Bonsoir les blocards ! Voilà le chapitre 25, et il est très long ! ^^ Peut-être même le plus long. Et repasse du côté de Thomas cette fois-ci.

Attention ! Je préviens au cas où, il y aura quelques descriptions pas très appétissantes dans ce chapitre !

Merci beaucoup à clochette1710 et vane84 pour leur review ! :)

Bonne lecture


Chapitre 25

Après toute les informations qu'il avait reçu, Thomas avait l'impression que son crâne allait exploser.

La mère de Teresa avait donc été la première victime du virus, ainsi que la personne à le répandre involontairement par la suite. Et après s'être repassé la conversation de nombreuses fois dans son esprit, quelque chose lui sauta aux yeux. Il avait une grande idée de l'endroit où il se trouvait, il pouvait se tromper, mais tout cela était trop énorme pour être faux. Il avait apprit que la mère de Teresa n'était pas morte mais simplement atteinte du virus, même s'il ne savait pas si Teresa l'avait su dès le début ou non. Thomas pensait plus qu'elle avait été en quelque sorte embrigadée dans tout ça au moment où Wicked l'avait prise pour cible avec deux de ses amies. Mais dans tous les cas, la mère de Teresa était censée être morte lors de l'énorme fuite radioactive à Scottsdale. Et une grande zone d'une trentaine de kilomètres autour avait été établie, empêchant toute personne de passer grâce à des énormes barrages. Il avait à certains endroits construit des murs pour éviter que quiconque ne s'aventure à l'intérieur de cette zone radioactive. S'il y avait bien un endroit sur la planète où un virus avait pu se répandre sans que personne ne s'en rende compte, ce devait bien être là. La base de Wicked devait probablement être à l'intérieur même de Scottsdale, la banlieue de Phoenix. Et la fuite radioactive n'était probablement qu'une manière de camoufler un plus grand danger. Voilà une information probable qu'il avait réussit à récolter en plus.

Et Thomas espérait aussi que Kent allait se faire sacrément réprimander pour ce qu'il avait révélé. Thomas ne l'aimait pas, il avait juste l'air d'être une mauvaise personne.

Thomas passa deux autres journées à réfléchir à tout ça, restant seul dans sa chambre "d'hôpital". Seule l'infirmière passait de temps en temps, pour vérifier son état, changer son pansement ou lui amener à manger. Il se sentait encore affaibli mais sa blessure lui faisait déjà un peu moins mal. Il évitait malgré tout de trop bouger son épaule, la zone restait très sensible.

Le lendemain matin, Thomas fut plus qu'heureux de la nouvelle que lui apporta l'infirmière alors qu'elle s'occupait de lui.

- Tu vas pouvoir sortir de l'infirmerie, un garde va bientôt venir te chercher, l'informa la jeune femme après avoir finit de mettre le nouveau pansement.

Thomas sentit une puissante joie le gagner. Dans un environnement pareil, le pire pour lui était bien d'être loin de ses amis. L'infirmière lui donna des vêtements propres avant de le laisser changer tranquillement.

Un garde arriva finalement une trentaine de minute plus tard, c'était Calen. Il lui fit signe de le suivre.

Marcher fit du bien à Thomas, il avait l'impression d'être resté dans cette chambre de l'infirmerie pendant plusieurs mois, il y était pourtant resté un peu moins d'une semaine. Et à moins qu'il n'appuie volontairement sur sa blessure, il n'avait presque plus mal.

Une fois arrivés devant la porte du dortoir, Calen s'arrêta un instant.

- On venir de chercher un peu avant le déjeuner, l'informa le garde.

- Pourquoi faire ? voulut savoir Thomas.

- Janson veut te montrer quelque chose.

Thomas souffla bruyamment. Décidément, cet homme ne voulait pas lui laisser un seul moment de répit. Mais Thomas savait qu'il devait se faire tout petit désormais, il avait déjà eu suffisamment de chance comme cela, Janson ne l'avait pas tué, et il n'avait pas non plus tué Newt.

Calen le laissa ensuite rentrer dans le dortoir avant de repartir. Ce matin là, seule Juliette se trouvait là. Elle était sur sa couchette, les yeux fermées, faisant une petite sieste. Thomas ne put s'empêcher de sourire en la voyant comme ça, elle avait toujours aimé rester au lit. Elle avait du se recoucher une fois que les autres avaient été emmenés pour des tests ou autre. Après tout, il n'y avait pas grand chose à faire dans ces dortoirs. Thomas s'avança alors doucement jusqu'à elle, posant ensuite une main sur son épaule en la secouant gentiment.

