Note de l'auteure: Stephenie Meyer détient tous les droits concernant la saga Twilight. Je possède seulement un certain talent pour écrire, et j'aime m'en servir pour apporter un peu de joie aux lectrices sur ce site.
Je publie ce chapitre cette semaine, mais j'ai à faire face à beaucoup de trucs dans le monde réel, alors je ne sais pas quand j'aurai le temps de boucler la boucle avec les deux chapitres restants. J'ai pour objectif de terminer cette histoire avant mon anniversaire en juillet (le 30).
Merci à celles d'entre vous qui ont pris le temps de m'envoyer un commentaire suite à la parution du deuxième chapitre. Je suis navrée si j'ai donné l'impression que je courais après les revues; ce n'est absolument pas le cas, sauf qu'ici je voudrais rappeler que j'écris cette "sequel" à la demande générale des lectrices, or si je ne reçois pas de message des lectrices qui m'ont demandé cette suite, j'ai l'impression de perdre un peu mon temps – temps que je pourrais tout aussi bien consacrer à mes autres projets… Mais soyez rassurées, comme justement tout ce qui importe pour moi est de vous apporter un peu de plaisir avec mes écrits, je vais terminer cette fic (il faut d'ailleurs savoir que je me bidonne en l'écrivant).
Ajout post publication:
Bon, je viens de penser à un truc (je ne suis même plus sur ce chapitre, je suis en train de traduire Des gens comme nous au moment d'écrire cet ajout) et je crois que c'est important de le mentionner ici: les histoires dont je suis l'auteure sont totalement disjonctées parce que je m'inspire des bandes dessinées de Manara pour les écrire, alors si vous trouvez que cette fic manque de rationalité, c'est tout à fait normal, c'est ainsi que je l'ai voulue.
Bonne lecture.
Troisième chapitre
En voyant comment je venais d'être traitée, Alice poussa un cri de terreur. Notre agresseur se dirigea de l'autre côté du taxi et ouvrit la portière pour l'attraper et la faire taire en la giflant elle aussi, mais à plusieurs reprises. Il la tira par le bras et la poussa dans ma direction avec tellement de violence qu'elle trébucha et tomba à mes pieds. Le type au canif sortit un téléphone cellulaire de sa poche et appuya sur une touche, tout en continuant de nous menacer avec son arme blanche. « Allô, James? J'ai trouvé de nouvelles petites poulettes fraîchement débarquées de l'avion pour toi… »
Le chauffeur de taxi qui nous avait emmenées jusqu'au centre d'un terrain vague coupa la communication avec son interlocuteur aussi vite qu'il l'avait établie et nous regarda plus attentivement pendant que j'aidais Alice à se remettre debout.
« Les clients de James vont être contents, » nous dit-il en nous dévisageant de la tête aux pieds. « Pour une fois qu'on tombe sur autre chose que des touristes Allemandes et des petites Russes qui pensent que la vie va leur sourire davantage à Paris qu'à Moscou… »
Décidément, les paroles de ce grand type au teint très pâle et aux cheveux noirs coupés en brosse n'avaient rien pour nous rassurer. Et les circonstances de cet enlèvement n'avaient rien à voir non plus avec celles qui nous avaient fait rencontrer Edward et ses amis six mois plus tôt.
Je risquai un œil autour de moi. Le terrain désaffecté où nous nous trouvions était sans doute situé quelque part au cœur de la ville car je pouvais discerner des immeubles dans le lointain peu importe où je regardais en tournant la tête. J'apercevais même la Tour Eiffel, mais elle semblait inatteignable, à des kilomètres de distance… Je commençai à frissonner et réalisai que je n'avais jamais songé à remettre mon manteau de laine à la sortie de l'aéroport. Je l'avais bêtement laissé dans mon bagage à main qui était maintenant dans le coffre du taxi, et la petite veste intégrée à ma robe ne faisait rien pour me protéger du vent glacial qui soufflait sur nous.
J'étais tellement nerveuse que je n'avais pas vraiment porté attention à la brève conversation que notre agresseur avait eue avec le dénommé James, mais tout à coup j'entendis un bruit de métal qui grince et je vis une trappe s'ouvrir automatiquement dans le sol à quelques mètres devant nous. Une jeune femme rousse vêtue de noir sortit de l'ouverture comme si elle remontait d'une cave, mais en réalité je soupçonnai tout de suite qu'il devait y avoir une infrastructure dissimulée sous terre au milieu du terrain vague.
La jeune femme – qui était d'une incroyable beauté – s'avança vers nous, tenant deux paires de menottes et deux foulards. Elle émit un sifflement admiratif en nous dévisageant à son tour.
« Wow, Laurent, il semblerait que tu aies gagné le gros lot à l'aéroport aujourd'hui ! Tu vas rester pour le spectacle ou tu retournes tout de suite chez Aro? » Demanda-t-elle en s'adressant au faux chauffeur de taxi.
