Dans une histoire d'amour, l'on nous met bien plus souvent en avant les moments merveilleux du début, ces instants indescriptibles qui nous donnent l'impression de s'envoler mais ce dont on nous parle le moins, il me semble, et qui, pourtant, peut bousiller toute une relation, voire même l'empêcher d'éclore, c'est tout simplement la peur…

Oui, cette terreur qui nous bouffe de l'intérieur et qui nous bloque littéralement. Elle est une entrave à notre bonheur. Néanmoins, il arrive parfois, il faut l'avouer, qu'elle nous soit utile.

Car c'est celle-là même qui nous oblige à suivre le bon chemin et de ne pas s'en détourner aux risques de se perdre sans espoir de retour.

Cette peur, c'est aussi ce qu'on appelle notre raison.

Alors, en me réveillant après, ce qui me parut, comme la plus belle nuit de ma vie, je constatai qu'Edward, n'était plus à côté de moi. Il était dans la cuisine en train de préparer le petit-déjeuner.

Je le rejoignis avec une envie irrésistible de le prendre dans mes bras mais je me retins réalisant qu'il avait juste montrer de la compassion et non de l'intérêt pour moi.

Il me demanda si je voulais des pancakes aussi et ce fut avec plaisir que j'acceptai. Je l'aidai donc à disposer nos assiettes sur la table et puisqu'il désirait du café, je le lui préparai également.

Lorsque je voulus connaître de quelle façon il le buvait. Il m'affirma qu'habituellement, il le prenait sans lait et sans sucre mais alors qu'il caressait ma peau du regard, il ajouta :

- - Je ferai cependant, une exception, cette fois, conclut-il avec un clin d'œil enjôleur.

Par ce simple geste, un frisson parcourut mon échine, de sorte que je manquai de peu de verser le café à côté de sa tasse.

Je me ressaisis au plus vite et je terminai de mettre la table.

Une question cogitait dans mon esprit depuis la veille : Est-ce que je lui plaisais ? Il paraissait quelquefois se montrer charmant, serviable voir séducteur et puis redevenir d'un seul coup amical…

Peut-être s'amusait-il simplement de l'attirance que j'avais visiblement pour lui ?

Et tandis que nous mangions, j'eus subitement en moi cette immense crainte de tomber avec lui dans une amitié stérile où il verrait mes sentiments comme une distraction touchante mais sans intérêt.

Il m'apparut clair que je me trouvais dans une position délicate où tout pouvait basculer en ma défaveur d'un instant à l'autre. Il était tout aussi probable qu'il était déjà trop tard mais je tenais à rester optimiste.

Néanmoins, j'avais de plus en plus de mal à contrôler ma nervosité. Il me fallut faire un effort surhumain pour rester aussi détendue que possible. Edward ne paraissait pas s'en apercevoir.

Mais alors, pendant que je m'épanchais sur mes cours à venir, je constatai avec enthousiasme la façon dont il m'observait.

Il donnait l'impression de ne m'écouter qu'à moitié. On aurait dit qu'il tentait de détailler les traits de mon visage. Ce genre d'attention particulière me toucha bien plus que tout ce qu'il avait pu me dire jusque-là. A croire qu'il ne communiquait véritablement sa pensée que par une forme de langage non-verbale qui ne serait propre qu'à lui seul…

Lorsqu'il fut temps de débarrasser la table, il passa derrière moi pour déposer son assiette dans l'évier. Je sentis son autre main se poser délicatement sur le bas de mon dos. Cette sensation soudaine me fit rougir jusqu'à éprouver un léger tremblement dans mes jambes.

Je n'osais plus bouger. Je devinais aisément que ses yeux bleus me défiaient du regard, attendant que j'y plonge les miens pour me faire perdre la raison.

Je fixai donc sa main, enfin dessaisie de l'assiette, qui termina son chemin sur mon avant-bras avant de se glisser dans ma main droite.

Je pouvais sentir son souffle sur ma tempe. Il attendait visiblement que je réagisse à ses tentatives. Seulement, malgré mon envie irrésistible de me donner à lui, ce trop plein d'émotions me paralysaient.

Je tremblais comme une feuille alors que je désirais plus que tout qu'il continue.

Cependant, plutôt que de renoncer à me séduire, il poursuivit sur sa lancée en effleurant mon bras doucement de son index jusqu'à mon cou pour atterrir sur ma joue gauche. Il lève ainsi délicatement ma tête de ce même doigt vers son visage et enfin dépose ses lèvres savoureuses, encore sucrées du plat qu'on vient de terminer, sur mes lèvres.

Je me laissai alors entraîner par l'ivresse de l'exaltation qui habita si brusquement nos corps.

Sa bouche m'embrassa avec une telle effervescence que je n'aurais jamais pu imaginer. Lui qui paraissait si calme et gentil, il me plaqua avec fougue contre le frigo et me couvrit de fiévreux baisers dans le cou tout en immisçant sa main entre mes cuisses pour caresser avec adresse d'autres lèvres qui s'enflammaient de désir sous la pression de ses doigts.

Le souffle coupé par d'aussi violentes émotions, je l'enlaçai et glissai mes mains dans ses cheveux, l'exhortant à continuer en tentant de retirer son pull aussi rapidement que possible.

Une fois nue, il embrassa aussitôt mes seins, mon ventre pour terminer sa course entre mes jambes. Je sentis soudain sa langue s'insinuer en moi avec tant de douceur qu'une sensation de douleur brûlante se lova dans le creux de mon ventre et m'extirpa quelques gémissements et soupirs.

