Ça devient de plus en plus chaud dans les parages ! Hahahaha !


Chapitre 33 : Let's talk about...

Je regagne le torse solide, le cajolant de baisers doux et effleurants, le tirant lentement de son sommeil. Les paupières papillonnent sous le fier monosourcil blond puis il cligne, tombant sur mon visage ravi.

"Bonjour." douce.

Il me répond par un sourire, pas encore totalement tiré des bras de Morphée. Je poursuis mes câlineries sur le torse jonché de marques des batailles livrées. Une main encore endormie vient se poser sur ma tête et les doigts glissent mollement le long de mes cheveux, sur un son bienheureux.

"Bonjour." la voix est encore plus rauque qu'à l'ordinaire, empêtrée dans un restant de sommeil.

J'aime le réveiller ainsi, lentement, prenant mon temps, cheminant sur le corps aimé.

Il se redresse, échappant un instant à mes attentions, récupérant la bouteille d'eau à côté du lit pour se désaltérer. Je n'ai de cesse de le dévorer du regard.


Nos retrouvailles se sont faites un peu par hasard hier soir. J'ai travaillé tard et au moment de quitter les bureaux, j'y ai vu un Rhadamanthys en train de se débattre avec un dossier, monosourcil froncé, pointe du stylo jouant au-dessus de la feuille sans s'y poser, index et pouce venant masser le sourcil unique en contresens, soupir lourd de contrariété.

"Un cas difficile ?"

Il leva les yeux, presque surpris de me trouver encore ici à cette heure.

"En effet."

"Je peux faire quelque chose ?..."

"Je ne pense pas."

"Alors bonne soirée..."

"Toi aussi."

Au moment où je tournais les talons, sa voix me rappela à lui. "Accepterais-tu que je termine ce dossier chez toi ?..."

"Bien sûr." souriante.

Soulagé, il rassemble ses quelques affaires et range le bureau avant de me rejoindre, dossier sous le bras.

"Une affaire pénible à juger ?..."

"Oui." souriant, sans s'épancher davantage, m'invitant à sortir alors qu'il ferme les locaux.

Nous embarquons à bord de son lourd 4X4 et sommes en quelques minutes chez moi, en cette heure tardive où la circulation est fluide. Nous laissons le véhicule en parking du sous-sol puis cheminons jusqu'à l'ascenseur, nous regardant et nous souriant. Il a des gestes extrêmement tendres à mon égard, m'enveloppant de cette attention qui souligne son intérêt pour moi. Dans l'ascenseur, nous sommes dos aux cloisons, nous faisant face.

"Je crois que je vais avoir besoin de la finesse de Minos pour ce dossier." avoue-t-il, sans se départir de son sourire, main venant jouer dans les mèches épaisses de sa blondeur.

"Excellente décision." neutre.

Les portes s'ouvrent et je le devance, cherchant le trousseau de clés dans mon sac.

"Je t'ai déjà dit que j'aimais beaucoup ton pull ?..."

"Hmm... ça ne m'étonne pas."

"Il est vrai que tu connais mes goûts à présent."

La serrure s'ouvre et je l'invite à entrer, actionnant l'interrupteur. Il pose ses effets et se déleste de sa veste en peau retournée Carpentier, s'occupant également de mon manteau.

"Je nous prépare quelque chose à manger ?..."

"Du froid ira très bien."

"D'accord. Sandwiches improvisés. Certainement pas aussi bons que ceux de Valentine..."

Il rit, déposant son fameux dossier sur la table du salon - salle à manger. "Tant que ça cale."

J'ouvre le réfrigérateur et choisis plusieurs ingrédients.

"Un coup de main ?..."

"Non. Occupe toi de ton dossier." en commençant à trancher le pain et à le couvrir de beurre.

Il s'installe en face de moi, sur une chaise de bar, me regardant faire. "Je vais m'y mettre." souriant, observant mes gestes avec attention.

"Bien sûr." souriante, sachant pertinemment qu'il n'en a nulle envie.

J'ouvre la barquette de jambon et le plie pour l'apposer sur les tranches de pain, garnissant le tout de tranches de cornichons et de mayonnaise.

Un doigt vient cheminer le long de mon pouce jusqu'au poignet fin, jouant un instant avec le fin bracelet or. Oh lui...

Mon regard bascule, souriante. "Oui ?..."

