dans la vie réelle m'empêchent de me concentrer en ce moment, et pour moi écrire une histoire demande plus de concentration que lorsque je fais de la traduction.

Merci pour vos gentils commentaires, et je m'excuse de ne pas avoir répondu à plus de lectrices, mais au moment d'écrire ces lignes le problème avec la fonction review-reply n'est toujours pas réglé sur FF.

Aussi, je dédie ce chapitre à Louise Malone dont c'était l'anniversaire il y a quelques jours.

Je vais le réitérer ici, au cas où il y aurait parmi vous des lectrices de la fic Des gens comme nous, le prochain update est prévu pour le dimanche 22 mai. Et le prochain update de Ma Soumise sera posté d'ici la fin du mois également.

Sur ce, bonne lecture.

Deuxième chapitre

Le sourire de mon amoureux s'accentua en voyant mes yeux pétiller d'anticipation. Il m'entraîna vers la première des deux cabines qui se trouvaient en face des urinoirs. « Retire tes chaussures et monte sur le bord de la cuvette. Et surtout, essaye de ne pas crier trop fort… »

J'obéis à Edward en remerciant le ciel d'avoir pensé à porter une robe plutôt qu'un jeans pour prendre l'avion. Je n'avais aucune difficulté à voir où il voulait en venir et je ne cachai pas mon sourire, bien que mon compagnon, lui, n'allait peut-être plus sourire du tout dans quelques minutes.

J'enlevai mes chaussures à talons hauts et je grimpai sur le rebord de la cuvette, mais même avec mes pieds bien à plat sur l'appui, j'avais l'impression que je risquais de chuter à tout moment. « Edward, Dieu du ciel, laisse-moi me tenir après tes épaules! » M'exclamai-je, à peine montée.

Pourvu que personne ne vienne utiliser ces toilettes pendant qu'Edward s'affairait sur moi, car n'importe qui pourrait facilement deviner ce que nous étions en train de trafiquer et qui sait, alors, si nous n'allions pas être accusés de grossière indécence?

Edward s'avança pour que je puisse prendre appui sur lui, et il entreprit de remonter la bordure de ma robe qui tombait juste un peu plus bas qu'à mi-cuisses. « Hum, je ne sais vraiment pas comment j'ai pu te laisser quitter mon penthouse aussi peu vêtue, chérie, » remarqua-t-il en passant la main sur la partie nue de mes cuisses, entre mes collants jarretières Fascination et le porte-jarretelles que j'avais décidé d'étrenner à l'occasion de mon départ pour la France. Ce n'était pas du tout mon genre de porter de la lingerie fine, mais Alice m'avait encouragée à faire une exception puisque après tout je m'envolais vers la capitale de la mode.

Edward détacha les jarretelles qui retenaient mes bas tout en continuant de me sermonner gentiment. « C'est bien ma veine que tu aies choisi de porter de la lingerie érotique le jour où tu t'envoles pour Paris. C'est à croire que tu as l'intention de me tromper une fois rendue là-bas… ou peut-être même à bord de l'Airbus. »

Je souris de plus bel en sentant ses mains agripper la bande élastique du porte-jarretelles. « Tel que je te connais, Edward, tu as demandé à ton privé de me suivre jusque là-bas, histoire d'être certain que cela ne se produise pas, justement, » répliquai-je, un peu cynique.

Edward releva la tête vers moi pour me regarder dans les yeux, une expression faussement outrée plaquée sur son visage d'une beauté renversante. « Crois-tu vraiment que je manque à ce point de confiance en toi, Bella? Tu sais bien que j'aime te taquiner, mais fais attention cependant, car même si tu es folle de moi et que tu préférerais te passer de sexe pendant cinq ans plutôt que de coucher avec un autre, je dois t'avertir que les Français risquent de jeter leur dévolu sur toi, que tu le veuilles ou non… »

Tout en prononçant ces paroles mi rassurantes mi inquiétantes, il tira brusquement mon porte-jarretelles et le sous-vêtement minuscule qui y était rattaché vers le bas. Cependant, comme j'avais les jambes écartées à cause de ma position précaire, il rencontra de la résistance pour les faire descendre le long de mes cuisses, si bien que les deux morceaux de lingerie se déchirèrent avec un bruit sec au lieu de glisser jusqu'en bas. « Oups! » Fit-il en finissant de déchirer mon porte-jarretelles pour pouvoir le retirer complètement, « Heureusement que tu m'as demandé de te faire l'amour sauvagement, n'est-ce pas, trésor? »

