Coucou ! Me revoilà avec un énième chapitre. Que vous dire, si ce n'est que pour ce chapitre tout est dans le titre ? Bonne lecture !
Chapitre 5 : Des papillons pleins les yeux
Lieu : cours de potion. Professeur attitré : Severus Rogue. Spécialité : détruire le moral des Gryffondor. Ce qu'il déteste par dessus tout : le retard et l'insolence des élèves Gryffondor. Mettez ces quelques données dans un chaudron, saupoudrez d'un soupçon d'impatience et vous obtiendrez le feu d'artifice qui menace d'exploser à tout instant dans la salle de cours.
Les Gryffondor sont curieusement absents et Rogue ne cesse depuis cinq minutes de faire les cent pas, en nous interrogeant du regard. Je suis le seul à deviner qu'ils sont, sans l'ombre d'un doute, enlisés dans un débat qui les dépasse. Finalement, ma zen-attitude aura porté ses fruits. Je suis parvenu à monter les lions entre eux, et cela sans user de la moindre perfidie. Au moins un qui respecte les règles ancestrales du Bien et du Mal, contrairement à cette Granger de malheur.
Je suis donc un homme heureux. Et confortablement installé sur mon siège, plume à la main, je gribouille joyeusement les mésaventures de Saint Potter sur son Éclair de Feu. Blaise, à mes côtés, me porte un coup de coude dans les côtes. Je l'incendie du regard.
« Tu sais ce qui se passe, hein ? chuchote-t-il.
- C'est un blason Gryffondorien que je porte sur ma robe ? Non. Alors comment le saurais-je ?
- Alors que tu as là une occasion en or, tu ne tentes pas d'envenimer les choses auprès de Rogue. C'est donc que tu sais que les lions ne sont pas prêts d'arriver.
- Ou peut-être que j'ai juste décidé de ne plus leur donner autant d'importance. Ils n'ont pas besoin de...
La porte claque violemment contre le mur. Sous l'éclat, les élèves se retournent en même temps, comme s'ils ne faisaient qu'un, vers l'entrée. Sur le pas de la porte, la vision d'une furie aux yeux révulsés, rouge de colère et les cheveux hirsutes. D'instinct, je me relève et recule. Des sorcières, j'en ai connues. Des belles, des moches, des acariâtres, des ennuyeuses, des gentilles, des collantes, des grandes, des petites, bref, un large éventail de physiques et de caractères que je ne redoute pas. Or, l'image que m'offre Granger n'entre dans aucune catégorie de sorcière. La Gryffondor a viré en harpie, la pire des espèces dans ce monde, encore inconnue au bataillon.
Elle fond droit sur moi. Que faire ? Lui jeter un sort ? Bonne idée ! Mais les prunelles de la harpie me font comprendre qu'à la moindre tentative désespérée de ma part, je finirai en assiette de sushi.
« Miss Granger ! Est-ce une façon de...
- Vous, lâchez-moi ! coupe-t-elle sans songer un instant qu'elle s'adresse à Rogue. »
Elle m'agrippe le bras - que ça fait mal les ongles d'une femme - et me tire vers la sortie qui, entre temps, a vu la réunion des Gryffondor. Conscient de l'inévitable, je n'oppose aucune résistance. Et puis, j'ai l'impression que nous passons notre temps, elle et moi, à nous conduire de la sorte. Soit c'est elle qui me force à sortir d'un lieu, soit c'est moi. A croire que nous sommes incapables de nous donner tranquillement rendez-vous dans un endroit. Avec Granger, tout est colère et précipitation. J'en viens à regretter que nos rapports ne soient pas moins conflictuels. Cinq minutes... Qu'est-ce que je viens de penser, là ? C'est le monde à l'envers !
