Note de l'auteur: Coucou tout le monde! Ça y est, le nouveau chapitre est enfin là! Je sais, j'ai été longue mais non, je ne vous oublis pas. Je suis contente de vous apprendre que le prochain chapitre est déjà en cours et que je sais ce qu'il va se passer dedans. Il ne me reste plus qu'à l'écrire (et trouver me temps pour le faire). En espérant que ce chapitre vous plaise et que vous n'allez pas me tuer pour la fin... Bonne lecture et à bientôt!

Chapitre 7 : Première nuit

La journée du samedi était passée à une vitesse alarmante, tout comme le dimanche. Ils étaient la veille de la reprise des cours et Harry faisait ses devoirs à la dernière minute, sous l'œil moqueur de Ron qui, pour une fois, les avait finis à temps. Il profitait donc de sa soirée pour bichonner son balai, calé dans son fauteuil préféré tandis qu'Hermione lisait, tranquillement adossée à ses jambes. La raison pour laquelle le jeune homme brun n'arrivait pas à se concentrer était simple : il ne faisait que ressasser la soirée passée avec l'homme qu'il aimait. Sa nuit avait ensuite été peuplée de rêves qui les mettaient en scène lui et ce dit-homme dans des positions qui n'étaient sans doute pas humainement réalisables.

Il soupira et en voulu à son professeur de Métamorphose d'être aussi exigeante. En plus des 70cm de parchemin, il devait s'entraîner à changer un repose pied en cochon, un exercice particulièrement difficile qu'Hermione avait bien sûr réussi au bout du troisième essai, récoltant ainsi 10 points pour Gryffondor dont Harry n'était pas peu fier. Mais à quoi bon être ami avec la plus brillante jeune sorcière de l'école si elle ne l'aidait pas à faire ses devoirs ? Tout simplement parce qu'elle voulait lui faire comprendre que ce n'est pas en travaillant à la dernière minute qu'il réussirait ses ASPIC à la fin de l'année. Qu'on pouvait être amoureux et faire ses devoirs. Ron les avait bien fait lui, non ? Évidement elle l'avait beaucoup aidé mais ça, Harry n'était pas obligé de le savoir, surtout qu'il n'était pas tout le temps avec eux, Merlin merci, pour voir ce qu'ils faisaient tous les deux. La brunette lui prit son devoir des mains quand elle comptabilisa le dixième soupir excédé, préférant finir à sa place plutôt que d'être l'assistante muette d'une catastrophe. Après tout, n'avait-il pas assez d'ennuis avec Snape ? Elle émit un claquement de langue sec en voyant les grossières erreurs qu'avait inscrit son meilleur ami mais ne le sermonna pas pour autant.

-Merci 'Mione, dit chaleureusement Harry, tu me sauves la vie.

Sur ces bonnes paroles qui amusèrent la jeune femme, il attrapa un livre de la série La Défense appliquée et son usage contre les forces du Mal que Sirius et Remus lui avaient offert quelques années plus tôt et se mit à l'étudier en prévision de la leçon de potion déguisée qu'ils auraient le lendemain. Bien qu'il saisissait un peu plus la personnalité de son professeur de Potion, il ne savait pas à quelle sauce ils allaient être mangés.

-Tiens, j'ai limité les dégâts sans pour autant modifier tout ton travail pour ne pas que McGonagall s'en aperçoive, lança Hermione en rendant son devoir à Harry qui la regarda affectueusement. La prochaine fois essaye de travailler un peu plus sérieusement parce que c'est quand même un devoir de vacances, tu es censé avoir le temps de le faire, les professeurs sont donc plus exigeants.

-Laisse le un peu Hermione, il est amoureux, plaida Ron. Il était dur en plus ce devoir.

La petite amie du rouquin ne releva pas et reprit sa lecture trop longtemps abandonnée à son goût. Le Survivant ne réussissant pas à se concentrer sur sa lecture, il partit se coucher tôt, laissant ses deux meilleurs amis tout à leur intimité.

