C'est seule dans la brume que j'essaie d'avancer désormais. Je n'ai aucune idée de ce qui m'attend au bout de ce chemin périlleux mais je continue malgré tout. Car, c'est pour cela que je suis venue jusqu'ici et ce sera seulement après avoir découvert ce qu'il se trouve au bout de ce parcours que je m'en irai à mon tour.

Cette ville, je la connais par cœur, aujourd'hui. J'ai pourtant la sensation quelques fois de tourner en rond, toujours aussi perdue que le 1erjour mais je sens malgré tout que je me rapproche du but que je m'était fixée, il y a des lustres de cela… Et il m'arrive aussi parfois, dans un moment de folie, d'imaginer que par la même occasion je me rapproche de toi également.

A quoi bon persister si je ne garde pas l'espoir, n'est-ce pas ?

Beaucoup se sont demandés ce qu'un garçon comme Edward pouvait bien faire avec une fille comme moi. Mais voilà, il y a des choses qui ne se commandent pas.

Comme je l'avais soupçonné depuis le début, Edward était différent des garçons que j'avais pu rencontrer avant.

Oui, c'est vrai, je ne peux pas nier que j'ai déjà croisé des personnes provenant de milieux aisés. A vrai dire, au vu de l'établissement secondaire dont je venais d'être diplômée, c'était inévitable.

Je faisais probablement partie de ces quelques élèves qui n'avaient pas, comme la majorité, une situation enviable, si je puis dire.

Non, ayant grandie dans un milieu défavorisé, il paraissait étonnant que je me retrouve inscrite dans cette école et je sus d'ailleurs par la suite que l'université que j'avais finalement choisie était tout aussi prisée par les descendants de bonnes familles.

Je me retrouvais donc, contrairement à mes origines, propulsées dans un monde où tout semblait possible.

Edward faisait partie de ce monde-là. Il était à sa place apparemment … Pourtant, je sentais que ce n'était pas le cas. Pour des raisons que j'ignorais encore, Edward était détaché de ce milieu également et c'est ce qui je crois, nous rapprochait l'un de l'autre au final.

Pour aimer, il faut aller au-delà des apparences, briser les frontières qui nous séparent et atteindre l'autre par ce curieux effet de miroir que j'ai pu découvrir à travers lui…

Assis à mes côtés, Edward mangea consciencieusement la tartine que je lui avais préparée le lendemain de cette première soirée mouvementée. Je ne savais pas s'il l'apprécia réellement mais il fit l'effort de la manger en tout cas sans se plaindre.

Une fois notre petit déjeuner terminé, il alla prendre une douche pour se rafraîchir et m'avertit que cette fois il devait rentrer chez lui mais me promit qu'il me recontacterait rapidement, après m'avoir embrassée sur le pas de la porte.

La tête dans les nuages, je retournai vite me préparer pour mes premiers cours à l'université qui commenceraient l'après-midi.

Étonnement, malgré les apparences, j'arrivai à me concentrer assez bien aux différentes séances.

D'ailleurs, j'étais tellement excitée par cette rentrée que les jours s'étaient écoulés sans m'apercevoir réellement que je n'avais plus de nouvelles d'Edward car je restai confiante.

Seulement, au bout d'une semaine, je n'avais reçu aucun message de sa part et je me doutais bien que ce n'était pas bon signe.

Je me demandais juste ce que je devais faire pour ne pas non plus avoir l'air accroc. Je me rassurais en me disant qu'il était fort probable qu'il ait eu une semaine très chargée également. Mais cela n'excusait pas son silence…

Devais-je lui envoyer un message ? Lui téléphoner ou encore aller le voir ? Toutes ces options me traversaient l'esprit alors que la raison aurait voulu que je n'en fasse rien.

Après mûre réflexion, je me décidai à lui envoyer un simple message, juste pour renouer le contact et ainsi voir sa réaction.

Je crois que ce fut les heures les plus longues de ma vie. Je pleurai de rage en réalisant qu'il m'avait sûrement fait tourner en bourrique.