Encore endormie, Juliette émit un léger grognement avant de commencer à entrouvrir les yeux. Alors que sa vision s'habituait à la lumière, elle reconnue immédiatement la personne qui était penchée au dessus d'elle avec un sourire. Ce sourire qui lui faisait toujours autant d'effets.

Elle se redressa alors brutalement.

- Thomas ! s'écria t'elle en se jetant à son cou alors qu'il riait doucement. Mon dieu, Thomas...

Elle le serrait si fort que Thomas crut qu'elle allait finir par l'étouffer, mais il referma finalement ses bras autour d'elle avec plaisir. Elle lui avait manqué. Les derniers jours avaient été particulièrement durs.

Elle s'écarta un instant, observant le visage de Thomas, ce visage familier dont elle avait été séparé trop longtemps. Thomas s'amusait aussi à la détailler, remettant une mèche de ses cheveux en place avant de l'embrasser. Elle se recula ensuite légèrement pour lui faire de la place sur la petite couchette. Ils restèrent lovés dans les bras l'un de l'autre un petit moment, appréciant juste de sentir de nouveau la présence de l'autre. Juliette finit par prendre la parole :

- Tu vas bien ?

Thomas entendit clairement dans sa voix toute l'inquiétude et la peur qu'elle avait du ressentir pour lui après qu'il se soit fait tirer dessus.

- Je vais mieux, souffla t'il.

Juliette écarta un peu le tee-shirt de Thomas pour voir sa blessure.

- Tu as encore mal ?

- Par moment, mais si tu ne me frappes pas, il ne devrait pas y avoir de problème.

Juliette ricana en mimant de lui donner une petite tape.

- Tu ne peux pas imaginer à quel point je suis heureuse de te voir, Thomas ! On a tous eu si peur !

- Tout va bien maintenant.

Juliette lui attrapa la main.

- Jusqu'à la prochaine fois. On ne peut pas continuer comme ça. Il faut faire quelque chose.

- Je sais, Juliette, lui répondit Thomas. Je sais.

- Ce que tu as fais... c'était...

- Stupide ?

- Comme la plupart des choses que tu fais, je vais croire que tu cherches à te faire tuer ! Mais, Thomas...

Il tourna la tête vers elle alors qu'un large sourire se formait sur ses lèvres.

- Tu n'as jamais eu autant raison de toute ta vie.

Intrigué, Thomas releva un sourcil.

- Newt n'est pas malade.


Thomas traînait des pieds. Il n'avait absolument pas envie de voir Janson. Encore moins maintenant qu'il savait que Newt n'était pas malade. Il rêvait seulement de voir son meilleur ami.

Thomas se sentait profondément heureux. Il avait l'impression que son refus de tuer Newt était tout simplement le meilleur choix qu'il n'ait jamais fait de sa vie. Pour une fois, Thomas était vraiment fier de lui. Il était tellement heureux d'avoir écouté son instinct. Et il n'arrivait même pas à envisager la possibilité contraire où il aurait alors tué Newt en pensant couper court à une future souffrance qui s'avérait inexistante. Newt était toujours sujet à des maux de tête et à des excès de colère, mais il devait absolument continuer à faire comme si de rien n'était. Il était donc obligé de continuer à prendre les médicaments qu'on lui donnait. Même si, la plupart du temps, il les gardait dans sa bouche un moment avant de les recracher. La plus grande partie de son "agressivité" était désormais de la pure comédie. Et Newt semblait y prendre un certain plaisir à chaque fois, parce qu'il savait qu'il avait désormais une longueur d'avance. C'est ce qu'ils espéraient tous, parce qu'au fond d'eux, ils avaient malgré tout un très mince doute. Wicked savait toujours tout et il semblait presque irréaliste d'avoir une avance sur eux. Mais ils y croyaient malgré tout, parce que c'était la seule chose à laquelle s'accrocher, et que savoir que Newt n'était pas malade était la plus belle chose qui leur était arrivé depuis qu'ils avaient été capturés par Wicked.