"Petite pause." s'amusant toujours.

Je termine en recouvrant le tout d'une seconde tranche de pain.

"Voilà." lui présentant sa part, récupérant de quoi essuyer bouches et doigts.

Je nous sers également de l'eau pétillante puis je m'installe à ses côtés, savourant ce repas pris sur le pouce. Il termine bien avant moi.

"Encore un ?..."

"Ne bouge pas. Je m'en occupe." se levant pour passer du côté du plan de travail, œuvrant avec dextérité. A mon tour de lui caresser le poignet, en dessous et au-dessus de la lourde montre. Il sourit, regard perdant toute gravité. J'aime la façon dont il œuvre de la main gauche.

"On t'a déjà dit à quel point tu es magnifique, Rhadamanthys ?..."

"Je crois qu'une fille me l'a déjà dit, oui." regard m'enveloppant avec affection.

"Hmm mmm... la veinarde !..."

"Ah et un gamin aussi." riant, songeant à Valentine.

"Même régime." essuyant mes doigts avant de passer les deux mains sur les poignets solides de la Wyverne, regard cherchant le sien. "Nous avons décidément beaucoup de chance."

Il clôt un instant les paupières au contact, déglutissant de délice, sourire ne le quittant plus. "Votre sandwich est prêt, Mademoiselle." susurré de sa lourde voix.

"Merci, Monsieur." attrapant ma part, y mordant avec appétit.

Il termine le sien en quelques bouchées.

"Dessert ?"

"Oui." le regard doré se fait or fondu. Je sais à quoi il pense... sans nul mal. J'en souris d'autant plus. "Yaourt, fromage blanc, fruit ?..."

Il lorgne dans le panier à fruits, l'approchant de lui, jetant son dévolu sur une poire. Je choisis une pomme.

"Tu m'en dis plus au sujet de ce dossier ?..." curieuse.

"Hmm... cas complexe. J'hésite quant à la prison où placer cette âme, ses péchés se divisant principalement en deux catégories presque égales entre cupidité et luxure."

"Minos tranchera."

"Assurément."

"Et nous ? dans quelle prison nous placerais-tu ?..."

"Ma pauvre... nos péchés sont bien trop nombreux pour être jugés." sourire terrible.

"Les tiens ont effectivement fait un bond spectaculaire depuis que tu me connais."

"Notamment." me fixant, envie terrible de m'embrasser.

"Tu pèches actuellement ?..."

"Oui."

"C'est terrible ça..."

"Mon dossier s'alourdit à mesure."

"Impie."

Nos regards ne se quittent plus. Il rompt le premier, se levant pour se servir l'habituel verre de scotch qui conclut son repas. Il est superbe, là, debout dans cette cuisine, verre à la main, l'autre dans la poche de son pantalon marine, manches de chemise retroussées. Il porte un chandail gris frappé d'une marque de luxe. Mon regard le parcourt sans aucune pudeur.

"Tu aimes ce que tu vois ?..."

"Oh oui." m'en pinçant la lèvre.

Il en arbore un sourire flatté, trempant ses lèvres dans l'ambre du scotch.

Je débarrasse et mets la vaisselle à tremper.

"Petit détour par le canapé ?"

"Volontiers." me prenant par la main, m'offrant ce qu'il faut de frissons.

Il s'installe sur le canapé, me faisant assoir en travers de ses genoux, laissant ses lèvres effleurer mon cou, entre deux gorgées ambrées. Ma peau se granule sous les effets, bras noués autour de sa nuque solide.

"Tu adores mon pull ?..."

"Oui." caressant de la paume, doigts écartés, les parties nues découvertes par le pull à dos nu.

"Et qu'est-ce que ça t'inspire ?..."

"Oooh..." faisant passer le message dans le regard or, d'un trouble parfait. "Mon dossier vient encore de s'alourdir."

"Heureusement que tu es Juge."

"Oui, heureusement." lorgnant sur mes lèvres.

"Peut-on dire que je suis ton petit péché mignon ?..."

"Mon petit péché très mignon." de plus en plus caressant, paupières s'abaissant à mesure qu'il avance dans son délit. "Par Hadès, si un jour on m'avait dit..."

"Quoi ?..." curieuse, désireuse de le faire parler.

"... que j'aurai un tel penchant pour une femme." tremblant sous l'effet de l'aveu fait à haute et intelligible voix.

