Encore du chaud, bien chaud ! XDDDD Foutus mecs ! XD
Chapitre 31 : Casino Spectral
La vitre se brise en morceaux et le Spectre du Bénou pose pieds au sol dans une envolée de puissance phénoménale. Rhadamanthys jure : "Bordel, tu as de la chance qu'il n'y ait plus aucun employé présent !"
"Peuh ! pourquoi se cacher ? c'est bon pour les lâches. N'est-ce pas Richard, Sindre et Suikyô ? car ce sont bien là vos véritables prénoms." lance le Spectre avec mépris. "De toi, je ne parle même pas." me fixant, ricanant.
"Abrège !" s'énerve Aiacos.
"J'ai retrouvé trace de l'Or."
"Félicitations." ironise Minos en tapant des mains.
"Je ramènerai sa tête à notre Seigneur. Vous voici devancés, Messieurs."
"Bravo. Simplement un détail : notre Seigneur apprécierait d'avoir l'Or vivant. Or, je doute que tu sois capable de te contrôler, Kagaho." lance posément Aiacos.
Le Bénou grimace. "Je ne vois absolument pas l'intérêt de laisser en vie nos adversaires."
"Évidemment, cette forme de subtilité t'échappe." le charge Rhadamanthys.
Un poing violent fracasse la table basse en deux.
"Un peu de respect pour le mobilier, je te prie, Bénou !"
"Allez tous au diable !" en s'en allant sur un battement d'ailes qui fait voler toutes les feuilles, nous laissant au centre comme des idiots.
"Puis-je ?... il est propre insupportable." annonce Minos, croisant les bras. Ses cheveux volent encore autour de lui suite au souffle laissé derrière lui par le Bénou.
"Je n'aurai aucun scrupule à le fracasser." grogne Aiacos.
"Suikyô, uh ?..." dis-je.
Aiacos éclate de rire. "Par Hadès, Léviathan ! c'est tout ce que tu as retenu de la visite de notre cher Bénou ?"
Aiacos apparaît dans l'ébrasement de la porte, habillé casual, classe : "Tu viens, Valentine ?"
Rhadamanthys se redresse de son jeu de billard : "Dis donc, Garuda ? c'est quoi ces façons de dévergonder Valentine ?"
"Dévergonder ? ah parce que tu penses qu'à son âge on a envie de passer de la table de billard au piano de cuisine, toi ? Il faut sérieusement élargir son environnement."
"Aiacos Sama !..." clapit Valentine, gêné.
"Non, Valentine. Il faut te faire respecter !..."
"Et on peut compter sur toi pour ce faire, hmm ?" ricane la Wyverne.
"Absolument ! Ce soir, c'est repas sur le pouce et sortie en boîte."
Valentine marche lentement vers Aiacos, tâchant d'ignorer le regard narquois de son Maître.
"Indigestion et surdité assurées."
"RHADA !" grogne le Garuda. "Ne l'écoute pas, Val." ferme.
"Maître... souhaitez-vous que je reste ?..."
"Sauve toi, Valentine." avec un petit sourire.
"Merci, Maître."
"Valentine, cesse de lui demander son avis, merde !..." s'énerve Aiacos, tendant sa veste à la Harpie.
Rhadamanthys les suit du regard encore un moment avant de retourner à son jeu. Minos étant également de sortie, la Wyverne se retrouve seule et pour un natif du Scorpion, ceci est insupportable. Il compose mon numéro.
"Hmm ?... seul ?..."
"Bien vu."
"Programme ?..."
"Aucune idée."
"Menteur."
Sourire en ligne.
"Tu as envie de sortir ?..." un bruit non identifié lui crie dans l'oreille. "Qu'est-ce que ?..."
"Ah, c'est rien, c'est le batteur. Je pâtisse là."
"Tu pâtisses ? A 22 heures ?..."
"Une activité comme une autre."
"Tu as de la place pour une Wyverne dans ta cuisine, Princesse ?"
