Au jour d'aujourd'hui, je vis dans un studio pour ma dernière année à l'université. Une montagne de travaux m'attend comme on peut s'en douter. Entre les cours et la recherche active d'un stage, il y a surtout le mémoire. Ce devoir colossal à rendre à la fin de cette année académique.

Ce mémoire représente la moitié des points à atteindre pour réussir. En effet, je peux bien rater un ou deux cours mais le mémoire… Jamais je ne pourrais espérer obtenir mon diplôme sans avoir rendu et présenté de la meilleure façon que je puisse, ce travail.

Comment expliquer cet ultime exercice ? Comment en comprendre l'essence même ? Je ne le saurais pleinement qu'une fois ce devoir terminé mais pour l'heure je peux affirmer que c'est une corvée qui va bouffer non seulement tout mon temps mais aussi toute mon énergie sans certitude aucune que ce que je vais présenter soit potable.

Plus sérieusement, ce travail sera le reflet de mes 5 années d'études. La preuve concrète que j'ai parfaitement assimilé le moindre cours, le moindre chapitre et même le moindre concept répandu à travers toutes ces années.

C'est aussi raconter une histoire, à vrai dire… Celle d'un début merveilleux où on a l'impression que tout est possible et celle également de tous ces hivers que j'ai pu traverser dans la solitude pour atteindre le graal…

C'est l'histoire du parcours d'une jeune fille qui s'est trompée de chemin à maintes reprises, qui a fait des rencontres extraordinaires, pour le meilleur comme pour le pire.

Mais par-dessus tout, ce mémoire est la preuve de mes connaissances… Alors pourquoi ai-je la sensation de ne rien savoir ?

Comment puis-je prétendre être une experte en communication alors que j'ai réussi à me retrouver seule malgré tout ce qu'on m'a appris ?

Edward m'avait aidé à emménager dans mon nouvel appartement i ans tout juste.

J'avais rencontré mes colocataires le jour de mon emménagement. Elles avaient l'air sincèrement sympas. D'abord la française, Charlotte et la montoise, Sandrine, je pus faire sa connaissance plus tard dans la soirée.

Je dois admettre qu' elle était de loin la plus jolie fille que je n'avais jamais rencontrée.

Sandrine avait de long cheveux châtains foncés, des yeux d'un bleu resplendissant et des jambes interminables pour peaufiner sa silhouette de rêve. Elle avait une bonne taille de plus que moi.

Charlotte, surnommée Charlie, était plutôt châtains clairs, des yeux noisettes pétillants et toujours un sourire collé aux lèvres. Mis à part une fois après une rupture chaotique d'avec une fille partie faire un voyage Erasmus.

Tandis que cette dernière était plutôt l'humoriste de notre bande, Sandrine était de loin la plus fêtarde. Avec ces deux filles à mes côtés, je savais que j'allais passer de bons moments.

Même si j'essayais de m'imprégner de leur bonne humeur, j'étais, sans aucun doute, la plus renfermée, la plus timide de toutes en somme.

Edward rencontra d'abord Charlotte avec qui il sympathisa immédiatement. Ils m'ont aidé à déballer mes affaires dans ma chambre. Je les revois tous les deux rigolant à propos de voyages qu'ils ont fait.

Je n'en revenais toujours pas du tournant que prenait ma vie. J'avais l'intime conviction que le monde était à mes pieds, mes rêves à ma portée et qu'une multitude de possibilités s'offrait à moi. Bref, je me sentais enfin… libre !

- Ah toi aussi tu te souviens de ce petit vieux, alors ? s'écriait-elle enthousiaste

- Oui, on a dû se croiser, c'est pas possible ! C'était vraiment le même été et le même pays quoi, c'est dingue ! hallucinait Edward tout en buvant une bière qu'il avait achetée en bas de la rue avant qu'on ne monte dans l'appartement.

Edward resta avec nous toute la nuit. Lorsque Sandrine fut arrivée. J'étais éblouie par sa beauté. Je mentirai si je disais que je n'avais pas eu peur en la voyant débarquer.

Mais je me suis très vite détendue en constatant que Edward ne paraissait pas charmer plus que ça.

On décida rapidement d'aller manger tous ensemble dehors. Sandrine et Charlotte tenaient à me montrer les bars branchés du coin. Effectivement, Sandrine était en 3ème année de droit et Charlotte en 2ème en traduction.

J'étais donc la petite nouvelle à qui il fallait faire découvrir les bonnes adresses.

Dans un des bars recommandés par mes 2 nouvelles amies, Edward m'expliquait le choix que j'avais de participer ou non au baptême estudiantin et ce que cela pouvait impliquer.