"Ce penchant, tu le portes à merveille." soufflé à son oreille.

"Tu parles !..." amusé.

"Je t'assure." glissant les doigts dans les cheveux blonds épais. "A merveille." répété pour l'en convaincre.

Il clôt les paupières sur un regard de plus en plus trouble.

J'aime ces instants où nous laissons monter notre désir, lentement, au moyen de gestes et de mots. Ces instants où un baiser, une caresse peut tout faire déraper. Ce qui ne manque pas, au détour d'un baiser plus appuyé, arrachant ce qu'il faut de satisfaction indécente. Une fois nos corps lancés, impossible de s'arrêter ; les mouvements s'enchaînent, réclamant plus de peau à câliner, à marquer, à aimer. La volupté nous traîne sur le seuil de la passion, rendant les gestes plus vifs, plus prenants. Les morsures succèdent aux baisers ardents et nous faisons l'amour à même le sol, sur la moquette épaisse, dans une succession de cris honorant les sens, lui complètement lové sur moi, enfoncé jusqu'à la garde, nous livrant à un plaisir fou !...

Je glisse à son oreille, nos ébats terminés, alors qu'il sombre dans le sommeil : "Le Juge... qui condamne si vertement la luxure... s'y livre lui-même sans compter."


Après un petit détour par la salle de bains, la Wyverne se met à table, attrapant le journal pour y jeter un œil comme à son ordinaire, tandis que je m'affaire à la préparation du petit déjeuner. Un petit rire secoue les épaules solides du Juge : "Par Hadès, que les larves sont distrayantes parfois !... surtout lorsqu'elles s'appliquent en politique !..."

"A quel sujet ?..."

"La façon dont, corrompues, elles cherchent à se donner bonne conscience. En vue d'un futur jugement. Assurément, elles savent ce qui les attend. Et que ce ne sera pas une partie de plaisir pour leur âme."

"Je me félicite d'avoir été faite Spectre." soulevant ma nuisette, effleurant les bords de ma cicatrice, sous l'œil captivé du Juge. "J'ai été joliment faite par une Wyverne tout en puissance." soufflé.

"Tu oublies que sans l'aval et l'intervention de notre Seigneur, rien n'aurait été possible."

"C'est vrai. Je n'ai jamais pris la peine de l'en remercier, par ailleurs."

"Je t'encourage à le faire."

"Dès que l'occasion se présentera." laissant la nuisette me recouvrir avant de récupérer les cafés.

"Merci." à la fois pour le café et pour les remerciements à venir.

Je m'installe à ses côtés et commence à tartiner du pain grillé. "Que disent-elles d'autre, les âmes de ce monde ?..."

"Hmm... voyons... ah oui !... elles sont très douées pour se détruire entre elles ainsi que leur environnement. Pour ce qui concerne les vivants, notre Seigneur n'a pas à fournir le moindre effort, simplement à patienter."

"Cruel."

"Réaliste."

"Tant que l'humanité subsistera, vous aurez du travail aux Enfers."

"Superbe berceau des perversions de toute nature." ricane Rhadamanthys.

"Nous l'étions également, humains."

"Je me félicite que mon temps ait été court. Il ne me reste rien pour l'humanité."

"Terrible Juge." souriante. "Tu passes au bureau cette après-midi ?"

"Peut-être en fin d'après-midi."

"Tu restes ici pour le week-end entier ?..."

"Tu proposes ?..."

"Oui."

"Je vais demander à Valentine de préparer quelques affaires qui manquent dans le dressing." attrapant son portable et informant son cher et fidèle Spectre de son absence.


On sonne. Valentine avec les effets demandés par Rhadamanthys - toujours très zélé.

"Entre, Val. Un café ?..."

"Volontiers." en entrant pour déposer sa veste fourrée, foulant le sol de la cuisine. "Bonjour, Maître."

"Val." installé sur une des chaises de bar, tapotant sur son portable.

Valentine s'installe à côté de Rhadamanthys. Aussitôt, un sourire que je qualifierai de "terrible" vient s'afficher sur les lèvres de la Wyverne. Valentine le note également, clignant des yeux.

"Ce n'est rien, Tine. Sans doute lié au fait que nous avons évoqué le sort des âmes humaines ce matin au petit déjeuner."

"Dis moi, Val..." commence Rhadamanthys, sans lever les yeux de son écran.