Le lendemain la journée passa bien plus vite qu'un lundi ordinaire. Est-ce parce qu'Harry avait l'assurance de revoir Severus dans la soirée ? Il n'aurait su le dire, mais ce qui était certain, c'est qu'il attendait ce rendez-vous avec une excitation teintée d'une légère appréhension. Il se présenta avec ses amis à la porte du bureau du professeur de potion qui les invita à entrer. Il était en train de corriger des copies et celle devant lui faisait les frais de sa dureté et de son exigence. L'homme des cachots était aussi exigeant avec les autres qu'il l'était avec lui même, ce qui était la douche froide pour les élèves de premières années d'origine moldu ou n'ayant pas de frères et sœurs plus âgés pour les mettre au courant. Harry s'arrêta à peine le pas de la porte passé, tendu et anxieux. Même si ils avaient passé une soirée ensemble et avaient beaucoup parlé, Snape restait impressionnant aux yeux du jeune homme, ainsi, il le laissa terminer de rougir à coup de plume énergique la copie du pauvre élève qui se trouvait là. Le professeur tant haï fini par lever les yeux, le visage neutre de toute expression.

-Nous allons commencer par fixer quelques règles très simple. Vous ne direz évidement à personne ce que nous faisons ici. Si jamais on vous voit ou qu'on vous pose une question, vous direz que vous avez des rattrapages en potion, sauf vous évidement Miss Granger, vous direz que vous voulez en apprendre d'avantage pour vos ASPIC, ça sera bien plus crédible.

En disant ça, Snape s'attira un regard noir de la part de l'homme qui l'aimait. Son travail n'était certes pas aussi brillant mais il était correct, rien donc, ne justifiait qu'il doive dire qu'il était en rattrapage et non en perfectionnement.

-Il n'y aura aucune forme de familiarité non plus, continua le professeur comme si de rien n'était, Vous m'appellerez donc « professeur » ou « monsieur ». Avez-vous des questions ?

Aucun des trois adolescents ne dit un mot, trop impressionnés, à la fois glacés par cet accueil et impatients de savoir ce que le réservait cette première heure.

-Bien, comme personne n'est disposé à parler nous allons commencer par réviser les basiques. Je suppose que vous vous souvenez des sortilèges informulés ? Vous allez me lancer un sortilège de défense, que je voie un peu votre répertoire, et que je m'assure qu'ils sont réellement informulés.

Tout en disant cela il avait fait un geste qui paraissait négligent avec sa baguette qui avait eu pour effet de pousser les tables contre les murs et qui avait, semble-t-il, molletonné le sol. Harry fut surpris que Snape n'ai pas retiré quelques souvenirs dans la pensine de Dumbledore, mais il n'aurait pas été étonné qu'il l'ait fait bien en avance et l'ait caché quelque part à l'abri de sa curiosité. Le trio s'était naturellement positionné devant leur professeur, Harry en face et chacun de ses amis à ses côtés. D'un accord tacite et muet, ça serait le jeune homme brun qui attaquerait en premier. Il lança un informulé simple, un expelliarmus, histoire de s'échauffer un peu. La chauve souris des cachots ne fut pas surpris du sort qu'il sentit arriver et qui émanait d'Harry. Il savait que c'était son sort fétiche et il avait un tel air de détermination que le premier à le défier ne pouvait être que lui. Avec un très léger rictus amusé il le para sans aucune difficulté et le saucissonna tout en se protégeant in extremis d'un jambe en coton lancé par Hermione. Pas très défensif mais diablement efficace. Il vit alors Weasley devenir rouge de concentration et lui lança un regard goguenard avant de lui faire subir la même chose qu'à Harry. Seule la jeune femme se défendait et lui lançait des sorts. Elle réussi même à libérer le jeune homme à lunettes qui lui lança un expelliarmus auquel le professeur ne s'attendait pas vraiment et qui l'envoya valser à travers la pièce.

-Vous ne tiendriez pas 5 minutes face à un groupe de Mangemorts, dit-il pour se donner contenance tout en se levant prestement. M. Weasley je crois qu'il va falloir retravailler vos informulés. Il ne suffit pas de dire le sort dans sa tête pour que ça fonctionne. Il faut le sentir, l'imaginer prendre forme, se libérer de votre baguette et agir sur votre adversaire. Miss Granger vous êtes douée, c'est incontestable, mais vous manquez de puissance. M. Potter, vous êtes celui qui s'en est le mieux sorti. Mais je vous conseille de trouver un autre sort qu'expelliarmus. Vous êtes connu pour ça auprès des partisans du Seigneur des Ténèbres, c'est un peu votre marque de fabrique.

