Les maladies : On croit toujours qu'on va en guérir, ou en mourir, alors que ce qui arrive, c'est autre chose : On vit et on vieillit avec. Paul Morand
Chapitre 5
Quelque chose était différent chez John, depuis quelques jours.
Premièrement, quand Sherlock croisait ses yeux bleus saphirs, le blond détournait le regard, alors qu'il aurait normallement soutenu le contact visuel, par simple fierté masculine.
Deuxièmement, John ne se mettait plus à coté de lui, en cours : Il arrivait toujours dans la salle de classe avant le sociopathe, et il s'installait au plus vite à la table déjà occupée par Molly.
Troisièmement, il ne lui adressait plus la parole.
Tous les signes concordaient, alors Sherlock dut se rendre à l'évidence : John l'évitait... Non, le repoussait serait un terme plus exact.
Au début, il avait pensé que John lui en voulait, pour une raison qui le dépassait.
Pourtant, le visage de celui-ci n'était pas haineux ou rancunier : Il était juste horriblement neutre, alors Sherlock avait rejeté l'hypothèse de la colère.
Seulement voilà : Le problème n'était pas cette soudaine tension entre eux deux, mais c'était qu'elle dérangeait le brun, mais sa fierté lui avait formellement interdit d'aller directement demander à John quel était le problème.
Cependant, au plus les jours passaient, au plus sa volonté – réputée infaillible – s'effritait. Si bien qu'il devait à présent se retenir de ne pas lui demander des explications.
Parce que les sourires narquois qu'ils s'adressaient, au détour d'un couloir, lui manquaient.
Parce que leurs brefs échanges sarcastiques entre deux cours, dans lesquelles l'un faisait tout pour blesser amicalement l'autre, lui manquaient.
John lui manquait, tout simplement. Et cette désagréable sensation de manque qui obstruait sa poitrine était vraiment étrange, parce que Sherlock ne l'avait encore jamais ressenti.
Il se gifla mentalement : il manquerait plus que lui, l'insensible Sherlock Holmes, soit devenu dépendant de John Watson.
Ridicule.
Pourtant – et Sherlock ne l'avouerait jamais, même sous la torture – il craqua, pendant les deux heures de français, quand John était assis à la rangée juste devant lui :
« Tu m'évites, Princesse. »
Ce n'était pas une question : C'était une affirmation claire et nette, teintée d'une minuscule aigreur.
Une rancune qui se transforma en offence, quand John ne se retourna même pas, mais elle ne se reflétait pas une seule seconde sur le visage de pierre de Sherlock.
D'ailleurs, il était soulagé d'être encore capable de contrôler les mouvements de sa face, à défaut de ses sentiments qui lui jouaient des tours.
Après un moment de silence, John lui demanda froidement, sans lever le nez de sa copie :
« Tu as des preuves ? »
Ça faisait longtemps que Sherlock n'avait pas entendu la voix du blond s'adresser à lui, mais elle fut si méconnaissable, qu'il commençait à regretter de l'avoir entendue, avec ce ton aussi sec.
Avec ce ton qui n'était tellement pas... John.
« Tu sais bien que oui. » Chuchota-t-il, en gardant son flegme habituel.
« Et tu as le mobile ? »
Toujours aucun regard en sa direction, mais Sherlock commençait à appréhender la lueur qu'il pourrait lire dans les yeux bleus de John, s'ils se posaient sur lui.
« A toi de me le dire. » Trancha-t-il sèchement, cette petite comédie commençant à l'agacer sérieusement.
« Et pourquoi je t'éviterais ? Ironisa méchamment John, tout en continuant à rédiger, Je veux dire, ta compagnie est tellement agréable ! »
Sherlock avait l'habitude du sarcasme, avec John : C'était même devenu un rituel assez amusant entre eux, mais cette fois-ci, ce n'était plus un jeu. Chaque mot claquait sèchement dans l'air, comme les lanières mordantes d'un fouet.