"Oui, Maître ?..."

Le regard doré de Rhadamanthys vient se poser sur moi puis dévie sur Valentine. "N'en as-tu jamais eu envie ?..."

Valentine cligne à nouveau, ne saisissant absolument pas où souhaite en venir son Maître. "Maître ?..."

"De Léviathan."

Nous nous fixons, baissant chacun la tête en même temps.

"Maître... c'est... extrêmement gênant..." bafouille Valentine.

"Oui, enfin !... quelle idée !..."

Il baisse l'écran de son portable et vient y poser ses coudes, doigts croisés sous son menton, regard allant de l'un à l'autre. "Je vous promets que ceci restera strictement entre nous."

"Maître !..." s'insurge Valentine, poing levé.

"Bon. Alors j'ai dû me tromper." dit-il avant de relever le clapet de son ordinateur et d'y poursuivre ses activités.

Un silence pesant vient de s'installer. Valentine et moi n'osons plus nous regarder sans être pris d'un malaise évident.

"Je n'y ai jamais réfléchi jusqu'à ce que tu l'évoques." dis-je, posant la tasse devant Valentine.

"Je trouve l'idée... totalement hors de propos." amène Valentine, sourcils froncés, poings serrés sur ses cuisses, joues empourprées.

"C'était simplement une question, inutile d'en faire un incident diplomatique."

Je tends la boîte à gâteaux à Valentine. "Faits en début de semaine."

"Oh !..." ravi, piochant dans la boîte, regard gourmand. Les formes l'amusent. "Merci."

"De rien, Val." glissant l'index sur le bout de son nez, souriante. "Tu sais que tu peux venir quand tu le veux, ma porte t'est ouverte."

"Merci, Léviathan."

Il est adorable !... je l'aime beaucoup. Comme un petit frère. Mais maintenant que la Wyverne a lancé l'idée, me connaissant, j'ai le cerveau qui va turbiner en ce sens. Foutue Wyverne !... et il le sait !...

"Ouch !"

Je viens de lui pincer l'avant-bras. "Vilain garçon."

Valentine écarquille les yeux tandis que Rhadamanthys arbore un sourire terrible. Son portable sonne : Kanon.

"Il a votre numéro ?!" s'insurge immédiatement Valentine.

Rhadamanthys place son index sur ses propres lèvres. Le Gémeau a une proposition à faire au Juge.


Rhadamanthys semble très occupé ces derniers temps, se rendant fréquemment à des rendez-vous, épluchant avec intérêt les offres immobilières, sous l'œil amusé de Minos et le petit rictus d'Aiacos.

"Qu'a-t-il ?..."

"Comment ? il ne t'en a pas parlé, Léviathan ?... oh le rustre !..." s'insurge Aiacos, en profitant pour se moquer ouvertement de moi.

"Cet animal n'a décidément aucun savoir-vivre." ricane Minos.

Les deux frères échangent un regard complice puis éclatent de rire. Je croise les bras, furieuse.

"Détends toi, Léviathan." se levant pour me masser les épaules - me faisant un mal de chien au passage.

"Oui. Après tout, cela doit être dû à un oubli..." se délecte Minos.

"Cessez." grogné façon Wyverne.

"Ma foi..."

"Mimétisme, Lillebror."

"Tu penses que Valentine est au courant, Nos ?"

"Oh, sans doute !..." joyeux.

Je soupire devant leur manège.

"Nous allons te mettre dans le secret, Léviathan. Pas de panique."

"J'attends."

"Eh bien voilà..." s'apprêtant à parler, cédant soudain la parole à Minos pour faire durer le suspens.

"Je t'en prie, Aiacos."

"Mais non, à toi l'honneur, l'aîné."

"Dites..." excédée par leurs politesses feintes.

Un grand éclat de rire commun fuse à travers le bureau.

Veine saillante sur le côté du front, je me lève.

"Où vas-tu ?..."

"Attends, on ne t'a pas encore parlé de ce qui nous intéresse !..."

"Vous êtes... proprement insupportables lorsque vous vous y mettez."

Mon portable sonne : la Wyverne. "Je peux t'inviter à déjeuner ?..."

"Oui, merci. Sauve moi de tes abominables frères !..."

"Hey !" s'insurge Minos, outré.

"Celle-là alors." lâche Aiacos, ébahi.

