Du chaud avec Rhadamanthys. Chapitre dédié à une personne en particulier. Je n'en dis pas plus... : ))
Chapitre 30 : Terres princières
Sushis chez un grand maître japonais de la capitale. Sélection sur le volet.
Minos : costume trois pièces de chez Zegna, couleur anthracite, cravate sombre, chemise blanche. La veste du costume est près du corps, mettant en valeur ses hanches superbes et presque féminines.
Aiacos : pull gris à col ouvert sur dent de squale - un fétiche, chez lui - porté sur jeans classique.
Rhadamanthys : pantalon velours beige, ceinture cuir à boucle brute, chemise ciel, cravate bleu foncé à pois de chez Dior, gilet bleu marine.
Valentine : pantalon à pinces, chemise blanche sur gilet sans manches ouvert.
Moi : robe en velours noir, dos nu transparent parcouru de strass.
Les baguettes ont toujours beaucoup amusé notre ami Minos... il les fait voyager d'un doigt à l'autre, expert. Ce garçon possède une dextérité folle !...
J'observe les trois bracelets qui ornent le fort poignet de la Wyverne tandis qu'il pioche dans le plat commun et baigne son sushi dans la sauce soja. Il note mon regard et m'adresse un petit sourire.
"Maître." Valentine lui offre un sushi.
"Nourri à la baguette." ricane Aiacos. Ce dernier porte un superbe bracelet tressé cuir à fermeture tête d'aigle.
"Tu me l'as volée, celle-là !..." s'amuse Minos.
"Occupez-vous de déguster plutôt que d'aligner des bêtises." grogne la Wyverne.
"Une faim de Wyverne !..." lance Aiacos pour enfoncer le clou.
Minos réprime un rire.
"Magnifique robe, ma chère." me gratifie Minos.
"Merci."
"Tu as ton rendez-vous nocturne à honorer ?..." demande Aiacos.
"Pour rien au monde, je ne le manquerai."
"Notre Griffon est piqué."
"Notre Wyverne aussi."
Rhadamanthys me raccompagne - si tant est que nous pouvons nommer cela ainsi...
Valentine assiste à la dernière séance d'un film d'épouvante avec Aiacos.
Nous entrons et j'actionne l'interrupteur. La Wyverne vient m'embrasser dans le cou, placé derrière moi. Je glisse la main dans les épaisses mèches blondes.
Ses avant-bras font clé sur mon ventre, possessif. "Je ne t'aurai cédé à aucun autre ce soir..."
J'en ris doucement, flattée. "Hmm... tu as donc des projets, grand Dragon ?..."
"Oui."
"Oh !..." enchantée, quittant mes escarpins. "Et quels sont-ils ?..."
"Tu verras... une fois arrivés dans ta chambre."
Nous y voici. Le baiser prend une tournure plus profonde, nous arrachant satisfaction sur satisfaction. Je me presse contre ce magnifique corps solide, appelant de lui tout le désir.
"Alors ?... quels sont... ces projets... mon Prince ?..."
Il s'installe en bord de lit, gilet retiré, cravate dénouée, me prenant entre ses jambes ouvertes, face à face. Nous adorons à la fois nous regarder et nous entendre, notamment durant les baisers, ouvrant constamment les paupières pour ce faire. Si j'avais pu prévoir de l'aimer autant alors qu'il n'avait absolument pas capté mon attention dans un premier temps... s'il savait les envies qu'il me noue au corps, chevillée de désir.
"Tu es beau..." debout entre ses jambes ouvertes, caressant les principaux traits masculins de son visage.
Il en sourit, flatté.
Il fouille sous ma robe, faisant glisser le slip dentelle le long des cuisses, passant les genoux puis les chevilles. Voilà qui le renfle déjà joliment.
Ses mains repartent à l'assaut, savourant ce qu'elles rencontrent. Il lâche un grognement sourd, enfouissant le visage un moment contre mon corps, poursuivant ses caresses, me faisant lever haut le menton à mesure qu'il œuvre dans la moiteur exquise.
Dégageant son visage après un moment, il m'offre un superbe panel d'expressions : bouche entrouverte de délice, paupières mi-closes sur des pupilles voilées qui se révulsent à mesure, déglutissant avec peine, respiration joliment heurtée.
Je suinte d'envie de lui.
Mes doigts se perdent dans la dense chevelure blonde.
Les sons qu'il tente de camoufler enflent à mesure dans sa gorge.
Mon corps s'arque contre le sien, le faisant sourire.
