Titre original : Draco Malfoy, a Story

Auteure : BlancheMalfoy

Traductrice : Falyla

Paring : Draco/Harry POV Draco

Rating : M

Disclaimer : Les personnages et les situations appartiennent à JK Rowling, l'intrigue de cette fic est de BlancheMalfoy. Je ne m'approprie que la traduction avec son accord bienveillant.

Sommaire : Après les événements du tome 7, Draco Malfoy n'est plus le même. Voici son histoire.

État de la fic originale : en cours, chapitre 10 en ligne

Note de la traductrice : Bonjour, le chapitre 7 est enfin en ligne. J'ai allégé mon rythme de parution afin de ne pas rattraper trop rapidement ceux de BlancheMalfoy.

Je me permets de faire une grosse publicité pour la première fic de WannaPlay qui s'appelle Résistances, c'est un Drarry, rating M. Le lien est ici : www(dot)fanfiction(dot)net/s/6339219/1/

Je suis devenue un peu par hasard la bêta-lectrice de l'auteur. C'est un jeune homme, chose extrêmement rare sur ce site et il a un vrai talent pour l'écriture. Il mérite vraiment qu'on s'attarde sur son travail et qu'on l'encourage de nos reviews.

En parlant de reviews, merci infiniment pour tous vos messages, j'apprécie vraiment.

Bonne lecture

L'histoire de Draco Malfoy

Chapitre 7

Harry ne s'est pas montré le jour suivant mais la sécurité autour du Manoir s'est accrue. Il y a maintenant quatre Aurors qui patrouillent sur les terres, ils sont là pour prévenir le danger. Le nombre de sortilèges de protections a augmenté aussi. Mes chiens semblent agités mais je m'arrange pour les contenir.

Astoria ne dit rien. Comme d'habitude, elle me suit aveuglément.

Dans les jours qui ont suivi, elle s'est parfaitement occupée des garçons. En la voyant avec Angel, personne n'aurait pu soupçonner qu'il n'était pas son fils. Elle adore cet enfant. Même l'humeur d'Alfred s'est améliorée. Il s'énerve toujours aussi facilement mais en présence d'Astoria, il se comporte tout à fait poliment.

Quant à moi, je ne sais pas que ressentir. Moi qui pensais que Harry viendrait fréquemment au Manoir, je me suis complètement trompé. Il se contente de rester en contact avec les Aurors, il prend des nouvelles et leur laisse des messages. Il ne me parle jamais directement. Pas besoin de préciser que ça me rend furax, ce qui empire mon état.

Je veux que Harry revienne, même pour quelques secondes. J'ai besoin de lui, tout comme j'ai besoin d'oxygène, plus même, car sans Harry, le simple fait de respirer me fait mal.

Le cinquième jour, j'ai une plaisante surprise. Je suis dans la chambre à lécher mes plaies quand Angel entre. J'ai envie de lui demander de s'en aller mais ses yeux verts lancent un sortilège puissant sur moi. Je n'ai pas le cœur de lui dire de partir. Mon cœur gelé fond brusquement et je lui souris en retour involontairement. C'est impossible de ne pas lui sourire. La fascination d'Astoria pour lui et le fait qu'elle insiste pour me parler de lui tous les jours même quand je refuse d'écouter devient évidente pour moi. En vérité, Angel est fascinant.

- Tu vas bien ? il me demande gentiment.

J'acquiesce même si c'est un mensonge.

- Et toi ?

Il hoche également la tête et d'adorables fossettes creusent son visage quand il sourit une nouvelle fois.

Nous ne parlons pas pendant un moment. Il ne semble pas contrarié ou tendu et moi non plus. Le silence que nous partageons est comme ceux que je partage avec Astoria. Être ensemble est suffisant. Angel semble comprendre. Je me sens apaisé quand il est près de moi.

La main minuscule sort quelque chose de sa poche. C'est une photographie plutôt froissée d'une femme dans la vingtaine, elle sourit et agite sa main vers celui qui se tient derrière l'appareil photo. Sa bouche, son nez, son sourire, ses cheveux bruns, tous ses traits me rappellent Angel. Ses yeux, cependant, me font penser à Alfred. Manifestement, la femme de la photo est leur mère.

