Note de l'auteur: Bonsoir à tous. Après presque 3 ans d'attente, voici enfin la suite du Snarry. Les raisons de cette longue pause sont diverses, entre autre l'angoisse de la page blanche. J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. Je vous conseille tout de même de relire les autres chapitre, chose que j'ai dû faire pour bien me ré-imprégner de l'histoire. J'espère ne pas vous faire attendre autant pour la fin de la fanfiction. Bonne lecture à tous!
Chapitre 6 : L'assentiment de Dumbledore
Harry s'arrêta brusquement. Comment son professeur l'avait-il retrouvé ? Il avait sûrement dû emprunter un passage secret qu'il ne connaissait pas. Pourtant tous les passages secrets étaient sur la carte du Maraudeur non ? Harry n'avait pas le temps d'y réfléchir plus longtemps car son professeur l'avait déjà rejoint et attrapé par le bras.
-Je ne veux pas aller à l'infirmerie, protesta le jeune homme. Je me sens très bien.
-Je ne vous demande pas votre avis Potter. Je suis votre professeur, et quand je vous ordonne quelque chose, j'attends de vous que vous obéissiez ! Suis-je clair ? Mon autorité ne s'arrête pas sur le pas de ma porte de classe ! Elle est également valable dans les couloirs de ce château !
Le Gryffondor baissa les yeux et se dit qu'il avait été trop loin. Quoi que… Tout à l'heure, il avait fait pire en lui déclarant son amour ! Hermione n'allait pas en revenir quand elle serait au courant.
-Je ne conteste pas votre autorité, je ne veux juste pas aller à l'infirmerie. S'il y a des élèves, il va encore y avoir des rumeurs dans les couloirs comme quoi je suis tellement fou la nuit qu'on est obligé de m'isoler à l'infirmerie pour que mes camarades puissent dormir tranquillement, loin de moi. Et avec ce que vous allez raconter à Mrs Pomfresh, elle va me donner cette infecte potion sans rêve qui donne me donne à chaque fois l'impression d'avaler du détergeant.
Le professeur dût faire un effort de mémoire pour se rappeler ce qu'était du détergeant. Bien sûr, sa mère en avait utilisé quand il était tout petit, juste avant d'annoncer à son père qu'elle était une sorcière et qu'elle sorte sa baguette magique pour faire les tâches ménagères. Il était face à un combat intérieur. Il ne voulait pas laisser Harry sans surveillance cette nuit mais ne voulait pas l'obliger à aller à l'infirmerie. Attendez, depuis quand l'appelait-il Harry et depuis quand se souciait-il de ce que ce fichu gamin voulait ? Depuis un petit moment en réalité… Un peu avant qu'il n'entende le trio de Gryffondor parler dans la bibliothèque même. Il avait eu des papillons dans le ventre en entendant Harry dire haut et pas très fort qu'il était amoureux de lui. Il était tenté de l'emmener avec lui, chez lui pour le veiller toute la nuit, mais ce n'était pas très déontologique. Et si jamais Dumbledore en entendait parler, il serait expulsé sur le champ, avec plus aucune chance de prendre soin du jeune homme. Jamais il n'aurait pensé être confronté à pareil dilemme un jour. Qui aurait cru qu'il chercherait par tous les moyens à protéger Harry Potter, le fils de son ennemi de jeunesse ? Jamais il n'aurait imaginé que son élève détestait aller à l'infirmerie au vu de tous les séjours qu'il y avait fait. Cependant il ne pouvait pas le laisser sans surveillance pour la nuit au cas où il ait un nouveau contact avec l'esprit du Seigneur des Ténèbres. Il ne pouvait pas aller voir sa collègue de Gryffondor ou même le Directeur, le gamin ne lui pardonnerait pas. Et seul Merlin savait ce qu'il allait faire pour se venger. Harry, voyant que son professeur ne disait toujours rien, allait rentrer dans la salle commune de sa maison.
-Suivez moi Potter, l'interpella Snape.