Ses paumes se perdent à présent du côté de mes rondeurs, ne faisant qu'appeler un surplus de sensations.
Il se défait d'une main, soupirant de soulagement en se donnant enfin de l'espace.
Je m'accroupis et glisse le pantalon ainsi que le caleçon le long des jambes solides.
"De quelle façon nous veux-tu ?..."
Son regard brille terriblement.
Il me fait pivoter, lui présentant mon dos et il m'invite à le prendre ainsi. Je geins sans pouvoir m'en retenir lorsque sa superbe longueur me visite sous cet angle nouveau.
Une fois englouti jusqu'à la garde, je joue de quelques contractions autour de lui, lui arrachant des sons lourds ainsi que des palpitations d'impatience.
J'ai pleine vue sur nos cuisses mêlées, dont les siennes superbes de puissance, muscles saillants.
Il se saisit de mes bras et les place en croix, les caressant, puis vient nouer ses doigts aux miens, détournant ainsi nos attentions de ce qui nous tord le ventre, lançant des flashes voluptueux au moindre mouvement. Ses dents viennent prendre la relève des lèvres, se plantant avec douceur dans la peau, y apposant leur marque dans la nuque, sur les épaules et l'entrée des bras.
"Tu aimes cela, hmm... me marquer ?..."
"Tu es à moi. Plus qu'à aucun autre." possessif, voix murmurée dans un magnifique rauque de plaisir.
Puis je me mets à bouger lentement, lui faisant rapidement perdre la tête et donner des hanches. Je ne l'ai jamais senti aussi dur en moi, développé à outrance par l'excitation. Chaque stimulus n'en est que plus délicieux, décuplé de sa puissance nominale.
Nous testons des variations : moi courbée en avant, mains entre nos cuisses puis allongée contre son torse alors qu'il se tient sur les coudes. Chaque fois, c'est une nouvelle explosion inédite de plaisir fou !... nous haletons, expressions voluptueuses plaquées sur nos visages, cherchant l'air, corps tendus de délice, nous appelant :
"Haaaaan !... Wyverne !... Wy... verne !..."
"Lé... viathan... c'est... oooooh !... haaaah !..."
Nous jouissons presque par surprise tant la sensation a enflé, devenant insupportable à nos corps qui abdiquent dans un râle commun, nous secouant sur ce bord de lit. Il en rit, essoufflé, contre mon épaule.
"Wyverne... oh, Wyverne..."
"Hmm ?..."
Puis nous remettons ça, dans la même position, nous arrachant un nouvel orgasme partagé en peu de temps.
"Tu... avais déjà expérimenté... avant ?..."
"Avec qui ?" tombe franco.
"Je ne sais pas... Valentine ?..."
Rhadamanthys laisse échapper un petit rire m'indiquant qu'il a d'autres jeux avec le jeune Spectre que celui-ci, qu'il nous réservait.
Pendant ce temps, Minos apparaît dans un coin de la chambre de l'étudiante, ailes repliées.
"Je vous attendais..."
"Heureux hasard." fend l'air, doux comme une caresse de velours.
"Pensez-vous qu'une nuit vous me jugerez prête à le rencontrer ?..."
"La question est : qu'êtes-vous prête à abandonner pour le rencontrer ?..."
"Hmm... tu viens avec moi en Angleterre ?..." me murmure une voix encore endormie mais souriante.
Je me retourne lentement vers le Dragon qui partage ma couche. "Quand ?... et Valentine ?..."
"Ce n'est pas à Valentine que je demande mais à toi." cherchant ma bouche dans un élan encore ensommeillé. "Dans deux semaines."
J'en souris à la perspective. "Et que dois-je prévoir dans ma valise ?... ciré, bottes ?..."
Il glisse un bras sous mon corps pour me ramener sur lui. "S'il venait à te manquer quoi que ce soit, je me ferai fort de te le faire livrer le jour même." index courant sur mes lèvres.
"Voyez-vous cela..."
"Et vu que nous partageons le dressing à présent, je peux t'aiguiller lorsque tu prépareras ta valise."
J'en souris. On dirait vraiment un couple marié !... et j'ai bien peur que notre voyage en ses terres ne renforce encore davantage ce sentiment.
"Et les sandwiches pour la route, préparés par Valentine."
J'attrape le paquet, assise dans la Maserati. "Oh, il est trop adorable !..."
"J'ai l'impression qu'il va te manquer."