« Hé ! Minute papillon ! opposai-je en m'arrêtant brusquement. Qu'est-ce que tu me veux à la fin ? »
Sans un mot, elle agrippe le haut de ma robe et me pousse contre le mur. J'ignorais que la force d'une femme pouvait se décupler sous l'effet de la colère. Note à moi-même : mettre au placard toutes - et je dis bien toutes - les données acquises sur ces créatures fragiles et les remplacer par celles provenant de ma prochaine étude sur le spécimen, ô combien fascinant, qu'est Granger.
- COMMENT AS-TU PU OSE LEUR DIRE CE QUE TU LEUR AS DIT ? COMMENT AS-TU PU ME FAIRE PASSER POUR LA MECHANTE DE SERVICE ALORS QUE C'EST TOI QUI ES RESPONSABLE DE TOUT CE QUI M'ARRIVE ? ESPECE DE FOUINE SANS CERVELLE ! »
Il pleut des phrases. Les mots grondent fort. Sale temps à ne pas laisser l'ouïe d'un homme dehors. Perspicaces, les fantômes de Poudlard ont d'ailleurs déserté le couloir. Désespéré, j'attends que la tempête se calme - assez rapidement, je l'espère, car mes tympans n'y survivront pas.
Quand soudain, ne m'y attendant plus, le silence fut. La demoiselle reprend son souffle. L'image qu'elle donne n'est vraiment pas glamour ; elle aurait été parfaite pour animer une soirée d'halloween. Et pourtant, malgré ce manque indéniable de sex-appeal, je la trouve adorable donner autant de sa personne pour moi, c'est forcément adorable.
« Calme-toi, Granger ou tu vas nous faire un infarctus.
- Je me calmerai si je veux d'abord !
- Ah, les Gryffondor et leur caractère impétueux ! Est-ce que je m'énerve, moi ? Non. Pourtant, j'aurais des raisons.
- Lesquelles ? Tu...
- Tu m'as ensorcelé, je te préviens. Tu ne te souviens pas de ta mise en scène ridicule ? Ton baiser fougueux ?
- Il n'était pas fougueux !
- Bon, je l'avoue. Il était désastreux. Je ne sais pas où tu as appris à embrasser mais je peux te dire que c'est pas demain la veille que j'oublierai ton coup d'essai. D'ailleurs, si je puis me permettre, quelques cours ne te feraient pas de mal. Parce que, crois-moi, ce n'est pas dans les livres qu'on apprend à embrasser. »
La phrase de trop, je crois. Parce qu'étrangement, voilà qu'elle se jette sur moi et, technique de fille oblige, me tire les cheveux. Mes si beaux cheveux, maman... Par Merlin, cette fille n'a aucun respect pour le cuir chevelu d'autrui ! Je plie un genou, le second. Me voilà à terre comme un manant.
« Arrête ! Ouille ! Non, pas là ! Mais ça va pas, espèce de... de... - cinglée sortie tout droit de - merveilleuse fleur du paradis !
- Arrête cette comédie, Malefoy ! s'irrite-t-elle alors que je me tords sous elle.
- C'est pas une comédie ! C'est toi la responsable ! C'est toi qui as usé de ce gloss ensorcelé !
- Les effets ne durent pas plus de douze heures !
- AH ! Tu avoues ! Tu avoues enfin que tu as été traître ! Je le savais ! Ce baiser, ce gloss ! Espèce de monstre ! dis-je outré. Me faire ça à moi !
- Comme je viens de le dire, reprend-t-elle agacée, les effets ne durent pas plus de douze heures ! Alors, arrête ton cinéma et avoue que tu as tout manigancé depuis hier !
- J'ai rien manigancé du tout ! opposai-je en lui saisissant les poignets après l'avoir bloquée sous mon corps. Puisque je te dis que c'est cette maudite magie qui agit ! Tu crois que je suis assez fou pour aller raconter à toute la populace de Poudlard que je suis raide dingue d'une... d'une... oh et puis zut ! J'en ai marre ! Je veux retrouver celui que j'étais ! Je veux pouvoir te détruire sans que j'aie à redouter de sortir des âneries ! Alors, guéris-moi ! Débrouille-toi, Granger, mais guéris-moi ou je te jure que je ferai en sorte de rendre ta vie impossible !
