O...k... Je n'ai qu'une chose à dire... Deux, à la réflexion. WOW et MERCI! Quand j'ai vu toutes les reviews que j'ai eues pour le premier chapitre, je n'en croyais pas mes yeux. Juste... WOW! C'est incroyable! J'ai essayé de répondre à tout le monde, désolée pour ceux que j'ai zappé^^! Mais en tous cas, merci, merci à tous, vous m'avez vraiment motivée pour continuer cette fic, et je dois dire que sans vous, je n'aurais sans doute pas déjà fini le chapitre 2. Car oui, je me suis retrouvée, après la première section, devant... une énorme panne d'inspiration. Les doigts figés au-dessus du clavier, les yeux ronds, la bouche ouverte, et une bordée de jurons à la bouche, parce que j'étais complètement paumée, que j'hésitais entre deux scénarii, et que je ne savais pas trop quoi écrire en attendant...!
Bref, grâce à votre soutien, chers lecteurs, j'ai quand même réussi à finir ce chapitre... J'espère qu'il ne vous décevra pas. Voici donc la réponse à plusieurs de vos questions, dont notamment les plaques militaires.
Pour tout vous dire, je ne me suis pas vraiment relue, et j'ai l'impression d'avoir écrit la première moitié dans un état second. Dans ma tête, c'est de la soupe, mais dites-moi ce que vous en pensez... XD

Alors merci encore et... REVIEW?


Titre: Mensonges

Auteur: Tango Dancer

Couple: HP/LV(TJ)

Résumé: Harry reçoit une lettre. Son monde bascule: toute sa vie n'est que mensonges. Il quitte les Dursleys, change de camp, et rejoint sa véritable famille pour abattre le véritable Seigneur des Ténèbres, celui qui se cache sous le masque de la Lumière. Light!Bashing, Good!Dark Side, HP/LV!

Avertissements: UA. Certains personnages sont changés, des événements ont lieu qui ne sont pas dans les livres, et les livres 6 et 7 ne sont pas arrivés.
Dumbledore, Ron, Hermione, le camp de la Lumière en général vont s'en prendre plein la figure, à quelques exceptions près.
Homophobes, passez votre chemin, j'ai horreur de l'intolérance, et ceci est une fic dont le couple principal est homosexuel. Voilà.
Et ne m'envoyez pas de reviews pour m'enfoncer, ça ne servira à rien du tout à part vous attirer une réponse cinglante. J'accepte volontiers les critiques constructives et respectueuses, en revanche.


Chapitre 2:

Il fut réveillé par un rayon de lumière insistant sur son visage. Gabriel ne bougea pas, resta complètement silencieux et immobile, forçant son corps à rester dans l'état détendu du sommeil. C'était un réflexe de survie qu'on lui avait inculqué très tôt. Feindre l'inconscience ou la mort pour tromper le ou les ennemis potentiels, une ruse animale classique, et que beaucoup de trop d'humains avaient oubliée, mais qui lui avait sauvé la vie plus d'une fois. Aussi imprudent que ce soit, les gens avaient beaucoup plus tendance à parler en présence d'un mort ou d'un inconscient que d'un prisonnier éveillé, même si celui-ci n'avait aucune chance de s'en sortir vivant.

Et donc, Gabriel, à son réveil, ne bougea pas d'un poil et s'efforça de garder sa respiration régulière et profonde pour ne pas alerter les personnes qui se trouveraient immanquablement dans sa chambre, du fait qu'il était conscient.

Il étendit ses sens, écouta avec attention, les yeux toujours fermés, et capta sans problèmes la respiration d'un... non, deux... trois êtres humains. Lente et rythmée, il se risqua à ouvrir les yeux, laissant un peu de sa magie tester les environs pour être sûr que le moindre mouvement ne déclencherait pas une alarme qui préviendrait qu'il était debout. Mais non.

Hochant la tête de satisfaction, il retint une grimace. Tout son corps lui semblait lourd, engourdi, et il reconnut sans peine l'effet des potions anti-douleur. Il leva les yeux vers l'autre bout de la pièce. Trois personnes étaient endormies sur les fauteuils devant la cheminée. Deux têtes blondes et une aux cheveux noir corbeau... Gabriel repoussa les couvertures et passa les jambes par-dessus le bord de son lit, avant de se lever avec précautions. Il s'appuya contre la table de nuit le temps que sa vision s'éclaircisse, puis carra les épaules et s'approcha doucement des trois adultes. Lucius et Narcissa étaient main dans la main, les doigts entrelacés et le visage fatigué jusque dans le sommeil. Avec une infinie tendresse, le jeune homme laissa son regard courir sur son corps frêle, les traits las, la peau pâle et les cheveux soyeux de sa mère, avant de lever la main vers elle... Ses doigts se rapprochèrent de sa pommette, et il hésita l'espace d'une seconde, le bras suspendu en l'air, avant de renoncer. Sa main retomba le long de son corps, et il se tourna vers son père.

Le Chef de la famille Malfoy avait l'air aussi éreinté que sa femme, et un pli d'inquiétude barrait son front. Son expression hautaine avait été complètement effacée par l'inconscience, et sa main libre reposait sur son estomac, dépourvue de gants pour révéler des doigts longs et fins, aristocratiques, comme ceux de sa femme.