« Edward, vilain garnement! » Répliquai-je vivement, prétendant d'être offusquée, « À cause de toi tout le monde va voir mon cul dans l'avion! »

En réalité, depuis que je fréquentais le PDG de Softag, je me promenais toujours avec une ou deux paires de petites culottes de rechange, car ce n'était pas la première fois qu'il déchirait un de mes sous-vêtements dans son empressement. Sans compter que souvent je devais me changer simplement parce que nos activités me faisaient mouiller comme une fontaine…

« Ah, trésor, c'est ce qui arrive lorsqu'on décide de ne pas utiliser un jet privé pour voyager outre-mer…, » poursuivit Edward en commençant à couvrir mon pubis frais épilé de baisers.

Ce fut largement suffisant pour enflammer ma peau et provoquer des sensations voluptueuses au plus profond de mes entrailles. Mais évidemment, les lèvres d'Edward sur ma chatte n'étaient que le début. Je m'agrippai plus fortement à ses épaules, de peur de perdre pied au moment ultime. « Cette position est parfaite pour des préliminaires qui n'ont pas le temps de s'éterniser, » commenta mon amoureux entre deux séries de baisers.

J'étais déjà complètement trempée de désir, et mon amant en profita pour darder sa langue dans mon sexe, ce qui était d'autant plus facile que rien n'était caché à sa vue dans ma position actuelle. Il se servit quand même de ses doigts pour écarter mes petites lèvres encore davantage et ensuite il alla stimuler mon clitoris pendant que sa langue s'enfonçait en moi, causant des sensations de plus en plus enivrantes. Je commençai à mouvoir mon bassin pour aller à la rencontre de ses caresses, totalement à sa merci si je voulais jouir car il n'y avait aucun moyen pour moi d'induire quelque friction que ce soit. La main d'Edward qui n'était pas occupée à titiller mon bouton nerveux se mit à frôler l'intérieur de mes cuisses, remontant vers ma fente pour aller ensuite palper mes fesses. Je poussai un gémissement car c'était presque trop de zones érogènes stimulées en même temps. J'étais sur le point de défaillir.

« Chut, Bella! Reste tranquille sinon j'arrête tout, » me gronda mon amoureux.

« Bordel, Edward, je n'en peux déjà plus! Soulage-moi au plus vite! » Dis-je les dents serrées.

Edward donna un dernier coup de langue à l'intérieur de mon intimité pour se rassasier de mon essence, et il la fit sortir lentement, mais seulement pour venir la faire tournoyer sur mon clitoris tandis qu'il faisait pénétrer deux doigts en moi pour prendre d'assaut mon point G. Foutue merde, je n'avais aucune idée comment il parvenait à me faire grimper si vite au paroxysme de mon désir, mais à chaque fois, il ne lui fallait que quelques secondes de stimulations à cet endroit précis pour parvenir à me faire jouir comme une dévergondée.

Il lâcha mon clitoris pour faire le décompte, « Dans cinq, quatre, trois, deux, un… »

Il le reprit entre ses lèvres et l'aspira en même temps qu'il mettait plus de pression sur mon point G en faisant pivoter sa main de manière experte. J'éclatai de plaisir, à la fois dans sa bouche et sur ses doigts, me retenant pour ne pas hurler tellement c'était bon, et ma plainte sortit comme une espèce de râle. J'avais fermé les yeux au moment de jouir, mais je l'entendis baisser la fermeture éclair de son jeans avec sa main qui auparavant me tenait par les fesses. Edward n'attendit pas que la vague orgasmique qui m'avait emportée se soit totalement retirée pour m'attraper par la taille et me faire redescendre de ma position hasardeuse. C'était aussi bien; je planais tellement haut que j'avais presque oublié que je pouvais perdre pied à tout moment, et encore plus à présent que mes jambes étaient toutes tremblantes.

Il ne me redéposa pas au sol, mais me retint plutôt fermement contre son torse. « Encercle ma taille avec tes jambes et tiens-toi à mon cou, » murmura-t-il au creux de mon oreille.