Celui-ci prit un air contrit pour répondre, « Non, Victoria, désolé mais Irina m'attend chez Aro. Et, soit dit entre nous, si j'ai le choix entre regarder des gonzesses se faire filmer pour des types plein de pognon et sauter la fille du grand patron, je n'hésite pas une seconde. »
Ce fut au tour de celle qui s'appelait Victoria de faire une moue un peu moqueuse. « Je peux comprendre jusqu'à un certain point, très cher, mais tu as vu comment ces deux petites touristes sont bien roulées? Tu ne voudrais pas voir comment elles réagissent avec l'orgasmotron ou l'enculateur? »
Hein, quoi, cette fille nous prend pour deux petites touristes innocentes? Et pourquoi a-t-elle terminé sa phrase en français? Il faut que je demande à Alice si elle a compris de quoi il retourne…
C'était insultant de se faire prendre pour des midinettes en vacances. Il fallait que je remette les pendules à l'heure. Alice était toujours trop affolée pour ouvrir la bouche, mais elle avait écarquillé les yeux en entendant les derniers mots prononcés par cette Victoria.
« Je ne sais pas qui vous êtes tous les deux, mais sachez que nous, nous ne sommes pas des petites touristes ! Je suis une célèbre romancière aux États-Unis, et si je manque mon rendez-vous avec mon éditrice ce soir, la nouvelle va être dans tous les journaux demain matin ! » Finis-je par dire en tremblant à la fois de froid et de colère.
La fille en noir éclata de rire et tendit un des foulards et une paire de menottes à Laurent qui s'approcha à nouveau de moi. Il pointait toujours son canif dans ma direction avec une expression menaçante, si bien que je me figeai en le voyant le placer momentanément entre ses dents et s'emparer de mes mains pour leur mettre les menottes. Au moins il ne les avait pas mises derrière mon dos. Il se pencha pour murmurer au creux de mon oreille, « Bien essayé, ma belle, mais je ne suis pas né de la dernière pluie. Je sais que tu bluffes. »
Puis, sans me laisser le temps de protester, il plaqua le foulard sur ma bouche et l'attacha derrière ma tête. Pendant qu'il s'affairait sur moi, sa complice s'occupa de menotter Alice et de la bâillonner elle aussi. Elle n'eut pas besoin de la menacer avec une arme; mon amie était littéralement pétrifiée sur place et elle se laissa faire sans résister. Elle était visiblement en état de choc, et je ne pus m'empêcher de me demander pourquoi elle réagissait de manière aussi extrême. Peut-être que les paroles que la rousse Victoria venait de prononcer en français laissaient entendre que nous allions subir un très mauvais sort dans les prochaines minutes, mais à présent que j'avais la bouche entravée par un foulard, je ne pouvais plus questionner Alice à ce sujet.
« Tu t'occupes de les descendre au bunker, Vic? » Demanda le grand gaillard à l'allure sinistre en me poussant vers son acolyte qui tenait fermement le bras d'Alice.
« Ouais, je m'en charge, » Répondit la fille en sortant un pistolet de sa poche et en nous faisant signe d'avancer vers la trappe. « Et n'oublie pas, Laurent : si y a du fric dans leurs affaires, on partage moitié-moitié pour ma peine. Toi, tout ce que t'as eu à faire, c'est de cueillir ces petites minettes à la sortie de l'avion. Moi, il va falloir que je les endure si elles pleurent après leur maman. »
Ma parole, mais qu'est-ce que cette conne s'imaginait? Qu'on fréquentait encore la maternelle?
« Oh, une dernière chose, cher ami, » poursuivit-elle à l'intention de Laurent. « Dis à Aro qu'on a bien reçu les nouveaux joujoux qu'il avait commandés et que justement, ça se pourrait bien qu'on les teste sur ces petites poulettes, si jamais il veut se rincer l'œil en personne. »
« Pas de problème, je lui ferai le message. À plus tard… »
Sur ce, notre kidnappeur retourna s'installer au volant de son faux taxi qu'il fit démarrer en trombe. Adieu bagages, passeports et téléphones cellulaires pour communiquer avec Edward et Jasper et leur faire savoir qu'on était dans le pétrin.
Victoria avait encore parlé en français, comme si elle cherchait délibérément à nous garder dans l'ignorance à propos de ce qui nous attendait une fois rendues sous terre. Elle nous entraîna vers l'ouverture dans le sol sans prononcer une autre parole. Même une fois devant les escaliers en métal qui descendaient dans les entrailles du terrain vague, elle se contenta de nous faire signe de passer les premières. Il ne fallait pas connaître ma propension à manquer d'équilibre et à trébucher – avec ou sans menottes – pour m'ordonner de descendre une volée de marches aussi raide sans m'offrir le moindre soutien. D'ailleurs je caressai l'idée, pendant une fraction de seconde, de faire exprès de débouler les marches jusqu'en bas afin de me rendre inutilisable pour le "spectacle" que la rouquine avait mentionné.
Mais finalement je décidai d'être docile, car qui sait ce qu'il adviendrait de moi dans cet endroit insolite si je me blessais sérieusement? Une visite à l'hôpital ne devait pas faire partie de la liste d'options…
Au bout du compte, je réussis par miracle à arriver en bas des quinze marches en un seul morceau, Alice sur mes talons, et Victoria juste derrière elle, son arme à feu toujours pointée sur nous.