- C'est ta mère ? je demande.

Quand il me répond par un signe de tête positif, je continue

- Elle était très jolie. Tu lui ressembles.

Il sourit.

- Elle est morte.

Tout comme mon sourire à moi.

- Oui, je sais…

Mon cœur se brise. Je veux le prendre dans mes bras mais j'ai peur d'être rejeté.

- Comment s'appelait-elle ?

- Melissa.

Alors nous avons finalement un nom avec son visage. Je ne trouve pas prudent de m'enquérir de son nom de famille. Il est trop jeune. Je ne veux pas l'effrayer en posant trop de questions.

- C'est un très joli nom, je commente.

- Oui.

Je ne peux pas résister au besoin de le prendre dans mes bras plus longtemps. Il se laisse étreindre. Il est si petit, si fragile. J'imagine Scorpius au même âge mais sans la protection du Manoir ou sans ses grands-parents pour le gâter. Je l'imagine seul, uniquement vêtu de guenilles, crevant de faim dans les rues de Londres. Je ressens une insupportable douleur et j'aimerais pouvoir me rendre à Poudlard pour le voir.

Après un moment, je lâche Angel. Nos yeux se rencontrent une fois de plus. Ses yeux semblent savoir qui je suis au fond de moi.

- On va rester ici pour toujours ?

Mon sourire est sincère. Angel et Alfred sont dans ma vie depuis très peu de temps mais ils font déjà partie de ma routine quotidienne. Leur présence ne n'ennuie plus du tout. Je me suis même accommodé des sautes d'humeur d'Alfred et je pense qu'il est amusant. Peut-être que je veux vraiment qu'ils restent dans ma vie pour toujours. J'étais certain qu'Astoria ne serait pas dérangée qu'ils restent, au contraire.

- Tu veux rester pour toujours ?

- Oui, il me répond à mi-voix.

- C'est réglé, alors, je déclare et Angel affiche un tel sourire que mon être entier en est affecté.

Le soir arrive et je descends dîner avec plus d'entrain. L'enthousiasme d'Angel, tandis qu'il remplit sa bouche de pleines cuillérées de nourriture, m'encourage à manger plus que d'habitude. Après le repas, nous allons dans le salon principal et nous jouons à un jeu de société sorcier que Scorpius aime beaucoup. Je suis émerveillé quand j'entends le rire d'Angel chaque fois qu'un de ses figurines enchantées prend l'une des miennes.

Lorsque la pendule sonne vingt-et-une heures, Astoria le conduit à son lit. Alfred et moi restons dans le salon, chacun assis dans un fauteuil, les yeux baissés sur le feu de bois qui ronronne dans la cheminée. Il fait froid. Je frissonne un peu.

- Angel vous a parlé de notre mère ? me demande brusquement Alfred.

Je m'étais presque endormi mais je me réveille immédiatement.

- Tu lui as demandé de me dire quelque chose ?

- Non, mais il vous aime bien… Je sais qu'il parlé de notre mère à Mrs Malfoy.

Ça me prend par surprise. Astoria ne m'en a pas soufflé mot. Je grimace. Elle est comme ça. Elle ne briserait jamais la confiance de quelqu'un, encore moins celle d'un enfant. Cependant, je suis irrité. Je suis son mari après tout. Je devrais être informé de ce qui se passe sous mon propre toit.

Je décide de laisser passer pour l'instant.

- Angel m'a dit le nom de votre mère. Melissa.

- Melissa Brickwall. Ce n'était qu'une pauvre femme pathétique, me précise Alfred avec amertume.

Je remarque néanmoins la mélancolie qu'il essaie de cacher.

- Elle croyait que la famille de mon père viendrait l'aider. Mais mon grand-père a été arrêté et ma grand-mère s'est évanouie de la surface de la terre. Je suppose que j'ai des oncles. Je ne sais pas s'ils sont vivants.

- Quel était le nom de ton père ? Que lui est-il arrivé ?