- Par Merlin ! »
Je lève les yeux et aperçoit devant nous la vieille McGonagall accompagnée d'élèves de première année, visiblement gênés. Le rouge de ses joues me fait dire qu'elle est furieuse de nous voir nous chamailler dans le couloir, mais lorsque je me rends compte que Granger est sous moi, totalement débraillée, je comprends la raison de sa rougeur. Aussitôt, nous nous relevons. Nos regards se croisent. Je fais discrètement signe à la demoiselle que son chemisier n'est qu'à moitié boutonné. En vain. Elle ne saisit pas mes avertissements silencieux, pense sans doute que je veux la déstabiliser avec mes singeries. Je tousse. Re-tousse. Peine perdue. Toujours pas compris, la Gryffondor.
« Ta chemise, Granger. »
Elle baisse les yeux vers sa poitrine et... Pas besoin de vous dire jusqu'à quel niveau les décibels ont grimpé. Mais le pire dans tout cela est la gifle retentissante qu'elle m'administre par la suite.
« Cinquante points en moins pour les Serpentard et les Gryffondor ! tonne McGonagall, choquée.
- Mais...
- Cinquante points en moins pour les Gryffondor.
- Mais professeur !
- Cinquante autres ! »
Je ne peux m'empêcher de pouffer de rire devant la mine dépitée de Granger qui vient de faire perdre, à elle seule et en quelques secondes, cent cinquante points à sa maison.
« Cela vous amuse, monsieur Malefoy ?
- Non, professeur.
- Bien. Vous viendrez me voir tous les deux dans mon bureau après la pause déjeuner. Est-ce entendu ?
- Oui, professeur.
- En attendant, mettez vos hormones de côtés ! Par Merlin, nous avons des enfants ici ! »
Et sur ces derniers mots, McGonagall s'éloigne avec son groupe d'élèves, plus si innocents que cela.
« Je te hais, Malefoy. Je te hais, marmonne-t-elle rageusement.
- Je t'aime aussi, Granger. Ah, si tu savais combien je t'aime. »
Et cette déclaration, celle de trop, lui monte au nez. A grand pas, elle prend la fuite.
OoO
Épilogue de notre départ fort retentissant du cours de potion : retenue d'une semaine pour Granger et moi, puis cent points de perdus pour les Gryffondor suite à l'impertinence de l'élève envers son professeur. Résultat de l'entretien avec McGonagall : retenue d'une semaine. Au total : deux semaine à aider le vieux concierge Russard après les cours et les entrainements de Quidditch. Conclusion : on ne s'en sort pas trop mal pour le bordel qu'on a foutu.
Pourtant, c'est tête baissée que nous descendons les escaliers et que nous pénétrons dans la Grande Salle. Sans surprise, nous captons aussitôt l'attention. L'épisode de notre départ précipité du cours de potion et celui de notre « étreinte » dans le couloir ont dû être largement commentés, tout comme les deux cent cinquante points perdus. Rouge de honte, Granger traverse, à grands pas, la salle. Elle ignore royalement les signes de ces amis et va s'installer à l'extrémité de la table, là où bannis et solitaires prennent habituellement place. Je la considère longuement puis jette un œil vers les miens qui me congratulent. Allons les enfants de Poudlard, mon jour de gloire est arrivé ! Mais idiot que je suis, je ne peux m'empêcher de regarder en direction de Granger. Je me poignarde mentalement tout en me gratifiant de crétin fini. Car pour une fois que je suis celui qu'on acclame...
Je pousse un long soupir et rejoins la Gryffondor. Je mettrai ce bain de foule manqué sur sa note. Lorsqu'elle remarque que je m'installe en face d'elle, elle ne peut s'empêcher de s'étonner.