Je ne voulais pas y croire. Cependant au fur et à mesure des heures qui s'écoulaient sans réponse de sa part, il fallait bien se rendre à l'évidence. Edward était déjà passé à autre chose !

Charlie et Sandrine finirent par rentrer dans ma chambre pour constater le désarroi dans laquelle je sombrai.

- Que se passe-t-il ? S'enquit d'abord Charlie s'installant sur ma chaise de bureau, une énorme sucette multicolore à la main

- C'est à cause du gars, là, c'est ça ? devina aisément Sandrine. Cela ne me surprendrait pas trop, à vrai dire, affirma-t-elle

J'avais honte de leur avouer que c'était bien Edward qui s'était moqué de moi. Tellement honte d'avoir cru naïvement que tout ce qu'on s'était dit l'autre nuit signifiait également quelque chose pour lui mais je ne pouvais rien faire de plus malheureusement.

Je n'ai pas envie de les entendre me dire que « c'est la vie » et qu'il me faut tourner la page. Je m'en rendais bien compte…

- Écoutes, me sermonna vivement Sandrine, je conçois que tu sois déçue par lui mais j'ai l'impression que tu en attendais trop de sa part, c'était évident que cela n'allait pas durer. Je ne tenais pas à trop m'en mêler lorsque vous étiez ensemble mais ce genre de gars, je les vois venir à des KM à la ronde. Ils te promettent monts et merveilles. Cela dit, lorsqu'il s'agit de s'engager sérieusement, il n'y a plus personne. Des crétins comme lui t'en croiseras pleins dans ta vie et je te déconseilles vivement de devenir ce genre de filles qui pleurnichent pour un mec qui t'a déjà oubliée. Il n'en vaut vraiment pas la peine, m'assura-t-elle avant de se tourner vers Charlie qui paraissait joyeusement emballée par sa sucette. On devrait sortir ce soir toutes ensemble, ça lui changera les idées et surtout ça lui fera du bien de voir d'autres garçons, proposa finalement Sandrine

- Moi, je suis partante en tout cas, s'enthousiasma Charlie en bondissant de ma chaise.

Les voir toutes les deux aussi motivées m'apaisa légèrement alors je leur promis qu'après m'être un peu reposée, je comptais effectivement les suivre.

Que pouvais-je faire d'autre ? Passer à autre chose, c'était la meilleure solution…

Le soir venu, Sandrine me conseilla une tenue plutôt sexy pour sortir mais je présumai que pour elle, cela faisait partie du processus de guérison.

- Il est nécessaire de toujours être au top, ma belle. Tu ne dois pas te laisser aller ni te montrer vulnérable sinon les crétins comme ton « Antoine » ne feront qu'une bouchée de toi !

- C'était Edward, la corrigeai-je timidement

- Mais qui est-ce que ça intéresse ? s'exclama-t-elle en balançant ses bras en l'air pour manifester sans ambages son je m'enfoutisme.

La bonne humeur de mes deux colocataires était contagieuse. Tandis que Sandrine s'amusait à m'enseigner l'art de séduire en défilant de façon exagérément ridicule pour me remonter le morale, Charlie se servait de sa sucette pour chanter à tue-tête une chanson de l'été « Bella » dans un vain espoir de prolonger plus longtemps cette saison qui s'achevait.

Le spectacle qu'elles me livraient me faisait mourir de rire ! Malgré le fait que j'avais encore le cœur chagriné par la déception, je ne pouvais résister à l'ambiance qu'elles savaient mettre.

Une fois prête, je portais un jean moulant et des bottines noires avec un t-shirt blanc recouvert par un blazer que Sandrine m'avait prêté. J'avais l'impression d'être Sandy dans le film Grease. La fille sage qu'on métamorphosa pour épater John Travolta. Sauf que le mien c'était envolé, il m'en fallait en trouver un autre même si je ne me sentais pas vraiment d'humeur à faire ce genre de rencontre pour le moment.

