Oh, mais que vois-je? Ne serait-ce pas le chapitre 3? *Se frotte les yeux* Mais si! Et en plus, il est carrément long!
Que vous avez de la chance, les jeunes XD! J'ai réussi à le finir avant demain! Car oui, demain, je pars en vacances, donc pas de chapitre avant deux semaines, je pense...
Donc, dites-moi ce que vous en pensez...
Je voulais aussi remercier toutes les personnes qui m'ont laissé des reviews, j'ai répondu à tout le monde... je crois^^!
Wala wala... Bisoux tout le monde et...
REVIEW?

P.S: Ah oui, et je ne me suis pas relue *rougit de honte*, je l'avoue, donc dites-moi si vous voyez des énormités!


Titre: Mensonges

Auteur: Tango Dancer

Couple: HP/LV(TJ)

Résumé: Harry reçoit une lettre. Son monde bascule: toute sa vie n'est que mensonges. Il quitte les Dursleys, change de camp, et rejoint sa véritable famille pour abattre le véritable Seigneur des Ténèbres, celui qui se cache sous le masque de la Lumière. Light!Bashing, Good!Dark Side, HP/LV!

Avertissements: UA. Certains personnages sont changés, des événements ont lieu qui ne sont pas dans les livres, et les livres 6 et 7 ne sont pas arrivés.
Dumbledore, Ron, Hermione, le camp de la Lumière en général vont s'en prendre plein la figure, à quelques exceptions près.
Homophobes, passez votre chemin, j'ai horreur de l'intolérance, et ceci est une fic dont le couple principal est homosexuel. Voilà.
Et ne m'envoyez pas de reviews pour m'enfoncer, ça ne servira à rien du tout à part vous attirer une réponse cinglante. J'accepte volontiers les critiques constructives et respectueuses, en revanche.

Dans ce chapitre: Langage! Et insinuations sexuelles!


Chapitre 3:

Gabriel était penché sur une table, observant une grande carte de l'Europe étalée sur le bois plusieurs fois centenaire mais dans un état impeccable, ses subordonnés autour de lui, écoutant silencieusement ses instructions, et ignorant soigneusement les Mangemorts qui l'observaient depuis le mur opposé. Il n'avait aucunement l'intention de les laisser interrompre son briefing simplement en étant présents, et de toutes façons, étant donné qu'ils l'avaient rejeté, il n'avait plus d'autre solution -non qu'il en ait considéré d'autre, d'ailleurs- que de reprendre le cours normal de sa vie, c'est-à-dire rester solitaire.

-Vous recevrez les plans des bâtiments ce soir, et j'attends de vous que vous les ayez mémorisés en détail demain matin à la première heure. Simulations à neuf heures. Je ne tolèrerai pas la moindre bavure sur ce coup, est-ce clair?

-Oui monsieur. Répondirent-ils d'une voix basse mais ferme, et il se redressa avec un sec hochement de tête.

-Des questions?

Les yeux dorés de Jay se posèrent sur lui, calculateurs et presque défiants.

-En effet... t'es-tu remis de tes blessures, Darren?

Le jeune homme plissa les yeux, percevant parfaitement le sous-entendu: il avait été blessé, ce qui n'était pas arrivé depuis des années, et s'était donc fait prendre. En d'autres termes, par cette question, le mercenaire insinuait qu'il était faible. Une lueur dangereuse dans le regard, il répondit néanmoins d'une voix calme:

-Ce ne sont pas tes affaires, Sangsue, et je suggère que tu restes à ta place avant que je ne t'y remette...

La menace était claire, l'atmosphère, lourde. Jay fit un pas en arrière, les prunelles sombres, mais inclina la tête.

-Disposez. Ordonna Gabriel d'un ton métallique, et ils se dispersèrent.

L'assassin rassembla ses papiers d'un geste de la main, les protégeant d'une pléthore de sortilèges et malédictions, avant de les tendre à Dawn, qui était restée là. La jeune femme, plus âgée que lui, était, sinon une amie, une compagne d'armes en qui il avait une certaine confiance, et il savait que les documents ne risquaient rien avec elle. Sans un mot, elle les prit et s'éloigna en direction de ses quartiers. Gabriel, lui, jeta un bref coup d'œil aux sorciers qui l'observaient toujours, mais les ignora, tourna les talons et prit la direction de la bibliothèque.

o-O-o

Qu'ai-je fait?

La question ne cessait de se répéter dans l'esprit de Draco Malfoy, alors qu'il regardait la silhouette fuyante de son frère pour la énième fois cette semaine. Sept jours, cela faisait sept jours qu'il était revenu de cette mission au Ministère, blessé et affaibli et que lui, son frère, l'avait frappé en l'insultant presque.

Sept jours que Gabriel, l'enfant chéri des Malfoy, perdu depuis toujours, élevé par une famille de moldus barbares et qui le haïssaient, avait quitté la pièce avec cette lueur de démence naissante mêlée à de la résignation dans les yeux, sept jours qu'il les évitait sans en avoir l'air, sept jours que son regard vert d'eau était devenu plus impénétrable que les murs d'une forteresse.