Thomas continuait d'avancer, encadré par Jack et Wilson, deux des gardes qui les avaient interpellés à la sortie de l'université. Thomas ne les portait absolument pas dans son cœur. Mais il se contenta de les suivre et ils furent très bientôt rejoints par le maître de ces lieux, Janson. Thomas fit une grimace en le voyant. La seule chose qu'il rêvait de voir, c'était son nom sur une tombe.

Janson le toisa sévèrement, l'assassinant presque du regard. Thomas en eut froid dans le dos, mais il le défia malgré tout du regard, lui montrant qu'il n'allait pas se laisser faire.

Ils longèrent un autre couloir avant que Janson ne l'attrape par le bras et le pousse dans un ascenseur. Ils descendirent. Jamais Thomas n'était allé en dessous. Les seuls étages qu'il n'ait jamais vu restaient celui où il habitait désormais ainsi qu'un des étages supérieurs où se trouvait le bureau de Janson. Il se demandait bien ce qui pouvait se situer à ces étages souterrains.

Ils arrivèrent à l'étage moins trois. Traversant plusieurs couloirs de nouveau, ils passèrent une grande porte et un sas de décontamination avant de pénétrer dans une grande allée. De nombreux autres sas de décontamination se trouvaient sur les côtés, menant à des sortes de chambres. Mais Thomas ne voyait pas encore se qui se trouvait à l'intérieur.

Prenant plaisir à appuyer sur l'épaule douloureuse de Thomas, Janson le força à avancer.

- Qu'est ce que je fais là ? demanda enfin Thomas, ne tenant plus.

Janson le poussa brusquement contre le mur, le pointant du doigt.

- Saches que si tu es toujours en vie, c'est simplement parce que tu es utile. Si cela ne tenait qu'à moi, tu ne tiendrais plus debout.

- J'ai de la chance, railla Thomas en repoussant le bras de Janson.

Ce dernier fut plus que contrarié et appuya volontairement sur sa blessure alors que les gardes restaient stoïques. Thomas grimaça sous la douleur.

- Ta petite rébellion de la dernière fois ne joue pas du tout en ta faveur. Je m'assurerais de te réserver la pire fin possible.

Thomas fut tenté de répliquer face à cette menace mais l'horrible douleur de son épaule lui ordonnait le contraire.

Janson le lâcha enfin avant d'avancer de quelques mètres et de passer une carte magnétique dans un boitier. Il rentra dans un espèce de sas. Jack et Wilson firent rentrer Thomas mais restèrent dans le couloir. Une petite fumée et un souffle sortirent par des petits tuyaux en hauteur. Cela dura une trentaine de secondes avant que la pièce ne redevienne calme. C'était un sas de décontamination, comme le premier qu'ils avaient passé avant d'arriver dans la grande allée. Ils passèrent ensuite une porte et se trouvèrent devant une large vitre qui menait dans ce qui ressemblait à une chambre.

- Je vais essayer de t'ouvrir les yeux, de te faire comprendre que tu dois nous aider, expliqua soudainement Janson.

Thomas avait envie de rire. Comment cet homme pouvait-il parler sérieusement. Thomas était prisonnier et maltraité et c'était à lui de comprendre et d'accepter ce qu'on lui faisait ? Il resta cependant silencieux, donnant l'impression de boire toutes les paroles de Janson.

- Tu vas voir que ce que nous faisons va aider bien des gens, Thomas. Peut-être deviendras-tu plus raisonnable.

Janson repartit vers le sas, non sans lui jeter un nouveau regard sévère.

Thomas porta alors son attention sur la grande vitre sans teint devant lui.

Derrière, quelqu'un était allongé par terre, recroquevillé sur lui-même, les bras autours des genoux. Il était en position fœtale, comme s'il cherchait à se protéger de quelque chose. La pièce était relativement vide, il y trônait seulement un petit lit, une table avec une chaise ainsi que quelques livres.

La porte menant à cette pièce s'ouvrit brusquement et alors que Janson repartait probablement pour retourner dans son bureau, les gardes lui firent signe de rentrer alors qu'ils étaient toujours dans le couloir. Thomas obéit, il n'avait pas envie qu'on vienne lui appuyer de nouveau sur son épaule meurtrie.

La porte se referma derrière lui et il se sentit comme piégé. Enfermé dans un endroit qui lui semblait hostile.