Petite mine qui fait rire mon Prince. Il met le contact et nous quittons Paris. Le trajet se fait dans la bonne humeur et nos haltes sont prétextes à câlins. J'aime notamment lorsque la Wyverne a le dos plaqué contre la porte close du véhicule, me tenant devant lui, de dos, mains cheminant sur mon ventre alors que la mienne s'égare dans sa nuque.
Nous voici de l'autre côté de la Manche.
Peu à peu, nous nous enfonçons dans la lande et les quatre roues motrices ne sont pas un luxe tant la boue est profonde. Notre arrivée au domaine se fait sur des aboiements de la meute.
La lourde porte s'ouvre sur la vaste pièce centrale où crépite un feu réconfortant. Tout y est boiseries anciennes, du sol au plafond, baignant la pièce dans une pénombre continue.
Rhadamanthys trie déjà le courrier arrivé la veille et échange quelques mots avec le personnel en charge du domaine. Dans cette contrée, l'accent y est dur. J'en profite pour m'imprégner des lieux : la vaste cheminée, le tableau médiéval de mon Prince, le service à scotch sur la desserte, le plaid écossais sur le cuir d'un fauteuil, le lustre imposant. Le molosse préféré du Maître des lieux vient me saluer, me humant avant de s'étirer plus loin et de s'ébrouer, tiré de sa sieste de fin d'après-midi.
Rhadamanthys me rejoint devant l'âtre ronronnant, ouvrant un bras pour me prendre contre lui. Il porte un denim sombre, chemise bleue sous un pull laine beige. Un instant, il fourre son nez dans mes cheveux et en soupire de bonheur.
"J'aime tes terres."
Il sourit dans mes cheveux.
"Elles sont authentiques. Comme toi."
"Tes mots..." murmure-t-il, épris.
Nous soupons sur un bout de la vaste table.
"Où que je regarde, j'y vois le jeune homme de bonne famille..."
Il rit. "Le garnement !..." amusé.
"Je l'imagine allongé, bouquinant, sur le sofa. Assis sur l'escalier en train d'enfiler ses bottes. Jouant avec le molosse devant l'âtre."
"Tu l'imagines bien."
"Et je me dis que j'ai une chance folle de côtoyer l'homme qu'il est devenu." main rejoignant la sienne.
Le regard se pare d'envie. Il embrasse le dos de ma main, gentleman.
Après le souper, nous voici dans les bras l'un de l'autre, sur le sofa cuir, confortablement installés parmi les coussins qui le garnissent. Rhadamanthys déguste son scotch - une tradition à laquelle il ne dérogerait pour rien au monde, même en tant que Spectre.
"Notre chien s'appelait Hell." se rappelle-t-il.
Je ris. "Quel hasard !..."
"En effet." portant le verre à ses lèvres pleines. "Il portait bien son nom. Il était implacable. Un pisteur terrible. Mort en pleine gloire, sans laisser de descendant. Quelle tristesse."
"Tu n'as pas l'intention de nous faire le même coup, n'est-ce pas ?..." plus légère.
Il rit. "Le fait est que... je suis déjà mort." susurré à mon oreille comme un secret de polichinelle.
"Je peux poser une question ?..." levant la main pour caresser son torse sur le pull doux.
"Hmm mmm." ayant déjà pratiquement deviné de quoi il va s'agir - oui, c'est qu'il est drôlement fin lorsqu'il s'y met !...
"Pour ce qui est de la descendance..."
Je devine son sourire.
"Oui ?..."
"Je t'en ferai bien, moi, plusieurs petits Rhadamanthys." sérieuse.
"Je suis certain que Valentine se ferait un plaisir de garder tout cette joyeuse marmaille !..." amusé par l'évocation de nos projets.
"Tu ne m'as jamais dit si c'était possible... pas plus que Minos et Aiacos."
"Disons que les règles ne sont pas totalement les mêmes que pour le genre humain."
"Ah ?..." curieuse.
"Il ne t'arrivera rien, Princesse, sans qu'aucun d'entre nous ne l'ait décidé, fermement."
"Juste par curiosité, tu trouves cette idée comment ?..."
"Dans la veine de tes idées de mariage." doux, venant se saisir délicatement de ma main pour en embrasser les contours, souriant.
Il ramène une jambe sur le sofa pour m'y rendre prisonnière, terminant son verre avant de venir fureter dans mon cou, tendre mais joueur. Je sens que son humeur va bientôt nous diriger vers la chambre... Je me dégage, m'étirant une fois debout, sitôt rejointe par une Wyverne plaquée dans mon dos, m'embrassant sur la joue avant de s'éloigner, regard malicieux.
