Mensonges
Par Tango Dancer


Coucou les gens! Désolée du retard! Pour être honnête avec vous, jusqu'à il y a 15 jours, je n'avais pas écris une ligne de ce chapitre! Je savais ce que je voulais y mettre, mais il y avait trop de choses, et donc... Enfin bref, le chapitre est fini, c'est le dernier, mais il y aura un épilogue, que je posterai d'ici 15 jours, car je m'envole pour les Etats-Unis après-demain. Je ne pourrai donc pas non plus répondre aux reviews ou PM...

J'espère que cette suite vous plaira... J'ai passé beaucoup de temps à l'écrire, parce que je voulais que ça sonne juste, j'espère que j'y ai réussi...

Bisoux à tous!


Chapitre 5:

« Hey, Gaby?

Le jeune homme releva la tête, arqua un sourcil au surnom. Draco rosit, mais ne perdit pas contenance. Gabriel ne commenta pas.

-Oui?

-Au sujet de Tante Bellatrix... pourquoi est-ce que tu... enfin je veux dire, pourquoi...

Amusé par les bafouillages de son frère d'ordinaire si sûr de lui, le mercenaire eut un rictus narquois.

-Pourquoi est-ce qu'elle est toujours en un seul morceau alors qu'elle a tué mon parrain?

Son cadet hocha la tête.

-Tu avais l'air assez attaché à Black, alors...

-Hmm...

Il y eut un silence. Ils étaient encore une fois réunis autour du feu. C'était une soirée agréable; certains sirotaient leur Bourbon, d'autres lisaient, d'autres discutaient tranquillement. La question de Draco, cependant, attira l'attention générale, et il y eut une pause alors que chacun attendait la réponse de l'aîné des Malfoy, occupé à observer les flammes sans les voir.

-Sirius Black, dit-il enfin, était au courant de ma véritable identité. Or, il n'a rien fait ni pour dénoncer le crime, ni pour aider sa cousine ou me dire la vérité une fois évadé d'Azkaban. Peut-être pensait-il que c'était pour le mieux. Peut-être avait-il réellement mon bien-être à cœur, mais il n'en reste pas moins qu'il est resté passif alors que j'allais passer mes vacances chez des moldus relativement... déplaisants. (Les Mangemorts s'étranglèrent en entendant le monstrueux euphémisme). Quant à Bellatrix, elle n'a fait que lancer un Stupéfix. Sirius était placé au mauvais endroit au mauvais moment. Pour la majeure partie, sa mort était un accident. »

Et, sans un mot de plus, il se replongea dans son livre. La discussion était close. Bellatrix fit un clin d'œil à son mari. Rodolphus Lestrange avait dans les yeux une étincelle qu'elle n'y avait pas vue depuis bien longtemps, et le coin de ses lèvres était recourbé en un fin sourire. A l'évidence, le garçon l'impressionnait, et il l'appréciait de plus en plus. Elle se détourna. Avoir un mercenaire pour neveu rendait la vie pleine de surprises, mais elle n'avait rien contre, au contraire.

o-O-o

Les Mangemorts étaient frustrés. Penchés sur des cartes de Poudlard, cherchant un moyen de tromper les sortilèges de protection de Dumbledore pour pénétrer dans l'enceinte de l'école et neutraliser les Poulets Cramés. Malheureusement, il s'avérait fort difficile de trouver une faille sans un agent double pour les inviter à l'intérieur discrètement, et saper les anciens enchantements équivaudrait à prendre un haut-parleur et hurler « nous sommes là venez vous défendre » au vieux cinglé. Ils avaient beau se torturer les méninges, ils n'arrivaient pas à trouver de solution.

Gabriel n'avait rien à proposer, et se tenait debout dans un coin, immobile, le visage dissimulé par les ombres qui semblaient s'épanouir autour de ses chevilles, comme générées par les pans sombres de sa cape. Il n'avait pas bougé d'un pouce depuis le début de la réunion, et ses hommes non plus; on aurait pu les confondre avec des statues. Un hibou pénétra dans la pièce par la fenêtre ouverte, et laissa tomber une lettre pile devant le mercenaire, qui l'attrapa au vol et la décacheta après une pléthore de sortilèges pour s'assurer que le courrier n'était pas piégé. Il ne l'était pas, et il parcourut la missive avec rapidité, le capuchon et les ombres dissimulant sa réaction à son contenu.