Dans un autre bar que la sortie précédente, mes nouvelles amies et moi nous installions à une table tandis qu'un pote de Sandrine était parti nous chercher à boire.

Un des privilèges que cette dernière avait justement, c'était de se faire offrir régulièrement des verres par la gente masculine. Cette fois, elle avait réussi à en convaincre un de nous en offrir à nous toutes.

Le garçon en question revint avec une ligne de 10 shots de tequila. J'ai eu l'occasion d'en boire à Namur bien entendu, je sus donc à quel point ça pouvait vite monter à la tête.

Cependant, j'étais dans cet état d'esprit que Sia a si bien résumé dans sa chanson Chandelierl'année suivante, où il me fallait me changer les idées pour ne pas me « laisser sombrer » dans la déprime. Alors, je me noyai donc dans ce qui me semblait être des litres d'alcools en tout genre au point même que je me mettais à chercher parmi toutes ces têtes blondes le seul à m'avoir fait réellement perdre la tête.

Ensuite, la soirée m'échappa complètement. J'étais tombée dans un trou noir total qui m'amena directement au lendemain. C'était d'ailleurs sans surprise que je me réveillai avec un mal de crâne accompagné de nausées et d'un profond sentiment de honte.

J'avais fort heureusement un seau aux pieds du lit dans lequel je m'étais endormie.

Il me fallut un moment pour réaliser que je ne me trouvais pas dans mon Kot. Alors, en plus de tous ces maux déjà particulièrement éprouvant, venait s'ajouter une angoisse à laquelle je ne m'attendais pas.

« Où est-ce que je pouvais bien me trouver ? »

A première vue, j'étais dans un appartement ou quelque chose s'y approchant. Cela dit, ce n'est pas ça qui me préoccupa le plus, c'était de savoir où se trouvaient mes vêtements. Je portais toujours mes sous-vêtements mais mon t-shirt et mon jean languissaient sur le sol.

Cette fois, la nausée que je ressentais n'avait plus rien avoir avec l'alcool.

« Qui donc m'avait ramenée jusqu'ici ?! ». Toutes ces émotions chaotiques me firent aussitôt fondre en larmes.

J'ignorais non seulement où je me trouvais, chez qui mais en plus, je n'avais plus aucun souvenir de la veille et enfin, je ne savais même pas comment j'allais pouvoir foutre le camp de cet endroit !

En voulant me relever trop précipitamment, je me mis à vaciller puisque j'étais encore sous l'effet de la gueule de bois. Néanmoins, mon instinct de survie me dictait de tenir le coup et de me dépêcher. Je rassemblai donc le plus rapidement possible toutes mes affaires éparpillées dans la chambre, me rhabillai ainsi en 4èmevitesse puis réexaminai les lieux de manière plus approfondie pour évaluer comment j'allais pouvoir sortir de là sans encombre…

La chambre dans laquelle je me trouvais était spacieuse et magnifiquement décorée mais il n'y avait aucun indice comme des photos de famille qui me permettait de déterminer chez qui je me trouvais. Je finis ainsi par comprendre que ce n'était pas un appartement mais un hôtel !

Mon cœur se serra aussitôt lorsque je mettais les éléments les uns à la suite des autres. La suite logique de cette reconstitution me menait droit vers une conclusion terrifiante même si j'essayais de rester optimiste.

Seulement, à l'instant où j'entendis la voix d'un homme derrière la porte de la chambre contre laquelle j'avais collé mon oreille pour détecter une autre présence éventuelle, un frisson d'horreur me traversa le corps. Je m'écroulai alors d'un coup sur une chaise non loin de moi. Je pâlissais en réalisant pleinement ce qui m'était probablement arrivé…

Subitement, des bruits de pas se rapprochaient à un rythme régulier de la porte de cette chambre. Mon corps se figea de frayeur mais mon instinct me dicta de me préparer à attaquer à tout moment.

Alors, lorsque la porte grinça en s'ouvrant, mon cœur cogna si fort contre ma poitrine que je pouvais l'entendre jusqu'à mes oreilles. Je retins aussitôt ma respiration à l'instant même où j'aperçus une chaussure d'homme entrant dans la pièce.

