Note de l'auteur: Salut! Me revoici après un lonnnnnnnnnng moment d'absence avec le chapitre 5. Je sais, vous l'avez attendu, vous avez grincé des dents, mais le voilà. J'espère qu'il vous plaira, tout comme les précédents et ceux à venir, et que vous ne serez pas déçu. Je ne peux pas prévoir la date de la publication du prochain chapitre, mais je fais aussi vite que possible. Bonne lecture à tous!

Chapitre 5 : Une mais secourable

-Harry, il faut que tu lui dises, insista pour la énième fois Hermione.

-Non je ne dirais rien, chuchota le brun à lunettes en la fusillant du regard pour son imprudence.

En effet, ils étaient en plein cours de potions avec Snape et en compagnie des Serpentard. Draco Malfoy n'était pas loin en plus, et Harry redoutait par dessus tout qu'il entende quoi que se soit et qu'il s'en fasse des gorges chaudes. Il ne voulait pas non plus que son professeur soit mis au courant des sentiments qu'il éprouvait à son égard. S'il avait demandé à Hermione de l'aider avec l'occlumancie c'était à cause de ce qu'il avait vu. Cette horrible trahison de la part de Snape alors que Dumbledore le croyait dans leur camp. Il ne voulait surtout pas revivre ça, et se détestait d'avoir eu la faiblesse de tomber amoureux d'un homme qui aidait Voldemort à le tuer. L'idéal aurait été que le dit professeur nourrisse les mêmes sentiments et se déclare à lui, mais ça ne changeait rien au fait que Snape était un espion du Seigneur des Ténèbres et non de Dumbledore. Le rêve qu'il avait fait la nuit précédente lui revint alors en mémoire et un sourire étira ses lèvres.

Snape était entré dans la Grande Salle alors qu'il prenait le petit déjeuner avec ses meilleurs amis dans une robe vert sombre ornée de coutures argentées. Où était donc passée son habituelle robe noire ? Et ses cheveux... Au lieu d'être gras et de pendre lamentablement sur les épaules de leur propriétaire, ils étaient souples et soyeux. Propres en somme. Ensuite, Harry ne savait pas ce qui était le plus choquant : le bouquet de roses qu'il tenait ou le sourire charmeur qui ornait ses fines lèvres. Il était à la fois subjugué; parce qu'il voyait à quoi Severus aurait pu ressembler sans toute cette maltraitance et cette magie noire qui s'était immiscées dans sa vie bien trop tôt, et ahuri parce qu'il était impossible qu'il devienne comme ça un jour. Il allait recommencer à avaler son petit déjeuner mais il se rendit compte que son professeur se dirigeait vers lui en tendant le bouquet. Tout le monde hoqueta de surprise, Harry le premier, mais il prit le bouquet en lançant un regard interrogateur à l'homme d'habitude si froid.
-Il y a une carte dans le bouquet. A ce soir, lui dit Snape en se dirigeant vers la table des professeurs.

C'est quand il vit le regard triomphant de sa meilleure amie qu'il se rendit compte que ce n'était qu'un rêve et il avait ouvert les yeux pour voir la tenture rouge de son lit.

-Potter ! vociféra Snape, vous n'êtes pas dispensé d'écouter le cours et de faire votre potion !

-Oui professeur, répondit laconiquement l'interpellé.

Le Gryffondor fit alors sa potion du mieux qu'il le put en frottant distraitement sa cicatrice qui recommençait à le picoter.
« Merlin, si je pratique l'occlumancie avec Hermione et Ron c'est bien pour que ce malade arrête de m'empoisonner la vie avec ses agissements... s'énerva intérieurement le jeune homme ».
Dans son agacement il oublia à nouveau l'ingrédient le plus important de sa potion qui devint alors d'un beau bleu roi au lieu du gris plomb attendu.

-Potter, êtes-vous un incroyable incompétent ou juste stupide ? Susurra Snape d'une voix doucereuse.

-Aucun des deux professeur. J'ai seulement été... Distrait.

