Oui, oui, encore ! XD


Chapitre 25 : Trois p'tits tours et puis s'en vont

Mes yeux n'ont de cesse d'envisager le corps superbe planté dans ce denim qui découpe à merveille les jambes solides, laissant voir, selon les mouvements pris, le renflement de chaque muscle. Évidemment, le comité entier a conscience de mon regard tout sauf discret qui convoite ce que la Wyverne se voit capable d'offrir. Et j'ai mon idée sur le petit jeu qui va suivre. Je l'attire dans une chambre, apposant directement ma main sur le renflement, lui faisant monter le menton sur un léger sifflement glissant entre les dents. Puis je chemine, lui interdisant strictement d'user de ses mains jusqu'à ce que j'en finisse. Fesses, cuisses, arrière des cuisses, renflement. J'effleure ou je durcis la caresse, selon l'effet voulu et recherché, me fiant aux sons qui lui échappent. Il a les mains montées en l'air, se faisant violence pour ne pas les utiliser. Enfin, je daigne ouvrir la ceinture et le premier bouton. Puis je chemine sous la chemise, sur les anses marquées des hanches, flattant les abdominaux dessinés par les combats. Je lui murmure qu'il est superbe ; magnifique et puissant Juge. Il en sourit.

Puis je descends la tirette du jeans. Il est tant gonflé d'impatience que l'extrémité renflé fait la nique au large élastique du caleçon.

"Regardez-moi ça... t-t-t-t !... le passe-file pour la visite guidée de la salle d'armes."

Il éclate de rire mais ne peut contenir un geignement prononcé lorsque je salue le coupable.

"Tu tiens le coup ?..."

"Oui."

Il aime les défis en tout genre.

Je glisse les mains à l'arrière du caleçon, caressant les fesses solides, sans presser mon corps contre le sien. Ma main glisse entre les jambes, sur le jeans, flattant là. Il apprécie.

"J'ai rarement rencontré des hommes comme toi... Hadès sait pourtant que j'en ai eus beaucoup."

"Je ne suis pas... à proprement parler pas un homme." me rappelle-t-il aimablement, me faisant sourire. Ah oui, c'est vrai... un Spectre. Juge, de surcroît !...

"Nous avons la même nature, je te rappelle... et c'est à toi que je la dois."

"Non. Je n'ai été... que l'instrument... de notre Seigneur."

"Assied-toi, Rhadamanthys."

Il s'exécute tandis que je poursuis mes attentions jusqu'à ne plus en pouvoir, le rejoignant. A ma grande surprise, il me fait l'amour lentement, presque tendrement. Cet homme... pardon, ce Spectre, est plein de surprises !...


Le Juge se redresse au milieu des corps sans vie. Le combat a été splendide.

Il a fracassé, broyé, anéanti plus d'une dizaine de soldats en quelques secondes, avec la dernière des cruautés, ne leur laissant pas l'ombre d'une chance de se relever.

Les poings se sont abattus comme une tempête de grêle sur les organes vitaux, frappant sans se fier au hasard, jouant du corps de l'un comme d'un bouclier ou d'une arme contre l'autre, attrapant le suivant par la gorge pour le fracasser, façon bélier vivant, contre le rocher proche, dans une gerbe écorchée. Il n'a pas une égratignure, surplis impeccable. Il est maculé de sang qui n'est pas le sien. Puissant, redoutable Juge. Il fait désormais la fierté des armées de Hadès.


Le genou ploie. Elle lui sourit, abandonnant la confection d'un bouquet de fleurs ramenées par l'un de dieux jumeaux.

"J'ai accompli la mission confiée. Les territoires aux confins de Deterrus sont à nouveau nôtres."

"Parfait, Rhadamanthys." lui tendant la main dont il se saisit délicatement, en embrassant le dos. Les lèvres du Juge sur sa peau fine lui font l'effet d'une brève brûlure. Elle se surprend à vibrer en présence du Juge, cœur battant plus rapidement. La main fine file lentement entre celle, immense et gantée du surplis, de Rhadamanthys. Le Juge est troublé, cœur battant à l'unisson de celle à qui il a dévolu sa vie. Il baisse le regard, fuyant.

"Si vous me le permettez à présent, je vais me retirer."

"A bientôt, Rhadamanthys."


J'apparais dans le cadre de porte du bureau de Minos : "Je viens de t'adresser un mail contenant le planning des trois prochaines semaines, comme demandé ce matin."