Sans trop en donner l'air, nous regagnons la chambre, par ce jeu de regards volés et de sourires envisagés. Nos mains s'étreignent un moment pour se relâcher l'instant d'après.
L'entrée dans la chambre apprêtée se fait au calme. Le lit borde une fenêtre, encadrée de boiseries sombres. En tête de lit trône le général britannique d'une guerre passée. Sur le meuble longeant la fenêtre, un taureau d'airain dresse fièrement sa silhouette massive. Sur les taies et le draps sont représentés brides et étriers dans des tons masculins. Une lourde couverture en laine se trouve en pied de lit. La salle de bains est attenante, ce qui est rudement pratique !...
Le voyage m'a quelque peu fatiguée et je m'allonge un instant.
La silhouette haute de Rhadamanthys me surplombe, souriant.
"En voilà une belle épuisée !..." se moque-t-il. Je lui balance un coussin à la tête, qu'il rattrape.
Puis il ouvre ma valise et déniche ma nuisette et peignoir assorti qu'il prépare soigneusement. Il dégote également ma trousse de toilette.
"Tu fouilles dans mes affaires, Wyverne ?..."
"Shhh !..." index barrant ses propres lèvres.
Oh, lui... il a une idée en tête !...
Il revient à moi et me déchausse : une botte après l'autre, patiemment. Puis il me redresse, retirant mon pull comme il le ferait avec une poupée. Je frissonne car l'air de la chambre est frais. Il retire mon caraco dentelle et pince ses lèvres devant mes dessous colorés en fine dentelle. Me surplombant, il retire l'attache et retire le soutien-gorge, une bretelle après l'autre. Il s'empresse de me faire enfiler ma nuisette et recouvre mes épaules au moyen du peignoir. Il est ainsi libre de s'occuper de ma jupe en laine marron, qu'il retire, puis le collant et le slip assorti. Ouvrant les draps, il m'y installe, me recouvrant de la couverture laine. Il plie soigneusement mes effets et les place sur la valise fermée.
"Hmm... merci, mon Prince."
"Dors."
"Non. Je veux te voir te déshabiller..."
"Oh, ce n'est que ça ?..." amusé.
Il retire son pull qu'il place sur un dossier de chaise puis déboutonne sa chemise qu'il quitte. Installé sur une chaise, il retire ses chaussures et fait ensuite glisser son pantalon ouvert le long de ses jambes musclées.
"Tu es beau, mon Prince..." émerveillée comme au premier jour.
Il me sourit puis retire son caleçon sombre. Je note qu'il en est à moitié dressé et en souris.
Il enfile un caleçon plus confortable pour la nuit et file dans la salle de bains pour une toilette rapide ainsi qu'un brossage de dents. Je l'y rejoins pour les mêmes raisons puis nous regagnons le lit, lui calé dans mon dos, me serrant d'un bras contre lui, communiquant sa chaleur extraordinaire. "Hmm... chaud et grand Dragon..."
Ventes aux enchères équines. Acquéreurs installés dans les gradins, chevaux qui défilent à la longe. La vente est très rapide mais je sais que Monsieur de la Wyverne a l'œil pour les moindres détails. Il jette son dévolu sur un magnifique étalon. Les sommes atteignent rapidement des sommets et plusieurs propriétaires de haras se battent mais Rhadamanthys a le dernier mot, concluant la vente. Les propriétaires de haras vont jusqu'à harceler la Wyverne, lui faisant des offres considérables mais aucun de ces pauvres humains n'est capable de faire céder le Spectre qui les toise de haut avec tout le dédain nécessaire.
Nous récupérons, après de nombreuses démarches dont Rhadamanthys est coutumier, l'étalon aux écuries. Il est magnifique. Son pas est ample. Il est régulier sur ses aplombs. Encolure de cygne. Sa robe baie brille comme si elle avait été lustrée.
Nous le faisons grimper dans le van attelé à la Maserati. J'en prends une photographie que j'envoie à Valentine. Ce dernier me répond l'instant d'après avec enthousiasme.
"Magnifique, Monsieur, vraiment." déclare le palefrenier qui remplace Valentine.
"Nous le ferons saillir avec la jument Terres d'Ocre. Qu'en pensez-vous ?..."
"Oh, le résultat sera tout à fait exceptionnel, Monsieur !..."