- Je crois qu'il est mort parce qu'il n'a pas été arrêté, c'est tout ce que je sais. Il s'appelle Joe Partridge. C'était un Mangemort mais il n'était pas très important. Il est resté avec la mère jusqu'à la naissance d'Angel. Puis, quand Angel a eu deux ans, il s'est enfui.

C'était beaucoup trop d'information de la part de quelqu'un qui avait si longtemps refusé de parler.

- Pourquoi tu me racontes ça maintenant ?

Alfred se tourne nerveusement vers moi. Il n'a plus vraiment l'air de l'ado sûr de lui.

- Angel vous fait confiance et il est doué pour juger du caractère des gens. Votre femme est aimable. Elle nous traite avec respect. En plus, aucun de vous ne nous obligent à faire ce que nous ne voulons pas. Vous acceptez tout simplement notre présence ici. Je sais que nous avons des ennuis…

- Eh bien, disons que cette maison a eu son lot de problèmes aussi. Un de plus ne fera aucune différence, je tente de plaisanter sans y parvenir. Vous êtes de gentils garçons, Alfred. J'aime bien vous avoir ici.

Cette soudaine confession le prend par surprise.

- Je… Merci. Mais on devra bientôt s'en aller.

Cette déclaration est la preuve que son comportement s'améliore. Si Alfred avait envisagé de partir, il l'aurait fait, tout simplement, il aurait emmené Angel et aurait disparu sans un au revoir. Même avec des Aurors aux alentours, je suis quasiment certain qu'il aurait réussi à s'enfuir. Au lieu de ça, il m'avertit de ses projets.

- Tu n'as pas à fuir. Si tu me racontais ce qui se passe…

- Ça ne ferait aucune différence, il me coupe immédiatement.

- Je n'en suis pas si sûre. S'il y a une personne au monde qui peut t'aider, c'est bien Harry Potter. Tu penses qu'il est dans son tort mais tu sais que ce n'est pas vrai.

Ses yeux ne montrent que douleur et colère.

- Mais il ne nous a pas aidés avant, non ?

- Il ne savait rien de vous. Il essaie de faire amende honorable maintenant.

- C'est trop tard.

- Bien sûr que non ! Il n'est jamais trop tard, sauf quand on est mort.

- Et qu'est-ce qu'il veut faire, exactement ?

- Nous ne le saurons jamais à moins que tu me dises pourquoi vous étiez poursuivis.

Il y a une pause. Je peux le voir lutter avec lui-même. Il veut me le dire mais il est aussi effrayé. Je sais qu'Alfred n'avait personne en qui faire confiance. Il s'est montré prompt à défendre le chef du Gang de la Mort mais alors pourquoi n'est-il pas resté avec lui, caché sous son aile ? Ou s'est-il échappé pour se protéger de ses soi-disant amis ?

Il commence son récit d'une voix si basse que je dois faire un effort pour le comprendre. Ce que j'entends me paralyse pour un long moment. Je ne l'interromps pas une seule fois. Je me contente de le laisser partager ses plus sombres craintes avec moi. Au début, c'est plutôt difficile de croire qu'une telle chose puisse se produire. Je veux désespérément m'échapper de cette réalité. Cependant, alors qu'il termine son histoire, je sais qu'il dit la vérité et que je dois y faire face.

- Vous allez le lui dire, hein ? il me demande dans un murmure.

Il n'a plus du tout l'air de cet adolescent présomptueux. Ce n'est maintenant qu'un garçon fragile et apeuré.

Il a raison d'avoir peur. C'est assurément mon cas. Mais rien de nouveau sous le soleil pour moi, j'ai l'habitude. L'anxiété et la crainte sont de vieilles connaissances. Néanmoins, je ne veux pas que ce gosse traverse les mêmes choses que moi. Ils sont si jeunes. Je ne veux pas faire face à un autre Draco Malfoy.

- Je dois le lui dire. Et, avant que tu ne dises le contraire, je crois vraiment qu'il est mieux pour vous de rester ici. Angel et toi serez plus en sécurité au Manoir. Et Potter vous protégera.