Et de Severus. Le Maître des Potions avait le menton sur la poitrine, et aurait sans doute abominablement mal au cou à son réveil. Il était vêtu, non de ses habituelles robes noires d'enseignant, mais d'un pantalon noir et d'une chemise de soie bleu marine et d'une robe de la même couleur, bordée d'un mince trait argenté. Ses cheveux, pour une fois, n'étaient pas graisseux mais propres et brillants, et Gabriel retint un sourire en voyant le livre de potions encore ouvert sur ses genoux.

Doucement, il recula, et se glissa dans la salle de bains, où ses vêtements, miraculeusement réparés à moins qu'on ne lui en ait trouvé d'autres identiques, l'attendaient sagement. Il les enfila, accueillant avec soulagement la sensation familière du cuir et du métal contre sa peau, avant de retourner dans la chambre. Les adultes ne s'étaient pas réveillés.

Un geste du poignet, et la fenêtre s'ouvrit. Dehors, il faisait grand jour, mais il ne pouvait voir personne dans les jardins. Il se hissa sans peine sur le rebord de la fenêtre et resta immobile l'espace de quelques secondes, appréciant la caresse de la brise estivale sur sa peau, agitant ses cheveux et ses vêtements. C'était un véritable délice, mais qu'il n'avait pas le temps de savourer. Ils étaient en guerre, une guerre dont il était un élément clé, et elle n'allait pas se gagner toute seule. Ses parents, malheureusement, s'ils l'acceptaient, ce qui était fort douteux après qu'ils aient vu les meurtrissures de son corps et deviné son identité, se montreraient selon toute probabilité sur-protecteurs, et il ne pouvait pas se permettre de perdre sa liberté maintenant.

Il avait besoin de pouvoir faire ce que bon lui semblait, d'avoir carte blanche et de rester maître de ses actions, indépendant.

D'un bond aussi souple que silencieux, Gabriel se laissa tomber dans les jardins, deux étages plus bas, et amortit sa chute d'un sort informulé. Une fois en bas, il s'épousseta, puis se mit en marche et quitta les lieux, protégé par un sortilège de désillusion, sans un regard en arrière. La limite des barrières anti-transplanage franchie, il disparut sans le moindre bruit.

o-O-o

-Narcissa... Narcissa chérie, réveillez-vous!

La tête de la femme roula sur le côté, et elle entrouvrit des yeux ensommeillés. Le visage inquiet de son époux était penché sur elle, ses yeux argentés grands ouverts en une expression de... panique? Elle sauta sur ses pieds.

-Gabriel!

Il la retint par le bras, mais c'était trop tard. Déjà, elle s'était tournée vers le lit. Le lit vide.

-Non! Où est-il? Où est-il passé? S'écria-t-elle, désespérée, regardant autour d'elle avec frénésie comme si elle s'attendait à voir son enfant perdu debout dans un coin.

-Narcissa...

-Où est-il? Cria-t-elle, les yeux remplis de larmes. Lucius! Où est mon enfant!

Sans qu'elle s'en rende compte, la porte s'était ouverte devant le reste des Mangemorts de Première Classe, qui regardaient d'abord la mère affolée, puis le lit vide avant que leurs yeux ne s'éclairent d'une lueur de compréhension. Les bras de Lucius s'enroulèrent autour de la taille de sa compagne alors qu'elle tendait la main vers l'endroit où avait reposé son fils bien-aimé, la ceinturant pour l'empêcher de se faire du mal.

-Il est parti, Narcissa chérie. Il est parti...

Ce n'était qu'un murmure, mais elle l'entendit. D'une manière ou d'une autre, dans son désespoir, ses sens s'étaient aiguisés, et, tel un animal aux abois, elle entendait tout, elle voyait tout, elle percevait tout. Les mots lui parvinrent comme autant de poignards dans le cœur, et elle se figea l'espace d'un instant, le regard vide, avant d'éclater en sanglots, s'effondrant littéralement dans les bras de son mari. Les yeux un peu trop brillants, Lucius la serra contre sa poitrine et la berça doucement tandis qu'elle pleurait toutes les larmes de son corps à l'idée que son enfant tant aimé ait été retrouvé juste pour lui être arraché une deuxième fois.

Et dans la chambre pourtant pleine à craquer, une étrange sensation de vide souffla comme une bise hivernale, et les Mangemorts rassemblés ne purent retenir un frisson alors qu'une seule question tombait des lèvres de Lucius Malfoy, inconsciemment sans doute, mais partagée par eux tous.

Pourquoi, Gabriel, pourquoi?

o-O-o

A des dizaines de kilomètres de là, un jeune homme tressaillit et ferma brièvement les yeux. Il passa une main fatiguée sur son visage, puis se redressa, et rencontra le regard froid et déterminé de son reflet dans le miroir de la salle de bains.

Pourquoi?

