Note de l'auteur: Le voici enfin! Je suis vraiment désolée pour ce grand retard mais j'ai été prise par mes examens mais en 3 jours j'ai enfin pu écrire le chapitre 4. Je viens tout juste de le donner à ma bêta et je vous poste donc le chapitre 3. J'espère qu'il vous plaira autant que les deux précédents et que le chapitre 4 vous fera autant envie que celui-ci. Merci à vous pour vos reviews, j'ai été très touché. N'hésitez pas à lire mes autres écris et à me laisser aussi des reviews.
A très bientôt et bonne lecture!
Chapitre 3 : La retenue
Toute la journée, Harry avait été angoissé. Pas par la retenue qui allait sûrement consister à récurer les éternels chaudrons, mais par les questions qu'il allait poser. Il voulait savoir. Il le devait. Son père n'était plus là pour lui répondre, et seul Snape pouvait le faire. A condition bien sûr qu'il accepte de le faire... Au dîner, il n'avait aucun appétit et sa cicatrice recommençait à picoter.
-Tu dois manger Harry, lui dit Ron. Qui sait combien de temps il va te garder ce soir. Et même si nettoyer des chaudrons sans magie n'est pas très dur, ça reste assez physique de gratter au fond.
-Mais je n'ai pas faim, se défendit l'Élu.
-Il a raison Harry, tu dois manger. Si tu as vingt chaudrons à rendre impeccables, il va te falloir de l'énergie.
-C'est quand même le pire des profs... Te donner une retenue alors qu'on est en vacances... lança Ron, compatissant.
Vaincu, leur meilleur ami picora ce qui se trouvait dans son assiette du bout des dents, non sans avoir copieusement fusillé le rouquin du regard. La jeune femme jeta un coup d'œil à la table des professeurs et vit Snape manger tranquillement tout en écoutant le professeur de défense contre les forces du Mal d'une oreille apparemment assez distraite. Il était toujours très difficile de savoir ce que pensait leur professeur de potion à cause de ce masque qu'il portait à longueur de temps, et Hermione, même si elle ne le montrait pas, redoutait ce qui aller ce passer ce soir entre son meilleur ami et ledit professeur.
Quand ce fut l'heure, Harry se dirigea vers les cachots où l'attendait sa retenue et les nombreux chaudrons. Hermione n'avait pas oublié de lui rappeler qu'ils avaient passé un marché et qu'il devait remplir sa part du contrat. Ron, quand à lui, ne comprenait pas pourquoi la jeune femme disait cela à Harry alors qu'il allait en retenue. Et avec Snape en plus. C'est à ce moment que les paroles d'Harry lui revinrent en mémoire. « Déjà il me déteste au plus au point, ensuite tout nous oppose, et pour finir notre différence d'âge est assez importante. ». Leur professeur remplissait toutes les conditions. Il regarda sa petite amie avec des yeux ronds et ouvrit la bouche pour commencer à parler, alors qu'Harry partait en traînant des pieds vers les cachots, mais elle lui fit signe de se taire et ils regagnèrent la salle commune de leur maison. Là ils s'installèrent à une table qui se trouvait dans un coin sombre et se penchèrent l'un vers l'autre comme s'ils complotaient.
-Me dis pas que c'est Snape Hermione... commença-t-il avec dépit.
-Si Ron, répondit-elle avec un léger hochement de tête.
-Mais... Il lui pourrit la vie depuis le tout premier cours de potion ! Tu as bien vu comment il est avec lui ! Ça n'a aucun sens !
-Ce n'est pas comme s'il l'avait réellement choisi non plus. Au départ il avait l'air horrifié. Et il l'est toujours d'ailleurs. Je te signale qu'on l'a retrouvé à l'infirmerie sans qu'on sache comment il était arrivé là bas ! Et d'ailleurs, on ne sait même pas pourquoi il est en retenue. Il serait logique que Snape l'ai trouvé avant ou après qu'il soit allé à l'infirmerie, mais je n'en suis pas certaine.
-C'est louche tout ça. Et si c'était la chauve-souris qui l'avait envoyé à l'infirmerie ? demanda Ron, l'air sombre.