Ses parents n'osaient plus l'approcher, et les Mangemorts non plus, et ce n'était pas faute d'avoir essayé, mais la première fois n'avait pas été concluante, et ils préféraient le laisser seul pour le moment, même si leur cœur saignait à l'idée d'avoir fait tant de mal à leur fils chéri. Car ils savaient, aussi pénible que cela soit, qu'ils n'avaient jamais rien fait pour mériter sa confiance, et il le leur avait bien fait comprendre lors de leur première et dernière tentative pour le coincer et l'obliger à s'expliquer, et qui avait débouché sur un désastre, des menaces de mutilation sérieuses, et un dos raide qui s'éloignait, après que deux yeux vert d'eau leur aient infligé la brûlure d'un regard aussi meurtrier que glacial. Gabriel, après s'être autorisé à tenter sa chance une première fois et s'e^tre fait rejeter, avait abandonné tout espoir, et laissé tomber.

Sous leurs yeux impuissants, il s'était renfermé sur lui-même, avait cessé de lire en leur compagnie le soir, et occupait ses journées à des activités productives pour la guerre plus que pour lui-même. En d'autres termes, il s'entraînait, mangeait, dormait, travaillait sur des plans de bataille et des stratégies, s'entraînait encore, partait en mission, et le cycle recommençait.

Pourquoi, pourquoi était-il allé frapper son frère en l'agressant rageusement, alors qu'il savait pertinemment qu'il avait eu une existence difficile jusque-là, et que d'après ses propres paroles, il avait regretté devoir partir, mais avait peur d'être rejeté? Rejet qui s'était produit, comme il l'avait craint et prévu, sauf que cela n'avait pas été pour les motifs qu'il pensait.

Il se souvenait de cette première discussion avec l'assassin Darren Frost, oh, il n'avait pas oublié! Car à la lumière de la révélation de sa véritable identité, elle prenait une toute autre tournure, et toutes ces hésitations, ces secrets, ce doux sourire et le léger effleurement de sa joue par les doigts gantés du mercenaire... revêtait un sens nouveau qu'il n'aurait jamais pu imaginer dans ses rêves les plus fous.

« Gabriel était... incertain quant à votre acceptation de lui. Je suppose que vous connaissez son ancienne identité... »

« Harry Potter. Harry Potter qui, manipulé, ignorait tout de sa famille, a été élevé pour vous haïr, vous mettre des bâtons dans les roues, a envoyé son propre père à Azkaban sans le vouloir. Harry Potter qui est censé tuer le Seigneur des Ténèbres, ou être tué par lui. En d'autres termes, tout vous prédispose à le haïr et il n'est pas... prêt à affronter cela. »

Tout vous prédispose à le haïr, et il n'est pas... prêt à affronter cela.

Assis au coin du feu, Draco enfouit son visage dans ses mains, les doigts dérangeant ses mèches blondes impeccablement arrangées sans qu'il y prête la moindre attention.

Qu'avait-il fait?

Comment avait-il pu? Comment avait-il pu faire cela à son propre frère, quand il savait à quel point il avait souffert?

-Draco?

Une main se posa sur son épaule, et il releva la tête, pour rencontrer le regard inquiet de Blaise. Le reste du groupe se tenait debout à quelques pas en arrière du métis, et le jeune homme se redressa.

-Ça va?

Il acquiesça sèchement de la tête. Pansy plissa les yeux, tandis que Théo fronçait les sourcils d'un air désapprobateur, imité par Daphné et les autres.

-Arrête de mentir, Draco. Surtout que c'est une tentative assez pitoyable.

Ils prirent les sièges disponibles, l'entourant ainsi en guise de soutien tacite, et cette fois, c'est Daphné qui prit la parole.

-Ce n'est pas ta faute, Draco. Il détourna la tête, et l'inquiétude céda la place à la colère. Regarde-moi! Ce n'est pas de ta faute, tu comprends! Si Gabriel est comme ça, si les choses en sont au point où elles en sont, c'est d'abord à cause de ses ravisseurs, et ensuite de ses moldus! Tu n'y es pour rien, tes parents n'y sont pour rien!

-Je l'ai frappé, Daphné.

-Tu étais choqué, c'est compréhensible. Raisonna Théo. Et d'ailleurs, ça m'étonnerait qu'il t'en veuille.

Des prunelles couleur d'orage se rivèrent sur lui, reflétant toute la colère et l'incrédulité du Serpentard.

-Tu plaisantes? Pourquoi nous éviterait-il, s'il ne nous en veut pas?

Le jeune Nott soupira d'un air condescendant, et lorsqu'il reprit la parole, c'était d'un ton qui ressemblait plus à celui d'un adulte qui explique quelque chose de très simple à un enfant particulièrement obtus.

-Il a peur de s'attacher, Draco, ça me paraît évident.

L'autre le dévisagea sans comprendre.

-Ce que tu dois comprendre une bonne fois pour toutes, c'est qu'il a été battu, blessé et insulté, rabaissé plus bas que terre par la seule famille qu'il ait jamais connu pendant seize ans de sa vie. Autant dire qu'il n'a pas souvenir d'avoir jamais reçu de l'affection de la part de qui que ce soit, et se croit selon toute probabilité indigne d'être aimé. La seule chose pour laquelle on le reconnaît et le complimente, c'est son talent pour tout ce qui est combat, assassinat, etc.

-En d'autres termes, embraya Blaise, il pense que vous avez raison de le rejeter, que votre réaction est normale, et donc que s'il vous laisse tranquille, tout redeviendra comme avant.

-Surtout que, si tu m'en crois, il s'était laissé espérer. Reprit Daphné. C'est assez courant, chez les enfants battus, et tu sais qu'il y en a plein à Serpentard, je ne comprends comment tu as pu passer à côté d'un raisonnement aussi simple. Gabriel a espéré, même si c'était inconscient, trouver une famille aimante, mais lorsque tu l'as frappé, il a eu ce qui ressemblait à une confirmation de l'idée que personne ne pourra jamais vouloir de lui, et que, comme on le lui a enseigné, les émotions sont une faiblesse, parce que ton geste lui a fait mal, Draco. Donc, il veut s'en débarrasser, et redevenir un bloc de glace impassible et dépourvu de sentiments.

