Titre original : Draco Malfoy, a Story

Auteure : BlancheMalfoy

Traductrice : Falyla

Paring : Draco/Harry POV Draco

Rating : M

Disclaimer : Les personnages et les situations appartiennent à JK Rowling, l'intrigue de cette fic est de BlancheMalfoy. Je ne m'approprie que la traduction avec son accord bienveillant.

Sommaire : Après les événements du tome 7, Draco Malfoy n'est plus le même. Voici son histoire.

État de la fic originale : en cours, chapitre 10 en ligne

Note de la traductrice : Bonjour, j'ai été très occupée la semaine dernière, entre famille et boulot, donc je suis un peu en retard sur le rythme annoncé. Ça pourrait se reproduire, alors, ne m'en veuillez pas trop, je fais ce que je peux.

Merci pour tous vos messages d'encouragements, j'apprécie vraiment ce soutien.

Bonne lecture

L'histoire de Draco Malfoy

Chapitre 5

Je suis devenu dingue. Une fois arrivé au Manoir, toute ma bravoure s'est évanouie. Je me contiens parce que celui qui me tient est bien plus terrifié que moi.

- Où on est ? C'est quoi cet endroit ? me demande l'adolescent blond, les yeux écarquillés, probablement à cause de la taille du Manoir.

Le Manoir Malfoy vaut le détour. Avec ses quatre-vingt-dix chambres, ceux qui ne le connaissent pas bien peuvent facilement s'y perdre. Quelques paons se promènent sur la vaste pelouse. Le petit garçon se détend un peu quand il les voit, il semble intéressé par la tournure des événements. Mes chiens courent jusqu'à nous et je dois leur ordonner de se tenir tranquilles.

- Chéri ?

Astoria apparaît sur le pas de la porte d'entrée et me dévisage avec effroi.

Je ne peux même pas imaginer ce qui traverse son esprit mais, en cet instant, tout ce que je veux c'est le confort de mon salon et une tasse de thé bien fort, de préférence avec mes pilules. J'ai un urgent besoin de mes pilules. Je marche un peu difficilement jusqu'au porche, d'où Astoria me fixe comme si elle est pétrifiée par un sort. Ses yeux s'ouvrent en grand quand elle voit le petit bonhomme accroché à moi. Je suppose que son instinct maternel bondit parce qu'elle vient vers moi immédiatement, s'accroupit devant lui puis l'éloigne gentiment de moi pour le guider à l'intérieur.

- Eh ! Eh ! Où elle pense aller avec mon frère ? s'écrie l'autre garçon avant de s'élancer derrière ma femme comme s'il allait la frapper.

Il est facile de le stopper d'un infime mouvement de ma baguette et je dois avouer que c'est plutôt amusant. L'adolescent me jette un regard noir.

- Elle, c'est ma femme. C'est quoi ton nom, morveux ? je m'enquiers.

Il lève le menton.

- Je m'appelle Alfred. Et je ne suis pas un morveux ! J'ai quinze ans !

Il est plus âgé que je ne le pensais.

- Et ton frère ?

- Pourquoi vous voulez le savoir ? il me rétorque, sur la défensive.

Je souris sans humour.

- Peut-être parce que je suis assez fou pour vous amener ici, chez moi, je pense avoir le droit de connaître vos noms, non ?

Il grommelle.

- Il s'appelle Angel. Vous pouvez me relâcher maintenant, s'il vous plait ?

Je m'avance jusqu'à lui. Il continue à me regarder furieusement. Ce garçon est brave pour un morveux.

- Je vais y penser, Fred.

- Je déteste qu'on m'appelle Fred !

- Peu importe, Fred. Tu es chez moi, ici. Je t'appellerai comme bon me semble.

Le gamin grogne plus fort. C'est vraiment amusant de le titiller. Son tempérament bouillant me rappelle celui de Harry. Je me demande si c'est la raison qui m'a poussé à les amener dans ma maison. Le petit a les yeux de Harry et l'aîné son caractère explosif et l'insupportable courage de celui qui n'a peur de rien. Tous deux ressemblent beaucoup à Harry.