-Distrait, voyez-vous ça ? Encore en train de préparer un mauvais coup ? Vous viendrez me voir à la fin du cours. Londubat ! Qu'est-ce que c'est que ça ?

Harry n'entendit pas la réponse de Neville qui bégayait et parlait à peine assez fort pour leur impressionnant professeur. Déjà le jeune homme se demandait ce qu'il allait bien pouvoir donner comme excuse au directeur de la maison Serpentard pour son inattention durant son cours. De nouveau sa cicatrice commença à picoter douloureusement et il dût retenir plusieurs gémissements de souffrance. Quand la cloche sonna enfin la fin du cours il se dépêcha de ranger ses affaires pour aller se passer de l'eau sur le visage, dans l'espoir de calmer la douleur cuisante qui lui vrillait le crâne.

-Potter, venez ici, claqua la voix de Snape alors que le jeune homme était arrivé à la porte.

Le Gryffondor serra les dents et se dirigea vers le bureau de son professeur, à l'autre bout de la pièce. Il alla même jusqu'à se morde l'intérieur de la joue pour s'empêcher de hurler devant la chauve-souris des cachots. Il ne voulait pas qu'il sache que Voldemort avait encore une quelconque emprise sur lui. Si jamais il le rapportait à son Maître, il n'aurait aucune chance de le tuer et il le manipulerait à nouveau comme il l'avait fait en l'attirant au Ministère de la Magie deux ans plus tôt.

-Vous souvenez-vous de vos cours d'occlumancie Potter ? Demanda alors Snape tout en l'observant.

-Oui monsieur, répondit son élève en serrant les dents.

-Vous vous rappelez donc tout ce que je vous ai dit pendant nos leçons, n'est-ce pas ?

-Non, professeur.

-Non ? Je croyais pourtant avoir entendu que vous vous entraîniez avec Miss Granger et Mr Weasley. Ça voudrait donc dire que vous avez quelque peu retenu ce que j'ai tenté de vous apprendre, sinon c'est de la pure inconscience.

-Euh... C'est que... On a vérifié dans le règlement, nous ne faisons rien de mal !

-Je n'ai pas dis ça Potter, arrêtez de croire que je vous accuse tout le temps. L'occlumancie est une branche obscure de la magie. Autrement dit, elle est jumelle de la magie noire. Avez-vous l'autorisation de pratiquer de la magie noire dans l'enceinte de l'école ? Je ne crois pas, sauf si c'est encadré par un professeur et avec l'accord du Directeur. Et si vous aviez quelque peu de mémoire, vous vous rappelleriez quelques conseils que je vous avais donnés. La legilimancie s'apparente au sortilège de l'Imperium. L'occlumancie ressemble donc à la résistance qu'il faut avoir contre ce sortilège. Pratiquez-vous l'occlumancie avec un professeur Potter ?

-Non professeur. Tout simplement parce qu'Hermione se débrouille très bien et que je n'ai jamais autant réussi dans ce domaine, même après les nombreuses séances que vous m'avez dispensées.

-Sur un autre ton Potter, répliqua Snape, menaçant. Si vous y aviez mis un peu plus de volonté et vidé votre esprit tous les soirs, vous auriez très bien progressé et vous feriez un redoutable occlument. Mais votre autosuffisance et votre arrogance vous ont empêché de faire ce que je vous demandais.

Harry resta sans voix. Snape lui avait donné des conseils puis il lui faisait presque un compliment. C'était Noël avant l'heure. Bien sûr il l'avait rabaissé juste après son compliment embryonnaire mais le jeune homme était aux anges, comme si on lui avait jeté un sortilège d'Allégresse. C'est alors que sa cicatrice se rappela à lui et il dut se mordre la lèvre tellement elle lui faisait mal. Une rage qui ne lui appartenait pas monta en lui et il eut l'impression que son crâne se fendait en deux. Ses yeux se remplirent de larmes et il fut prit de nausée. Il entendit plus qu'il ne vit son professeur se lever et venir à lui.