Encore une fois je jetai un coup d'œil à la dérobée autour de moi. Le "bunker" en question était en fait une immense salle éclairée par une multitude de néons. Je voyais bien deux portes tout au fond de la pièce, mais il semblait que la totalité de l'action se déroulât ici même, et pas de l'autre côté de ces portes. En effet, à ma gauche se trouvait un espace où étaient installées des douches et des toilettes à aire ouverte, sans murs de séparation, et à ma droite il y avait ce qui faisait office de salle à manger, en l'occurrence une longue table avec plusieurs chaises autour. Le décor des lieux était très spartiate, mais ce n'est pas ce détail qui fit bondir mon cœur dans ma poitrine. C'est plutôt ce qui se passait à l'autre extrémité de cette planque souterraine.
Même de loin, je voyais qu'il y avait trois scènes aménagées pour le tournage de films pornos. C'était très facile de deviner qu'il se tournait des films pornos ici parce qu'il y avait justement une fille en train de se faire filmer à l'instant où nous arrivions en bas des marches. Par contre, pour autant que je pouvais en juger, ce n'était pas le genre de film conventionnel qu'on aurait pu trouver dans un club vidéo ou sur Netflix – si tant est qu'il fût possible de se procurer des films cochons par la poste. Ou alors c'est que j'étais vraiment très naïve en matière de ce qu'on pouvait acquérir sur le marché XXX.
La fille qui était en train de se faire filmer était attachée toute nue à une sorte de structure métallique recourbée, et elle avait les bras et les jambes écartés de manière à ne rien cacher de ses attributs féminins. C'était un autre détail que je parvenais à voir même de loin. Je préférai détourner le regard en constatant que la "vedette" du film était en train de se faire pénétrer par une machine munie à son extrémité d'un énorme phallus artificiel.
Même si la fille semblait prendre son pied en se faisant baiser par un tel genre d'appareil, quelque chose me disait qu'elle avait été emmenée ici dans des circonstances similaires aux nôtres, et cela me donna la chair de poule.
Je n'avais pas du tout envie de jouer les porno stars, d'autant plus qu'à ma connaissance, les personnes qui étaient forcées de tourner dans des films "snuff" se faisaient toujours éliminer à la fin du tournage, comme point culminant de la scène. Je commençai à paniquer pour de bon et j'essayai de me raisonner.
Allons, Bella, ne sois pas ridicule. Il n'y a pas d'accessoires de torture là-bas. Et du reste, même si ces gens ne croient pas ce que tu leur as dit, ton éditrice va certainement réaliser que quelque chose ne va pas quand elle va voir que tu ne te pointes pas chez Albin Michel. Elle finira bien par contacter Edward…
J'ignore quelle expression j'affichais, mais Victoria – qui s'était plantée entre Alice et moi et qui attendait Dieu sait quoi – me dévisagea et éclata d'un rire sardonique. « Qu'est-ce qu'il y a, ma belle? Tu n'as jamais vu une femme se faire foutre par une machine avant? Eh ben c'est ton jour de chance, on dirait… James, viens donc un peu ici rencontrer les nouvelles recrues avant qu'elles ne passent sous la douche ! » Cria-t-elle à l'intention d'un des types qui s'affairaient autour de la fille. Il y avait trois hommes occupés sur elle: deux qui lui stimulaient la poitrine avec des espèces de tiges munies de bouts arrondis, et l'autre qui filmait le tout avec une caméra digitale ultra sophistiquée.
Ce devait être ce dernier qui se dénommait James car c'est lui qui déposa son matériel et qui se dirigea vers nous. Il n'avait pas l'air plus sympathique que Laurent, bien que physiquement c'était tout son contraire. C'était un individu râblé avec de grands yeux bleu clair et des cheveux blonds très longs qu'il tenait attachés en une queue de cheval. Il nous dévisagea de la tête aux pieds, Alice et moi, et s'adressa à Victoria. « Tu peux leur enlever leur bâillon, Vic. Ça n'est pas grave si elles se mettent à hurler comme des malades. Personne ne va les entendre ici. »
Alors si cet homme à l'allure peu engageante s'attendait à nous voir crier, je n'allais pas lui donner cette satisfaction. Je restai silencieuse comme une carpe lorsque Victoria défit le foulard que j'avais commencé à mordre par nervosité. Par contre, Alice, elle, éclata en sanglots.
James fronça les sourcils. « Qu'est-ce qu'elle a à pleurer comme ça, cette petite? Je lui ai fait peur? »
Je me demandais s'il s'était regardé dans un miroir récemment. Il était carrément hideux, mais de toute façon ses paroles à elles seules suffisaient à donner froid dans le dos.