"Parfait." en ouvrant le mail. "Oh... mais il y a visiblement une erreur là."

"Comment cela ?..." passant derrière le bureau.

"Oui, cet après-midi, ce n'est pas la préparation de la réunion de demain - je laisse cela à Rhadamanthys. J'ai décidé que ce serait virée shopping."

"Toi alors !..." en lui tapant l'épaule.

Il attrape ma main et en embrasse le dos, vif.

Il se lève et prend sa veste noire impactée de blanc, coin d'un mouchoir plié dépassant de la poche de poitrine, le tout sur pull-over à col roulé gris, belle grosse montre de poignet et bracelet assorti. Il soulève sa somptueuse crinière pour la dégager de la veste, réajustant les épaules.

"Tu viens ?..."

"A ta guise."

Il attrape ma main et passe le hall : "A la revoyure, Aiacos !..."

"Hey ! mais ce n'est pas encore l'heure de quitter !" s'insurge le cadet.


J'attends devant les vastes cabines d'essayage du couturier fétiche du Griffon : Ermenegildo Zegna. Sa nouvelle collection est superbe et Minos s'en donne à cœur joie, ne regardant guère à la dépense !... Le couturier lui aurait même proposé de poser pour un de ses catalogues. Minos hésite.

Alerte mms : Sir Rhadamanthys est dans le secteur. En guise de mise en bouche, il m'envoie un selfie : tête coupée du cadre, assis sur le rebord du canapé clair, chemise bleu ciel ouverte au col, donnant sur cette peau superbe, pull col V, jeans à ceinture cuir, jambe ramenée sur l'autre, bras gauche tombant le long du corps, grosse montre Breitling au poignet ainsi qu'un bracelet perles bois jouxtant un autre très fin en cuir, main reposant sur une cuisse. Superbe !... j'en ai des palpitations !...

Minos sort de la cabine, en costume trois pièces bleu marine, à tomber !... le gérant de la boutique le presse de compliments. Je secoue la tête. Tant de signaux mâles dans la même journée... c'est épuisant !... le prochain sms de la Wyverne me fait rire aux éclats : "Help ! Valentine insiste pour une soirée à la foire du Trône !..."

"Je passe tout à l'heure."

Je range le portable dans mon sac et me dirige vers la cabine de Minos, ouvrant la porte et m'y invitant alors qu'il se trouve en pantalon, chemise ouverte.

"Je n'ai pas encore terminé, impatiente !..."

Je me place devant lui, mains remontant sur la peau fraîche, hérissant les billes de chair au passage. Mes lèvres viennent effleurer les siennes, lui procurant un frisson délicieux.

"Nous n'avons pas encore testé surplis et robe de Juge..."

"Par Hadès... non, il est vrai." sourire carnassier.

"Demain soir ?..."

"Chez toi ?..."

"Oui."

"Oh, tiens... tu donneras ce paquet à Rhada."


"De la part de Minos."

Rhadamanthys observe le paquet puis l'ouvre : une magnifique cravate bordeaux avec un chandail gris. Le tout assorti d'un mot qui fait sourire Rhadamanthys.

Je vais embrasser Valentine qui s'active devant les fourneaux. "Bonsoir, Tine !..." bisant sa joue.

"Installe-toi, ça va être prêt !..."

"Il paraît que tu fais des frayeurs à notre Prince en évoquant la foire du Trône ?" riant.

"Mon Maître est capable de venir à bout de dix hommes solidement armés en moins d'une minute mais rechigne à m'accompagner à la foire du Trône !..."

"Je n'aime pas du tout ce genre d'ambiance festive."

"Dis plutôt que tu n'apprécies pas de te mêler aux larves."

"L'idée était la même." me reculant une chaise.

"Ce n'est pourtant pas grand-chose. Oh, dites oui, Maître !..." suppliant, apportant l'entrée.

Rhadamanthys prend place et soupire.

Un plateau de mezze en entrée. La diversité est impressionnante.

"Sûr que là, Valentine veut t'acheter !..." taquine, à Rhadamanthys.

"Tu n'as pas vu la suite..."

"Tu me mets l'eau à la bouche, Valentine."

Nous nous régalons, le tout accompagné d'un vin du pays - Valentine est Chypriote !...

"Mais pourquoi cet engouement soudain pour la foire du Trône ?"