- Évidemment mais uniquement parce que c'est commode pour lui, non ?

- Non, il n'est pas comme ça. Il y a de nombreuses années, je ne méritais plus rien et il m'a sauvé. J'étais faible et je ne m'étais pas battu de son côté. J'ai apporté mon soutien à ceux qu'il ne fallait pas… Et pourtant, il s'est assez soucié de moi pour me sauver.

Il m'avait sauvé du Feudeymon. Il avait eu pitié de mon âme corrompue. Il aurait pu me laisser brûler là où j'étais mais il ne l'a pas fait. Je méritais de mourir après tout ce que j'avais fait.

Alfred ne répond rien. Il est perdu dans son propre monde, il essaie probablement de trouver une solution à ses problèmes. Heureusement pour lui, la seule solution est de faire confiance à Harry. Il est juste trop jeune pour comprendre ce que représente Harry Potter dans le monde magique. Son esprit, tout comme le mien, est rempli de prédictions catastrophiques. Mais au moins, je sais que Harry ne nous laissera pas tomber.

Dès qu'il part se coucher, je décide d'appeler Harry. C'est la première fois que je le fais. Mon cœur bat comme un fou à l'idée de le voir à nouveau. Pauvre petit cœur stupide.

Je trouve un des Aurors dans le patio arrière. C'est un homme grassouillet qui s'appelle Barry. Je lui dis que je dois voir Harry de toute urgence. Il essaie de cacher son dédain alors qu'il m'explique que Harry sera vraisemblablement trop occupé pour me parler et que je devrai attendre jusqu'au lendemain.

- Très bien, je réplique sur un ton cent fois plus froid. Mais ne me blâmez pas si demain le Manoir est entièrement détruit et que les garçons ne sont nulle part.

Barry pâlit, rougit puis se détourne rapidement de moi pour s'en aller. Il revient quelques minutes plus tard avec un autre Auror, une jeune femme très attirante – bien trop jeune pour être Auror à mon avis. Elle me sourit et me dit que Harry est en chemin. Au moins, certains sont polis au quartier général de Harry.

Je n'ai pas à attendre longtemps. Harry arrive dans mon salon vingt minutes plus tard avec Barry et la jeune femme. Nous nous dévisageons. J'essaie de ne pas être impressionné par sa tenue moldue qui ne le rend que plus charmant et séduisant. J'essaie également de ne pas baver sur ses cheveux humides qui montrent des signes de rébellion. Ni sur son incroyable odeur de bois de santal qui provoque en moi une faiblesse au niveau des genoux. Ni sur ses yeux verts qui hantent mes rêves. Non, rien de cela. Je suis un homme en mission. Je dois lui transmettre de mauvaises nouvelles et ensuite le voir disparaître de ma vie encore une fois. Ou je pourrais le convaincre qu'il peut compter sur moi d'une manière ou d'une autre, par conséquent, passer plus de temps en sa compagnie. Ô doux rêves insensés.

- Que se passe-t-il ? il me demande, posé comme toujours.

Son langage corporel, d'un autre côté, me raconte une tout autre histoire. Harry est tendu.

- Je dois te parler en privé, je lui dis d'une voix traînante en pointant les deux autres Aurors.

Aucun des deux ne semblent ravis de me laisser seul avec Harry. J'en ris presque. De quoi me croient-ils capable ? Je ne suis pas de taille contre Harry. Je n'ai jamais été son égal, peu importe le nombre de fois où j'ai essayé de me convaincre du contraire. Je suis plus âgé et plus sage maintenant. J'ai appris à accepter mes limites.

Nous sommes enfin seuls et le silence est insupportable.

Harry marche jusqu'à l'endroit où je me tiens et s'arrête devant moi, les mains dans les poches de son jean qui lui va si bien. Mes yeux glissent invariablement vers les parties inférieures de son corps. Je sens que ma gorge s'assèche. Mes yeux contemplent sa silhouette de dieu grec et je découvre que ses pupilles vertes me lancent une œillade meurtrière.

