Bonsoir à tous !
Me revoilà avec un nouveau chapitre. A déguster sans modération ;-)
Chapitre 3 : Une histoire totalement gloss
Je me lève du mauvais pied. Rien n'aurait pu rendre ce réveil supportable, même l'idée de rester dans mon lit m'irrite car tant que je n'aurai pas résolu le mal étrange qui érode lentement mais sûrement mon honneur ainsi que ma virilité, aucun repos, pas même éternel, ne me soulagera.
Me voici donc dans le noir, me dirigeant maladroitement vers la salle de bain. Je peste dès qu'un objet non identifié rencontre mes malheureux orteils délicats. Lorsque ces derniers foulent enfin le seuil de la salle d'eau, je remercie Merlin de les avoir gardés en un seul morceau. Mais mon malheur ne s'arrêtant pas là - cela aurait été trop beau -, j'ai l'immense plaisir de gravir un de ces énièmes échelons. Souriez, vous êtes dans les mésaventures de Drago Malefoy.
Car Dame Malchance s'étant follement épris de moi, il n'est pas étonnant que les premières gouttes, que j'espérais salvatrices sur mon corps nu d'albâtre, soient d'une température inférieure à zéro. La Dame avait dû légitimement penser qu'après une nuit agitée par les cauchemars et enroulé dans des draps affreusement trempés de sueur, il me fallait une douche bien glacée pour me remettre de mes émotions. Quelle belle âme tout de même... ! Ô ironie ! Sans toi, je serais à mille lieux sous terre.
Les cheveux perlant d'eau et tirant une tête de déterrée, je sors de la salle de bain au bout de cinq minutes - pas besoin de préciser que mon humeur est à son niveau le plus exécrable.
Assis sur mon lit, je tends ma main vers ma table de chevet, et tâtonne à la recherche de ma baguette. Celle-ci m'échappe et tombe. Maugréant, me voilà à quatre pattes. Souvent, je me demande pour quelles raisons, les Serpentard ont dû hériter des sous-sols des cachots. J'aurais préféré l'habitat des Serdaigle : l'aile ouest avec ses fenêtres donnant sur les montagnes. Ca aurait été autre chose que ce sinistre endroit. Bordel, je hais Poudlard !
Lorsqu'enfin, mes doigts parviennent à saisir cette foutue baguette sous le lit, je me redresse et d'un « Lumos », j'offre à ces lieux un semblant de lumière.
Mes camarades dorment encore. Goyle ronfle comme à son habitude, Grabbe murmure des mots doux, tout en déposant des baisers sur son oreiller qu'il tient fermement entre ses bras, et Blaise... Blaise est absent de son lit. Soit il est descendu, soit il a découché. En temps normal, ce mystère aurait piqué ma curiosité, mais là... Autant vous dire que je m'en balance grave de chez grave.
Sachez que j'ai un planning chargé. Chaque minute compte ! A la hâte, je revêts mon uniforme. Quel rude moment que celui où un Malefoy expédie d'importantes cérémoniales. Cerne sous les yeux, peau mal hydratée, cravate mal faite, chemise froissée et les cheveux en bataille, je sors. J'ai honte, mes aïeuls ! J'ai honte ! Tellement honte de ma mise que je rase les murs. M'y fondre serait encore mieux, mais à défaut de sort, je dois faire avec les moyens du bord. Les couloirs sont déserts. Ce qui me soulage. Car moins de personne il y aura sur mon passage, moins j'aurai d'occasions de me déshonorer.
Ma mauvaise expérience d'hier me revient. J'essaie de contenir fermé le tiroir dans lequel sont entassés mes souvenirs de la veille. Malheureusement ils affluent, se pressent contre l'ouverture et, sans surprise, parviennent à déborder.
Après mon entretien infructueux avec Granger, mon caractère étant ce qu'il est, il me fallut bien répandre toute ma colère. Oubliant au passage que mes somptueux vers cyniques et blessants passeraient pour de sympathiques phrases - immondes à mon sens-, ce fut un spectacle improbable que je donnai. Pas une des personnes que je croisai, ne s'en remit.
A repenser à ce moment, j'en ai des sueurs froides, des crampes d'estomac ainsi que des vertiges. Je devine que vous vous demandez ce que j'ai pu sortir hier soir pour me trouver aussi mal en cette aube nouvelle. Vous espérez que je relate ces faits avec le plus grand détail, comme si vous y étiez... Rêvez ! Pas question que je revienne sur ce cauchemar ! Toutefois, sachez que de pitoyables excuses ont été offertes à un Poufsouffle que j'avais bousculé, qu'une preuve de ma délirante civilité à été donnée à une Serdaigle dont j'avais auparavant fait tomber ses livres - au passage qu'elle ne se vante pas d'avoir eu un Malefoy à ses genoux - et qu'un témoignage de ma bonté a été honteusement exposé devant un Gryffondor de première année que le Destin destinait à Rogue pour son encas.