Le blond ouvrit de grands yeux catastrophés.

-Mais... que faut-il que je fasse? Il refuse même de nous regarder!

Une pause, puis Blaise reprit la parole, ses yeux bleus rivés sur le visage de son ami.

-Va lui parler. Dit-il simplement.

-Mais...

-Va lui parler, Draco. Répéta Pansy.

-C'est la meilleure chose à faire. Confirma Théo. Plus tu attends, et plus il s'éloigne. Ne le laisse pas disparaître une deuxième fois, Drake. Même s'il n'en est pas conscient, il n'y survivrait pas.

-Va lui parler. Renchérit Daphné avec un signe encourageant de la tête.

-Il est dans les jardins. Le renseigna le métis, alors que son ami se levait, l'air déterminé.

o-O-o

Le Seigneur des Ténèbres avait extraordinairement bon goût quand il s'agissait de l'arrangement de sa propriété et des hectares qui allaient avec.

Telle avait été l'impression que le parc du Manoir avait faite sur Gabriel lorsqu'il s'était lancé dans l'exploration des jardins, et avait parcouru durant des heures les allées délimitées par des buis plusieurs fois centenaires, soigneusement entretenus, en admirant les arbres et les fleurs artistiquement combinées et disposées en massifs ravissants.

Il aimait particulièrement le petit étang, entouré d'un espace d'herbe vierge et grasse, et dans les eaux duquel un saule pleureur venait tremper ses longues tresses de verdure. Son épais feuillage lui offrait l'ombre dont il avait besoin si la chaleur se faisait trop forte, et l'eau pouvait le rafraîchir comme lui offrir une occasion de nager pour se délasser, ou s'entraîner, au choix. L'espace qui entourait l'étendue d'eau constituait également un excellent terrain d'exercice où il était sûr de ne pas être dérangé, et il venait juste de terminer une séance d'entraînement.

Debout sur la berge, il observait l'eau en silence, les yeux mi-clos pour se protéger de la réverbération, vêtu seulement d'un haut noir moulant, dont les manches s'arrêtaient quelques centimètres au-dessus du coude, et de son habituel pantalon de combat noir, combiné aux bottillons en peau de dragon de la même couleur. La tenue soulignait sa silhouette athlétique, mettant en valeur les muscles de son tronc, la longueur de ses jambes et la courbure de ses reins.

-Je vois que vous appréciez mes jardins.

Gabriel, qui l'avait entendu venir, ne montra pas le moindre signe de surprise, ne leva même pas les yeux.

-Vous avez du goût.

Voldemort s'approcha jusqu'à se tenir debout à sa hauteur.

-C'est un endroit où personne ne va jamais.

-Ils ont tort. Dit simplement l'assassin. C'est magnifique.

Un silence.

-Comment êtes-vous devenu Darren Frost?

Gabriel lui jeta un bref coup d'œil, et le coin de ses lèvres se souleva en un fantôme de sourire.

-Droit au but? Voilà qui n'est pas très Serpentard de votre part, Lord Voldemort.

Le Seigneur des Ténèbres haussa les épaules et ne répondit pas. Personne ne parla pendant un long moment, jusqu'à ce que le jeune homme reprenne la parole.

-A l'âge de quatre ans, mon oncle m'a battu pour la première fois. Il m'avait frappé jusqu'à ce que je puisse à peine respirer, et m'avait laissé pour mort à l'arrière de la maison, sachant que personne ne me verrait ici, et que je n'avais aucune chance de m'en tirer. C'était la nuit. Je pense qu'il espérait que je meure, mais il n'avait pas compté sur le fait que j'étais un sorcier, alors que c'était la raison pour laquelle il me battait.

Il fit une pause, le regard perdu dans le vague, conscient qu'à côté de lui, le Seigneur des Ténèbres l'écoutait attentivement.

-Ce soir-là, j'étais aux portes de la mort. Mais dans un ultime effort de volonté, j'ai transplané sans le faire exprès, dans la rue. Et j'ai atterri aux pieds d'Alex.

-Le patron de l'OGED?

Gabriel confirma de la tête.

-Lui-même. Il était avec Dawn, qui n'avait alors que dix ans, et dont c'était la première mission. Ils m'ont emmené au quartier général, m'ont soigné, et renvoyé chez moi. Ils savaient qui j'étais, bien entendu, et ils sont revenus régulièrement, pour vérifier que je n'étais pas mort, me soutenir, et, finalement, me proposer de rejoindre leur organisation. Je ne sais toujours pas pourquoi ils l'ont fait, mais j'ai accepté. Je me suis entraîné sans relâche. Comme mes journées étaient bloquées par les corvées que m'assignait ma tante, nous utilisions un retourneur de temps pour m'entraîner au même titre que les autres, mais pour une raison qui m'échappe toujours, j'apprenais beaucoup plus vite qu'eux.

Il s'interrompit brièvement.

-Dawn disait que j'étais doué, elle le pense toujours, je crois, et Alex, que j'ai ça dans le sang.

Silence.

-Et ensuite? Comment avez-vous fait pour combiner Poudlard et les missions?

Gabriel eut un petit rire amer.