Je me demande s'il a remarqué le désir qui luit dans mes yeux.

- Malfoy ? Je n'ai pas toute la nuit.

Sa voix me ramène sur terre.

- Voldemort, je lâche.

Le nom sort avec beaucoup d'efforts. J'ai toujours le sentiment que Voldemort apparaîtra soudainement si son nom est prononcé à voix haute. En fait, pendant longtemps après la guerre, j'ai eu des cauchemars impliquant le Seigneur des Ténèbres. Sa présence au Manoir a été trop forte et elle perdurera pendant de très nombreuses années.

- Qu'est-ce que tu as dis ? me demande Harry comme s'il n'a pas compris.

Je sais que oui. Il veut juste me torturer.

- Qu'est-ce que Voldemort a à voir avec ça ?

- Tu ne veux pas t'asseoir ? Tu veux un verre ?

Je ne cherche pas à différer notre conversation, je suis simplement trop effrayé par ce que je m'apprête à lui dire.

- Viens en au fait, Malfoy.

Harry est proche. Je crois que je vais devenir fou. Maintenant ma peur est mêlée à mon désir. Comment je vais survivre à de telles émotions contradictoires ? Je dois sortir. Je n'aurais jamais dû appeler Harry. Mais il est déjà là et il est si réel. Et intense. Je ne veux plus qu'une chose : l'enlacer et ne jamais le laisser s'en aller.

L'absurdité de cette situation me donne envie de glousser comme un dingue.

- Je veux que tu me dises ce que tu sais, Potter. Je veux ta parole que dès que j'aurai fini de te révéler ce que j'ai à te dire, tu partageras tes informations avec moi. Dans le cas contraire, je me tais.

Que voilà un bluff parfaitement inutile. Je lui dirai tout de toute façon. Harry ne peut pas le deviner, cependant. Tandis qu'il me fixe de ses yeux furieux, je tente de rester impassible.

- Tu n'es pas un Auror, Malfoy. Toutes les informations de mon enquête sont confidentielles.

Il a raison. Je grimace.

- Tu peux au moins me dire si ça a quelque chose à voir avec le Seigneur des Ténèbres ? j'insiste.

Il fait courir ses doigts dans les cheveux et les ébouriffe complètement.

- Voldemort est mort, Malfoy.

- Ah. Mais est-ce que la mort est la fin de tout ?

- Dans le cas de Voldemort, oui. Tu devrais le savoir. Tu étais là quand il est mort.

- Ça a été un des moments les plus mémorables du monde magique.

Je souris tristement en me rappelant ce jour-là. Ça avait été l'un des pires jours de ma vie.

- Crois-moi quand je dis que je ne veux vraiment pas imaginer que Voldemort puisse revenir nous hanter, Potter.

- Mais…

- Mais je ne peux pas prétendre que ce n'est pas une possibilité.

- Je te garantis que c'est impossible.

- Il est déjà revenu une fois.

- C'était différent.

- À cause des Horcruxes ?

Harry soupire. Il n'y a pas assez d'informations sur ce que Harry a fait pour vaincre le Seigneur des Ténèbres. Il n'aime pas en parler. Il y a eu beaucoup de rumeurs, cependant. L'une d'elles fait référence aux Horcruxes, les morceaux de l'âme de Voldemort placés dans d'importants objets magiques. Selon certains, leur destruction a été essentielle pour affaiblir Voldemort.

- Il ne s'agit pas d'Horcruxes cette fois, Potter. Je ne sais pas si c'est bien ou pas.

Avant qu'il puisse m'interrompre, je poursuis :

- Alfred a décidé de me révéler son secret.

- Il te l'a dit, à toi ?

Il a l'air si surpris que je me sens plutôt offensé.

- En effet. C'est si dur d'imaginer qu'il me fait confiance ?

- C'est presque impossible.

Harry est, comme d'habitude, brutalement honnête.

- Mais ils sont là, non ? Dans ma maison ! Sous ma protection !

- N'oublie pas mon équipe d'Aurors. Et, s'il te plait, tu veux bien cesser de tourner autour du pot et me raconter ce que t'a dit Alfred ? Tu commences à m'emmerder !