Il pouvait entendre la question d'ici, le désespoir de ses parents, l'incompréhension de sa famille. Ou peut-être pas. Peut-être n'était-ce que son imagination. Sûrement. Il n'y avait aucune chance que les Malfoy, serviteurs chéris de Voldemort, acceptent de recueillir en leur sein le garçon qui avait mis des bâtons dans les roues de leur Maître pendant près de dix-huit ans.

Il s'ébroua brusquement histoire de se secouer un peu, et se redressa de toute sa hauteur. Ce n'était pas le moment. Vraiment pas le moment.

Il était en retard pour faire son rapport, sa couverture était fichue, Dumbledore savait qu'il l'avait perdu et allait sans aucun doute s'en prendre à Neville pour en faire son Sauveur de rechange. Il abattit le poing contre la glace, se moquant éperdument des morceaux de verre qui vinrent se loger dans sa main lorsqu'elle éclata sous la force du coup.

Ce n'était vraiment pas le moment de flancher. Il s'assura que toutes ses armes étaient à leur place, dissimulées en des endroits variés de son corps, puis, d'un geste du poignet, mit son masque en place, ne laissant de visible que ses yeux vert d'eau. Personne, il le savait, ne le reconnaîtrait, et ce plus particulièrement depuis qu'il avait changé d'apparence. En fait ce changement d'identité tombait à point nommé: les rares personnes qui connaissaient son identité et savaient de quoi il avait l'air ne pourraient jamais le retrouver s'il en décidait autrement... Dans son métier, c'était extrêmement utile.

Un nouveau mouvement du poignet changea la couleur de ses yeux en un vert plus prononcé, émeraude, les yeux de Harry Potter, et il hocha la tête avec satisfaction en direction du miroir. Parfait.

Gabriel traversa ses quartiers d'un pas vif, sans jeter un regard à la pièce, et sortit. Dans le long couloir sombre, il tourna à droite, indifférent aux nombreux cliquetis et grincements produits par l'enclenchement de ses sortilèges de protection et de défense. Il parcourut le couloir à grands pas décidés, le regard fixé droit devant lui, se repérant manifestement sans la moindre difficulté dans le labyrinthe des corridors plus sombres les uns que les autres, et semés de portes toutes identiques à l'exception des runes gravées sur une plaque de bronze, d'argent ou d'or.

Dix minutes plus tard, il frappa trois coups secs à l'une de ces portes, et entra sans attendre de réponse. La pièce dans laquelle il pénétra était un bureau, relativement bien rangé, avec des étagères couvertes de livres et de dossiers soigneusement classés se dressant le long des murs jusqu'au plafond, deux grandes fenêtres à demi-obscurcies par de lourdes draperies, et un solide bureau de bois couvert de papiers, derrière lequel un homme était assis dans un fauteuil de PDG.

-Ah, Darren. Assieds-toi.

Le jeune homme obéit, et s'installa dans le fauteuil en face de l'homme, les jambes croisées au genou dans une position traduisant une nonchalance étudiée.

-Directeur.

Le directeur devait avoir une quarantaine d'années, les yeux bruns et les cheveux d'une couleur banale. Il avait un physique parfaitement régulier, moyen, n'était pas particulièrement grand ou mince, n'avait pas plus de muscle que le citoyen lambda, et avait une expression neutre. En d'autres termes, il était extrêmement dangereux.

Un physique passe-partout était un atout précieux dans leur métier, et Gabriel savait parfaitement que le directeur, ou Alex, comme il se faisait appeler, sous ses dehors d'homme gentil mais complètement normal, était en réalité l'un des tueurs les plus redoutables de la planète. Ce n'était pas par hasard qu'il était parvenu à cette position, après tout.

Le silence dura quelques minutes. Alex observait Gabriel, qui se contentait de le regarder dans les yeux sans ciller, complètement indifférent.

-Il semble que la guerre dans le monde sorcier ait pris un tournant intéressant.

Il fit une pause, scrutant le visage du jeune homme pour voir s'il savait déjà quelque chose. Peine perdue. Les yeux émeraude ne trahirent pas la moindre émotion, et il soupira intérieurement.

-Apparemment, Harry Potter a disparu. Trahison, enlèvement, assassinat... Personne ne le sait. En revanche, le raid de l'Ordre du Phénix et du Ministère contre Lord Voldemort a échoué, avec de lourdes pertes du côté de la Lumière.

Gabriel se retint de lever les yeux au ciel. Il était déjà au courant de tout cela, pour la bonne raison qu'il avait participé aux événements. Alors quel était le but de cette convocation stupide? Comme le silence s'éternisait, il arqua un sourcil élégant.

-Et...?

-Lord Voldemort cherche à consolider ses alliances, et en forger de nouvelles, je pense que tu en es conscient. Il a contacté l'Organisation il y a quelques jours.

-Oh, vraiment?

Alex opina.

-Oui. Evidemment, ta réputation t'a précédé, Darren. Il veut engager nos meilleurs mercenaires. Et bien entendu, il a demandé tes services.

Un silence. Travailler pour Voldemort? Il était tenté, bien sûr. Et ce serait faire d'une pierre deux coups. Non seulement il aiderait les Ténèbres et participerait activement à la chute de Dumbledore et sa clique, mais il pourrait également être à proximité de sa famille et les protéger plus efficacement... Même s'ils ne voulaient pas de lui, il était prêt à faire n'importe quoi pour les garder en vie... et entiers. Le jeune homme acquiesça.