"Tu ne prends pas trop de place en général, mon Beau. Viens quand tu veux."
"Okay, je termine ma partie et j'arrive."
Le clé tourne dans la serrure - oui, Monsieur de la Wyverne a le double de mes clés d'appartement ! - et le voici qui apparaît alors que j'enfourne mon cake au citron.
Détendu, il pose le trousseau de clés sur la commode de l'entrée ainsi que son smartphone, puis retire sa veste en peau retournée qu'il place sur un cintre.
Son entrée en cuisine est discrète et il me vole un baiser, placé dans mon dos, me surplombant de toute sa hauteur.
"Tu comptes emmener cette petite merveille au bureau ?..."
"Bien sûr. Je vois déjà les yeux brillants de notre cher Garuda !..."
Pendant que le cake montait, nous avons regardé un film, tout en nous cajolant. Il est évidemment resté pour la nuit.
"Je dépose le dossier pour ce soir sur ton bureau, Rhad' !... signé 'bon pour accord' par notre larve financière."
Ce soir, c'est sortie casino. Lieu choisi par Minos : Cercle Clichy-Montmartre.
Ces Messieurs débarquent tous en costumes, Valentine compris. J'y note Armani, Boss, Zegna et Valentino. Pour ma part, c'est petite robe noir aux manches transparentes.
Rhadamanthys ne perd pas de temps et s'installe à une table de jeux, flanqué de Valentine.
Minos tente sa chance sur quelques machines à sous et nous l'accompagnons, Aiacos et moi-même. Le Griffon remporte l'équivalent de sa mise.
"A ton tour, Garuda. Décroche nous le Jack Pot !..."
Garuda s'installe tout à son aise et lance la machine. Il lui faut peu de temps pour remporter une somme considérable. C'est très amusant à voir, il semble communier littéralement avec la machine.
"Heureux aux jeux..." souffle Minos.
"Ce dicton ne tient guère la route." déclare Aiacos.
Le Griffon va tenter sa chance un peu plus loin.
J'en profite pour enlacer Aiacos, placée dans son dos.
"Hmm... ça... ça va me porter chance." lance le Garuda, main courant sur mes avant-bras fermés sur lui. En effet, le pactole tombe : impressionnant.
Je note que notre Garuda se fait reluquer par plusieurs filles - intéressées sans doute par ses talents aux jeux. "Que de succès..." murmuré à son oreille attentive.
"Il n'y en a qu'une que je veux, ce soir." sans quitter l'écran des yeux, petit sourire flottant sur les lèvres.
L'une d'elles tente malgré tout sa chance. "J'ai bien vu que tu étais accompagné mais..."
"Je suis accompagné, en effet, et elle dispose d'une chose que tu te vois définitivement incapable d'offrir." me plaçant à ses côtés, passant un bras possessif autour de ma taille, posant le menton sur mon épaule, regard braqué sur la fille.
L'intéressée pose ses mains sur sa taille, air de défi sur le visage : "Ah oui ? quoi ?"
"Sa nature spectrale."
J'en frémis en l'entendant évoquer ceci sans le moindre détour. J'ose à peine m'enquérir du regard que lui porte le Juge et qui doit être terriblement méprisant.
"T'es frappé, mon pauvre type !..." s'agace la fille, lui rendant mépris pour mépris.
"Nous nous reverrons d'ici trois ans. Tu me confirmeras à ce moment-là si je suis frappé ou non."
Elle soupire et tourne les talons. Elle mourra d'ici trois petites années et se présentera, en âme damnée, devant le puissant Juge de Garuda.
J'embrasse Aiacos sur la joue. "Tu es terrible, Juge."
"Elle m'a tapé sur le système." frappant le tableau lumineux après avoir manqué sa mise. "En faisant s'envoler ma chance, en prime !... j'aurai dû emmener ma dent de squale !... elle me fait toujours passer de bonnes journées lorsque je la porte."
"Voyez-vous cela... nous tenons là un Juge superstitieux !..." amusée, m'installant à la machine d'à côté, actionnant le mécanisme.