Super ! Il est furieux contre moi. Je n'avais pas vu cette expression sur le visage de Harry depuis des années.

- Leurs parents s'appelaient Melissa Brickwall et Joe Partridge. Alfred croit que son père est mort mais il n'en est pas sûr.

Le regard de Harry se fait vague.

- Joe Partridge… c'était un Mangemort ordinaire. Il a disparu après la chute de Voldemort. On ne l'a jamais trouvé. Mais le nom de Melissa Brickwall m'est étranger alors je suppose qu'elle ne faisait pas partie du groupe.

- Et la mère de Partridge ? Alfred m'a dit qu'elle s'était évanouie aussi.

Harry semble pensif.

- Si je ne m'abuse, nous l'avons trouvée, elle vivait chez son frère en Pologne. Elle ne savait pas ce que son fils était. Nous l'avons surveillés quelques temps. Elle est décédée il y a une dizaine d'années.

- Alors vous n'avez jamais retrouvé Joe Partridge.

- Il est toujours sur notre liste de recherchés mais il n'est pas dangereux. C'était juste un pauvre homme qui n'a pas pu échapper à l'influence de Voldemort. J'ignorais qu'il était marié.

- Il ne l'était pas. Joe et Melissa vivaient ensemble. Partridge a disparu quand Angel a eu deux ans, il venait de réaliser que le petit pouvait parler aux serpents.

Voir Harry devenir brusquement très pâle ne me réjouit pas. Ce que je suis sur le point de lui révéler que fera qu'empirer la situation.

- Alfred a rejoint le Gang de la Mort quand sa mère est morte mais, à cette époque, le petit groupe de Matthew avait déjà été lentement pris au piège par un autre groupe de sorciers sournois.

- Les Tout-Puissants, je le sais bien.

- Ils ont découvert qu'Angel avait la capacité de parler aux serpents, il y a un an. Pour un garçon de cet âge, c'est d'une habileté magique extrêmement grande. Certains garçons du Gang de la Mort ont rapporté la nouvelle aux Tout-Puissants et ils étaient exaltés. Apparemment, il y a une prophétie…

- Ouais, je connais la prophétie.

Finalement, Harry s'assied mais loin de moi. Il semble inquiet et affligé. C'est comme si je n'étais pas là. Il est immergé dans ses sombres pensées. Je décide de continuer, au risque qu'il ne m'écoute pas vraiment.

- Je ne connais pas les mots exacts de la prophétie, Alfred non plus. Mais les Tout-Puissants pensent qu'elle a un rapport avec Angel. La prophétie parle d'un enfant possédant un pouvoir extraordinaire, le genre de pouvoir qui n'appartient qu'aux sorciers noirs. Selon certains, Angel ne serait qu'un receveur. Jusqu'à ses douze ans, son esprit est enclin aux… possessions. Mais la magie sous-jacente est bien trop dangereuse. Quand Alfred a entendu ce qu'ils envisageaient de faire de son frère, il s'est enfui. Il croit qu'Angel va être utilisé dans un rituel pour ramener Voldemort.

Harry eut un sourire amer.

- Ce n'est pas Voldemort, Malfoy. Voldemort ne peut pas revenir.

- Comment tu peux en être si certain ?

- Parce que ! C'est moi qui l'ai vaincu ! En outre, Voldemort n'est pas celui qu'ils veulent voir revenir. Ce n'est pas Voldemort qu'ils vénèrent dans le sous-sol de Matilda Junian.

Il y a une terrible pause.

- Alors aller chez elle, ce n'était pas juste pour faire un discours… je conclus.

Harry acquiesce imperceptiblement. Je ne sens comme un parfait idiot. Je croyais que j'allais aider Harry et que je savais quelque chose qu'il ignorait. Je croyais qu'il allait avoir besoin de moi. Comment je peux être si naïf ? Si stupide ?

Et pourtant, je sais encore quelque chose qu'il ignore. Je suis certain que Harry ne savait rien à propos d'Angel, autrement il n'aurait pas l'air si stupéfait.