Assise derrière cette même porte, je pouvais deviner sa présence mais je ne pouvais encore le voir. Il semblait s'être arrêté pour inspecter la chambre, probablement à ma recherche.

J'étais pétrifiée à l'idée même de rencontrer cet inconnu qui avait eu le culot de me ramener jusqu'ici, à l'hôtel et de me déshabiller de surcroit…

Soudain, la porte qui nous séparait s'ouvrit entièrement ce qui me fit sursauter de peur.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Un visage d'ange arborant une magnifique chevelure blonde me questionna de ses yeux translucides. C'était lui. C'était Edward !

- Edward ?! clamai-je sous le choc. Mais que fais-tu… ? Comment est-ce que… ? bafouillai-je sans savoir aller jusqu'au bout de ma pensée tellement j'avais de questions qui se bousculaient dans ma tête.

- Hier soir, t'as essayé de me joindre deux ou trois fois, alors, je t'ai rappelée et tu m'as indiqué, totalement bourrée, où tu te situais. J'ai supposé que tu t'étais encore perdue alors je suis venu te chercher, m'expliqua-t-il l'air agacé, comprenant ce que je voulus savoir exactement. Quand je t'ai retrouvée, reprit-il, t'étais assise seule sur le trottoir d'une rue complètement déserte. T'étais dans un état indescriptible … Alors, j'ai voulu te ramener jusqu'à ton kot mais tes colloc's n'étaient pas rentrées et, apparemment, t'avais pas tes clés sur toi. Finalement, j'ai réservé cette suite dans un hôtel du coin et c'est tout…

- C'est tout, insistai-je stupéfaite par les évènements qu'il venait de me raconter

- Oui, c'est tout, m'assura-t-il fermement

- Mais… alors, pourquoi…, bredouillai-je toujours sceptique, j'étais en sous-vêtement ?

- Tu t'es déshabillée pour te mettre au lit, clarifia-t-il

- Et tu m'as vue ? m'étonnai-je encore

- Le groom avait à peine eu le temps de nous montrer la chambre que tu t'étais mise à te déshabiller pour te vautrer sur le lit puis tu t'es endormie en un claquement de doigt.

- Oh, je… Je suis vraiment désolée, m'excusais-je honteuse.

- T'inquiète je crois qu'on s'en remettra, me taquina-t-il en me faisant un clin d'œil charmeur.

Comprenant où il voulait en venir, je le bousculai légèrement juste pour manifester gentiment une désapprobation feinte sur ce sous-entendu. Il me sourit et mon cœur fondit pour lui encore de plus belle.

- Hey, Edward, l'interpellai-je une fois encore tandis qu'il se prépara à sortir de la pièce

- Oui ?

- Merci, murmurai-je doucement. Je sentis immédiatement mes joues s'empourprer.

Il me fit de nouveau un sourire accompagné d'un clin d'œil complice, cette fois.

Je le suivis à l'extérieur de la chambre et je découvris un superbe salon qui comportait tout le nécessaire dont notamment un mini coin salle-à-manger. Il me prévint qu'il avait appelé le Groom service tout à l'heure pour commander le petit-déjeuner. Je saisis donc que c'était pour ça que je l'avais entendu parler derrière la porte. Avec la porte et la peur au ventre, sans compter cette gueule de bois, je n'ai tout simplement pas reconnu sa voix.

Maintenant que j'étais pleinement rassurée, je lui fis savoir que je comptais me rafraîchir un peu dans la salle de bain avant de manger.