"Ce n'est pas incompatible, tu sais."
"Je le constate, en effet."
Je fais chou blanc, riant de ma défaite. "J'ai toujours été mauvaise aux jeux."
"Un verre ?..."
"Volontiers."
Nous nous dirigeons vers le bar. Minos se joint à nous.
"Je n'ai récupéré que ma mise de départ." annonce le Griffon.
Depuis le bar, nous avons vue sur Valentine et Rhadamanthys. Apparemment, le britannique tient le cap en se défendant à la roulette.
Aiacos vient fureter dans mon cou dégagé, sous l'œil averti du Griffon.
"Oiseau impatient." tombe l'aîné.
Le concerné lève des yeux terribles sur le Griffon. "Je la veux pour moi seul, cette nuit."
"Oh, mais tu l'auras !... j'ai à faire de toute manière. Et il semble que Valentine ait jeté son dévolu sur..."
Le Garuda le coupe : "Quand bien même vous la voudriez tous les deux, je vous en garderai bien."
"D'humeur à chamaillerie, ô grand Garuda ?..." amusé par la rage possessive qui anime le cadet. "Cela me rappelle la fois où tu as jeté ton dévolu sur Rune." triturant le support de la carte de ses doigts fins de marionnettiste. "Et que tu l'as gâté, en pleine audience, derrière une tenture de fenêtre."
"Quelle mémoire, Griffon !... j'avoue avoir été comblé par les sons échappant à cet être né pour honorer le silence. Par Hadès, oui !..." regard brillant de perversité.
"Hmm... j'ai dû lever l'audience à cause de vos égarements. Canaille à plumes."
Je me régale de leur échange.
"Fais attention à toi. Il semblerait que notre Garuda soit en très grande forme." m'avertit Minos.
"Tant mieux."
Le pouce du Garuda glisse le long de me lèvres. "Voyons... que vais-je leur arracher, à celles-ci ?... quelque chose de profondément indécent, j'ose espérer."
Nous brûlons littéralement l'un pour l'autre ; Minos peut le ressentir jusque dans ses reins.
"Je vous conseille vivement de vous sauver avant qu'il ne me prenne l'envie irrésistible de me joindre à vous." Son regard bascule sur Rhadamanthys et Valentine. "Je m'occupe de ces deux-là. Décampez." presque tendre.
Aiacos me prend par la main et c'est d'un pas décidé et vif que nous quittons les lieux, désir chevillé aux corps.
Le taxi nous ramène jusqu'à mon appartement. Durant le trajet, le Garuda n'a aucun geste envers moi, se contentant d'observer les lumières artificielles de la ville par la vitre.
"Rune, uh ?..."
Il revient à moi. "J'avoue que ça a été un des grands régals de ma vie de Spectre. Tu aurais dû entendre les sons qui lui échappaient tour à tour..."
Ce regard... terrible !... J'ai envie de lui comme jamais ! D'autant plus qu'il montre là son véritable visage : un être déterminé, au pouvoir dévastateur, comme l'est son symbole tutélaire.
"Dis m'en encore..."
Le sourire vient se joindre à la perversité déjà flagrante du regard. "Minos a été forcé d'interrompre son audience tant son Procureur geignait sous mon assaut."
"Je veux que tu me fasses crier, Garuda."
"Chose entendue."
Nous voici arrivés. Je cherche les clés en tremblant, ce qui le fait d'autant plus sourire.
"Laisse." me subtilisant les clés pour prendre les opérations en main.
Il choisit l'escalier et je me tiens à son bras pour retirer mes escarpins et les tenir d'une main afin de gravir les marches.
Je stoppe au milieu des marches, me pinçant les lèvres.
"Eh bien ?..."
"Je te rêve en robe de Juge, Aiacos."
"Hmm mmm. Et que j'agisse exactement avec toi comme je l'ai jadis fait avec Rune, n'est-ce pas ?..."
