Chapitre dédié à Lune De Neige... et chaud avec Wyverne et Harpie ! héhéhéhé : ))
Chapitre 28 : A propos des Âmes
Un souffle frais fait frissonner ma peau, fenêtre venant de s'écarter d'elle-même. J'ouvre les yeux. Là, tapi dans l'ombre, une paire d'yeux améthystes me regardent et m'envisagent.
"Hmm ?... Minos ?..."
Il s'approche, portant robe de Juge sur surplis.
"Chose promise..." index sur ses lèvres, amusé.
Il s'installe sur le bord du lit, doigt filant dans mes cheveux. "Mon joli Spectre souhaite-t-il en profiter ?..."
"Bien sûr que oui !..." l'agrippant comme s'il avait l'intention de filer, ce qui le fit rire.
"Dans ces conditions, nous sommes tout à toi." soufflé, m'extirpant du lit pour me prendre sur ses genoux.
Je caresse les ornements superbes du vêtement, appréciant également la rudesse du surplis. La robe est doublée, rendant le tissu de base d'autant plus épais et lourd.
"Mmm... mon beau Juge..." cherchant une bouche qu'il n'a nulle intention de me refuser. Le baiser est lent, se savourant à mesure qu'il prend de la profondeur.
Je m'installe à califourchon, éveillée, mordillant sa pomme d'Adam laissée libre par le col du surplis. Il en a un rire qui fait vibrer ce que je tiens entre mes dents.
"Si ce n'est pas magnifique ?..." le relâchant.
"C'est loin d'être l'effet que je fais aux âmes qui se présentent à moi." amusé par ma façon d'érotiser les choses.
Le fond de l'automne se fait sentir. Minos a sorti le pardessus bleu marine, écharpe et gants assortis. Ces temps-ci, le Griffon disparaît à l'heure du déjeuner.
"Huhuhu !" ricane le Garuda. "Verrait-il une femme mariée ?..." regard en biais à mon attention.
"Comme la main gauche doit ignorer ce que fait la droite, le cadet devrait ignorer ce que fait l'aîné."
"Et bam !..." s'amuse Rhadamanthys, fier de ma répartie.
Griffon aux cheveux argentés, installé sur un banc, bras de part et d'autre du dossier, jambes joliment croisées. En face, un groupe d'étudiantes piaille, discussions de filles. L'une d'entre elles intéresse particulièrement le Griffon : son âme semble tirée vers le haut, appelée à quitter toute croyance populaire afin de s'élever à la vérité. Et le Griffon la guette, comme un chasseur traquerait sa proie. Dans son journal, la jeune étudiante s'épanche sur le vide de l'existence, pensant qu'il existe un au-delà où quelques surhommes jugeraient des âmes à longueur de décennies. Leurs regards se croisent parfois. Elle dévie toujours la première les yeux. Le Griffon espère un jour qu'elle l'aborde. Monsieur a tout son temps ; elle prendra de l'âge bien avant lui.
Rhadamanthys se penche, mains sur les accoudoirs de ma chaise de bureau, dans mon dos, humant la peau de mon cou avant de remonter jusqu'au lobe qu'il effleure joliment des lèvres avant de glisser en murmure : "Ce soir, 19 heures. Mimi et Coco absents."
Je souris. "Valentine ?..." questionnais-je.
"A ta guise."
"Valentine."
Je sonne, Valentine m'ouvre. Bises.
"Entre, je t'en prie."
Gentleman, il retire mon manteau, souriant devant ma tenue qui va sans doute beaucoup plaire à notre Prince : salopette noire fluide, nouée façon dos nu, escarpins assortis.
"Dans le salon. Installe-toi, je sers l'apéritif."
J'entre dans le vaste salon et, ô surprise, nos Juges ont fait l'acquisition d'une table de billard en somptueux noyer massif. Rhadamanthys est à l'œuvre, verre de whisky à portée de main. J'ai droit à un lever de monosourcil à mon arrivée. S'il n'était pas aussi bien éduqué, un sifflement lui aurait sans doute échappé.