Je m'exécutai docilement pour ne pas qu'il se doute que j'avais une idée derrière la tête. Il appuya mon dos contre la porte de la cabine, aligna sa verge avec mon entrée et me pénétra en un seul mouvement fluide grâce à mon regain d'humidité. Il poussa un grognement sourd quand il fut complètement enfoui en moi. Bordel d'enfer, il fallait que je me concentre pour ne pas basculer à nouveau dans une mer de volupté. Sentir Edward tout au fond de moi était une des choses que j'appréciais le plus au monde, ce qui rendait ma tâche encore plus ardue. Je le laissai donner plusieurs coups de rein vigoureux, mais finalement, lorsque je réalisai que son orgasme était imminent, je dus me résoudre à lui dire, « Edward, s'il te plaît, je veux que tu me prennes par derrière. »

Ses yeux rencontrèrent les miens, étonnés. « Mais, je croyais que tu aimais cette position… »

« J'adore cette position, » le coupai-je, encore un peu à bout de souffle, « mais ça risque d'être plus long, et j'ai peur que quelqu'un finisse par nous surprendre… »

Edward soupira, mais néanmoins il se retira de moi et redéposa mes jambes sur le plancher carrelé noir et vert. Je me retournai et me penchai en avant en prenant appui sur le rebord de la cuvette et en écartant mes jambes, offerte pour le plaisir de mon amant. C'est alors que je sentis ses mains caresser ma croupe puis descendre entre mes cuisses. « Tu as bien fait de me demander de te prendre ainsi, belle Isabella, » dit-il d'une voix rauque. « J'y gagne au change avec cette vue imprenable sur tous tes trésors, cependant je serais encore plus excité si tu remettais tes talons hauts… »

Une fois encore je fis selon sa volonté et j'en profitai pour remonter mes bas et redonner du sex-appeal à mes jambes. Je repris ensuite ma position penchée et entrepris de bouger mon cul comme je l'avais vu faire par des danseuses érotiques sur internet.

« Putain de merde, tu veux m'achever ou quoi? » Me lança Edward. « Si tu n'arrêtes pas de te déhancher de la sorte, je risque d'éjaculer sur tes fesses, ma belle! » Il mit ses mains sur mes hanches pour me tenir bien en place.

Je tournai la tête et vis que son sexe engorgé était prêt à exploser lui aussi. Je ne pouvais pas attendre plus longtemps, sinon mon plan allait foirer. Je me redressai vivement, rabaissai le bord de ma robe et acculai le dirigeant d'entreprise contre la porte en métal avant qu'il n'ait le temps de réagir. « Pas si vite, Edward, » dis-je en me frottant contre lui et en prenant gentiment ses testicules dans une main, les caressant pour exacerber son désir encore plus. Il poussa un autre grognement sonore et jura entre ses dents.

« Bella, qu'est-ce qui te prend aujourd'hui? Tu veux que je te baise, oui ou non? Tu l'as dit toi-même, quelqu'un pourrait nous surprendre et nous rapporter aux autorités aéroportuaires… Est-ce que c'est ce que tu souhaites? Cherches-tu un moyen pour éviter de partir? »

« Non, chéri, mais avant de me sauter, je veux que tu me dises exactement ce que Jasper essaye de cacher à Alice. Je ne suis pas stupide, et je sais très bien que tu voulais te débarrasser de moi pour lui passer un coup de fil à notre arrivée ici, » répondis-je avec le regard enflammé.

Edward passa la main dans ses cheveux avec l'expression d'un gamin pris en flagrant délit de tricherie à l'école. « Bon sang de merde, j'ignore comment tu as fait pour deviner, mais je ne peux pas t'en parler sinon Jazz va m'étriper. Et de toute façon, qui me dit que tu n'irais pas le répéter à Alice? »

Je lâchai le scrotum de mon amoureux et commençai à refermer sa braguette. « Très bien alors, merci pour le double orgasme de tout à l'heure. On remettra ça la semaine prochaine. »

Je ramassai mon sac à main et m'apprêtais à déverrouiller la porte de la cabine, mais Edward mit ses mains de chaque côté de mes épaules pour m'empêcher de faire un seul mouvement de plus. Il était collé contre moi et son énorme érection faisait pression entre mes fesses à travers le coton de ma robe. Je sentis son souffle chaud dans mon cou. « Où crois-tu aller comme ça, Isabella? » Demanda-t-il d'une voix grave à laquelle j'étais certaine que je n'allais pas pouvoir résister très longtemps.