Je dois vraiment perdre la tête. Peut-être que je devrais prendre rendez-vous à Ste-Mangouste. Astoria me le suggérerait assurément. Son mari est en train de devenir dingue.

Mais le bon côté des choses est qu'au moins, je n'ai pas enlevé les enfants de Harry.

L'agaçante voix interrompt mes pensées.

- Alors, c'est votre maison ? Vous êtes riche ?

J'affiche un sourire narquois.

- Ce n'est pas assez évident ?

Il fait une grimace.

- Pourquoi vous ne m'ôtez pas ce sortilège que je puisse m'en aller avec mon frère ?

- Pourquoi tu ne commencerais pas par te comporter gentiment et me remercier de t'avoir sauver la vie ? je réfute.

- Je me serais échappé si vous n'aviez pas été sur mon chemin !

- Mais bien sûr. Tu étais poursuivi par des Mangemorts et tout ce que tu avais pour te protéger, toi et ton petit frère, c'est une baguette qui a l'air de faire plus de mal que de bien… En effet, tes chances étaient vraiment bonnes, je commente avec sarcasme.

Je le libère finalement du sortilège et me dirige vers le Hall. Le morveux me suit en me posant un million de questions à la fois et m'ordonne de l'amener vers son frère.

Quand j'entre dans le salon, je me verse un whisky. Ce n'est jamais une bonne idée de boire avec ce genre de médicaments mais merde, quoi. J'ai besoin de quelque chose de fort. J'offre un verre à Alfred qui, d'un geste de défi, le prend et le descend cul sec. C'est drôle de l'observer rouler des yeux et s'écrouler sur le sofa. Le gamin n'a probablement jamais bu d'alcool de sa vie. J'apprécie le silence, brisé uniquement par les pas légers d'Astoria.

- Draco, tu sais que tu ne devrais pas boire, elle me réprimande d'une voix douce.

Seule Astoria a le pouvoir de rester douce même lorsqu'elle est en colère. J'aimerais tellement l'aimer comme elle mérite de l'être.

- C'est juste un verre. Où est l'autre enfant ?

Elle regarde en direction d'Alfred et fronce les sourcils en l'entendant ronfler. Cependant, elle ne demande rien.

- Lui, c'est Alfred, j'explique avec un sourire. Le plus jeune s'appelle Angel. Ils sont frères.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu as un air épouvantable !

Elle s'approche de moi et pose sa main sur mon front.

- Tu as de la fièvre, Draco. Je pense que tu devrais aller prendre un bain et te coucher. Je m'occuperai du reste.

Elle est extraordinaire. Le monde pourrait s'écrouler autour de nous qu'elle s'inquiéterait de ma santé.

- Tu ne sais même pas ce qui est arrivé, je lui rappelle.

- Eh bien, tu devais avoir tes raisons.

Je soupire lourdement.

- Ils ont été attaqués par des Mangemorts.

Son visage rose de poupée blêmit. Je sais qu'Astoria déteste la guerre autant que n'importe quel autre sorcier normal. Son père n'a pas voulu devenir l'un des sous-fifres du Seigneur des Ténèbres mais il a payé un lourd tribut pour cette bravade. Le vieil homme est maintenant invalide et son fils aîné a été assassiné en représailles.

- Des Mangemorts ? elle répète à mi-voix. Je croyais qu'ils n'existaient plus…

- Moi aussi. Bon, il semblerait qu'ils ne s'appellent plus ainsi désormais. Je suppose qu'ils appartiennent à ce nouveau groupe : les Tout-Puissants.

- Mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'ils veulent ?

- Je n'en ai pas la moindre idée. Peut-être qu'Alfred sait quelque chose.

- C'est pour cette raison que tu les as amenés ici ?

- Non.

