Bonsoir à tous !

Ca fait bizarre de revenir ici. En fait, ça fait bizarre de reprendre sa plume et de renouer avec une page blanche. Les retrouvailles n'ont pas été faciles mais doucement, tranquillement, je suis parvenue à me réhabituer à ce vide blanc et à l'orner de mes mots.

En tout cas, je m'excuse de cette longue absence !

Bref, j'espère que vous reprendrez goût à mes histoires. Bonne lecture !

Chapitre 2 : Silence, ça se déclare !

Je vais la tuer, je vais la tuer... et même que je vais la tuer, cette cinglée de Sang-de-Bourbe !

Mes pas résonnent dans les couloirs, dans les escaliers que je dévale comme un dément, se répercutent contre les murs qui, comme craintifs, semblent s'espacer, s'éloigner de moi tout comme les témoins de ma folle et furieuse traversée vers le port Granger. Je bouscule tous ceux qui s'opposent par leur corps ingrat à mon avancée. Ceux-ci commencent par maugréer sur mon manque d'éducation - faut dire que le mot « désolé » est une habitude qu'ils ont prise depuis leur naissance - mais d'un simple regard annonciateur de l'apocalypse, ils bredouillent des excuses et me regardent m'éloigner sans un mot.

Ai-je dit de quelle façon j'allais occire l'imprudente Gryffondor ? Non... A vrai dire je l'ignore moi-même. J'ignore si je dois en faire la nouvelle fourrure qui viendra tapisser ma chambre, ou en faire du cuir pour le prochain sac que j'offrirai à ma mère à moins que j'en fasse une esclave. Curieusement, cette dernière pensée me mène vers un sentier qu'habituellement je n'aurais pas emprunté, tant il me parait inacceptable... et surtout dangereux, avouons-le.

Les courbes (l'esprit à parfois la mauvaise manie de sublimer les corps) de ladite esclave se mettent à danser sous mes yeux. C'est tel un fantôme qu'elle me frôle, c'est en fantasme que ses doigts fins effleurent mon visage, c'est en douce torture qu'elle caresse mon torse, esquissant les veines qui sillonnent ma peau et produisant ces ondes de plaisirs qui circulent vers le point névralgique de ma virilité.

Brusquement, je saisis la rampe d'escalier. Je respire tout l'air frais qu'il m'est possible de respirer, espérant qu'il parvienne à glacer mon sang. Qu'une sang-de-bourbe, Granger qui plus est, puisse ainsi m'échauffer... Ca ne peut être qu'un cauchemar ! Que moi, Drago Malefoy, Serpentard vicieux de son état, ait pu se montrer aussi larmoyant qu'un Poufsouffle... Ca ne peut être qu'un délire ! Il me faut la responsable, tout de suite et maintenant, sans quoi je risque de commettre le massacre le plus sanguinaire qu'ait connu Poudlard.

Je quitte cette rambarde qui a bien voulu me servir d'appui et, tentant de mettre un peu de bon sens dans ma tête, je poursuis mon pénible chemin, tel un martyr condamné à porter la croix. Et enfin, la lumière de ma délivrance se fait.

Je m'arrête devant les portes de la Grande Salle et porte mon regard à main droite, vers cette table où sont réunis les lions qui, même loin de la savane, se croient les rois du monde, imposant leurs éclats de rire entêtants et leur bonne humeur abondante. Un ramassis de bêtises, oui ! Qu'importe, je débute mon repérage, mes yeux se faufilent, repèrent la proie et l'observent ardemment, espérant qua la rage qui incendie mes prunelles parvienne jusqu'à elle et qu'elle se mette à trembler face à mes iris gris-doloris. Et mine de rien, j'y parviens !

La madone lève les yeux de son assiette et sa tête pivote lentement vers moi, un lent découpage cinématographique, mis en scène sous mes directives. Nos regards se heurtent puis se fixent. Nul besoins de paroles la réponse est parfaitement limpide pour elle. Et pour preuve, la femelle détourne subitement les yeux, du mâle déterminé et coléreux que je suis. Le coude gauche sur la table, la main faisant écran sur le côté de sa joue, elle cherche à m'ignorer de la façon la plus stupide qu'il soit.