« Me rafraîchir et mettre une nouvelle petite culotte, » marmonnai-je sans me retourner.

« Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, chérie. Pas dans mon état actuel d'excitation. Car vois-tu, tu m'as demandé de te faire l'amour sauvagement, et j'ai l'intention de m'acquitter de cette mission. Maintenant plus que jamais, en fait, et si par malheur tu oses sortir de cet isoloir avant que je t'aie fait voir 108 étoiles, tu n'auras plus de petites culottes à porter sur l'avion pour de bon car je les ferai disparaître une par une au fond de ces mêmes toilettes sur lesquelles tu as manqué t'évanouir il y a moins de cinq minutes. »

Qu'est-ce que tu vas répondre à ça, Bella la maligne qui s'est fait prendre à son propre jeu?

« Je… je pense que tu marques un point, Edward, » bafouillai-je en me résignant à affronter ses yeux émeraude qui me donnaient des palpitations à tout coup.

Aussi absurde que ça puisse paraître, ce qu'il venait de me dire avait déclenché un torrent dans mes entrailles, et mes jus coulaient maintenant librement le long de mes cuisses.

« Voilà qui est plus raisonnable, Bella, et pour te remercier d'être si coopérative, je vais te permettre de crier autant que tu veux dans les prochaines minutes. »

Et ce disant, il me replaça lui-même dans la position que j'avais adoptée plus tôt, me faisant pencher et écarter les jambes encore davantage. « Accroche-toi bien, trésor, » recommanda-t-il, et sans plus de cérémonie, il me pénétra presque brutalement, mais il pouvait buter tellement loin, quand il me prenait ainsi, que c'était vrai que je finissais par voir tout plein d'étoiles. Il se retira au complet et il s'introduisit en moi une seconde fois encore plus violemment. Je ne voulais pas crier, mais bon sang de bon Dieu, ça finirait tôt ou tard par arriver.

« Ooohhh, Edward, c'est trop… »

« C'est trop quoi, dis-moi? »

« C'est trop bon! Défonce-moi encore! »

À la troisième intromission, Edward glissa son index dans mon anus et mes jambes commencèrent à trembler sous cette stimulation additionnelle. Je fus incapable de me retenir plus longtemps et je poussai un long gémissement de contentement. Je sentais les vagues de plaisir se former rapidement, et lorsqu'il utilisa les doigts de son autre main pour aller taquiner mon bouton nerveux, je sus que j'allais rendre grâce très bientôt. Et en effet, dès la seconde où Edward alla buter pour la cinquième ou sixième fois au fond de mon col et où je le sentis se contracter sous les ondes de jouissance qui le parcouraient, je fus moi aussi envahie par plusieurs ondes de volupté qui me firent cambrer le dos et hurler sans retenue.

Mais à l'instant précis où je manifestais mon plaisir de manière si bruyante, un père de famille avec son petit garçon ouvrit la porte des toilettes et m'entendit. « Simon, va vite prévenir ta mère qu'il y a une femme en train de se faire agresser dans les WC pour hommes… »

ooooo

Depuis qu'un préposé à la sécurité de l'aéroport était venu enquêter à propos d'une prétendue agression sexuelle survenue dans des toilettes situées au fin fond du Terminal 4, Edward avait effectivement perdu son sourire. Quant à moi, je me sentais vaguement coupable, même si, honnêtement, je n'avais aucune raison de l'être puisque je m'étais contentée d'obéir à mon compagnon.

Oui, Bella, tu as crié comme une malade parce qu'Edward t'avait donné la permission. Et s'il te demandait de te mettre à poil en attendant en file au comptoir du Starbucks Coffee, est-ce que tu l'écouterais?

Lorsque l'employé fédéral était entré dans les WC, Edward et moi étions déjà ressortis de la cabine et j'avais eu le temps de remettre un sous-vêtement frais en vitesse. Toutefois, en jetant un coup d'œil dans le miroir du lavabo, j'avais bien vu que mes cheveux en bataille et mon visage cramoisi pouvaient laisser croire que je venais de me faire attaquer par un détraqué sexuel. Enfin, si le préposé à la sécurité avait une imagination tordue au départ…

Je n'avais pas osé parler parce que j'étais mortifiée d'avoir été surprise dans les toilettes du sexe opposé, et Edward avait été obligé d'inventer une excuse pour expliquer qu'il ne venait pas de me violer.