-Très bien. Quelles sont les modalités?

L'homme le sonda du regard l'espace d'un instant, sans doute surpris qu'il ait accepté si rapidement, mais expliqua néanmoins.

-Nous ne pouvons affecter à cette mission que des mercenaires sorciers, ce qui limite les effectifs. En d'autres termes, tu seras accompagné de Chacal, Aleister, Rose, Dawn et Jay. Vous serez logés par le Seigneur des Ténèbres, et effectuerez des missions sur le terrain. Comme d'habitude, vous aurez le droit de refuser une mission si vous la jugez trop dangereuse ou irréalisable. Vous restez masqués en permanence, bien entendu.

-Bien entendu.

Une pause.

-Évidemment, tu es le leader désigné. Tu as carte blanche pour ce qui est des insubordinations ou autres... problèmes de ce genre.

Le regard d'Alex s'était fait rusé sur les derniers mots, et un sourire froid s'étira sur les lèvres de son agent, visible même derrière le masque.

-Très bien. Quand commençons-nous?

L'autre lui tendit un dossier.

-Vous partez ce soir. Toutes les infos sont ici. Rendez-vous avec les autres à l'entrée à sept heures. Je suggère que tu te reposes d'ici-là.

Gabriel prit les papiers, les coinça sous son bras et esquissa un bref salut militaire, le dos droit et les pieds joints, avant de se détourner et de quitter la pièce.

o-O-o

L'ancienne salle de bal du manoir Serpentard était bondée. Lord Voldemort attendait en effet l'arrivée d'alliés d'importance, les célèbres mercenaires de l'Organisation Gouvernementale des Opérations Spéciales et Éliminations Délicates. L'OGOSED, ou OGED pour les intimes, n'était pas exactement une section légale du gouvernement, et les deux dernières initiales étaient classifiées top secret et dévoilées qu'à une poignée de grands pontes qui avaient besoin de l'information pour travailler.

Les mercenaires, du nombre desquels figurerait Darren Frost, seraient au nombre de six, une équipe de professionnels, qui n'avaient jusque-là jamais échoué dans une mission, et étaient connus dans le monde souterrain et les hautes sphères politiques et militaires pour leurs exploits. Assassinats, infiltrations, vols, enlèvements, il n'était rien qu'ils ne sachent faire, et ils se tiraient toujours de leurs « aventures » avec brio, sans laisser la moindre trace.

Cependant, la raison de l'atmosphère tendue n'était autre que Darren Frost, plus connu sous le nom de Serval. L'homme était un véritable mystère. Il était le meilleur élément de l'OGED, un génie, un prodige l'égal duquel on n'avait pas vu depuis des siècles. Ses missions étaient toujours des succès impeccables, rien ne permettait jamais de le retrouver ou de remonter jusqu'à lui, personne ne se rendait compte qu'un crime avait été commis jusqu'à la découverte du corps, et il était le mercenaire le plus convoité d'Europe, si ce n'est du monde.

Et aujourd'hui, Lord Voldemort avait réussi à s'assurer non seulement ses services, mais également ceux d'une demi-douzaine d'autres agents sorciers, volontaires et surentraînés. Avec cela, les Ténèbres étaient pratiquement certaines de gagner. La victoire était à portée de main, et les murmures surexcités qui couraient parmi les Mangemorts de Seconde Classe en témoignaient. Les membres de la Première Classe, eux, se tenaient dignement devant leur Seigneur, attendant patiemment l'arrivée des assassins, et dissimulant leur curiosité sous un masque d'indifférence étudiée.

Le Seigneur des Ténèbres, lui, était assis sur son trône, et caressait la tête de Nagini d'un air absent. Les agents de l'OGED seraient pile à l'heure, il en avait la certitude. Un rapide tempus lui apprit qu'il était 18h59. Plus qu'une minute. Les secondes défilaient à toute vitesse devant lui, les chiffres verts se transformant sans cesse puis, soudain, les chiffres les plus gros mutèrent à leur tour.

19h00.

Les flammes de la cheminée changèrent de couleur et rugirent, et une silhouette mince et longiligne, une femme, d'après ses courbes, émergea de l'âtre. Faisant un pas sur le côté, elle fut aussitôt suivie par une autre femme, puis trois hommes, qui se rangèrent tous sur la droite, au repos, les jambes légèrement écartées mais les pieds fermement campés sur le sol, les épaules droites, les mains derrière le dos. Ils étaient tous enveloppés d'une longue cape grise dégradée jusqu'à être noire autour des chevilles, et ceux qui se rappelaient des vêtements du jeune Gabriel Malfoy lorsqu'il était venu à leur aide quelques jours à peine auparavant, écarquillèrent les yeux sous le coup des possibilités qu'une telle coïncidence offrait.