"Je n'y suis jamais allé. Je veux voir de quelle manière on s'y amuse."

"Vous ne voulez pas y aller tous les deux ?" propose Rhadamanthys pour se dédouaner de la corvée.

"Non !..."

"Jamais sans toi."

Il soupire, son plan ayant lamentablement échoué, puis se met à ronchonner.

"Tu restes pour la nuit ?" me demande Valentine.

"Tu proposes ?"

"Moi non. Par contre..." regard basculant sur Rhadamanthys.

Rhadamanthys secoue la tête, indulgent : "Vous êtes vraiment incroyables, tous les deux."

Puis arrive le stiphado de lapin ; un pur délice.

"Bon, Valentine, je t'épouse !..." plaisantant à moitié.

"Ah, désolé, mon cœur est déjà pris." rétorque Valentine en riant, regard enveloppant la Wyverne qui étire un sourire. "Mais le compliment fait plaisir."

"Je n'ai jamais eu de chance en amour..." dis-je sur un ton contrit.

"Plains-toi !..." rétorque Rhadamanthys, s'amusant avec le chronomètre de sa montre de marque.


Rhadamanthys a râlé tout le long du trajet. Le pire fut la manœuvre pour garer l'immense véhicule !...

J'ai fini par installer mes écouteurs sur les oreilles, geste lui soutirant une moue terrible.

Valentine n'avait que faire des râleries de son cher Maître, tout au spectacle extérieur et à la danse festive des lumières.

Il y a foule, ce qui déplaît d'autant plus à la Wyverne qui avance en fonçant dans la masse, mains dans les poches, épaules remontées, nous obligeant à courir derrière lui tant ses enjambées sont grandes !... A peine arrêtés devant un stand, nous perdons Rhadamanthys de vue, ce qui nous oblige à nous caler sur son rythme.

"STOP ! stop ! ce n'est plus possible !... bon, d'accord, tu es déterminé à nous saloper copieusement la soirée, soit, mais par pitié, trouve autre chose !..." poings serrés.

La Wyverne esquisse un sourire. "Vous tenez donc tant que cela à rentrer en métro ?..." en agitant les clés du véhicule sous mon nez. Je tente de les attraper, en vain, ce qui l'amuse fortement. Hissée sur la pointe des pieds, je tente de récupérer le trousseau, plaquée tout contre lui.

"Tricheur !..."

"Ben voyons... tu as des ailes, non ? sers-t'en !..."

Je le fusille du regard, sautant haut pour les récupérer mais la manœuvre échoue devant la poigne qui se fait plus ferme.

"Bien tenté." narquois au possible.

Valentine revient, mains chargées de sucreries. "Bien trouvé pour ralentir la cadence." dit-il.

"Bon, vous avez terminé ? nous pouvons rentrer ?"

"Tu veux rire ? la soirée ne fait que commencer !..." rétorquais-je.

"Vous allez m'achever." grogne la Wyverne.

"Allez !... viens faire un tour de manège !..." en tentant de l'emporter par le bras. Autant dire que l'opération s'avère un échec !...

"Pas question."

"Laisse. Je t'accompagne." dit Valentine.

"Je suis certaine que Minos et Aiacos sauraient mieux s'amuser." en soupirant.


Rhadamanthys soupire de béatitude en regagnant le confort du siège cuir de sa Maserati. Enfin libéré de cette corvée épuisante !... Ses oreilles bourdonnent encore de la musique crachée par les baffles des stands.

Valentine a pris un stock de friandises avant de quitter la place.

"Regardez-moi ça... ça mange pour six et ça reste fin comme un pinson." en fixant le jeune Spectre par le biais du rétroviseur intérieur.

"J'ai toujours eu une excellente constitution, Maître."


Le lendemain, au bureau :

"Vous l'avez... traîné sur la foire du Trône ?..."

Minos s'en tient les côtes.

"Minos... un peu de tenue, voyons..." bras croisés.

Le Griffon essuie une larme qui lui échappe. "Par Hadès, j'ai loupé ça !..."

"Ce n'est pas marrant, Minos."

"Si, bien au contraire. Ce n'est vraiment pas le lieu où il fallait l'emmener... je vais te dire, moi, où il rêve de faire traîner ses ailes décharnées... approche." pour me glisser à l'oreille "... casino."

J'en souris.