Journée d'excursion dans plusieurs villages typiques de la région des Cotswolds - Gloucestershire, Oxfordshire. Arrêtés dans une petite auberge familial au cadre chaleureux, au sein d'un cottage historique.
Je porte un pull long à large col roulé ample sous lequel je fais glisser mes mains pour venir le monter jusqu'au menton, ronronnant presque de douceur, sous l'œil amusé d'une Wyverne attendrie. L'or de son iris vient de se parer de ce voile trouble que je connais bien à présent.
"Envie de moi ?..."
"Terriblement."
"Tout à l'heure. Ou dans la voiture au retour, si ta patience est mise à trop rude épreuve..."
Petit rire. "Tu lis dans mes pensées."
Mon portable annonce un message.
"Ah !... Valentine !..."
"Tiens donc !... notre Harpie est dotée d'antennes !..."
"Je suis sûre qu'il passe du bon temps en bord d'océan."
Valentine prenait le frais. Il adorait l'ambiance humide de cette océan grognant sous le vent. Enroulé dans un pull chaud sous la doudoune offerte par Rhadamanthys, il fixait les vagues qui redoublaient sous l'effet des bourrasques soufflantes. Encore deux petits jours et il retournerait sur Paris. Son Maître devrait l'y rejoindre en fin de semaine.
La Maserati roule à allure respectable le long des vastes espaces boisés.
Mon regard coule sur le corps superbe de mon Prince ; il le sent et en sourit.
"Oui ?..."
"Oui."
"Serait-ce ta patience qui se trouve être mise à trop rude épreuve ?..."
"Arrête toi."
Il prend un chemin forestier désert.
Sitôt à l'arrêt et son siège reculé, je viens le chevaucher, observant ses traits si particuliers, laissant courir un doigt curieux tout le long du monosourcil blond.
"Ça... c'est juste magnifique."
Il en sourit, mains encore sages sur mes hanches.
"Ce que je peux t'aimer, Wyverne..." soupirant de délice en parcourant ses traits masculins. Puis je laisse mes lèvres prendre le relais : front, sourcil, paupières, joues, nez, tout en effleurements subtils, et enfin bouche. Là, tout dérape. Les sons qu'il laisse entendre au moment où nos langues se saluent dans une danse torride sont tout bonnement délicieux d'érotisme. Je soulève son pull et sa chemise pour gagner son torse chaud avec un soupir bienheureux, venant lui mordiller la lèvre inférieure. Ses mains larges circulent dans mon dos, sous mon pull, avec un délice qui se lit sur ses traits ; bouche entrouverte, paupières mi-closes, soupirs doux.
"Ta peau..." soufflé.
Je souris, reprenant sa bouche dans un baiser aussi vif que bref : "Tes écailles..."
Il rit puis reprend un air sérieux, feu terrible dansant au fond des prunelles : "Do me..." avec ce timbre bien plus profond qu'à l'ordinaire, sur une voix déjà lourde, faisant tourner la tête.
Il me rend folle lorsqu'il exprime ainsi ses souhaits et ses désirs.
Je soulève d'autant plus son pull, le lui retirant, partageant un nouveau baiser tout en ouvrant les boutons de sa chemise. Il frémit d'anticipation, relevant les bords de mon pull pour me le retirer, caraco compris, bataillant un instant avec l'attache du soutien gorge. Je l'y aide d'une main. "Tu manques d'exercice, Wyverne..." taquine.
"Je suppose que Minos s'en sort mieux que moi ?..."
"Oui."
"Peste !..." grogné avec tendresse, jaloux.
Le baiser reprend, de plus en plus chaud, nous arrachant toute sorte de geignements indécents, corps incendiés de voluptés.
Je pose le regard sur son entrejambe renflée, m'en pinçant la lèvre de délice. Une caresse osée sur le tissu épais lui arrache un geignement marqué.
"Laisse éclater ton désir."
Il ouvre la ceinture cuir et se déboutonne avec soulagement, s'offrant le leste voulu pour laisser tout son désir s'exprimer.
Je tire l'élastique large du caleçon pour entrevoir l'extrémité vibrante de vitalité, sur un sourire doux. Puis j'y glisse les doigts, le faisant tressaillir sur un son vif. Quelques caresses. Douce.
Il m'attire totalement contre lui, savourant la douceur de mes seins contre sa peau, en palpitant de délice entre mes doigts. Nos bouches se cherchent, se trouvant sur des sons indécents. Puis je soulève le bassin pour le prendre en moi jusqu'à la garde, lui faisant lever haut le menton sur un geignement profond. Lentement, aller et venir, nous arrachant une panoplie d'appréciations impudiques, mains reposant à plat sur les abdominaux marqués.