Je vous passe donc toutes les autres « affabilités » que j'ai dû vomir en lieu et place de ma haine coutumière. Autant vous dire que parvenu aux abords de la salle commune des Serpentard, je bouillai comme un volcan. Un volcan entravé, incapable de déverser ses torrents de lave. Je n'eût plus qu'une solution afin de retrouver un semblant de sérénité : m'enfermer dans la salle de bain et vociférer toutes les insultes du monde.
En ressortant de cette pièce salutaire, les têtes de mes camarades m'apprirent qu'ils me croyaient fous. Bon seigneur, je leur pardonnai - en apparence bien évidemment - et, cerise sur le gâteau, je ne leur en voulu presque pas de s'écarter, craintifs, devant moi. C'est humain de ressentir de la peur envers moi, en revanche ce qui ne l'est pas, c'est de m'obliger à me voir aussi navrant devant les élèves des autres maisons.
Je pensais qu'une fois réfugié dans mon lit, la situation s'arrangerait. Quelle naïveté de ma part ! Morphée, cet incapable, n'a rien arrangé ! Pire ! Je me rêvais totalement sympathique dans mes songes. L'horreur ! Voilà ce qui a motivé ma présence dans la bibliothèque ce matin.
« Il est très tôt pour venir à la bibliothèque »
Chapeau de sorcière sur la tête, lèvres pincées, et l'air sévère, cette vieille bique de Pince m'ôte les mots de la bouche. Je lui offre mon plus beau sourire de faussaire.
« C'est pour mieux terminer un devoir. »
Pas d'autres phrases, Drago. Rester conscrit jusqu'à ce que tu trouves un remède à ton mal.
« A mon avis, vous vous y seriez pris plus tôt, vous ne seriez pas obligé d'être là à cette heure. »
Et toi, la vieille, qu'est-ce que tu viens m'ouvrir les portes de la bibliothèque aussi tôt. Pas de vie amoureuse ? Ca me saoule ces gens qui rouspètent, juste pour le plaisir de rouspéter.
« Un merci ne serait pas du luxe », me fait-elle remarquer alors que je m'éloigne.
L'envie de répliquer est grande, si grande, mais je sais pertinemment que dans mon état aucune pique ne traversera la barrière de mes lèvres. Et que ce serait trop lui donner que d'ouvrir la bouche. Le silence est d'or, mes amis.
Me voici donc dans cette salle immense aux étagères chargées d'épais grimoires. Par où commencer ? Bonne question. Tout d'abord, essayons du côté des sortilèges d'amour. Si les recherches ne sont pas concluantes, se pencher en second lieu sur ceux ayant un rapport avec les changements comportementaux.
Autant dire que je cherche une aiguille dans une botte de foin...
OoO
« J'en ai marre ! »
D'un geste de la main, je balaie les livres posés en tas sur la table. Ceux-ci se retrouvent sur le sol, dans un bruit sourd. Les chut des élèves sérieux retentissent. Ni une ni deux, la bibliothécaire intervient :
« Est-ce une façon de traiter les livres ! s'insurge Pince. C'est une honte ! J'en référerai à votre responsable de maison !
- Faites... J'en ai rien... – à cirer de vos saletés de bouquins - ... Je... Excusez-moi ! »
La rage au cœur, je me penche et ramasse les livres que je dépose sur la table.
« Vous ne les avez certainement pas trouvés ici. Peut-être qu'une amende vous aiderait à respecter ces livres. »
Je suis sur le point d'exploser. J'ai passé la journée dans cette maudite bibliothèque à fouiller parmi des centaines de livres, sans succès ! J'ai les yeux dans un sale état et une migraine pas possible. Et elle, elle s'insurge sur quelques grimoires éparpillés. Par Merlin, si je pouvais seulement lui hurler le fond de ma pensée. Ce serait l'extase !
La pile de livre dans les mains, je me dirige vers les étagères. Je fais à peine attention au lilliputien de première année, visage levé vers les étagères supérieures. Bordel, où cette Granger de malheur a-t-elle bien pu dénicher ce sort ? Il se trouve forcément dans l'un de ces ouvrages ! En fait, il me faudrait les éplucher tous. Or, seul, il me faudrait des semaines, des mois, voire des années... Non, là j'abuse, du moins j'espère.