Mais ce devait être grave, car il se tourna vers Dawn et lui adressa un signe de tête, avant de reporter son attention vers le Seigneur des Ténèbres et ses Mangemorts.

« Une affaire urgente. Dawn commandera en mon absence. »

Et sans un mot de plus, il fit demi-tour et se fondit dans les ombres.

o-O-o

Il ne lui fallut que peu de temps pour atteindre le point de rendez-vous, mais il prit son temps pour vérifier que ce n'était pas une embuscade. Enfin satisfait, il s'approcha de l'endroit en question, faisant bien attention à ce que ses traits soient cachés aux regards. Elle était là.

Elle sursauta lorsqu'il sortit de l'ombre, portant la main à sa poitrine, mais ne cria pas. Un bon point pour elle. Sans un mot, il éleva la lettre décachetée à hauteur d'yeux, la lui tendit.

« Est-ce vrai?

Elle tenta de percer les ténèbres, méfiante.

-Harry? Harry, c'est toi?

-Est-ce vrai? Répéta-t-il, plus lentement.

Elle se raidit, hésita.

-Oui.

-Tout?

Une lueur de défi s'embrasa dans les yeux bruns.

-Du début à la fin. Je le jure sur ma magie.

Une lueur orangée autour de son corps scella le serment et confirma ses paroles, et il eut un hochement de tête; tendit une main gantée.

-Changeons d'endroit.

De nouveau, elle hésita, peu encline à aller quelque part avec un inconnu, mais finit par acquiescer. Ils disparurent, se rematérialisèrent dans ses quartiers au Manoir Serpentard.

-Où sommes-nous?

-Que comptez-vous faire? Contra-t-il sans répondre.

Il y eut une pause.

-Suivre Harry.

Manifestement, elle ne pensait plus que le Survivant et lui ne faisaient qu'un.

-Qui êtes-vous?

Très lentement, il se retourna, laissa tomber le capuchon, retira sa cape. Elle eut une exclamation de surprise.

-Malfoy!

-Juste.

-Mais... vous n'êtes pas Draco.

-Non, en effet. Mon nom est Gabriel. Mais vous pouvez aussi m'appeler Darren, Serval... pas Harry.

Les yeux de la jeune femme s'arrondirent sous le coup de la stupeur.

-Ha... Mais... que... Harry?

Un très léger sourire courba les lèvres du mercenaire, qui inclina la tête.

-C'est bien moi, Hermione. Ou plutôt, c'était moi.

-Tu n'es plus Harry Potter...

-Je ne l'ai jamais été.

-Explique.

Son ton s'était fait impératif, comme autrefois, et son sourire se fit réel. Il désigna un fauteuil, dans lequel elle prit place, et s'installa en face d'elle; verrouilla la porte d'un geste du poignet.

-J'ai été kidnappé tout jeune par Dumbledore. Une lettre de Lily Potter m'a tout révélé le jour de mon anniversaire, et j'ai récupéré ma véritable apparence. Je travaille pour Voldemort depuis.

-Tes parents sont au courant?

Elle s'adaptait remarquablement bien, vraiment, pensa-t-il distraitement.

-Bien sûr. Ils sont très différents de la façade qu'ils présentent au public. Mais je pense que tu pourras t'en rendre compte par toi-même.

-Comme toi.

Ils se mesurèrent du regard.

-Comme moi.

La question était perceptible, et elle y répondit aussitôt.

-Je savais que tu nous cachais quelque chose. Tous ces étés où tu répondais en retard à nos lettres, le courrier qui revenait car les hiboux n'arrivaient pas à te localiser, les blessures...

-Pourquoi n'avoir rien dit?

Elle eut un rictus mauvais.

-Le vieux fou m'avait peut-être gavé de potions d'obéissance, mais il ne m'a jamais rien demandé là-dessus.

Gabriel arqua un sourcil perplexe.

-Vraiment?

Un haussement d'épaules.

-Eh bien, si, peut-être, mais je me suis toujours arrangée pour ne pas donner de réponse claire.

Il lui sourit.

-Il n'y a que toi pour rivaliser avec lui sur ce terrain.

Elle lui retourna son sourire avec les intérêts, puis s'adoucit.

-Tu es beau. Souffla-t-elle.

Il n'eut pas le temps de répondre.

-GABY! GABRIEL ALEXANDER MALFOY, OUVRE CETTE PORTE IMMEDIATEMENT!

