Voilà le second chapitre, il y en a quatre en tous terminés, comme toujours :)
Merci à Rian pour sa review qui m'a rendue tellement heureuse, c'est toujours effrayant de poster sur un nouveau forum!
Chapitre 2
Laurel émergea de sa crise de larmes en entendant son portable sonner. Devant elle, une bouteille intacte oubliée sur une petite table. La jeune femme renifla, avant de saisir l'importun : elle fronça les sourcils en découvrant un numéro inconnu. Elle n'était pas certaine d'avoir la force de parler avec qui que ce soit, encore moins quelqu'un qu'elle ne connaissait pas.
La sonnerie s'intensifia, insistante, lourde, tenace.
Laurel roula des yeux en appuyant sur le bouton. Qui que ce soit, qu'ils soient prêts à faire leur prière.
-Oui ?
-Mademoiselle Lance ?
Celle-ci ferma un instant les yeux.
-Monsieur Merlyn. Je ne suis pas certaine que ce soit le meilleur moment pour m'appeler.
-Je pense au contraire que c'est un moment parfait, répliqua Malcolm, sa voix polie mais clairement tendue. Je pensais que vous voudriez savoir que j'ai trouvé mon fils complètement ivre et trempé jusqu'à l'os sur le pas de ma porte.
Le cœur de Laurel cessa de battre un instant.
-Ivre ? Est-ce qu'il.. Il a conduit ivre? siffla-t-elle, son chagrin disparaissant derrière sa peur.
Merlyn, je vais tellement te tuer.
-Heureux de noter votre inquiétude. Je lui ai déjà passé un savon, commenta amèrement Malcolm. Ce n'est pas pour cela que je vous appelle.
-Non ? Je .. Laurel inspira profondément. Laissez-moi deux secondes, marmonna-t-elle en fermant de nouveau les yeux.
Il va bien il va bien il va bien.
Malcolm dut deviner le cours de ses pensées, car il ajouta plus gentiment :
-Il va bien, Laurel. Il dort sur le canapé. Il aura une gueule de bois d'enfer à son réveil, mais ce n'est rien auquel il n'est pas habitué, soupira-t-il, sa lassitude évidente.
Laurel secoua la tête.
-Qu'est-ce que.. qu'est-ce qu'il a dit? demanda-t-elle prudemment, trop fatiguée pour se prendre la tête avec le PDG.
Un nouveau soupir. Visiblement, elle n'était pas la seule éprouvée.
-Qu'il a rompu avec vous.
La jeune femme expira bruyamment.
-Correct, siffla-t-elle.
Malcolm se pinça l'arête du nez. Il sentait venir une conversation difficile.
-J'essaye de comprendre ce qui est arrivé, Laurel. Je croyais que tout allait bien entre vous.
-Je le croyais aussi, grommela-t-elle. Jusqu'à ce soir.
-Est-ce trop demandé d'avoir un peu de contexte? Tommy n'était pas exactement en état de m'en donner, répliqua Malcolm.
Laurel soupira. Merlyn avait sans doute le droit de savoir, ne serait-ce que parce que c'était lui qui avait récupéré son fils en loques.
-Le.. petit qui a perdu ses parents, expliqua-t-elle, son chagrin remontant à cette pensée, le monstre qui les a tués, il nous a attaqués.
-IL A QUOI ?
Malcolm avait littéralement rugi, son cerveau explosant en même temps qu'il faisait un bond sur sa chaise dans la cuisine. La peur qui venait de le saisir à l'idée que son fils ait manqué de mourir broya ses poumons, le laissant en proie à un début de crise de panique. Seul son entrainement de la Ligue lui permit de retrouver suffisamment de contrôle pour qu'il puisse de nouveau respirer sans avoir l'impression que son cœur implosait.
Laurel se maudit intérieurement : pour une avocate, elle avait complètement manqué sa formulation. Malcolm était sans aucun doute un homme d'affaires froid et implacable, mais Tommy était son fils, et elle venait de lui dire qu'il avait manqué de mourir.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé? siffla très bas le plus âgé, chacun de ses mots semblant aussi tendu qu'une corde prête à rompre.
-L'archer .. Il nous a sauvés.
Malcolm ferma les yeux. Malgré son ressentiment personnel à l'égard du justicier masqué, il devait reconnaître au moins une qualité à ce dernier : il semblait toujours se placer entre son garçon et tout danger.