"Et cela tombe bien : je viens justement de faire pression sur la larve financière pour qu'elle nous octroie un petit budget en ce sens."


Souper dans un Étoilé, équipe au grand complet.

Ces Messieurs sont sur leur 31, superbes, embaumant les eaux de toilette de prix. Aiacos tout jeans et blazer de laine gris. Minos : costume trois pièces à carreaux de chez Zegna. La Wyverne porte, pour l'occasion, costume noir satiné sur chemise sombre de chez Versace. Valentine : pantalon slim taille basse, ceinture à boucle Hermès, gilet et veste dépareillés. Je porte une combinaison noire à col en dentelle.

"Wyverne, le noir te sied parfaitement au teint."

"Merci, Griffon." sur une petite pause puis : "Qu'est-ce que tu veux ?"

"Tu prêtes de fort mauvaises intentions à mon compliment..."

"Je te connais, Griffon, pour te pratiquer depuis un certain nombre de siècles."

"Aiacos, dis quelque chose !... remets donc le dragon à sa place, enfin !..."

"Je regrette, c'est à l'aîné de le faire, non au cadet." siffle le Garuda.

Minos sort un petit carnet qu'il agite sous le nez de la Wyverne : "Voilà, Monsieur-le-râleur."

Rhadamanthys attrape le carnet et le feuillète.

"Alors ? que dit-on ?..."

"Que j'aurai souhaité moi-même faire pression sur la larve comptable pour qu'elle crache."

"Râleur ! invétéré râleur !..." clapit Minos, mains en l'air comme pour prendre le ciel à témoin, dans une hilarante attitude de diva.

Leur comportement est absolument hilarant !... pour peu, Valentine et moi, nous nous en tiendrions les côtes !... et dire que ces Messieurs jugent, tous les jours accordés par Hadès, leur pesant en âmes charriées par l'Achéron !...

"En quel honneur, cette petite soirée ?..."

"J'y viens : en l'honneur d'avoir décroché le contrat auprès du client suédois. Gros, gros contrat." en portant un toast.

Je note qu'un groupe de filles de la table d'à côté n'a de cesse d'envisager nos hommes.

"Impossible de sortir avec vous sans attirer les regards, c'est profondément agaçant."

"Oui, enfin... l'habit fait le Juge !..." s'amuse Minos. "Si elles savaient..." sourire charmeur et petit signe de la main à ces demoiselles qui gloussent.

"Tu ne peux vraiment pas t'en empêcher, Minos." note Aiacos, amusé. "Il ne manque plus que Rhada tombe la veste pour... et voilà !..." en voyant Rhadamanthys quitter sa veste et retrousser les manches de sa chemise sombre, donnant sur des avant-bras découpés de muscles. Les filles gloussent d'autant plus fort.

"Elles m'agacent." grince Valentine.

Je dépose une bise sur sa joue imberbe. "Du calme. Nous savons bien que notre Prince n'est pas intéressé." dis-je.

"Elle est mignonne, la brune..." lance Rhadamanthys, taquin, regard en biais, sourire terrible.

"Maître !..." avec les deux poings fermés sur la table.

Je ris aux éclats.

Rhadamanthys attrape la carte : "Vous avez choisi le vin ?..."

"Du blanc pour moi."

"Pareil."

"Blanc-bec." taquine la Wyverne, regard ocre se levant de la carte.

Aiacos lui tire la langue.

"Valable pour toi aussi, Griffon." amène la Wyverne, d'humeur aux chatouilles.

"Griffon fripon." lançais-je.

"Il suffit, enfin !..." outré, regard agrandi.

Je ris.

"Elle est gaie sans avoir bu la moindre goutte de vin. Quelle heureuse nature !..." soupire Aiacos.

"Je suis gaie parce que bien accompagnée. Voyez à côté comme elles bavent sur nous. Je les écoute depuis tout à l'heure faire des déductions à notre propos !..."

"Que disent-elles ? je n'ai pas suivi..." s'amuse Minos.

"Quel curieux !..." se moque Aiacos.

"En fait, elles se demandent qui est avec qui... et qui est en parenté avec qui."

"On s'en contrefiche, tu m'excuseras." rumine Valentine.

"Au contraire, c'est très amusant : elle présument que tu es le petit frère de la Wyverne. Et moi une vague cousine."

Valentine manque de s'étrangler, ce qui fait sourire la Wyverne.