-Même s'il est irascible, il reste un professeur. Souviens-toi qu'on l'a accusé à tort lors de notre première année. Et il a toujours fait en sorte de protéger Harry du mieux qu'il peut.
-Tu as raison, mais en cours il favorise tout de même très largement les Serpentard.
-C'est sa maison aussi. Et les Serpentard, quand on y regarde de plus près, sont la maison la moins aimée des professeurs et des autres élèves. Si lui ne les favorise pas, ils n'auraient pas de points. Je te l'accorde, dit Hermione alors que son petit ami ouvrait la bouche, il les favorise souvent de trop. Mais s'il ne le fait pas, personne ne le fait. Mais je ne dit pas que j'aime particulièrement sa façon de faire, conclut-elle en grimaçant.
Ron n'ajouta rien mais fit la moue. Il était encore un peu sous le choc que son meilleur ami soit tombé amoureux de leur professeur tant haï, mais ce qui ne lui plaisait pas par dessus tout, c'est qu'il ne lui en avait pas parlé. Neville s'avança alors pour demander au rouquin s'il voulait bien faire une partie d'échec avec lui. Il eut alors un large sourire et son camarade se fit prendre presque toutes ses pièces en moins de vingt minutes.
Harry était arrivé devant les cachots et son angoisse avait changé son estomac en plomb. Une voix froide l'invita à entrer une fois qu'il eut frappé. Il s'attendait à trouver la vingtaine de chaudron habituels à chaque retenue mais il n'en vit qu'un.
-Potter. Ce soir vous allez me refaire la potion que vous avez si lamentablement ratée à mon dernier cours. Aucun manuel et aucune indication. J'ai seulement préparé les ingrédients. Vous avez deux heures.
Il s'installa à son bureau après ses instructions et prit des parchemins qu'il commença à corriger. Le jeune homme se dirigea vers l'unique chaudron de la pièce et le contempla d'un œil vide. Il n'avait aucune idée de l'ordre des ingrédients puisqu'il avait été trop occupé à lorgner son professeur. Il réalisa qu'il n'éprouvait aucune honte à cela, et qu'il était même enthousiaste rien qu'à l'idée de recommencer. Il leva alors les yeux et le regarda discrètement. Ses cheveux tombaient sur son visage et il lisait avec une attention manifeste le devoir devant lui. Il griffonnait ici où là quelque chose, son visage toujours impassible. Snape releva alors les yeux et Harry baissa les yeux, prit en faute en regarda le fond de son chaudron.
-Potter, la potion ne va pas se faire toute seule ! dit Snape, sarcastique.
Le jeune homme leva les yeux vers son professeur et ne rencontra qu'un regard dénué de toute émotion. Il se sentit rougir une nouvelle fois et remplit son chaudron d'eau avant de balancer le premier ingrédient qui se trouvait à la portée de sa main. Il lança un regard discret sur l'homme de ses rêves et vit qu'il corrigeait de nouveau sa copie. Si jamais il s'était trompé, son professeur lui aurait sûrement lancé une moquerie méprisante dont il avait le secret. La chose qui le blessait le plus dans tout ce qu'il lui faisait subir. Il mit plusieurs autres ingrédients sans même se soucier de l'ordre. Il y eu alors une petite détonation et une fumée noire s'éleva au dessus du chaudron accompagnée d'une odeur nauséabonde. Harry recula alors précipitamment vers le fond de la salle quand il distingua son professeur se lever pour vider le chaudron d'un coup de baguette. Il fit ensuite apparaître un éventail pour disperser le nuage malodorant.
-Potter ! Cingla la voix du Maître de potion. Qu'avez-vous encore fait ? Êtes-vous vraiment incapable de faire autre chose que de vous pavaner dans le château comme le faisait votre père ?
-Je ne me pavane pas dans le château. Et je suis doué en défense contre les forces du Mal... bien plus qu'en potion !
-Votre niveau de potion ne mérite que des T, impossible de faire pire, siffla Snape. Et je doute que votre niveau en défense contre les forces du Mal soit plus élevé au vu de votre piètre talent en occlumancie.