-L'une des premières choses que l'on m'a apprises est d'adapter mon corps à un rythme de vie où le sommeil n'a que très peu de place. Et si jamais elles sont vraiment d'une importance telle qu'il m'est impossible de les effectuer de nuit, alors j'utilise un retourneur de temps. Ce n'est plus nécessaire à présent, cependant.

Voldemort acquiesça pensivement. Effectivement, maintenant que Gabriel avait révélé son existence, et donc la fin de sa supercherie à Dumbledore, il ne pourrait jamais retourner à Poudlard, et aurait tout le temps qu'il voudrait pour se consacrer pleinement à son métier de mercenaire.

-Jamais je n'aurais imaginé que Saint Potter, comme aimait à vous appeler Draco, était en réalité Darren Frost.

Gabriel ricana.

-Comme on peut se tromper.

-En effet. Sourit le Seigneur des Ténèbres.

Ils restèrent immobiles pendant quelques instants supplémentaires, puis Voldemort se détourna.

-Merci de m'avoir répondu.

Il reçut un hochement de tête pour toute réponse, et s'éloigna, disparaissant rapidement derrière les buis... au moment-même où quelqu'un d'autre pénétrait dans la clairière. L'assassin soupira.

-Gabriel...

Il se raidit, mais se retourna lentement pour faire face à son frère. Le blond l'observait avec une curiosité mêlée de crainte et d'hésitation, et il soupira derechef, avant de se détendre un peu pour l'inciter à parler. Mais le garçon semblait paralysé par quelque chose d'invisible.

-Que veux-tu?

La question, sèche, sembla suffire à Draco, qui sortit de sa transe, et fit quelques pas en avant. Il y avait une lueur déterminée dans ses yeux couleur d'orage, et Gabriel haussa un sourcil, intrigué malgré lui.

Draco s'arrêta à un mètre à peine de lui, et le regarda dans les yeux, relevant le menton dans un geste de défi.

-Parler.

-Parler? Répéta Gabriel, sceptique.

-Parler.

L'aîné secoua la tête d'un air las.

-Ne te force pas, Draco. C'est bon.

-C'est bon et tu comprends, c'est ça?

L'agressivité du ton du Serpentard le fit se raidir, particulièrement lorsqu'il vit que ses yeux étaient étrécis, comme ceux d'un chat en colère.

-Arrête ça, Gabriel. Ce que j'ai fait l'autre jour... c'était stupide, et je le regrette. Je n'aurais pas dû te frapper, je n'aurais jamais dû lever la main sur toi, je ne comprends même pas ce qu'il m'a pris... Enfin si, je sais, se corrigea-t-il, mais... Tu veux bien m'écouter? Tu n'as pas besoin de répondre ou quoi que ce soit, juste... écoute, d'accord?

Il y eut un silence alors que Serval le mesurait du regard, puis...

-Très bien.

Soulagé, Draco lui lança un sourire, puis inspira profondément.

-Je suis quelqu'un de très fier, d'arrogant même, mais tu le sais, après toutes ces années à Poudlard avec moi. Ces dernières semaines, nous t'avons retrouvé, ce qui est en soi extraordinaire, mais nous t'avons aussi perdu une seconde fois, et cela a été extrêmement douloureux pour Père et Mère. Pour moi aussi, bien sûr, mais contrairement à eux, je ne t'ai jamais vraiment connu. Tout ce que j'ai jamais eu comme preuve de ton existence, ce sont leurs dires, et des photos. Or, ce sujet était très douloureux pour eux, et nous ne l'abordions jamais. Quant aux photos, Mère ne pouvait en voir une sans se mettre à pleurer, et Père, sans s'enfermer dans son bureau pour boire jusqu'à l'inconscience.

Il fit une pause pour reprendre sa respiration.

-Il y a une semaine, lorsque nous avons découvert qui tu étais vraiment, nous étions tous choqués. Parce que tu étais Darren Frost, oui, mais aussi parce que tu avais été sous notre nez pendant tout ce temps, parce que nos parents avaient souffert sous tes yeux sans que tu réagisse, et tout cela était... déroutant, et cela m'a mis en colère. Je... J'ai horreur de voir Mère souffrir, et toi, tu étais à la source de toute cette souffrance, et alors que tu aurais pu faire quelque chose pour l'apaiser, tu as préféré laisser faire... C'est ce qui m'a mis hors de moi.

Silence. Le visage de Gabriel était impénétrable, et Draco se surprit à désespérer d'y trouver un jour une lueur d'empathie, ou de pardon. Si son frère ne revenait pas, que feraient-ils? Il frissonna, secoua la tête. Il ne voulait pas y penser.

-J'ai largement eu le temps de réfléchir ces derniers jours, et Pansy, Daphné, Blaise et Théo m'ont aidé à voir clair dans ton jeu.

Le plus âgé des garçons arqua un gracieux sourcil en entendant cela, intrigué. Draco croyait avoir compris?

-Je ne te ferai pas part de mes conclusions, poursuivit le Serpentard, mais je veux que tu saches, que tu peux croire en nous. Tu peux baisser ta garde autour de nous, jamais nous ne t'abandonnerons. Mère l'a dit plus tôt, et elle le pense toujours, comme Père et moi-même. Tu es de notre famille, Gabriel, et qui que tu aies été, quoi que tu aies fait, quel que soit ton passé, nous t'aimons, et cela ne changera pas.

Il marqua un temps d'arrêt, avant de reprendre, les yeux résolument rivés dans le regard vert d'eau de son frère.