Alice réussit à articuler entre deux crises de larmes, « Je ne veux pas finir ma vie dans un film snuff ! »
En entendant la réplique de mon amie, James se mit à rire lui aussi comme Victoria l'avait fait la minute précédente. « Tu as vu trop de films d'horreur dans ta vie, ma jolie. Ici, on n'enlève pas les jeunes et belles touristes pour les faire souffrir, bien au contraire, on s'amuse à les faire jouir à répétition… »
Ce fut plus fort que moi, il fallait que je remette cet abruti à sa place, qu'il dise la vérité ou non. « On s'est fait battre et menacer de mort en sortant du taxi, et vous voudriez nous faire croire que rien de mal ne risque de nous arriver dans cet endroit miteux, James? »
J'avais fait exprès de l'interpeller par son prénom pour lui montrer qu'il ne m'intimidait pas – ou du moins lui faire croire qu'il ne m'intimidait pas. Ses yeux devinrent de minces fentes et il me regarda plus attentivement. J'avais remarqué qu'il parlait l'anglais avec un accent britannique comme Carlisle. Étrange…
« Alors toi tu n'as pas la langue dans ta poche, à ce que je vois… J'ai bien hâte d'entendre quels autres sons on parviendra à te faire émettre tout à l'heure avec l'orgasmotron. Victoria, va donc aider ces deux beautés à se préparer. M'est avis qu'elles vont se faire prier. »
Et en prononçant ces derniers mots, il s'éloigna pour finir de tourner la scène hardcore que nous avions interrompue. Malheureusement pour moi et ma compagne, il était impossible d'essayer de nous échapper, car la complice de James et Laurent nous menaçait toujours de son pistolet. De plus, nous étions limitées dans nos mouvements à cause des foutues menottes, même si nous avions les mains liées devant nous plutôt que derrière le dos.
Alors que Victoria nous entraînait malgré nous vers le coin du bunker où étaient situées les douches et les toilettes à aire ouverte, je glissai à l'oreille de mon amie et interprète, « Alice, depuis tout à l'heure que ces gens passent leur temps à échanger des phrases en anglais et en français, j'ai perdu au moins la moitié de ce qui s'est dit. »
Alice s'était un peu calmée en réalisant que finalement notre mise à mort devant des caméras vidéo ne faisait pas partie du programme de la journée, et elle me répondit en chuchotant, « Bella, Victoria a fait mention d'une machine à enculer lorsque nous étions encore à l'extérieur. Tu sais ce que ça veut dire? »
Une machine à enculer? Et quoi encore? Je la fixai bêtement en continuant d'avancer vers les douches, mais de plus en plus lentement à cause de ce qu'elle venait de me révéler. « Mais je ne me suis jamais fait sodomiser de ma vie, moi ! » Sifflai-je entre mes dents.
La styliste de mode me lança un regard surpris. « Ah non? Edward et toi vous ne pratiquez pas le sexe anal? »
Je devins écarlate à me faire poser une telle question. En fait je n'étais pas une véritable "vierge anale" car je laissais souvent Edward s'amuser à introduire dans mon anus des chapelets, des boules, des perles, des plugs et même certains types de vibromasseurs, mais rien qui dépassait la largeur de son majeur. Bien entendu je n'avais pas l'intention de divulguer ces détails à mon amie. « Voyons, Alice, est-ce que je te demande, moi, si tu aimes te faire sodomiser par Jasper? »
Alice fit une moue offensée. « Bella, je ne te pose pas cette question pour faire ma fouine, mais il se trouve que Victoria a l'intention de se servir de cet appareil et de nous prendre pour cobayes, si tu vois où je veux en venir. Or, si tu n'as jamais été pénétrée par la porte de derrière, tu risques de te faire déchirer. Tandis que moi… »
Je faillis m'étouffer en entendant Alice impliquer qu'elle aimait les relations sexuelles anales. Peut-être qu'elle avait raison et que j'étais vraiment coincée, après tout…
« C'est bon, Alice, pas la peine d'élaborer, » la coupai-je presque sèchement mais en tâchant de ne pas élever le ton.
Je ne tenais pas à ce que Victoria entende nos propos, surtout qu'elle semblait nous prendre pour des étudiantes en visite éducative dans la Ville Lumière. Si elle savait qui nous étions réellement, je ne suis pas sûre qu'elle se croirait tellement supérieure à nous comme c'était le cas en ce moment.
Nous étions arrivées près du mur ou étaient fixés les pommeaux de douche. Il y en avait trois, et il n'y avait même pas de rideaux à tirer pour empêcher l'eau d'asperger la zone en dehors du plancher en carrelage noir et blanc. La situation était d'un ridicule à brailler. Alice et moi nous figeâmes devant ces installations qui servaient sans doute à humilier les filles qu'on amenait ici avant de faire d'elles les vedettes non consentantes de films pornos qui allaient être visionnés par Dieu sait combien de pervers à travers le monde entier. Je m'avisai qu'il y avait des caméras au plafond, et qu'elles étaient dirigées sur les douches et les toilettes.
« Bon sang, Alice, c'est encore pire que je ne le croyais ! Les filles qu'ils emmènent ici se font filmer pendant qu'elles sont sous la douche ou qu'elles se soulagent ! »
« Je vais vous enlever vos menottes pour aller dans la douche, » lança Victoria alors que je faisais part de mon indignation à la designer de mode. « Mais je vous ai à l'œil, alors ne faites pas de bêtises, hein? »
Alice et moi restâmes immobiles devant elle, dans l'attente. Elle rangea momentanément son pistolet et s'empressa de nous retirer nos menottes. Je fis des mouvements rotatifs pour me dégourdir les bras, imitée par ma compagne. Mais ensuite je redevins immobile et je donnai un léger coup de coude à Alice pour qu'elle ne bouge pas elle non plus.
