Chapitre 9 : Une douche plaisante.
Harry était rentré le cœur lourd dans son dortoir. Il avait retrouvé un Ron et une Hermione étroitement enlacés et il n'avait pas voulu les déranger, aussi était-il tout de suite monté se coucher. Ses rideaux étaient tirés quand son meilleur ami était venu à son tour, et il avait la désagréable sensation de le fuir mais il n'avait aucune envie de lui parler. Sa discussion avec Snape l'avait un peu trop secoué.
Les semaines passèrent à une vitesse folle et Hermione essayait tant bien que mal de les faire travailler pour qu'ils réussissent tous leur ASPIC. S'y ajoutaient les séances d'entraînement avec Severus et tous les devoirs que les professeurs leur donnaient. Ces derniers étaient de plus en plus exigeants et ne toléraient aucune erreur. Harry devait bien l'avouer, il ne passait pas autant de temps qu'il le voulait avec Severus. Mais il avançait bien dans ses séances d'occlumancie tout comme Hermione. Ron avait encore un peu de mal mais il avait de bonnes bases d'après Snape. Ils avaient tous progressé dans l'art du combat, même si Harry avait déjà un haut niveau. Le moment délicat arriva quand leur professeur de potion décida, un mois après, de passer aux potions. La jeune femme fut ravie car arrivait enfin un domaine qu'elle maîtrisait mieux que Le Survivant. Les deux garçons eurent quant à eux un choc et refusèrent d'abord de subir encore une fois les sarcasmes de la chauve-souris des cachots. Bien que Snape était indulgent et peu sévère lors de l'entraînement au combat -ils avaient réussi à le battre tous les trois un soir, ce qui leur avait valu un micro sourire en coin et un compliment voilé- ils avaient peur qu'il ne retrouve toute sa hargne en tentant de leur enseigner une fois de plus l'art des potions.
Comme Hermione avait de bonnes notes dans sa matière, Severus avait préparé un programme spécialement pour elle, un niveau plus poussé que le programme d'Aspic où il le savait, elle excellerait. Pour Harry et Ron il avait voulu repartir sur les bases, à savoir reconnaître un poison et être capable de créer un antidote. Il se souvenait de l'exploit du jeune homme brun l'année passée quand il avait sauvé son meilleur ami grâce à un bézoard. C'était judicieux mais il était capital, tant pour leurs ASPICs que pour les combats à venir qu'ils maîtrisent mieux les potions.
- On va commencer par quelque chose de simple. Bien que non mortelle, cette potion est très handicapante si elle est bue par inadvertance. Je parle bien entendu de la potion d'affaiblissement, dit Snape en les fixant. Il est évident qu'un Mangemort n'utilisera pas cette potion contre vous, il préférera le sort de la mort ou un poison violent. Mais les autres partisans du Seigneur des Ténèbres qui ne sont pas officiellement sous ses ordres peuvent utiliser cette méthode pour mettre toutes les chances de leur côté. Comme son nom l'indique, cette potion affaiblit quiconque la boit, tant sur le plan physique que psychique. Bien qu'elle ne soit pas mortelle en tant que telle, faîte-la avaler à quelqu'un qui n'a pas un moral solide et vous le tuerez. Il est donc capital que vous sachiez la reconnaître car même si vous êtes des Gryffondor, il se peut que vous ayez un moment de faiblesse et qu'ainsi vos ennemis en profitent pour vous faire boire cette potion à votre insu. Vous allez donc suivre les instructions qui sont sur le tableau et me faire cette potion. Si vous avez le moindre doute demandez-moi, je n'ai pas envie que vous fassiez exploser votre chaudron. Mais j'attends de vous que vous vous surpassiez, c'est bien compris ? Alors inutile de me déranger pour rien.
Les deux jeunes hommes hochèrent la tête. Harry était surpris. Jamais leur professeur n'avait pris autant de temps pour leur expliquer les choses. Évidemment sa hargne n'était jamais loin, preuve en était de sa dernière phrase. Il n'aurait pu faire meilleure menace. L'Élu était tenté d'abuser et de « déranger pour rien » la chauve-souris des cachots. Un bon moyen pour le taquiner et profiter un peu de lui, de sa présence rassurante à ses côtés. Même s'il s'était amélioré dans cette matière, Harry n'était jamais sûr de ce qu'il faisait quand il s'agissait de potion. Il espérait qu'un jour, au delà du fait d'aimer la matière, il arriverait à un niveau convenable pour faire la carrière qui lui plaisait tant.