"Wyverne..."
"Haaaan... Léviathan..."
Tout en bas est chaud et moite, source d'un plaisir fou !... et qui m'oblige à balancer de plus en plus rapidement, folle de lui, offerte aux sensations qui enflent.
Rhadamanthys grogne sous moi, laissant passer un râle vibrant au moment de se rendre, sans rien en laisser. Je m'affaisse contre lui, pantelante et souriante. Il caresse mes cheveux dans un mouvement aussi doux que répétitif, regard tendre, sourire sincère.
Rhadamanthys a dû s'absenter une matinée pour de la paperasse - démarche ô combien banale pour un Juge.
Il revient avec un gros paquet sous le bras : deux pulls bleu marine ornés de dentelle dans le dos - la dentelle portée élégamment par une femme rend ce Juge complètement fou !... Un autre avec nœud et des boutons pailletés toujours dans le dos et une robe noire avec manches et dos dentelle - quand je vous disais que la dentelle lui plaît... notamment la dentelle noire !... et je ne parle même pas de l'effet que provoque chez lui de la dentelle noire portée en guise de sous-vêtements !... l'ayant compris, je m'arrange pour en porter à chacune de nos entrevues !... il en perd la tête chaque fois !...
Dans la prison, un Or rongeait son frein, mis à mal par la détention prolongée. Son cerveau réfléchissait à la façon dont il pourrait s'évader. Il haïssait les barreaux et ceux des Enfers étaient malheureusement connus pour leur solidité !... Le secours lui vint d'un Saint qu'il avait combattu jadis alors qu'il servait dans les rangs de l'Empereur des Mers.
Le cosmos de ce Saint était brûlant ; un brasier superbe !... Le Phoenix.
Aiacos, rentré justement du bureau à pieds, nous aide à décharger la Maserati.
"Vous avez bonnes mines, tous les deux. Ça vous réussit, d'aller patauger dans la boue." taquin.
Rhadamanthys soupire devant la remarque.
"Les bains de boue sont excellents pour la peau, tu ne savais pas ?..." dis-je, saisissant la balle au bond.
"Il faudra que j'évalue personnellement la douceur de la tienne pour en approuver les résultats."
Ooooh, ça, c'est une proposition dans les règles ou je ne m'y connais pas !... j'en souris au roi de Karura.
"Au lieu de dire des absurdités, Cos, bouge du trottoir." le bousculant sagement.
"Apparemment la boue ne semble pas agir sur l'humeur..." tirant la langue à la Wyverne. Il est adorable !...
Rhadamanthys a saisi nos regards - il faut dire que nous sommes tout sauf discrets. Il en sourit avec Valentine.
"Ne vous sautez pas tout de suite dessus." lance-t-il, goguenard.
"Penses-tu !... nous savons nous tenir." avec un regard d'autant plus chaud, sirotant son verre de coca à la paille.
Je ramène mes cheveux sur le devant, accrochant d'autant plus son regard, me penchant pour récupérer mon verre sur la table basse. Garuda en baisse les paupières à moitié, signe manifeste de son désir qui lui ronge le corps.
"Maître ?... pourrais-je vous voir un instant ?..."
Rhadamanthys fixe Valentine, haussant les épaules. "A ta guise."
Ils quittent la pièce pour la cuisine.
J'en souris à Aiacos : "Nous leur devenons insupportables."
"Qu'ils aillent au diable !..." me répond le Garuda, féroce.
Entrée fracassante dans mon espace de travail - une entrée comme seul un Garuda est capable d'en faire, tombant doudoune kaki à col fourrure qu'il suspend rapidement au porte-manteau, portant sweet Boss, jeans sombre, tennis et ceinture à grosse boucle argent. A son poignet droit : bracelet perles bois avec têtes d'oiseaux en argent, assorti d'un beau bracelet de force cuir marron. Au gauche, montre Breitling. Il s'installe à côté de moi, sur une chaise à roulettes, faisant planer son eau de toilette dans la pièce. Je m'en régale.
"Help !... panne informatique et je dois envoyer trois messages urgents."
Je lui cède la place.
La Wyverne s'appuie contre l'ébrasement de porte : "J'ai appelé le dépanneur, Cos."
"Merci, Dada."
"Je déteste ce surnom."