Edward se releva ensuite pour tenter de me pénétrer mais en vain. Je ne savais si c'était dû à une angoisse enfouie, cependant, malgré le désir ardent que j'éprouvais pour lui, toutes ses tentatives n'aboutirent pas.

Il finit alors par renoncer et se rhabilla aussi sec, visiblement déçu. Je remis rapidement son pull et constatant sa déception, je voulus lui expliquer ce qui m'était arrivé mais en réalité, je n'en avais pas la moindre idée.

Edward se servit un verre d'eau et le descendit d'une traite avant de lâcher sans crier gare :

- - Tu devrais y aller

J'étais tellement décontenancée par ce revirement soudain de situation que je ne sus quoi lui répondre.

J'étais toute retournée par les milliers d'émotions qui me traversaient. Il fallait que je réagisse vite et bien.

S'énerver n'était pas la solution devant un tel rejet. Alors, je tentai une approche qui me surprend d'ailleurs encore aujourd'hui.

D'un ton calme et posé mais ferme, je m'opposai à sa requête par un « Non » franc et catégorique!

Il se tourna vers moi les yeux écarquillés, stupéfait par ma réaction. Un sourire se dessina sur ses lèvres avant de rétorquer amusé :

- - T'es le genre de fille à savoir ce que tu veux !

- - Oui ! Continuai-je d'un ton toujours assuré, et ce que je veux, c'est toi ! conclus-je déterminée

Il passe sa main dans ses cheveux se gratte la tête avant de poursuivre :

- - Je ne suis pas un garçon pour toi, désolé, m'avoua-t-il l'air convaincu.

J'évaluai la situation avant de lui répondre. Je voyais bien que j'étais mal partie avec lui. Je me suis laissée entrainée par mes émotions malgré le fait que je tenais sincèrement à une relation durable avec lui mais je compris enfin à quel genre de garçon j'avais affaire. Tout du moins, je m'en fis une meilleure idée. Il n'était pas du genre à s'attacher à n'importe quelle fille et pourtant, je savais que tôt ou tard il s'attacherait à quelqu'un.

Je désirais juste plus que tout que cette fille à qui il tiendrait tant un jour, ce soit moi.

Il fallait juste que je trouve une façon de réveiller à nouveau son intérêt …

Je me remémorai alors en vitesse chaque instant passé avec lui. Chaque geste, chaque mot qu'il m'avait dit pour savoir quoi lui répondre exactement.

Et alors que je jaugeai cet inconnu qui me paraissait malgré tout si familier, j'eus soudain une révélation…

- - Je présume que tu vas m'expliquer que tu préfères ne pas t'attacher, n'est-ce pas ? Le défiai-je en quelque sorte

- - Oui, on peut dire ça comme ça, confirma-t-il le sourire toujours aux lèvres.

- Je ne pouvais m'empêcher d'examiner son visage et son comportement pour m'assurer de mon ressenti

- - Tu as peur en fait, n'est-ce pas ? Lui demandai-je plus franchement

- - Peur de quoi donc ? ricana-t-il d'un rire nerveux

- - De t'attacher… repris-je plus sûre de moi

- - Absolument pas, répliqua-t-il d'un ton plus énervé qu'agacé.

Lorsque je le vis se raidir, je compris que j'avais touché un point sensible. Je ne tenais pas à trop insister sur le moment. Je décidai donc de ne rien ajouter, d'aller me réfugier dans sa chambre et de refermer la porte derrière moi.

Je me mis à contempler la chambre de celui que j'aimais déjà tant. Le décor était épuré également : Mur blancs, bureau, armoire, lit au design sobre et moderne. La pièce était partiellement rangée. Son lit était évidemment défait. Il y avait quelques vêtements par terre que j'enjambai pour rejoindre le confort de ses draps.

Couchée sur son lit, le visage tourné vers le fond de la pièce, j'entendis la porte s'ouvrir et des bruits de pas nus marcher sur le plancher en bois.

Je m'attendais à ce qu'Edward rouvre la discussion que j'avais pourtant clôturée en m'éloignant de la cuisine mais il n'en fit rien.

D'ailleurs, on aurait dit qu'il s'était arrêté d'avancer. Je ne sus que quelque temps plus tard qu'il me contemplait avant de décider de me rejoindre dans son lit et d'enfouir son visage dans mon cou pour me couvrir de baisers.

Je le stoppai net dans son élan et objectai d'une voix suave quoique ferme :

- - Pas de petit copain, pas de bisou

- - Tu rêves trop, soupira-t-il l'air enjoué mais quelque peu blasé

- - Et toi, pas assez, lui rétorquai-je d'un ton égal

A ces mots, il parut agréablement surpris puis me caressa doucement la joue avant de bondir hors du lit et de déclarer d'humeur enthousiaste et motivé :

- - Allez hop ! Habilles-toi vite, je t'emmène à Louvain-la neuve aujourd'hui. Une longue journée nous attends !

Je me mis à éclater de rire devant son attitude si soudaine et entrainante.

Il me fit un clin d'œil et me sourit.

A cet instant, je compris que lui non plus ne voulait pas que ça se termine aussi vite.

Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a pas de mot assez fort pour expliquer à quel point je me sentis profondément transportée de joie.

(Je m'excuse pour ce retard, j'ai coincé pour avancer cette fois, je dois l'avouer. Je n'oublie ps de me remettre à la tâche. J'espère que ça vous plait toujours. La suite dans quelques jours, à bientôt)