Un sourire narquois se tisse sur mes lèvres ; elle a peur. Ce qui signifie qu'elle a un poids sur la conscience et qu'elle sait que sa bêtise l'enverra six pieds sous terre.

Balayant les interpellations de mes camarades vert et argent, je dirige mes pas vers cette table où se tient ma proie. Cette dernière aurait sans doute souhaité se transformer en souris pour se terrer dans un des trous du château. Hélas, friand de ces rongeurs, je doute que le serpent laisse son met préféré fuir aussi aisément.

Sous l'œil surpris, outré et aguicheur (c'est selon s'il s'agit de simplets, de jaloux ou d'admiratrices secrètes) des Gryffondor attablés, je m'immobilise derrière la demoiselle. De l'autre côté de la table, face à nous, Potter et son animal fétiche me poignardent mentalement. Malheureusement, la douleur provoquée par Granger est telle qu'elle annihile celle que je pourrais recevoir.

« Alors, Granger, ce malheureux poulet, égorgé et préparé à la sauce rouge, convient-il à ton palais raffiné ?

- Euh... oui, s'étouffe-t-elle.

- Voyons, il ne faudrait pas que tu meurs avant que je n'ai pu te dire tous le bien que je pense de toi, dis-je en posant mes mains sur ses épaules, provoquant l'irritation d'un brun et d'un roux puis un nouvel étouffement de la Gryffondor.

- Ta table se trouve derrière toi, Malefoy.

- Je le sais.

- Moi qui pensais que tu t'étais perdu en chemin. »

Cette plaisanterie foireuse de Potter provoque des éclats de rire qui, cette fois-ci, parviennent à me transpercer et à faire céder cette barrière d'impassibilité derrière laquelle je m'étais réfugié en attendant de pouvoir châtier Granger en bonne et dû forme.

« Va te faire... - et merde, allez Drago, tu peux le dire ce putain de mot. T'es qu'un fils... - par Merlin, concédez-moi au moins une insulte qui puisse blesser ce con à lunette. Tu... »

Et pendant que je tente de retrouver le fil de mes insultes, les yeux, de toute part, se posent sur moi. Gryffondor, Serpentard, Poufsouffle et Serdaigle, ils semblent s'être donné le mot pour faire de moi leur nouvel bête de foire, leur étrangeté déroutante. Mais le pire ! La honte suprême est de sentir sous mes mains, toujours posées sur Granger, qu'elle s'en amuse. Elle a beau réprimer son rire, je le ressens comme jamais, comme un orgasme qui se répercuterait le long de mon corps.

« Je le savais ! C'est toi la responsable ! »

Elle relève la tête et, candide, me dévisage.

« Moi ? Mais de quoi parles-tu, Malefoy ?

- Oh, ne fais pas ta sainte nitouche ! Tu crois que je suis un imbécile pour ne pas m'apercevoir que je suis en proie aux effets d'un sort ?

- Tu délires... comme toujours. »

Cette fois-ci, mon sang froid me quitte, mes veines bouillonnent. J'empoigne le bras de la Gryffondor - les exclamations de ses amis accompagnent mon tour de main - et l'oblige à se lever de son banc.

« Tu me fais mal !

- Pas encore assez à mon goût.

- Voyons, les enfants ! »

Les têtes se tournent vers le directeur.

« Que se passe-t-il, monsieur Malefoy ?

- Il se passe que cette... - bon, ok, on va arrêter là les insultes - Granger ici présente m'a...

- Il est tombé amoureux de moi ! coupe-t-elle. »

J'ignore si, au concours de la mâchoire qui frôle le plus le sol, je suis en tête. Quoi qu'il en soit, il est un fait : les mouches ne reviendront plus de sitôt à Poudlard, vu la façon dont les bouches béantes gobent celles qui restent. Franchement, je ne soupçonnais pas que la Grande Salle pouvait devenir aussi silencieuse. C'est étonnant, lorsqu'on y songe bien, ce que l'on peut apprendre dans cette école.

Bref, la phrase de Granger a provoqué le coma de tous, élèves comme professeurs, moi le premier. Pourtant, pas question de laisser cet énorme mensonge pervertir ma réputation !

« C'est faux ! Comment pourrais-je aimer cette... - alerte rouge ! Ca me revient, cette maladie, surtout pas ! Je veux pas ! Maman, non ! - délicate fleur ? »

Second choc collectif.