Hermione sursauta violemment en entendant les coups brutaux que Draco assenait impitoyablement sur la porte; se retourna vers un mercenaire amusé.

-Prépare-toi à un cirque du diable. »

Elle hocha la tête, et, d'un geste, il laissa tomber les sortilèges de verrouillage. La porte s'ouvrit à grand fracas, et Draco s'effondra presque à l'intérieur, échevelé et haletant, suivi de ses parents, de Voldemort et plusieurs autres Mangemorts.

« Oui, Draco? Tu avais quelque chose à me dire, peut-être?

Le regard cramoisi de Tom s'était rivé sur la jeune sorcière dès son entrée dans la pièce, mais il ne dit rien, attendit simplement, tandis que le plus jeune des Malfoy piquait sa crise.

-Mais tu es fou, de t'enfermer dans ta chambre comme ça! Et ne pas répondre! Après la dernière fois! Maman a failli mourir d'angoisse! Et je te signale que... GRANGER! MAIS QU'EST-CE QU'IL SE PASSE, ICI, PAR SALAZAR?

-Tu te sens mieux? S'enquit calmement Gabriel, un rictus moqueur aux lèvres, qu'il n'essaya même pas de cacher.

Draco le fusilla du regard, avant de se retourner vers la Gryffondor, les lèvres pincées et les bras croisées.

-Alors, peut-on savoir ce qu'elle fait ici?

-Elle a été victime des manipulations du Poulet en Chef.

-Et donc tu la ramènes? Après tout ce qu'elle t'a fait?

Le jeune homme passa une main dans ses cheveux avec un soupir las, puis tendit la lettre reçue plus tôt à son frère.

-Lis-ça. Elle a fait un serment inviolable selon lequel tout était vrai. »

Sans un mot de plus, il se détourna, se servit un verre de Whisky Pur Feu qu'il vida d'une traite.

-Un verre, Marvolo?

L'homme, qui s'était approché en silence, acquiesça et prit le verre qu'on lui tendait, dissimulant mal son amusement à voir Hermione sauter en l'air lorsqu'elle l'aperçut juste derrière elle.

-Luna est de notre côté.

Le Seigneur des Ténèbres haussa les sourcils.

-Notre côté? Vous allez vite en besogne, Miss Granger.

Elle haussa les épaules.

-Ce salopard m'a bourrée de potions d'obéissance pour me forcer à suivre ses ordres et laisser tomber Ha... Gabriel. Si je n'étais pas partie en vacances en Australie avec mes parents sans qu'il le sache, je serais toujours sous son influence. Et en plus, il a eu le culot d'ouvrir un coffre à mon nom chez Gringotts pour y mettre des objets de valeur volés dans les coffres de Ha... Gabriel! Je ne suis pas une voleuse! S'indigna-t-elle en guise d'explication. Et après tout ce qu'il a fait à Gabriel... Je vais le tuer. Conclut-elle d'un air féroce.

-Navrée de te décevoir, ma chère, mais ce privilège m'est réservé. Intervint nonchalamment Serval.

-Je te rappelle que je m'y applique depuis plus longtemps. Objecta Marvolo. C'est donc à moi que reviendra cet honneur.

-Désolés de vous contredire, Mon Seigneur, mais il nous a volé notre enfant. Je pense que pour cela, nous méritons plus que tout autre le privilège de lui donner le coup de grâce. Fit Lucius avec hauteur.

-Et de le torturer. Ajouta charitablement Narcissa.

-Et de le torturer. Approuva son mari. Vous avez tout à fait raison, ma chérie.

La vue de tous ces Mages Noirs plus vicieux au combat les uns que les autres en train de se disputer pour savoir qui tuerait Dumbledore en premier était si curieuse, que Hermione éclata de rire.

-Vous êtes pires que des hyènes sur un cadavre. Mais je vous signale que nous n'y sommes pas encore; il reste encore du travail avant d'en arriver là.

-Sauf si, comme tu le dis, Luna est de notre côté. Intervint Gabriel avec plus de sérieux.

-Voilà qui résoudrait effectivement toutes nos difficultés de moitié. Acquiesça Voldemort.

-Il nous faut à présent un moyen de la contacter.

Il y eut une pause alors qu'Hermione leur jetait un coup d'œil surpris.

-Pourquoi? Je pourrais facilement le faire!

L'aîné des Malfoy secoua la tête.

