Coucou tout le monde! Oui, je sais, vous avez envie de me taper, mais n'oubliez pas que si vous me tuez, il n'y aura pas de suite!
Enfin, je sais que je suis en retard -très en retard, et je suis sincèrement désolée: je vous avais promis le chapitre pour le 24, sauf que le changement d'air et de décor m'ont complètement coupée de l'histoire, et le soir du 24, je n'avais pas écrit une ligne. Et ensuite... eh bien, ensuite, il se trouve que les scènes de combat détruisent mon inspiration, c'est comme de l'insecticide, lol!
Ce chapitre est donc un peu plus court que les autres, mais j'ai fait de mon mieux pour qu'il soit à la hauteur des trois premiers tout en répondant à bon nombre d'interrogations et de critiques que l'on m'avait faites (clash entre les Sang-Purs et l'utilisation de techniques de combat moldues, problème de la réussite de la mission si l'on élimine un membre du groupe, etc.).
Dites-moi donc ce que vous en pensez... Une p'tite review pour l'auteur?

Ah, les reviewers anonymes! Je voulais vous dire que même si je ne peux pas vous répondre directement, je vous remercie du fond du coeur pour vos reviews, qui me font toujours vraiment très plaisir! Merci beaucoup!

Mesdames, Messieurs,
C'est avec regret que je vous annonce le décès du système de réponse aux reviews de ce site fabuleux qu'est . D'une utilité immense notamment pour l'expression de la gratitude de l'auteur, ce brave outil a rendu l'âme dans la nuit de mardi à mercredi, et a rejoint son créateur.
Qu'il repose en paix.

En clair, pour les dernières personnes enregistrées sur le site qui m'ont laissé des reviews, j'ai essayé de répondre, mais y'a pas moyen^^! Désolée! Mais bon, le moteur de recherche remarche enfin après deux semaines de panne, on ne va pas se plaindre, Blol!


Titre: Mensonges

Auteur: Tango Dancer

Couple: HP/LV(TJ)

Résumé: Harry reçoit une lettre. Son monde bascule: toute sa vie n'est que mensonges. Il quitte les Dursleys, change de camp, et rejoint sa véritable famille pour abattre le véritable Seigneur des Ténèbres, celui qui se cache sous le masque de la Lumière. Light!Bashing, Good!Dark Side, HP/LV!

Avertissements: UA. Certains personnages sont changés, des événements ont lieu qui ne sont pas dans les livres, et les livres 6 et 7 ne sont pas arrivés.
Dumbledore, Ron, Hermione, le camp de la Lumière en général vont s'en prendre plein la figure, à quelques exceptions près.
Homophobes, passez votre chemin, j'ai horreur de l'intolérance, et ceci est une fic dont le couple principal est homosexuel. Voilà.


Chapitre 4:

Gabriel avait fini de se harnacher. Très calme, il était parfaitement préparé, déjà concentré sur le combat à venir, et s'apprêtait à passer en ce qu'il appelait son « mode analyse », c'est-à-dire une phase durant laquelle il inventoriait tout ce qu'il savait de son adversaire, capacités spéciales, mouvements favoris, habitudes, manies, armes de prédilection, etc. Mais alors qu'il se tournait vers la porte, une voix impérieuse l'arrêta.

-Un moment.

Les sourcils froncés, il se retourna, et regarda le Seigneur des Ténèbres, dont les yeux carmins n'étaient que calcul et froideur, très différents de l'intérêt qu'ils avaient reflété lors de leur seule et unique conversation.

-Qu'y a-t-il? Fit l'aîné des Malfoy d'un ton teinté d'impatience. Il avait un type à tuer, une occasion à saisir, une opportunité qu'il avait attendue pendant si longtemps...

-Je suis toujours le commanditaire de cette mission, et je m'interroge quant aux répercussions que ce duel et la mort de l'un des agents volontaires pourraient avoir sur sa réussite. En d'autres termes, est-il nécessaire de tuer cet homme, et est-ce que cela ne risque pas de mettre en péril la réussite de l'opération?

La main toujours figée au-dessus de la poignée, Gabriel sembla hésiter, puis se détourna de la sortie d'un mouvement sec. Il ne s'en éloigna pas, cependant, et resta debout très droit, les épaules carrées et les pieds légèrement écartés, presque au garde-à-vous. Son visage était impénétrable alors qu'il semblait réfléchir à la question.

-Non. Dit-il. Au contraire, écarter Jay est un point positif pour nous. Et cela ne fera que renforcer la sécurité. Ce type est une nuisance, cela fait longtemps que je cherche à m'en débarrasser.

Voldemort haussa un sourcil presque narquois.