Victoria nous fixa avec une expression contrariée. « Qu'attendez-vous pour vous mettre à poil? N'avez-vous pas compris ce qu'on attend de vous? »
Je croisai les bras devant moi. « Et tu vas faire quoi si je refuse d'obtempérer? Me péter un genou avec ton Beretta? » Ne pus-je m'empêcher de railler.
Alice craqua de nouveau. « Bella, c'est pas le moment de faire ton arrogante ! C'est pas le drame si on doit prendre une douche! On en aurait pris une à l'Hôtel Récamier de toute manière… »
« Je n'ai pas envie de me mettre toute nue devant des étrangers ! » La coupai-je brutalement.
Elle m'observa comme si je venais de dire une ineptie. « Enfin Bella, tu t'es bien dévêtue pour un certain PDG d'entreprise que tu ne connaissais pas à une époque de ta vie qui n'est pas si lointaine… »
Seigneur, comment Alice pouvait-elle comparer ma rencontre avec Edward avec ce que nous étions en train de vivre présentement?
« Pour l'amour du ciel, Alice ! Le contexte était tout à fait différent ! »
Je ne voulais pas élaborer et mettre la puce à l'oreille de Victoria que je fréquentais un des hommes les plus riches des États-Unis. On ne sait jamais, elle pourrait voir là l'occasion de faire d'une pierre deux coups et exiger une rançon en échange de ma liberté.
Mais, Bella, rançon ou pas, pour l'instant tu es en captivité et tu ignores combien de temps tu le resteras…
« Vous voulez savoir ce que je vais faire, mesdemoiselles? » Nous interrompit la rouquine. « Felix, Demetri ! Venez ici, j'ai besoin de votre aide ! »
C'est alors que je constatai que la "star" du film n'était plus sur les lieux du tournage (James non plus d'ailleurs) et que les deux autres types étaient maintenant en train de ranger l'équipement utilisé pendant la scène. En entendant Victoria les interpeller, ils accoururent vers nous, chacun d'eux tenant un accessoire que je n'arrivais pas complètement à identifier de loin. Toutefois, lorsqu'ils furent directement devant nous, je vis qu'il s'agissait de martinets. Encore là, j'avais vu l'usage qu'on faisait de ces objets en naviguant sur internet.
« Tu veux qu'on s'occupe de ces deux poulettes, Vic? » Demanda le plus costaud des deux hommes.
« Commencez par les déshabiller, Demetri; elles n'ont pas l'air de vouloir coopérer du tout, et je n'ai pas que ça à faire de ma journée, » répondit la belle rousse.
Je songeai qu'il devait être à peine 8h du matin. Je brûlais d'envie de faire perdre sa journée à cette femme comme elle allait me faire perdre la mienne. Bien entendu, ça aurait été trop beau que je trouve un moyen de la mettre hors d'elle. Je n'étais pas stupide; je savais que si je ne me laissais pas faire, les flagelles du martinet allaient s'abattre sur moi.
Je vis celui qui s'appelait Demetri s'approcher de moi tandis que son comparse prenait Alice pour cible. Je fermai les yeux afin de ne pas voir l'expression de concupiscence sur le visage de l'homme qui était maintenant en train de relever la bordure de ma robe pour faire passer celle-ci par-dessus ma tête. Je ne fis rien pour l'aider dans sa tâche, et c'est lui-même qui leva mes bras en l'air pour me la retirer pendant que je rougissais violemment.
Je portais un soutien-gorge en dentelle noire que j'avais choisi pour être assorti à ma petite culotte et à mon porte-jarretelles, mais quand Edward m'avait baisée dans les toilettes du Terminal 4, il avait ruiné ces deux morceaux de lingerie, si bien que maintenant je portais une simple petite culotte garçonne en coton avec des motifs floraux, et mes bas collants ne tenaient plus en place. Avec le recul, il aurait mieux valu que je porte un bon vieux jeans tout confort et un pull en cachemire…
« Ha ! Ha ! Je reconnais bien là le manque de goût des Américaines ! » S'esclaffa Victoria en me voyant à moitié nue. Elle aussi devait être Parisienne jusqu'au bout des ongles, si je me fiais à son accent. « Ces Yankees sont incapables de coordonner quoi que ce soit, pas même leurs sous-vêtements ! »
Je jetai un coup d'œil vers Alice qui venait de se faire dévêtir par le dénommé Felix. Elle était l'incarnation de la mode avec son bustier de satin rose et ses bas collants en résille noire. Elle portait de longues bottes en cuir qui montaient en haut de ses genoux, mais elle n'aurait pas pu s'en servir comme d'une arme offensive car celles-ci n'étaient pas munies de talons pointus.
