"L'espoir est né de la crainte du lendemain."

de George Braque


Céleste :

Le trajet ne devrait pas être trop long, comme le capitole n'est pas si loin de notre district.
Mais cela ne m'empêche pas de me sentir mal à l'aise, à côté de Jade. Heureusement, assise dans le train dans un canapé en velours rouge très moelleux, il y a en face de nous l'hôtesse que nous avons vue tout à l'heure lors de la moisson, Georgia. Et nos deux mentors qui vont nous suivre durant tout le jeu de la faim.
A ce que j'ai compris, ça sera Isabelle qui va principalement s'occuper de moi, c'est une femme d'une trentaine d'années avec des cheveux roux flamboyant et un sourire collé aux lèvres. Je me rappelle comment cette femme a gagné, elle c'était porter volontaire et était une pro pour le lancer de shuriken, à la fin ils ne se sont retrouvés qu'entre carrière et cela a été un vrai massacre. Donc, je ne sais pas si elle est vraiment gentille, ou si c'est juste une impression. Mais en même temps, en tant que Mentor, elle va tout faire pour que je gagne.
Le mentor de Jade aussi sourit, mais il reste un peu plus vieux qu'Isabelle avec ses cheveux gris, pourtant on devine facilement sa force sous ses vêtements. Par contre, lui, je me souviens pus de comment il a gagné, j'étais sûrement trop jeune pour m'en souvenir. Je sais juste qu'il s'appelle Armand, et qu'il a des yeux bleu glacier qui font un peu flipper.

Ils nous ont parlé, ce sont présenter, mais je n'écoutais pas vraiment.
Je n'arrêtais pas de penser à Kentin, et cela me rendait triste même si je ne laissais rien paraître.
Je lui avais promis de gagner et de revenir pour lui. Et c'est ce que j'allais faire, ce n'était pas mon genre d'abandonner si facilement. Je voulais le revoir de tout mon cœur.

Ma tête hochait de temps en temps, pour leur faire croire que j'étais bien présente à les écouter, mais je n'avais clairement pas la tête à ça, il fallait d'abord que je dorme pour digérer cette triste réalité une bonne fois pour toutes. Que je me prépare mentalement à entrer dans cette putain d'arène pour tous les tuer.

Les mentors et l'hôtesse quittent le wagon sans que j'aie pu entendre la raison. Mais heureusement pour moi ils n'ont pas remarqué que je n'étais pas attentive.

Malheureusement, je me retrouve seule avec Jade et je ne sais pas comment réagir. Je reste impassible à regarder devant moi, je n'ai pas envie de lui montrer que j'ai peur de lui.

- Quelle ironie, je ne pensais pas que ma réputation était aussi effroyable pour qu'aucune fille ne veuille m'accompagner dans ce jeu, dit-il en se penchant à côté de mon épaule avec un air faussement déçu.

Je me tourne vers lui, avec l'intention de rester silencieuse, où veut-il en venir?
Ces yeux verts transpercent les miens, je ne détourne pas le regard même si tout à l'intérieur de moi me crie de fuir. Je ne suis pas stupide, même s'il a envie de tuer beaucoup de personnes dans cette arène, il a principalement en premier lieu, besoin de survivre, donc besoin de moi, la seule personne en qui il peut avoir le plus confiance dans l'arène.

Son visage joueur devient plus sérieux tandis que je retiens son regard.

- Tu as beau être mignonne et ressembler à une fille fragile et stupide, je vois dans ton regard qu'il n'en ait rien. Les autres ont peur de moi juste parce que j'ai soi-disant tué quelqu'un. Mais j'imagine que toi tu sais que c'est entièrement vrai et que j'y ai même pris du plaisir.

Je m'oblige à rester là, à l'écouter, sans lui couper la parole sinon il le prendrait mal.

- Ce n'est pas très compliquer à comprendre, participer à ces jeux est pour moi une aubaine, le moyen de tuer sans en être blâmé, si je perds tant pis, mais si je gagne, ils n'oseront me punir pour l'acte que j'ai fait l'année dernière. Mais cela serais idiot si je tue sans réfléchir à peine arrivé dans l'arène, ils ont trop nombreux et n'oublions pas le district 2 qui est aussi impitoyable que nous. Donc, tu dois deviner où je veux en venir?

En avouant ces pensées, il savait très bien quel effet, cela aurait sur moi, de la soumission créée par la peur qu'il m'inspirait:

- Une alliance, affirmais-je.

Il hoche la tête avec un sourire ravie, en disant ces mots, c'est comme si j'acceptais déjà que l'on forme une alliance ensemble. Mais si j'avais refusé, j'aurais sûrement été sa première cible durant les premières minutes dans l'arène, d'autant plus que tous les ans , le district 2 se joint au 1. Alors, cette année aussi il allait se reproduire la même chose. Je n'avais donc pas le choix, j'étais obligé d'accepter et de toute façon je l'aurais quand même fait pour ma survie. Mais je suppose qu'il fallait que je le lui dise pour qu'il puisse cerner mon caractère, pour qu'il sache si j'allais lui servir à quelque chose, et surtout quand me tuer.