"Par Hadès, tout faux !..." s'exclame Minos.

"Quand vous aurez fini vos enfantillages, nous pourrons peut-être commander." nous reprend la Wyverne.

"Monsieur a l'estomac dans les talons."

"Féroce en appétit." petit pause "Tous les appétits, donc ?" s'amuse Aiacos, qui rêvait de lancer le sujet.

"Occupe-toi de la coque de ton navire, Garuda."

"Elle se porte à merveille et arbore les 109 Étoiles avec fierté. Autre chose ?..."

"Ah mais cela m'intéresse aussi : féroce dans tous les appétits ?..." intervient Minos.

"Lâchez-moi."

Minos donne un coup de coude à Aiacos.

"Nous ne nous adressons pas aux bonnes personnes, Lillebror."

"True." regard qui bascule sur Valentine et moi. "Alors ?"

"Ne vous avisez pas de répondre." grogne la Wyverne.

"Oh mais pourquoi tant de mystère, hmm ?"

"Ces choses ne vous regardent en aucune manière." sur un nouveau grognement.

"Bien. Alors... je vais m'occuper de répondre à nos chères voisines." laissant courir ses lèvres fines sur mon épaule nue jusqu'à me provoquer des frissons.

"Tu n'as aucune tenue, Minos." gronda de plus belle la Wyverne.

"Voyez qui parle !..." poursuivant son jeu, allant fourrer son nez dans mon cou. "Et voyez qui tremble..." bras se posant le long de mon dossier.

"Très bien." dit Aiacos en se mettant à imiter Minos.

"Tout ce que vous parviendrez à faire, c'est nous faire mettre dehors et moi... j'ai faim. Alors un peu de tenue."

"Se faire mettre dehors ? pour si peu ?..." le nargue Aiacos.

"Garuda, méfie-toi."

"Jaloux."

Les filles font silence, outrées par le spectacle. Un maître d'hôtel nous aborde, nous demandant de nous tenir, dans des propos très sobres.

"Et voilà, qu'avais-je dit ? bravo, Messieurs !..." gronde la Wyverne.

"Peuh !... il ne savent pas s'amuser ici." déclare Aiacos, glissant une dernière fois dans mon cou avant de revenir à sa position initiale.

"Faut-il vraiment que je me fâche ?"

"Inutile pour si peu."

Minos fixe Rhadamanthys. "Oh, tu en voulais peut-être un peu ?..."

Les iris dorés font la guerre aux améthystes. "Un peu ? tu penses vraiment que je vais me contenter de cela ?..."

Les doigts fins de Minos se croisent sous son menton adorable. "Aiacos. Nous tenons une piste."

"Hmm ?"

"Il semblerait que notre dragon ne se contente pas de si peu."

Rhadamanthys soupire. "Vous êtes ingérables."

"Infernaux serait un terme plus juste." rajuste Minos.

"Pareil."

"Alors ?"

"Alors vous vous tenez à carreau et nous passons commande. Plus personne ne touche personne jusqu'à la fin du repas, vu ?!"

"Mais c'est qu'il a drôlement faim, notre dragon ailé." consultant la carte. "Voyons... si mes souvenirs ne me font pas défaut, ils font très bien le canard à l'orange ici..."

"Cette manie de manger de la volaille, enfin..." soupire le Garuda.


A la sortie du restaurant.

"Bien. L'affaire se corse dès à présent." annonce Minos.

"Pour quelle raison ?..." questionna le Garuda. "Notre appartement est assez vaste pour accueillir comme il se doit."

"Donc tu posais la question pour la forme, Garuda..."

"Certes, Minos."

"Je vais trancher de suite : tu peux la garder pour la nuit, Griffon." annonça Rhadamanthys, sourire mesquin aux lèvres, me poussant dans les bras de Minos.

"Hey ! j'ai encore mon mot à dire, il me semble !..." m'insurgeais-je.

"Pas de grandes discussions à cette heure !... il est tard et je tombe de fatigue." déclare la Wyverne.

Je fais volte-face, mains sur les hanches. "Très bien, tu l'auras voulu : je rentre chez moi en taxi !..."

"Pas question !... je te raccompagne." intervint Minos.

"Avec quel véhicule, je te prie ?..." questionna innocemment Aiacos.

"Nous pouvons faire un détour et..."