« Que veux-tu, Malefoy ?
- Déjeuner comme tout le monde.
- Tu t'es trompé de table.
- Ah bon ? C'est pas ici la table des préfets fous furieux ? Ceux qui en une matinée ont traumatisé Rogue et McGonagall ?
Elle se laisse enfin à rire. Certes un petit rire, mais c'est déjà un bon début.
« Allez, t'en fais pas. D'ici deux jours, ils auront tous oublié cette histoire.
- Je crois pas.
- Crois-en mon expérience.
- ... Je suis désolée, lâche-t-elle faiblement, tête baissée.
- Quoi ? Tu peux répéter ? Je suis devenu un peu sourd depuis ce matin.
- Je suis désolée, répète-t-elle légèrement agacée.
- Et de quoi, ma douce colombe ?
- C'est de toi ou du sort ? »
La suspicion se lit dans ses yeux.
« Du sort, évidemment. Quelle question !
- Je n'aurais pas dû utiliser tu-sais-quoi pour me venger de toi.
- Puis-je savoir précisément ce qu'est ce « tu-sais-quoi » ?
- Tu le sais très bien.
- Oui, mais j'aimerais avoir plus de détails.
- En fait, répond-t-elle à contrecœur, il s'agit d'une potion que j'ai trouvée dans un vieux bouquin de la bibliothèque.
- Impossible ! J'y ai passé toute la journée d'hier et je n'ai rien trouvé. »
Elle baisse les yeux. La culpabilité est visiblement très lourde à porter pour les Gryffondor. Ils devraient apprendre à faire fi de ce sentiment superflu.
« Tu me caches quelque chose d'inavouable, c'est ça ?
- N'importe quoi !
- Tu mens, Granger. C'est aussi énorme que le derrière de Goyle. Allez, avoue tout. Ca te soulagera.
- Le grimoire provient de la réserve...
- Celle interdite aux élèves, sauf à certains de dernière année qui... Qui t'a donné l'autorisation écrite ?
- Peu importe.
- Dis-le ou je balance à haute voix que...
- Que quoi ? Tu es ensorcelé ? Manipulé ? raille-t-elle. Après ce qui vient de se passer, je me moque de ce que tu pourras dire. J'ai atteint le fond.
- Je hurlerai que j'ai envie de toi.
- A d'autre veux-tu.
- Je n'ai rien à perdre puisque je suis ensorcelé.
- Tu n'oserais pas faire ça.
- Par contre, continuai-je sans me démonter, ta pudeur ne s'en remettra pas ni ton honneur et encore moins ta sainteté.
- Tu ne ferais pas ça !
- Tu paries ? Au fait, tu es vierge ? Si oui, je pourrai dire que j'ai été ton premier. Oh ! Je raconterai à la Belette comment je t'ai dépucelée. Tu penses qu'il virera dans quel ton de rouge ? Peut-être le même que celui du sang de la jeune vierge que tu es. T'en penses quoi ? »
La plus virginale des Gryffondor est sur le point de tomber en pâmoison. La honte l'étouffe. Si j'avais su plus tôt que le simple fait de la taquiner sur des sujets intimes la rendrait aussi silencieuse et affaiblie, croyez-moi, j'aurais opté pour cette tactique. Je crois que je ne me suis jamais autant amusé avec le camp ennemi.
« Pour la dernière fois : qui t'a remis cette autorisation ?
- Je ne peux rien dire, s'entête-t-elle.
- J'ai hâte de poser mes mains sur tes adorables petits... !
- Tais-toi ! coupe-t-elle aussitôt, le visage en feu. »
Tout Poudlard nous dardent et moi j'exulte.
« On a des bouffés de chaleur, Granger ? dis-je moqueur.
- Je ne peux rien te dire car j'ai promis de rester muette sur ce sujet. Je t'en prie, par pitié, ne m'en demande pas plus. »
Je hais son regard de chien battu.