Il examina plus en détails la personne par terre. C'était un homme, mais il était tellement courbé sur lui même que Thomas ne voyait pas son visage. Bien qu'il semblait dormir, ses jambes bougeaient de temps en temps, elles tremblaient à un rythme régulier.

- Bonjour, murmura simplement Thomas, ne sachant pas vraiment quoi dire.

L'homme commença aussitôt à se dérouler, se redressant en position assise. Il dévoila alors son visage et Thomas fut prit de stupeur. Il recula d'un pas.

L'homme avait les traits tirés et était d'une pâleur digne d'un cadavre. Son corps très svelte faisait peur à voir, aucun doute qu'il était malade. Et Thomas comprit immédiatement où voulait en venir Janson.

Alors c'était ça, la Braise. Ce n'était pas beau à voir.

Mais ce qui faisait le plus peur à Thomas était le regard de fou de l'homme et son œil droit en sang.

Son visage était boursouflé, comme si ses chairs avaient fondues à certains endroits. Une de ses oreilles avaient été rongée et mordillée alors que ses mains toutes calleuses jouaient entre elles, s'arrachant des petits bouts de peau au bout des doigts. Deux de ses ongles avaient disparus et laissaient place à une plaie à vif qui causerait des nausées à qui la regarderait.

Ce que voyait Thomas lui fit froid dans le dos. Cet homme semblait se transformer en un espèce de zombie.

- Tu es un immune ? demanda alors l'homme en relevant la tête vers Thomas.

Sa voix était rocailleuse et grave, bien qu'il parlait presque d'un ton enfantin. Il le fixa d'un regard étrange, entre la folie et la compassion.

Thomas opina du chef.

- Dois-je te haïr ou te plaindre ? Dois-je te tuer ?

L'homme semblait réellement se questionner sur le sujet et Thomas avait de plus en plus peur face à cet homme qui lui paraissait imprévisible.

- Est-ce qu'ils veulent que je te tue ? demanda t'il alors qu'il commençait à se balancer d'avant en arrière, enroulant ses bras autour de ses genoux. Ils devaient m'envoyer une fille pour que je la tue une fois, mais ils ont finalement préféré qu'un de ses camarades le fasse. Est-ce qu'on t'a déjà demandé de tuer un de tes camarades ?

Thomas crut que son cœur s'était arrêté. En l'espace de quelques secondes cet homme malade venait de le mettre horriblement mal à l'aise. Non seulement il venait d'évoquer la tragique histoire de Nathan mais il venait aussi de rappeler le douloureux épisode où Janson lui avait demandé de tuer Newt. Même si cette histoire s'était bien terminée, ce souvenir était traumatisant. Le désespoir de Newt ce soir là l'avait marqué à vie.

Thomas fixa le sol.

- Oui, répondit-il.

L'homme se mit alors à sourire. Mais Thomas prit la peine de rajouter :

- Mais je ne l'ai pas tué.

- Qu'a tu fais à la place ? voulut savoir l'homme.

- J'ai tiré sur un homme de Wicked, souffla Thomas, fier d'avoir contrecarré une idée de Wicked.

L'expression de l'homme changea subitement, ne laissant cependant pas encore voir en quoi elle allait se transformer. Il se releva et Thomas perçut une once de colère.

- Pourquoi ?! Ils essayent de me sauver ! s'écria l'homme avant de prendre une voix plus calme. Je suis leur ami, ils veulent m'aider. Ils cherchent un remède.

Il avança de deux pas, manquant de déraper à chaque fois. Ses jambes tremblaient sans cesse alors qu'il continuait de se gratter les mains. On aurait dit qu'il venait tout juste d'apprendre à marcher. Il se mit à fixer Thomas avec intensité.

- Tu aurais dû tuer ton ami. L'autre l'a bien fait ! cracha t'il d'un air dédaigneux. Indirectement, mais il l'a fait. Il lui jeta un autre regard noir.

Il commençait à s'énerver et Thomas recula d'un pas. Si les autres pouvaient rouvrir la porte avant que ce malade ne lui saute dessus il leur en saurait gré.

- Ils nous voulaient du mal, répondit Thomas en essayant de garder son calme. Ce qu'ils nous font subir n'est pas normal.

L'homme sembla se calmer immédiatement et se laissa tomber au sol, s'adossant contre le mur.