"Superbe."
"Merci." me positionnant à sa hauteur alors qu'il se redresse, queue de billard en main. "Vais-je pouvoir rivaliser avec votre nouveau joujou ?..."
Il ouvre le bras et me prend contre lui, main sur la taille remontant le long du dos offert, bouche m'embrassant chaudement.
"Mmm... à l'évidence, oui."
Son goût me donne déjà le tournis...
Ce soir, c'est chemise blanche à manches retroussées sur jeans brun.
Valentine nous rejoint et sert l'apéritif.
"Tu sais qu'il est possible d'en faire un usage détourné, de cette table ?..."
Rhadamanthys rit, poursuivant sa partie : "Avec toi, tout peut être détourné de son usage de base, surplis compris."
Les boules claquent entre elles en se heurtant.
"Ah... c'est mal parti." grimace-t-il en faisant le tour de la table, jaugeant les possibilités du jeu.
Mes yeux dévorent ses avant-bras puissants, grosse montre à un poignet, bracelet de force revisité à l'autre.
"Tu sais jouer ?..."
"Très mal."
"Approche."
Valentine est à moitié allongé sur la méridienne, regard brillant fixé sur son Maître.
Je pose mon verre et m'approche. Il me place devant lui, guidant mes mains sur la queue de billard pour les positionner convenablement, souffle dans mon cou dégagé. Son corps ne me colle pas plus qu'il n'en faut pour une première leçon. Soudain, un frisson d'indécence me déchire les reins : lèvres de Rhadamanthys courant sur une des épaules dégagée par la tenue. Un soupir me traverse.
"Si tu commences avec ça..."
"Oui. Quoi ?... Que va-t-il m'arriver ?..."
"Comme si tu ne le savais pas."
Il remet ça, provoquant. "Concentre-toi sur le jeu, Princesse."
La frappe est évidente et elle entraîne deux boules dans le trou.
Mmm... déjà pas mal dur à ce que je sens... mais il en faut plus pour faire perdre totalement la tête à la Wyverne. Ses doigts remontent le long de mon bras nu, échange de regards avec Valentine, souriant.
"Nous aurions pu commander le repas, Valentine."
"Pourquoi, Maître ?... j'aime tellement cuisiner pour vous."
Le four bipe, appelant le jeune Spectre en cuisine.
Rhadamanthys me libère, s'installant d'une fesse sur le bord de la table de billard, admirant la vue, terminant son scotch.
Valentine garnit la table puis tape dans ses mains quand tout est prêt.
"Regarde-moi ça... il y a de nouveau de quoi nourrir un régiment." le taquine Rhadamanthys.
Le repas se passe dans une ambiance conviviale et détendue.
Le dessert est pris sur le canapé, installée contre Rhadamanthys, ses doigts courant sur mon bras nu, amoureusement. Valentine se lance dans une série de blagues dont la chute n'est capable de faire rire que des Spectres avertis. Rhadamanthys termine le repas par un second verre de scotch.
Nous en venons à évoquer à nouveau le duel à mains nues avec l'Or.
"Maître, vous en auriez fait qu'une bouchée si Lady Pandora n'était pas intervenue."
"Il se défendait bien, pourtant."
"Il avait un excellent jeu de jambes et un terrible crochet du droit."
"Bien vu, Léviathan."
"Oui mais vous avez un uppercut du gauche qui viendrait à bout de n'importe qui, Maître."
"... et une endurance à toute épreuve."
"Trop de compliments pour la même soirée." plaisante la Wyverne.
"La seule vérité." lance Valentine avant de débarrasser.
Je me lève pour l'aider mais Rhadamanthys me retient par le bras. "Toi, tu restes là."
Je me pelotonne contre lui et nous commençons à nous embrasser. Le baiser prend rapidement une tournure chaude, langues entrant en jeu, faisant naître des sons terriblement érotiques durant l'échange, mains larges de la Wyverne courant sur mon visage tandis que je m'accroche à sa musculature.
Valentine nous regarde en souriant alors que la table se fait nette.