-Oh, vraiment? Peut-on savoir pourquoi?

Le jeune homme inclina la tête.

-En effet. Nous sommes, à l'OGED, une organisation de mercenaires à formation militaire, aux ordres du gouvernement, mais autorisés à effectuer des missions lucratives pour notre propre bénéfice. Cependant, lorsque nous sommes assignés à un groupe, un leader est toujours désigné, qui a carte blanche, et dont les ordres ne peuvent être contestés. Notre team n'est pas nouveau. Bien qu'ils soient officiellement volontaires, mes hommes savent quelles sont les limites à ne pas franchir, connaissent mes capacités, savent que je suis le plus qualifié pour établir les lignes de conduite à suivre, et donner les ordres. Ne pas suivre les directives du leader est une faute qui peut être tolérée en des circonstances exceptionnelles, mais pas de manière systématique, et surtout pas de la façon dont c'est arrivé aujourd'hui.

Il fit une pause, le regard dur, puis reprit:

-Il se trouve que Jay ne cesse de me défier depuis déjà plusieurs années. A chaque fois, je l'ai remis à sa place, sans pour autant recourir à des mesures aussi extrêmes qu'un duel. Mais c'est la première fois qu'il invoque son Droit.

-Qu'est-ce que ça veut dire, exactement? S'enquit Bellatrix, l'air curieux.

Deux orbes vert d'eau la fixèrent, imperturbables malgré le fait que c'était cette femme qui avait tué son parrain.

-Nous fonctionnons comme des loups. Lorsqu'un défi est lancé au dominant, celui-ci se doit de le relever. En cas de victoire de sa part, cela ne fait qu'asseoir un peu plus son autorité sur la meute, tandis que dans le cas contraire, l'autre le tue et prend sa place. C'est une manière particulièrement efficace de s'assurer que les plus forts et les plus compétents soient toujours aux commandes, et qu'ils soient respectés pour leurs connaissances et leur savoir-faire. Techniquement et d'après le Code, je n'aurais pas pu refuser le défi de Jay sans perdre ma crédibilité face à mes hommes, et donc mettre la mission en danger.

Draco pinça les lèvres, ce qui ne passa pas inaperçu, car Gabriel, comprenant parfaitement les pensées amères de son frère et voulant le rassurer discrètement, ajouta:

-Cependant, je n'ai pas accepté uniquement pour cela. Je tuerai Jay, Draco, non seulement car il est un danger pour cette mission à force de me défier et d'être un traître potentiel, mais également parce qu'il a osé porter la main sur toi. C'est enfreindre un ordre direct, dont j'avais mentionné que le non-respect serait puni de mort. J'ai horreur des mutins et des brutes, mais plus que cela, j'abhorre les violeurs.

Il se tourna vers le Seigneur des Ténèbres, le regard sombre.

-Cela vous rassure-t-il?

L'autre le dévisagea, prenant son temps pour analyser son attitude, puis inclina lentement la tête.

-Si vous garantissez que cela ne nuira pas à la qualité de vos services.

-Je convoquerai Rouge. Il est un élément prometteur, que j'avais l'intention de recruter depuis un moment. Je pense qu'il viendra.

Une pause.

-Autre chose?

Comme personne ne répondait, il inclina la tête et se détourna, mais hésita, la main sur la poignée.

-Je suggère que ceux d'entre vous qui avaient encore des doutes quant à l'utilisation des moyens de défense moldus observent attentivement ce duel. Je pense que vous le trouverez très... instructif.

Son regard s'attarda sur eux tous, indéchiffrable, et puis, sans un mot, il sortit. Ils le suivirent en silence dans les couloirs jusqu'aux terrains d'entraînement, où ils retrouvèrent Jay, Dawn et le reste des mercenaires qui les attendaient. Les témoins se saluèrent d'un signe de la tête tandis que les spectateurs allaient s'installer dans les gradins. Les deux adversaires, en revanche, n'échangèrent pas de poignée de main: l'un d'entre eux allait mourir aujourd'hui, dans après un combat où toute leur haine, les années de mésentente et d'insubordination, d'humiliation et de ressentiment culmineraient pour leur donner la rage de vaincre.

-Les termes du duel sont les suivants, énonça Dawn. Duel à mort. Tous les coups sont permis.

Il était évident qu'ils ne l'écoutaient déjà plus. Jay et Serval se fusillaient du regard, déjà prêts à dégainer leurs armes.

-Allez-y.