Ma vie est fichu ! Elle a sali la virginité de ma méchanceté. Je ne trouverai plus jamais une femme digne de ce nom qui voudra m'épouser après un tel déshonneur.

« Malefoy tu...

- Oublie ça, Potter ! répliquai-je au Gryffondor avant de me tourner vers Dumbledore. Elle m'a ensorcelé ! Ce n'est pas moi, ça ! Vous le voyez bien ? C'est pas mon genre de flatter une... - sang de bourbe, sang de bourbe, Drago ! Tu pourrais au moins le crier - telle princesse. Je vous en prie ! Vous voyez bien que je ne tourne plus rond ! »

Severus, qui s'est déplacé à son tour, me dévisage. Lui, au moins, il saura que ce n'est pas le vrai Drago qui parle ainsi. Un vrai Serpentard ne peut débiter de telles choses, surtout à une femme de basse extraction.

« Je pensais que vos goûts en matière de demoiselles étaient plus recherchés, monsieur Malefoy.

- Severus... euh, je veux dire, professeur, vous ne voyez pas que ce n'est pas moi ! Ouvrez les yeux, bon sang ! Comment pourrais-je, ne serait-ce qu'un instant, vouloir... - c'est désespérant... - qu'une... - Je laisse tomber - femme exceptionnelle s'intéresse à moi.

- Miss Granger ? sourcille Dumbledore, suspicieux.

- Que voulez-vous que je dise ? Soit il s'agit d'une plaisanterie, soit il lui est difficile d'admettre ses sentiments pour une fille comme moi. Je pencherai plus pour une plaisanterie censée me faire du mal. Ca lui passera, comme toutes les autres. »

Je la hais ! Par Merlin, je la hais ! Et sortir tout ça avec un air innocent... Elle est pire qu'une arracheuse de dent ! Et à voir Severus...

« Monsieur Malefoy ? »

Il y croit ! Il croit les paroles de cette dingue ! Mais dans quel monde vivons-nous ? Je vous le demande. Je suis perdu...

« Non, je ne dirai plus rien ! Pas si c'est pour louer cette... femme ! »

Je saisis le bras de Granger et, sous les yeux encore consternés des témoins, je la mène hors de la Grande Salle. J'aurais cru qu'une bonne âme aurait pris ses cris pour des alertes au secours et aurait bondi pour la sauver, tel un beau chevalier dans son armure blanche. Or, personne. Aucun héros pour sauver la belle de mes crochets empoisonnés.

Au bout de cette étonnante et ridicule marche, moi tirant et elle s'agitant, nous parvenons à nous poser loin des indiscrets.

« Lâche-moi, serpent sans cervelle !

- Et toi, la Miss-je-sais-tout que je voudrais bien pouvoir jeter du haut d'une falaise, t'es qu'une... Une... »

Elle éclate de rire.

« Par Merlin ! Trop fort ! T'es vraiment incapable de prononcer la moindre insulte ! »

Un fou rire l'emporte à nouveau. Elle m'agace.

« C'est bon, t'as fini de te payer ma tête ?

- C'est trop fort ! Toi qui me disais que j'étais désespérante avec mes insultes à la noix, voilà que toi... tu ne peux plus en prononcer une. Et en prime, tu glorifies ma beauté.

- Beauté ? Où as-tu vu une quelconque... Où as-tu vu que tu pouvais être une adorable Vénus que tous contempleraient avec désir ? corrigeai-je pour détourner la pique.

- Tu as déclaré que j'étais une princesse et une fleur.

- C'est ta potion qui en est responsable !

- Ma potion ? Quand ai-je pu te faire absorber une potion ? Ne m'impute pas ton incapacité à accepter ton penchant pour moi.

- Alors, c'est un sort !

- Désolée mais je ne vois aucun sort capable d'influer sur les paroles et agissements des personnes, mis à part le sort d'imperium. Et crois-moi, jamais je n'aurais usé d'un sortilège impardonnable juste pour me venger de toi.

- J'ignore ce que tu as utilisé mais je sais que tu as manigancé quelque chose ! Ne me prends pas pour un idiot ! Tu voulais te venger de moi !