"Tu me montres l'usage détournée de la table ?..."
Je flatte de l'index les lèvres prometteuses de la Wyverne et me lève pour me diriger vers la table, retirant mes escarpins avant de m'installer, me laissant aller en arrière, haut du corps allongé sur la feutrine verte. Du bout des doigts, je m'amuse avec quelques boules que je fais rouler jusqu'au trou.
Le regard de la Wyverne vient de revêtir une teinte particulière, sens éveillés. "Je peux venir te rejoindre ?..."
"Je n'attends que toi."
Il se lève et s'avance, se plaçant entre mes jambes ouvertes que je noue autour des siennes, solides. Sa main chemine dans mon cou, en caresses ou en revers, observant mon corps se tortiller sous la demande muette. Puis il chemine sur ma poitrine, terriblement effleurant.
Valentine vient de s'installer sur le canapé, observant la scène à loisir, regard tout aux gestes de son Maître.
Rhadamanthys m'avance un peu plus contre lui, deux mains saisissant mes hanches pour y imprimer de légers mouvements de va-et-vient contre son entrejambe durcie, sourire presque tendre aux lèvres, paupières mi-closes, menton se levant à mesure. La sensation est telle que ma bouche demeure entrouverte sur des soupirs qui ponctuent les mouvements.
Valentine vient de quitter le canapé pour se coller littéralement au corps solide de son Maître, mains cheminant sur le torse, déboutonnant la chemise, entrant dans l'un ou l'autre des pans ouverts, dégustant, sur un soupir prononcé, la peau brûlante de notre dragon.
"Maître..." se meurt entre les lèvres de Valentine dont le désir se manifeste au corps.
Rhadamanthys s'emploie à défaire le haut de ma salopette, bataillant un moment avant de triompher, dénudant ma poitrine qui se pointe de délice.
"Rhadamanthys..." me redressant pour venir l'embrasser chaudement. Par Hadès, ce que cette bouche sait faire de la mienne : l'emprisonnant dans une douce pression, langue toute entière à l'action, nous arrachant des sons indécents.
Les mains de Valentine viennent retirer la chemise de notre Prince, cheminant sur le dos nu, marqué par les batailles. Tandis que les mains du jeune Spectre œuvrent sur le dos, les miennes cheminent sur le torse admirablement taillé. Le baiser dure toujours, tournant au plus possessif de la Wyverne.
J'en suis à défaire ceinture et à tâter pour ouvrir le premier bouton du jeans. Mes doigts sont accueillis par une impatience manifeste, tirant l'élastique du caleçon.
Sur un grognement exalté, il m'attire à lui, mains sur mes fesses. Je savoure ce renflement viril qui se frotte avidement à moi, lui arrachant une belle panoplie de souffles courts, couplés à des geignements profonds. Puis les mains de Valentine viennent s'occuper de l'impatient, le caressant, plongeant dans le caleçon. Rhadamanthys étouffe les sons terribles qui se heurtent dans sa gorge. "Valentine... Val... entine... Val..."
"Haaaan... Maître... Maître !..."
Ces vocalises ne font que lancer nos corps plus en avant dans le désir.
Rhadamanthys en palpite entre les mains du jeune Spectre. Puis il se retourne, partageant le même baiser avec la Harpie tandis que je le caresse à mon tour.
"Maître... haaah... c'est... trop... bon..."
Le pantalon glisse des hanches et il le quitte rapidement, se livrant tout entier à nos attentions, sexe superbement dressé. Tour à tour, il nous comble. Alors qu'il s'occupe de moi, Valentine glisse de sa longueur entre ses cuisses, lui arrachant presque un orgasme qu'il doit dompter par un appel d'air. "Val... Val... en... tine..."
Ses râles profonds à l'égard du Spectre sont si flatteurs à entendre, venant du fond de la gorge, qu'ils manquent de me déclencher tout aussi prestement.