Le jeune homme le regarda avec étonnement et le suivit sans rien dire. Il lui fallu peu de temps pour comprendre qu'ils retournaient vers les cachots. Harry fut tenté de fausser compagnie à son professeur mais celui-ci se retournait constamment pour surveiller qu'il le suivait bien. Snape fit entrer son élève dans son bureau et fouilla parmi les nombreuses fioles qui ornaient les étagères de la pièce. D'un signe de la main il lui intima l'ordre de le suivre et son regard le dissuada d'exprimer le moindre refus. La terreur des cachots poussa une étagère qui se révéla être une porte cachée et se décala pour permettre à son élève de passer. Le jeune homme n'osait rien dire malgré le silence pesant qui s'était installé et entra dans un salon au décor sobre et noir. Il se figea à quelques pas de la porte en comprenant qu'il se trouvait dans le salon de son professeur et accessoirement, l'homme dont il était amoureux. Il détailla la pièce d'un œil critique, voulant découvrir les moindres indices sur la personnalité de Severus que la décoration et l'aménagement des meubles pourraient lui apporter.
-Tu vas rester planté là ou tu comptes bouger un jour ? Se moqua Snape.
-Je... Pourquoi m'amener ici ?
-Il est hors de question que tu sois sans surveillance cette nuit. Tu ne voulais pas aller à l'infirmerie et j'imagine sans mal ta réaction si je t'avais amené voir le professeur McGonagall ou le directeur, qui eux, ne t'auraient pas laisser le choix d'aller à l'infirmerie soit dit en passant. J'ai également appris à mes dépends que si on veut qu'un travail soit fait, il vaut mieux le faire soi même.
-Mais... Ca veut dire que... réalisa le Gryffondor, après quelques secondes.
-Oui, tu dors ici. Tu devrais être ravi pourtant, non ? Avec ce que tu as dit tout à l'heure pendant ta retenue.
-Pourquoi ce revirement de situation ? Je veux dire, votre comportement avec moi... Depuis que je vous ai dit que j'étais... Que j'ai avoué mes sentiments, vous êtes différent.
-Tu ne m'as rien avoué. En fait j'étais déjà au courant. Tu devrais être plus discret quand tu parles à la bibliothèque avec tes amis.
Harry était mortifié. Severus avait bien tout entendu en réalité. Il aurait dû s'en douter, c'était bien trop beau pour être vrai qu'il arrive juste après sa révélation.
-C'est...
Le jeune homme ne trouvait pas de mot pour exprimer ce qu'il ressentait. Il était à la fois sur un nuage et rempli d'effroi. Où allait-il dormir ? Pourvu que Snape ne profite pas de sa venue ici pour le torturer. Harry redoutait surtout d'avoir à nouveau une connexion avec l'esprit de Voldemort.
-Tiens, bois ça, lui dit son professeur en lui tendant la fiole qu'il avait pris quelques instants plus tôt dans son bureau.
-C'est quoi ? demanda le Harry méfiant.
Snape le regarda d'un air exaspéré et poussa un long soupir.
-C'est une potion de relaxation. Déjà d'une parce que tu es tendu, expliqua le professeur alors que le jeune homme ouvrait la bouche, ne dit pas le contraire ça se voit. Et plus tu es tendu, plus tu as de connexions avec le Seigneur des Ténèbres. Ça évitera donc que tu aies une nouvelle connexion et peut-être que tu arriveras enfin à te détendre un peu ! Je ne vais pas t'empoisonner, même si cette idée est, pardon était, très tentante.
Harry prit la fiole un peu à contre cœur et avala le contenu d'un trait. Il fut surpris par son léger goût d'agrume. Severus lui reprit la fiole des mains et l'invita à s'asseoir sur le canapé. Le Gryffondor le regarda et choisit délibérément le fauteuil qui se trouvait à sa gauche, comme une provocation, avec un regard bien appuyé signifiant qu'il ne cesserait pas d'en faire qu'à sa tête sous prétexte qu'il se trouvait dans ses appartements. Severus eu un léger sourire en coin et s'assit dans le canapé.
-Je ne vais pas te manger tu sais.
-Je m'attends à tout, dit effrontément Harry. Mais je sais me défendre de toute façon.
-Tu as peur de moi maintenant Harry, lança son professeur amusé. Ne t'attends à rien de ma part, je te préviens.