Un silence de plomb tomba sur l'arène au signal, tandis que les deux ennemis s'observaient sans rien dire, figés à leur place. L'atmosphère était étouffante, chacun retenait sa respiration en attendant de voir qui serait le premier à attaquer, qui cèderait d'abord. Les Malfoy regardaient la scène avec une angoisse croissante, conscients que la fin du combat pourrait très bien amener celle de leur fils miraculeusement retrouvé, anxieux à l'idée de le perdre encore mais pour de bon, cette fois, terrifiés en pensant que, peut-être, leur famille serait amputée d'un de ses membres d'ici quelques heures... Narcissa glissa une main dans celle plus large de son mari, cherchant du réconfort auprès de son époux, et passa un bras autour des épaules de Draco, qui, pour une fois, se laissa faire sans protester. Un peu plus loin, Lord Voldemort observait le manque de décorum soudain des aristocrates réputés, mais ne pouvait que ressentir de la compassion, et aussi... de l'inquiétude? L'homme fronça les sourcils et reporta son attention sur l'arène, et la silhouette solitaire mais si fière de celui qui avait un jour été son pire ennemi.

Le jeune homme se tenait très droit sans pour autant être tendu, et chaque muscle de son corps criait la décontraction, comme s'il ne se sentait pas le moins du monde concerné par ce qui se passait autour de lui, la menace qui se tenait à quelques pas à peine, le sort funeste qui lui était réservé à la moindre erreur. Ses traits étaient fermés, impassibles, son regard ne dévoilait rien, et il se tenait fermement campé sur ses jambes, presque au repos militaire.

Un bruissement, presque imperceptible.

Jay avait bougé.

Narcissa sursauta, et retint à grand peine un cri lorsque le mercenaire surgit de nulle part, juste derrière son chef, le couteau dégainé et prêt à mordre dans la chair tendre de sa nuque. Avec un claquement sec, deux lames se heurtèrent, projetant des étincelles autour d'elles, et ils virent que Gabriel lui avait opposé une dague à lame courbe, crantée à l'assaut. Les runes gravées dans le métal pulsèrent doucement alors que les deux hommes luttaient, et étincelèrent brièvement lorsque le blond repoussa son adversaire, qui retomba néanmoins sur ses pieds sans la moindre difficulté.

Jay gronda, les dents découvertes en un rictus animal, et lança plusieurs sortilèges informulés aux couleurs particulièrement repoussantes, mais l'aîné des Malfoy se projeta en l'air d'une détente puissante, et, à l'issue d'un superbe salto en avant, atterrit juste devant lui, lui décochant un crochet du droit magistral avant de recourir à son tour à la magie. La faible distance qui les séparait à présent, cependant, avait fait de lui une proie facile pour son ex-subordonné, et il ne put éviter les trois maléfices suivants. Un bouclier hâtivement conjuré le débarrassa des deux premiers, mais le troisième le heurta de plein fouet, et il fut projeté en arrière.

Jay en profita pour se redresser, et récupérer son arme, qu'il rangea vivement tout en invoquant... des salamandres. Les reptiles cracheurs de feu se ruèrent aussitôt sur Gabriel, espérant le rôtir, mais un mouvement rapide du poignet eut raison d'elles, et quelques secondes plus tard, c'est une nuée d'aiguilles de glace qui se ruaient à l'assaut du mutin, couvrant l'attaque de Serval. La bouche en une ligne mince, les poings serrés, le jeune homme courait d'une manière très particulière, spécialement conçue pour amortir le bruit de ses pas et être extrêmement silencieuse, et soudain, alors que les aiguilles de glace se changeaient en une multitude d'insectes qui enfermèrent Jay dans un cocon de bestioles bourdonnantes et agressives, des griffes apparurent à son poignet. Sans hésiter une seule seconde, il plongea dans la nuée.

Les secondes passèrent, interminables pour les sorciers qui n'avaient pas la moindre idée de ce qu'il se passait derrière l'impénétrable mur que formaient les insectes et puis, soudain, ils implosèrent brutalement, et ils virent que les deux hommes étaient à présent armés d'une épée courte pour Jay, d'un Katana à la garde noire et pourpre pour Gabriel, qui semblait avoir infligé plusieurs blessures notables à son adversaire, alors que celui-ci n'avait réussi qu'à lui égratigner la joue et le biceps droit.

Le combat se poursuivit ainsi, acharné, un mélange de magie en tous genres, blanches, grise, noire, magie du sang et magie runique, d'arts martiaux et d'armes blanches, mais ce qui les surprit le plus, en-dehors de l'improbable puissance et du savoir-faire stupéfiant du jeune Malfoy, c'est lorsqu'il sortit un superbe pistolet argenté gravé de runes et fit feu en plein vol.