- C'est vrai. Mais moi ce n'est pas juste que je meurs de ça, dit-il en faisant évidemment référence à sa maladie inconnue du monde. J'ai ces petits parasites qui trottent dans ma tête, ils me rendent fou, je suis sûr qu'ils sont en train de faire fondre ma cervelle un peu plus tous les jours. Et puis arrivera le moment où elle me dégoulinera par les oreilles. Mais je serais mort avant, je présume.

Un frisson parcourut l'échine de Thomas, cet homme faisait vraiment froid dans le dos quand il parlait.

L'homme se gratta la tête, une lueur obsessionnelle dans les yeux.

- Depuis combien de temps tu es malade ? voulut savoir Thomas.

- Bientôt un an, souffla t'il. Mais j'ai de la chance, parce que j'ai des copains qui sont tombés malades en même temps que moi, et je peux te dire qu'ils ont une gueule plus amochée que moi. Ils sont à un stade plus avancé, et il ne font que grogner maintenant, impossible d'avoir une conversation. Tu leur poses une question et ils répondent toujours pareil, une sorte de grondement rauque qui vient du fond de la gorge, souvent suivit d'un cri bestial qui te hérisse les poils, puis après ils essayent de te tuer ou de te bouffer, enfin les deux en même temps je suppose. Y'en a même un qui a claqué la semaine dernière. Il s'est fracassé le crâne contre la vitre.

Thomas rêvait de partir en courant, de s'éloigner le plus loin possible de cet homme contaminé. Tout ce qu'il lui racontait était absolument affreux.

- Tu vois d'autres malades ? ne put s'empêcher de demander Thomas.

L'homme avait pourtant l'air bien prisonnier dans sa chambre.

- J'arrive encore à parler, alors j'ai parfois le droit de voir d'autres gens au même stade que moi, et en passant dans le couloir, je vois aussi tous les fous furieux qui crient comme des dératés, mais eux, ils restent dans leur chambre. C'est marrant je trouve, ricana t'il. Mais je n'ai pas le droit de tout te révéler.

Il se mit à rire de manière incontrôlée.

- Ils m'arracheraient sans doute la langue, tu comprends ?

Il se mit à rire de plus belle et Thomas le trouva vraiment inquiétant.

- Mais le virus ne se propage pas à la même vitesse pour tout le monde, ça je peux te le dire.

Il mit sa main devant sa bouche et continua à rire frénétiquement.

- Et tu as quoi à ton œil ? demanda Thomas.

- Je voulais me l'arracher, parce que les trucs dans ma tête me font voir des choses bizarres. Ça fait mal de voir, tu comprends ?

Non, Thomas ne comprenait pas, mais il se contenta de fixer l'homme avec intérêt.

- J'ai voulu ne plus voir, plus rien, jamais. Mais les autres m'ont arrêté avant que je n'ai finis mon affaire. Mais j'y arriverai bien un jour ou l'autre.

Se rendait-il compte à quel point ses paroles étaient effrayantes ? Thomas n'en était pas certain. A vrai dire, il ne savait plus trop quoi penser. Cette maladie semblait être une vraie pourriture qui vous rongeait petit à petit jusqu'à ce que vous deveniez une sorte de monstre. Cet homme semblait encore relativement lui même par moments, bien que ses discours étaient totalement incohérents à d'autres instants.

- Comment est arrivé ce virus ? demanda Thomas, espérant obtenir davantage de réponses.

- Je n'ai pas le droit de le dire. Et je n'en ai pas envie.

L'homme se releva, adoptant de nouveau sa posture agressive.

- De toute façon tu es contre nous, tu veux les empêcher de trouver un remède pour nous soigner, pour me soigner.

- J'aimerais qu'on puisse vous aider, mais pas de cette manière.

- Tu pourrais nous sauver, et tu ne le veux pas ?!

L'homme commençaient clairement à devenir agressif, se rapprochant de plus en plus alors que ses yeux semblaient virer au noir. Thomas avait pu tenir une conversation avec lui quelques minutes plus tôt, mais l'homme commençait maintenant à perdre ses moyens, rentrant dans une phase de folie.

- Tu es un sale égoïste ! Tu le sais ça ? cria t'il en avançant encore de quelques pas.