« L'ironie ne te va pas, Princesse. »
« Ouais, je sais, Marmonna John entre ses dents, Dommage, hein ? »
Sherlock partit sur un autre terrain d'attaque, en ignorant la pique précédente :
« Ça ne répond pas à ma question... Pourquoi tu m'évites ? »
« Je suppose que si je te dis : ''Tu me saoules, et ta gueule m'insupporte'', ça ne serait pas assez pour toi, hein ? »
Le nez fin de Sherlock se fronça d'agacement :
« Je n'ai pas précisé : Je veux une réponse honnête. »
« Malheureusement, on n'a pas tout ce que l'on veut, dans la vie. »
Cette réponse en elle-même n'était pas vraiment cassante, mais le ton horriblement sec du blond la rendit deux fois plus cinglante. Et deux fois plus blessante.
Comme pour enfoncer le clou, John lui lança un regard noir, en lui susurrant vicieusement : « Mais ce n'est pas au grand Sherlock Holmes que je vais apprendre ça, hein ? Vu qu'il sait tout... »
« Je sais tout. » Affirma fermement Sherlock d'un ton limite brusque : S'il y avait bien une chose qu'il ne supportait pas, c'était que l'on remette ça en question.
« Alors devine... Fais tes trucs de Taré en silence. Mais, fiche moi la paix. »
C'était dur.
C'était cruel.
Parce que la voix glaciale de John ne contenait aucune fêlure susceptible de démasquer un possible mensonge.
Et ça fit mal. Dans les deux camps.
Cette riposte eut le luxe de clouer le bec à Sherlock, mais pas une seconde, John ne s'en délecta.
L'expression faussement hostile du blond se volatilisa quand il tourna le dos à Sherlock, et sa bouche se tordit de culpabilité.
Sa langue lui brûlait de tout avouer, et de s'excuser platement, mais il se retint.
Il se répétait en boucle que c'était nécessaire, que le brun devait le détester, mais ça ne le réconfortait pas.
Parce que John n'aurait jamais pensé que blesser intentionnellement le frisé puisse faire aussi mal.
De son côté, Sherlock n'aurait jamais pensé que quelques mots puissent faire aussi mal.
~~
Sherlock n'arrivait pas à détacher son regard de la silhouette trapue de John, située à deux rangées de table plus loin.
Les mots du professeur atteignaient ses oreilles, mais son cerveau distrait ne les analysait pas, alors ils résonnaient en un écho incompréhensible.
Parce que toute son attention était focalisée sur ce putain de John Watson.
Imperturbable face aux quelques bavardages qui perturbaient la classe, celui-ci recopiait sagement le cours qui était salement griffonné à la craie au tableau.
Mais cette vision d'élève modèle était gâchée par quelques détails perturbants, que les yeux experts de Sherlock ne tardèrent pas à trouver.
Quelque chose n'allait pas.
Déjà, John buvait plus que d'habitude. En effet, il avait toujours une petite bouteille d'eau avec lui, étant autorisé à en boire régulièrement – même pendant les cours – à cause de sa condition. Mais il n'avait encore jamais bu autant.
Comme s'il se gavait d'eau pour essayer de faire passer une sensation désagréable...
De plus, Sherlock pouvait voir que l'une des mains de John se plaquait régulièrement contre sa poitrine, en la massant doucement.
Ça ne plaisait pas à Sherlock.
Se tirant de son inquiétude, il se força à ne pas s'en préoccuper. Après tout, le blond avait été suffisamment clair, la dernière fois: Il ne voulait plus le voir.
Oui, les mots du blond lui étaient restés en travers de la gorge.
Oui, le grand et fier Sherlock Holmes avait été vexé.
Et encore maintenant, même si ça datait de plusieurs heures.
Pourtant, dès que la sonnerie retentit, et que John se rua en urgence vers la sortie, sans même prendre les devoirs qu'annonçait le professeur, Sherlock oublia toute sa rancœur, et il partit à sa poursuite, en se maudissant mentalement.
~~
John courait vers les toilettes les plus proches, en se frayant un chemin dans la foule abondante d'élèves qui zigzaguait dans les couloirs, comme un troupeau de fourmis.
Il s'était contenu pendant toute l'heure le plus discrètement possible, en priant pour que la sonnerie le libère, au plus vite.
Résultat ? Ses poumons brûlaient atrocement, il avait la nausée, et son mal de tête était si puissant qu'il avait l'impression que son crane allait exploser, sous la pression exercée sur ses tempes.