-Tommy... Il a décidé que l'endroit le plus sûr serait chez Oliver.. Les Queen sont surprotégés, renifla la jeune femme.
Son interlocuteur sentit un sourire apparaître sur son visage : malgré son inquiétude et son irritation actuelles, il ne put contenir une pointe de fierté à l'égard de son fils. Celui-ci avait pris la bonne décision en se tournant vers Moira : la blonde était pire qu'une mère louve quand il s'agissait de ses proches.
Son sourire disparut en entendant la suite. D'une voix hachée, Laurel lui décrivit l'attaque au manoir Queen, les gardes du corps morts et l'affrontement monstrueux qui avait eu lieu dans les couloirs et escaliers. Oliver s'était interposé, au péril de sa vie. Un garde était mort pour le sauver, réussissant à abattre le tueur. Le groupe était sauf, mais traumatisé.
La voix de Laurel se tendit lorsqu'elle expliqua l'attitude illogique de Tommy après le départ du petit garçon : sa soudaine froideur, son visage fermé, le chagrin dans ses yeux, ses mensonges évidents, sa fuite, l'incompréhension de Laurel.
Malcolm contint un profond soupir.
-Laurel, il n'y a pas de manière délicate de formuler cela, vous me pardonnerez donc ma brusquerie. Mon fils pense que vous êtes toujours amoureuse d'Oliver.
-Quoi ?!
-Il affirme vous avoir vue dans ses bras ; il dit aussi qu'Oliver est toujours amoureux de vous mais ne bougera pas par respect pour lui.
-C'est … Oh, damnit, grogna la brune, en se passant la main sur le visage.
Tommy avait dû la voir après leur arrivée chez Oliver : Laurel se sentait tellement mal à ce moment, elle n'avait pas réfléchi et avait cherché du soutien auprès du blond. Elle n'avait pas pensé à mal, mais Tommy avait dû le prendre autrement.
Tommy et sa peur de ne jamais être assez, Tommy qui craignait constamment de n'être qu'un remplaçant, Tommy qui ne comprenait pas pourquoi une fille comme elle voudrait de quelqu'un comme lui. Elle pensait avoir réussi à apaiser ses démons, mais apparemment, elle s'était trompée. La jeune femme secoua la tête, se reprochant de n'avoir rien vu : c'était pourtant si évident. La tension qui habitait son petit-ami ces derniers temps à chaque fois qu'Oliver apparaissait aurait pu briser des briques.
Quelque chose n'allait pas chez Tommy. Il n'avait plus été le même depuis que son père avait manqué de mourir.
-Laurel ?
-Il .. Tommy.. Il n'est plus le même depuis que..
Elle se mordilla la lèvre, cherchant les bons mots. Comme toujours, Malcolm prouva sa finesse en devinant ce qui la tourmentait.
-Depuis qu'on a voulu me tuer ?
-Oui.. Et c'est complètement normal, mais il.. Il s'est fermé, il n'est plus aussi honnête qu'avant, je sais qu'il me cache des choses, soupira-t-elle. Et c'est pareil avec Oliver, ils ne se parlent plus..
-Il a sans doute d'excellentes raisons pour cela, répliqua Malcolm. Quelles qu'elles soient, il faut les trouver et réparer les choses, Laurel. Tommy a besoin de vous.
La jeune femme plissa les yeux, et répliqua, son ton cassant :
-Commencez par les réparer entre vous.
À sa grande surprise, le père de Tommy eut un long rire amer.
-Touché, Mademoiselle Lance. Tommy ne vous a donc pas dit que les choses se sont améliorées entre nous ? Il existe une raison si c'est vers moi qu'il s'est tourné pour trouver un job après avoir quitté celui qu'il avait avec Oliver. Je ne suis sans aucun doute pas le père de l'année, mais même moi sais reconnaitre un manque de confiance.
Laurel sentit sa bouche former un rond : les choses s'étaient améliorées entre Tommy et Malcolm ? Depuis quand ? Comment ? Il ne lui avait rien dit.. Il ne lui disait plus rien, constata-t-elle tristement.
-Tommy devrait être dans un état suffisant demain pour venir travailler. La voix de Malcolm était froide. Je pense que vous connaissez le chemin jusqu'à Merlyn Industry, la porte vous est ouverte quand vous le désirez.