-Alors je t'en prie, Gabriel, je t'en supplie, ne te coupe pas de nous, ne nous laisse pas une deuxième fois. Reviens vers nous, vis avec nous, reprends la place qui est la tienne au sein de la Noble et Très Ancienne Famille des Malfoy.

Il se tut, attendant la réponse de son frère avec angoisse, oubliant même de respirer tant il était tendu. Les prunelles de Gabriel le détaillaient sans merci, et il avait l'impression qu'elles le mettaient à nu, que son aîné dévoilait le moindre de ses secrets et de ses émotions, ses pensées et son être de ce seul examen.

Le silence se prolongeait, Gabriel ne bougeait pas. Draco baissa les yeux, le cœur serré, les yeux brûlants. Il était trop tard. Il avait trop attendu pour réagir, et son frère avait déjà écrasé toutes les émotions qui le liaient à eux. Il ne reviendrait pas. Accablé, il attendit, tout son corps se crispant alors qu'un léger bruissement l'informait du mouvement de son aîné... Persuadé qu'il allait le frapper, il ferma les yeux, prêt à recevoir le coup, les insultes, le rejet...

Quelque chose effleura sa joue, et, surpris, il releva la tête, si vite que sa colonne vertébrale craqua. Mais il n'y prêta pas la moindre attention.

Car Gabriel se tenait là, debout à trente centimètres de lui, et que le bout de ses longs doigts fins était posé avec délicatesse contre sa joue, dans un geste d'infinie douceur, tandis que son regard vert d'eau semblait le caresser tant il était empreint de douceur. Les lèvres du plus jeune des Malfoy s'entrouvrirent, mais l'autre lui coupa l'herbe sous le pied, et lorsqu'il parla, ce fut d'une voix rauque, cassée, étrange.

-Je ne suis... pas quelqu'un de bon, Draco. Je n'ai jamais eu de famille, je n'ai pas la moindre idée de la manière d'être un bon grand frère, ou un fils exemplaire. J'ai des vices, je tue comme je respire, et c'est même la seule chose que je sache faire correctement. Si... tes -nos parents veulent toujours de moi, je veux bien... essayer... de faire partie de votre famille, mais... Je suis un solitaire à la base, tu comprends? Je serai dur, distant, et parfois, je dirai sans doute des choses qui vous blesseront, mais c'est parce que je suis avant tout un assassin, un combattant. Alors je veux bien... essayer... ce ne sera pas facile... tu comprends?

Les yeux écarquillés, Draco dévora son aîné du regard, incapable d'enregistrer qu'il avait réussi, qu'il l'avait fait, que Gabriel, son Gabriel, avait accepté, qu'il tenterait de devenir partie intégrante de la famille, qu'après toutes ces années de souffrance, ils seraient enfin au complet, qu'il avait dit oui! Un immense sourire étira ses lèvres sans même qu'il s'en rende compte et, impulsivement, il se jeta en avant, enroula ses bras autour du cou du mercenaire, et le serra contre lui de toutes ses forces, enfouissant le visage dans le creux de son épaule et murmurant, telle une litanie sans fin: « merci, merci, merci, merci, merci. ».

Serval, de son côté, s'était figé lorsque son frère l'avait enlacé, mais après quelques secondes et en entendant les mots suintants de sincérité de son cadet, il ne put retenir un léger sourire, et lui rendit son étreinte, serrant doucement la taille fine du jeune homme contre lui d'une main, et caressant ses cheveux pâles de l'autre.

Et l'espace d'un instant, l'avenir s'éclaira.

o-O-o

Lorsque Draco et Darren entrèrent ensemble dans la salle de séjour, tous les regards se tournèrent vers eux, et se firent scrutateurs lorsque les Mangemorts et leur Seigneur remarquèrent à quel point ils marchaient près l'un de l'autre. Les deux jeunes gens s'assirent sur le divan, et un signe discret du cadet eut tôt fait de rassembler les adultes et le reste des Serpentard. Il y eut un silence alors qu'ils attendaient que l'un des deux garçons prenne la parole, et finalement, après une concertation silencieuse et un signe de tête de son frère, c'est le plus jeune des Malfoy qui parla.

-J'ai parlé à Gabriel tout à l'heure. Il a décidé d'essayer de faire partie de notre famille. Dit-il simplement.

Les yeux de Narcissa s'illuminèrent de joie tandis qu'ils se remplissaient de larmes, et plusieurs rides disparurent du visage de Lucius, qui laissa le coin de ses lèvres se recourber en un léger sourire.

-Mais il a quelques petites choses à préciser.

-Des conditions? Déduisit aussitôt Severus.

-En quelque sorte. Intervint Gabriel. Tout d'abord, vous devez savoir que nul au sein de l'Organisation ne connaît ma véritable identité. Alex et Dawn me connaissaient en tant que Harry Potter, mais personne ne sait que je suis en réalité Gabriel Alexander Malfoy. Ce qui signifie que lorsque je suis en leur présence, vous ne m'appellerez pas Gabriel, ne ferez aucun geste d'affection, ne changerez pas d'attitude envers moi. En public, je suis Darren Frost, nom de code, Serval. Est-ce clair?

Ils acquiescèrent en silence, médusés. Il s'était exprimé d'un ton dur, presque métallique, autoritaire et qui ne souffrait pas de discussion. C'était cela ou rien, et ils en étaient conscients, même si les Malfoy sentaient leur cœur saigner en entendant leur fils bien aimé leur parler de cette manière. Cela n'aurait pas dû se passer ainsi. Rien n'aurait dû se passer ainsi, et pourtant, ils étaient là ce soir, écoutant parler leur enfant qui leur donnait des instructions en insistant sur le fait que c'était une question de vie ou de mort, pour lui, et pour eux.