-Vous me tutoyez pourtant, fit remarquer Harry. C'est un changement quand même.
-Certes. Mais ça ne sera qu'en privé. Mon comportement ne changera aucunement en classe, c'est bien compris ? Tu es peut-être majeur mais aucune relation n'est autorisée entre un élève et son professeur. Je suis protégé par Dumbledore, il me fait confiance et c'est d'ailleurs le seul. Je ne peux pas faire ça sous son nez alors qu'il croit en moi.
Harry eu une lueur d'espoir qui s'alluma brièvement dans son cœur. Alors comme ça Severus avait envie de faire quelque chose, mais quoi ? Là, ses hormones d'adolescent s'éveillèrent et il fut heureux d'être un sorcier, son vêtement aidant à cacher la bosse qui déformait son pantalon. Il sentit cependant ses joues rougir et baissa la tête en espérant que son professeur ne voie pas sa gêne. Il était tard et il se sentait fatigué. Ses paupières étaient de plus en plus lourdes et il n'arrivait pas à lutter. Il leva les yeux vers Severus qui était assit sur le bord du canapé, comme s'il attendait quelque chose. Il comprit alors que la terreur des cachots lui avait menti sur le contenu de la potion et ne put rien faire d'autre que de lui lancer un regard noir qui en disant très long sur sa colère. Ce dernier ne se sentit pas le moins du monde effrayé ni coupable. Le jeune homme eut soudain peur qu'il l'ait drogué pour l'emmener auprès de Voldemort, étant donné la vision de son professeur en compagnie du Mage noir. Il se mit alors à lutter de toute ses forces contre les effets de la potion.
-Je suis désolé Harry, mais tu avais besoin de dormir. Ne t'inquiète pas, essaya-t-il de le rassurer, je ne suis pas un Mangemort, je fais partie de l'Ordre. Je resterai avec toi, mais à l'infirmerie.
Harry entendit à peine les derniers mots et il bascula vers l'avant. Snape eu juste le temps de le rattraper avant qu'il ne tombe face contre terre.
Quelques heures plus tard, Severus se réveilla le cou douloureux. Décidément, ce gamin lui faisait faire des choses inimaginables. Bon, il avait évité le pire, il avait réussi à l'emmener à l'infirmerie au lieu de le garder près de lui dans ses appartements. Il n'osait imaginer la réaction du Directeur et aussi ce qu'aurait pu tenter le jeune homme. Il aurait su se tenir, mais jusqu'à quel point ? Il savait d'avance qu'Harry serait encore plus difficile à vivre quand il allait se rendre compte qu'il était à l'infirmerie. Il n'était pas sûr qu'il avait entendu sa dernière phrase. C'est pour quoi il avait décidé de rester auprès de lui au moins jusqu'à son réveil. Il avait prit place dans un fauteuil qu'il avait conjuré avec sa baguette et s'était endormi. Il vit à travers les fenêtres que le jour commençait à peine à se lever. Il se demanda alors ce qui l'avait réveillé. Ce n'était pas Harry, il dormait toujours paisiblement dans son lit. Il vit alors un éclat doré dans la pénombre et compris sur le champ.
-Professeur, grogna Snape.
-Oh, Professeur Snape, je ne voulais pas vous réveiller. J'ai appris par les fantômes qu'Harry était à l'infirmerie. Ils ont dit que quelqu'un de spécial l'accompagnait. Ils n'ont pas voulu me dire qui c'était, alors je suis venu voir par moi même. Je dois dire que je suis surpris de vous voir ici Severus. Depuis quand avez-vous de l'affection pour ce garçon ?
Le professeur de potion ne répondit pas. Il ne voulait pas que son mentor soit au courant de ses sentiments pour le gamin.
-Je vois, fit le Directeur. Vous savez qu'il n'est pas James, n'est-ce pas Severus ? Et qu'aucune relation n'est autorisée entre un professeur et son élève.