Thomas recula vivement mais fut acculé au mur alors que l'homme n'était plus qu'à quelques pas. Il se jeta alors sur lui, le prenant par le col en braillant.

- Sauve nous ! Sauve nous ! Tu le peux, sauve nous !

Thomas se dégagea rapidement de son emprise et le poussa en arrière. L'homme semblait encore plus en colère, pire, il semblait même fou de rage.

Thomas regarda par la vitre mais les deux gardes étaient en train de discuter tranquillement. Super.

- Les trucs dans ma tête, ils ne t'aiment pas beaucoup. Et je suis d'accord avec eux pour une fois, je pense qu'on devrait te tuer.

- Ecoutes, tu devrais te calmer, tu n'as pas les idées claires, murmura Thomas en essayant de le résonner, bien qu'il se doutait que c'était peine perdue.

- Evidemment que je n'ai pas les idées claires ! hurla t'il. J'ai ces trucs dans ma tête !

L'homme se jeta de nouveau sur Thomas, les faisant tous les deux tomber par terre. Thomas fut immobilisé au sol alors que l'homme, juste au dessus de lui, commençait à l'étrangler.

- J'ai très envie de t'arracher les yeux, balbutia t'il entre deux rires avant que ses yeux ne redeviennent tout noirs et qu'il ne resserre sa prise autour du cou de Thomas. Je les mangerais avec appétit, ils sont alléchants.

Thomas leva ses mains pour le griffer au visage et il réussit à le repousser violemment en arrière. Il essaya de se relever mais l'autre lui attrapait les jambes, le mordant, avant de venir lui appuyer sur l'épaule.

Thomas se laissa faillir un instant sous la douleur alors que la porte s'ouvrait brusquement et que les deux gardes se jetaient déjà sur le malade.

- Ça suffit Max ! Ça suffit ! brailla Jack alors que Wilson aida rapidement Thomas à se relever.

Max recula vivement avant de retourner dans le coin de la pièce, s'enroulant de nouveau en boule comme une âme en peine. On l'entendit rapidement sangloter alors que la porte se refermait.

Une petite fumée envahissait le sas pour la décontamination alors que Thomas respirait bruyamment.

- Vous attendiez qu'il me bouffe ? s'énerva Thomas en se frottant la jambe où Max l'avait mordu.

- Navré, répondit rapidement Wilson.

Il ne devait pas être prévu que l'autre l'attaque. Mais si Wilson semblait réellement désolé pour Thomas, Jack semblait plutôt content.

Une fois que la décontamination fut finit, ils purent tous sortir sans danger dans le couloir. Jack et Wilson étaient deux immunes travaillant pour Wicked, ils n'avaient rien à craindre, mais beaucoup dans ce bâtiment n'étaient pas immunisés. Il fallait faire très attention à ce que le virus ne sorte pas de ces pièces et ne pénètre pas dans le bâtiment.

- J'espère que ce petit entretien t'a ouvert les yeux sur la souffrance de ces gens, marmonna Jack.

Thomas l'observa un moment.

- Je comprend votre cause, dit Thomas. Je comprend votre désir de sauver ces gens, je vois qu'ils souffrent, et ce n'est pas juste.

Thomas était sincère et avait gardé une voix calme, mais il devait aussi essayer de leur faire comprendre son point de vue.

- Mais ce ne sont pas les seuls monstres de ce bâtiment. Vouloir les sauver est une chose, mais ce que vous faites pour en arriver là, c'est inhumain. Vous n'avez rien changé de ma manière de penser. Je suis sincèrement désolé pour ces types, mais vous me dégoutez toujours autant.

- Je vois que tu as toujours gardé ton âme d'égoïste. Il y a des centaines et des centaines de personnes dans son cas, rugit Jack. Des centaines de personnes qui souffrent !

- Est-ce une raison pour nous enfermer dans un bâtiment et nous torturer ? Est-ce une raison pour nous faire croire que Newt était malade ? Pour me demander de le tuer ?!

- Tu n'es et ne restera qu'un ingrat de toute façon. Je savais qu'il était impossible de te faire entendre raison, le coupa Jack.

Jack lui ordonna d'avancer et, suivit de Wilson, ils se dirigèrent vivement vers le fond du couloir d'où émanait de terrifiants hurlements.

- Tu penses que ce que tu as vu était horrible ? vociféra Jack. Mais attend de voir ça !