-Si vous aviez été un meilleur professeur ça aurait peut-être marché ! S'emporta alors Harry. Il se rendit compte qu'il avait, sans aucun doute, été trop loin. Snape le regardait avec une fureur mal contenue et le jeune homme déglutit avec difficulté.
-Vous n'avez fait aucun effort pour fermer votre esprit Potter. Toujours à pleurer sur votre sort comme le faisait si bien votre père!
-Pourquoi je vous inspire tant de haine à la fin ? Cria le Gryffondor. Qu'a bien pu vous faire mon père pour que vous me traitiez comme ça ?
-Votre père était quelqu'un de méprisable. Et vous êtes comme lui, à vous apitoyer sur votre sort au lieu de vous battre. A chercher quelqu'un pour vous tirer de vos ennuis alors que vous y êtes allé de vous même !
-Je ne m'apitoie pas sur mon sort. Et je n'ai jamais demandé à mes amis, ou à n'importe qui, de m'aider. Jamais je n'ai voulu que quelqu'un meure à cause d'un taré qui s'est mis en tête que j'étais une menace pour lui ! Je suis tout à fait conscient qu'à chaque fois que j'ai survécu à Voldemort c'était par pure chance. J'ai toujours reçu de l'aide.
-Vous êtes toujours à la recherche du regard des autres sur vous, de leur adoration... Votre « célébrité » vous monte à la tête.
-Je n'ai pas souhaité ça ! Qui serait fier d'être célèbre parce que vos parents sont morts pour vous protéger, parce qu'ils ont fait confiance à la mauvaise personne ? Ce soit disant ami qui les a vendus ! Qui aurait envie de crier au monde entier qu'il aime être célèbre, à cause d'un fou furieux qui a essayé de vous tuer sans aucun succès ? Certainement pas moi ! Et quoi que vous ait fait mon père, je ne suis responsable de rien. Je suis seulement son fils, qui ne sait rien de votre passé à tout les deux.
-J'enlève 5 points à Gryffondor pour votre insolence. Rappelez-moi pourquoi vous êtes en retenue Potter ? Ah oui, c'est vrai... Vous vous promeniez la nuit dans le château. Chose que votre père faisait très souvent avec ses amis. Que faisiez-vous dans la classe d'Astronomie à cette heure ? Encore un rendez-vous secret ? Questionna le professeur.
-Je n'ai pas de rendez-vous secret. Et ce que je faisais... Je voulais juste... Voir les étoiles.
Harry avait dit la première chose qui lui passait par la tête et il se mordit l'intérieur de la joue. Son excuse était pitoyable et jamais Snape n'y croirait.
-Voir les étoiles ? Il est vrai que vous ne pouviez pas les voir de la fenêtre de votre dortoir ? Ou alors les cours vous manquaient ? Railla la chauve-souris des cachots.
Le jeune homme baissa la tête, légèrement confus. Il n'était pas question qu'il lui avoue qu'il était désespéré par un amour impossible et qu'il avait envisagé le pire. Un amour avec lui. Quoi qu'en dise Hermione, jamais il n'avouerait ses sentiments à Snape. Il préférerait même affronter une deuxième fois un Basilic, ce serpent géant aux yeux mortels, que d'avouer à cet homme ce qu'il éprouvait à son égard. Quand bien même ses rêves le frustraient de plus en plus et les cours devenaient de plus en plus douloureux.
-Je vous préviens Potter, je vous trouve une fois de plus à traîner dans les couloirs la nuit, et je veillerais personnellement à ce que vous soyez renvoyé de cette école.
L'aura que dégageait Severus Snape à cet instant était tout à fait terrifiante. Un visage dénué d'expression mais un regard dur assorti d'un pli amer plaqué sur ses fines lèvres.
-Très bien professeur, parvint à articuler son élève.
-Votre retenue est terminée. Hors de ma vue !
Harry ne se le fit pas dire deux fois. Il prit ses affaires et partit le plus vite possible des cachots froids et sombres. Harry regagna sa salle commune le plus rapidement possible et fut surpris d'y voir encore beaucoup de Gryffondor. Il se dirigea vers ses deux amis qu'il avait repérés dans un coin de la pièce et s'assit sur une chaise, épuisé.