« Écoutez, Gary, » (c'était le nom sur le badge de l'employé), « ma fiancée est sur le point de partir trois mois au Burkina Faso pour enseigner à des enfants dans un village défavorisé. Je voulais juste m'assurer qu'elle ait sa dose de sexe avant son départ… »

« Il y a plusieurs hôtels à proximité de JFK, » avait marmonné le type en me dévisageant sévèrement comme si j'étais l'Ève tentatrice de la bible par la faute de qui nous ne vivions plus dans le jardin d'Eden de nos jours, puis, plus distinctement, il m'avait demandé dans une langue étrangère – étrangère pour moi en tous cas, « Et je suppose que vous vous exprimez parfaitement en français puisque c'est la langue que les gens parlent là-bas? »

Je m'étais contentée de lui sourire bêtement et c'est Edward qui avait répondu à ma place, me laissant supposer que l'autre s'était adressé à moi dans une des langues qu'il parlait couramment, « Bien entendu que ma fiancée parle français, mais vous l'intimidez avec cette expression outrée que vous affichez, comme si vous veniez de nous surprendre en train de poser une bombe. »

« Je sais très bien qui vous êtes, M. Masen, et je pourrais vous faire arrêter pour grossière indécence, » avait répliqué l'agent de sécurité en revenant à l'anglais.

Finalement, Edward avait soupiré et répondu, pas du tout démonté, « Et si je vous offrais 2,000$ pour oublier toute cette affaire? »

Gary avait relevé le coin de ses lèvres en un petit sourire arrogant. « Vous voulez que j'ajoute corruption à la liste des charges contre vous? » Puis il avait éclaté de rire et ajouté, « Allez, je veux bien faire une exception pour vous, M. Masen, et accepter votre proposition, mais sachez que c'est uniquement parce que je suis un fan des Patriots et que je suis foutrement reconnaissant envers votre frère grâce à qui ils ont gagné le dernier Super Bowl. »

Edward avait sorti son portefeuille et tendu plusieurs billets verts à l'employé de l'aéroport qui s'était ensuite éclipsé pour aller s'occuper de choses plus urgentes.

Mais maintenant, alors que nous nous dirigions vers l'aire des boutiques hors taxe pour tenter de retrouver Alice, il avait la mine sombre.

« Je ne comprends pas, Edward. Tout est bien qui finit bien, il me semble. Sauf si tu me dis que ce Gary a fait d'autres menaces plus sérieuses pendant qu'il parlait dans une autre langue, » dis-je pour essayer d'alléger l'atmosphère que je sentais plus tendue que jamais tout à coup.

C'était une chose de devoir subir la mauvaise humeur de mon amie, mais c'était beaucoup plus angoissant pour moi de voir mon amoureux perdre son moral, car j'en avais besoin pour m'aider à garder le mien, justement.

Je fus un peu rassurée lorsqu'il esquissa un demi sourire pour me répondre. « La situation ne manque pas d'ironie, Bella, car il se trouve que ce type s'est adressé à toi en français. C'est ma faute, d'ailleurs; si j'avais mentionné le Kenya au lieu du Burkina Faso, il n'aurait probablement rien dit. »

« Mais il y a quand même un truc qui te stresse, » poursuivis-je.

Je ne voulais pas laisser Edward et traverser dans la zone des voyageurs avant d'en avoir le cœur net.

« Et bien, en dehors du fait que tu aies exercé un odieux chantage sur moi, il y aussi la possibilité que notre cher ami Gary aille révéler mes dernières extravagances sexuelles aux tabloïds les plus offrants. »

Je fronçai les sourcils. Depuis quand Edward se souciait-il de ce que la presse à potins racontait à son sujet?

« Mais, Edward, tu m'as dit toi-même que ces torchons racontent n'importe quoi et qu'il ne fallait pas les prendre au sérieux, » fis-je remarquer. « D'ailleurs ça m'avait vexée que tu passes un commentaire, l'autre fois, parce que je ne lis pas ce genre de trucs, sauf que Jessica laisse toujours traîner ses magazines dans la salle de bain… »

L'expression d'Edward redevint contrariée. Il soupira profondément avant de répondre, « Bella, jusqu'à présent tout ce qui a été écrit sur moi dans la presse people n'a toujours été qu'un ramassis de rumeurs dérisoires avec des photos prises à gauche et à droite pour donner aux entrefilets une impression de véracité. Mais dans ce cas-ci c'est différent. Il y a quelqu'un qui a véritablement été témoin de ce que je fais dans ma vie en privé. Et ce préposé à la sécurité pourrait vouloir tirer profit de la situation. »