-Bien sûr que je le sais, se renfrogna l'ancien Mangemort. Je sais faire la différence, ils n'ont pas du tout le même caractère. Il... Il est venu me... Enfin, je lui ai donné une retenue. Et oui, elle était justifié. Il m'a... Il m'a déclaré son amour. Je ne sais pas quoi faire Dumbledore, dit-il d'un ton désespéré.
-Quoi ? Après tout ce que vous lui avez fait ? Oh, ne faites pas semblant Severus, je sais que vous ne lui avez pas rendu la vie facile à cause de sa ressemblance avec James. Mais, laissez le faire, ne faites rien. Si ça le rassure d'être auprès de vous et que ça le rend plus fort contre Voldemort (Le professeur de potion grimaça en entendant ce nom), faites ce qu'il demande. Après tout, il est majeur, techniquement je ne peux rien vous interdire, il peut faire ce qu'il veut. Mais, je vous demanderais quand même de faire attention. Si jamais qui que ce soit l'apprend...
-Eh oh, vous allez arrêter oui ? Je n'ai jamais dit que je voulais quoi que ce soit avec lui.
-Severus, mon petit, votre silence tout à l'heure en disait long. Je vous connais, je sais qu'il y a du bon en vous. Je ne vous donnerais pas ma bénédiction sinon.
-Ça cache quelque chose que vous cédiez si facilement...
-Et bien... Je pense que tout ce que vous lui direz aura plus de poids que si c'est quelqu'un d'autre qui le lui dit. Je suggère donc que vous le laissiez se rapprocher de vous pour que vous puissiez lui dire et le préparer à son combat contre Voldemort.
-Ah d'accord, je vois, dit Snape sarcastique, vous voulez que je me rapproche de lui rien que pour servir vos intérêts. Et ses sentiments dans tout ça ? Et mes sentiments dans tout ça ?
-Oh, je suis sûr que vous trouverez un moyen de les exprimer, même si ça ne me plaît guère que vous fassiez ce genre de chose dans l'enceinte du château.
La terreur des cachots jeta un œil sur Harry. Ça faisait un moment que le Directeur était là et il n'était toujours pas réveillé. Le jour était levé et il s'étonnait que le jeune homme ne soit pas déjà réveillé.
-Il ne devrait pas tarder à se réveiller Dumbledore, vous devriez nous laisser. Il ne va pas être ravi de se retrouver ici.
-Qu'avez-vous encore fait Severus ? questionna le vieux Directeur.
-Je lui ai donné une potion. Un somnifère. Il ne sait pas qu'il est ici, il croyait dormir dans mes appartements hier soir.
-Je vois... Eh bien, je vous laisse à votre première dispute conjugale, si on peut dire. Tentez de ne pas détruire l'infirmerie, d'autres élèves pourraient en avoir besoin dans les prochains jours.
Sur ces mots, le professeur Dumbledore quitta la pièce, laissant Severus seul avec Harry. Le jeune homme, qui faisait semblant de dormir depuis un petit moment, continua son petit manège. Il était certes furieux, mais il était aussi très reconnaissant et agréablement surpris que l'homme qu'il aimait refuse de rentrer dans le jeu du Directeur. Il ne connaissait pas vraiment le caractère de son professeur de potion, mais il savait que c'était un homme intègre et qu'il ne chercherait pas à le manipuler comme le faisait constamment Dumbledore. Il avait envie de hurler sur Snape mais il ne voulait pas lui donner le plaisir de lui montrer qu'il était réveillé. Il se sentait trahi, il avait fait confiance à son professeur et il lui avait menti. Il ne voulait pas aller à l'infirmerie, il avait cru dormir dans les appartements du professeur dont il était amoureux et il avait été trompé. Il ne put s'empêcher de pousser un soupir et sut tout de suite qu'il s'était trahi.
-Tu es réveillé Harry, demanda Snape en s'approchant doucement du lit.
Il eut pour seule un réponse un grognement vague.
-Écoute, je suis désolé pour hier soir. Je ne pouvais pas te garder dans mes appartements. Le Directeur nous surveille tous. Je risque ma place. Et pire, tu pourrais être expulsé. Moi, ma carrière est déjà faite, bien qu'elle s'arrêterait après un scandale pareil. Et tu t'imagines bien que la Gazette du Sorcier se ferait des gorges chaudes d'une affaire pareille. Tu voudrais leur fournir une nouvelle excuse pour faire la première page ?