-Qu'est-ce que tu fais déjà là ? Demanda Ron. Tu l'as pétrifié pour t'enfuir ou quoi ? Ça fait à peine une heure que tu es parti là bas.
-Il ne m'a pas demandé de nettoyer des chaudrons mais de refaire la potion du dernier cours. Sans aucune instruction évidement. Juste les ingrédients...
-Harry ! s'offusqua Hermione. Cette potion est très simple ! Tu n'avais pas besoin de livre pour la réussir voyons !
-Désolé Hermione, commença à s'énerver le brun, mais je ne retiens pas tout ce que je lis en moins de deux secondes. Surtout que, si tu te rappelles bien, je n'ai pas réussi la potion la dernière fois. J'étais un peu trop... Distrait. Il y avait donc très peu de chances pour que j'y arrive ce soir.
Le rouquin jeta un coup d'oeil à son meilleur ami, hésitant à lui dire qu'il avait deviné à son tour. La jeune femme décida, elle, d'entrer dans le vif du sujet.
-Tu lui as dis alors ? C'est pour ça que tu es revenu si vite ? Il est furieux ?
Harry lui fit les gros yeux mais elle le coupa.
-C'est bon, Ron est au courant. Et avant que tu ne m'agresse encore une fois, non je n'ai rien dis. Il a deviné tout seul. Aie un peu plus confiance en nous Harry. On ne t'a jamais trahi et jamais on ne le fera.
Le jeune homme baissa les yeux, un peu honteux d'avoir remis la loyauté de ses meilleurs amis en doute.
-Alors c'est vrai ? Questionna Ron, qui en tenait plus. Tu es vraiment amoureux de... Snape ?
-Oui Ron... Et non, je n'en avais absolument pas l'intention. J'ai eu énormément de mal à l'accepter. Au départ j'ai cru que j'étais fou, que je délirais. Comme si c'était Voldemort qui avait implanté cette idée en moi pendant ces rêves que je fais.
-Je croyais que tu devais empêcher ses rêves Harry ? Le réprimanda la jeune femme.
-Je ne peux pas toujours éviter ça Hermione ! Je ne contrôle pas mes rêves la nuit et je n'ai jamais su le faire. Et l'occlumancie n'a rien arrangé...
-Mais ces cours étaient censés te forcer à fermer ton esprit Harry ! C'est important que tu te protèges !
-Si je fermais totalement mon esprit comme tu le dis, jamais je n'aurais vu qu'il cherchait à voler la prophétie !
-Et regarde ce que ça a donné Harry ! Il t'a ensuite fait croire à la capture de Sirius et on est tous allés là bas. Sirius est mort en voulant nous sortir de là parce que tu as été trop têtu !
Elle plaqua alors la main sur sa bouche, horrifiée.
-Je... Je suis désolée Harry, bredouilla-t-elle. Je ne t'accuse pas d'avoir tué Sirius, mais tu comprends...
-C'est très clair Hermione, dit Harry d'un ton froid en se levant. Maintenant je sais ce que tu penses réellement de ce soir là. Je vais me coucher.
Il monta dans son dortoir où dormaient déjà Neville, Seamus et Dean. Il se glissa le plus silencieusement possible dans son lit après avoir enfilé son pyjama. Sa cicatrice le picotait toujours depuis la fin du repas et il la massa d'une main distraite. Le sommeil le gagna rapidement, et il fut de nouveau à des kilomètres de son lieu de repos.
-Enfin nous sommes tous réunis, mes chers Mangemorts, dit une voix froide. J'attendais cette réunion avec impatience. Vos rapports !
-Rien n'a bougé de mon côté Maître, informa Bellatrix d'une voix amoureuse. De toute façon, personne n'oserait entrer chez les gobelins.
-Le garçon ne se doute de rien, Maître, lança une autre voix.
Harry tourna alors la tête pour rencontrer un regard d'onyx sur un visage entouré de cheveux noir et gras.
Snape.