Et puis, alors que tout le monde observait les cinq agents, s'interrogeant quant à leur immobilité et leur mutisme, les flammes virèrent au vert une nouvelle fois, et un nouvel agent déboucha du réseau de cheminette d'un pas gracieux, comme si le voyage avait été un pas fait dans la rue. Sa tête encapuchonnée se tourna brièvement vers ses hommes, qui s'étaient redressé encore plus à son arrivée.

-Repos.

Il avait une voix basse, chaude, agréable, et pourtant, très autoritaire. Les cinq se mirent en formation derrière lui, et tous s'avancèrent vers le Seigneur des Ténèbres.

-Lord Voldemort. Fit le leader, sans doute Darren Frost. Je suis Serval. Voici, Epine, Aube, Noir, Chacal et Sangsue.

-Soyez les bienvenus dans ma demeure. Je suis Lord Voldemort, et voici mes Mangemorts. J'espère que notre collaboration sera... des plus fructueuses...

L'assassin inclina légèrement la tête.

-Oh, elle le sera, Seigneur, soyez-en certain.

o-O-o

Les mercenaires avaient été installés dans les suites les plus luxueuses que le manoir Serpentard avait à offrir, et avaient semblé satisfaits. Ils n'avaient pas beaucoup parlé, se contentant de laisser la parole à leur chef, et celui-ci n'était pas particulièrement loquace, n'ouvrant la bouche que lorsque c'était nécessaire, soit pour les salutations d'usage et les onomatopées à peine polies dont il se servait pour répondre aux questions.

Dans les jours qui suivirent, les Mangemorts apprirent à connaître les agents de l'OGED, c'est-à-dire à les laisser tranquille. Ils restaient toujours entre eux, parlaient peu mais observaient attentivement tout ce qui se passait autour d'eux, et étaient constamment sur leurs gardes. Ils savaient se fondre dans les ombres, et s'avérèrent être des stratèges hors pair. Ou du moins, Serval en était un: c'était lui qui, en tant que commandant des assassins, prenait les décisions et conseillait le Seigneur des Ténèbres, ou élaborait des plans de batailles.

Ils s'étaient joints à quelques raids et missions plus délicates, des expéditions qui auraient pu tourner fort mal, ou auraient été impossibles à réussir sans eux, et qui s'étaient terminées en succès éclatants. Mais même si la guerre progressait bien, les Mangemorts de Première Classe et leur Seigneur ne pouvaient qu'être particulièrement intrigués par Darren Frost.

Pour une raison qui leur échappait, le jeune homme semblait avoir un faible pour les Malfoy, et ne les quittait jamais des yeux. Draco, surtout, faisait l'objet de cette surveillance constante, et où qu'il aille, il pouvait sentir ce regard intense rivé sur lui, imperturbable. Il ne comprenait pas la raison de ce comportement qui lui donnait froid dans le dos, et ses parents non plus, mais ils commençaient à croire que, peut-être, cela avait un rapport avec le fait que les vêtements que Gabriel portait lorsqu'il était venu à leur secours étaient identiques à ceux des mercenaires.

Et c'est ainsi qu'un soir, n'y tenant plus, ils décidèrent se confronter à lui, et lui demander les réponses dont ils avaient tant besoin. Darren Frost, au contraire de ses hommes qui préféraient se retirer entre eux le soir et rester dans leurs appartements, s'installait en général dans le salon avec eux, et lisait, assis devant la cheminée, son masque toujours en place. Il était si discret, qu'ils auraient presque pu en oublier sa présence. Mais ce jour-là, ils étaient décidés à obtenir des explications, et ils se tournèrent donc vers lui d'un bel ensemble dès qu'il se fût assis, ne lui laissant pas le temps de prendre son livre.

Ils sentirent les yeux perçants du mercenaire les scruter alors qu'il analysait leur position, mais il ne dit rien, attendant qu'ils parlent.

-Nous avons des questions. Finit par dire Lucius, s'attirant par là un infime hochement de tête.

-Posez.

L'homme hésita, et Bellatrix prit les choses en main.

-Lucius et Narcissa ont revu leur fils perdu l'autre jour, Gabriel Alexander. Dit-elle. Il portait exactement le même uniforme que vous.

Une pause.

-Et...?

-Et il a disparu il y a deux semaines.

-Nous aimerions savoir si il fait partie de votre organisation, et s'il va bien.

Il y eut un silence alors qu'ils attendaient la réponse de l'assassin, retenant leur respiration sous le coup de l'angoisse. L'autre avait la tête légèrement inclinée vers l'avant, comme s'il réfléchissait, et il fut un moment à reprendre la parole.

-Effectivement. Fit-il lentement. Gabriel est... l'un de mes bons amis. Il... Aux dernières nouvelles, il était en pleine forme. Il est actuellement... en mission.

Il releva la tête, mais ils ne parvenaient toujours pas à voir son visage sous les ombres du capuchon.

-Est-ce qu'il vous a parlé... de nous?

Cette fois, c'était Draco qui avait parlé, et ses yeux gris montraient tellement d'inquiétude, d'espoir et d'angoisse curieuse à la fois, que Darren ne put retenir un petit rire qui fit ouvrir de grands yeux aux Mangemorts rassemblés.

-Oui.