"Que te font-ils encore subir ?" grogne la Wyverne.

"Ils font des cachotteries et s'en amusent."

"Ouh la rapporteuseuuuu !..." se moque Aiacos.

"Cos, ferme la !..." aboie la Wyverne au téléphone.

"Je crois rêver." bougonne Minos, bras croisés.

Je lui tire la langue.

"Viens me rejoindre au Grand Café. Je t'expliquerai tout."

Les deux frères désarment devant ce qui s'annonce à présent comme n'étant plus digne du moindre intérêt.


Je me penche sur la Wyverne, assis, partageant un court baiser, puis m'installe en saisissant la carte.

"C'est la course, ces temps-ci." accorde Rhadamanthys. "Mais je crois que ça y est : je vois la chose aboutir."

"Tu ne... vas pas commencer tes mystères comme l'ont fait tes frères, rassure moi." yeux plissés.

Il rit devant ma bouille. "Non, rassure toi !... en fait, c'est simple : j'ai un projet immobilier à Londres : un appartement en duplex. Je cherche, visite ; exclue, valide."

"Ah !... ce n'était que ça !..." soulagée.

"Oui. Mes frères en ont profité pour te faire tourner en bourrique. Ils adorent ça." posant la carte après avoir fait son choix. "Ça te dirait de m'y accompagner, avec Valentine ?..." cherchant ma main pour s'en saisir.

"Bien sûr, Boss." doigts filant entre les siens.


La Wyverne débarque en grognant. Mauvais jour. Ses frères lui courent sur le système.

Je fais profil bas et j'imagine qu'à l'appartement Valentine a dû en faire de même.

"COS !" hurlé depuis son bureau à en faire vibrer les cloisons mobiles. "IL ARRIVE, CE RAPPORT ?!"

Aiacos glisse un regard depuis son bureau ouvert et récupère son casque audio rouge Bose qu'il place sur ses oreilles, donnant un coup à la porte pour la faire claquer.

Minos lève les yeux au ciel.

"NOS !" même ton qui fait trembler les vitres. "JE N'AI PAS ENCORE ÉTÉ DESTINATAIRE DE TA NOTE DE FRAIS DE CE MOIS !"

"J'y planche, Rhada." répond poliment Minos depuis son bureau alors qu'en fait, il surfe sur le net.

"VOUS ME TAPEZ SUR LE SYSTÈME, TOUS LES DEUX !" VLAM ! porte claquée à la volée avant de se rasseoir, rageur.

La raison de sa mauvaise humeur ?... Aiacos et Minos ont insisté pour se joindre au voyage prévu à Londres et qui ne devait concerner que Valentine et moi.


Des heures que nous roulons dans un silence de mort(s). Minos s'amuse avec quelques élastiques et Aiacos mâchouille ses habituelles gommes. Valentine regarde défiler le paysage et parfois nos regards malheureux se croisent.

"Bon. Est-ce que le dragon ailé pourrait cesser de faire cette tête longue jusqu'aux Enfers, par Hadès ?!" s'insurge Minos.

"Tu sais ce qu'il te dit, le dragon ailé ?!" l'agresse immédiatement Rhadamanthys.

"Tu pourrais mettre le poste radio ?" amène Aiacos, las du silence.

"Viens le faire toi-même." lui grogne la Wyverne.

La main agile de Minos plonge dans les CD et en tire quelques uns : "Que du classique. Rien pour tes oreilles, donc."

"C'est bien pour cela que j'ai demandé à ce qu'on mette la radio." répond Aiacos avant de souffler dans un bulle de chewing-gum en la faisant éclater sur son visage, ramenant le tout de la langue dans un mouvement sexuel.

Minos soupire et se détourne. "Si nous ne nous étripons pas tous avant d'arriver, ce sera proprement dit un miracle."

"Il n'y a que deux personnes ici que j'ai envie d'étriper. Tu veux les noms ?" aboie Rhadamanthys.

"Dis toujours." le provoque le Garuda.

"Je vais me garer sur le bord de la chaussée et vous abandonner ici, je vous préviens !"

"Nous ne resterons pas longuement sur place, rassure toi." lui répond Aiacos.

"Oh ! si nous faisions l'essai pour voir ?"

"Beaux gosses comme nous le sommes, on nous embarquerait bien vite pour nous choyer." s'amuse Aiacos.