Il m'avoua l'avoir expérimenté et en avoir un indispensable enseignement qu'il n'aurait pas pu obtenir autrement.

Je l'écoutais d'une oreille distraite, étant plutôt d'humeur à inspecter du regard les moindres détails de l'endroit où nous nous trouvions, dévisageant les nouvelles têtes qui eux aussi, peut-être, venaient de débarquer tout comme moi dans cette ville qui nous promettait tant.

Je finis, en sortant de ma rêverie, par me rendre compte qu'Edward me fixait d'un regard si intense que je me sentis presque défaillir.

Il avait cette façon de m'observer qui pouvait passer pour une attirance impétueuse et irraisonnée ou alors un désir profond de me disséquer jusqu'à l'os comme une bête curieuse.

C'était la toute première fois d'une longue série que je l'apercevais me scruter de la sorte.

A chaque fois qu'il me dévorait de ses yeux translucides, des frissons me parcouraient le corps de la tête aux pieds.

Le comptoir finit par attirer son attention alors il partit nous chercher une nouvelle boisson. Je ne pouvais qu'admirer la façon qu'il avait de captiver le regard de ceux qui le croisaient.

Il était grand et élégant. Il avait une présence qui ne laissa personne indifférent sur son chemin. Il glissa une main dans ses cheveux avant d'appeler la barmaid qui parut immédiatement chamboulée en l'apercevant.

C'est en assistant à cette scène quelque peu ridicule, que je réalisai pleinement l'allure que je devais avoir devant lui. Et il était hors de question que je lui donne une telle impression.

Suite à cette prise de conscience, je décidai de me rendre aux toilettes alors qu'il se trouvait toujours au comptoir pour prendre nos verres.

Charlie et Sandrine papotaient avec d'autres de leur connaissance. Je les prévins juste de mon intention.

En revenant des toilettes, je fis face à un spectacle des plus déroutants, Edward susurrant « je ne sais quoi » à l'oreille d'une inconnue au comptoir.

J'étais littéralement pétrifiée de stupeur. Je ne savais absolument pas comment je devais réagir !

On n'avait pas clairement défini notre relation. Pourtant, il se doutait bien de ce que je voulais. Mais il m'avait également prévenue …

Totalement déboussolée, je voulus sortir immédiatement de ce bar ! Et c'est en me précipitant vers la sortie que le destin se mêla encore de ma vie en me mettant de nouveau sur ma route un imprévu de circonstance :

- Hey ! Doucement ! s'insurgea un garçon que je venais de bousculer dans ma fuite

- Oh ! Excusez-moi, je suis désolée bredouillai-je encore secouée par cette horrible scène.

- Hé ! T'es mignonne, au fait ! Tu t'appelles comment ? m'interrogea-t-il l'air agréablement surpris désormais

- Bella et … et toi ? Répliquais-je plus par politesse que par envie.

Ce garçon n'était pas mal à vrai dire et malgré le fait qu'il avait l'air déjà un peu imbibé d'alcool, il paraissait assez sympathique. D'humeur enjoué, il arriva presque pendant un bref moment à me faire oublier la raison pour laquelle je lui étais rentrée dedans : mon désir pressent de foutre le camp loin d'Edward!

Malgré ce charmant individu, mon esprit ne pouvait s'empêcher de se concentrer trop longtemps sur autre chose que l'objet de mon affliction.

Mais alors que je tentai désormais de me changer les idées grâce à ce soutien providentielle,

je sentis une main puissante et ferme me serrer brusquement l'épaule et avant que j'aie le temps de dire quoi que ce soit, Edward mordit mes lèvres jusqu'aux sang !

Quand j'arrivai enfin à m'en dégager, l'inconnu s'était volatilisé et Edward afficha un sourire satisfait en passant sa langue sur ses lèvres.

- Mais tu es dingue, ma parole ! Vociférai-je avant de sortir du bar, furibonde. Je ne comprenais plus rien de son comportement. Cela semblait particulièrement le réjouir mais il avait tort de croire qu'il pouvait s'amuser à mes dépends.

- Sérieusement, tu ne vas pas me dire que ce type te plaisait ? se moqua-t-il sans la moindre once de culpabilité

- Pas plus que toi et cette fille au comptoir, je présume ? Le narguai-je toujours remontée

- Non mais je rêve, je…

- Écoutes-là, j'en ai ras le bol de ton attitude envers moi, l'interrompis-je d'un coup. J'ai bien compris ce que tu m'as dit ce matin mais j'ai été claire avec toi également, il me semble…

- Oui, tu veux une relation sérieuse… Soupira-t-il l'air blasé

- Non ! rétorquai-je, inflexible ! Je ne veux pas « d'une relation sérieuse » comme tu le crois. Ce que je veux, c'est toi ! Conclus-je d'un ton ferme et décidé avant de m'éloigner loin de lui à nouveau.