-Pourquoi est-il parti? La question, impulsive, venait de Narcissa. Un long soupir émana du capuchon.

-Gabriel était... incertain quant à votre acceptation de lui. Vous devez sans doute être au courant de son ancienne identité...

-Harry Potter. Fit Severus.

Darren inclina la tête dans sa direction.

-Harry Potter. Harry Potter qui, manipulé, ignorait tout de sa famille, a été élevé pour vous haïr, vous mettre des bâtons dans les roues, a envoyé son propre père à Azkaban sans le vouloir. Harry Potter qui est censé tuer le Seigneur des Ténèbres, ou être tué par lui. En d'autres termes, tout vous prédispose à le haïr et il n'est pas... prêt à affronter cela.

Silence.

-Gabriel... regrette d'être parti. Il aurait voulu rester. Mais...

Il n'acheva pas. Il n'en était pas besoin: ils avaient compris sans même qu'il le formule. Le fils aîné des Malfoy avait peur, et ne voulait pas courir le risque de voir le dégoût et la haine dans leurs yeux. Il y eut un long moment de silence alors qu'ils ruminaient ces révélations.

-Pourriez-vous... pourriez-vous le contacter? Lui dire qu'il n'a pas à s'inquiéter, que nous sommes là pour lui? Que nous l'aimons, et que jamais, jamais nous ne laisserons les manipulations d'un vieux timbré se dresser entre lui et nous?

Darren hésita. Bien sûr, il pouvait contacter Gabriel, lui faire savoir que ses parents étaient prêts à l'accueillir à bras ouverts... Mais était-il prêt à leur faire face? Le jeune homme se crispa légèrement, ce qui ne passa pas inaperçu parmi les Mangemorts, attentifs à sa réponse, et qui virent ses doigts se crisper violemment sur l'accoudoir.

Non. Il avait besoin de temps. Encore un peu de temps. Il voulait une famille, il voulait sa famille. Mais se révéler à eux...

C'était trop tôt. Il inclina la tête.

-Je lui parlerai lorsqu'il reviendra de mission.

-Quand?

Draco eut l'étrange impression que lorsque l'homme répondit à sa question, il souriait, et ne put s'empêcher d'ouvrir de grands yeux étonnés.

-Je ne sais pas.

-Dites-lui qu'il peut venir. Quand il le voudra. Fit Voldemort, parlant pour la première fois de la soirée.

Darren se tourna vers lui, et opina du chef.

-Je n'y manquerai pas.

Il reprit son livre. La conversation était terminée.

o-O-o

Durant les jours qui suivirent, Gabriel observa les Malfoy avec encore plus d'intensité qu'à l'ordinaire. Leurs paroles durant la soirée au coin du feu l'avaient bouleversé, et il avait énormément de mal à se décider. Que faire? Ils prétendaient ne pas se soucier de son ancienne identité, être prêts à l'accueillir à bras ouverts, quelles que soient ses origines... Mais pourraient-ils réellement affronter la personne qu'il était, les épreuves qu'il avait traversées, et surtout, les souillures de son corps, si différent de la pureté de leur sang et de leur lignée? Tout en eux n'était que pureté, et lui était sale, marqué par les hommes comme un être indigne.

Son corps était impur, son âme, corrompue. Il avait du sang sur les mains, était un assassin, un mercenaire. Il prenait des vies pour de l'argent, sans hésiter, sans jamais se poser de questions. Et pourtant, tout puissant qu'il fût, jamais il n'avait réussi à se protéger des Dursley, des moldus qui avaient infligé la flétrissure ultime à son corps mortel, jamais il ne s'était défendu, jamais il n'avait levé la main sur eux.

La vérité était qu'il était un lâche, méprisable et répugnant, digne seulement des flammes de l'enfer et de la honte. Il était une tache sur le nom et le blason de sa famille, et pourtant, malgré toute sa peur et sa crainte de les salir, il les voulait. Il voulait se révéler à eux, leur dire la vérité, se blottir dans les bras de ses parents comme un tout petit enfant, découvrir ce qu'était une relation fraternelle, d'avoir un père qui vous aime et une mère qui s'inquiète sincèrement pour vous...

Il voulait...

-Gabriel est-il revenu de mission?

Il s'immobilisa dans le couloir qu'il était en train de parcourir, et jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule, avant de se détourner. Derrière lui se tenaient Draco, Severus, Voldemort, Lucius, Bellatrix et son mari.

-Pas encore. Fit-il avant de reprendre son chemin.

Il sentit confusément que Draco faisait un mouvement vers lui, et s'arrêta, avant de se retourner pour leur faire face complètement.

-Qu'est-ce que vous cachez?

Son... frère avait les poings serrés, la posture rigide, la mâchoire crispée, et ses yeux brillaient de colère.

-Je vous demande pardon? S'enquit poliment Gabriel.

-J'ai dit « qu'est-ce que vous cachez? »! Arrêtez de mentir! Je sais que vous nous mentez, mais pas à quel sujet! Alors dites-le! Dites-le nous! Il est mort? Gravement blessé? Ou alors... vous ne l'avez jamais vu?