Ils se mirent au travail et fait nouveau, Snape venait regarder ce qu'ils faisaient et leur donnait des conseils au lieu de les invectiver. Harry en fut très décontenancé, surtout que le corps de l'homme qu'il aimait si près du siens lui rappela le rêve peu avouable qu'il avait fait la nuit précédente. Il s'était alors réveillé à la fois excité et terriblement gêné d'imaginer tant de choses. D'autant qu'il n'était pas sûr que tout soit réalisable ! Il ne savait pas ce qui était le plus embêtant pour lui : rêver de scènes torrides le mettant en scène avec son professeur de potion ou voir ce que faisait Voldemort. L'un et l'autre le réveillait dans des états épouvantables, mais complètement opposés. Il avait bien envie que sa relation avec Severus progresse mais il était très occupé par ses révisions pour les Aspics et à apprendre le plus de choses possibles sur le Lord pour le battre. Il espérait quand même connaître les joies de l'amour avant que les combats ne commencent réellement et que l'un d'eux ne meurent. Mais tant que Snape le tiendrait si éloigné et que lui ne surpasserait pas ses peurs, rien ne pourrait changer. Il en était là de ses réflexions quand il entendit un sifflement inquiétant à côté de lui. Il regarda son chaudron malheureusement trop tard et fut couvert d'une substance marron visqueuse que son chaudron avait décidé d'expulser. Il entendit Ron qui essayait de se retenir de rire et sentit Severus s'approcher de lui à grand pas.
-Qu'est-ce que j'avais dis ? Es-tu si dénué de talent dans cette matière que cela t'empêche de faire une simple potion d'affaiblissement ? Tu ne pourrais pas te concentrer un peu ? Rugit son professeur.
Harry était cloué sur place. Il ne pouvait répondre, auquel cas il aurait de la potion dans la bouche, et Merlin sait quels dégâts elle pourrait faire, mais il était mortifié. S'il n'avait pas pensé à son corps collé à celui de l'homme qu'il aimait, il aurait pu l'impressionner en réussissant cette maudite potion. Il fallait vraiment qu'il arrête de se laisser distraire ! Le meilleur moyen était peut-être de voir si ce qu'il avait pu rêver était réalisable ? Il fut heureux d'être recouvert de potion car il rougit alors furieusement. Un Evanesco plus tard, il fut propre et baissa la tête pour regarder la pointe de ses chaussures.
-Vous deux, sortez, dit Snape d'une voix doucereuse.
Hermione et Ron ne se le firent pas dire deux fois et déguerpirent aussi vite qu'ils le pouvaient. Le Survivant savait alors que ça allait chauffer pour lui. Que Merlin lui vienne en aide !
-Je peux savoir ce qu'il t'est encore passé par la tête ? Fais-tu exprès de tout faire exploser rien que pour me rendre fou, est-ce pour attirer mon attention ou tu es réellement nul dans cette noble matière ?
Harry rentra la tête dans les épaules, souhaitant juste disparaître sous terre. Il n'allait quand même pas lui dire à quoi il pensait pendant qu'il était censé faire sa potion. Même si c'était l'homme qu'il aimait et avec qui il allait... C'était gênant !
-La potion t'a enlevé ta langue ?
-Je te rappelle que j'ai réussi à faire du Félix Félicis il n'y a pas si longtemps ! Je fais ce que je peux, mais je penses trop.
-Et à quoi peux-tu bien penser en faisant tes potions ? Tout ce qu'i penser c'est à tes ingrédients justement, voir ta potion évoluer aux fil des ingrédients, te soucier de la température pour qu'elle soit parfaite, voir toutes les nuances de bleu ou de gris pour qu'elle arrive enfin à maturation...
Harry ne l'avait jamais entendu parler de sa matière avec tant d'amour et de passion. Mais il ne pouvait se résoudre à lui dire. Quand Snape le vit à nouveau rougir, il devina d'où venait le problème. Fichu ado aux hormones en ébullition. Certes, lui aussi commençait à penser à partager des choses plus intimes avec le gryffon, mais pas au point de perdre tous ses moyens ! Il allait vite falloir qu'ils passent aux choses sérieuses, surtout si rien que sa vue mettait le jeune homme dans tous ses états. En y réfléchissant, ce n'était pas la première fois que le jeune homme réagissait de cette façon. Il devait alors penser à lui depuis un bon moment et ses nuits devaient être très inconfortables...
-Je vois, dit-il alors avec un sourire en coin. Je ne pensais pas être si irrésistible à tes yeux Harry. Mais il va vraiment falloir que tu te concentres un peu plus. Tu ne peux pas perdre tes moyens comme ça dès que tu me vois. Et si ça arrive pendant tes ASPICs ? Ou pendant les combats contre le Seigneur des Ténèbres ?