Macéo:

Le wagon dans lequel je suis est plus luxueux que ma maison. J'observe le lieu avant de reporter mon attention sur les deux mentors devant moi. L'hôtesse est partie boire au bar, je l'ai entendu le dire tout à l'heure.

Le premier est brun avec une barbe à forme géométrique. Il s'appelle Francis, et il n'a plus l'air tout jeune comme le second mentor, blond avec des cheveux raides en longueur, il est très musclé et s'appelle Giles.

- Ce n'est pas bien compliqué, commencer dès la sortie du train à vous mettre en valeur pour attirer les sponsors, c'est le plus important. Souriez, montrez que vous êtes bien là, et démarquez-vous des autres même si cela ne sera pas bien compliqué.

Francis donne un coup de coude amusé à l'autre en se moquant des autres districts.
Ensuite, il nous dit qu'il nous apprendra le reste au moment venu, et que nous n'avons pas besoin de nous prendre la tête pour le moment, qu'il faut profiter du buffet.
J'ai l'impression qu'ils se laissent aller, que les victoires des années les ont rendus trop confiants, trop sûr d'eux sur notre prochaine victoire, car c'est souvent l'un des districts de carrière qui gagne, comme le 1 ou le 2.
Mais je n'ai pas l'intention de me reposer sur mes lauriers, mais peut-être devrais-je goûter à ce buffet en attendant?

A vrai dire, je n'ai pas très faim et je pense à mon petit frère. Je regrette qu'il pense qu'il a si peu d'importance à mes yeux, il est ma famille et la famille c'est le plus importante pour moi, âpres les amis.
J'espère juste que cet événement n'aura pas trop de conséquence à son sujet.

Pendant qu'ils se servent à manger et à boire, je me retrouve en tête à tête avec Debrah.

- Bon, je suppose que l'on va s'allier? Demandais-je en l'observant attentivement.
- Comme toujours, dit-elle en haussant les épaules, c'est la meilleure stratégie que nos aînées ont trouvée.
- C'est sûr, dis-je, il ne reste plus qu'à le proposer officiellement au district 1.
- On est obligé? Cela devrait être une évidence pour eux à la force de s'allier avec nous. A chaque fois les autres districts se font tuer comme des mouches face à un groupe de tueur entraîner comme nous.

Je réfléchis une seconde, de toute façon si l'on ne le fait pas, ce seront nos mentors qui nous pousserons à le faire.
Il faudra que l'on observe durant l'entraînement "les mouches", pour savoir si l'un d'eux pourraient nous servir d'une façon ou d'une autre.
Il ne faut pas se fier aux apparences, certains ont des talents cachés.
Je passe ma main dans mes cheveux bruns tandis que j'observe ma coéquipière.
Je ne l'ai pas vraiment vu quand elle s'entraînait quand on était dans notre district, il faudrait que je le fasse, si jamais vers la fin, on se retrouve tous les deux à combattre.
Si je veux avoir une chance de gagner, il faut que je pense à toutes les éventualités.


Albane :

Nos mentors sont deux hommes, l'un est nettement plus jeune que l'autre.
Jean-Louis a les cheveux légèrement brun et gris, alors que l'autre est blond comme les blés.
Ils ont l'air tous les deux gentils, mais une colère sourde continue à couler dans mes veines tandis qu'ils nous parlent pour nous rassurer.
En nous promettant qu'ils donneront tous leurs possibles pour nous permettre de gagner.
Et je n'arrive pas à être positive à ce sujet pour l'instant, car nous ne savons rien de nos concurrents et je ne pense pas que les carrières ont décidé d'être gentil cette année.
Enfin, je suppose que les autres non plus ne vont pas être plus indulgents, et nous laisser gambader sans essayer de nous tuer d'une façon ou d'une autre.
Notre district n'est pas vraiment réputé pour gagner les Hunger Games, à la base, alors pourquoi cela changerait-il?
Pourquoi mes parents ne sont pas venus me voir une dernière fois?
Rien que cette pensée me remplit de tristesse et d'un sentiment amer qui ont du mal à passer dans la gorge.
Je ne pourrais leur pardonner ce qu'ils ont fait, si j'avais eu un enfant unique, je lui aurais dit au revoir ou adieu. Qu'importe que j'ai peur pour lui, que j'ai peur de ne jamais le revoir.

Pendant qu'il parle, je les observe plus attentivement, des cernes violettes sont sous leurs yeux, et leurs pupilles sont légèrement dilatées. J'arrive à sentir un rêlant d'alcool sortir de leurs bouches, je me rappelle que les gagnants des Hunger Games font souvent tout pour oublier leurs passages dans l'arène, mais ils essayent au moins d'être présent pour préparer les tributs, même si cela doit être difficile de nous voir, périr chaque année. Nous prépare-t-il à gagner, ou à mourir?