« Répète un peu ce que tu viens de dire, Diabola? » S'offusqua Alice alors que Felix se penchait pour descendre la fermeture Éclair de ses bottes.
Enfin, elle semblait offusquée, mais elle avait parlé en français à notre kidnappeuse, si bien que je n'avais aucune idée des propos échangés…
« Tu sauras, pétasse, que je suis propriétaire d'une boutique de mode sur la cinquième avenue à Manhattan, et que c'est moi qui choisis les tenues de la grande romancière Isabella Swan ! Si tu dis qu'elle ne sait pas s'habiller, c'est moi que tu insultes ! » Poursuivit-elle toujours en français.
Victoria éclata de rire encore une fois, mais je n'avais aucune idée pourquoi. Pendant qu'Alice lui disait sa façon de penser, Demetri avait réussi à m'enlever mes chaussures à talons aiguille de sept centimètres, cependant j'aurais assurément perdu l'équilibre si j'avais essayé de lui planter la pointe desdits talons quelque part. Il dégrafa ensuite mon soutien-gorge; je croisai les bras devant ma poitrine, terriblement embarrassée. Je devais être écarlate à présent et je sentais que mon cœur était sur le point de s'échapper de ma cage thoracique tellement il battait fort.
« Et c'est reparti avec les déclarations coup de poing et le name-dropping ! Et dans un français impeccable en plus… Wow, impressionnant ! » Persifla la belle rousse. « J'ignore si tu es sérieuse ou si tu bluffes, ma mignonne, mais si c'est toi qui a conseillé à ta copine "la grande romancière" d'agencer un sous tif noir en dentelle et un slip en coton agrémenté de petites fleurs, je ne ferai jamais appel à tes services en tant que styliste. Autant faire affaire avec Kim Kardashian, tiens ! »
Les paroles de Victoria sonnaient comme du chinois pour moi. « Alice, sacrebleu, pouvez-vous parler en anglais, que j'arrive à suivre le fil de cette conversation? » M'emportai-je tout en reculant dans un geste machinal lorsque je sentis les mains du gros pervers se poser de chaque côté de mes hanches pour tirer la bande élastique de ma petite culotte vers le bas. Il avait déjà fait glisser mes bas collants jusqu'au sol.
« Tu veux tâter du martinet, à ce que je vois? » Questionna Demetri, menaçant.
Il ne me donna pas le temps de répondre et fit claquer son instrument BDSM sur mes cuisses.
« Aie ! Laissez-moi tranquille, espèce de saligaud ! Je pense que je suis en mesure de finir de me déshabiller toute seule et d'aller prendre cette foutue douche par moi-même ! » Hurlai-je, sur le point d'éclater, littéralement.
J'étais à la fois frustrée de ne rien comprendre à la langue du pays où j'étais en visite, et en colère d'être obligée de me soumettre à une bande d'obsédés sexuels.
« Crois-moi, Bella, tu ne veux pas savoir ce que cette grande rouquine vient de me dire, » marmonna Alice, que Felix était en train de dénuder intégralement, mine de rien.
« Eh bien, j'ai cru comprendre qu'elle se moquait de mes sous-vêtements, Alice, mais honnêtement, je n'y suis pour rien si la lingerie que tu avais choisie pour moi n'a pas tenu le coup jusqu'ici. Ce n'est tout de même pas ma faute si le PDG de Softag m'a sauté dessus dans les toilettes du T4 pendant que tu achetais du Southern Comfort, du chocolat Ghirardelli et des clopes américaines pour tes copines de stage chez Chanel… »
« Le PDG de Softag ! Et quoi encore? » Railla Victoria en entendant ma réplique. « Tu te crois maligne avec tes petites phrases pour te rendre intéressante, hein ma jolie? Felix, lorsque tu en auras terminé avec la petite snob, prépare donc celle-ci pour une douche anale. C'est exactement le traitement qu'il lui faut pour qu'elle arrête de se la péter. »
« Ouais, Vic, t'as tout à fait raison, cette garce mérite de se faire humilier, » renchérit Demetri que j'essayais tant bien que mal de tenir à distance, quitte à ce que les flagelles du martinet viennent encore pincer la chair de mes cuisses. « D'ailleurs ça tombe bien, Aro lui-même m'a dit qu'il n'avait pas assisté à ce genre de petite séance depuis des lustres, et au moins trois de nos clients ont passé la commande au cours des derniers jours. »
Felix poussa une Alice flambant nue sur le carrelage noir et blanc et lui fit signe de rester tranquille. Il leva la tête en l'air pour examiner les caméras au plafond et son expression s'assombrit. « Il va falloir aller chercher James, Vic. Ces caméras ne valent rien pour les gros plans, et je veux que nos clients en aient pour leur argent. »
« C'est bon, les mecs. Je reviens dans une minute, » répondit la beauté rousse en haussant les épaules avant de se diriger vers le fond de la salle.
Mon sang s'était glacé dans mes veines lorsque j'avais compris le sort qu'on me réservait. Victoria trouvait que je manquais de modestie et elle avait décidé de me remettre à ma place en m'injectant de l'eau dans le gros intestin, ni plus ni moins. Il était hors de question que je me laisse dégrader ainsi ! Il y avait des limites à ce que j'étais prête à endurer sans trop rechigner, quand même !