"Minos, quel est le mot qui te pose le plus de soucis, dis-moi : tard ou fatigue ?" grogna la Wyverne.

"Inutile de vous donner cette peine." appelant un taxi. "A demain au bureau, donc..." entrant dans le taxi. Le véhicule s'éloigne, laissant trois Juges sur la touche dont l'un ne parvient pas à se départir de son sourire.

"Ah bravo ! vraiment, Rhadamanthys !..." fulminait Minos, bras croisés.

L'interpelé bâille, agacé. "Tu la reverras demain, Griffon. N'en fais pas une histoire."

"Dire que nous aurions pu terminer agréablement la soirée... vraiment !... aucun savoir-vivre, Wyverne !..."

"Ce n'est pas mon point fort, en effet." sans la moindre gêne. "Mon canapé, un bon verre de scotch et je n'ouvre plus les yeux jusqu'au réveil !..."

"Intolérable !..."

Aiacos lève les yeux au ciel. Valentine est dubitatif.


La veste va rejoindre le canapé la première.

Valentine admire la silhouette puissante de la Wyverne, soulignée fort agréablement par le noir du costume.

Le Britannique se tient devant le canapé et se sert généreusement un verre de scotch, faisant tinter les glaçons entre eux.

Valentine ramasse la veste : "Bonne soirée, Maître."

Rhadamanthys sourit : il est loin d'être dupe !... La Wyverne s'allonge sur la méridienne, savourant son scotch. Puis il attrape son smartphone, composant mon numéro. Je décroche.

"Hi, belle Fleur..."

Je ris. "D'humeur à poésie ?"

"Toujours lorsque je bois." ramenant son verre à whisky aux lèvres dans un nouveau tintement de glaçons.

"La poésie... et tout à l'heure la comédie ?... Mmm... que de talents cachés, Monsieur de la Wyverne..."

Il sourit. "J'ai souhaité ménager notre Griffon."

"Tu sembles plutôt l'avoir braqué."

"Si peu. Il s'est réfugié dans sa chambre et s'est mis un CD de musique classique."

"Et toi ?"

"Moi ? oh, eh bien, je vais aller border Valentine..." sourire dans la voix.

"Qu'entends-tu exactement par border ?..." taquine.

"Par border, j'entends border."

"Et ?..."

"Je suis chez toi dans dix petites minutes."

"Je t'attends."

Je raccroche, déjà confuse de désir.


Rhadamanthys termine son verre puis se rend dans sa chambre, délaissant le costume pour une tenue plus casual : denim, chemise bleue à carreaux, gilet gris.

Il frappe doucement à la porte de Valentine. Ce dernier est allongé, livre en mains.

"Maître ?..."

Rhadamanthys ferme la porte derrière lui et s'avance, s'installant en bord de lit. Le revers de quelques doigts vient caresser le visage juvénile du jeune Spectre. Valentine en abandonne d'emblée sa lecture, se concentrant sur le geste, le savourant comme le plus pur des nectars. Les doigts dévient, longeant les lèvres délicieusement entrouvertes, faisant gémir Valentine.

L'autre main se glisse sous les couvertures, franchissant la ceinture du bas de pyjama, caressant l'aine puis se saisissant délicatement du membre qui gagne en rigidité sitôt enserré. Rhadamanthys en sourit, appréciant de voir le plaisir hanter chaque trait de Valentine. Le jeune Spectre en a littéralement le souffle happé. La main imprime alors de doux va-et-vient, lente à souhait. Valentine en suffoque tant le geste et l'attention le prennent de court. "Maître..."

Les paupières papillonnent. Le revers des doigts poursuit son œuvre sur les lèvres du jeune Spectre. Valentine geint doucement tandis que Rhadamanthys s'en régale, sourire aux lèvres.

"Maître..."

La tête se met à dodeliner au gré des sensations qui affluent agréablement. La main de Rhadamanthys semble avoir été faite pour le sexe de Valentine : l'enserrant à la perfection. Aux mouvements déjà intolérables de volupté, Rhadamanthys rajoute sa touche personnelle : ramenant du pouce la peau fine sur l'extrémité sensible, ce qui rend Valentine à demi-fou, durcissant encore davantage dans sa main.

"Maître... haaaah... oui... oui..."

Valentine se défend de toucher son Maître. Les règles du jeu sont ainsi établies pour cette joute.

"Oui... oui... Maître... haaan..."