-Autre chose, poursuivit Gabriel en s'approchant de la fenêtre, je n'ai strictement aucune expérience en ce qui concerne les... relations familiales. Et avant d'être votre fils, je suis un soldat.

La dernière phrase avait été prononcée avec une étrange douceur, les yeux rivés sur les adultes Malfoy, mais le visage impassible. Il y eut un silence tandis que les Mangemorts présents digéraient les consignes du jeune homme, avant que ce dernier ne reçoive une série de hochements de tête et d'accords quant à ses demandes. Satisfait, il inclina légèrement le menton, puis reprit:

-J'ai remarqué que vous aviez tendance à négliger le combat au corps à corps et à l'arme blanche. Si vous voulez mon avis, vous devriez vous y entraîner.

-Tu nous apprendrais? S'enquit Narcissa, les yeux brillants.

Le jeune homme acquiesça, l'ombre d'un sourire aux lèvres. Draco sauta sur ses pieds en claquant des mains avec enthousiasme.

-Allons-y maintenant!

Il prit la main de son aîné avec une nonchalance qui n'alla pas sans causer des mouvements de surprise, mais Gabriel ne protesta pas, et se contenta simplement de donner une petite secousse sur son bras pour l'arrêter un instant.

-Attends. Pour commencer, je vais vous faire une démonstration avec Dawn, si elle est disponible, pour vous montrer comme ces arts peuvent être utiles, et ensuite, nous évaluerons votre niveau pour vous entraîner en fonctions de vos connaissances.

Tout le monde étant d'accord, il se dirigea, le masque en place, vers l'aile réservée aux mercenaires et frappa à la porte de la jeune femme, qui ne put s'empêcher d'arquer un sourcil en voyant l'attroupement dans le couloir. Son visage était également dissimulé par le tissu noir, et ils ne purent que se demander si les assassins connaissaient les traits de leurs partenaires.

-Darren?

-Dawn. Est-ce que tu accepterais de les entraîner avec moi et de leur faire une démonstration de corps à corps et d'arme blanche d'abord?

-Oui, bien sûr. Répondit-elle sans hésiter. Attends-moi une seconde, il faut que je récupère mon artillerie.

La porte se referma, puis se rouvrit quelques minutes plus tard, pour dévoiler la mercenaire, masquée, enveloppée dans son manteau gris dégradé, et probablement armée jusqu'aux dents. Ils prirent la direction du terrain d'entraînement, et les sorciers s'installèrent dans les gradins qui entouraient l'arène, tandis que les mercenaires se débarrassaient de leur cape, et se faisaient face, debout au milieu.

Ils se mesurèrent du regard un long moment, parfaitement immobiles, leur corps tendu comme un arc, leur magie pulsant lentement mais avec force autour d'eux, les mains vides et aucune arme visible sur eux, et puis soudain...

Ils bougèrent.

Si vite, que les sorciers qui les observaient faillirent les perdre de vue. Dawn tenta de couper la respiration de Gabriel d'un violent coup de point dans l'estomac, mais il para avec aisance, riposta avec un coup de pied fouetté qui l'obligea à rouler sur elle-même pour atterrir sur ses pieds, avant de contre-attaquer, et alors qu'ils se rencontraient à mi-chemin, le combat commença. Ils virevoltèrent, plongèrent, sautèrent, évitèrent, se défendirent, gagnèrent du terrain pour le perdre et le reprendre ensuite... Tous leurs mouvements étaient d'une grâce à couper le souffle, le moindre de leurs gestes était calculé alors qu'ils se battaient sauvagement, apparemment indifférents aux blessures qui apparaissaient graduellement sur leurs corps.

Lorsque Dawn invoqua une épée, Gabriel fit de même, une paire de cimeterres aux lames ornées de runes et de symboles extrêmement complexes se matérialisant dans ses mains, un anneau de lumière bleue s'illuminant sur la garde des armes à son toucher avec une sourde vibration.

C'était un spectacle magnifique, éblouissant, incroyable. Et pendant une demi-heure, les Mangemorts et leurs enfants purent assister à ce combat épique, opposant deux membres très haut placés d'une Organisation de tueurs à gages à l'efficacité légendaire. Et l'un d'entre eux était des leurs.

Le duel s'acheva lorsque l'épée de la jeune femme alla se planter à quelques mètres d'elle, et que Darren la força à s'immobiliser, ses cimeterres croisés juste sous sa gorge.

Par la suite, les deux mercenaires formèrent des groupes parmi les Mangemorts, les divisant entre combattants avancés et novices, soit Voldemort, Lucius, Bellatrix, Rodolphus et Rabastan d'un côté, et tous les autres avec les « débutants ». Et les cours commencèrent.

Voldemort, constata très vite Gabriel, était particulièrement doué pour le combat: récupérer le corps de ses vingt-cinq ans lui avait fait un bien fou tant au niveau mental que physique, et non seulement il était en pleine forme, mais il avait déjà de solides connaissances en arts martiaux et dans le maniement de l'épée, qu'il avait appris, ainsi qu'il l'avouerait plus tard, dans la Chambre des Secrets quand il était encore à Poudlard, avant de se perfectionner chez un maître japonais. Et l'aîné des Malfoy l'affronta souvent, même si, la plupart du temps, il sortait vainqueur des affrontements, qui se faisaient de plus en plus longs et vicieux.