- Alors ils ont choisi Angel… Je vais l'emmener d'ici, Malfoy.

- Il n'y aucun danger ici.

- Comment toi, tu peux en être aussi sûr ?

- Tu as peut-être oublié que le Manoir servait de quartier général au Seigneur des Ténèbres.

Harry grimace.

- Comment je pourrais oublier quelque chose d'aussi horrible ? Pourtant…

- Pourquoi tu ne deviendrais pas mon Gardien du Secret ? Je veux m'y contraindre afin de te convaincre une fois pour toutes que mes intentions sont bonnes.

Harry donne l'impression qu'il essaie de lire dans mon esprit. J'ai le sentiment qu'il tente d'employer la Legilimencie contre moi.

- Tu perds ton temps. Ce serait plus facile si tu me demandais d'ouvrir mon esprit pour toi. Je ne refuserais pas, je déclare, désinvolte.

Nouvelle grimace.

- Je n'essaie pas de lire ton esprit…

- Ah, alors ce regard perçant ne peut être que motivé par ma radieuse beauté, je plaisante.

Harry se lève et, une nouvelle fois, se place devant moi.

- Beauté ? Mais tu as l'air d'un zombie, il me déclare.

- Et toi, t'es toujours un putain de gentleman.

Je me lève cette fois. Nous sommes face à face, les yeux dans les yeux. Je suis un peu plus grand que lui, ce qui semble l'agacer. Je sens quelque chose changer entre nous. Certes, il y a toujours la tension mais ce n'est plus la même. Je suis tenté de me pencher pour toucher ses lèvres avec les miennes. Harry, cependant, agit étrangement. J'étais certain qu'il se détournerait mais, à ma grande surprise, il se rapproche. Ça semble involontaire, comme deux pôles opposés qui ne peuvent s'empêcher de se sentir attiré l'un vers l'autre.

Je n'ose pas fonder de faux espoirs mais qui a dit qu'il était possible d'empêcher nos illusions de grandir ?

- Potter, je murmure.

C'est suffisant pour briser le sort. Il recule, cette fois.

- Tu n'imagines pas utiliser la Legilimencie contre moi, Malfoy ?

Ah, c'est donc ce qu'il croyait que je faisais. Je suppose que c'est mieux d'être accusé de formuler un sortilège contre lui et de tentative de séduction de bas étage.

- Mais je n'avais pas l'intention de…

Non, en effet. Mes intentions étaient bien pires.

- Écoute, je vais mettre plus d'Aurors pour surveiller ta maison. Pendant ce temps, sois prudent.

Harry est sur le point de partir sans dire au revoir. Je croise mes bras mais je résiste à l'envie de bouder comme un enfant gâté.

- Si ce n'est pas le Seigneur des Ténèbres, Potter, qui c'est, alors ? je demande alors que sa main est sur la poignée de la porte.

Il s'arrête mais ne me regarde pas quand il dit :

- Ce ne sont pas tes affaires.

- Essaie encore une fois, je réponds froidement. Parce que je sais toujours quelque chose que tu ignores !

J'obtiens la pleine attention de Harry. Il lâche la poignée et se tourne vers moi.

- J'en doute sérieusement.

- Je savais pour Angel.

- Parce qu'ils sont ici. Qu'est-ce que tu pourrais savoir d'autre ?

- Alfred sait ce qu'ils recherchent. Il sait de quoi ils ont besoin pour commencer le rituel de magie noire.

- Alors je suppose que je devrais le demander à Alfred.

- Il ne te dira rien, Potter. Je sais que c'est difficile à accepter mais tu n'es pas le héros de tous les enfants, je rétorque avec un ricanement. Pourquoi est-ce que tu n'acceptes pas mon aide, tout simplement ?

- Parce que je n'arrive pas à m'ôter de l'esprit que je vends mon âme au diable.

Aïe, ça, ça fait mal. Pourquoi doit-il se montrer brutalement honnête à chaque fois ?