Je pose la main sur mon bas-ventre remué. "Kr̥payā." (*)
Il tend la main, sourire entendu. Je l'attrape et nous terminons la montée dans un silence annonciateur d'une belle tornade.
Devant la porte, il ouvre la serrure et m'invite à le devancer. La porte se referme sur un Juge des Enfers en surplis et robe qu'il a revêtus dans un éclat de cosmos sombre. J'entrouvre la bouche tant il est magnifique, ses cheveux sombres épais cascadant sur les ornements or et vermeil de la robe.
Il me fait avancer jusqu'à la table de bar à laquelle je m'accoude et soulève le pan arrière de ma robe, y faisant glisser une main aventureuse, m'invitant à écarter les jambes, main libre reposant sur un de mes poignets. Ses doigts effleurent, rendant hommage à ce qu'ils rencontrent, glissant dans le slip avec dextérité. Mes sons sont déjà terriblement lourds et je cherche, en vain, à les retenir entre mes lèvres closes. Hélas, les sensations enflent vite pour devenir intenables, ce qui fait sourire le Garuda qui me visite à présent sans la moindre gêne, émoi flagrant sous le surplis.
"Rune... semble... plus doué que moi... à ce jeu-là..."
"Assurément." savourant l'humidité qu'il appelle et recueille. "Mais tu partais perdante." ramenant ses doigts à sa bouche pour les savourer, regard planté dans le mien.
Je vais pour l'embrasser mais il me plaque ventre contre la table.
"T-t-t-t ! je n'en ai pas terminé."
"Cos..." suppliante, ne tenant presque plus sur mes jambes, appuis flageolants. "You... sexy... bastard..." serrant les poings, me doutant fortement de ce qu'il a en tête. Sans attendre, ses doigts reviennent pour aller plus loin dans le délit, avec de délicieux mouvements. Mes sons enflent dans la pièce sans que je ne puisse m'en empêcher.
Le Garuda vient mordiller mon épaule, y laissant sa marque.
"Ooooh... ooooh..." tête dodelinant au gré des sensations humides.
"Dirait-on que tu vas céder..."
Mes hanches, à présent, me font balancer le long des doigts impudiques.
"Je ne... je ne vais... haaaah !..."
Il tend l'oreille, avec délice, au premier orgasme de la soirée.
Pantelante sur mes jambes, je reprends lentement mon souffle lorsqu'il se glisse derrière moi, entre mes jambes écart, se plaçant à la hauteur désirée, venant jouer là de sa langue, m'arrachant un nouvel éclat de voix.
"Hmm... même réaction chez notre cher Balrog..."
"Foutu... Rapace !..." serrant à nouveau les poings face à ce qui m'attend et qui s'apparente à de la torture érotique. Par Hadès, que cette putain de langue est douée !... Il le sait parfaitement et en joue !... Je jouis une seconde fois sans pouvoir me contenir. Puis encore... Peau moite, appuis bancals, respiration totalement heurtée. Le tableau lui sied.
Soulevant pan de robe et dégageant le surplis, il vient me prendre ainsi, sur un son vif, mains rejoignant les miennes alors qu'il s'enfile sur toute sa longueur, butant à la garde avec un grognement sourd.
Nos doigts se croisent sur la table tandis que j'appelle son nom. Il glisse si aisément... que sa voix ne tarde pas à enfler, emplissant la pièce de ses appels érotiques et rauques. Il n'est plus que plaisir brut, se livrant enfin dans un joli spasme qui le contracte tout entier, généreux dans ses appels autant que dans sa reddition physique.
S'il n'y avait eu que cela... avec le Garuda, les jeux sont légion... l'instant d'après, nous faisons l'amour face à face, assis sur le vaste lit. Ses traits ne cachent ni son envie ni le plaisir immense qu'il prend. Ma main parcourt son visage, s'attardant sur cette bouche entrouverte. Il est magnifique !... Nous nous appelons, nous cherchant sitôt le repos installé, puis nous jouissons de concert, regards basculés, voix habitées de plaisir. C'en est tout bonnement délicieux de joutes sans cesse renouvelées. La dernière me veut en travers du lit, tête dans le vide, pendant qu'il œuvre, tout à notre plaisir, corps avides l'un de l'autre.