Quand il arriva à la destination tant voulue, il n'en fut même pas soulagé.
Il se jeta sur le lavabo le plus proche, s'accrocha à son rebord, et il se mit à cracher un mélange immonde de bile et de sang. De sa main tremblante, il alluma le robinet, pour que l'eau se mélange avec le liquide rouge, et le fasse disparaître.
Tout son corps était violemment secoué par une quinte de toux, et il était tellement pris dans sa crise, qu'il remarqua, seulement quelques instants après, deux élèves près de lui qui le fixaient avec horreur.
Il aurait voulu leur aboyer de dégager mais, sa langue étant en plomb, seul un gargouillis incompréhensible franchit ses lèvres, avant qu'il ne se remette à tousser de façon incontrôlable.
« Dégagez d'ici. »
La voix sévère de Sherlock tira les deux élèves de leur contemplation malsaine, et ils s'exécutèrent craintivement, sous le regard dur du nouvel arrivant.
A présent seuls, le brun ferma la porte pour leur donner un peu d'intimité, et il s'adossa tranquillement au mur avec un soupir las, en fourrant ses mains dans ses poches.
Et il se mit à attendre que la crise passe.
John était soulagé que Sherlock lui tienne compagnie, et il l'était d'autant plus, car le frisé ne disait rien.
D'un autre côté, il était atrocement gêné que Sherlock assiste à ce spectacle déroutant, sans même tressaillir : celui-ci restait de marbre, comme s'il observait un film particulièrement ennuyeux.
Il ne manquait plus que les pop-corn, pour que l'image soit parfaite...
« Qu'est-ce que tu fous là ? » Fut la seule phrase que John put prononcer, quand sa toux se calma, et quand il ne ressentit plus le besoin de cracher.
Il garda sa tête dans le lavabo, juste au cas où.
« Pourquoi on vient aux toilettes, à ton avis ? » Riposta Sherlock d'un ton nonchalant, en sortant ses mains de ses poches pour croiser ses bras avec entêtement devant sa poitrine.
John fut évidement, tout sauf dupe :
« Je n'ai pas précisé : je veux une réponse honnête... »
Si John avait fait face à Sherlock, il aurait vu la lueur douloureuse qui flasha dans ses yeux translucides, parce que le blond avait repris mot pour mot sa réplique durant leur dispute, et il n'aimait pas se la remémorer.
« OK, je l'avoue : Je t'ai suivi. » Avoua-t-il tranquillement, en haussant ses épaules.
« Super... Bougonna John en serrant les dents, Bordel, mais c'est flippant, de suivre des gens ! »
Dans un même temps, le blond se retourna pour faire face à Sherlock, en essuyant sa bouche pâteuse d'un revers peu gracieux de sa manche.
« Plus flippant que de chercher des informations sur des élèves ? »
John ne savait pas ce qui l'étonnait le plus : Que Sherlock lui parle tranquillement, malgré ce qu'il lui avait craché à la figure un peu plus tôt dans la journée, ou le fait qu'il y avait un semblant d'humour dans sa voix grave.
« On ne suit pas les gens aux toilettes, sans l'avoir demandé. »
Ayant compris le sous-entendu à cause de l'appui du mot, Sherlock roula les yeux, mais son visage resta imperturbable :
« Tu as un esprit pervers, Princesse. »
« Et, toi, tu es un idiot de m'avoir suivi ! » Riposta sèchement John, en le pointant du doigt d'un air accusateur.
Sherlock leva le menton en signe d'arrogance :
«Ce n'est pas plus idiot que de ne rien dire au prof, quand on ne se sent pas bien, comme la magnifique Princesse malade et têtue que tu es ! »
Sherlock n'avait même pas repris son souffle pendant sa riposte. Sa mâchoire contractée de colère, ne s'était pas desserrée, non plus.
« Je ne voulais pas me faire remarquer... ! » Marmonna honteusement John, prouvant à Sherlock qu'il avait mis le doigt sur un point sensible.
Cette explication ne sembla pas perturber le frisé, comme s'il s'y était attendu, et il ne s'adoucit pas un seul instant.