« Je crois que tu t'en fais pour rien, » dis-je en approchant de la limite du terminal qu'Edward ne pouvait pas traverser avec moi – et qu'Alice avait déjà franchie pour payer moins cher les cadeaux qu'elle voulait offrir à ses copines. « Comment les gens pourraient-ils faire la différence entre cette anecdote et toutes les faussetés qui ont été colportées à ton sujet au cours des cinq dernières années? Je veux dire, quand on y pense, ce Gary n'a aucune idée de ce qui s'est passé dans ces toilettes… »

« Non, sauf que cette fois-ci la rumeur serait fondée, et ce type a peut-être commencé à nous prendre en photos à notre insu, corrompu comme il semble l'être, » m'interrompit l'homme d'affaire.

Il était vraiment anxieux, mais pour ma part je ne voyais pas ce qu'il y avait de grave dans la situation actuelle.

« Seigneur Dieu, Edward, cesse de te faire du mauvais sang pour une histoire de tabloïds! » M'impatientai-je. « Tu n'es pas Brad Pitt après tout, et mon nom n'a jamais été mentionné devant ce foutu préposé à la sécurité, alors je vois mal ce qu'on pourrait écrire à mon sujet qui pourrait intéresser qui que ce soit. »

Edward fit une halte et me regarda avec un air presque menaçant. « S'il fallait qu'il t'arrive quelque chose pendant ton voyage à cause de mon manque de discernement, je ne me le pardonnerais jamais! »

Je restai plantée là à le regarder fixement. « Chéri, je commence à penser que c'est toi qui a visionné trop de films de série B avant de me rencontrer. Si je pige bien ton raisonnement, tu as peur qu'on me kidnappe pendant que je serai en Europe parce qu'on m'aura vue avec toi sur une photo très floue parue dans le National Enquirer pour accompagner le texte d'un article au sujet d'une autre de tes "sexcapades"? Considérant aussi qu'il faudrait d'abord connaître mon identité pour pouvoir me nuire, ne trouves-tu pas que ça fait beaucoup d'hypothèses dans une même phrase? »

Edward avait l'air penaud maintenant. « Il y a de ça, en effet, mais je m'en voudrais également d'avoir terni ta réputation. »

Je me retins pour ne pas éclater de rire en l'entendant prononcer cette phrase. « Tu ne devrais pas t'en faire sur ce point en particulier, Edward, sauf si tu tiens à ce que les gens pensent que tu fréquentes une oie blanche, mais dans ce cas il faudrait que tu m'enfermes dans ton penthouse. Sinon tu vois où ça nous mène, avec mes envies de baiser à toute heure du jour et en tout lieu… »

Je réussis finalement à faire naître l'ombre d'un sourire sur le visage de mon amoureux avec ma remarque sarcastique.

« Bon, je ne voudrais pas que mes angoisses déteignent sur toi, Bella, et tu as raison; je m'énerve sans doute pour rien. Encore que maintenant je me demande si je n'aurais pas dû glisser quelques jouets érotiques dans tes bagages pour que tu ne souffres pas trop de mon absence… »

Nous étions rendus à l'endroit où nous devions nous dire au revoir. Je n'avais plus du tout envie de partir. Je voulais juste qu'Edward me tienne serrée contre lui. Je fis un effort pour réprimer les larmes que je sentais au bord de mes yeux. « Tu sais très bien que je n'ai rien à cirer de ces joujoux quand ce n'est pas toi qui les manipule, » dis-je sur un ton qui se voulait à la fois léger et réprobateur.

Edward émit un petit rire. « Tu ne veux rien savoir des autres mâles de la planète, et tu ne veux même pas te soulager avec un vibrateur quand je ne suis pas à ta disposition. Décidément, tu es une oie blanche, Isabella Marie Swan, » répliqua-t-il en m'attirant fermement contre lui.

Il pencha son beau visage vers le mien et m'embrassa longuement, mais en même temps il y avait quelque chose d'alarmant dans son baiser; il y avait trop de tension et un côté brutal dans sa façon de fusionner ses lèvres aux miennes. Son baiser ressemblait à celui d'un croisé qui partait sans espoir de retour. Mais c'était moi qui allais quitter son orbite, et seulement pour un bref moment…

« Tu promets de venir me rejoindre dans six jours? » Demandai-je encore d'une voix brouillée.