Jay reçut une balle dans l'épaule, une au genou, et la troisième dans le bras. Sa jambe blessée l'abandonna, et il s'effondra lourdement dans le sable, tandis que Gabriel, le regard froid, retombait élégamment sur ses pieds. Lentement, il s'approcha, et repoussa le corps gémissant du bout du pied, tandis qu'une expression de profond mépris se faisait jour sur ses traits.

-Comme c'est pitoyable... souffla-t-il. Gémir comme un animal alors que tu n'as reçu que trois balles... Tu es la honte de cette Organisation.

Il leva son pistolet, et le pointa directement sur le crâne de l'homme à terre.

-Fort heureusement, je vais laver notre honneur dans le sang. Adieu.

Il y eut une détonation, mais Jay roula sur lui-même au dernier moment, agrippa ses chevilles, et l'entraîna dans ses mouvements, le faisant chuter brutalement. Le pistolet lui échappa des mains, et soudain, ils étaient de nouveau en train de se battre, sauf que cette fois, le mutin était animé par l'énergie du désespoir, et combinait la magie à ses coups. Une attaque à la tête particulièrement vicieuse laissa Gabriel sonné, mais il n'avait pas l'intention de se laisser faire, et subitement, un Expulso bien placé avait écarté Jay. Le jeune homme se releva, essuyant le filet de sang qui lui coulait au coin des lèvres avec le dos de sa main. Légèrement essoufflé, il repartit à l'assaut, mais cette fois, quelque chose avait changé.

Il était clair qu'il était sérieux à présent. Car si, auparavant, il s'était battu avec efficacité et brutalité, à présent, il y avait une envie de meurtre très claire dans tous ses mouvements, dans la manière dont chaque acte était calculé, chaque centimètre parcouru, une fraction d'un plan élaboré en quelques dixièmes de seconde. Le subordonné aux idées de grandeur ne tint pas longtemps face à cette version de Gabriel, et deux minutes à peine s'étaient écoulées depuis la reprise du duel, il avait de nouveau le canon d'un énorme Bloody Rose (A/N: Ok, faites comme si le pistolet de Zero dans Vampire Knight était un vrai, d'accord? J'en ai pas trouvé d'autre, et puis franchement, passer trois heures sur internet à chercher l'image du flingue que j'ai en tête... sans le nom de l'objet en question... vous voyez le tableau^^!).

Un sourire narquois, un regard glacial au fond duquel brillait une sombre satisfaction, et puis soudain, une détonation.

Le corps de Jay le mutin retomba inerte sur le sol, une balle dans la tête.

o-O-o

Un silence religieux s'installa alors que les derniers échos du coup de feu s'évanouissaient doucement. Les Mangemorts, stupéfaits, regardaient fixement la silhouette figée et très droite de l'aîné des Malfoy, qui venait juste, à dix-sept ans à peine, de tuer un homme sans broncher, à bout portant, et avec une jubilation évidente.

-Victoire de Serval. Puissent les ombres protéger tes pas.

La voix calme de Dawn les tira de leur stupeur, et ils virent que le jeune homme avait rengainé ses armes, et semblait aussi composé qu'avant l'affrontement. Il se retourna vers eux, et inclina la tête en direction de la jeune femme.

-Puisses-tu trouver la voie.

Le reste de l'équipe s'empressa de venir indiquer sa soumission en répétant le rituel, que Gabriel compléta religieusement, avant de se tourner vers ses trois témoins côté sorcier.

-Lord Voldemort, Lord Malfoy, Lord Rogue, merci de votre coopération. La mission va maintenant pouvoir continuer en toute sécurité.

Et sans un mot de plus ou un regard en arrière, il tourna les talons et quitta les lieux. Seule une personne remarqua que sa démarche était légèrement irrégulière.

o-O-o

-Où vas-tu?

Le jeune homme encapuchonné se retourna, faisant tourbillonner les pans de sa longue cape bleu nuit. Deux yeux vert d'eau se rivèrent sur le visage sculptural du Seigneur des Ténèbres, dont l'impassibilité était néanmoins démentie par la lueur d'inquiétude soigneusement dissimulée dans les profondeurs cramoisies de son regard.

-J'ai une course à faire.

L'homme inclina la tête.

-Je vois. Quand penses-tu être de retour?

Gabriel le dévisagea en silence l'espace de quelques minutes, pesant le pour et le contre. Enfin, il décida que pour une raison qui lui échappait totalement, l'autre s'inquiétait pour lui, et que la question était plus une marque d'affection que de soif de contrôle, et répondit:

-D'ici cinq heures, six au grand maximum. Si je n'ai pas donné signe de vie demain à dix heures du matin, c'est que quelque chose d'imprévu est arrivé.

-Prends ça.