« C'est certain que si tu vomis sur une table devant toute la classe, ce sera nettement plus discret que si tu demandes juste d'aller aux toilettes... »
L'ironie dans son ton accentua la honte de John, qui se dandina d'un pied sur l'autre. Puis, il murmura faiblement : « Tu n'aurais pas dû me suivre. »
« Et pourquoi ? » Demanda Sherlock, d'une voix clairement ennuyée.
Parce que je suis censé m'éloigner de toi.
Parce que je ne veux pas que quelqu'un me voit en train de vomir mes tripes dans un lavabo.
« Je ne voulais pas que tu voies ça... » Ce n'était pas un mensonge, mais bien évidemment, John négligea les deux points précédents.
Cette réponse, dotée d'un semblant de culpabilité, fut le déclic dans le cerveau de Sherlock.
En un clin d'œil, il se rapprocha de John, qui eut juste le temps de reculer par réflexe, jusqu'à ce que son dos n'entre durement en contact avec le rebord du lavabo.
Sherlock en profita pour accrocher ses deux mains osseuses à ce rebord, de chaque coté du corps raidi de John, l'emprisonnant ainsi entre ses bras tendus.
« Tu n'aimes pas être ménagé, n'est-ce pas ? » Grinça-t-il, en plantant avec agressivité ses yeux translucides dans ceux timides du blond.
John eut du mal à déglutir. Cette soudaine proximité était bien trop gênante à son goût, et elle lui avait littéralement coupé la respiration.
« Je déteste ça. » Répondit-il dans un murmure, en tressaillant de dégoût rien qu'en y pensant.
« Alors, ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas que l'on te fasse ! »
Le ton de Sherlock était si autoritaire, qu'il aurait pu faire fondre en larmes le plus téméraires des hommes.
Les lèvres de John se pincèrent jusqu'à former une fine ligne droite, tandis que le frisé poursuivait :
«J'ai compris ! Cette petite comédie de '' Je ne t'aime plus '' c'est juste parce que tu veux me préserver de ta maladie ! »
Il avait craché le verbe ''Préserver'' avec un dégoût évident, comme s'il n'était pas digne de sa personne.
« Qu'est-ce qui m'a trahi ? » Demanda faiblement John, qui était trop las pour nier l'évidence.
Comme les yeux de Sherlock étaient beaucoup trop brûlants, le blond gardait les siens obstinément rivés au sol, mais un claquement sec de langue contre le palet du brun, le força à affronter son regard tenace.
« Tu es un acteur pitoyable. Je te déconseille une carrière de comédien. »
Bien sûr... Sa petite comédie aurait pu passer avec quelqu'un d'autre, mais pas avec Sherlock Holmes. Et John avait été suffisamment stupide pour croire qu'il arriverait à le duper...
Pathétique.
« Alors, écoutes-moi bien, parce que je déteste me répéter ! Il faut bien plus pour me faire fuir, que simplement la vue d'un peu de bile et de sang. Je ne suis pas une princesse fragile à préserver, et ce n'est pas à toi de décider qui je dois fréquenter pour mon bien, ou d'autres conneries de ce genre ! Je fais ce que je veux, et si je dois en souffrir, ce sera mon problème, alors tu ne fais plus jamais ça, est-ce que tu m'as compris ? »
« Oui. »
La voix brisée, mais sincère, de John avait tellement été faible que Sherlock n'avait même pas entendu le mot, mais il l'avait déduit, grâce au mouvement de la bouche de son interlocuteur.
L'air honteux, et transpirant de culpabilité de John, suffit à faire fondre la colère restante de Sherlock comme neige au soleil.
Il n'y avait pas uniquement de la honte, dans les agissements du blond : Des flammes de colère et d'impuissance dansaient dans ses iris bleues.
Il était en colère.
Ce qui était compréhensible : Chaque crise était un rappel douloureux de sa maladie permanente.
Chaque crise le replongeait dans la cuisante réalité, mettant ainsi fin à son court moment de répit.
Alors Sherlock soupira, en libérant le corps de John :
« Viens avec moi. » Ordonna-t-il doucement.