Le Gryffondor réalisa qu'il n'avait pas pensé à cette éventualité. Il fallait absolument qu'il se contrôle, sinon il courait à la catastrophe... Seulement, il ne savait pas comment se contrôler. Il faisait tout ce qu'il pouvait, mais de le voir devant lui, à quelques pas à peine, faisait revenir en lui les images de ses rêves les plus torrides. Il n'était pas prêt pour passer à l'acte avec son professeur, mais il était sûr qu'il fallait trouver une solution. Severus s'avança alors et Harry frissonna d'anticipation et de peur mêlées, ce qui n'échappa pas à son aîné.
-Ne t'inquiète pas, je ne vais pas te manger. J'imagine bien à quel point tu es impressionné, mais tu sais, tout ça viendra naturellement. Faire des rêves, aussi érotiques soient-ils, est tout à fait normal. Il faut juste que tu apprennes qu'il y a un temps pour tout. Réserve ce genre de pensées pour quand nous sommes ensemble, d'accord ? Ça fait désordre en cours. Pas que je ne sois pas habitué à tes mauvaises notes, le taquina-t-il, mais il faut vraiment que tu aies un bon niveau pour tes examens. Tu seras devant tes examinateurs plus vite que tu ne le penses, tout comme la bataille finale avec les Mangemorts.
-J'aimerais t'y voir toi ! Je ne peux pas m'en empêcher, dès que je penses à toi c'est comme si je n'avais plus qu'une envie, c'est que tu me... Le jeune homme ne put finir sa phrase et devint aussi rouge que l'ourlet qui décorait sa robe de sorcier.
Son professeur se retint de rire alors que la gêne de son compagnon était croissante. Il lui attrapa la main et le tira jusqu'à ses appartements. Il sentait bien la nervosité du Gryffondor mais il savait que peu importe le moment, il appréhenderait toujours, il ne pourrait pas enlever la peur de cette découverte. Il ne comptait pas lui faire l'amour aujourd'hui, c'était trop tôt. Mais pourquoi pas découvrir son beau corps qu'il devinait musclé par le Quidditch et rafraîchir un peu l'ardeur de son compagnon. Il l'entraîna directement vers sa salle de bain. Rien de mieux qu'une douche pleine de mousse pour découvrir mutuellement leurs corps ainsi que de se débarrasser de la sueur causée par leur entraînement intensif. Arrivé dans la pièce spacieuse équipée d'une douche et d'une baignoire aux proportions plus que généreuses, il se déshabilla sans aucun complexe. Harry lui restait planté là où l'homme qu'il aimait l'avait laissé, n'osant pas se déshabiller et fasciné par le corps qui se dévoilait à son regard.
-Tu vas rester là à me regarder ou tu te déshabilles ? Pas que ton regard me gêne, mais se doucher avec des vêtements n'est pas très agréable, se moqua gentiment Snape.
Le jeune homme hésitait. Il était habitué à se changer devant ses camarades dans les vestiaires du stade, ou alors dans son dortoir, mais là, se mettre nu... Il avait tout de même une certaine pudeur.
Severus, comprenant le trouble de son jeune compagnon n'enleva pas son boxer. Il allait falloir changer de tactique finalement. Se mouvant avec grâce, il vint voler un tendre baiser à Harry. Baiser qui très vite s'échauffa, le jeune homme répondant avec enthousiasme à cette douce caresse. Il sentit les mains de son compagnon se faufiler sous sa chemise, frôlant son ventre et allumant ainsi un feu brûlant dans tout son corps, une passion sans nom déferla dans ses veines pour le nourrir et faire grandir une envie de sentir ce corps quasiment nu contre lui. Le jeune Gryffondor se détacha de l'homme qu'il aimait, juste le temps de reprendre son souffle, tout en enlevant son pull et sa chemise. Il revint se coller contre le corps qui lui manquait déjà, savourant avec bonheur les nouvelles sensations qui naissaient en lui à ce contact nouveau. Quand il sentit la main de son compagnon migrer vers le bouton de son pantalon, il eut, pendant une fraction de seconde, un peu de panique. Etait-il vraiment prêt pour ça ? Severus le sentit car il arrêta d'embrasser Harry et posa son front contre le sien, le serrant dans ses bras. Voilà qu'il avait failli réagir comme un adolescent, à laisser ses émotions et ses hormones prendre le dessus. Son compagnon lui, avait un sentiment de manque, il avait envie de plus qu'un baiser passionné, son torse collé à celui qu'il aimait. Peut-être pas trop loin non plus, il était tout de même un peu nerveux, mais il voulait pousser l'exploration un peu plus loin. Il fit