- Je ne suis pas le diable mais merci du compliment. Ça semble si étrange que je veuille être informé de ce qui se passe ?

- Est-ce que tu vas une nouvelle fois me jeter à la figure que les garçons te font confiance à toi et pas à moi ?

- Non.

Je soupire.

- Mais j'apprécierais que toi, tu me fasses confiance.

Harry se mord la lèvre inférieure. Je salive.

- Aussi bizarre que ça paraisse, Malfoy, je suis déjà en train de placer ma confiance en toi, non ? Ne me demande pas plus. Je ne connais pas tes intentions. On n'est pas amis. On ne peut pas être amis. Tu le sais très bien. Il y a trop de choses entre nous…

- Je sais, je l'interromps avant qu'il n'aille plus loin. Je sais. Mais peut-être… peut-être que je veux trouver une manière de me racheter. Je sais que je ne suis pas un saint, Potter, mais toi non plus. Pas avec moi, du moins. Tu ne m'as jamais donné ma chance. Depuis le commencement…

Ses yeux s'écarquillent comme s'il n'en croyait pas ses oreilles.

- C'est donc ça ? Tu veux revivre le passé ? Tu sais que tu t'es comporté comme un con depuis le commencement, Malfoy. Si tu n'avais pas insulté la première personne avec qui j'étais ami… Si tu t'étais montré un peu moins arrogant…

Cette fois, c'est moi qui lui ai tendu le bâton pour me faire battre. Je veux cacher ma honte et mon humiliation. Même après une si longue période, je n'arrive pas à lui dire que je suis désolé. Je suis toujours trop fier pour ça. Je déteste toujours autant les Weasley, maintenant plus que jamais. Ils ont Harry Potter. Ils l'ont toujours eu.

J'ai de la peine à respirer. Je veux courir me cacher. Je sens mes yeux se remplir de larmes. Comme ce serait humiliant de pleurer face à Harry Potter. Je l'ai fait une fois, avec des résultats catastrophiques. Je me mords la lèvre. Je dois me montrer fort.

- Je ne crois vraiment pas que tu saches autre chose, Malfoy. Tu me fais perdre mon temps… fait Harry dans un murmure.

Je l'entends s'éloigner et ouvrir la porte. Je remarque aussi son hésitation. C'est suffisant pour que je pivote et lui dise :

- Ils veulent le Livre des Morts. C'est comme ça qu'ils ont l'intention de ramener le Seigneur des Ténèbres. Ils vont employer la plus ancienne des magies noires.

- Je ne te crois pas. Et combien de fois je devrai te répéter que ce n'est pas Voldemort qu'ils veulent ramener ? il me dit en grondant presque.

- Alors qui est-ce ? Je n'ai pas le droit de le savoir ? Merde, Potter ! J'ai ouvert ma maison pour toi ! J'ai laissé tes hommes aller et venir comme bon leur semblait !

- Il s'agit de Salazar Serpentard, Malfoy ! il lâche comme une bombe. C'est le pire des salauds ! Il est pire que Voldemort parce que c'est un dément plus avisé, si ça a même du sens. Mais bien sûr, ça n'arrivera jamais. En outre, le Livre des Morts n'est rien qu'une légende.

- En effet, tout comme les dragons et les géants !

- Tu sais ce que je veux dire !

- Si je trouve où est ce livre…

- Tu penses vraiment en être capable ? il me demande, incrédule.

- Si je le trouve, Potter, je veux ta parole que tu me laisseras aller le chercher avec toi.

- T'es dingue ou quoi ? Même s'il est réel, même si ce livre n'est pas juste un travail de fiction, tu tiens à peine debout, Malfoy !

- Si je le trouve, Potter, je vais avec toi le récupérer.

- Tu es cinglé. C'est tout ce que je peux dire pour l'instant.

Et il part en claquant la porte.

À suivre…

Voilà. Ça vous a plu, déplu ? Des questions ? Laissez-moi un petit message et n'oubliez pas que pour vous répondre, une adresse e-mail ou un compte Ffnet est nécessaire. Sans ça, je n'ai que votre pseudo et je ne peux rien faire.