Je m'en souviendrai de cette nuit, pendant longtemps...
Aiacos regagne le domicile alors que ses frères et Valentine sont attablés pour le petit déjeuner.
"Regardez-moi ça !..." s'amuse Rhadamanthys tandis que le Garuda se déchausse dans l'entrée. "Elle ne t'a pas gardé pour le petit déjeuner, mon Garuda ?..."
"Si. C'est vous qui vous levez tardivement le dimanche. De mon côté, nous avons eu le temps de déjeuner et même de refaire encore l'amour avant mon départ."
La Wyverne manque de s'étrangler tandis le cadet y va de son audace.
"Installez-vous, Aiacos Sama, je réchauffe le café." lui adresse gentiment Valentine.
Aiacos s'installe, toisant ses frères avec un sourire victorieux. Puis il s'étire. "Aaah !... nous n'avons pas arrêté !..."
"Je ne veux pas le savoir." grogne Rhadamanthys en mordant dans sa tartine.
"Vraiment ?... je dois dire qu'elle est loin d'être frileuse en amour."
"Shut up, you fucking child !..." monosourcil froncé.
Garuda ricane.
Minos claque de la langue contre le palais face à l'insulte bien sentie de Rhadamanthys.
"Et ta visite nocturne, mon cher Minos ?..."
Valentine sert une tasse bien pleine au Garuda puis regagne sa place aux côtés de Rhadamanthys.
"Eh bien, je dois dire que je m'en régale toutes les nuits davantage." touillant son café, sourire flottant sur les lèvres.
"Bien. Et vous, ça a été, votre nuit ?" lorgnant sur Valentine et Rhadamanthys, tour à tour.
Valentine pique violemment un phare, mains triturant l'étoffe de son pantalon.
"Veux-tu bien avoir l'obligeance de te mêler de tes affaires, Garuda ?!" grogne la Wyverne.
"Je me demande ce qui t'est le plus insupportable, Wyverne : ma curiosité ou le fait que j'ai passé toute la nuit avec elle..."
Le poing vient fracasser la table, manquant de la faire céder.
En ultime provocation, Aiacos avance sa main et ose une caresse sur le dos crispé du poing. "Il ne faut pas te mettre dans cet état, Wyverne, allons..."
Rhadamanthys ramène sa main et se lève, endossant son surplis sous le coup de la colère, dans un violent éclat de cosmos.
A côté de lui, Valentine est effrayé par la fureur aveugle de son maître, main sur sa poitrine battante.
"Doucement, Wyverne." siffle Minos.
Rhadamanthys se réinstalle, quittant son surplis aussi vite qu'il l'avait revêtu, attrapant sa tasse pour la porter à ses lèvres, paupières closes.
"Bien. Maintenant que les esprits sont calmés, je propose que chacun vaque à ses occupations et que demain nous nous penchions sur certains dossiers épineux." le terme, qui rappelle la fleur maudite, fait étrangement soupirer Minos.
"Il a... endossé son surplis lorsque tu as évoqué... notre nuit ?..."
"Hmm mmm. Il est vraiment piqué." s'amuse Aiacos, très fier d'avoir mis son frère dans cet état.
Je secoue la tête. Mon portable sonne : Rhadamanthys. "Quand on parle de la Wyverne..." Je décroche. "Oui ? oui, oui, pour midi. A plus, bye."
Je m'installe à table, récupérant la carte.
"La forme ?..."
"Tu as sans doute entendu parler de... mon accès de colère d'hier."
"Qu'est-ce qui te fait penser ça ?..."
"Le Garuda ne sait pas tenir sa langue."
"En effet, cela a été évoqué."
Le connaissant, il ne va guère se chercher d'excuses.
"Avec le recul, je trouve mon attitude ridicule. Mais sur le coup, oui, j'aurai pu étrangler mon adorable petit frère !..." poing serré.