Il bouge involontairement des hanches, ce qui accentue le sourire de son bourreau. Le voici parfaitement raide dans la paume de son Maître. Son menton se soulève à mesure, sa respiration se dégrade. Il ouvre grands les yeux lorsqu'un spasme lui traverse tout le corps. Et cette main qui n'a de cesse... Encouragé, Valentine glisse une main jusqu'au méfait, exerçant là une pression qui accroît encore, si c'était possible, son plaisir déjà vif. Rhadamanthys se fait plus rythmé dans les gestes. Valentine laisse échapper des sons qui ne trompent pas, laissant monter un plaisir fou qui déferle sur lui comme une vague, dans un final éblouissant. Rhadamanthys ralentit le rythme, l'amenant ainsi à donner tout ce qu'il a.

"Maître... oh, Maître... c'est... ooooh..."

L'orgasme du jeune Spectre se prolonge à délice.

Pour clore la joute, Rhadamanthys lui accorde un baiser doux.

"Maître... merci... merci..."

Le jeune Spectre l'écarte d'une main avant d'être pris de l'irrésistible envie de le garder tout entier près de lui cette nuit. "Sauvez-vous, Maître..."


Je brosse mes cheveux devant la coiffeuse lorsqu'un certain Juge surpuissant se présente à moi, surplis menaçant sur le dos, ailes joliment repliées.

"Dix minutes... tu disais vrai." jetant un œil au réveil posé sur le meuble.

"Ai-je pour habitude de mentir ?..."

Je pose la brosse sur le meuble et me tourne vers lui. Il est magnifique... chaque fois que son surplis se présente à ma vue, j'en ai des frissons !... Je dois rire moi-même des élans de mon propre corps.

Me levant, je passe la main sur l'imposante pièce de poitrine.

"Minos a été à l'origine de l'appel, toi tu as ouvert la voie et notre Seigneur a parachevé l'œuvre." Mes doigts viennent croiser les siens. "Par Hadès, que tu es beau, Rhadamanthys..."

Il en tressaille tant l'appel est le bon.

Sans résister davantage, il se penche pour m'embrasser, prenant mes lèvres avec grand plaisir, encore excité par sa joute avec Valentine. La saveur est particulière ; ambrée par l'alcool. Je m'en lèche les lèvres de délice une fois libérée puis reviens quémander la suite. Il offre sans compter puis me soulève entre ses bras forts. J'écarte les jambes pour laisser mon entrejambe frôler les aspérités de son surplis, geignant. Il sourit de la façon dont j'érotise une telle arme de guerre.

"Tu es terrible..." murmuré à l'oreille avant d'en pincer le lobe, faisant une clé de ses avant-bras, fesses hissées dessus. Il peut ainsi mieux me faire bouger contre lui.

Ma nuisette transparente tranche sur le noir de diamant du surplis, s'attachant à quelques irrégularités, malmenant et arrachant le fin tulle dans des sons de déchirements légers. Je suis déjà si proche de l'orgasme... m'agrippant à ses épaulettes supérieures, je me détache du haut de son corps, bougeant toujours, tête de cheveux dodelinant au gré des sensations. Mon cœur frappe, pulsant dans mes tempes. Proche... proche... si proche... il m'emporte une première fois dans un appel fou crié : "Wyverne !... haaaah !..."

Rhadamanthys n'omet aucun détail de la scène, me fixant comme si sa vie en dépendait. Cette façon dont ma bouche s'ouvre sur des sons indécents, paupières papillonnant sur des pupilles révulsées, corps secoué par cette explosion des sens. Lentement, je redresse la tête et lui sourit, m'approchant à mon tour de son oreille : "Je compte sur ta discrétion concernant l'usage détourné que je fais des surplis..."

Il rit : "A mon avis, deux d'entre nous doivent déjà être au fait... non ?"

"Non. Il n'y a qu'avec toi que je me permets ça..." venant passer ma langue sur ses lèvres. "Now... Your turn..."

Il n'en demande pas mieux, ayant déjà vu défiler deux orgasmes consécutifs qui n'étaient pas les siens, dans la même soirée... ses sens sont chauds, son corps en demande. Il me laisse lentement regagner le sol.

"Je te veux nu."

"A ta guise." quittant une à une les pièces de son surplis, y compris sa tenue près du corps.

Nu. Dressé. Parfait.