« Et merde ! », m'écriai-je.
Le blondinet de Serdaigle qui est à mes côtés s'écarte vivement sur le côté et, effrayé, me dévisage.
« Un problème ? »
Raide tel un piqué, il secoue vivement la tête. Je retourne à mes préoccupations. Mais force est de constater qu'une certaine présence m'empêche de réfléchir.
« Je repose ma question : c'est quoi le problème ? »
Il me fixe avec des yeux apeurés, à l'image d'un herbivore chétif face à un carnivore enragé.
« Je ne vais pas te manger. Dis-moi ce que tu as au juste ? »
Il paraît hésiter mais mon regard - encore heureux qu'il n'ait pas été modifié - l'enjoint à se lancer à l'eau. Levant la main, il m'indique l'étagère qu'il ne parvient pas à atteindre.
« Tu veux un de ces grimoires ? »
Il acquiesce. Soupirant, je passe la main sur les reliures.
« Celui là ?
- A côté.
- Là ?
- Non, celui... »
Il m'agace. Il m'agace.
« Et là ?
- Oui. »
Je saisis le grimoire et le lui tends, mais avant qu'il n'ait eu le temps de s'en emparer, je l'écarte.
« Tu as appris « Wingardium Leviosa », non ?
- Je ne le maîtrise pas très bien.
- Et bien, maîtrise-le vite car ce genre de sort aurait pu t'aider à obtenir ce livre sans mon intervention. Un conseil si tu ne veux pas qu'on te crée d'ennui : apprends le plus de sort possible. Crois-moi, c'est vital dans cette école.
- Merci, réplique-t-il avec un sourire. »
Je baisse les yeux et frappe ma tête contre l'étagère. Navré de te le dire, Drago, mais ta méchanceté n'est plus que peau de chagrin.
« Je vous jure que si j'attrape cette... Je vais la tuer !
- Chut ! »
Chut vous mêmes, bordel !
J'abandonne ! Je ne trouverai rien dans cette maudite bibliothèque, du moins sans l'aide de Granger. Il me la faut de suite ! J'ai du mal à me l'avouer mais c'est ainsi : coupable ou non, elle seule est assez érudite pour me sortir de cet enfer.
Je passe les portes de la bibliothèque et m'engage vers la Grande Salle. Avec un peu de chance, elle y sera en train de travailler. Ne pouvant fulminer contre mes charmants camarades, je bouscule tous ceux qui se posent en travers de mon chemin, malheureusement, un « excuse-moi » finit toujours pas être crachoté. Dépité, je sers les dents, passe même la main sur ma bouche, espérant me faire taire. L'image que je donne doit être pathétique...
Je parviens, à moitié sain d'esprit, devant la Grande Salle. A l'intérieur, quelques élèves studieux, d'autres en pleine discussion ou au milieu d'un jeu de société sorcier. Des Gryffondor, il y en a, mais de Granger, pas de trace. Pourtant, ses pipelettes d'amies Brown et les sœurs Patil sont bien ici. Dites-moi pourquoi Granger ne peut pas ressembler à toutes ces demoiselles futiles et bavardes qui se réunissent en public pour bien montrer qu'elles sont un groupe ? Pourquoi jouer les solitaires et les garçons manqués en ayant deux mecs pour seuls véritables amis, et pas les meilleurs de l'école ? Mystère Granger quand tu me tiens.
Je m'avance vers la table des Serpentard là où se trouvent Blaise, Pansy ainsi que Millicent et Montague.
« Un revenant ! s'écrit Blaise, ironique.
- J'ai pas de temps à perdre avec tes blagues.
- C'est certain que le Prince devait en manquer cruellement pour avoir séché les cours. Tu sais ce qui te pend au nez, malheureux ?
- Ne t'inquiète pas, Drago, me rassure Pansy. Nous avons expliqué aux professeurs que tu te sentais mal et que tu avais donc dû rester au lit. Où étais-tu depuis ce matin ?
- A la bibliothèque.
- Sérieux ! s'écrie Montague, étonné. Pourquoi ?
- Zut ! Si Pince parle, soulève Millicent, notre mensonge ne tiendra plus.
- Franchement, j'en ai rien à cirer de ce qui me pend au nez ! J'ai d'autres chats à fouetter.
- Drago, regarde ce que ma mère m'a envoyé. »
Toute fière, elle tend un tube noir.