Darren accepta l'objet offert, sans se formaliser du tutoiement. C'était arrivé sans même qu'ils s'en aperçoivent, de façon toute naturelle, comme si c'était évident pour eux de s'appeler par leur prénom et de se dire « tu ». Il baissa les yeux pour détailler le bijou. Il s'agissait d'un pendentif en argent, représentant un serpent aux yeux de rubis enroulé autour d'une dague ciselée avec une minuscule émeraude en son sommet. Les deux pierres pulsaient presque de magie, et il apprécia intérieurement le magnifique travail de l'orfèvre avant de lever un regard interrogateur vers Voldemort.

-Il est pourvu de sortilèges de protection et d'un portoloin d'urgence intraçable. Si jamais tu es dans le pétrin, pense très fort à une destination, et il t'y emmènera.

Il s'interrompit en voyant l'étrange lueur qui s'était soudain mise à briller dans les yeux verts de son interlocuteur. Pour une raison qui lui échappait totalement, le jeune homme semblait ému aux larmes par ce présent, alors que vraiment... L'échange ne dura pas longtemps, car Gabriel baissa vite le nez pour retourner à sa contemplation de l'objet.

-Merci. Murmura-t-il doucement, avant de s'avancer d'un pas et de lui tourner le dos tout en lui présentant le médaillon.

Comprenant ses intentions, le Seigneur des Ténèbres repoussa doucement le lourd capuchon et mit le collier au cou du jeune homme, avant de dissimuler à nouveau ses traits, sans se priver d'effleurer des cheveux fins et une joue parfaitement lisse. Leurs regards se croisèrent l'espace de quelques instants et, prit d'une impulsion soudaine, il se baissa et effleura de ses lèvres le front pur du mercenaire.

-Sois prudent.

Puis, il s'obligea à reculer d'un pas, mais Serval continua de le contempler pour encore quelques minutes, l'air indéchiffrable, avant que, soudain, tel un rayon de soleil perçant la nuée, un léger sourire vienne flotter sur ses lèvres pâles.

-Merci, souffla-t-il derechef, et Voldemort comprit sans peine ce qu'il voulait dire.

Merci de te préoccuper de moi, merci pour le cadeau, merci de m'accepter pour ce que je suis, ce que j'ai été, ce que je fais. Merci pour tout.

La porte s'ouvrit et se referma.

Le Seigneur des Ténèbres sourit.

o-O-o

Ce soir-là, lorsque Gabriel revint, il était accompagné de trois personnes aux traits obscurcis par les plis d'un épais manteau noir. Les quatre hommes parcoururent les couloirs sans un regard pour les Mangemorts qu'ils croisaient, et ignorèrent royalement les habitués du petit salon au moment où ils le traversaient, à l'exception du Seigneur des Ténèbres, devant lequel Darren vint se planter.

-Marvolo. Tu as une minute?

Si il remarqua les regards choqués des personnes présentes au nom et au tutoiement utilisés, il n'en montra rien, et se contenta d'attendre la réponse. L'autre jeta un coup d'œil aux silhouettes encapuchonnées, hocha la tête et ferma son livre en prenant bien soin de marquer la page avant de le suivre dans son bureau.

o-O-o

La pièce qu'utilisait le Seigneur des Ténèbres pour travailler était circulaire, de grandes étagères croulant presque sous les livres s'élevant jusqu'au plafond le long des murs, de la lumière inondant les lieux par l'immense fenêtre ornée de lourds rideaux bleu sombre. Voldemort s'assit à son bureau, une véritable œuvre d'art recouverte de piles de papiers soigneusement organisées, et croisa les doigts devant lui tout en observant ses interlocuteurs d'un air scrutateur.

-Qui sont tes invités?

Le jeune homme n'eut pas besoin de répondre, car les trois inconnus venaient de repousser leur capuchon. Le mage noir haussa un sourcil.

-Oh? Trois Gryffondor, comme c'est intéressant...

-Gabriel est venu nous trouver plus tôt dans la journée. Fit Remus Lupin. Il nous a dit toute la vérité.

-Nous sommes venus vous rejoindre...

-...mais nous ne prendrons pas la marque...

-...c'est trop dangereux, renchérirent les jumeaux Weasley.

Un silence.

-Toute la vérité? Répéta Voldemort avec un regard interrogateur en direction de Darren, qui hocha la tête.

-Ils ne m'auraient jamais cru autrement.

Marvolo resta silencieux l'espace de quelques minutes, songeur.

-Très bien. Je ne vous marquerai pas, ce serait trop dangereux étant donné que vous faites partie de l'Ordre du Piaf Immortel, mais vous aurez besoin de quelque chose pour être prévenus lorsque je requiers votre présence...