Je m'assieds dans un fauteuil comme si j'avais peur de ne plus pouvoir tenir debout.

- Ce n'était pas prémédité. C'est arrivé, c'est tout. Je ne pouvais pas les laisser là-bas. Je ne sais pas ce que Goyle et les autres avaient planifié mais je n'aime pas l'idée qu'ils puissent s'en prendre à des enfants quand ça leur chante.

Astoria acquiesce comme si mon étrange comportement de la surprend pas le moins du monde.

- Comment va Angel ? je demande.

Elle sourit enfin, l'air moins anxieux.

- Il a pris une douche. Il était tellement sale, Draco ! J'ai peur d'imaginer ce qu'ont traversé ces garçons jusqu'à maintenant…

Elle frémit.

- Il est si mignon. Mais il est si effrayé, je devrais me trouver près de lui. Je l'ai laissé avec Lara.

Je la regarde partir sans rien ajouter. J'appelle Joah, un autre de nos elfes de maison et je lui demande de prendre soin d'Alfred. Le garçon a aussi besoin d'une bonne douche, probablement de nourriture et de repos. Il est plutôt maigre pour son âge. Je suis certain qu'il conviendrait parfaitement au programme de charité de Harry.

En parlant du diable… Une partie de moi veut le contacter et lui raconter ce qui vient d'arriver. Mais l'autre partie a bien trop peur. Je n'ai pas la moindre idée de qui se passe dans le monde magique et je n'aime pas ça.

Il y a une autre bonne raison de ne pas appeler Harry, je n'ai jamais été un citoyen modèle. Bien que je me comporte correctement maintenant, j'ai commis quelques petites infractions par le passé. Rien de sérieux, vraiment, mais le Ministère ne laisse rien passer. Comme la fois où j'ai essayé d'importer un bébé dragon de Roumanie pour le sixième anniversaire de Scorpius.

Alors contacter le Ministère est hors de question. Je dois parler à mon père. Mais avant ça, je dois me reposer. Je vais dans ma chambre et me dirige vers la salle de bain. Je suis surpris quand je vois mon reflet. J'ai l'air d'un zombie. Je suis pâle mais fiévreux tout à la fois et j'ai des profonds cernes sous les yeux. Je me sens vieux.

L'eau tiède coule sur mon corps et détend mes muscles douloureux. Je suis sûr de m'endormir dès ma tête touchera l'oreiller. Je n'ai pas tort. Je me réveille quand Astoria me secoue délicatement. Son beau visage est inquiet.

- Qu'est-ce qui ne va pas ? je m'enquiers, en ouvrant lentement les paupières.

- Harry Potter est là.

- Quoi ?

Je me redresse d'un coup.

- Harry Potter est , dans notre salon. Il veut te parler.

Je ne peux pas contrôler les battements fous de mon cœur. Je ne veux pas voir Harry mais, en même temps, je le veux. S'il est ici, c'est que ça ne sent pas bon. Je parie que ça a quelque chose à voir avec les événements de l'Allée des Embrumes. D'une manière ou d'une autre, il en a eu vent. Mais bon, Harry sait toujours ce qui se passe dans le monde magique. Il n'y a aucune exception. Je me rappelle encore qu'il a su exactement où intercepter mon bébé dragon et à quel point il a été amusé par mon audace.

Il ne sera pas de mon côté, j'en suis bien certain. Je serai le suspect numéro un de ce sur quoi il enquête. Mais, avant que mon esprit donne des ailes à mon imagination fertile, je décide de descendre et de lui faire face.

Je préfèrerais vraiment le confort de mes appartements où je me sens parfaitement en sécurité. Je sens déjà un vertige familier me submerger et mon estomac se soulève pendant que je m'habille. Je commence à transpirer. Ce sont les symptômes typiques d'une personne qui souffre d'attaques de panique.