Je ne savais pas ce qui m'avait pris d'être aussi vindicative mais j'avais sincèrement besoin qu'il soit correct avec moi et non, qu'il me prenne pour une bonne poire.

Je ne voulais pas lui donner l'impression d'être comme cette barmaid qui était visiblement tombée totalement sous son charme et dont il s'était complètement désintéressé.

Je l'étais moi aussi sous charme, certes. Peut-être même plus qu'elle d'ailleurs. Mais je ne tenais pas à ce qu'il en profite pour se moquer de moi. Je ne l'aurais pas supporté.

Alors que je m'enfuyais pour essayer de retrouver mon nouveau logement, je me rendis compte que je n'avais pas son numéro et lui n'avait pas le mien. A cette prise de conscience, je m'arrêtai net car je réalisais que même si cela l'aurait intéressé de continuer avec moi, il n'avait pas de quoi me contacter…

Je me retournais pour voir s'il m'avait suivie mais je ne vis personne derrière moi malheureusement.

Cela dit, je fis face à un autre souci de taille. Je ne connaissais pas suffisamment le coin pour retrouver l'appartement ! Dans ma fuite, je m'étais clairement perdue dans ces rues bien sombres désormais. Il fallait que je revienne en arrière et essayer de retomber sur mes colocataires.

Évidemment, je n'arrivai même plus à regagner le bar en question. Je me sentis réellement comme une idiote à ce moment-là mais surtout en panique. Je n'arrêtais pas de tourner en rond mais par-dessus tout, j'avais l'impression de me perdre d'avantage. Et évidemment, je n'avais pas non plus les numéros de mes nouvelles colocataires !

Quand mon GSM se mit à vibrer subitement, je le sortis immédiatement de mon sac mais je fus surprise lorsque je constatai que l'appel venait d'un numéro inconnu. Je décrochai malgré tout par curiosité et je tombai littéralement des nues en reconnaissant la voix :

- Je suis convaincu que tu es perdue sans moi, plaisanta Edward

- Et qu'est-ce qui te fait dire ça ? répliquai-je assurée, ne voulant pas me laisser démontée

- Tes amies te cherchent, elles veulent rentrer et tu es introuvable. Alors, je présume que tu t'es perdue. Au vu de tes antécédents, cela ne m'étonnerait absolument pas, affirma Edward d'un ton enjoué

- J'essaie, m'avouai-je vaincue, de retrouver le bar…

- Où es-tu exactement ? me questionna-t-il l'air sérieux à mon plus grand étonnement.

Après lui avoir donné quelques indications, il me conseilla de ne plus bouger me promettant de venir me chercher.

Au bout de plusieurs minutes qui me parurent interminables. Je vis apparaitre au loin Sandrine, Charlie et Edward marchant paisiblement dans ma direction.

Je voulus me précipiter pour les rejoindre mais en voyant Edward aussi décontracté, je ne tenais pas à lui donner l'impression que je l'attendais impatiemment… J'étais encore déçue de son comportement et j'espérais des excuses de sa part.

- Ah enfin te voilà, s'exclama Sandrine visiblement pompette.

- En plus, tu te dirigeais dans la mauvaise direction. C'est de l'autre côté. Allez, viens on rentre, déclara Charlie.

- Après tout ça, moi je rentre, je suis claqué, admit Edward en baillant.

Il mit son bras autour de mon épaule mais je me raidis d'un seul coup. Je n'avais pas envie qu'il s'en aille… Pas de cette manière en tout cas. Alors, je levai les yeux vers lui pour lui faire comprendre qu'il était temps qu'il se décide enfin … pour moi, évidemment.

Mais au lieu de revenir sur notre conversation de tout à l'heure, je lui demandai :

- Comment as-tu obtenu mon numéro, en fait ?

- Tu ne te souviens pas ? On se l'est échangé tout à l'heure, je t'avais fait un appel un absence, m'assura-t-il

- Ah bon ? Je ne m'en souviens absolument pas, m'interloquai-je

- Et bien, j'ai hâte de voir comment tu vas te débrouiller pour ta première année, ironisa-t-il fièrement.

Edward était resté dans l'appartement cette nuit-là, finalement. On discuta longuement sur ce qu'on désirait, changeant parfois même de sujet. Il s'endormit, complètement éreinté, sur le canapé et je dois avouer que je ne pus m'empêcher de le regarder dormir aussi paisiblement. Alors, de mon côté, je finis par m'assoupir sur le fauteuil près de lui…

(Hello, comme d'habitude, la suite prochainement, merci de me suivre et n'hésiter pas à me donner votre avis ;) )