Il agita sa baguette avec une certaine négligence et un parchemin où figurait une liste de sortilèges apparu.

-Tenez, vous pouvez vous entraîner à lancer ces sortilèges. Ils constituent la base de la défense et il est primordial que vous les ayez tous en mémoire. Certains vous sont très connus et d'autres non. Je crois que vous savez exécuter le charme du Patronus, n'est-ce pas Potter ?

Pour toute réponse Harry repensa à la soirée passée en sa compagnie et lança le sort. Un cerf argenté en sortit immédiatement et fit le tour de la salle en trottinant avant de revenir vers lui et de s'évaporer sans laisser la moindre trace.

Severus eu fugacement un petit sourire en coin et se promis de lui demander plus tard à quel souvenir il avait pensé. Ils passèrent ensuite à la partie qu'Harry redoutait le plus, l'occlumancie. Le professeur voulait voir les progrès de son ancien élève en la matière, aussi demanda-t-il à Hermione de jeter le sort à son ami pour observer sa façon de faire. Il avait réfléchi depuis leur soirée passée ensemble et il en était arrivé à la conclusion qu'il ne connaissait absolument pas le Gryffondor, que son caractère n'était pas complètement celui de son père, qu'il tenait plus de Lily. Par extension il était donc logique que leurs séances d'occlumancie n'aient pas marché, Severus n'utilisant pas la bonne méthode. Les débuts de la représentation d'Harry et de la brunette furent laborieux, le jeune homme étant impressionné par l'homme qu'il aimait, ses yeux noirs fixés sur lui le rendant nerveux. Il finit par réussir à faire abstraction de la présence de son professeur de potion et à bloquer les intrusions de son amie dans son esprit. Snape devait bien le reconnaître, il avait fait beaucoup de progrès. Il demanda ensuite à la jeune femme de tester son petit ami puis le jeune homme à lunettes testa son amie à son tour. Ne voulant pas les surcharger de travail, il mit fin à la séance et les invita à revenir la semaine prochaine pour le début de leur programme d'entraînement, il ne souhaitait aujourd'hui qu'évaluer leurs compétences. Harry était partagé entre le soulagement de ne pas avoir subi de cours d'occlumancie de sa part et le regret de le quitter si tôt, même s'il était en compagnie de ses meilleurs amis pour ces séances. Il espérait pouvoir bientôt passer du temps avec lui, seul à seul.

Le reste de la semaine passa à une vitesse alarmante et Hermione ne cessait de leur faire remarquer que ce n'est pas en s'amusant lors de leur temps libre qu'ils réussiraient leurs ASPIC. Harry failli lui répliquer qu'ils n'avaient malheureusement nullement le temps de s'amuser, les devoirs leur prenant tout leur temps. Évidement la jeune femme les faisait avec une facilité déconcertante et avait ainsi tout le loisir pour faire des recherches plus poussées à la bibliothèque sous la surveillance accrue de Mrs Pince, la bibliothécaire au regard d'aigle.

Une nuit, Harry fit un rêve érotique particulièrement intense qui l'empêcha de se rendormir et qui mit tous ses sens en alerte. Il décida donc d'aller se promener dans la fraîcheur des couloirs pour y trouver l'apaisement, loin de l'atmosphère de son dortoir, que la chaleur des corps de ses camarades rendait étouffante. Il avait pris sa cape d'invisibilité héritée de son père et marchait sans but réel, appréciant le calme de la nuit. Il croisa Peeves qui s'appliquait à dessiner des moustaches sur les personnages des cadres endormis. Le jeune homme fit le moins de bruit possible en passant à côté de lui pour ne pas trahir sa présence. C'est au détour d'un couloir qu'il le vit, sa grande cape noire flottant autour de lui. Il devait sûrement patrouiller, une des mesures prises par le Directeur pour assurer la sécurité de l'école. Le jeune Gryffondor fut tenté de faire demi-tour pour ne pas être repéré et surtout ne pas finir en retenue, mais le privilège d'observer son professeur à la dérobée sans être vu fut plus fort que tout. Ça valait bien le risque d'une retenue avec lui non ? Ainsi, ils pourraient passer plus de temps ensemble, d'une pierre deux coups comme diraient les moldu. Et puis ils avaient commencé à se rapprocher non ? Une retenue avec lui ne pourrait qu'être bénéfique pour eux, si son professeur était dans un bon jour évidement. Il s'approcha donc doucement et hésita à enlever sa cape. Snape s'était arrêté et eut un très léger sourire en coin.