Il s'était approché d'un pas menaçant, et se tenait à présent tout près de Gabriel, qu'il saisit soudain au collet. Le mercenaire ne bougea pas.

-Hein? Qu'est-ce que vous nous cachez, espèce de traître?

Brutalement, il repoussa le capuchon, dévoilant les cheveux noirs de l'autre, et les yeux émeraude si familiers... Mais il n'y avait pas de cicatrice, et la tignasse désordonnée qui avait été celle de Harry Potter était ici longue et soyeuse, attachée en une longue queue de cheval sur sa nuque. Très doucement, Darren posa une main gantée sur les doigts fins de son frère, et les desserra avec délicatesse avant de faire un pas en arrière.

-Les mercenaires sont tenus au secret, Draco. Dit-il gentiment. Mais Gabriel n'est pas mort, je te le promets. Il va bien. Sa mission s'est juste un peu prolongée, voilà tout.

Et avec un doux sourire visible à la manière dont ses traits se détendirent derrière le masque, il effleura brièvement la joue du jeune homme, du bout des doigts, puis recula d'un pas et se détourna, remettant son capuchon en place.

o-O-o

Deux jours plus tard, la méfiance vis-à-vis de Darren Frost et de sa relation à Gabriel Alexander Malfoy avait augmenté de façon exponentielle, et c'est à peine si les Mangemorts et leur Maître toléraient encore sa présence. Mais ils avaient besoin de lui, de son savoir et de ses capacités, et ils tâchaient donc de passer outre leur énervement, sans pour autant se priver de lui témoigner toujours plus de froideur, voire même de la haine. Draco ne pouvait plus le voir sans avoir envie de lui casser la figure, et les adultes Malfoy se retenaient à peine de le stupéfixier pour l'attacher à une chaise et l'interroger jusqu'à ce qu'il avoue tout ce qu'il savait sur leur fils.

Le jeune homme, cependant, ne semblait pas s'en formaliser, et continuait ses activités tout à fait naturellement, comme si rien de ce qui se passait autour de lui ne l'affectait. Et pourtant, Salazar savait qu'il en souffrait.

Mais le temps n'était pas venu, et puis, il avait besoin de plus... il ne pouvait pas, pas encore.

Pas encore.

Bientôt.

C'est ainsi qu'arriva le jour d'une mission particulièrement difficile au Ministère, où ils devaient s'infiltrer pour récupérer toutes les données possibles sur les membres de l'Ordre du Phénix, ainsi que les codes de sécurité du gouvernement, et surtout du Département de la Justice Magique.

Tout s'était bien déroulé. Il s'était infiltré, seul, dans les bâtiments, plus silencieux qu'une ombre, plus discret qu'un murmure. Il rasait les murs, indiscernable, et avait obtenu les documents sans la moindre difficulté, en faisant des copies pour être certain que personne ne se rende compte de son intrusion.

Ensuite, il était reparti, ou plutôt, il avait commencé à se diriger vers la sortie... où l'attendaient une bonne douzaine d'Aurors, ainsi qu'une vingtaine de membres de l'Ordre du Phénix. Or, il était sûr et certain de n'avoir déclenché aucune alarme. Il n'avait pas eu le temps de s'appesantir sur les causes de sa découverte, cependant, car il avait eu fort à faire avec les trente-cinq adversaires qui lui étaient tombé dessus avec rage, fermement résolus à ne pas le laisser s'échapper.

Ils avaient failli réussir.

Il s'en était fallu d'un cheveu, mais Tonks s'était pris les pieds dans sa robe d'uniforme, et s'était effondrée sur Dumbledore, qui lui-même était tombé sur Maugrey, déséquilibrant Shacklebolt, et ainsi de suite. Et Gabriel avait pu s'enfuir. Il avait pris la cheminée jusqu'aux Trois Balais, à Pré-Au-Lard, profitant de ce que le bar soit fermé à cette heure de la nuit, et de là, avait transplané pour différentes destinations complètement éparpillées, avant de revenir au Manoir de Serpentard, complètement épuisé, les vêtements en lambeaux, plusieurs membres l'épaule gauche déboîtée, la cheville droite foulée, des lacérations et des brûlures partout sur le torse, et les jambes en compote à force de se déplacer physiquement et magiquement en dépit de l'état dangereusement bas de ses réserves magiques. Les dégâts infligés par le côté de la « Lumière », par-dessus le marché, n'arrangeaient rien à l'affaire, et c'est en boitant lourdement qu'il pénétra dans le manoir, se dirigeant vers ses quartiers sans même remarquer les têtes qui sortirent du petit salon où les Mangemorts se réunissaient chaque soir.

Il se dirigea vers sa chambre, balança les papiers volés sur son bureau, puis se planta devant le grand miroir et retira sa cape, son masque et son t-shirt, annulant le glamour sur ses yeux et ses cheveux par la même occasion.

Il y eut une exclamation. Surpris, il releva les yeux, et se figea.

Le miroir, loin de ne refléter que sa propre silhouette, montrait également celles de ses parents, Draco, ses amis Serpentard, Lord Voldemort et le reste des Mangemorts de Première Classe. Et il était dos à eux.

