Un petit coup de Violate ?... et ici commence réellement l'aventure pour Lune De Neige !... par ailleurs, je vous conseille sa fic "Le Chant des Dieux" !...
Chapitre 32 : Roi de Karura
Rhadamanthys est, comme à l'ordinaire, le dernier à quitter les bureaux, s'occupant de la fermeture. Alors qu'il s'apprêtait à dégainer la télécommande visant à l'ouverture centralisée des portières de sa Maserati, il vit un Gémeau confortablement installé sur le capot du 4X4, pieds sur le lourd pare-choc.
"Dis donc, fais comme chez toi." grogna-t-il.
Kanon bondit sur ses jambes : "Il semblerait qu'un balourd appartenant à vos troupes me recherche. Alors plutôt que de céder à la facilité, j'ai préféré me jeter dans la gueule du loup. Enfin... de la Wyverne, en l'occurrence."
"Passe moi tes sarcasmes." ouvrant le véhicule. "Grimpe."
Rhadamanthys s'installa au volant tandis que Kanon prit place côté passager.
Rhadamanthys opta pour un endroit neutre : une brasserie. Ils choisirent une table à l'écart de la foule qui s'extasiait devant un match de foot.
"Bien. Une chose avant de démarrer, Kanon : je ne te porte pas mon cœur."
"Oh, tu en as un, de coeur ?"
"Vas savoir." petit sourire de la Wyverne.
Le garçon vint apporter un whisky et un martini.
"Il m'avait semblé comprendre que ta déesse te tapait passablement sur les nerfs."
"Les nouvelles vont vite. Laisse moi deviner la suite, je te prie : rallier vos rangs."
"Pas tout à fait. Jouer les espions, par contre..."
"Hmm... faut que j'y réfléchisse."
"Je te laisse jusqu'à demain."
"La nuit va être blanche." vidant son verre d'un trait.
Rhadamanthys tomba la veste en rentrant, accueilli par Valentine.
"Maître..."
"Tu devrais dormir, Valentine."
"Avez-vous eu un souci de véhicule ?..."
Rhadamanthys soupira : "Non, j'ai été alpagué par un Gémeau en quête d'inspiration."
A la mention de Kanon, le Spectre de la Harpie fronça les sourcils, ce qui fit sourire Rhadamanthys.
"Allons..." doigts venant cueillir le menton fin du jeune Spectre.
Valentine se dégagea. "Je ne le supporte pas, Maître."
"Eh bien, il va falloir t'y faire car nous allons peut-être coopérer."
"Et il finira par se glisser dans votre lit." poings serrés.
Rhadamanthys le fixa un long moment.
"Il est affligeant de constater que quelqu'un d'aussi noble que vous s'abaisse à..."
Rhadamanthys saisit soudain Valentine par les épaules, plaquant des lèvres dures contre les siennes. Le jeune Spectre en frissonna des pieds à la tête, voué au baiser ardent de son Maître.
"Regagne ton lit, Val. Je viendrai te border tout à l'heure." l'invitant à regagner sa chambre, main sur une fesse. Rhadamanthys ne quitta pas Valentine des yeux jusqu'à ce que ce dernier disparaisse dans sa chambre. Il regagna la salle de bains, s'y doucha et enfila un bas de pyjama sur t-shirt blanc, croisant Aiacos qui se rendait à la cuisine en vue de s'y rafraîchir, t-shirt frappé de l'étoile "Yours Ever" estampillée "#TeamHades" porté sur caleçon court.
"Cos."
"Dada."
La Wyverne tiqua au surnom, sur un sourire terrible du Garuda.
"Tu pues le Gémeau à plein nez." nota Aiacos
"Je viens de me doucher."
"Je parlais de l'aura qui t'imprègne."
"Ah... l'enfoiré !..."
"C'est sans doute cela qui a fortement déplu à Valentine. Et qui risque fort de ne pas plaire à notre Léviathan. La rançon du succès, Rhad'. Tu trempes avec l'ennemi."
"Ta gueule, Bro'."
Aiacos ricanait, satisfait des déboires de son aîné.