Je descends lentement jusqu'à Harry, comme si ça allait, d'une façon ou d'une autre, me soulager de ma souffrance. Je prends le long corridor sur ma droite et je marche jusqu'au salon principal. J'ouvre la porte et je vois Harry debout, appuyé contre le manteau de la cheminée. Ses yeux vert émeraude se tournent immédiatement vers moi. Mon corps se transforme en gelée. Mon malaise s'empire. Le problème maintenant n'est pas uniquement dû à la panique, il est dû également au fait que Harry est juste là.

- Potter, je le salue d'une voix traînante.

J'essaie de paraître ennuyé.

- Malfoy, il me répond sur le même ton, un sourcil arqué. Tu as l'air encore pire que lorsqu'on s'est vus au club des sorciers snobinards de Londres.

- Charmant, je rétorque avec un sourire affecté. Je peux t'aider ? C'est un peu tard pour une visite de courtoisie.

- Eh bien, comme ce n'en est pas une, je suppose que je ne brise pas les règles de la bienséance, n'est-ce pas ?

Son sourire est aussi cynique que le mien.

- Je crois que tu sais pourquoi je suis ici.

- Tu peux être plus explicite ?

Il rit.

- Est-ce que je dois m'inquiéter de cette question ?

Je fronce les sourcils.

- Qu'est-ce que tu veux dire par-là ? je demande.

- Eh bien, si je dois être plus spécifique, ça veut dire que tu as fais les quatre cents coups, non ?

Oh, ouais. Putain, je mène la grande vie. Je passe la plupart de mes journées à la maison, j'essaie de manger un minimum et je me promène sur mes terres avec mes chiens. Scorpius me manque.

- Je vis du bon côté de la loi, Potter, je déclare.

- Je te crois. Ces cinq dernières années, tu es plutôt resté retiré.

Je sens mon corps se raidir. Alors il sait tout. Je me demande s'il sait que je vois un psychiatre. C'est fort possible. Rien n'échappe à l'œil du tigre de Potter. Cependant, je doute sérieusement qu'il sache ce que je ressens pour lui. Au moins, cet aspect de ma vie reste parfaitement sauf.

- Je me souviens encore plutôt affectueusement de ce bébé dragon que tu as essayé de ramener de Roumanie.

- Il en a passé de l'eau sous les ponts depuis, Potter. Si je me rappelle bien, j'ai payé une petite fortune en amendes pour cet épisode particulier.

- Vois le bon côté des choses, tu n'as pas été arrêté au moins.

Il a raison. Si j'avais été arrêté, je n'aurais pas survécu un seul jour en prison. Il le savait. Mes avocats ont trouvé un arrangement raisonnable avec le Département de la Justice afin de s'assurer que la prison me serait épargnée.

- Pourquoi tu n'en viens pas au fait, Potter. Pourquoi tu es là ?

Je suis exténué. Je m'assieds dans le fauteuil le plus proche pour tenter de cacher mon malaise. S'il remarque quoi que ce soit, il ne dit rien.

- Il y a eu du grabuge dans l'Allée des Embrumes, aux environs de quinze heures quarante.

S'il s'attend à ce que je réplique, il est déçu. Harry met les mains dans ses poches. Malheureusement, il est vêtu de son uniforme d'Auror – une horrible mais intimidante robe noire, ornée d'un aigle sur la poitrine. Je n'aurais jamais cru que je dirais une chose pareille mais je préfère qu'il porte des vêtements moldus. Ils le rendent bien plus attirant.

Ses cheveux sont restés ébouriffés et très, très noirs. Il y passe la main. Je dois me mordre les lèvres pour éviter un gémissement de désir.

Ses yeux verts étincellent quand ils rencontrent les miens. Est-ce qu'il a remarqué le désir malsain que j'ai pour lui ? J'en tremble.

- Tu as froid ? il me demande.

Harry ne laisse rien passer. Comme il est agaçant !

- Un peu, je réponds.

- Tu veux que j'allume un feu dans l'âtre ?

Je le dévisage comme si je voyais un chien à trois têtes.