Gabriel ferma les yeux. Il n'y avait plus aucun sens à essayer de se cacher: ils avaient vu son dos, vu ses cicatrices, vu ses cheveux et son visage. Ils avaient tout vu.

Ils savaient qui il était.

Il y eut un silence pesant alors qu'ils le détaillaient des yeux, et il se força à rester immobile, attendant leur réaction sans toutefois se détourner du miroir. Il avait mal, atrocement mal, la douleur s'était propagée dans tout son corps, à présent, et il devait faire un immense effort de volonté ne serait-ce que pour rester debout. Mais il ne pouvait pas baisser sa garde, pas maintenant. C'était trop dangereux.

-Alors c'est ce que tu nous cachais... Dit finalement Draco d'une voix blanche.

Leurs yeux, vert d'eau d'une indifférence calculée, et gris écarquillés, se rencontrèrent dans le miroir. Gabriel hocha la tête.

-Pourquoi cette comédie?

Le jeune homme soupira légèrement.

-Comédie? Ce n'était pas une comédie. Je suis Darren Frost.

Un silence, toujours aussi lourd. Ses jambes se plièrent sous lui, et il grimaça, la sueur au front, avant de s'appuyer sur le dossier de la chaise la plus proche. Personne ne fit un geste pour l'aider, et il s'en sentit étrangement reconnaissant, et aussi... déçu? Il faillit hausser les épaules, puis se ravisa, étant donné l'état dans lequel était son bras gauche, mieux valait éviter les mouvements brusques.

Sans un mot, il se laissa tomber sur la chaise, et fit venir à lui la trousse de secours qu'il gardait toujours sur lui. Il n'était pas sûr que Severus accepterait de l'aider, surtout au vu de son ancienne identité, et il préférait éviter de se faire empoisonner pour une revanche morbide. Si mourir ne lui faisait pas peur, il se réservait quand même le droit de choisir l'heure et la meilleure façon de partir.

-Que s'est-il passé? S'enquit soudain Voldemort, et il lui jeta un regard aussi étonné que reconnaissant pour la diversion.

-Je ne sais pas, grommela-t-il en se penchant sur sa cheville foulée, tout allait bien jusqu'à la sortie. Je suis tombé dans une embuscade de l'Ordre et des Aurors.

-Combien?

Gabriel haussa les épaules et grimaça de douleur.

-Une trentaine. Répondit-il néanmoins. Mais ils ne savent pas que j'ai pris quelque chose. J'ai pris mes précautions.

Il se redressa après avoir conjuré un bac de glace pour sa cheville, et fit bouger le miroir pour avoir une meilleure vue de son torse couvert de sang. Retenant un juron, il nettoya les plaies d'un geste du poignet, puis tendit la main vers le coffret de secours... pour s'apercevoir qu'il n'était plus là.

Son cœur fit un raté lorsqu'il l'aperçut, étroitement serré entre les bras de Narcissa, qui le regardait d'un air impénétrable, tout comme le reste de la famille. Instantanément, son visage se ferma, et il se redressa un peu plus sur sa chaise, ignorant la souffrance que sa posture déclenchait en lui. Les quatre Malfoy se défièrent du regard pendant quelques minutes, chacun d'eux refusant de détourner le regard, et puis, soudain, Draco fit un pas en avant, se planta devant lui.

CLAC!

Et lui assena une gifle retentissante.

Il y eut un silence assourdissant.

-Espèce de salaud! Cria le blond, l'air absolument hors de lui. Comment as-tu osé?

Gris orage et vert d'eau se rencontrèrent l'espace d'un instant, et Gabriel détourna les yeux vers ses parents, ne rencontrant sur leur visage que froideur et impassibilité. Même leur regard était glacé. Son cœur se brisa en mille morceaux, si fort, qu'il fut étonné que personne ne l'entende, mais il ne s'arrêta pas à ces considérations.

Avec un sec hochement de tête, Gabriel Alexander Malfoy, précédemment connu sous le nom de Harry James Potter, aîné disparu de la Noble et Très Ancienne famille des Malfoy, se détourna et, indifférent au fait qu'il n'était vêtu que d'un pantalon, avait la cheville foulée et de nombreuses blessures, quitta la pièce, laissant derrière lui des Mangemorts de Première Classe silencieux et complètement atterrés.

Car dans ses yeux d'ordinaire si froids, ils avaient pu voir briller une lueur de désespoir confinant à la folie, une lueur de souffrance qui n'avait rien à voir avec les dégâts physiques de son corps, et pire que cette tristesse qui leur déchirait leur cœur, était l'insoutenable acceptation, la résignation, et même la compréhension que personne, pas même sa propre famille, ne pourrait vouloir de lui. Ne pourrait l'aimer.


Soupir. Draco, mon ami, on ne t'a jamais dit qu'il y avait des moments où il vaut mieux fermer sa grande g***le?
Enfin...
Alors, qu'est-ce que vous en avez pensé? Soupe ou pas soupe?
Cette pauvre auteure a toujours besoin d'affection!
REVIEW?
P.S: Je ne me suis jamais foulé la cheville, mais je crois bien qu'on met de la glace, non?