« Oui, trésor, » souffla-t-il dans mon oreille.

Je l'embrassai dans le cou et passai la zone de sécurité d'un pas déterminé et sans me retourner.

ooooo

« Pss, Bella, réveille-toi! L'avion va atterrir! Regarde, on peut voir la Tour Eiffel en bas! » S'excita Alice en me donnant des coups de coude pour essayer de m'extraire du pays des rêves.

À cause des contacts d'Edward, elle avait pu obtenir le siège à côté du mien dans la section première classe de l'Airbus, et elle m'avait suppliée de la laisser s'asseoir côté hublot. J'ouvris les yeux, étonnée d'avoir réussi à m'endormir, et réalisai qu'il commençait à faire clair dehors.

« Quelle heure est-il, Alice? Comment se fait-il que le soleil soit déjà levé? » Questionnai-je, mon cœur palpitant encore dans ma poitrine à cause de mon réveil un peu brusque.

Alice me dévisagea comme si j'avais deux têtes. « Enfin, Bella, je veux bien croire que c'est la première fois que tu voyages en dehors des États-Unis, mais n'as-tu jamais entendu parler de décalage horaire? Je sais qu'il est seulement minuit à ta montre, si tu te donnes la peine d'y jeter un coup d'œil, mais ici il est déjà 6h du matin… »

Ça y est, mon amie la styliste de mode avait recommencé à me traiter comme si j'étais un peu tarée. J'aurais dû m'en réjouir car ça signifiait qu'elle n'était plus maussade. En fait elle avait arrêté d'être d'humeur massacrante au moment où l'agent de bord lui avait offert un kir royal en guise d'apéro au décollage. Je me demandais si elle était restée éveillée durant toute la durée du vol. Quant à moi, il me semblait que la dernière fois que j'avais regardé l'heure à ma montre, il était 22h. Ce qui voulait dire que je n'avais dormi que deux heures. Vivement que je puisse faire un vrai somme à l'Hôtel Récamier où j'avais réservé une chambre… que je devrais désormais partager avec Alice. Heureusement que mon rendez-vous chez Albin Michel n'était prévu qu'en début de soirée.

« Je ne sais pas ce que tu prévois faire de ta journée, Alice, mais je te préviens tout de suite que moi je vais reprendre le sommeil perdu avant de rencontrer mon éditrice Heidi pour discuter du contrat de traduction avec les gens d'Albin Michel. »

Au lieu de me répondre par des mots, Alice bâilla sans retenue à ma figure.

« Je suppose que tu vas vouloir dormir toi aussi? »

Elle était retournée à sa contemplation de Paris par le hublot, mais bientôt on annonça l'atterrissage imminent à Roissy Charles de Gaulle dans l'interphone.

« Laisse-moi deviner, » finis-je par dire au bout d'un moment. « On a servi le petit déjeuner pendant que je somnolais? »

Mon amie pinça les lèvres et haussa les épaules. « Bella, fais-moi une fleur, d'accord? La prochaine fois que tu veux que je te serve d'interprète, réserve un vol sur Air France à la place. La bouffe à bord d'American Airlines est tout simplement infecte! »

Je ne pouvais malheureusement pas suggérer qu'elle faisait des caprices de diva, car elle avait raison sur toute la ligne; le souper qu'on nous avait servi quelques heures plus tôt était tellement peu appétissant que j'y avais à peine touché.

« On pourra prendre un bon gueuleton ce soir; Edward a fait des réservations pour moi. Attends, laisse-moi vérifier dans mon agenda, » répondis-je.