-Trop dangereux. Le Poulet En Chef doit déjà savoir que tu t'es libérée de son emprise. Non, j'irai.

-Pas question!

-Non.

-Certainement pas.

-Tu as perdu l'esprit?

-Suicidaire, Frost? »

Le jeune homme ferma les yeux devant le concert d'exclamations scandalisées, et se frotta l'arête du nez entre le pouce et l'index. Entre Hermione, ses parents, ses oncles et tante, son frère et, de manière presque surprenante, le Seigneur des Ténèbres, il y avait de quoi attraper une migraine carabinée.

« Je ne vous ai pas demandé votre avis.

-Et je suis ton employeur.

-Nous sommes tes parents!

-Et moi ton frère!

-Mais la décision me revient. Et la mission est de faire de vous les vainqueurs. Si je le fais, nous gagnerons. Conclusion, je le ferai.

-Non. Envoie un de tes hommes.

La position de Voldemort avait de quoi étonner, mais bizarrement, il se sentit plus réconforté qu'autre chose en voyant que l'homme semblait répugner à le mettre en danger. Bien sûr, ça n'était sûrement pas dû à autre chose qu'un intérêt purement professionnel, mais... Pour une raison ou une autre, savoir que le Seigneur des Ténèbres se souciait de lui lui réchauffait le cœur d'une façon qui ne lui était pas arrivée depuis bien longtemps.

-Je ne peux pas.

Il leva les yeux jusqu'à rencontrer le regard cramoisi de Marvolo, et resta le souffle coupé par l'intensité des prunelles carmin, incapable de se détourner.

-Aucun d'entre eux ne connaît suffisamment Poudlard pour mener à bien cette mission. Et ce sera particulièrement risqué. Je ne peux pas envoyer quelqu'un d'autre à ma place et diminuer les chances de réussite. Le vieux timbré n'est pas idiot: si nous échouons aujourd'hui, il n'y aura pas de deuxième chance. Et je suis immunisé à la torture et aux sérums de vérité. S'ils me prennent, je ne dirai rien.

-Tes hommes ont suivi le même entraînement! Protesta Hermione.

Il haussa les épaules.

-Peut-être. Je reste le meilleur. J'y vais. »

La discussion était close. Ils abandonnèrent à contrecœur.

o-O-o

« Tu comptes réellement y aller?

Gabriel se retourna à demi, présentant son profil à son interlocuteur, qui retint à grand-peine une exclamation. Le jeune homme se tenait devant une immense fenêtre inondée par le clair de lune, toutes lumières éteintes. La clarté lunaire baignait la pièce et soulignait ses contours, donnant une sorte de halo argenté à son corps, faisant scintiller ses cheveux clairs sous les rayons pâles. Il esquissa un petit sourire un peu triste, ses yeux vert d'eau assombris par une étrange émotion qu'il n'aurait su nommer.

-Tu le sais bien, Marvolo.

Une pause. Gabriel se pencha pour vérifier les lacets de ses bottillons de combat.

-Tu es sûr que ça ira?

Être si proche de ceux qui t'ont trahi? Ceux qui ont fait de ta vie un enfer? J'aurais préféré ne pas en arriver là.

Serval se redressa, fit un pas vers lui. Dans l'obscurité, le Seigneur des Ténèbres vit qu'il avait une drôle d'expression, entre rictus et véritable sourire.

-Inquiet, Marvolo?

Il n'attendit pas la réponse, se rapprocha. Quelque chose accrocha la lumière de la lune alors qu'il soulevait un médaillon devant sa poitrine. Le serpent était toujours entortillé autour de la dague, ses yeux de rubis pulsant plus férocement que jamais.

-Tout ira bien.

Les mots avaient été prononcés avec conviction. Le ton était ferme. Le Seigneur des Ténèbres ne put qu'acquiescer malgré la sourde angoisse qui le rongeait.

-Je... »

Il s'interrompit, s'éclaircit la gorge. Pour la première fois de sa vie, il ne savait pas quoi dire. Gabriel se rapprocha encore. Ils étaient si proches que Marvolo pouvait sentir sa chaleur corporelle. Il frissonna.