Après avoir pris une douche rapide et m'être servie des échantillons pour me brosser les dents, je retournai voir Edward dans le salon de la suite. Le petit-déjeuner était déposé sur la table et il avait déjà commencé à manger. Edward était perdu dans ses pensées. Le regard tourné vers l'extérieur, il semblait scruter le paysage à la recherche de quelque chose. Debout près du divan, je me souviens m'être demandée à quoi il pouvait penser aussi intensément. Ce garçon avait décidément un côté mystérieux que je ne saisissais pas entièrement. Cela faisait bien entendu partie de son charme mais je désirais plus que tout d'apprendre à mieux le connaitre… A connaître toute son histoire, dans les moindres détails…

Je finis par m'installer près de lui et me servis en lui souhaitant un bon appétit. Il mit un moment avant de me répondre puis m'examina en train de manger. Je me sentis d'un seul coup mal à l'aise. Cela dit, une dernière question le concernant me chiffonnait encore. C'est celle-là même qui m'a justement ramenée jusqu'à lui aujourd'hui :

- Pourquoi ne m'as-tu plus données de nouvelles depuis plus d'une semaine ?

- Je n'imaginais pas avoir de compte à te rendre mais si tu tiens tant à le savoir, j'étais occupé, rétorqua-t-il agacé

- Je ne m'attendais pas à ce qu'on se voit tous les jours mais j'aurais aimé que tu me donnes de temps en temps de tes nouvelles.

- Et bien, voilà, t'en as de mes nouvelles : Je suis toujours en vie, basta ! répliqua-t-il dédaigneux

- T'es qu'un con ! soufflai-je entre mes dents remontée contre lui

- Pardon ? s'offusqua-t-il incrédule, attends, je te sors du pétrin et toi, t'as l'audace de m'insulter ?!

- Je te remercie d'avoir agis comme un ami mais moi ce que j'attendais, c'était autre chose de ta part. Il me semble qu'on s'était mis d'accord pourtant ?

- Voilà ! Tu recommences ! Je pensais avoir été clair pourtant, objecta-t-il exacerbé

- Je pensais avoir été clair également, insistai-je irritée par sa réaction.

Le ton étant vite monté, un bref silence s'était installé comme pour me laisser le temps de réaliser que ce que je désirai au plus profond de mon être dès l'instant où je le vis n'arriverait jamais.

Je me liquéfiais sur place de déception. Pourquoi l'aimais-je déjà si fort alors que visiblement il n'en valait pas la peine ?

Des larmes de rage me montaient aux yeux parce que je me sentais complètement impuissante face à cette situation.

Je ne pouvais pas faire en sorte qu'il ressente la même chose pour moi. Je ne pouvais qu'accepter ce fait et le laisser s'en aller…

- Merci pour ton aide, balançai-je résignée avant de prendre mon sac et de me précipiter pour sortir de la suite.

Je courrai dans le couloir pour m'éloigner le plus loin possible de lui. Il me brisait déjà le cœur et je lui en voulus tellement pour ça même s'il n'y pouvait rien.

Je finis par trouver la cage d'escaliers que je dévalais en 4èmevitesse. Je ne voulais plus le voir, ni l'entendre, ni ressentir quelque chose pour lui ou pour qui que ce soit.

Encore une fois j'avais été déçue par quelqu'un. Des souvenirs de mon passé rejaillissaient alors que je tentais en vain de les oublier. J'étais venue jusqu'ici pour cela mais voilà que je replongeais dans les mêmes travers. Je voulais tout effacer et tout recommencer pour ne l'avoir jamais rencontré. N'avoir jamais fait toutes ces erreurs…

- Bella ! jaillit soudainement une voix en haut de la cage d'escaliers, attends, ajouta-t-elle

Malgré mon irrésistible envie de m'en aller, je m'arrêtai pour attendre qu'Edward vint me rejoindre car m'apercevoir qu'il m'avait suivie me redonna un semblant d'espoir.

Je l'entendis descendre précipitamment les escaliers et lorsqu'il arriva enfin à ma hauteur, il me tendit le blazer de Sandrine en ajoutant, essoufflé :

- Tu as oublié ça !

Il ne lui avait même pas fallu plus de 5 minutes pour me broyer le cœur deux fois ! L'affliction mêlé à la rage qui culminait en moi me poussa à lever la main pour le gifler aussi fortement que possible. Cependant, il bloqua mon bras d'une seule main et lorsque je voulus me dégager de lui avec mon autre bras, il m'arrêta de la même manière.