Harry savait que son professeur avait raison. Mais maintenant ils avaient l'aval de Dumbledore, alors qu'allait-il se passer ? Son professeur laisserait-il libre cours à ses sentiments ? Et lui, comment pourrait-il s'assurer qu'il faisait bien partie de l'Ordre ? Le point positif à noter en priorité était qu'il se trouvait dans l'infirmerie et non auprès de Voldemort. Mais pouvait-il en être certain ? Et s'il était justement auprès du Mage noir et que ce dernier avait pénétré son esprit et lui montrait ce qu'il voulait voir. Harry se pinça discrètement pour vérifier cette hypothèse et il ressenti une vive douleur sur son avant bras qui lui fit monter les larmes aux yeux.
-Tu veux bien te tourner s'il te plaît ? Je n'aime pas parler à un mur, lança Snape agacé.
Harry s'assit à contre cœur et prit ses lunettes sur la table de chevet. Il put voir distinctement l'homme qu'il aimait. Il se tenait assit dans la chaise près du lit, sur le bord, penché vers lui.
-Je préfère ça, dit alors Severus avec un petit sourire en coin. Je suis surpris, je m'attendais à une colère. Je dois avouer que je suis un peu déçu.
-Ce n'est pas l'envie qui m'en manque. Je me sens trahi. Je vous ai dit que je ne voulais pas venir ici parce que Dumbledore aurait forcément été au courant. Et j'avais raison. Je vous ai fait confiance. Moi qui voulait faire changer d'avis Ron sur votre statut de Mangemort, c'est plutôt lui qui va me convaincre que vous en êtes toujours un.
Le visage de Snape se ferma encore plus mais il accusa le coup. « Tu l'as mérité celle là mon vieux, se dit-il. Tu aurais quand même pu être un peu plus fin sur ce coup là au lieu de faire ton vrai Serpentard ». Jamais il n'aurait cru qu'un jour il serait à nouveau blessé à ce point par quelqu'un. Il avait pourtant blindé son cœur pour qu'il ne vive plus jamais ça. Preuve était que ça n'avait pas marché.
-Je viens de te dire, répliqua Snape les dents serrées, que si je ne t'ai pas gardé avec moi dans mes appartements c'est à cause de la réaction qu'aurait pu avoir Dumbledore. Et tu sais aussi que les secrets ne restent pas secrets à Poudlard. Je suis quand même resté toute la nuit près de toi non ? Le taquina-t-il alors, voulant changer de stratégie.
« Merlin, tu ressembles à un Gryffondor en faisant ça, se morigéna le professeur. A force de porter ton cœur en bandoulière comme ça, tu vas finir par te faire avoir ».
Harry, de son côté, devait bien avouer que la terreur des cachots avait raison. Il était surpris, très agréablement d'ailleurs, de trouver cet homme près de lui. Mais maintenant que le Directeur avait donné son accord, sa bénédiction, qu'allait-il se passer ? Il sentit la panique le saisir peu à peu, mélangé à toutes ses hormones en délire qui lui soufflaient à l'oreille qu'il serait temps qu'il passe à la vitesse supérieure avec l'homme de sa vie.
-Bien, maintenant que c'est réglé, je vais te laisser prendre ton petit déjeuner, moi il faut que je prenne le mien dans la Grande Salle pour ne pas éveiller les soupçons, lança Snape.
-Quoi, déjà ? Mais, je...
-On se reverra. En cours déjà. Et ne compte pas sur moi pour être plus gentil ! Je ne changerais pas mon comportement. Ah, et je te rappelle qu'il te faut une autorisation pour pratiquer l'occlumancie et il faut que ça soit encadré par un professeur. Evidemment, je peux vous dénoncer au professeur Dumbledore ou alors tu viens t'exercer avec moi.
-Ah non ! J'ai déjà donné les cours d'occlumancie, très peu pour moi, s'insurgea Harry. Je progresse bien avec Hermione et je ne compte pas changer.