-Potter ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

-R... Rien. Je... Je dois y aller. Excusez-moi, parvint à articuler Harry.

Snape le prit d'autorité par les épaules et le fit asseoir sur la chaise la plus proche. Il s'éloigna un instant et l'Élu l'entendit fouiller parmi des fioles avant de revenir près de lui.

-Buvez ça Potter, dit Snape d'un ton neutre.

Harry aurait fait n'importe quoi pour calmer la douleur qui lui vrillait le crâne. Cependant il doutait trop de la fiabilité de son professeur pour boire la potion qu'il voulait lui donner. Et si la potion détruisait tous les efforts qu'il avait fait pour s'améliorer en occlumancie ?

-Potter je ne sais pas exactement ce que vous avez pu voir durant votre précédent rêve mais je ne suis pas un Mangemort. Pas un vrai tout du moins, j'espionne pour le compte de l'Ordre. Alors buvez-moi cette potion au nom de Merlin, ça atténuera au moins la douleur. Sinon je vous la fait avaler de force.

Le jeune homme prit alors la fiole d'une main tremblante et essaya de boire son contenu mais la potion n'atteignit même pas ses lèvres. Un hurlement de pure rage résonna dans sa tête et il vit plusieurs personnes tremblantes à ses pieds, d'autres mortes, touchées par l'Avada Kedavra. Aucun homme prostré à ses pieds n'osait faire le moindre geste pendant qu'il vociférait et jetait le sortilège de mort qui touchait humains et créatures magiques de façon aléatoire.

-Vous êtes tous des incapables, lança une voix glacée. Lord Voldemort n'a pas de temps à perdre avec vous.

Snape était rempli d'effroi. Harry avait une nouvelle connexion avec l'esprit du Seigneur des Ténèbres et il ne savait absolument pas quoi faire. Entendre la voix du Mage noir sortir par la bouche aux lèvres si fines et attirante du Survivant lui glaçait le sang. Attirantes ? Depuis quand trouvait-il les lèvres de Potter attirantes ? Il secoua son élève dans l'espoir de le faire revenir à la réalité mais il avait toujours les yeux fermés. Le seul point positif c'est qu'il n'entendait plus la voix tranchante de Lord Voldemort. Il ne restait plus qu'à réveiller ce maudit gamin qui ne semblait pas vouloir émerger. Il le secoua plus fort sans aucun résultat.

-Potter ! Potter réveillez-vous ! Hurla Snape.

Le jeune homme n'eut aucune réaction, comme s'il faisait la sourde oreille.

-Bordel, Harry réveille toi ! Le pressa son professeur d'une voix angoissé.

C'était bien la première fois qu'il l'appelait par son prénom mais il était désespéré. Il lui restait encore l'option de la gifle monumentale qu'Harry sentirait à son réveil, mais il préférait éviter d'en arriver à une telle extrémité.
Harry entendit qu'on l'appelait, mais ce n'était pas la voix de Ron. Il reprit peu à peu ses esprits et il se sentit pris de nausées comme après la vision qu'il avait eu de Sirius qui se faisait torturer au Département des Mystères par Voldemort. Il se rendit compte que la personne qui l'appelait était Snape. Il avait une lueur d'inquiétude dans le regard qui disparut aussitôt.

-Vous vous sentez bien Potter ? questionna le maître de potion d'un ton neutre.

-Oui, monsieur, marmonna l'intéressé.

Ce n'était pas vrai du tout. Il se sentait fiévreux, nauséeux et tout son corps tremblait. Snape ne dit rien et se leva pour fouiller une nouvelle fois dans sa réserve de potion.

-Buvez ça, c'est un tonique pour les nerfs.
Harry prit la fiole qu'il avala d'un trait avec une grimace de dégoût à cause du mélange amer et de la texture âpre de la potion. Il rendit la fiole à Snape en marmonnant un vague « merci ». Ce qu'il avait vu l'avait secoué et il savait que si son professeur retournait voir Voldemort dans les heures à venir, il y avait de fortes chances pour qu'il se fasse tuer.