« Très bien, cédai-je. Mais dis-moi ce que tu as fait après avoir trouvé la potion adéquate. »
Elle semble soulagée.
« Eh bien, comme je n'avais pas les moyens de te faire boire cette potion, j'ai eu l'idée d'en enduire un gloss que j'ai emprunté à Lavande.
- Je vois... Rien à voir avec ce que Pansy m'a dit alors.
- Quoi ?
- Rien. Et donc ça agit sur...
- En fait, dans ce livre, l'auteur nous explique que l'individu, dans le souci de préserver son équilibre, a besoin de justifier son comportement et de s'auto-persuader que ses actes sont légitimes et cohérents avec sa natu...
- Ce n'est pas un exposé que je te demande mais juste le comment.
- La potion est utilisée comme une sorte de stimuli dans le but de changer la conduite du cobaye. En somme, faire que sa pensée, conditionnée par son environnement, n'influence plus son comportement. Les effets varient mais ne perdurent pas plus de douze heures. En l'occurrence, tu aurais dû retrouver ton état normal.
- Tu t'es peut-être trompée dans...
- Je ne me trompe jamais quand il s'agit de sort et de potion !
- Pas modeste pour un sou, la Granger. Très bien, partons du principe que tu ne peux t'être trompée. Dans ce cas, pourquoi suis-je encore sous le coup de ton poison ?
- J'imagine que ça varie selon les individus, comme le filtre d'amour. Tu te remets peut-être moins vite des effets. »
Je m'adosse contre mon siège et croise les bras.
« Donc, ce n'est pas toi qui es en tort mais mon métabolisme déficient ?
- C'est ça.
- Tu ne veux pas admettre que tu as fauté quelque part, hein ?
- Peu importe ! D'ici ce soir, tu seras certainement redevenu le Malefoy méprisant, mal éduqué et insupportable que tous connaissent.
- Et si ce n'est pas le cas ? Oui, parce que, tu m'excuseras, je préfère évoquer cette éventualité plutôt que de te croire sur parole.
- On avisera.
- C'est tout ce que ton génial cerveau de sorcière a trouvé ?
- Désolée, mais je suis prise de court.
- Donc en attendant...
- En attendant ?
- Et bien oui. Vu que j'ai une vengeance sur le plat, je me demandais si je n'allais pas te faire endurer ce que j'endure.
- Pas question ! De toute façon, je ne me souviens plus de quelle potion il s'agit. »
Quelle menteuse, je vous jure ! Et la pire, qui plus est.
Un sourire narquois étire mes lèvres.
« Qui te parle de t'ensorceler. Visiblement, tout le monde pense que je suis raide dingue de toi. Comme je ne peux pas répandre mon venin à cause de tes manigances, je pense que je vais m'acharner sur la seule proie qui m'est accessible pour l'instant.
- Tu comptes me faire bouillir dans un chaudron ?
- Non, ma douce, répondis-je en lui prenant les mains. Je vais t'infliger la plus délicieuse des tortures. Je vais devenir ton ombre, la plus fidèle et la plus aimante qu'il soit.
- Tu n'oserais pas ? T'acoquiner avec une Sang de Bourbe, c'est... »
Je pose délicatement un doigt en travers de ses lèvres. Elle semble affolée. Je jubile.
« Voyons âme sœur de mon cœur, c'est une bien vilaine insulte pour une bouche si innocente. »
Les mots sortent si aisément que je m'en étonne moi-même. Il est plus simple de faire avec les effets du sort que d'aller contre. C'est d'une telle facilité que je me demande une fois de plus pourquoi je n'ai pas choisi cette technique plus tôt pour toucher et déstabiliser Granger. Isoler les diverses émotions sur son visage, les voir se bousculer, se disputer la dominance, cela n'a pas de prix.