- Crois ce que tu veux. Je n'ai rien à me reprocher.

- Alors pourquoi cette histoire saugrenue selon laquelle je serais amoureux de toi, hein ? T'as vu des grenouilles tomber du ciel ces jours-ci ? T'as vu Merlin ressusciter et jouer les messies en allant tuer l'antéchrist Voldemort ? Franchement, on n'est pas dans tes fantasmes mais dans la réalité.

- Mes fantasmes ? s'écrie-t-elle outrée. Ah ! Parce que tu crois que je veux qu'un gringalet comme toi tombe amoureux de moi ?

- Mon formidable cerveau a déduit que ta petite farce ne pouvait signifier que ça. Et je ne suis pas un gringalet !

- Ton formidable cerveau ? Ton crétin de cerveau, oui !

- Hé ! Un peu de respect pour ma personne ! Tu crois que t'en a pas assez fait ? Tu ne dois pas savoir ce qu'est l'humiliation !

- Ah, parce que toi tu le sais ?

- Oui ! C'est ce que j'ai ressenti quand j'ai dû sauver l'autre Poufsouffle durant le match de Quidditch et que j'ai dû m'excuser auprès de Potter !

- Ah, celle-là ! Elle vaut d'être racontée aux générations futures.

- La f... »

Je soupire sous l'œil amusé de Granger.

« Fais-moi le plaisir de ne plus parler à tort et à travers, veux-tu ?

- Que tu es aimable, Malefoy ! J'en viendrais presque à t'apprécier.

- Avoue que tous mes malheurs sont de ton fait.

- J'ignore toujours de quoi tu parles.

- Vraiment ?

- Assurément. »

Je te hais ! Je te hais, sale garce ! Sale Sang-de-bourbe ! Par Merlin, même en pensée, que ça fait du bien... Je ne peux pas lui concéder la victoire. Je ne peux pas m'avouer vaincu malgré cette tare qui vient de s'abattre sur moi.

« Tu ne veux absolument pas avouer ?

- Pour la dernière fois, Malefoy : je n'ai rien à avouer puisque je suis innocente.

- Tu avais pourtant le comportement d'une personne suspecte quand je suis rentré dans la Grande Salle.

- Je craignais que tu me prennes une nouvelle fois pour cible de tes railleries. Et ça n'a pas manqué puisque tu t'es moqué de moi en louant ma beauté... Beauté que je n'ai pas, ajoute-t-elle tristement. C'est bien toi de m'humilier devant tout le monde. »

Elle croit réellement que je vais avaler ses mensonges ? Plus mauvaise comédienne, il n'y a pas. Mais sans aveux, pas de coupable. Elle gagne.

« T'es réellement une...

- Garce ?

- Et merde ! Tu m'ôtes les mots de la bouche, merci... Hé ! J'ai pu dire « merde » !

- Félicitation, raille-telle. D'un autre côté, tu n'insultais personne.

- Voyons voir ça. Je suis qu'une merde, un salaud, un... »

La honte parvient à me faire taire. S'insulter soi-même... Par Merlin, où en suis-je arrivé ? Je passe mes mains dans mes cheveux puis lui tourne le dos. Maugréant, je frappe machinalement mon front contre le mur.

« Pas besoin de te dire que t'es pathétique, là ?

- Effectivement, pas besoin.

- Puis-je te laisser ou as-tu une autre insulte à me faire partager ?

- Non, tu peux y aller. »

Elle s'éloigne.

« Granger ! »

Elle se retourne.

« Ne crois pas que la victoire t'est acquise. C'est une bataille que je perds, pas la guerre.

- Si cela t'amuse de me rendre la vie dure, soit. Par contre, je n'ai pas le temps à perdre dans des représailles. Seuls mes études m'accaparent. A mon avis, c'est plutôt tes hormones ou un de tes chers amis Serpentard qui te joue un tour. »

Fini les blagues stupides et les insultes il est désormais clair que la lionne a monté les frappes à un plus haut niveau. Parce que pour moi, il n'y a qu'une coupable : Granger.

Il faut que je l'oblige à révéler la vérité devant tous et que je parvienne à me venger par la même occasion. Mais ma priorité : trouver un remède à mon état.

A suivre...

Merci pour votre lecture ! A bientôt !