Draco, quant à lui, se montrait fort prometteur: il était extrêmement motivé, écoutait attentivement, et s'entraînait avec acharnement, même si les autres Mangemorts n'étaient pas en reste, car ils avaient parfaitement compris que maîtriser ces arts, c'était mettre toutes les chances de leur côté pour la bataille finale, et survivre à la guerre contre l'Ordre du Phénix et le Ministère. Alors ils étaient très attentifs, et suivaient à la lettre les consignes des assassins.

o-O-o

Deux semaines passèrent sans événement majeur après cela. Draco et Gabriel s'étaient beaucoup rapprochés, mais l'assassin se montrait méfiant envers les adultes, une conséquence des traitements qu'il avait reçu des grandes personnes depuis sa plus tendre enfance, d'après Severus et Voldemort. Manipulation, coups, souffrance, c'était tout ce que les adultes lui avaient jamais donné, et il avait donc énormément de mal à accorder ne serait-ce qu'un semblant de confiance à ses parents, et surtout, à reconnaître leur autorité.

Mais le couple Malfoy se contentait d'y aller doucement, d'avancer pas à pas, et de ne pas le brusquer, même si, par moments, ils avaient l'impression qu'ils allaient hurler d'impatience ou se mettre à pleurer -dans le cas de Narcissa- devant la lenteur désespérante à laquelle ils progressaient, alors que leur fils cadet semblait avoir capturé le cœur de son aîné, et s'entendait très bien avec lui, malgré leurs antécédents malheureux.

Le jeune homme, cependant, faisait des efforts pour apprendre à connaître ses parents, et avait recommencé à s'installer avec eux dans le salon pour passer la soirée autour d'un verre de Bièrraubeurre ou de Whisky Pur Feu, ce qui leur avait d'ailleurs permis de découvrir qu'il tenait parfaitement l'alcool, contrairement à sa personnalité Harry Potter, et leur avait mis la puce à l'oreille: qu'est-ce qui avait été réel, et qu'est-ce qui avait été simulé avant qu'il ne découvre ses origines? Gabriel, cependant, n'était pas prêt à leur parler de cela, et ils n'avaient donc pas posé la question, se contentant d'observer et d'attendre, attendre qu'il puisse leur confier ses secrets.

o-O-o

-Tiens, tiens, tiens, mais qu'est-ce que nous avons là? Est-ce que ce ne serait pas le nouveau jouet de notre estimé leader?

Draco se retourna brusquement, et se retrouva face à face avec le mercenaire Jay, dont les yeux dorés le détaillaient avec malveillance.

-Alors, on est en manque? On va voir son maître pour se faire baiser?

Le jeune homme pâlit en entendant les mots crus, mais se redressa néanmoins.

-Je ne sais pas de quoi tu parles, et j'apprécierais beaucoup que tu évites ce genre d'expression vulgaire.

Jay ricana.

-Tu préfères peut-être que j'emploie d'autres mots plus... explicites? Tu es quoi, pour Darren? Sa catin? Son trou personnel? Hmm?

Le rouge aux joues, le cadet des Malfoy sortit sa baguette.

-Retire ce que tu as dit!

Un sourire carnassier aux lèvres, l'autre le désarma sans peine, et se pencha en avant, le plaquant contre le mur en lui maintenant les poignets au-dessus de la tête. Draco frissonna de dégoût et fronça le nez lorsque l'assassin parla, et que son haleine lui balaya la figure. Il était près de lui, beaucoup trop près, et il se raidit lorsque Jay se colla contre lui, et qu'il sentit quelque chose de dur contre sa cuisse.

-Ou peut-être que tu en veux plus? S'il n'est pas disponible, je suis sûr que je pourrais trouver quelque chose à faire avec ton joli petit cul...

-Lâche-moi immédiatement!

Mais la protestation indignée de Draco se transforma en couinement lorsqu'une main le toucha à travers ses vêtements, et il ferma les yeux pour retenir ses larmes lorsqu'une bouche vorace s'écrasa contre la sienne, et qu'un corps trop puissant pour lui se frottait contre le sien, plus frêle. Salazar, qu'il regrettait, en ce moment, d'avoir hérité de la carrure fragile de sa mère!

Gabriel, Gabriel, Gabriel... Non, non, non...! Par pitié, non, pas ça!

Déjà, Jay le caressait, et il se débattait faiblement, autant que le lui permettait la poigne de fer de son agresseur, mais celui-ci était un mercenaire surentraîné, un tueur solide comme le roc, de plusieurs années son aîné, alors que lui-même n'était qu'un sorcier de seize ans sans réel savoir ou qualifications pour se défendre... Mais il continua de se débattre, sans se rendre compte qu'il s'était mis à pleurer malgré lui, et décidé à ne pas se laisser violer sans résister, ne serait-ce que pour rendre son frère fier de lui... En dépit de la souillure...

Une brusque secousse alors que l'assassin commençait à glisser sa main dans son pantalon, puis un bruit de verre brisé, et le cri, la voix si familière:

-Draco!

Soudain conscient qu'il était libre, Draco ouvrit les yeux, et découvrit les Mangemorts de Première Classe debout dans le couloir, l'air absolument horrifié, ses parents en première ligne alors que sa mère, qui avait hurlé, se ruait vers lui et le prenait dans ses bras, complètement terrorisée. Oubliant qu'il avait seize ans, était un Sang-Pur et un Mangemort en présence d'autres serviteurs du Seigneur des Ténèbres, et de Voldemort lui-même, le jeune homme s'accrocha aux robes de sa mère et laissa librement couler ses larmes, enfouissant son visage dans son giron et la laissant le consoler de la peur, la honte, l'horreur qu'il venait de vivre...