-N'allez pas le voir ! Dit-il d'une voix désespérée. Je vous en prie, même si Voldemort vous appelle avec la marque des Ténèbres qui est sur votre bras, n'allez pas le voir !

-De quoi parlez-vous Potter ? Je vous rappelle que je suis votre professeur, ne soyez pas si familier avec moi !

Harry ne put se retenir plus longtemps et un haut le cœur le secoua. Il eut juste le temps de se pencher du côté opposé à celui où se tenait son professeur et vomit. Snape fronça les sourcils, réprobateur et se mit à râler.

-Potter, arrêtez donc ces enfantillages. Je croyais que vous aviez affronté des choses plus douloureuses qu'une connexion avec l'esprit du Seigneur des Ténèbres. Je ne sais pas ce que vous avez pu voir, mais il me semble que vous avez entrevu et vécu des événements plus terrifiants.

Harry se redressa tant bien que mal en cherchant un mouchoir dans ses poches quand il vit que son professeur lui en tendait un, puis il nettoya le sol d'un simple coup de baguette. Il le prit et s'essuya la bouche, confus et honteux de n'avoir pas réussi à se retenir. Snape avait raison, il avait vu et entendu des choses plus terribles encore que ce qu'il venait de se passer.

-Ce n'est pas ce que j'ai vu qui me terrifie le plus. Je ne veux juste pas que vous retourniez auprès de Voldemort. Il est dans une rage terrible et tue tout le monde à vue. Je ne veux pas qu'il vous arrive quoi que se soit.

-Potter, cessez ces familiarités, le menaça son professeur. Vous n'avez pas à décider ce que je dois faire ou non.

-Je sais bien que je ne dois rien vous dire, vous n'avez jamais rien accepté de moi de toute façon. Mais j'ai tout simplement peur, vous comprenez ça, s'emporta le jeune homme qui commença à paniquer. J'ai peur pour vous ! Et c'est ce que les gens font quand ils tiennent à quelqu'un. Seulement vous, vous semblez mettre tout votre cœur à ce que personne ne tienne à vous. Mais vous n'avez pas tout à fait réussi je crois.

-Qu'est-ce que c'est que ces paroles puériles? Vous allez beaucoup trop loin Potter !

-Je me fiche d'aller trop loin. Monsieur, ajouta précipitamment Harry en voyant le regard que lui lança la terreur des cachots. Je tiens à vous, même si vous me méprisez au plus haut point et que vous m'avez pris en grippe dès mon entrée au château. Je ne sais pas comment c'est arrivé, je me doute que je vais trop en loin en disant tout ça et que je vais battre le record du nombre de retenues, mais je ne vois pas d'autre moyen. Je vous aime et je ferais tout ce que je peux pour vous empêchez de rejoindre Voldemort. Au moins ce soir. Que vous soyez un Mangemort ou membre de l'Ordre du Phénix, mes sentiments ne changeront pas.

Le Gryffondor avait murmuré la dernière phrase, comme s'il avait peur que son professeur de potion soit bien un partisan du Seigneur des Ténèbres et non un espion pour Dumbledore.

-Je me doute que ce que vous avez vu est terrible, répondit Snape, mais si le Seigneur des Ténèbres m'appelle, je n'aurais pas d'autre choix que d'aller le rejoindre. Je dois assurer ma couverture. Cependant, si ce que vous avez vu vous a rendu aussi malade, je pense imaginer assez bien dans quel état de fureur il doit être. Allez à l'infirmerie maintenant, Mrs Pomfresh vous donnera de quoi calmer vos nerfs.

Harry fut surpris que Snape ne lui hurle pas dessus après la déclaration qu'il venait de lui faire et se hâta de sortir de la salle de classe. Il prit directement le chemin de sa salle commune en passant par quelque passage secret pour éviter de croiser Miss Teigne ou bien Peeves l'esprit frappeur. Il était pratiquement arrivé à destination quand on l'interpella :

-Harry, quand te décideras-tu enfin à m'écouter ? Dit Snape d'un ton exaspéré.