Contrairement à tous les gens de mon entourage qui ne pouvaient se passer de leurs bidules électroniques, j'utilisais encore un bon vieil agenda Quo Vadis avec une reliure en cuir. Je fouillai dans mon sac pour l'en extirper et l'ouvrir à la page de la semaine courante. « Alors voilà, ce soir nous allons manger à l'Arpège sur la rue de Varenne. Tu sais où c'est? »

Alice émit un petit sifflement qui en disait long sur ce qu'elle pensait de l'endroit en question. « Même si je ne savais pas, Bella, le chauffeur de taxi, lui, ne pourrait pas se tromper d'adresse. Je ne pense pas faire erreur en disant que c'est le restaurant le plus huppé de Paris… »

J'aurais bien dû me douter qu'en demandant à Edward de dénicher à l'avance des endroits où manger, il réserverait aux meilleures tables de la Ville-Lumière. Je ne savais pas si je devais en rire ou en pleurer. Quel intérêt y aurait-il pour moi d'aller me faire voir dans ces lieux haut de gamme si je n'étais pas accompagnée de mon amoureux? Lorsqu'il me rejoindrait, alors là ce serait différent…

L'atterrissage à Roissy se fit sans encombre, de même que les formalités d'entrée en pays étranger. Après avoir récupéré ma valise sur le carrousel à bagages, Alice m'entraîna à la sortie du terminal ultra moderne (mais moins récent que celui de JFK) comme si elle avait le feu au cul. Étant donné que je n'étais pas du tout familière avec les us et coutumes de la place, je la suivis sans discuter.

Il y avait une rangée de taxis en attente de passagers juste de l'autre côté des portes tournantes, et Alice s'engouffra dans la première voiture de la file pendant que le chauffeur m'offrait diligemment de mettre ma valise dans le coffre. Évidemment je ne comprenais rien à ce qu'il me disait, et je fis seulement un signe affirmatif de la tête. Une fois que j'eus rejoint Alice à l'intérieur du véhicule, celle-ci donna l'adresse de notre hôtel au chauffeur dans un français qu'elle semblait maîtriser parfaitement.

La voiture démarra, et bientôt je vis Alice s'endormir sous mon nez. Je ne pouvais pas la blâmer pour ça; j'étais crevée moi-même, si bien qu'au bout de quelques minutes je m'endormis à mon tour.

J'ignore combien de temps dura le trajet pour se rendre à notre destination finale, mais quand je me fis réveiller par de vives secousses aux épaules, je réalisai qu'il se passait quelque chose d'anormal. J'ouvris de grands yeux sous le coup de la surprise, et je vis Alice regarder par la fenêtre du véhicule, l'air affolé. « Mais, que se passe-t-il au juste? C'est pas le sixième arrondissement, ça! »

En effet, le taxi était garé au beau milieu d'un terrain vague. Je me retournai vivement et me retrouvai nez à nez avec le chauffeur de taxi de l'aéroport – c'était sans doute lui qui venait de me secouer comme un prunier – mais cette fois-ci il s'adressa à moi en anglais, bien qu'avec un accent. « Non mesdemoiselles, ceci n'est pas le sixième arrondissement, et je ne crois pas que vous allez dormir dans le confort de l'Hôtel Récamier ce soir. »

Et en énonçant ce sinistre présage, il sortit un canif de sa poche et l'approcha de ma gorge. « Sortez de ce taxi sans faire de chichi et suivez-moi bien gentiment, sans quoi je n'hésiterai pas à vous égorger toutes les deux sur le champ! »

Alice était complètement paralysée par la peur, et c'est moi qui trouvai le courage de demander, « Où sommes-nous et que nous voulez-vous? »

Pour toute réponse, l'homme me gifla et m'entraîna lui-même hors de la voiture en me tirant par le col de ma veste. « Tu le sauras bien assez vite, sale petite garce! »

En voyant comment je venais d'être traitée, Alice poussa un cri de terreur. Notre agresseur se dirigea de l'autre côté du taxi et ouvrit la portière pour l'attraper et la faire taire en la giflant elle aussi, mais à plusieurs reprises. Il la tira par le bras et la poussa dans ma direction avec tellement de violence qu'elle trébucha et tomba à mes pieds. Le type au canif sortit un téléphone cellulaire de sa poche et appuya sur une touche, tout en continuant de nous menacer avec son arme blanche. « Allô, James? J'ai trouvé de nouvelles petites poulettes fraîchement débarquées de l'avion pour toi… »

Et oui, j'ai bien l'impression qu'un entrefilet dans le National Enquirer sera bientôt le dernier des soucis d'Edward…

Comme toujours, j'aime savoir ce que vous pensez, alors n'hésitez pas à peser sur le bouton. (En passant, c'est valable pour mes histoires terminées aussi. C'est un peu frustrant de voir que le nombre de hits augmente toujours, mais pas le nombre de reviews…)

Un gros merci à Evelyne-raconte, "my French advisor".

À bientôt pour la suite.

Milk.