-Granger avait fait quelque chose comme ça en cinquième année. Intervint le mercenaire avec un demi-sourire en entendant le surnom, tandis que Fred et George s'étranglaient presque, et que Remus rigolait franchement. Un sortilège protéiforme sur des gallions pour prévenir les élèves de la date d'une réunion.

-Il nous faudrait quelque chose que vous gardez toujours sur vous. Approuva Voldemort. Une idée?

Le loup-garou lui tendit une gourmette en or sur laquelle étaient gravés les initiales des Maraudeurs, tandis que les jumeaux Weasley, eux, posaient chacun un anneau identique à l'exception de leurs couleurs inversées sur le bureau. Quelques minutes plus tard, les trois nouveaux Mangemorts reprenaient leurs possessions et les remettaient à leur place. Le visage à nouveau dissimulé, ils quittèrent les lieux et allèrent transplaner à l'extérieur de la zone de protection du manoir. Gabriel et Marvolo restèrent seuls.

o-O-o

-Alors, quelles précautions as-tu prises? S'enquit le Seigneur des Ténèbres avec une curiosité à peine voilée.

Serval s'assit gracieusement dans un fauteuil moelleux, et se laissa aller contre le dossier avec un sourire satisfait.

-Un serment inviolable. Correctement formulés, ils sont imparables. Et de toutes façons, ils étaient vraiment furieux quand ils ont appris la vérité.

-Mmm... Je suis surpris. Je n'aurais jamais cru que tu serais allé voir des Weasley. Après ce que les autres t'ont fait...

Le mercenaire haussa les épaules.

-Fred et George sont différents. J'ai un tiers de leur magasin, bien sûr, mais ils sont... ils sont honnêtes, et loyaux. Ron n'a jamais été comme ça. Ginny n'était intéressée que par mon nom et ma fortune, de même que ses parents. Je me suis toujours bien entendu avec les jumeaux.

-Et Lupin?

Serval le fusilla du regard.

-Tu sais très bien ce qu'il en est, Marvolo, ne fais pas l'idiot.

L'autre sourit, mais ne dit rien. Un silence confortable s'installa entre eux, que Gabriel fut le premier à rompre.

-Ils vont sans doute parler à Bill et Charlie, peut-être aussi à d'autres personnes dont ils sont sûrs, mais je n'espère pas beaucoup plus. Et ils feront d'excellents espions. Personne n'irait jamais soupçonner des Weasley de s'allier avec le Seigneur des Ténèbres.

Ils ricanèrent.

-Sans compter qu'ils sont très doués pour inventer toutes sortes de... gadgets...?

Un sourire de prédateur étira les lèvres du jeune homme tandis que ses prunelles s'assombrissaient méchamment à l'idée de tout ce qu'ils pourraient faire pour mettre les inventions des jumeaux à profit. Voldemort écarquilla les yeux en voyant son expression, stupéfait par la beauté pure, sauvage et brute du jeune homme dont tout le physique semblait irradier de lumière, alors que sa personnalité et son expression, sa vie même exsudaient les ténèbres. Avec cet air carnassier, ce regard sombre dans des prunelles pourtant claires, ces cheveux blonds soigneusement coiffés et cette peau parfaite, laiteuse, et ces vêtements d'excellente facture sous lesquels se dissimulaient toutes les traces de la noirceur de son passé, le jeune homme était le portrait même d'un ange déchu.

-Marvolo?

Les inflexions inquiètes à peine audibles de la voix de Gabriel tirèrent le Seigneur des Ténèbres de ses pensées, et il reporta son attention sur son interlocuteur.

-Ça va.

-Plongé dans tes pensées?

-En effet.

Darren fronça légèrement les sourcils.

-Rien de grave? Je suis resté absent assez longtemps, il ne s'est rien passé, j'espère?

L'autre eut un sourire indulgent. L'aîné des Malfoy avait beau avoir été élevé dans des conditions particulièrement difficiles, lorsqu'ils étaient ensemble, quelque chose changeait en lui, et il s'animait comme il ne le faisait pas même en présence de sa famille. Il avait un peu de mal à comprendre cet état de faits, surtout en prenant leurs antécédents en compte, leurs affrontements, la haine qui les avait opposés pendant de longues années, mais il ne lui serait jamais venu à l'esprit de se plaindre de leur étrange relation.

Non, en fait, plus le temps passait, et plus il se découvrait des sentiments étranges et inconnus. Il chérissait presque leurs échanges, les longues conversations près du lac, là où ils s'étaient parlé pour la première fois, les débats stratégiques, penchés sur des cartes complexes, les soirées en compagnie des autres, à lire au coin du feu...