Le Garuda en sourit d'autant plus qu'il fait bisquer la Wyverne.
"Insupportable volatile." grogne la Wyverne avant de quitter le terrain.
Le Garuda tapote à toute vitesse sur mon clavier, absorbé par un nouveau projet.
"Et on te plante là ? sans te proposer le moindre café ?..." intervient la voix posée de Minos.
"Comme tu vois..."
"C'est d'une incivilité criante !..." s'insurge Minos, mains levées sur des doigts crispés. "Messieurs, vous êtes tout bonnement de véritables goujats."
Je me lève, soulevant quelques mèches du front d'Aiacos pour y déposer un baiser doux.
"Et c'est le cadet qui récolte le baiser. Injustice totale." peste Minos.
Nous nous retrouvons en salle de repos.
"Tu ne m'as encore rien dit de votre trip anglais..."
Je lui souris : "Que dire ?..."
"Oh, je vois... mais vous avez bien dû quitter la chambre à un moment ou à un autre, non ?..." curieux.
"Minos, mêle-toi de tes affaires !..." aboie la Wyverne depuis son bureau ouvert.
"Je me renseigne, simplement, Rhada, en vue de l'élargissement de mon panel culturel."
"Cul... turel !..." lance Aiacos, amusé, depuis mon bureau.
"Ha ha ha !" rire forcé "... elle est vraiment bas de gamme, celle-ci, Garuda !..."
Mais Aiacos se marre d'autant.
Ils sont vraiment dans une forme olympique !...
Minos replia son aile. Elle l'attendait toujours, calmement installée sur son fauteuil de bureau devant ses ouvrages ouverts. Alors que Minos s'apprêtait à entamer sa cour, le volet et la vitre se brisèrent pour laisser entrer un Spectre connu sous le nom de Kagaho du Bénou.
"Et pendant que tu perds ton temps, Minos, notre prisonnier nous échappe !"
Minos leva un sourcil. "Un autre ton, je te prie, Bénou."
"Vu à quoi les Juges de notre Seigneur sont occupés, un autre ton que celui-ci me semble inapproprié." plein de rage, sourire cynique.
La jeune femme fut immédiatement impressionnée par la puissance et l'agressivité du Spectre. Ce dernier, par contre, ne la calculait absolument pas.
Minos fut profondément agacé par l'apparition de Kagaho. Ce dernier se régalait d'interrompre ainsi les occupations du Juge.
Rhadamanthys reçoit un appel urgent de Minos : Kanon des Gémeaux se serait évadé avec l'aide d'un Saint de Bronze. La Wyverne serre la mâchoire. "Gémeau... tu parles ! une véritable anguille !..."
Un conseil de guerre allait s'imposer aux Enfers, présidé par sa Seigneurie Hadès.
"Mes chers Spectres..."
J'adore les phrasés du dieu des Enfers !...
"... comme vous le savez, notre prisonnier a trouvé de moyen de tromper notre vigilance, aidé en cela par un Bronze dont la réputation n'est plus à nommer."
"Votre Grandeur ?..." intervient Kagaho.
"Oui, Kagaho ?..."
"Si vos Juges s'occupaient un peu plus sérieusement de leurs fonctions premières, nous n'en serions pas là."
Rhadamanthys serre le poing, prêt à le fracasser sur cet individu à la langue bien trop agile !...
"Nos fonctions premières sont celles de juger les âmes, mon cher Kagaho. Non de surveiller les détenus de guerre." grogne Rhadamanthys.
"Vous avez d'étranges façons de traiter vos affaires. Notamment Minos."
Le Griffon serre les dents. "Je tentais de gagner une âme à notre cause."
"Il suffit, Messieurs !" gronda Hadès. "Cet Or doit être retrouvé sous peine de livrer des informations capitales concernant la gestion de nos prisons. Faites donc ce qu'il faut."
"Avez-vous entendu, Messieurs les Juges ?" les provoque encore le Spectre du Bénou.
"On n'est pas sourds !..." grogne à son tour Aiacos.
"Laisse, Aiacos. Monsieur croit tout mieux savoir que tout le monde."
"Votre incompétence est flagrante."
"Répète un peu !..." poing levé, prêt à en découdre.
"Rhadamanthys !" intervient la voix de Pandora.
Le Juge se retourne et ploie à nouveau le genou.
"Quant à toi, Bénou, à ton poste."
"Je ne reçois des ordres que de Hadès."
"Pandora Sama, permettez que je lui règle son compte."
"Il suffit, Rhadamanthys."