Il ouvrit brusquement une porte et poussa Thomas dans le sas. Thomas eut un mouvement de recul.

- C'était mon voisin avant la tragédie, expliqua Wilson.

Thomas observa ce qui restait de l'homme qu'avait connu Wilson.

A travers la vitre il pouvait parfaitement le distinguer. Cette grande silhouette d'homme d'une finesse anormale. Ils étaient pourtant bien nourris, mais leurs chairs semblaient vouloir se refermer de plus en plus autour de leurs os. L'homme était bien vivant, mais son corps semblait se putréfier. Et il avait ces horribles veines violacées et noirs qui parcouraient chaque centimètre de sa peau.

Cet homme ressemblait horriblement aux monstres que Thomas avait pu voir à la télévision. Ses joues creusées étaient griffées de partout, son teint blafard lui donnait une allure de mort vivant et ses yeux absents laissaient voir deux grands trous macabres. Il n'avait plus d'yeux. Ses oreilles étaient déchiquetés et son crâne violacé par endroit.

L'homme se ruait dans tous les sens, criant comme le diable, se jetant férocement contre la vitre en émettant un horrible grognement venant du fond de sa gorge. Il lui manquait clairement des dents, et lorsqu'il jeta ses mains contre la vitre sans teint, Thomas put voir ses mains toutes maigres, donnant l'impression que ses doigts risquaient de se détacher à tout moment.

La peau du malade semblait se ratatiner un peu partout, donnant la même impression de chair fondu que pour Max. C'était un spectacle horrible à voir. Cet homme n'avait plus rien d'humain, il était devenu un monstre.

Thomas finit par détourner le regard.

- On ne leur fait rien, ils se mutilent eux même. Ils se mangeraient entre eux si on ne les isolaient pas.

Thomas eut envie de vomir, il se contenait comme il pouvait.

- C'est moche hein, marmonna Wilson. Si vous ne nous aidez pas on ne pourra jamais aider ces gens. Imagine que le virus se répande dans le monde entier.

Thomas ne savait pas quoi répondre. Sur le coup il se trouvait presque égoïste de ne pas les aider, de ne pas vouloir sauver tout ces gens qui souffraient atrocement. Mais à chaque fois qu'il se rappelait ce que Wicked lui faisait endurer à lui et aux autres, il changeait d'avis.

Wicked leur avait certainement prévu d'autres choses horribles, et il n'avait absolument pas envie de les endurer. Il devait bien y avoir un autre moyen pour trouver un remède à ce virus.

Faire souffrir des personnes pour en sauver d'autres en souffrance n'était absolument pas la solution.

Et Thomas trouvait ça ironique que lui soit obligé d'être le cobaye pendant que d'autres immunes occupaient tranquillement le poste de garde. Pas étonnent qu'ils défendent la cause, ils étaient du bon côté. Pas besoin de subir des tests, juste de les faire subir.

- Je pense que c'est bon pour lui pour aujourd'hui, expliqua Wilson en les faisant ressortir.

Thomas resta muet pendant tout le trajet de retour, horrifié par ce qu'il avait vu en cette après midi, hanté par ces monstres.

Mais il y avait bien une chose positive dans toute cette histoire.

Newt ne finirait jamais comme ça.


Bon appétit... oups, mauvaise blague ahah ^^ Bon bah Thomas risque de s'en souvenir longtemps de cette petite visite chez les fondus... En tout cas, soyons heureux pour Newt qui ne finira pas comme ça !

N'hésitez surtout pas à laisser une review, ça fait toujours plaisir ;)

Dans le prochain chapitre : d'autres retrouvailles ! Puis on fait un tour du côté de Dena... et respirez un grand coup, parce qu'après le prochain chapitre, les choses vont un peu s'accélérer !

Et sinon, maintenant que j'ai presque fini de rédiger ce tome je peux vous dire qu'il y aura à peu près 40 chapitres en tout plus un épilogue ! Soit le double du tome 1 ^^

Pour le moment, vous avez une préférence entre les deux premiers tomes ? Et par juste par curiosité, c'est qui vos personnages préférés dans ma fanfic ? Et vous préférez Anna ou Juliette ?

Je vous dis au week-end prochain !

Je vais voir le Remède Mortel au ciné samedi !

P.L