L'objet de ses réflexions se leva avec grâce, le tirant de ses pensées, et il s'aperçut alors qu'il n'avait pas répondu à la question.

-Non, tout va bien... Ce n'est rien.

Le coin des lèvres du jeune homme se soulevèrent en l'ombre d'un demi-sourire, et Marvolo se leva à son tour avant de contourner son bureau. Il s'arrêta à un mètre à peine de Gabriel, qui le dévisagea l'espace de quelques secondes, l'air perplexe. Ils se fixèrent en silence pendant un laps de temps à la fois très long et très court, sans même s'apercevoir qu'ils s'étaient rapprochés jusqu'à être sur le point de se toucher.

Voldemort pouvait voir le moindre de ses traits, son nez droit, ses yeux vert d'eau, ses cheveux fins et dorés, sa peau laiteuse, toute cette perfection à portée de main, et pourtant, lui qui ne craignait rien, avait peur, en cet instant, de briser la fragile entente instaurée entre eux par des heures de cohabitation et de coopération. Et pourtant...

Pourtant, il y avait quelque chose... quelque chose, dans le regard clair du jeune sorcier, qu'il n'aurait su définir, et qui l'invitait désespérément à se rapprocher, à l'embrasser, à le faire sien. Quelque chose qui appelait à l'aimer, comme un besoin déchirant de l'amour et de la tendresse dont son enfance malheureuse l'avait privé, et que son entraînement de mercenaire, conjugué aux épreuves et aux trahisons de sa vie de sorcier, lui avaient appris à éviter. « Tout attachement est une faiblesse. ». La règle première de tout bon assassin, de tout bon Serpentard, en dehors du cercle de la famille, bien entendu, mais Gabriel n'avait jamais eu le luxe de grandir dans un cercle familial aimant. Élevé par des moldus haineux et brutaux qui le battaient et s'amusaient à graver son « anormalité » dans sa chair, il ne savait pas ce que c'était que s'appuyer sur quelqu'un. Il avait l'habitude de ne faire confiance à personne, de faire les choses lui-même, et de n'attendre aucun soutien des autres.

Savait-il seulement ce qu'était la sécurité et le confort? Marvolo en doutait. Mais il voulait lui apprendre ce qu'était la confiance et l'amour, il voulait lui montrer qu'il y avait des gens, dans ce monde, qui ne vivaient pas que pour trahir, qui, lorsqu'ils disaient aimer, étaient sincères et sans arrière-pensées. Ce serait dur, il le savait. Mais il lui montrerait.

Alors, très doucement, il se pencha pour repousser une mèche blonde de devant les yeux vert d'eau, puis effleura une pommette satinée. Le jeune homme, à sa grande satisfaction, n'eut aucun mouvement de recul, mais se contenta de l'observer avec une expression indéchiffrable alors même qu'il laissait retomber son bras le long de son corps. Quelques secondes passèrent ainsi, puis les traits de Gabriel s'adoucirent légèrement, et il inclina la tête, faisant retomber la mèche. Le silence dura encore, et puis, il releva la tête.

Et le Seigneur des Ténèbres ne put s'empêcher d'écarquiller les yeux et d'entrouvrir les lèvres en voyant que pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, le jeune homme souriait d'un sourire de gaieté authentique, les yeux vert d'eau pétillant d'une énergie que nul n'y avait jamais vue, l'éclat presque invisible de ses dents parfaitement blanches révélé par ses lèvres écartées, et c'était une vision telle qu'il aurait voulu pouvoir l'immortaliser, graver ce sourire dans sa mémoire, au fond de sa rétine pour le revoir toujours et le chérir du plus profond de son cœur...

-Merci.

Ce n'était qu'un murmure, et il faillit le manquer, mais lorsque Gabriel se détourna et que la porte se referma derrière lui, il était certain de ne pas s'être trompé.

Lord Voldemort sourit.

o-O-o

-Je peux savoir pourquoi tu nous évites, depuis une semaine?

Darren se retourna et contint un mouvement de surprise en voyant Lucius, Narcissa et Draco debout à un mètre à peine.

-De quoi parles-tu?

Son cadet ouvrit la bouche pour une réplique bien sentie, mais la main apaisante de sa mère sur son bras le fit renoncer, et laisser son père prendre la situation en main.

-Depuis que le combat a eu lieu, tu nous évites, Gabriel. Je voudrais -nous voudrions savoir pourquoi.

Le mercenaire haussa les épaules.

-Je n'ai pas la moindre idée...

-Tu as peur?

Surpris, il jeta un coup d'oeil à Lady Malfoy, qui le dévisageait intensément.