Cette question trotte dans ma tête en boucle, suis-je vraiment prête à mourir? Est-ce que je veux déjà partir de ce monde sans n'avoir jamais véritablement vécu?

J'observe le garçon à côté de moi, j'ai l'impression de voir son corps trembler, suis-je dans le même état?

Je regarde mes mains, et effectivement elles tremblent. Je m'agrippe au fauteuil vert luxueux, et j'observe enfin l'intérieur du train. Dire que dans notre district ont à certaines restrictions alimentaires, alors que là, sur une table s'étend plein de nourritures futiles et on n'en mangera même pas la moitié. Mais je suppose qu'il y a pire que nous, je me souviens des images du district 12, ils ont l'air tellement maigre que ça m'a fait peur.

Alexy me lance un regard désolé, et dire que quand on était à l'école, il avait toujours l'air si joyeux.
On peut même encore voir les fossettes qui ont marqué ses joues.
Mais je ne le connais pas aussi bien que j'aurais voulu pour lui faire confiance, d'ailleurs en qui je pourrais avoir confiance? De toute façon je ne vais devoir compter que sur moi-même dans cette arène.
Mais un peu de gentillesse à son égard ne peut pas être si mauvaise, je pense, je pose avec hésitation ma main sur la sienne, pour le rassurer, pour lui montrer qu'il n'est pas seul dans ce merdier.


Linael :

Nous n'avons qu'un seul mentor d'un, et elle n'est plus toute jeune en plus. Josiane, qui aurait pu être ma grand-mère, nous tend une tasse de thé vert. C'est assez difficile d'être positif quand notre parcours commence par cela. De plus, avec Rosayla, nous n'arrêtons pas de loucher sur le buffet, juste derrière Mamie Josiane.
Je trempe mes lèvres dans la tasse, et une grimace se dessine sur mon visage.
Je sens mon ventre gargouiller comme jamais, j'ai tellement faim face à tout ce qui a l'air délicieux sur la table majestueuse. Bien que nous nous faisons emmener dans le capitole pour participer à ces jeux, je ne peux m'empêcher de remarquer une telle différence entre ce train et mon district.
L'espace, le luxe, la nourriture qui a l'air absolument divine avec cette odeur si tentatrice qui arrive jusqu'à nos narines.

- Buvez votre thé avant d'aller vous gaver, sinon vous allez vomir, nous dit Josiane avec douceur.

Ce n'est pas du thé vert alors? Quelque chose pour mieux digérer peut-être...
A vrai dire, je m'en fiche pas mal, c'est avec un regard entendu qu'avec Rosayla, nous buvons ce breuvage infect d'une traite avant d'aller s'asseoir en même temps qu'attraper des pâtisseries sur la table.
J'enfourne un gros truc rond avec du chocolat dessus, je crois.

J'essaye de mâcher avant d'avaler cette chose absolument délicieuse. C'est sûrement la meilleure compensation qui soient avant de participer aux Hunger Games, enfin c'est ce que je pense quand je suis en train de manger.
Où est donc partie ma négativité? Elle mange sûrement à mes côtés et attend d'avoir avalé tout cela pour refaire surface.

Après ce repas, nous ressentons la fatigue et l'hôtesse nous montre nos chambres respectives où l'on devra dormir. Elle est très luxueuse, et les draps sont doux et confortables, la couleur dominante est le jaune, ce qui pique un peu les yeux, mais les meubles sont d'une couleur sombre et chaude. Je suis allongé dans le lit torse nu, les bras croisés au-dessus de ma tête en train de réfléchir aux événements. Déjà nous n'avons qu'un seul mentor, et j'ai du mal à me souvenir de comment elle a gagné.
Ensuite, je pense qu'elle attend demain pour nous parler des choses sérieuses.
Prochainement je vais participer aux Hunger Games et sûrement mourir, la nausée me prend à cette idée, mais je ne vomis pas. Pourtant, mon estomac n'est pas habitué à manger autant, heureusement que j'ai bu ce satané thé, sinon j'aurais tout vomi. j'ai sauté sur le buffet sans réfléchir, comme un animal.
C'est sûrement comme cela que les autres districts nous voient, comme des lapins sans défense.

La porte s'ouvre et une chevelure blanche apparaît.
Je me lève avec précipitation et rougis quand je me rends compte que je suis torse nu.
Je prends mon tee-shirt et le remets aussi vite que possible.
Rosayla rigole légèrement, et je tourne la tête gêner.

- Tu veux quoi? Demandais-je en me remettant de mes émotions.
- Juste parler, dit-elle soudain sérieuse, on se connaît un peu donc je me disais que l'on pourrait faire une alliance...

Ses yeux ont la couleur de la peur, je sais qu'elle n'aime pas la solitude et cela m'attriste de la voire comme ça.
Mais je me demande déjà comment je vais faire pour essayer de survivre tout seul, mais avec elle ça sera encore plus dangereux, nous n'avons aucun atout à ma connaissance.
Je hoche la tête et elle a l'air soulagé, ce n'est pas comme si à la fin il allait y avoir un affrontement entre nous deux.