-Et bien vous pouvez vous exercer dans ma salle de classe, mais sans ma participation. Comment crois-tu que j'arrive à être un espion pour l'Ordre ? Je suis un excellent occlument, sans me vanter. Si ce n'était pas le cas, j'aurais déjà été éliminé par le Seigneur des Ténèbres.
-Je verrais ça avec Hermione et Ron alors, bougonna Harry. Mais, ils risquent de découvrir pour nous alors, s'inquiéta soudainement le rouge et or.
-Non, puisque ça sera dans un cadre strictement professionnel, un professeur qui surveille des élèves. Il faut vraiment que je te laisse sinon même mes collègues vont se poser des questions sur mon absence au petit déjeuner. A moins que le Directeur n'ai déjà prévenu toute l'équipe professorale...
Quelques heures plus tard, Harry retrouva ses deux amis dans la tour de Gryffondor.
-Harry ! Où étais-tu passé ? le questionna Hermione. Ron m'a dit que tu n'avais pas dormi dans ton lit.
-A l'infirmerie. Avec Snape.
-Comment ça ? S'étonna le rouquin.
-J'ai eu une connexion avec Voldemort hier, pendant que j'étais retenu par Snape. J'ai essayé de revenir ici mais il m'a emmené à l'infirmerie.
Le jeune homme omit volontairement le fait qu'il avait été dans les appartements de son professeur, il ne voulait pas qu'ils soient au courant. Il ne savait pas pourquoi, mais il souhaitait que tout ça reste secret pour le moment.
-Tu lui as dit ? Demanda la brunette.
Harry ne répondit pas mais la réponse pouvait se lire sur son visage.
-Alors ça y est, tu as rempli ta part du pari. Comment il a réagi ?
-Il m'a envoyé balader bien sûr ! Tu croyais qu'il réagirait comment Hermione !
-D'ailleurs, qu'est-ce qu'il te voulait après le cours, interrogea Ron.
-C'est à propos de l'occlumancie. Il m'a dit qu'on ne peut pas s'exercer seul. On doit avoir l'autorisation d'un professeur et le faire en sa présence. A l'infirmerie, il m'a proposé que je m'entraîne à nouveau avec lui. J'ai refusé bien sûr. Du coup, il m'a proposé qu'on s'entraîne dans sa classe, en sa présence, mais qu'il n'y participe pas. En fait, il ne m'a pas vraiment laissé le choix. Soit on s'entraîne dans sa classe, soit il nous dénonce à Dumbledore.
-C'est hors de question, s'écria son meilleur ami. Et puis quoi encore ? M'entraîner sous ses yeux et qu'il prenne encore plus de plaisir à nous rabaisser ?
-Je ne pense pas qu'il faut le prendre comme ça Ron, essaya de le calmer sa petite amie. Après tout, c'est lui qui avait été choisi par Dumbledore pour donner des cours à Harry non ? Ça pourrait être intéressant qu'il nous aide. Surtout toi Harry, vu que tu as encore eu une connexion avec Voldemort hier. Qu'est-ce que tu as vu d'ailleurs ?
-Il était furieux. Tout ne s'est pas passé comme prévu. Il a tué tout le monde à vue. Je ne sais pas ce que c'est, mais quelque chose n'a pas été fait et ça l'a mit dans une rage terrible.
-Tu pense que l'Ordre a réussi à déjouer ses plans ? Demanda Ron.
-Je n'en sais rien.
Hermione eu un sursaut et attrapa un exemplaire de la Gazette du Sorcier qui traînait sur une table, à proximité. Elle le feuilleta rapidement et poussa un cri de victoire.
-Là, dit-elle en étalant le journal sur la table. Elle montra un entrefilet d'une dizaine de lignes relatant la mort d'un employé du Ministère de la Magie, un conseiller du Ministre.
-Hermione, dit alors Harry, je ne vois pas le rapport avec la fureur de...