"C'est... plutôt flatteur mais tu sais que je vous aime beaucoup tous les trois, même si... j'ai une nette préférence pour toi."
"Je pense que je me suis un peu emballé par rapport à... certaines idées. L'histoire a pourtant montré que tu n'étais pas faite pour cela."
Ce serait un autre que lui, je monterai sur mes grands chevaux. Mais à quoi bon ?... mes actions passées sont entièrement nues aux yeux des Juges ; je n'ai jamais su être ni une bonne épouse, ni une bonne mère.
"En effet." dois-je admettre. "Cependant, j'aimerai caresser cette illusion. Tu veux bien ?..."
"A ta guise."
"Cette idée te plaît également, avoues."
Petit sourire pour toute réponse. "Les secrets de polichinelle."
Le serveur vient prendre la commande.
En regagnant les locaux, je m'approche de Minos, installé sur le canapé de la salle de repos, bras sur le dossier, cheveux argentés courant le long de ce même dossier. Il est d'une splendeur à couper le souffle, dans ce costume trois pièces sombre taillé sur mesure par Zegna, une jambe ramenée sur l'autre !...
Mes doigts ne peuvent s'empêcher de courir le long des fils argentés qui composent sa chevelure. Il en sourit, levant le menton. Je lui offre un baiser inversé, placée dans son dos, mains de part et d'autre de son visage.
"Mmm... quel régal."
"Merci, Griffon."
La Wyverne se sert un second café.
"Ce café est tout bonnement infect, Wyverne. Comment fais-tu pour en avaler la moindre goutte ?" le questionne Minos avec une moue qui en dit long.
"Demande donc au cadet : lui aussi semble apprécier le café bas de gamme."
"Je ne vous comprends pas, décidément !... Valentine nous prépare un si bon café !..."
"Hors de question que je lui demande de nous en fournir un thermos chaque matin pour ton fin palais, Griffon." grogne Rhadamanthys.
"Bah !..."
Le Garuda arrive de la salle de sport, s'installant sur le canapé en sautant par-dessus le dossier, faisant se soulever les coussins de l'assise à l'arrivée.
Minos n'a pas bougé d'un iota. "Tu es exaspérant de vitalité, Garuda."
"Privilège de la jeunesse ?" clin d'œil.
"Oh, très amusant !..."
"Minos se plaignait de la qualité médiocre du café." amène la Wyverne.
"Minos trouve toujours de quoi se plaindre. C'est un symptôme qui a tendance à s'accentuer avec l'âge."
Minos claque de la langue contre le palais, agacé par la remarque. "L'ancien plaît encore beaucoup, je vous signale, Messieurs."
"Tu as loupé le merveilleux baiser renversé auquel l'ancien a eu droit, Garuda."
"Huhuhuhu !... le chanceux." taquin.
"Plains-toi !..." s'insurge Minos.
"Ah mais les bonnes choses, plus on y a goutté, plus on y prend goût !..."
"Visiblement, le café semble échapper à cette règle de base."
"Au fait, on a passé les DAT cette semaine."
"Ouh ! la qualité, toujours la qualité !..."
Il ne faut pas se leurrer : sous les dessous des termes inhérents au business se cachent bel et bien les dossiers des âmes à traiter.
"Qui a autant envie que moi de passer son surplis et de se rendre en terres ennemies pour en découvre avec quelques Ors ?..." lance Rhadamanthys, levant la main.
Garuda hésite puis finit par lever la main également.
Minos reste le plus "administratif" des trois compères.
"Chaque chose en son temps. Plus, je te rappelle bien aimablement, Wyverne, que si l'envie t'en prend sans consentement de notre Seigneur, c'est toi qui en prendras cher !..."
"Ah... DèDès..." dis-je, triturant une mèche de cheveux de notre bel Argenté.
Garuda éclate de rire à s'en tirer des larmes. Les deux autres sont un peu plus réservés sur la blague...
(*) "S'il te plaît" en népalais