Je devais avoir l'air affolé car Alice – qui grelottait sous le pommeau de douche en attendant que l'eau se mette à couler – crut bon d'intervenir. « Pourquoi tenez-vous absolument à humilier mon amie? » Demanda-t-elle aux deux hommes qui nous surveillaient en se rinçant l'œil abondamment. « James a dit, tout à l'heure, que nous allions recevoir du plaisir dans ce bunker. Mais Isabella Swan, cette célèbre écrivaine que vous avez commis l'erreur d'enlever aujourd'hui, ne prendra probablement aucun plaisir à se faire administrer une douche rectale, tandis que moi, d'un autre côté... »
La designer de mode regardait maintenant nos séquestreurs avec de la langueur au fond des yeux, et je me demandai si j'étais bel et bien réveillée tellement la situation était surréelle. Peut-être que j'étais toujours à bord de l'Airbus et que j'étais simplement en train de faire un mauvais rêve…
Felix s'apprêtait à répondre à Alice, mais il fut interrompu par une espèce de sonnerie électronique très bruyante. « Merde, voilà notre petit déjeuner qui arrive! » Grogna-t-il en retournant vers l'escalier en métal. J'avais remarqué qu'il y avait une dizaine de poutres en béton à l'intérieur de la salle. Une de ces poutres était située juste à côté de la volée de marches. Je m'avisai qu'il y avait un interrupteur fixé après. Felix appuya dessus et j'entendis le même bruit que lorsque Victoria était sortie par la trappe pour venir nous rejoindre à l'extérieur. Quelques secondes plus tard, un individu descendit les marches, tenant dans ses bras un énorme sac en papier brun qui devait, je supposai, être rempli de victuailles.
Il n'y avait aucun moyen pour moi de savoir si le type qui était descendu livrer un repas aux personnes s'affairant dans la planque était un complice ou un simple commis à la livraison. Était-ce un voyou qui savait ce qui se trafiquait ici, ou bien un gars ordinaire qui préférait juste fermer les yeux sur les activités pratiquées dans ce lieu insolite? Tout ce que je pouvais dire au sujet de l'homme en question, c'est qu'il était très bien baraqué et beaucoup plus grand que la moyenne. Par contre, je n'avais pas la moindre idée à quoi il ressemblait car il était vêtu de cuir de la tête aux pieds et portait un casque de moto qu'il ne s'était même pas donné la peine d'enlever. Ce qui, évidemment, ne faisait qu'ajouter à mon sentiment d'être en plein milieu d'un rêve bizarre.
Felix s'empara brutalement du sac de bouffe que l'autre lui tendait et le remercia presque rudement. « Tu mettras ça sur le compte d'Aro Volturi. » Il déposa le sac par terre le temps de sortir quelques billets de banque de sa poche pour les donner au livreur en guise de pourboire, puis il reprit la livraison de restaurant et se dirigea vers la section salle à manger du bunker, à plusieurs mètres de distance de l'escalier. Le livreur à moto remonta les marches en vitesse, et c'est à ce moment-là que je notai que Demetri ne regardait plus du tout dans ma direction; je réalisai qu'Alice était en train de créer une diversion en se déhanchant et en se caressant la poitrine à deux mains pour le bénéfice de notre ravisseur. Mon Dieu ! Voulait-elle que j'essaye de m'enfuir pour aller chercher du secours avant que la porte métallique ne se referme? Mais je ne portais rien d'autre que ma petite culotte !
Voyons Bella, si tu as le choix entre subir une douche anale ou te sauver à moitié à poil, préfères-tu vraiment te faire enfoncer une buse dans le cul? Oublie ton orgueil deux secondes et pense à ton amie qui fait des pieds et des mains pour te donner une chance d'aller alerter les autorités. Vas-y, fonce!
Felix était presque rendu à la table maintenant et il me tournait le dos. Le sac devait être très lourd car il se déplaçait lentement. Victoria avait disparu derrière une des portes et tardait à revenir avec James. Je n'hésitai plus et me précipitai vers les marches aussi vite que mes jambes me le permettaient. J'avais atteint l'escalier sans trébucher et commençais à le monter lorsque j'entendis Felix s'écrier, « Putain de bordel, Demetri ! La salope est en train d'essayer de nous échapper ! Fais quelque chose, espèce d'enfoiré ! »
Je continuai de grimper les marches encore plus vite et je posai les pieds sur le sol du terrain désaffecté. Néanmoins je n'étais pas idiote; je savais que si la porte en métal ne se refermait pas, c'était parce quelqu'un s'était lancé à mes trousses. J'aperçus le type qui était venu livrer le petit déjeuner. Il était sur le point de se barrer à moto. Il l'avait déjà enfourchée. Je courus vers lui en hurlant comme une démente, « Monsieur, attendez! Les hommes en bas veulent me violer! »
Je n'étais même pas certaine qu'il comprenne l'anglais, car Felix s'était adressé à lui en français quand il lui avait donné son congé. Mais contre toute attente, après m'avoir à peine regardée, il me fit signe de monter derrière lui sur sa moto et alla même jusqu'à me tendre un casque de passager. Eh bien, j'allais peut-être me balader à poil à moto dans les rues de la capitale Française, mais au moins personne n'allait voir mon visage…
Je grelottais dans le matin très froid de ce début de printemps, mais ça m'était égal; tout ce que je voulais c'est que le conducteur de la moto nous fasse déguerpir de cet endroit au plus vite. En effet, Victoria n'hésiterait peut-être pas à se servir de son arme à feu si nous étions encore à portée de tir quand elle se pointerait dehors à son tour.