Et puis, soudain, le jeune homme franchit les quelques centimètres qui les séparaient et effleura ses lèvres des siennes en un baiser chaste mais plein de promesses, avant de reculer d'un pas. Voldemort le considéra un instant. Rien sur son visage n'exprimait un quelconque sentiment. Peur du rejet, satisfaction, inquiétude, nervosité... aucune de ces émotions pourtant logiques après une approche de ce type n'étaient visible sur ses traits. Mais lui, Marvolo, savait ce qui se cachait derrière le masque, et doucement, il suivit l'exemple de son compagnon, inversa les rôles, l'attira à lui et l'embrassa. Ses doigts vinrent se glisser dans les cheveux dorés, et il ferma les yeux, savourant la douceur des mèches blondes, la minceur du corps musclé serré contre le sien, les bras qui vinrent se nouer autour de son cou avec lenteur, presque de l'hésitation. C'était merveilleux, et c'était irréel. C'était à la fois terriblement sensuel et chaste, tendre et passionné. C'était la promesse d'un avenir, l'espérance d'un présent, le sceau d'un passé.

Et soudain c'était fini, et il était seul dans la grande suite, avec pour seule preuve qu'il n'avait pas rêvé, la danse hypnotique des ombres au passage de son amant et un murmure fuyant.

Ne t'inquiète pas.

o-O-o

Revenir à Poudlard était plutôt déroutant, décida-t-il avec un rictus d'auto-dérision. Le château l'avait accueilli à bras ouverts, aussi étrange que cela paraisse, et il n'y avait pas un chat dans les couloirs. Littéralement. Il n'avait même pas vu l'ombre de la queue de Miss Teigne. Plus que suspicieux, c'était louche. En fait, ça empestait carrément le piège, mais il avait une mission à remplir, et il était hors de question qu'il faillisse.

Le jeune homme s'immobilisa un instant, profitant des ombres épaisses d'une alcôve pour réfléchir à la ligne de conduite à tenir. Il ne pouvait pas s'introduire dans la salle commune des Serdaigle tant qu'il n'était pas sûr de ne pas être surveillé; tout le monde savait que Luna Lovegood avait fait partie de l'A.D. et du petit groupe de « fidèles » qui avait suivi Harry Potter jusqu'au Département des Mystères, et aller là serait une révélation directe de son parti dans le conflit.

Le problème, c'est que l'abandon de son autre identité avait entraîné un départ général des Serpentard marqués ou proches de l'être, ainsi que du Maître des Potions, d'où un nombre d'alliés réduit au sein de l'école. En silence, il étendit ses sens, essayant de percevoir la menace, mais ne parvint qu'à un sentiment d'angoisse croissante. C'était silencieux, trop silencieux. Pas un portrait qui ne bougeât, pas un murmure, pas de bruits de pas des enseignants en patrouille... Même les ombres semblaient s'être figées dans leur danse solennelle.

Il ne pouvait rien faire ici. Il avait besoin d'une salle de contrôle, quelque part où il pourrait se replier, et il savait exactement où aller pour ça. Bien sûr, c'était un choix prévisible pour quiconque connaissait Harry Potter, mais Darren Frost possédait nombre de qualités dont le Survivant était totalement dépourvu, et qui lui seraient un atout décisif. Et donc, le mercenaire se glissa sans bruit vers la Salle sur Demande. Prêt à réagir au quart de tour, le jeune homme pénétra dans la pièce.

La pièce était plongée dans l'obscurité, mais il pouvait percevoir des présences. Elles n'étaient pas hostiles, plutôt neutres, et il se détendit un peu avant de fermer et verrouiller la porte derrière lui. Aussitôt, des torches s'embrasèrent le long des murs, et il ne put s'empêcher de se raidir légèrement en voyant le groupe déjà installé. Des étudiants de toutes les maisons étaient là, assis, et semblaient l'attendre. Luna et Neville levèrent la tête et sourirent en le voyant, tandis que les autres le dévisageaient avec une méfiance non-déguisée.

« Darren. Salua la Serdaigle.

-Luna. Quel accueil.

-Luna a prédit ta venue et nous a tout raconté.

Un sourcil blond s'arqua au-dessus du masque.

-Tout?

La réponse fut accompagnée de hochements de tête graves:

-Tout.

Il inclina le menton.

-Je vois. J'imagine qu'il n'est nul besoin pour moi de garder ceci, alors.

Le masque tomba autour de son cou, et il y eut plusieurs exclamations; les élèves, en particuliers les Serpentards, le dévoraient du regard.

-Bon sang, c'est vraiment un Malfoy...

Il les ignora. Il avait d'autres chats à fouetter, et se tourna vers Luna.

-Que va-t-il se passer?

