"Je n'ai pas de problème avec la mort, c'est juste que je ne sait pas quand elle viendra."

Printemps 1999

Ils avaient pris l'habitude de se retrouver avant chaque visite à l'hôpital, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, rien au monde ne leur aurait fait rater ces moments si agréable l'un avec l'autre. Ils s'étaient découverts, apprivoisés, comme des bêtes sauvages marqués par leurs blessures. Un thé à la main, ils discutaient toujours assis sur le même banc, dans le même parc, bien que routinier cela leurs allaient, la routine avait du bon.

« - Tu compte reprendre tes études? Demanda Neville.

Je ne sais pas, cette année j'ai du prendre les affaires de mon père en main, et m'occuper de... de mère... Je ne pense pas être à ma place à Poudlard l'année prochaine, cela serait tellement bizarre...»

Neville hésita un instant, Draco lui donna un petit coup d'épaule, comme pour le rassurer dans sa démarche, il n'avait plus rien à cacher, encore moins à son ami.

« - Tu ne peux pas... Ou ne veux pas? Finit-il par lâcher. »

Draco eu un petit rire amusé, il prit le temps de boire une gorgée de thé, son sourire se fit plus large, il plongea son regard dans celui de Neville.

« - À vrai dire je n'en ai pas envie, j'y ai tellement de souvenir, et pas que des bons, puis je ne me sentirais plus à l'aise, c'est à cause de moi si ils sont entrées en sixième année, à cause de moi si Dumbledord est mort... Le début de la guerre...

- Non ce n'est pas de ta faute, tu n'en as pas eu le choix Voldemort à...

- Si Neville on a toujours le choix... Aller viens on y va!»

Son ton était sans réplique, Neville le suivit en silence, ses derniers mots lui pesaient sur l'esprit, une fois à l'intérieur ils se séparèrent, dans une accolade amicale, presque tendre, mais Draco semblait tellement loin. Au bout du couloir Neville eu un mouvement de recul, quelque chose l'empêchait de le quitter ainsi. Revenant sur ses pas, il entra dans la chambre de la mère de Draco, il était assis sur une chaise, face au mur blanc, seul, il n'y avait personne, au sol la où aurait du être le lit, une fleur de cerisier reposait. Comme échappé d'un rêve, il s'avança et posa la main sur l'épaule de son ami, qui leva son si beau visage vers lui, on lisait dans son regard une tristesse sans nom, une partie de lui même avait disparut, emportée comme sa mère, ce fût comme si un barrage se brisait. Draco vacilla, le brun se baissa à son niveau, et le pris dans ses bras. Ils glissèrent au sol, l'un contre l'autre, Draco s'accrochait au jeune homme, comme pour survivre, ne pas se noyer dans ses plus sombres sentiments. Neville le serrait à s'en briser les doigts comme pour absorber cette douleur, cette souffrance, cette peur.

« -J'ai fait mon choix, tu ne seras jamais seul, je te le promets… »