- Okay, c'est moi qui suis malade et c'est toi qui hallucines ?

Un sourire sexy orne ses lèvres. C'est suffisant pour que mon cœur se remette à battre la chamade. Je me sens comme au bord d'un précipice.

- J'essaie juste d'être gentil. Tu es vraiment malade ? Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?

- Qu'est-ce que ça peut te faire ? Ce ne sont pas tes affaires, de toute façon, je rétorque froidement.

Une part de moi hurle comme une écolière pour capter une lueur de sincère inquiétude au fond des yeux de Harry.

Il soupire.

- Bon, d'accord. Plus de bavardages, alors, il fait avec lassitude.

Il s'approche de moi, je retiens mon souffle.

- L'Allée des Embrumes, Malfoy. Il s'est passé quoi ?

- Comment je pourrais le savoir ? je questionne avec nonchalance.

- Eh bien, tu devrais. Tu y étais après tout. Un témoin oculaire t'a vu jeter des sorts autour de toi plus d'une fois. L'un d'eux a frappé quelqu'un. Mais personne ne sait qui étaient les autres.

- Oh, alors, c'est moi qu'on a reconnu. Le bouc émissaire, en somme, je ricane. Je me demande pourquoi…

- Peut-être parce que les gènes des Malfoy sont uniques.

- Tu veux dire par-là que nous sommes grands, blonds et incroyablement beaux ?

- Je ne suis moins certain pour ce qui est d'être beau.

- Ah, mais c'est un intéressant choix de mots, Potter. Alors tu es partagé entre le fait de me trouver diaboliquement séduisant ou juste purement sexy ? je le provoque sans savoir où je trouve le culot de le faire.

Harry sourit presque ou, du moins, c'est l'impression que j'en ai. Il ferme la distance entre nous et s'assied à mes côtés. Je dois lutter pour rester indifférent.

- Allons, Malfoy. Si tu ne me dis pas ce qui s'est passé, je vais devoir te convoquer au Ministère pour témoigner, où tu seras questionné non seulement par moi mais aussi par plusieurs Aurors que tu n'aimes pas. Ce sera très déplaisant, je suis sûr que tu t'en rends compte.

- Ils ont trouvé un corps dans l'Allée des Embrumes ?

J'ignore volontairement la menace mais c'est assez évident que je ne veux pas voir d'Aurors.

- Tu es en train de me dire que tu as tué quelqu'un ? il se renfrogne, le corps raidi.

- Mais non, Potter ! Je te demande juste si tu as trouvé quelqu'un d'inconscient.

- Il n'y avait personne quand nous sommes arrivés, juste un grand trou dans le mur d'une boutique vide et quelques dégâts par-ci, par-là. Tu étais là-bas, hein ?

- Tu ne devrais pas d'abord me demander où j'étais à quinze heures quarante ?

- Je perds patience, Malfoy, il m'avertit gentiment.

Néanmoins, je peux voir de la fureur dans ses yeux. Je m'adosse contre le fauteuil et je ferme les paupières. Quel bien ça ferait de lui cacher la vérité ? Peut-être que si je partage un peu de ce que je sais avec Harry, nous deviendrions plus proches. Ou peut-être que je devrais juste me lancer un sortilège mortel et en finir avec mon semblant de vie, une fois pour toutes.

- J'étais dans l'Allée des Embrumes, je confesse.

Et je commence à lui raconter l'histoire. Je lui dis que je suspecte Matilda Junian de manigancer quelque chose et je me suis allé dans l'Allée des Embrumes pour collecter des renseignements. Puis je lui narre mon combat avec Goyle et les deux autres. Harry écoute sans dire un mot, mémorisant chaque détail de mon récit.

- Je suis stupéfait, il me dit après un moment. C'est incroyable ce que tu as fait dans l'intérêt général.

Je grimace.

- Je ne m'attendais pas à ce que tu te retournes contre tes anciens camarades, sans compter protéger deux enfants innocents contre eux.