-Peur que nous te rejetions? Poursuivit-elle. Mais c'est ridicule, Gabriel. Tu as fait ce qu'il fallait! Tu n'avais pas le choix! Et quoi que tu fasses, tu restes notre enfant, notre fils aîné, la chair de notre chair et le sang de notre sang. Nous sommes ta famille!

Elle s'approcha de quelques pas, sans jamais le quitter des yeux.

-Nous t'aimons, Gabriel. Tu as beau être un mercenaire, un assassin, tu pourrais être bossu ou Cracmol, nous n'en avons que faire. Tu es notre fils. Et nous t'acceptons tel que tu es. S'il te plaît... donne-nous une chance...?

De longs doigts fins lui frôlèrent la joue avec une douceur toute maternelle, et il ne put s'empêcher de fermer les yeux. Combien de fois n'avait-il pas rêvé de connaître cette douceur, cette chaleur que l'on ne trouve que dans le giron de sa mère? Jamais il n'avait reçu un tel amour, gratuit, sans qu'on lui demande rien en retour... Il n'avait été qu'un outil toute sa vie. Sauveur du monde sorcier d'abord, bien involontairement, tueur aux ordres de l'OGED de son propre chef, comme une rébellion implicite contre les pathétiques idéaux de Dumbledore et sa clique.

Narcissa n'attendait rien de lui que la permission de l'aimer, une place dans son cœur, une étreinte et une douceur partagée. Elle lui offrait tout ce qu'il avait toujours désiré: une famille, une protection, de l'amour, une raison de vivre autre que la vengeance. L'acceptation de sa nature monstrueuse, de son corps souillé et hideux, de son esprit malade et de son cœur brisé par les trahisons. Alors, très lentement, il prit sa décision.

Hocha la tête.

Les yeux de la femme s'illuminèrent, et avec un enthousiasme et une joie aussi sincères que profonds, noua ses bras autour de sa taille, et l'attira contre elle. Il était plus grand qu'elle d'une bonne demi-douzaine de centimètres, et resta tendu sous le coup de la surprise pendant quelques secondes, avant, finalement, de se laisser aller à la douceur du moment et de lui rendre son étreinte en l'enlaçant à son tour, pressant son corps menu contre lui et enfouissant son visage dans les cheveux fins si semblables aux siens, si ce n'est par la couleur, du moins par la finesse.

Tout à ses sensations, il avait fermé les yeux, et les rouvrit brusquement en sentant deux autres paires de bras s'enrouler autour de lui, mais l'étreinte était plus virile, plus puissante, et en même temps, étrangement réconfortante. Son père était plus grand que lui, et son cadet aussi, même si ce n'était que de quelques centimètres, mais l'espace de quelques instants, Serval, alias Darren Frost, Gabriel Malfoy de son vrai nom, anciennement connu sous celui de Harry Potter, eut le sentiment que rien ne pourrait jamais l'atteindre tant qu'il serait à l'intérieur de ce cocon familial protecteur.

Et c'était très bien comme cela.

o-O-o

Dans l'ombre, une silhouette de grande taille sourit avant de quitter la pièce pour laisser son intimité à la famille enfin réunie. Il rencontra Severus Rogue dans le couloir, qui se dirigeait vers le petit salon qu'il venait de quitter, et lui dit de ne pas s'y rendre. Gabriel Malfoy avait besoin de se rendre compte qu'il était aimé, et que certaines personnes ne l'abandonneraient jamais quoi qu'il arrive.

Il avait besoin d'être aimé avant de s'autoriser à aimer.

Et Lord Voldemort attendait avec impatience le jour où le jeune homme serait prêt à enfin donner son cœur, et recevoir le sien en retour, sans réserves d'aucune sorte.

Cœur, corps et âme, un jour, le Seigneur des Ténèbres et le Prince Mercenaire s'appartiendraient un jour.


Et voilà! Chapitre bouclé!
J'espère que vous n'avez pas été déçus, j'ai fait de mon mieux pour la scène de combat, et le reste aussi.
Gabriel s'est rapproché et de sa famille, et de Voldychou, j'ai essayé que ce soit crédible...
Enfin bref... Dites-moi ce que vous en avez pensé!
Bisoux tout le monde!
Review?

Dans la rubrique "pub" de ce journal, je voulais aussi vous signaler que j'ai écrit un oneshot LV/HP/LM un peu triste mais avec un happy end, si ça intéresse des gens, lol!

Décidément, j'aurais tout fait, aujourd'hui. Les news, la chronique funéraire, les pubs... Il ne manque plus que les potins et le sport! Mais j'y réfléchirai, j'y réfléchirai ^^!

Ah! Et je ne me suis pas relue. J'ai préféré poster tout de suite, je me sens trop coupable pour le retard *rire penaud*