Je dépose un baiser sur le dos de sa main et me relève.
« Nous nous reverrons au cours prochain, Papillon.
- Papillon ?
- En référence à tes dessous, dis-je en lui décochant un clin d'œil. »
Après toutes mes attentions, Granger, rouge comme une écrevisse, s'affale sur la table.
OoO
La semaine est passée. La seconde est sur le point de prendre fin.
Comme je le redoutais, les effets du sort perdurent toujours. Je devrais me trouver en état de loque. Ne plus être moi pendant près de deux semaine aurait dû me pousser au suicide. Et pourtant, je n'ai jamais été aussi bien de toute ma vie. Mon existence à Poudlard s'écoule tranquillement, paisiblement. Rien ne saurait m'éloigner de cet état de félicité, pas même les heures de retenues. Je suis définitivement devenu un homme zen.
Il ne se passe pas une journée sans qu'une personne ne sème des louanges à mon propos. Sort oblige, je me montre sympathique, sans toutefois pousser le bouchon trop loin. On ne devient pas Saint Potter en une semaine et demie. Mais le résultat est que je concurrence le héros en bonnes actions. Mais heureusement, mes pensées sont là pour ne pas me voir irrémédiablement basculer vers le côté obscur ; je frise tout de même la schizophrénie.
Tout Poudlard n'est malheureusement pas acquis à ma cause cela aurait été trop facile. Il y a ceux qui doutent et douteront toujours comme Saint Potter - il a bien raison, n'empêche -, et ceux qui me vouent au diable comme Weasley - j'ai découvert le nid des papillons, pas lui. Mais en règle générale, tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et Granger est la cerise sur le gâteau.
Je pense sérieusement que si je devais prendre femme, j'opterai pour une demoiselle avec certains traits de caractères de la lionne. Son obstination à me tenir tête, son intelligence qui frise le génie, sa capacité à faire fi de sa bonne conscience pour combattre le mal, ses colères - car elles sont tout de même phénoménales -, et sa façon de ne pas être comme les autres filles de l'école. Oh ! et puis ses papillons ! Ah, ses papillons ! Je crois que je ne me remettrai jamais de ce bout de tissu décoré de merveilles retenant deux délicieux petits fruits. Voir son ennemie sous un autre angle, ça vous change vos perspectives.
« T'as bientôt fini de rire seul comme un benêt ?
- Hein, quoi, Blaise ?
- Tu ne tournes plus très rond.
- Dis-moi comment trouves-tu Granger ? Je veux dire pas en tant que Gryffondor mais en tant que femme.
- J'aime pas ses cheveux. J'aime pas son côté je-sais-tout ni...
- Des choses positives !
- Sa ténacité. Son courage. Son cerveau... Sa ténacité, je l'ai dis ?
- C'est tout ? Tu lui trouves rien physiquement ?
- Pour une histoire d'un soir en étant bourré si tu veux. Mais à long terme, non merci. Pas mon style de fille. Je préfère le genre « Ginny Weasley ».
- Tu as des goûts douteux, Blaise.
- Parce que toi, tu as de meilleurs goûts ? Je te signale que Granger est au bas de la liste des filles à draguer. Peut-être que si elle s'arrangeait ça irait. Mais même si elle se mettait à suivre la mode, elle ne m'attirerait pas.
- Moi je sais reconnaître la bonne jument quand j'en vois une. Celle qui se révèle ton égal et pas l'accessoire d'un soir.
- Et tu classes Granger dans quelle catégorie de jument, monsieur l'étalon qui encore hier ne supportait pas les Sang-de-bourbe ?
- ... »
La gifle est douloureuse. Il m'a prit de court.
« A mon avis, tu devrais cesser ton petit jeu avec elle et lui demander rapidement un antidote avant de finir dans une situation que l'ancien Drago aurait abhorré. »
A suivre...
Alors, ils sont pas beaux les papillons ? Allez, à la prochaine !