Elle eut un sourire serein.

-Ses troupes sont prêtes. Il n'attendait que toi. Il a senti ta présence. Bientôt, ils attaqueront.

-Mais...?

-Mais nous aurons invité les renforts.

-La bataille?

-L'issue m'en est inconnue. Je ne peux que te guider; mes visions n'ont pas pour but de prédire le résultats des grands conflits.

Il acquiesça, balaya les étudiants du regard. Il y en avait de tous les âges, certains qu'il avait connus en tant que Harry Potter, d'autres non.

-Je vois. J'ai besoin de volontaires de Sixième et Septième Année pour garder les plus jeunes ici et les protéger. Je placerai des Enchantements sur la Salle pour vous mettre à l'abri de tout ce qui pourrait arriver, mais si Dumbledore lui-même décidait de s'y attaquer, je ne suis pas certain qu'ils tiendraient le temps qu'on arrive.

Susan Bones, Hannah Abbott, Ernie McMillan, Justin Fintch-Fletchley et plusieurs autres s'avancèrent, l'air déterminé. Il leur adressa un signe de tête.

-Les Première à Cinquième Année, vous restez là. Les autres, vous faites ce que vous voulez. Vous pouvez venir vous battre, et risquer votre vie; ou vous pouvez rester ici, et aider à protéger les plus jeunes. Quel que soit votre choix, pesez le pour et le contre, et sachez qu'il n'y a aucune honte à chérir sa vie. Je ne vous oblige à rien, et personne ne pensera du mal de vous si vous préférez éviter de combattre. »

Neville et Luna se levèrent, suivis d'une douzaine d'élèves à l'air résolu, et il inclina le menton.

-Très bien. Nous allons sortir. Neville, Luna, vous irez inviter le Seigneur des Ténèbres et son armée à l'intérieur. Les autres, venez avec moi.

Le Gryffondor et la Serdaigle quittèrent rapidement la pièce, suivis du groupe de combattants. Arrivé à la sortie, Gabriel se retourna.

-La porte fermée, vous serez protégés par plusieurs couches de Sortilèges de Protection. Ne sortez pas. Vous êtes ici en sécurité. D'accord? »

Ils acquiescèrent tous; les plus jeunes avaient l'air effrayé, mais s'efforçaient de faire bonne figure. Cela lui donna presque envie de sourire. Il n'en fit rien, leur adressa un signe d'encouragement en remettant son masque en place, et disparut. Le loquet retomba avec un claquement.

Et il commença à tisser.

o-O-o

Gabriel se figea, intima silencieusement aux autres l'ordre de ne pas faire de bruit. Ils étaient arrivés aux Grandes Portes du château, mais elles étaient barricadées, et devant elles se tenait l'armée de Dumbledore. Le jeune homme ricana intérieurement en pensant au nom de l'association de défense qu'il avait fondée en cinquième année. Le vieux timbré lui-même était là, l'air parfaitement détendu, comme si rien de ce qui allait se passer n'avait d'importance à ses yeux.

« Eh bien eh bien, qui voilà donc? Peut-on savoir pourquoi vous n'êtes pas dans vos dortoirs, jeunes gens? »

o-O-o

Immobiles à la limite des Sortilèges de Protection, ils se redressèrent en voyant les deux étudiants approcher. Tous les regards se rivèrent sur le couple alors qu'ils s'arrêtaient juste devant eux. Ils se dévisagèrent en silence. Le garçon semblait légèrement méfiant, mais pas trop mal-à-l'aise; la fille, elle gardait son éternel air rêveur.

« Mon Seigneur, salua-t-elle avec un sourire vague.

Il se contenta d'un signe de tête presque respectueux, et d'un ample geste de la main.

-Entrez donc, vous et vos compagnons.

Ils s'empressèrent de traverser les barrières, se tournèrent à nouveau vers le Gryffondor et la Serdaigle. Là-haut, les portes du château étaient grandes ouvertes; des éclairs de lumière déchiraient la nuit.

-Vite. »

Ils se précipitèrent à grand renfort de Sortilèges Accélérateurs. Les Malfoy couraient en silence, les doigts crispés sur leurs baguettes, le regard rivé sur leur destination et la mâchoire crispée. Tom, lui, pouvait déjà sentir l'aura de pouvoir subtile mais dévastatrice de leur fils aîné, et pressa l'allure encore plus si c'était possible. La distance à parcourir leur semblait infinie, mais soudain, ils l'avaient franchie, et ils se tenaient au sommet des marches du perron, observant avec stupéfaction une bande d'adolescents de seize à dix-huit ans occupés à se défendre avec rage contre Dumbledore et ses Dindes Mutantes.