- Eh, Potter ! je l'interromps avant qu'il ne m'énerve encore plus. Je te prie de ne pas oublier que tu es dans ma maison ! J'exige un certain respect ! Et comme tu le sais très bien, ce ne sont pas mes amis.

- Je dois te rappeler ton passé, Malfoy ? Ou de quoi mes amis et moi avons souffert dans cette maison ?

Le ton de sa voix est grave.

Très bien, il marque un point. Je suis Draco Malfoy, ex-Mangemort, fils de l'un d'eux également et mon seul intérêt a toujours été de sauver mon cul. Mais, ça, c'est le passé. Tellement d'années sont passées depuis le temps où je faisais les mauvais choix… Il n'a pas remarqué que cette pièce est différente de l'ancienne ? J'ai fermé l'ancien salon principal du Manoir à jamais. Il y a tellement de gens qui ont été torturés et tués là-bas que je ne supporte plus de m'en approcher. Harry ne semble pas s'en rendre compte.

- Les gens changent, je déclare.

- Ils ne changent pas tant que ça.

- C'était il y a longtemps, Potter ! J'ai bien appris ma leçon ! je rétorque avec une colère que j'ignorais posséder encore.

Il hausse les épaules. Il ne me croit pas. Qu'il aille se faire foutre, alors ! J'aurais dû tout garder pour moi et refuser de le voir. Dans la matinée, les garçons seront partis et il n'y aura plus rien pour me relier à l'Allée des Embrumes.

Mais je suis masochiste et je veux que Harry soit près de moi, même dans des conditions aussi sordides.

- Alors, c'est vraiment tout ce que tu sais ? il me demande après une minute de silence.

- Oui. Tu peux me donner du Véritasérum si tu veux, je le défie.

- Ne me tente pas.

Nous nous dévisageons pendant un moment et je sens une incroyable énergie flotter entre nous. Il y a du feu dans ses yeux verts mais je n'ose pas espérer. Cette attraction n'est pas mutuelle et ne le sera jamais. Pourquoi est-ce que je ne peux tout simplement pas l'oublier ? Je suis le premier à détourner le regard.

- Tu n'as pas l'air en condition de prendre une potion aussi forte, il fait remarquer.

Merlin, je semble si mal en point ?

- Je dois parler aux garçons, fait Harry sans prendre mon déplaisir en considération. Ils seront pris en charge par notre Institution. Ils seront bien là-bas. Tu peux les appeler, s'il te plait ?

- Potter, il est tard. Ils sont en train de dormir. Et loin de moi l'idée de te contrarier mais tu penses vraiment qu'ils seront en sécurité dans l'Institution ?

Il me dévisage comme si je ne suis qu'un enfant qui ne connaît pas la manière dont tourne le monde. Ça me rend absolument furax.

- Ils seront plus en sécurité qu'ici. Tes amis…

- Ce ne sont pas mes amis !

- Peu importe. Ils viendront ici. Tu le sais. Je suis même surpris qu'ils ne soient pas déjà là.

- Personne ne pensera que je les ai amenés dans ma maison, tu ne crois pas ? Pas Draco Malfoy, le lâche.

Je me méprise avec mes propres mots. Malheureusement, ils sont vrais.

- En outre, le Manoir est très bien protégé contre les visiteurs déplaisants.

Et par déplaisants visiteurs, je veux dire les ex-Mangemorts qui veulent voir notre famille disparaître de la face de la terre.

- Peut-être que tu as raison.

Une fois de plus, ses yeux transpercent les miens et j'ai l'impression de flotter ailleurs, dans un endroit plus vivant et plus heureux. Son regard fixe me rend nerveux.

- Tu n'es pas en train d'utiliser la Legilimencie contre moi, Potter ? je demande, méfiant.

Il rit.

- Je ne rêverais même pas de faire une chose pareille, Malfoy.

- Snape disait que tu n'étais vraiment pas doué.

Une ombre passe sur le visage de Harry un bref instant puis disparaît.