"Pour ta gouverne, Minos n'est pas rentré seul ce soir."
"Léviathan est ici ?..."
"Blaireau. Si Léviathan était ici, nous pourrions tous sentir son cosmos."
"Vrai." fronçage de sourcil "Blaireau ?!"
"Tu le portes bien !..." taquin, jouant avec un pan du t-shirt de la Wyverne.
"Je vais t'éclater." montant des poings furieux.
"Pas à cette heure, Dad'. Bref, je disais que Minos a ramené une fille. Et qu'elle dort avec lui dans sa chambre."
"Sa fameuse âme à corrompre ?"
"Visiblement corrompue." se servant un verre de lait frais jusqu'au bord. "J'espère qu'il m'en laissera une part."
"Vous êtes..." soupirant d'exaspération devant l'appétit de ses frères.
Aiacos accueille l'insulte muette avec le sourire avant d'avaler son verre d'une traite. "J'ai entendu dire que notre Seigneur s'est brouillé avec le Sphinx."
"Tant mieux car je ne le supportais pas."
Le verre vint se poser sur la table, vide. "Je te laisse t'occuper de Valentine. Bon amusement, Bro'." en tapotant l'épaule solide de la Wyverne avant de retourner dans sa chambre.
Rhadamanthys demeura un instant dans la cuisine avant de rejoindre la chambre de Valentine, frappant doucement avant d'y entrer, trouvant le jeune Spectre à sa lecture - lecture qu'il abandonna aussitôt à la vue du corps splendide de son Maître.
Rhadamanthys s'installa en bord du lit. "Tu ne peux vraiment pas le voir, n'est-ce pas ?"
"Je ne lui fais absolument pas confiance."
Rhadamanthys sourit et vint caresser le visage juvénile de la Harpie. Ce dernier happa les doigts passant sur ses lèvres, gourmand, regard brillant de convoitise. Rhadamanthys reprit les lèvres de son jeune amant avec fermeté. Valentine tremblait déjà d'anticipation quant à la suite. Rhadamanthys souleva le jeune Spectre pour le tirer hors des draps chauds, le plaçant à califourchon sur lui, renflements dans un joli contact. Les mains du maître cheminaient le long du dos fin, jouant avec les omoplates tandis que les mains de Valentine étaient passées sous le t-shirt blanc de la Wyverne et couraient sur les abdominaux marqués.
"Bouge pour nous, Val."
Le jeune Spectre déglutit puis se mit à effectuer de lentes rotations de hanches, sexes dressés se caressant à travers le fin tissu des bas de pyjamas.
"Maître... c'est..."
"Oui... ça l'est... Valentine."
Rhadamanthys pencha légèrement le haut du corps en arrière pour accentuer le contact, savourant les geignements qui échappaient à Valentine. Les mouvements de hanches prirent alors un tour plus rapide que Rhadamanthys stoppa : "Attends... Val."
"Maître... Maître... je n'en... peux plus... vite !..." perdant complètement la tête, ce qui excitait fortement Rhadamanthys.
"Attends, Val !..." ramenant le jeune impétueux à la réalité, retirant son t-shirt puis celui de son compagnon, glissant la main dans le bas de pyjama pour en extraire le sexe dressé, faisant de même avec le sien. Peau contre peau. Rien de tel !...
"Reprends, Val."
Le jeune Spectre relança le mouvement, sensations exacerbées par le contact direct, lentement d'abord puis de plus en plus vivement. En peu de temps, les soupirs lourds de la Wyverne se firent grognements, se joignant aux sons plus aigus émis par Valentine. Le jeune Spectre rendit les armes sur un son exalté, se répandant généreusement sur le torse nu de Rhadamanthys. Ce dernier eut encore besoin de quelques mouvements pour se rendre dans un râle éblouissant de plaisir mâle.
Minos est le premier à ouvrir les yeux, serrant contre lui ce nouveau corps. Et dire qu'il a été sage la nuit durant !... son sourire s'allonge, dangereux. Il baisse le regard sur celle qu'il a voué à la cause de son Seigneur. Il souhaite qu'elle passe encore une journée en tant qu'humaine avant de lui offrir son statut de Spectre et ainsi la présenter à Hadès.