« C'est un gloss. Celui-ci rend les lèvres pulpeuses... »
Pourquoi me parle-t-elle de gloss. Ai-je une tête à me peinturer le visage ?
« Et délicieusement parfumée à la fraise. J'aurais préféré qu'elle m'envoie le gloss pailleté. Tu aimes les paillettes, non ? »
En plus d'être devenu « gentil », me voilà gay. La vie est belle, mes amis !
« Depuis quand, suis-je devenu une drag queen, Pansy ?
- Tu veux goûter ? demande-t-elle en ignorant ma question tandis que Blaise et compagnie pouffent dans leur coin. »
Et la voilà qui se passe du gloss et qui les avance doucement vers moi.
« C'est très gentil de ta part, Pansy - je rêve ou quoi ? -, mais je suis allergique aux fraises.
- Ah bon ? »
Blaise n'en peut plus. Il s'esclaffe. Je lui jette un regard assassin.
« Oui. Mais ne sois pas triste, cette couleur te va à merveille - et moi, c'est l'hypocrisie qui me va à merveille ces derniers temps. Opte pour la framboise, ça allait bien sur celles de... »
Je m'arrête. Les Serpentard sont à l'affût.
« Celles de qui ? demande sèchement Pansy. Quelle garce as-tu embrassé ? »
Soudain, un éclair de génie me transperce. Je saisis son menton et observe attentivement ses lèvres. Elle glousse.
« Elles sont fines d'habitude, pas aussi gonflées. C'est grâce à ce bâton alors ?
- Oui. Et tu en as de différentes sortes, ajoute-t-elle, fière d'afficher son savoir en matière de cosmétiques. Il y a toutes sortes de maquillages qui peuvent améliorer ou changer certains traits de ton physique, comme agrandir l'œil, allonger les cils, remonter tes pommettes...
- C'est le gloss qui m'intéresse, coupai-je, étonnant par la même Blaise et Montague J'imagine que pour mieux attirer les demoiselles, les concepteurs ont élargi la gamme, comme permettre de séduire celui dont on est amoureuse par un simple baiser.
- Bien sûr ! Cette gamme là est vieille comme le monde, mais il y en a pleins d'autres. Un simple contact sur la peau et la magie opère aussitôt. Mais comme ce n'est qu'un contact, les effets durent peu de temps. Et par Merlin, un bâton de ce type n'est pas donné. Les plus pauvres achètent des substituts. Mais à mon avis, les effets ne doivent pas être aussi efficaces. Heureusement pour moi, maman vient de m'offrir mon tout premier ! »
Je n'ai retenu que le début. Le reste s'est perdu dans je ne sais quel recoin de mon cerveau, ou au mieux, est ressorti par une de mes oreilles. Les femmes et leurs artifices... Ca fait peur. Pauvres hommes que nous sommes face à leur magie séductrice. Quoiqu'il en soit, l'évidence que j'ai occultée depuis le départ apparaît dans toute sa splendeur.
« Tu es géniale, Pansy ! »
Et sur ce, je m'apprête à poser mes lèvres sur les siennes, mais l'instinct de survie me conseille d'éviter un second ensorcellement. Je dépose un baiser sonore sur sa joue. Étonnée, elle rougit.
Alors qu'elle tente de s'accaparer mon attention, je me tourne vers la table des Gryffondor. Je l'avais oublié ce baiser ! Et pourtant depuis le début, j'avais le doigt sur la vérité, mais j'ai éparpillé mes idées et au final j'ai perdu de vue l'évidence. Il est possible que Granger ait voulu m'embrasser - après tout, je suis un beau mâle - mais jamais elle n'aurait usé d'un produit aussi futile qu'un gloss. Jamais si ce n'est pour assouvir sa vengeance trop longtemps réprimée. Et intelligente comme elle est, elle savait que nul homme n'aurait pu faire le lien entre son baiser fruité et un gloss ensorcelé. Certes, j'ai trouvé son geste étrange et ai douté de ses intentions, mais jamais l'idée qu'elle ait pu empoisonner ses lèvres pour m'atteindre ne m'aurait effleuré. Cette fois-ci le doute n'est plus permis. Ah, la garce ! Dire qu'elle a osé jouer les innocentes ! Et ça se dit Gryffondor ; mon œil !
« Où est Granger ! » criai-je à l'attention de ses trois amies Gryffondor.
Celles-ci se retournent vers moi, perplexes.
« Où est-elle ?
- Euh... Peut-être dans la bibliothèque, répond Brown.
- J'en reviens !
- Dans notre Salle Commune, riposte les sœurs Patil.