« On ne va pas en cours ? » Demanda naïvement John, perplexe.
« Non. » Renifla Sherlock avec mépris.
Cette réponse était claire et nette, comme si elle était d'une logique imparable.
« Quoi... ? Mais, on a... »
« Tu as envie d'aller en cours ? »
Cette question sceptique et défiante rendit le blond muet pendant quelques instants, mais il parvint à bredouiller d'un air qu'il essaya de rendre assuré, mais il échoua lamentablement :
« Non, pas vraiment, mais... »
Il avait à peine commencé à protester, mais apparemment, il n'était pas autorisé à finir une seule de ses phrases, puisque qu'il fut de nouveau coupé, sans aucune politesse :
« Alors c'est réglé ! Trancha Sherlock en balayant négligemment l'intervention de John d'un geste désintéressé de la main, Tu viens d'avoir une crise de toux, et tu es en colère. Conclusion: Tu n'es pas en état d'aller en cours. Alors, sortons de ce lycée pourri, et viens avec moi. »
« Tu m'amènes dans une cave ? » Plaisanta John avec un sourire en coin, et il dut lutter pour ne pas rire quand l'incompréhension totale figea le visage de Sherlock.
« Hein ? Demanda-t-il en fronçant les sourcils, Pourquoi je t'emmènerais dans une cave ? »
« Pardon... Rit John en rougissant jusqu'à la racine de ses cheveux, C'était une blague cochonne. »
Sherlock lui lança un regard moqueur qui se traduisait par '' Je te l'avais bien dit : Tu as un esprit pervers '' mais le sourire de John était contagieux, parce que ses propres lèvres s'étirèrent brièvement.
« Allez, viens ! »
John en eut honte, mais il envisageait sérieusement d'obéir.
« L'endroit où tu veux m'emmener... C'est loin du lycée ? »
« A quelques minutes de marche. »
John ricana, en hochant pensivement la tête.
« Ça y est, j'ai compris... Tu veux me tuer, en fait ! »
« Tu as un mobile ? »
Le sourire amusé, presque mesquin de Sherlock, prouvait qu'il plaisantait, mais John répondit tout de même :
« Tu es un connard. »
Cette insulte déclencha un petit rire de la part du brun.
« Certes... Admit-il sans honte, Des preuves ? »
« Tu as accéléré le pas, quand on prenait les escaliers, pour que je sois essoufflé, et maintenant, tu veux m'emmener Je-Ne-Sais-Pas-Où, alors que je ne suis pas au top de ma forme... »
« Si j'avais voulu te tuer, tu ne serais pas là pour y réfléchir. »
Ce n'était pas faux.
« Laisses moi résumer... Marmonna John en souriant, Tu veux que l'on sèche les cours ? »
Les yeux verts émeraudes de Sherlock clignotèrent d'agacement, maudissant son interlocuteur pour être aussi lent.
« Oui. » Répondit-il avec impatience, en soufflant par le nez.
« Et aller à un endroit qui m'est inconnu... »
« Oui. »
« Sans prévenir nos parents... »
« Évidemment. » Grogna Sherlock en levant les yeux au ciel d'agacement pour avoir seulement posé la question.
John réfléchit encore un instant, avant de déclarer sur le ton de la plaisanterie :
« En fait, je sais pourquoi j'ai voulu m'éloigner de toi... Tu as une terrible influence sur moi... »
« Alors ? » Enchaîna Sherlock, avant qu'un sourire amusé ne naisse sur son visage.
« Oh bordel, oui, je viens ! »
Sherlock s'était déjà élancé vers la sortie, quand John s'arrêta.
« Sherlock... Bredouilla-t-il pitoyablement, Je suis désolé pour... Enfin, tu sais... C'était faux... Je... Je ne le pensais pas. »
Sherlock savait que le blond était sincère. C'est pour cette raison qu'un sourire presque attendri joua sur ses lèvres, creusant une fossette sur sa joue droite.
Cette fossette adorable que John aimait tant.
« Viens, Princesse. » Dit-il doucement, mettant ainsi fin à ses excuses maladroites.
Avec un sourire soulagé, John lui emboîta le pas, curieux de savoir où Sherlock comptait l'emmener.