- Bien, à cette époque, il avait raison, il me confirme à ma grande surprise.

Il y a une période de silence inconfortable. Mais pourquoi est-ce que j'ai amené Snape sur le tapis ?

- Il croyait en toi, Potter, je dis à mi-voix.

Je ne suis pas sûr que Harry l'ait entendu. Mais ce qu'il répond ensuite me fait comprendre qu'il avait les oreilles grandes ouvertes.

- Je sais, Malfoy. Ce n'est pas une coïncidence si le nom de mon fils est Albus Severus.

- Oh, d'accord. Mais franchement, Potter, quel horrible nom.

Il fait une grimace.

- Pas plus que Scorpius Hyperion.

Je n'ai pas le temps de rétorquer. Il se lève brusquement et se place dans un coin de la pièce. Je hausse un sourcil, en me demandant s'il a vu quelque chose ou s'il veut simplement plus d'espace entre nous.

Ce que je n'ai pas remarqué, c'est son téléphone cellulaire qui vibrait dans sa poche, c'est pourquoi il a besoin d'un peu d'intimité. Il parle doucement et tendrement et je ne peux que deviner qui est à l'autre bout du fil. Je ferme mes yeux une nouvelle fois. Pourquoi est-ce que je dois supporter tout ça ?

- Malfoy, voilà le marché, il me dit quand il a éteint son téléphone. Les garçons peuvent rester jusqu'à demain. Après, ils partiront avec moi. Entre-temps, deux de mes hommes resteront là pour les protéger.

- Ce ne sera pas nécessaire.

Inutile de dire que l'idée d'avoir des Aurors dans ma maison me déplait. Le Manoir a servi de quartier général au Seigneur des Ténèbres durant la guerre et après, il a grouillé d'Aurors qui ont confisqué tout ce que nous avions. Il est évident que je ne veux pas les revoir dans ma maison.

- Bien sûr que si. De plus, je ne vois pas comment tu peux m'en empêcher.

- C'est ma maison !

- Et ces garçons sont mes témoins. Je ne risquerai pas leur vie.

Et la mienne ? Je pense à me plaindre mais ça ne me fera aucun bien. Je finis par acquiescer. Je sais que c'est inutile de m'opposer à l'idée que des Aurors traînent dans le Manoir. Peu importe ce que j'aimerais ou pas, ils resteront parce que le tout-puissant Harry Potter le décrète.

Harry se retourne et se dirige vers la porte. Je me lève et, même en me sentant nauséeux et pris de vertiges, je reste droit.

- Potter, tu vas me dire ce qui se passe ?

- Je ne vois pas pour quelle raison.

J'ai envie de lui sauter à la gorge.

- Tu ne crois pas que je mérite de le savoir ? Je leur ai sauvé la vie ! Je suis allé dans l'Allée des Embrumes pour obtenir des informations pour toi ! je laisse échapper.

Je pâlis instantanément. Pourquoi j'ai dit ça ? Qu'est-ce qu'il va penser maintenant ? Je n'ai pas le courage de le regarder dans les yeux. J'ai peur de ce que je vais y voir. Il dit quelque chose mais je suis si perturbé que je ne l'entends pas. Je crois que je vais m'évanouir. Quelque chose compresse ma poitrine, me coupe le souffle.

- … Alors on peut finir cette conversation demain, il termine.

Et ensuite, il part. Je reste debout là un long moment et c'est comme ça qu'Astoria me trouve quelques minutes plus tard. Elle essaie de me faire parler mais je n'ai plus de force. Je retourne dans ma chambre, verrouille la porte et tire les rideaux. Puis, dans le noir, je me mets à pleurer.

À suivre…

Voilà. Ça vous a plu, déplu ? Des questions ? Laissez-moi un petit message et n'oubliez pas que pour vous répondre, une adresse e-mail ou un compte Ffnet est nécessaire. Sans ça, je n'ai que votre pseudo et je ne peux rien faire.