- Allez lui dire de ce pas, qu'à l'instant même où elle croisera mon chemin, sa vie ne sera plus faite que de... bonheur et d'amour.
- De... de quoi ?
- Allez le lui dire bon sang ! Dès qu'elle descendra de sa taverne, je me ferai une joie de lui dire tout le bien que je pense d'elle ! »
Croyant sans doute avoir à faire à une mauvaise farce, elles déguerpissent.
« T'étais sérieux à propos de Granger ? demande Pansy, visiblement jalouse.
- Oh que oui je suis sérieux ! Évidemment ! Me connaissant comme vous me connaissez, vous devriez savoir que je suis plus que sérieux ! Je ne souhaite que le meilleur de la belle Granger ! C'est bien connu ! Moi, Drago Malefoy, je suis devenue l'ange gardien de cette Gryffondor !
- Drago, ça va ? demande Blaise, inquiet.
- Ca va super bien ! Je me suis jamais aussi bien senti de ma vie ! Je vois mêmes des papillons et, oh ! Des fées ! C'est l'extase totale ! Mais j'irai encore mieux dès que j'aurais mis la main sur Granger ! »
Et sur cet esclandre, je quitte la Grande Salle dont on ne perçoit plus que les murmures.
OoO
« HERMIONE ! »
Sous l'éclat, j'ai un mouvement de recul.
« Euh oui, les filles ?
- Tu croiras jamais ce qu'on vient de voir ! déclare Padma, essoufflée.
- C'est vrai que certains ont dit qu'il était bizarre aujourd'hui mais jamais on aurait pensé que ce serait vrai ce que tu disais hier ! renchérit, Lavande.
- C'est incroyable ! ajoute Patil, des étoiles dans les yeux. Tu te rends compte ?
- Et t'aurait dû voir la tête de Pansy ! Trop jalouse !
- Minute ! dis-je, coupant Lavande. De quoi parlez-vous ?
- De ton nouvel amoureux, répond Patil.
- Y'en a eu avant ? s'étonne Lavande.
- Oui, souvient-toi de Krum.
- Ah oui. Krum. Pas mal.
- Pas mal ? C'est tout ? T'es dure. Il était carrément...
- Stop ! Vous me dites de quoi il s'agit ?
- Malefoy est bien amoureux de toi ! s'écrient-elles en chœur.
- C'est... c'est... N'importe quoi ! »
Fâchée, je rassemble mes livres et me dirige vers notre dortoir. Elles me talonnent en répétant à tue-tête ce que je refuse d'entendre.
« Ôtez-vous ça de la tête ! Compris ?
- On t'assure que c'est vrai ! jure Padma.
- C'est une blague !
- Non.
- Si !
- Non ! Il a dit en parlant de toi, je cite texto : « à l'instant même où elle croisera mon chemin, sa vie ne sera plus faite que de bonheur et d'amour ».
- Et qu'il se fera une joie de te dire tout le bien qu'il pense de toi, finit Lavande.
- C'est-il pas beau ? s'extasie Patil. »
Sueur froide à l'horizon. Leurs phrases du début me reviennent.
« Vous avez dit qu'il était bizarre aujourd'hui ? Comment ça ?
- Et bien ceux qui l'ont croisé tôt ce matin dans les couloirs et à la bibliothèque, on dit qu'il s'était montré agréable, m'informe Padma. S'excusant, aidant, bref se comportant autrement qu'en Serpentard.
- Il s'est montré aimable envers vous ? demandai-je d'une petite voix, fébrile.
- Il était énervé mais rien de méchant n'a passé la barrière de ses lèvres, affirme Lavande. Un changement radical opéré grâce à l'amour !
- Ah, l'amour ! s'exclame Patil. »
Elles piaillent. Les filles et leur vision romantique, je vous jure capables de pardonner au pire des truands parce qu'il a ouvert son cœur. En somme, le bon vieux mythe du « bad boy » repenti grâce aux effets bénéfique de l'amour. Malheureusement pour elles, il en est autrement ici.
« En tout cas Hermione, il t'attend de pied ferme. Sûrement pour se déclarer. Va le rejoindre.
- Ca va pas ! Jamais de la vie ! Je suis morte, vous ne comprenez pas ! »
Et sur ce, je me plonge sous mes draps.
« T'es sérieuse là ?
- Oh que oui. Tant qu'il sera dans cet état, je ne descendrai pas ! J'y tiens à ma vie ! »
A suivre…
J'espère que la lecture vous aura apporté un moment de détente ! A la prochaine et merci !