Les étudiants, cependant, avaient évidemment le dessous face aux sorciers non seulement plus nombreux, mais plus âgés et plus expérimentés qu'eux, et reculaient pas à pas malgré l'aide de plusieurs adultes qui avaient manifestement été tirés de leur lit. Nymphadora Tonks, Rémus Lupin, les jumeaux Weasley et leurs frères Bill et Charlie étaient là, qui se battaient furieusement. Mais ils avaient perdu suffisamment de terrain pour être pratiquement acculés au mur, et étaient désavantagés par l'acharnement qu'ils montraient à prendre soin de leurs blessés.

Gabriel n'était nulle part en vue.

Maintenant qu'il y réfléchissait, aucun des mercenaires ne se trouvait dans leur champ de vision. Marvolo fronça les sourcils, mais secoua la tête. Un éclair vert jaillit de sa baguette. La chute du corps marqua la seconde où la véritable bataille s'engagea.

o-O-o

« C'est fait.

Serval eut un geste approbateur.

-Prenez vos positions. Ils seront là d'une minute à l'autre. »

Les mercenaires se déployèrent, se fondirent dans les ombres. Gabriel se tenait dos au combat qui opposait les Mangemorts à l'Ordre du Phénix. Les adeptes de la Magie Noire seraient désavantagés si jamais plus de Mages Blancs arrivaient, et ils auraient pour mission, son groupe et lui, de leur épargner ce léger désagrément.

Une succession de craquements trahit l'arrivée des troupes du ministère, et il se redressa, prêt à agir. Les Aurors se mirent à courir en direction des éclairs de lumière, brandissant leurs baguettes, mais alors qu'ils allaient les atteindre et s'apprêtaient déjà à surprendre les Mangemorts par derrière, une barrière scintillante s'éleva devant eux, sa couleur vert pâle illuminant la nuit tandis qu'elle s'étirait autour des nouveaux-arrivants. Les deux bouts se rejoignirent avec un étrange bruit de déchirure, et puis, soudain, des runes apparurent sur le tissu magique, rouge sang sur vert printemps, se matérialisant à partir...

« Magie du Sang!

-Magie Noire! » Hurlèrent Maugrey et un autre Auror.

… A partir des poignets tailladés de Gabriel, qui se tenait très droit, et psalmodiait des formules latines particulièrement compliquées. Le sang qui coulait de ses bras se tordait en longs filaments et formaient les runes, qui pulsaient une fois dans les airs avant de disparaître et se matérialiser sur la barrière, dans laquelle ils s'encastraient avec un bruit de métal contre le métal.

La plupart des Aurors étaient terrifiés par l'usage des Arts Cachés, mais ils furent rapidement tirés de leur stupeur par les plus expérimentés, qui commençaient à jeter sort sur sort en direction de la barrière et de son créateur dans l'espoir de se libérer. Le mercenaire, cependant, restait de marbre, et continuait ses incantations, apparemment complètement indifférent aux quantités massives de sang qu'il perdait.

« Il va bien finir par craquer... Marmonna Maugrey. Personne ne peut perdre autant de sang sans en subir les conséquences... »

Mais il ne craquait pas.

C'est alors que Dumbledore repoussa Voldemort l'espace de quelques secondes, se retourna, et jeta un sort à Serval. La lumière mauve le heurta de plein fouet. Des dizaines de plaies béantes apparurent sur son corps, preuves que le Chef Suprême de la Lumière venait juste d'utiliser un sort de Magie Noire offensive.

Gabriel s'effondra.

o-O-o

Dumbledore vit le mercenaire s'écrouler avec une satisfaction indéniable. Nul doute qu'il s'agissait de celui qui lui avait déjà mis des bâtons dans les roues lors de la précédente bataille, et le tuer serait faire d'une pierre deux coups: il se débarrassait d'un Mage Noir, et de Gabriel Malfoy, autrement dit le satané Survivant qui avait largement dépassé sa période d'utilité. Le garçon était devenu beaucoup trop dangereux, il en savait trop, et devait donc être éliminé. Surtout maintenant qu'il s'était révélé être un allié du Seigneur des Ténèbres.

Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que la quantité de sang brutalement accrue du jeune homme allait renforcer la barrière jusqu'à la mener à son seuil de tolérance. Les runes se multiplièrent de plus en plus vite, s'abreuvant de la force vitale du mercenaire à terre. Les Malfoy et Voldemort, qui s'étaient précipités vers le corps inconscient, furent soudain paralysés de même que le reste des Mangemorts et de leurs partisans. Tout se figea sur le champ de bataille.

La barrière explosa.

O-O-o

Ok... En rétrospective, peut-être que ce sort n'était pas la meilleure idée qu'il ait jamais eue. D'accord, il était efficace et avait rempli son but, mais il avait négligé de se faire couvrir, et le vieux fou en avait profité pour lui jeter un Sectumsempra. Et bon sang, ça faisait un mal de chien! Il faudrait qu'il en touche un mot à son cher parrain.

Ses membres étaient de plomb, et sa vision s'obscurcissait graduellement. Il savait qu'il était en train de mourir. Pour une raison qui lui échappait, ça lui était égal. Les gens qui le côtoyaient finissaient toujours en mauvais état, de toute manière. Et qu'aurait-il fait, une fois la guerre finie? Marié, trois enfants, un chien et une maison bourgeoise n'était pas vraiment son type, il n'avait jamais connu que le danger et l'insécurité, il serait incapable de tout laisser tomber pour devenir le sorcier moyen. Son rire moqueur s'étrangla dans un gargouillement écœurant. Dumbledore lui avait prévu ce genre de vie. Avec nulle autre que Ginny Weasley. Il frissonna.

Frissonna encore. Mais il ne pensait pas que c'était dû à l'idée d'être marié à la belette femelle, cette fois-ci. Tout son corps lui semblait insensible, glacé. Il avait froid. Un sourire amer se dessina sur ses lèvres.

Salazar, mais c'est que son sortilège frisait la perfection! Quel dommage que Dumblebeurk l'ait interrompu, il en aurait fait une véritable œuvre d'art...

Gabriel plissa les yeux. Les runes se faisaient agressives, la barrière allait exploser. S'il arrivait à canaliser et orienter la force des ondes de choc, il pourrait faire en sorte qu'elles ne touchent que les alliés de Dumbledore, les débarrassant ainsi d'une bande de nuisances... Il ferma les yeux. Garder les paupières ouvertes lui coûtait trop d'énergie, et il aurait besoin de ses dernières forces pour mener son plan à bien.

Parfaitement conscient qu'il y avait de grandes chances pour qu'il ne les rouvre plus jamais, Gabriel Malfoy garda les yeux clos et se concentra sur sa magie.

o-O-o

Deux runes se détachèrent du lot, énormes, et se mirent à pulser, aspirant toute la lumière du sort de protection, avant de se figer.

Elles éclatèrent alors en mille morceaux pour se reproduire en modèle réduit, et certaines foncèrent vers les Mangemorts et leurs alliés pour se déposer contre leur poitrine où elles se calquèrent sur leur rythme cardiaque. Les autres firent de même avec les sous-fifres de Dumbledore et du Ministère.

Pendant quelques instants, rien ne se produisit.

Et puis, la barrière explosa.

o-O-o

Il eut un sourire satisfait, le premier depuis des semaines, lorsque son plan réussit. Maintenant, il ne pouvait rien faire de plus. Il pouvait partir.

La tête de Gabriel Malfoy retomba sur le côté.


Je me suis relue, cette fois. Je crois^^!

Haha, ça vous a fait un choc, hein? Soyons francs: c'est un caprice de l'auteure qui venait de lire une fic ou Hermione était du côté de Harry. Vous pouvez remercier l'auteur, Hermione-lovers^^! Même si je ne me rappelle pas du tout quelle histoire c'était! Peut-être une de Tiro? J'adore, cette fille, elle écrit vraiment des trucs incroyables! Pour ceux qui lisent l'anglais, allez voir son profil, elle est fabuleuse!

Je suis consciente que la relation de Gabriel et Voldemort peut donner l'impression d'avancer très rapidement, mais plusieurs semaines ont passé depuis la première fois qu'ils se sont montré des signes d'affection et ont pris conscience de leurs sentiments...

Alors? Qu'en avez-vous pensé? Bisoux à tous et bonnes vacances! Profitez bien de votre été! Et merci à vous tous qui prenez le temps de laisser une review!