L'étudiante qu'il épiait depuis des mois... à laquelle il rendait de fréquentes visites... celle qui a su s'élever par-delà la désolation de la Terre pour se livrer toute entière aux ténèbres. "Solène..." prénom murmuré à voix basse. Elle sourit dans son sommeil. Il veille tendrement sur elle ; relation unique pour une âme réservée.
Enfin, elle s'éveille, s'étirant comme un chat alors que Minos est assis en bord de lit. Des bruits de pas, de couverts habitent à présent l'appartement.
Elle renverse la tête en arrière, un peu inquiète d'être présentée.
"Ce sont mes frères et Valentine. Attends toi à quelques commentaires. Rien de bien méchant."
Minos se lève. "La salle de bains semble libre. Tu devrais y aller maintenant." doux.
Le parc est vaste. Installés sur un banc, non loin de ses amies qui piaillent toujours aussi joyeusement. Minos et Solène sont des âmes qu'aucun commun des mortels n'est plus capable de cerner ni de distinguer. L'effet est très étrange, comme si les corps étaient déjà détachés de la logique charnelle, dérobés à la vue des vivants. Solène flotte entre deux. Minos lui caresse tendrement les cheveux, l'observant avec un sourire.
"Vais-je le rencontrer ?..."
"Oui. Ce n'est à présent plus qu'une question d'heures. Bien que le temps soit relatif pour nous autres, Spectres."
Tout ceci est si nouveau à ses sens...
Violate eut de violents battements de cœur en voyant débarquer son roi. Vêtu de son surplis qu'elle trouvait le plus magnifique de tous, le Garuda paradait devant l'entrée de son vaste palais. Vive, elle descendit les marches pour accueillir le Juge de son cœur. Des mois qu'elle ne l'avait vu !... Arrivé à sa hauteur, elle ploya un genou. Aiacos ne put taire le sourire qui venait s'afficher sur ses lèvres à sa seule vue.
"Relève toi, Violate." en lui tendant la main pour qu'elle s'y appuie.
Son regard suivit attentivement le mouvement de la jeune femme en surplis. Un désir vint lui consumer les reins, le lançant avec force.
"Mon roi, quel plaisir de vous revoir."
"Plaisir partagé, mon Aile."
Ils montèrent jusqu'à l'étage où une nuée de femmes vêtues de noir vint les débarrasser de leur surplis, pièce après pièce.
C'est à cet instant qu'Aiacos vint enlacer sa belle et qu'elle perçut, comme les nombreuses autres fois, le cosmos entêtant qui imprégnait son roi. Elle ne disait cependant mot, n'osant guère contrarier le Juge qui lui avait ainsi permis de s'élever par-delà les cieux.
Elle fondit sous les baisers ardents du Juge de Karura, gémissant sous l'assaut de ses mains.
Comme chaque fois, elle tentait de camoufler son corps couvert de cicatrices du regard d'Aiacos alors que ce dernier n'y voyait que les innombrables trophées et victoires inscrits à même la chair. Il redoublait alors d'attentions pour lui faire oublier sa gêne, la menant droit à des orgasmes qui s'enchaînaient, se gavant de ses cris et appels, savourant son lâcher-prise. Enfin, il se permettait de jouir à son tour, tout à son aise de la remplir de lui.
Alors qu'elle sommeillait contre lui, il parcourait lentement les traits de son visage du bout des doigts, s'attardant le long des lourdes mèches sombres, souriant, épris.
"Aiacos Sama ?..."
"Hmm ?..."
"Pourrais-je monter sur Terre avec vous ?..."
Aiacos laissa passer un long silence avant d'aborder : "Je ne pense pas que ce que tu y verrais te plairait beaucoup."
"Celle... dont je sens le cosmos sur vous ?..."
"Entre autres, oui."
"Sa carte de visite... porte des écailles."
Aiacos sourit à l'évocation.
Violate se plaça sur le ventre, caressant le torse superbe du Garuda, le faisant frissonner lorsque les doigts de sa guerrière gâtaient les billes de chair.