-Bien sûr que si Harry, s'exaspéra sa meilleure amie. Tu crois vraiment que Voldemort n'essaiera pas de se rapprocher du pouvoir central du Ministère ? Il l'a déjà infiltré depuis longtemps grâce à Lucius Malfoy. Mais il lui faut plus. Il faut qu'il place quelqu'un qu'il a choisi à la place du Ministre. Et cette personne sera évidemment sous Imperium, contrôlée par Voldemort lui même. Je pense donc qu'il est capital qu'on s'entraîne avec le professeur Snape pour l'occlumancie, pour qu'on puisse tous les trois fermer nos esprits. C'est capital pour que personne n'obtienne d'information de notre part, encore plus pour toi Harry. Si jamais Voldemort apprend en pénétrant ton esprit que tu devines ses plans, il risque d'être encore plus imprévisible qu'il ne l'est déjà.
-Très bien Hermione. Je dirais à Severus qu'on s'entraînera avec lui. D'ailleurs, je vais y aller maintenant. Il doit être dans son bureau non ?
-Je ne sais pas Harry, on est quand même samedi. En plus tu as des devoirs à faire.
-Je n'en ai pas pour longtemps, dit le jeune homme en se précipitant hors de la salle commune.
Il arriva rapidement au bureau de son professeur dans les cachots et se retint quelques secondes avant de frapper, légèrement nerveux. Il se maudit intérieurement de ne pas avoir regardé sur la carte du Maraudeur avant de se précipité ici. Il frappa à la porte et entendit l'homme de ses rêve lui répondre.
-Qu'est-ce que t...vous faites là Potter ?
Le jeune Gryffondor referma précipitamment la porte et s'approcha du bureau.
-J'ai parlé à Ron et Hermione. Ça a été dur, mais ils ont accepté, ou plutôt Hermione a accepté de s'entraîner ici. Je pense qu'on devrait faire plus que de l'occlumancie. On ne peut pas s'en sortir avec seulement les petits sortilèges qu'on apprend en cours de Défense Contre les Forces du Mal.
-Enfin quelque chose de sensé qui sort de ta tête Harry, lança Snape avec un léger sourire moqueur. Je pense en effet que c'est une bonne idée. Surtout pour toi. C'est toi, après tout, qui va te retrouver en face du Seigneur des Ténèbres. Bien, vous viendrez ici tous les trois, tous les lundis soirs pour vos cours particuliers.
-Très bien, répondit le jeune homme. Et, hum... Et nous... Euh... Quand est-ce que j'aurais le droit à euh... Des cours particulier avec vous seul ?
-Dis donc jeune homme, je croyais avoir dit ne pas vouloir aller plus loin, le sermonna le professeur.
-Un amour platonique, c'est ça que vous voulez ?
-Je n'ai pas dit ça Harry, soupira la terreur des cachots. Tu ne crois pas qu'on devrait apprendre à mieux se connaître ? En plus, comment tu peux être sûr de m'aimer ? Je n'ai jamais été agréable ou même tendre avec toi.
-Vous connaissez déjà tout de moi, soupira le jeune brun. Tout le monde connaît déjà mon histoire et tout sur ma vie. Je suis à Poudlard depuis mes 11 ans, vous êtes mon professeur, vous ne pouvez pas dire que vous ne savez rien.
-Oui, je connais déjà ta personnalité. Mais on en se connaît pas intimement. Je veux dire, s'empressa-t-il d'ajouter alors que son élève rougissait, je ne sais pas, par exemple, quel est ton plat préféré, ta couleur préférée, tes petites manies...
Harry fut très surpris. Qui aurait cru que Snape serait un tant soit peu romantique ? Mais il devait avouer qu'il avait raison.
-Je savais que cette relation était vouée à l'échec de toute façon. Je n'aurais jamais dû vous le dire, geignit le Gryffondor.
Snape se leva alors et s'approcha de son élève.
-Ne dis pas ça Harry, dit-il d'une voix qui s'était adouci. Je te promets de faire des efforts, mais ce n'est pas évident. On peut commencer doucement non ? Je suis quand même ton professeur, et jusqu'à il y a peu, on se haïssait. Viens là, on va apprendre à se connaître, soupira-t-il en le prenant par le bras tandis que le jeune homme semblait toujours aussi déprimé.
Snape s'avança vers l'armoire qui dissimulait une porte et l'emmena dans ses appartements.