Je le prends par la main pour le faire allonger sur le lit, venant le chevaucher, rabattant mes cheveux sur le côté. Je le cherche un moment, sexes s'effleurant. Il en geint, menton levé. Puis, écartant les jambes de part et d'autre des siennes, je le prends jusqu'à la garde. La manœuvre, inattendue, lui soulève tout le haut du corps sur un rauque happé.

Je joue de contractions autour de lui, ondulant du corps, resserrant parfois les cuisses pour mieux le savourer. Il en perd rapidement la tête, beau comme le plus violent des dieux, là, sur le lit défait, tête donnant à droite et à gauche sur des sons grognés, mains courant sur mon corps dans des élans brûlants, hanches bougeant en contresens des miennes, appelant une montée de plaisir fulgurante. Cruelle, je cesse un instant tout mouvement, guettant sa réaction dans un sourire joueur. Il grogne, se servant de la force de ses jambes pour me faire pivoter sur le dos, se plantant d'autant plus solidement en moi, mains ramenant mes poignets au-dessus de ma tête, hanches ne perdant pas un seul instant avant d'entrer en action, jouant puissamment d'allées et venues visant à appeler l'orgasme. Il râle de plaisir avant de jeter un cri rauque, se répandant généreusement là où il s'est invité, corps secoué de spasmes incontrôlables.


"J'aime beaucoup Valentine..." tête reposant sur son torse solide, prêtant attention aux battements réguliers de son cœur. "... pour nos virées shopping."

Il rit, ne s'y attendant visiblement pas. "Cela me fait plaisir que vous vous entendiez bien, tous les deux."

"Ensuite parce que nos intérêts tournent autour de la même personne... notre splendide dragon ailé..."

Sourire flatté.

"Mais je l'envie de t'avoir connu depuis toujours..." doigt effleurant les muscles découpés du torse.

"J'étais un garnement. De bonne famille, certes, mais un garnement malgré tout. Les femmes ne m'intéressaient que très peu ou pour ainsi dire pas... et c'est contre ce côté buté que tu aurais souhaité lutter ?... Ma foi... tu serais peut-être parvenue à un résultat..." venant porter le dos de ma main à ses lèvres pour y déposer un baiser, regard cherchant le mien, souriant.

"J'aurai fait du garnement un Don Juan ?..."

Il rit. "Oh non !... tu l'aurais... initié. Ça aurait sans doute fini par lui plaire, comme c'est le cas aujourd'hui... de là à devenir un tombeur de dames, non."

"La Wyverne possède ce côté terriblement fidèle... qui est loin de me déplaire."

"Celui qui fait que... tu aies envie de convoler ?..."

"Oui. Ce côté... puissant, protecteur." Je ris. "Je n'en crois pas mes oreilles... moi, dire ça !..."

"Est-ce risible à ce point ?..."

"Tu sais, cela peut paraître... old school aux yeux de la société. Mais certains hommes le portent encore très bien." folle de lui, appelant ses lèvres en caresses.

"J'aime ce qui est old school." visage doux puis me fixant plus intensément. "J'ai très envie de venir faire mon nid chez toi... et de caresser tes projets de mariage."

Mon cœur fait un bond. Je souris.

"... seulement voilà... il y a Valentine avec qui j'ai commencé quelque chose qui me plaît... puis Minos qui fait montre de jalousie..."

"... et Pandora. Je sais."

"Et Pandora, oui. C'est... pour le moins compliqué."

"Choisis l'alternance."

Il cligne.

"Viens faire ton nid ici quand ça te chante." souriante, mordillant son épaule solide.

"C'est déjà ce que je fais..."

"Je te ferai de la place dans le dressing." caressant ses cheveux blonds. "Ce sera notre petit secret."

"Je n'ai pas envie que ce soit secret. Mais pourquoi pas... ça me paraît être un bon début."

"Et maintenant..." me hissant sur lui. "... laisse moi t'offrir un autre orgasme."

"S'il n'y a que cela pour te plaire..." souriant.


La bouche de Rhadamanthys vient souffler sur les bords inégaux de ma cicatrice, appelant des sensations particulières. J'en gémis. Puis il vient l'effleurer des lèvres avant de laisser sa langue la parcourir dans sa totalité. Il chérit cette marque particulière ; marque dont il est à l'origine. Il l'appelle affectueusement "la marque de la seconde naissance."