"Je suppose que je ne suis pas de taille à empêcher votre attirance pour elle. Danse-t-elle aussi bien que moi, pour vous ?..."
"Elle... ne se livre pas aux mêmes chorégraphies que les tiennes."
"L'envoyez-vous au combat et l'admirez-vous depuis les cieux ?..."
"Non."
"Alors que fait-elle pour vous plaire ?..."
Aiacos posa un instant la question, la laissant tourner dans sa tête un bon moment, paupières closes. "Elle sait de quelle manière rendre l'instant inoubliable."
Violate baissa les paupières à son tour. Assurément, la voici face à une rivale qu'elle ne pouvait écraser par sa force... quel dommage !...
Le ciel est gris et bas sur Paris. La pluie fera son entrée en début d'après-midi.
Voilà à peine quelques jours qu'il est parti et il me manque déjà... j'ai un pincement au cœur en passant à côté du bureau vide. Il m'arrive d'y entrer et d'admirer les toiles qu'il a peintes et suspendues sur deux pans de murs du bureau.
"Il te manque ?..."
"Tu poses la question pour la forme, Minos ?..."
"Je me demande surtout s'il est actuellement en train de faire crier Rune ou sa chère Violate..." taquin, regard en biais, petit sourire redoutable.
"Tu es terrible !..."
"N'est pas Griffon qui veut."
"Tes pronostics ?..."
"Hmm... je dirai qu'il commencera par Violate, histoire de décharger la tension. Et passera ensuite à Rune avec lequel les jeux seront plus sinueux."
"Encore du vacarme en perspective dans ton Tribunal !..."
"Aiacos Sama ?"
"Poursuis, Rune." s'installant aux côtés du Procureur, derrière le large pupitre, dans sa somptueuse tenue de Juge.
Rune sent un trouble l'envahir et le malaise va en grandissant depuis que le magnifique Aiacos est installé à ses côtés.
Les âmes défilent et Rune les juge en l'absence de Minos. Soudain, alors que le marteau frappe, Rune retient un geignement ; la main d'Aiacos vient de se glisser sous un pan de la robe du Procureur et caresse la cuisse renflée.
Rune a un mal fou à se tenir, vue se floutant à mesure que les sensations affluent et qu'Aiacos remonte sur le haut de la cuisse, effleurant presque le renflement marqué.
Le jeu dure un instant jusqu'à ce qu'Aiacos s'adresse à l'oreille attentive du Norvégien : "Suspend la séance." susurré, feulant.
"La séance est suspendue !..." en frappant du marteau, avec soulagement. Son corps le vrille, son corps n'est plus qu'un appel aux sensations et à la délivrance, ne répondant plus de rien.
Aiacos se lève et regagne les lourdes tentures, faisant un petit signe à Rune. Ce dernier ne se fait guère prier et l'y rejoint. Aiacos le plaque contre le mur, placé dans son dos, oscillant des hanches pour rappeler une autre danse, arrachant au Procureur une première salve de sons indécents. "Aiacos Sam... aaaah..." murmuré entre les dents. Le Procureur se tortille sous l'assaut du superbe Garuda. En un tour de mains, son postérieur nu se trouve à la merci d'un Juge qui poursuit la torture en le flattant de son membre sans le prendre, le préparant ainsi à l'accueillir. Rune tremble de tout son corps, hésitant sur ses appuis, voix frappant les murs nus du Tribunal. Vient enfin l'instant où tout bascule, où le Garuda l'honore de sa présence intime, appelant en quelques balancés un plaisir fou !...
"Prenez soin de vous, mon roi."
"Toi aussi, Violate." embrassant chastement son front, la quittant sans se retourner.
Mail adressé à Minos pour une soirée de Gala très habillée, accompagné de ces quelques mots : "Tu m'y feras danser ?..." Il sourit, superbe et répond habilement : "Laisse moi choisir ta robe et je suis à toi pour la soirée et plus encore, si tu le souhaites." A mon tour d'en sourire.