alors honneur à sa maison et prit son courage à deux mains et enleva son pantalon et son boxer. Nu, il se sentit vulnérable mais résista à cette petite voix qui lui disait de se cacher. Il avait confiance en Severus, et il l'aimait. Quoi de plus normal dans ce cas que de se retrouver nu devant lui, et qu'ils partagent chacun leurs corps ? Ne disait-on pas que la communion des corps menait à la communion des âmes ? Il avait envie de vérifier cette théorie et il savait, bien qu'étant sans expérience, qu'il y avait bien des façons de s'unir et qu'ils n'étaient pas obligés d'aller jusqu'au bout. Autrement dit, aller jusqu'à la pénétration, appelons un dragon un dragon après tout. Snape fut subjugué par le corps qui s'offrait à son regard et remarqua que son compagnon n'était pas très à l'aise. Il le poussa sous la douche et finit de se déshabiller en vitesse pour le rejoindre à son tour. D'autorité il mit le jeune homme sous le jet d'eau chaude et commença doucement à laver ses cheveux indomptables. Il versa ensuite une dose généreuse de gel douche et commença à parcourir ce corps qui le tentait tant, ses yeux rivés dans ce regard émeraude qu'il aimait par dessus tout. Le professeur de potion était ravi de la confiance que le Gryffondor lui accordait. Quand il du laver ce sexe pour lequel il avait beaucoup de projets, il vit avec bonheur le jeune homme régir sous cette simple caresse. Cela promettait bien des heures de jeux et de plaisir.
-A toi, dit-il une fois qu'il l'eut rincé.
Harry prit le shampooing et lava les cheveux qu'il sentit doux, ce qui l'étonna. Il allait falloir creuser la question. Il hésita un bref instant mais prit également le gel douche et lava ce corps qui lui inspirait tant de fantasmes. Il évita à tout prix de toucher au membre de son compagnon, ce qui fit sourire ce dernier. Le jeune homme le trouvait très impressionnant par sa taille et il savait pertinemment qu'il ne serait pas celui qui prendrait mais celui qui serait pris. Severus prit alors les devants, insufflant le peu de courage qu'il manquait au jeune homme.
-Fais comme moi Harry.
Il posa la main sur son entrejambe et lava à nouveau sa verge, attendant que son compagnon suive son geste. Geste qui se transforma bientôt en caresse, lente et sensuelle, et chacun pu voir avec ravissement à quel point le corps de l'autre réagissait à cette façon d'aimer et de découvrir le corps tant aimé. Les mouvements se firent plus intenses et Harry dû se caler contre le corps de son compagnon car ses jambes avaient du mal à le porter. Quand la jouissance fut proche pour lui, il s'affala encore plus contre lui, si c'était possible. Il vint en premier, couinant plus que criant, n'osant pas exprimer l'étendue de son plaisir. C'est en voyant ce spectacle si émouvant que l'homme vint à son tour, aidant son compagnon alangui contre lui à le branler, trop perdu qu'il était pour rester concentré sur son geste. Une fois remis de leurs émotions, l'homme prit le corps menu dans ses bras et l'enveloppa dans une serviette moelleuse. Il en prit une autre plus petite pour lui sécher les cheveux et fit de même avec lui.
Harry alla se réfugier dans le salon, et se blottit dans le canapé. Il n'arrivait pas à réaliser qu'il avait fait ça. Il était à la fois extatique et complètement paniqué. S'ils commençaient comme ça, bientôt ils...
-Harry regarde moi, lui dit soudain Severus. Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu n'as pas aimé ? Tu aurais pu m'arrêter à n'importe quel moment tu sais.
-Non ce n'est pas ça. Bien sûr que j'ai aimé, c'est juste que... Tu vas vouloir plus. Et, je ne suis pas prêt.
-Je ne te forcerais en rien et ce n'est pas comme si ce genre de choses se prévoyait. C'est arrivé parce qu'on est bien ensemble, que j'en avais envie tout comme toi. Mais le sexe Harry, viendra naturellement comme ce qui vient de se passer. Ça ne sera absolument pas calculé et si tu ne voudras pas à ce moment là, il ne se passera rien.
-Mais j'en ai envie Severus, murmura Harry.
-Je sais que tu en as envie, moi aussi. Mais notre relation est trop récente, il faut qu'on se laisse le temps. On peut continuer de se découvrir de bien des manières avant d'en arriver là. Ne t'inquiète pas pour ça s'il te plaît.
Le jeune homme se leva et prit la main de l'homme qu'il aimait pour se diriger vers la chambre, tout naturellement.