Le Bénou tourne le dos à la troupe. "Je retrouverai cet Or et le ramènerai, mort ou vif, aux pieds de notre Seigneur."
"Tu parles beaucoup au lieu d'agir, je trouve." lui lance Rhadamanthys, rageur.
Sur un battement d'ailes, le Bénou quitte la scène.
"Il est insupportable !..." grince Aiacos.
En Grèce, pendant ce temps, Athéna se tenait au chevet de Kanon.
Le Saint des Gémeaux n'avait qu'une idée en tête : se venger.
"Ce n'est pas la bonne solution, Kanon."
Déesse de la Guerre ? tu parles !...
"On voit que ce n'est pas vous qui vous êtes pris des coups !..."
"Un autre ton avec notre déesse, je te prie !" s'insurgea immédiatement Shion du Bélier.
"Oh toi, le lèche-bottes hein !..."
"Comment ?!"
"Du calme, Shion." puis se tournant vers le Saint rebelle. "Je suis sincèrement navrée de ce que tu as enduré, Kanon."
"Ça me fait une belle jambe, Athéna !..." en crispant un visage douloureux. "Je savais qu'il fallait que je bosse en freelance." pour lui-même, à haute et intelligible voix.
"Silence, impertinent !"
"Shion, tu me fatigues alors la ferme !..."
"Je pense que nous allons te laisser prendre du repos." amena Athéna.
"C'est ça. C'est exactement ça."
"Il ne fait aucun doute que notre Or se trouve actuellement au Sanctuaire." dit Minos, sûr de son fait.
"Certes. Et bien entouré."
"Rhadamanthys ? tu n'as pas l'air de cet avis..."
"Si, si, bien sûr. Cependant... la partie adverse ne devrait pas le considérer comme voué à sa cause."
"Je vois... un déserteur."
"Un électron libre. Et qui frappe fort." passant la main sur certains coups reçus qui demeurent douloureux.
"Je ne l'apprécie guère, Maître." signale Valentine.
"Je n'ai jamais dit que je l'appréciais, Valentine. Je me penche simplement sur la possibilité d'en faire un atout."
"Qu'importe. Je ne lui ferai pas confiance à votre place."
Rhadamanthys claque de la langue, visiblement agacé.
"A ta place, Valentine, je n'ajouterai pas un mot de plus." glisse subtilement Minos.
Kanon s'était enfin remis - merci au cosmos !... Et il avait quitté la Grèce. Il ne fallait pas se leurrer : Kanon aussi recherchait un maître à sa hauteur !... et Rhadamanthys l'avait distinctement senti durant leurs échanges.
La vie parisienne avait repris son cours.
Dans le RER bondé de la ligne A, une certaine étudiante regagnait son quartier. Debout entre plusieurs individus, son dos heurta un moment celui du jeune homme derrière elle.
"Pardon !..."
"Ce n'est rien."
Elle se retourna encore une fois, trouvant ce garçon absolument charmant !... en outre, il lui semblait qu'il dégageait une aura particulière.
Il était tard et elle consultait sa montre toutes les minutes. Il apparut, enfin !...
"Je me languissais."
"Allons." rit Minos.
"J'ai... fait une rencontre aujourd'hui. Dans le RER."
"Voyez-vous cela..."
"Il dégageait quelque chose de particulier..."
"Je le sais, je vous ai vus."
"Par... pardon ?"
"Rien ne m'est caché et je lis dans votre âme aussi aisément que dans un livre ouvert."
Elle rougit, violemment.
"Le garçon que vous avez croisé n'est autre qu'une âme qui cherche aussi sa route."
"Vraiment ? oh, quelle surprise !..."
"Il est étrange de voir de quelle manière les âmes se lient." s'amusait Minos.
"Comment s'appelle-t-il ? où habite-t-il ?..."
"T-t-t-t-t !" posant un index sur les lèvres curieuses. "Nous lui ferons bientôt une proposition qu'il ne pourra refuser. Quant à vous, l'heure est venue. Mon Maître s'impatiente de vous voir."
"Vrai... vraiment ?..." entre joie et angoisse sourde.
"Oui. Terminez votre journal. J'y apposerai le nom de celui de qui dépend désormais votre sort."
Elle se retourna et acheva l'entrée du jour par ces quelques mots : Je m'en vais. Ailleurs. Je ne vous dis pas à bientôt car je n'en reviendrai pas. Adieu. Signé : Solène. Hadès, rajouté à la plume par Minos.