Un immense colis arrive chez moi en fin d'après-midi. Je le déballe, impatiente : une magnifique robe de bal assortie aux améthystes de Minos !... j'en souris tant son choix est le bon !... Je m'apprête, effervescente. Il passe me prendre peu avant vingt heures, portant un costume laine gris Zegna trois pièces, superbement taillé, relevant les lignes pures de son corps. Nous voici en route, nous cherchant déjà des lèvres. Nul doute qu'il finira sa soirée dans mon lit !...
Le bal est grandiose, étourdissant de faste !... Nous enchaînons les valses, virevoltant jusque tard dans la nuit. Minos est vraiment un cavalier exceptionnel !...
Puis nous regagnons mon domicile où il me fait l'amour avec volupté, moi ne cessant d'appeler son nom ou son totem, corps vrillé de sensations exquises et subtiles comme seul le Griffon se voit capable d'en offrir, mains de marionnettiste jouant sur mon corps la mélodie appréciée, nous souriant, l'un dans les bras de l'autre.
"J'ai quelque chose de particulier à te demander..." annonce le Griffon.
"Quoi donc, Griffon ?..."
"Je voudrais que tu... retranches quelqu'un de la Terre des vivants pour moi."
Je cligne, pas très certaine d'avoir bien cerné la requête. Il attrape ma main dans un geste, doux, ses doigts fins croisant les miens, venant en embrasser le dos. "Ma manière de faire est trop violente pour un corps si délicat."
"Parce que la mienne ne l'est pas ?..."
"Elle est moins cruelle. Plus directe."
"Minos... il s'agit de... l'âme à laquelle tu t'es lié, n'est-ce pas ?"
"Oui. De qui d'autre pourrait-il s'agir ?... dis moi que tu acceptes, Léviathan..." concerné.
Je soupire. "Bien."
Il paraît soulagé, m'embrassant pour sceller la promesse.
Minos frappe et fait entrer Solène. Tout juste vingt printemps. Très jolie brune, yeux félins vert-émeraude, longue frange épaisse. Elle quitte sa veste après avoir posé son sac. Je note à ses gestes qu'elle est résolue.
Nous passons au salon où un copieux goûter nous attend. Elle mange avec appétit.
"Solène, Léviathan va s'occuper de toi."
Elle me fixe. "Lé... viathan ?..."
"Le nom de mon Étoile."
"Oh..." souriante.
"Ce sera rapide. Minos s'occupera de toi une fois de l'autre côté." m'installant à ses côtés. "La première fois que j'ai vu le Seigneur Hadès, j'en ai eu les jambes coupées." réconfortante.
J'ai opté pour mon arcane par onde de choc, épargnant le corps.
Minos me sourit, faisant appel à son surplis. "Merci, Léviathan."
En un éclair, il rejoint Solène à l'entrée des Enfers, afin de lui épargner la traversée périlleuse de l'Achéron. Malheureusement pour lui, il est devancé par un Spectre particulièrement agaçant en la personne de Kagaho du Bénou. Ce dernier vient de poser pieds aux côtés de la nouvelle venue, la toisant avec tout le dédain possible. "Peuh !... encore un sacrifice aussi vain qu'inutile."
Minos entoure sa protégée d'une aile, ce qui fait ricaner Kagaho.
Kagaho prend son envol dans des flammes agressives de cosmos noir.
"Qui est-ce ?..."
"Kagaho du Bénou. Un Spectre très agréable, comme tu as pu le constater." soupire Minos. "Comment te sens-tu ?..."
"Un peu... bizarre. La tête me tourne."
"Viens. Je t'emmène jusqu'à mon palais." la soulevant telle une plume dans ses bras pour un envol tout en puissance. Accrochée à son cou, Solène voit le spectacle horrible des Enfers défiler sous ses yeux. L'air lui prend à la gorge.
"Je suis désolé mais il va falloir que tu demeures ici un certain temps. Même si nos surplis nous confèrent notre force et nos pouvoirs, il faut un minimum d'acclimatation."
"Je t'en prie, ne me laisse pas seule ici !..."
"Notre Seigneur décidera qui de nous s'occupera de ta formation."