-Espèce d'ordure!

L'exclamation, un sifflement, plutôt, les sortit tous de leur transe, et ils reportèrent leur attention sur le mercenaire qui était en ce moment en train de lutter pour ne pas tomber par la fenêtre, la partie supérieure du corps passée à l'extérieur tandis que Darren était penché sur lui, et lui martelait le visage de coups de poings.

-Comment... as-tu... osé? Poursuivit Serval en le projetant contre le mur du couloir, sans se soucier des dégâts que le verre brisé infligeait à son subordonné.

Il s'approcha à grands pas de l'homme légèrement sonné, et le souleva par la gorge.

-J'avais donné des ordres. J'avais dit: « les Malfoy sont intouchables ». J'avais dit: « les Mangemorts sont intouchables ». Nous sommes en mission pour le Seigneur des Ténèbres, et non seulement tu désobéis à deux de mes ordres directs, mais tu enfreints le Code! Comment... as-tu... osé?

Jay cracha du sang sur le sol. Gabriel le secoua furieusement par les épaules, et aboya:

-Réponds!

Un regard mauvais se riva sur lui.

-Quoi, tu voulais garder ta petite pute pour toi tout seul, Darren? Tu crois que je ne vous ai pas vus, à vous tenir la main et vous faire des câlins? Si c'est pas mignon... l'assassin et le fils à Papa... Et en plus, il est faible...

Il fit une pause.

-Il est faible... Tu es faible! Je te défie! Tu n'es pas fait pour nous mener, et je n'accepterai plus ta loi à partir d'aujourd'hui! Je te défie! Défends ton titre si tu le peux!

Silence. Darren le lâcha, et fit un pas en arrière, le dévisageant avec incrédulité.

-Tu... me... défies? Toi?

Une pause. Et puis, soudain, un rire amer, moqueur, si froid que les Mangemorts en eurent froid dans le dos avant que, aussi vite qu'il s'était mis à rire, Darren reprenne son sérieux.

-Très bien, Jay, j'accepte le défi. Un combat à mort, avec témoins. Compte sur moi pour te détruire, espèce de sous-ordure! Siffla-t-il, les yeux brûlants de haine. Je suis le provoqué, donc je te donne rendez-vous dans une demi-heure sur les terrains d'entraînement. Fais tes prières, le soleil ne se lèvera pas pour toi demain.

L'autre se contenta d'un rictus méprisant et se détourna, disparaissant au coin du couloir.

-Darren?

L'interpellé se retourna, et découvrit Dawn, accompagnée des trois autres mercenaires, qui avaient tous l'air tendu, et plus ou moins en colère.

-Dawn. Je vous attendrai au lieu de rendez-vous dans une demi-heure. Vous servirez de témoins pour l'Organisation, et s'ils acceptent, Lord Voldemort, Severus Rogue et Lucius Malfoy pour le monde sorcier.

Les trois personnes en question acquiescèrent, et le jeune homme les remercia d'un signe de la tête, avant de se tourner vers la femme.

-Tu m'excuseras, mais je dois aller me préparer.

-Bien sûr. Fut la réponse, toute simple.

Gabriel s'éloigna, et les mena jusqu'à sa suite, où ils s'installèrent, conjurant des fauteuils, tandis que le mercenaire se plantait devant Draco, toujours blotti dans les bras de sa mère. Très doucement, il glissa une main sous la joue du garçon en larmes, et l'obligea à tourner la tête vers lui, et le regarder dans les yeux.

-Ne t'en fais pas, Dray. Murmura-t-il avec ferveur. Je vais détruire cette ordure. Il ne te fera plus jamais rien. Je le jure sur mon âme et ma magie.

Les orbes orage s'écarquillèrent en entendant la promesse, mais déjà, Gabriel s'était détourné avec une ultime caresse du bout des doigts sur la joue, et avait ouvert son armoire, révélant un stock d'armes tout à fait impressionnant. Armes à feu, armes blanches, baguettes magiques et artefacts rares, potions, tout y était. Il en sélectionna sans même les regarder, se harnachant avec l'aisance d'un soldat vétéran, un sourire sombre, mais particulièrement vicieux aux lèvres.

-Gabriel...

L'assassin se retourna vers son frère, et sourit avec douceur.

-Ne t'inquiète pas. Je ne risque absolument rien. Il brigue ma place depuis des années, et j'ai enfin l'occasion de m'en débarrasser. Laver l'affront qui t'a été fait dans le sang est un bonus.

-Tu vas vraiment le tuer?

Le sourire rassurant se changea en rictus de prédateur, et une lueur haineuse apparut dans les yeux vert d'eau du mercenaire.

-Oh oui.

Et c'était presque un ronronnement.


Alors, qu'en avez-vous pensé? Il y a eu de l'interaction Gabriel/Voldemort, la réconciliation Gabriel/Draco... Comment avez-vous trouvé tout ça, d'ailleurs? J'ai essayé que ça ne paraisse pas trop facile, genre pouf! Gaby a pardonné à Drake, mais bon... ^^
Et j'ai aussi apporté des réponses à certaines questions que beaucoup d'entre vous se posaient...
REVIEW?
Mon manque d'affection se porte mieux, mais... j'ai besoin de reviews, de beaucoup de review pour survivre, BLol!