Rhadamanthys se tourne à nouveau vers Valentine, attrapant leurs deux sexes dressés, hampes intimement jointes, main large circulant de concert sur les deux organes à bout de résistance. Valentine en perd rapidement la tête, appelant son Maître, suppliant qu'il les libère, tête dodelinant, regard totalement absent, pupilles révulsées.
"Maître... haaaah... Maître... je vais... je..."
"Retiens-toi... Valentine !... Valentine, attends encore... un peu..."
"Maître... je... ne... peux... plus... Maître... haaaah !... c'est boooon !..."
Rhadamanthys les lâche et attrape le visage de Valentine entre ses deux mains ouvertes : "Valentine, regarde-moi... contrôle-toi."
Valentine est perdu, corps en déroute totale. La voix autoritaire de Rhadamanthys, pourtant, le ramène au présent. La pression retombe sitôt qu'il ne les manipule plus ainsi.
Rhadamanthys se tourne à nouveau vers moi, s'invitant sur un rauque délectable. A dire vrai, il hésite encore quant à qui de nous deux il offrira son orgasme. J'en souris, savourant ses lentes allées et venues.
"Occupe-toi... de... Valentine..."
"Sûre ?..."
"Je veux... vous voir... et vous entendre..."
"Comme... tu voudras..." me quittant pour prendre soin de Valentine.
Le corps du jeune Spectre redémarre sitôt que Rhadamanthys le reprend en mains. Les appels se font plus forts, plus hauts ; un régal sans nom pour les oreilles !...
La partie se termine par un orgasme à trois cris.
Chaque mot couché sur le papier de ce journal intime trouvait écho dans l'être tout entier du Juge.
"Il doit y avoir une délivrance. Cela n'est pas possible autrement."
La plume se posa et elle soupira.
Minos apparut derrière elle et prit la plume pour lui répondre dans un écho surnaturel, ne se dévoilant pas immédiatement.
"Mon Maître cherche des âmes telles que la tienne." écrivit-il en suite.
Le cœur venait de bondir devant la réponse. Le cœur... cet organe qui restait désespérément humain... attaché à la vie et aux valeurs dont ne s'encombraient guère les Juges.
"Quel est ce Maître ?..."
"Laisse-toi guider et je te le montrerai."
Une aile armée vint l'effleurer. Derrière elle, le cosmos ronronnait dans des tons malsains.
Une main vint se glisser sous le menton, redressant le visage jusqu'à croiser le regard. Les iris améthystes brillaient dans la pénombre, distillant le poison de la curiosité jusque dans les veines coupables, rendant captif un désir illégitime propre au genre humain à se glisser hors du champ pour entrevoir les possibilités de cet ailleurs à la fois attirant et effrayant.
Minos se régale !...
Je soupire, assise sur le canapé.
Rhadamanthys pose sa main dans mon dos. "Quelque chose te contrarie ?..."
"Je rêvais mieux pour nos armées."
Il s'installe à mes côtés. "Une fois le souci des dieux jumeaux réglé, tout devrait rentrer dans l'ordre."
"Tu es bien optimiste !..."
"Aurais-tu débusqué d'autres ennemis dans nos rangs ?..."
"Non. Je suis résolument pessimiste."
"Je le note." main immense venant couvrir la mienne, regard doux. "Ta sollicitude pour nos armées me touche beaucoup."
"A croire que c'est la préoccupation des dragons ailés..."
"Un zèle dévorant."
Notre discussion est interrompue par Minos, revenu de sa pause déjeuner, chantonnant, enroulant son écharpe autour du porte-manteau.
"En voilà un que rien ne semble troubler..."
"J'ai enfin trouvé une âme sur laquelle me pencher." s'installant du côté libre, bras passant le long du dossier.
"Tu as changé d'eau de toilette ?..." notais-je.
"Quel nez !... oui, ma foi, pour l'occasion, j'ai fait des infidélités à l'éternel Gauthier."
"Voilà bien longtemps que je ne t'avais pas vu aussi enthousiaste, Minos !... sauf lorsque tu chasses de près Léviathan."
"Il faut bien se divertir de temps en temps, Dada."