Il me fit reculer jusqu'au recoin de la plateforme entre deux rangées d'escaliers, tout en plongeant ses yeux bleus dans les miens. Il entrouvrit légèrement la bouche me laissant entendre sa respiration qui s'accélérait.

Son corps se rapprocha si près du mien que mon cœur se mit à battre à tout rompre jusqu'à raisonner dans mes tympans. Il déposa mes bras autour de son cou puis glissa ses mains tout au long de mon corps jusqu'à descendre sur mes hanches.

Edward avait une telle emprise sur moi que je n'arrivais plus du tout à y voir clair :

- Qu'est-ce que tu me veux ? lui murmurai-je à bout de souffle torturée entre le désir et la raison

- Toi, me chuchota-t-il en pressent d'avantage son corps contre le mien que je pus sentir son intimité entre mes jambes.

- Je veux plus que ça, persistai-je malgré le fait que je commençais à faiblir

- J'peux pas, soufflait-il doucement le visage si près du mien

- Alors… restons-en là, conclus-je en larmes.

La raison aurait voulu que je me dégage calmement et que je m'en aille sans jamais plus me retourner mais c'était au-dessus de mes forces car je réalisais que ce serait probablement la toute dernière fois qu'il me toucherait.

Lorsqu'il relâcha légèrement la pression, je saisis l'occasion pour m'éloigner. Il me rattrapa doucement par le bras puis me murmura à l'oreille de rester.

- Pas dans tes conditions, Edward, pleurais-je. La tentation que j'étais en train de combattre était tenace

- D'accord, attends,… tenta-t-il encore de me persuader, remonte avec moi et …

- Non, je ne remonterai pas avec toi pour ça, soufflai-je toujours décidée

- Je ne peux pas … objecta-t-il à voix basse

- Alors, il n'y a vraiment que mon corps qui t'intéresse ? m'offusquai-je déçue

- Non, c'est juste que…je ne peux pas… bredouillait-il l'air confus. Ses joues rosissait et ses yeux se mirent à briller d'une façon que je n'avais encore jamais vue

- Tu ne peux pas quoi ? Lui demandai-je doucement

- Prendre… prendre ce risque, m'avoua-t-il enfin, les lèvres tremblantes

- Tu ne crois pas que je crève de trouille moi aussi ? lui lançais-je. Oui, j'ai peur, je suis même effrayée mais j'ai envie de tenter une histoire sérieuse avec toi, Edward et je suis sûre que tu en es plus capable que ce que tu crois. Il te suffit juste de lâcher prise et de sauter car moi je suis là, je suis prête pour sortir avec toi.

- …

- Alors ? Est-ce que tu es partant cette fois ? Et pour de bon ? m'obstinai-je

- Peut-être, marmonna-t-il l'air indécis

- Je ne veux pas d'un « peut-être », je veux un « oui » sûr et certain ! continuai-je déterminée à obtenir ce que je désirais.

Il m'embrassa avec tant d'ardeur que j'en oubliai un instant comment on en était arrivé là.

Sa bouche était à la fois douce et chaude, ses mains se glissèrent sous mon pull pour caresser mon dos me faisant ainsi frissonner de désir. Un feu de plus en plus intenses se logeait dans le bas de mon ventre.

Toutes ces émotions étaient si fortes que je n'arrivais plus à raisonner.

Heureusement, une personne empruntant la cage d'escaliers se rapprochait de nous. L'entendre me sortit brusquement de ma rêverie et me permit de m'échapper.

Cette fois-ci, il ne me suivit pas mais lorsque je sortis de l'hôtel, mon téléphone sonna alors je décrocha, stupéfaite de découvrir de qui provenait cet appel

- C'est d'accord, céda-t-il enfin, quelles sont tes conditions ?

(encore désolée pour ce retard, je m'attèle à la suite très vite et je le publie dans les jours à venir. J'espère que ça vous plaira)