Aiacos, dans son monstre mécanique, lancé à plus que la vitesse autorisée sur cette autoroute, s'amusant fortement en prêtant attention à une succession de blagues sur une chaîne de radio. Récupère son portable et appelle Rhadamanthys. "Hey, Bro'. Je serai là avant 17 heures."
"Au prix de combien de PV ?!" grogne la Wyverne en estimant aisément la vitesse du cadet au son délivré par le moteur.
"Raaah ! tu n'as eu aucun mal à faire sauter les précédents."
"Ta désinvolture me sort par les yeux."
Petit rire du cadet. "Je vais appuyer un peu plus sur le champignon rien que pour te faire plaisir."
"Fuck you !..." en raccrochant.
Il rit et m'appelle. "Hey, Saundarya." (*)
"Comment se porte mon roi ?"
"A merveille. Je débarque chez toi pour 20 heures."
"Monsieur prend ses marques sitôt revenu."
"J'aime à défendre mon territoire."
Je ris.
Il débarque, jeans porté sur baskets rouges, sweet à capuche frappé d'un grand nom, bouquet porté sur l'épaule.
"Tu es en avance."
"Hmm... cache le vite."
"Qui ?..."
"Ton amant."
"Hey !... Unbearable child !..." le frappant à l'aide de mon torchon de cuisine.
Vif, il vient me voler un baiser tout en s'invitant à l'intérieur, ne s'occupant guère du bouquet qu'il se fiche de voir faner. Je secoue la tête. Plus il avance en âge, plus notre Garuda adopte une attitude juvénile !...
Il va se laver les mains dans la salle de bains et revient avec un sourire jusqu'à derrière les oreilles, le regard goguenard : "Deux brosses à dents, uh ? une mousse à raser ?... nous cacherais-tu des choses, chère Léviathan ?..."
"Shhhh ! s'il te plaît, ne l'ennuie pas avec ça. J'ai déjà eu suffisamment de difficultés à l'en convaincre."
"Le rustre ! j'aurai bondi sur l'occasion, moi !..." s'installant devant la table mise, dépliant la serviette sur ses cuisses, cherchant la télécommande de l'écran plat, zappant, tandis qu'il me fait la conversation à moitié.
Le souper se passe dans une ambiance détendue.
"Tu me gardes pour la nuit ?..."
"Écoute, non, tu es insupportable. Je te mets dehors."
Il en rit, adoptant ensuite une moue terrible.
"Bon... exceptionnellement."
"Je gagne toujours !..." en s'installant sur le canapé. "Ne débarrasse pas maintenant. J'ai besoin de compagnie."
"Regardez moi ça !... le roi quémande."
Il tapote la place libre sur le canapé.
Je m'y installe et il vient fureter dans mes cheveux, humant, embrassant, écartant les mèches à l'aide du bout de son nez, bras autour de mes épaules, m'attirant contre lui.
"Cos !..." riant.
Sa langue vient tracer un sillon humide le long de ma joue jusqu'à ma bouche qu'il prise dans un baiser terriblement prometteur, dopant les sens. Il a toujours eu l'art du baiser. C'est inné chez lui.
Il m'invite à me placer sur ses cuisses. Nous nous faisons face, mes doigts se perdant dans les lourdes mèches ébènes. Je picore ses lèvres avec le sourire.
"Tu es magnifique, Garuda."
"Ne laisse rien de moi."
Ses yeux terriblement hypnotiques brillent de désir. Il s'en lèche d'ailleurs les lèvres dans un mouvement lent et nous faisons l'amour à même le canapé, dans une explosion des sens enivrante, nous laissant pantelants.
Il vient se coucher nu, se coulant sous les draps, se glissant contre moi, resserrant une poigne possessive autour de mon corps jusqu'au milieu de la nuit où le désir nous reprend, livrant nos sens à de nouveaux appels, flattant la volupté au moyen de coups de reins efficaces.
Au petit matin, je me hisse sur un coude pour observer le roi de Karura, chevelure épaisse de jais éparpillée sur l'oreiller clair. Aiacos est juste un être magnifique.
(*) "Beauté" en népalais
