Merci beaucoup à ceux qui ont mis cette histoire en favorite/follow, et encore plus à KeanaB, Antig0ne et lucie1411 qui m'ont laissé un 'tit commentaire, ça me fait super plaisir ! J'espère que ce chapitre vous plaira aussi !

Bonne lecture !


Le lendemain, la foule était à nouveau rassemblée aux alentours du majestueux château et semblait, si cela est encore possible, plus nombreuse que la veille. Sur l'estrade, la même mise en scène qu'hier, le tableau de Parkinson père toujours au début de la file. Kingsley attendit simplement que le silence ne se fasse, avant d'appuyer sur le bouton du magnétoscope.

« Tu n'as rien fait, tu me regardais me débattre pour ne pas me noyer, jamais tu ne m'as tendu la main. Jamais. Tu sais ce que tu as fait ? Pas vrai ? Ou devrais-je plutôt dire ce que tu n'as pas fait ! Alors, pour ton silence, voici ta cassette Maman. »

Cette fois-ci, le nom était prononcé avec lassitude, comme si elle avait abandonné tout espoir de tirer quelque chose de positif de sa génitrice. Les personnes commencent à remuer sur leur siège. Deuxième cassette, deuxième membre de la famille Parkinson. Pourquoi vouloir à tout prix les faire assister à un règlement de compte familial ? Avant que la voix de la jeune fille ne reprenne, le Ministre de la Magie répéta la même opération que la veille, et le portrait de Mrs Parkinson vint orner le second tabouret.

« Maman, ô comble de l'absurdité. Tu n'as jamais rien eu d'une mère sinon le titre. M'adressant au maximum trois phrases par jour, lorsque tu ne m'ignorais pas. Je ne t'ai jamais comprise. Tu haïssais ta vie, mais tu n'as jamais rien fait pour l'améliorer. Tu t'es laissée couler, et lorsque tu as enfin touché le fond, tu m'as seulement regardé sombrer à mon tour. Pourquoi ? Cette litanie résonne sans fin dans ma tête. Là où je vais, je te reverrai, et sois sûre que cette fois je ne te lâcherai pas. Pas tant que je n'aurais pas de réponse à mes questions. Tu m'as appris l'étiquette, le respect des sang-purs, à tenir mon rang… Quel rang ? Je ne suis ni princesse, ni reine. A cause de toi, je l'ai cru à une époque. A cause de toi, je me suis perdue moi-même. A cause de ton silence, je l'ai écouté lui, à défaut de pouvoir t'entendre. Et je l'ai cru. Tu es autant responsable que lui. Témoin invisible, muet. Tu as fait l'autruche. Ce port de tête royal que tu arborais fièrement en société, cet air hautain qui faisait que chacun connaissait ton importance. Tout cela disparaissait dans l'intimité du manoir. La tête dans le sable, le regard vague, la tête basse, dans l'intimité du manoir… L'intimité du manoir ! Qu'est-ce qu'un obscur et glacé manoir a d'intime ? C'est à des lieux de l'atmosphère chaleureuse et accueillante que devrait avoir n'importe quel foyer. Mais les Parkinson ne sont pas n'importe qui… N'est-ce pas ? Tout est dans les apparences, martelais-tu à la moindre occasion. Les apparences… Tu dois être ravie de là où tu es ! Tout déballer au grand jour, plus de faux semblants… Tout ce que tu as toujours adoré. Si cela peut te réconforter sache que pour ces quelques instants, tu es au centre de l'attention. Sois en fière, dès la prochaine cassette, tu seras reléguée aux vieux souvenirs. Tu n'es pas la pire, mais tu n'es pas la meilleure non plus. »

Chacun y allait de son petit commentaire, mais la même question revenait encore et toujours : Pourquoi ? A quoi est-ce que toute cette comédie rime ? Pendant que tous se questionnaient, juste à côté de la scène, une femme blonde vêtue de couleurs criardes, avec des lunettes à grandes montures écailles surveillait une plume à papote qui griffonnait à la vitesse de la lumière sur un bloc-notes en lévitation. Les longs ongles peints en rouge de la journaliste tapotaient sur l'une des quelques marches en bois de l'escalier, et elle semblait jubiler : elle tenait enfin son scoop. Comme quoi le bonheur des uns fait le malheur des autres. Lorsque l'enregistrement repris, tous se turent instantanément.

« Chaque personne qui écoutera ces enregistrements se demandera à quoi me sert de dénoncer des personnes mortes, d'autres qui ne sont plus vivants ont également leurs cassettes attitrées, même si ça ce sont d'autres histoires. La réponse est excessivement simple. J'ai bon espoir que de là où ils sont, ils m'entendent, ou que les premiers d'entre vous qui iront les rejoindre, leur raconteront tout ça. En plus, disons que ça me fait une thérapie gratuite… Il faut dire que je ne roule pas sur l'or ces derniers temps ! »

Ils étaient stupéfaits. Comment plaisanter sur ces sujets ?

« Enfin tout ce que je voulais te dire, c'est que ton silence est un crime. La famille c'est sacré. Fin de la cassette deux. »

La fin est brutale. Tout comme les mots employés. Ils écorchent les cœurs des mères, déçoivent les pères, attristent les enfants, consternent les autres. Sans un mot, chacun rentre chez lui.


Prochain chapitre : "Ce n'était qu'une promesse d'enfants c'est ça ? Eh bien sache que ça comptait pour moi..."

A la prochaine !