« Tiens-toi après ma taille, » me lança mon sauveur providentiel en faisant vrombir son engin avant de démarrer en trombe. Je m'accrochai à lui aussi fermement que mes bras tremblants me le permettaient.
À mon grand soulagement, il s'était adressé à moi en anglais. Et avec l'accent américain en plus.
Quand nous atteignîmes la sortie du terrain vague, je me retournai et aperçus une silhouette noire avec une chevelure rousse sortir de la trappe, mais nous étions désormais trop loin pour qu'elle puisse nous tirer dessus avec son Beretta. Enfin, elle pouvait toujours essayer, mais elle gaspillerait ses balles.
La moto s'engagea dans une petite rue et fila à vive allure, mais vers où, me demandai-je? Je ne pouvais pas savoir puisque je ne connaissais absolument pas cette ville. Au bout d'un moment à raser des avenues bordées d'immeubles vieillots d'allure, nous débouchâmes sur un cours d'eau que le conducteur de la moto se mit à longer. J'avais beau être complètement dépaysée et désorientée dans Paris, je voyais bien que ce canal étroit ne pouvait pas être la Seine, que j'avais quand même pu admirer dans des films, des reportages photos et sur internet. Nous traversâmes sur l'autre rive du canal par un petit pont et nous engageâmes dans une autre rue peu achalandée après avoir passé un rond point. Les noms des rues étaient tous plus indéchiffrables les uns que les autres, mais j'essayai de faire un effort et vis que nous étions à présent sur l'avenue Mathurin Moreau.
Peu de temps après que la moto se soit engagée dans cette rue, elle tourna dans une ruelle et l'homme qui la conduisait coupa le moteur. Il me fit signe de descendre, retira son blouson de cuir et me le tendit en détournant le regard. « Mets ma veste et attends-moi ici, » dit-il laconiquement. Il descendit à son tour de l'engin et je le vis entrer dans le bâtiment le plus proche par une porte de service.
J'enfilai la veste en cuir et restai plantée là à attendre, sentant que mes nerfs étaient sur le point de craquer. Je venais de vivre beaucoup trop d'émotions fortes en trop peu de temps. Et j'étais loin d'être sortie du bois. Il fallait maintenant que je demande à mon sauveur de m'indiquer le poste de police le plus proche afin d'aller rapporter ce qui venait de nous arriver. J'étais très inquiète pour Alice. Victoria se vengerait peut-être sur elle. Elle pourrait également essayer de la faire parler davantage et d'en savoir plus sur nous deux. Si d'aventure elle apprenait que j'étais la compagne d'un des hommes les plus riches et les plus en vue des États-Unis, elle trouverait sans doute un autre endroit pour cacher mon amie et demander une rançon avant que les forces de l'ordre ne débarquent dans le bunker. La situation ne manquait pas d'ironie si je songeais à la conversation que j'avais eue avec Edward avant l'embarquement.
Je n'eus pas le temps d'y réfléchir davantage car le type à la moto ressortit de l'édifice à cet instant. Il tenait une paire de pantalon et une couverture de laine qu'il me tendit affablement. Je n'avais pas encore vu son visage car il n'avait toujours pas enlevé son casque, mais curieusement il y avait quelque chose de vaguement familier chez lui. Maintenant qu'il n'avait plus son blouson de motard, je pouvais voir encore mieux à quel point il était bâti. Je connaissais une seule personne aussi musclée, en fait, et il y a belle lurette que je l'avais perdue de vue…
Je m'empressai d'enfiler le jeans – qui de façon assez inattendue m'allait comme un gant – tout en entendant mon vis-à-vis me dire, « À présent que tes nichons ne sont plus offerts à la vue de toute la population locale, je pense que tu peux enlever ton casque, Bella Swan. »
Mon cœur manqua un battement. Comment cet homme savait-il mon nom? Je n'allais pas tarder à connaître la réponse à cette question, car tout de suite après m'avoir suggéré d'enlever mon casque, lui-même retira le sien, et je me retrouvai face à face à une paire de yeux noirs rieurs et un sourire à la fois chaleureux et narquois. J'ôtai mon casque et souris en retour. « Bonjour Jacob Black, qu'est-ce que tu fous si loin de chez toi? »
Et oui, il fallait bien que Jacob se pointe le bout du nez...
Je me demande ce qui va arriver à Alice maintenant.
Comme toujours je remercie Evelyne-raconte pour sa collaboration spéciale.
À la prochaine.
Milk.