-Tu me tiens compagnie pour ma ronde Harry, se moqua gentiment l'homme en noir. Tu sais que je pourrais te donner une retenue ? Ou alors c'est ce que tu cherches ?

Le jeune Gryffondor fut heureux de se trouver sous sa cape d'invisibilité car il avait rougi sous la remarque de son professeur.

-C'est juste que je n'arrive pas à dormir, parvint-il à articuler. Je suis donc venu prendre l'air dans les couloirs. Comme je t'ai vu, j'ai...

-Tu n'as pas pu t'empêcher de venir c'est ça ? Termina l'homme pour lui.

Harry acquiesça, se rappela qu'il était sous sa cape et affirma donc les dires de son compagnon de vive voix. La chauve souris des cachots soupira et décida qu'il avait assez travaillé pour la journée et méritait un peu de repos, n'en déplaise à Dumbledore.

-Aller viens, suis moi, dit-il d'un ton sans réplique.

Il l'emmena alors dans ses appartements où le jeune homme enleva timidement sa cape. Harry avait un étrange sentiment de sécurité et de plénitude quand il venait ici. Bien que la décoration soit dans des tons sombres, que les étagères regorgeaient de livre, qu'une petite table supportait divers instruments, dont des strutoscopes, il aimait l'ambiance. Quand il se retourna, le jeune homme s'aperçut que son professeur avait enlevé sa grande veste/cape et qu'il portait une chemise blanche impeccable en dessous, qui le mettait grandement à son avantage d'ailleurs. Le Gryffondor se sentit rougir et détourna les yeux.

-Il est grand temps de se reposer, dit l'adulte en prenant la main de son jeune compagnon et en l'emmenant dans sa chambre.

Harry se figea sur le pas de la porte et hésita grandement, voulant faire demi-tour. Snape vit la peur du jeune homme et essaya de trouver les mots adéquats pour le rassurer.

-Harry, dormir ensemble ne veut pas dire coucher ensemble. Arrête donc de trembler et viens par là. Il faut que tu te reposes.

Le Survivant hocha la tête, se prépara pour la nuit dans la salle de bain attenante et vint s'allonger sur le lit à côté de l'homme qu'il aimait. Il allait passer sa première nuit avec lui. Il nageait en plein bonheur ! Une fois installé confortablement dans le grand lit, Snape passa un bras autour de sa taille et Harry vit une certaine tendresse dans son regard. Bien sûr, il était peut-être trop tôt pour avoir ne serait-ce qu'une esquisse de sourire amoureux, mais on ne pouvait pas tout avoir... Et en plus de dormir avec lui, il allait passer la nuit dans ses bras. Il ne pouvait pas rêver mieux ! Son cœur allait exploser de bonheur, c'était certain.

-Je doute que Dumbledore soit ravi de te savoir ici Harry, lui dit Snape tout en lui caressant le dos.

-Il est déjà au courant de toute façon, il sait toujours tout.

Severus étouffa un rire en déposant un très léger baiser sur la tête de son compagnon.

-Tu as de la chance que je sois d'humeur clémente aujourd'hui et que je ne t'ai pas mis en retenue.

-Je préfère être ici à dormir avec toi, même si c'est assez impressionnant, que d'être en retenue pour être venu voir l'homme que j'aime, dit Harry avec une franchise déconcertante.

Le maître de potion grogna quelque chose d'inintelligible et morigéna le jeune homme pour qu'il dorme.

Harry se réveilla en sentant son compagnon bouger contre lui. Il se pelotonna encore plus contre sa peau et commença à se rendormir quand il l'entendit parler.

-James, je suis si bien avec toi...
Il sentit alors un bras se resserrer autour de sa taille. Le survivant était figé d'horreur. Une fois encore, il était pris pour son père. Il se dégagea de ces bras possessifs en douceur pour ne pas réveiller l'homme près de lui, se rhabilla et sortit dans l'obscurité des cachots pour retourner dans son dortoir.