J'avais très envie d'écrire, aussi, sachez-le, chers lecteurs, j'ai comment dire, euh... un peu négligé un boulot que je fais en ce moment (et qui me gaaaave) pour vous écrire ça (plus le prochain chapitre du Feu et de la glace qui arrive à grands pas...).

Attention, ce chapitre comporte un lemon d'une certaine violence.

Enjoy !


I

Plus tard dans la journée, Gajeel se tenait debout sous une toile de tente en compagnie de Jubia, Jellal et Bixrow, à observer une carte de la région déployée sur une vieille table en bois qui tanguait chaque fois qu'on s'appuyait dessus.

« Ok, les gars, vous avez pigé ? demanda Gajeel en regardant tour à tour les membres de l'équipe. Vous vous planquez, vous attendez qu'ils fassent l'échange, et vous n'intervenez que s'il s'agit bien du trafic de nourriture qu'on soupçonne. Pas de prisonniers. On a besoin de ces ressources, je peux pas me permettre de les voir filer sous mon nez.

— Ouais, acquiesça Bixrow d'un ton nonchalant, on connaît ta politique, Gajeel : venez à moi et je vous nourrirai... Ça paraîtrait presque biblique si on laissait de côté la deuxième partie de ta devise : agissez derrière mon dos et je vous enverrai rejoindre vos aïeux.

— La démocratie, c'est fini depuis longtemps. Ici, c'est moi le boss, donc toutes les ressources transitent par cette place-forte. Et comme tu l'as souligné, Bixrow, ceux qui veulent nous rejoindre sont les bienvenus. On pourra pas dire qu'on les a pas prévenus.

— Je suis d'accord, le soutint Jubia. Ils ont commis une erreur en voulant se la jouer solo. Ç'aurait été plus malin de chercher ta protection. »

Gajeel lui adressa un hochement de tête pour la remercier. Depuis le début, Jubia avait été l'un de ses principaux soutiens, lui vouant une loyauté inébranlable. En fait, sans elle, il ignorait s'il aurait pu garder la place qu'il avait acquise à la force de ses poings.

« Une dernière chose », reprit-il de sa voix grondante avant de marquer une pause pour examiner chacun de ses interlocuteurs tour à tour. « Natsu vient avec vous, annonça-t-il finalement.

— Hein ?! fut la réponse unanime.

— Il peut nous être utile, mais il faut qu'on le teste d'abord. Je tirerai rien de lui dans l'état actuel des choses, et je pense qu'il ferait un atout pour nous si on le convainquait de rejoindre nos rangs. Va falloir que vous le surveilliez de près. Je peux compter sur vous ? »

Jellal et Bixrow se contentèrent d'un grognement et Jubia, après l'avoir dévisagé un long moment, le visage impénétrable, finit par acquiescer :

« Comme tu voudras, Gajeel. Et puis, ça vaut peut-être mieux pour tout le monde : s'il reste plus longtemps à traîner ses basques dans le camp, Grey va l'assassiner à coups de clé à molette. »

Gajeel grimaça un sourire. Elle avait très certainement raison.

II

Natsu avait fait un effort. Un gros effort, même. Quand Gajeel lui avait annoncé qu'il l'envoyait en mission avec les trois rigolos qui avaient détruit sa bagnole, il avait cru que c'était une blague. Mais le visage de Gajeel était on ne peut plus sérieux.

« C'est un test, précisa le Dragon d'Acier. Fais le boulot, c'est tout. Si ça se passe bien, on pourra commencer à envisager un avenir pour toi, avec nous. Et me raconte pas d'histoires, Pinkie : t'es pas vraiment loyal envers Luxus. Reste avec nous, tu sais que ça pourrait t'être bénéfique.

— Pour qui est-ce que ce serait vraiment bénéfique, hein, Gajeel ? » demanda Natsu, un sourire provocateur aux lèvres.

Gajeel fulmina, mais Natsu ne se laissa pas impressionner. Il savait qu'il avait un avantage sur le boss du coin. Parce que Natsu n'était pas aveugle, et il avait très bien remarqué la lueur d'intérêt qui s'était éveillée dans les iris sombres du Dragon d'Acier quand il avait posé les yeux sur lui. Natsu lui plaisait, il en était absolument certain. Et ça lui donnait une marge de manœuvre pour jouer un peu avec lui. Cependant, il ne pouvait pas non plus faire n'importe quoi. Gajeel lui faisait une proposition très généreuse, il en avait conscience. Il lui offrait sa protection. Encore un peu, et Natsu se serait presque senti coupable : Gajeel n'avait pas l'air de réaliser que Luxus et son gang n'allaient pas le laisser tomber. Ils avaient besoin de lui, et puis... il avait des amis, là-bas. De bons amis. Cela dit, il devait se préparer au pire : peut-être que ses amis ne viendraient pas, peut-être qu'ils ne se risqueraient pas, après tout, à provoquer une guerre pour lui. Ou peut-être qu'ils la perdraient. Une seule chose était sûre : en ce monde, se la jouer solo, c'était mettre sa survie en péril, même à court terme.

Alors, il prit sur lui et accepta la mission.

III

Cette fois, ils n'avaient pris qu'une seule bagnole. La discrétion était de mise. Jubia était au volant, avec le taciturne Jellal sur le siège passager. À l'arrière, Bixrow jetait des regards curieux à Natsu à travers son casque défoncé qu'il avait probablement déniché dans les affaires d'une association de fanas de reconstitution historique.

« Le boss t'a à la bonne, pas vrai ? » demanda-t-il.

Natsu lui jeta un regard indifférent, puis il haussa les épaules.

« Il fait bien, dit-il. Si jamais vous m'intégrez, je peux vous donner un avantage. Il a juste compris que je lui filerai pas mes secrets gratos.

— Il aurait pu te tabasser.

— Ouais, et il l'a pas fait, parce que c'est pas un gros connard. C'est pour ça que vous bossez pour lui, non ? »

Jubia lui jeta un regard étonné à travers le rétroviseur.

« Ouais, je suppose qu'on peut dire ça comme ça, acquiesça Bixrow. Mais ton boss à toi ? Tu devrais pas lui être loyal ou un truc du genre ?

— Qui a dit que je l'étais pas ? J'ai encore rien fait. Je profite de la situation. Je reste en vie. Et rester en vie, c'est ça qu'il attend de moi, mon boss.

— Ça fait sens. Mais si tu restes avec nous, tu nous fileras tes secrets, pas vrai ?

— Avec des si, on pourrait réécrire l'histoire de l'apocalypse nucléaire, crétin. »

Bixrow ne releva pas l'insulte. Il n'était pas homme à se vexer facilement.

« Ok, Natsu. Qui vivra verra, comme on dit. »

IV

Jubia s'arrêta à l'abri des regards, derrière un gros promontoire rocheux. Ils devraient le contourner à pied, discrètement, pour apercevoir l'échange qui devait avoir lieu au crépuscule.

Le soleil était déjà tout près de la ligne d'horizon, baignant les nuages de leurs rouges et mauves alors que le ciel prenait une teinte turquoise. L'apocalypse était peut-être passé par là, mais les couchers de soleil étaient toujours aussi beaux.

Le quatuor se dépêcha d'avancer ils avaient peu de temps devant eux. Natsu avait l'habitude d'opérer discrètement et il n'eut guère de problème à progresser en silence au beau milieu des rochers et des gravats. Bixrow, en revanche, laissa échapper un juron retentissant quand il glissa sur une pierre, ce qui lui valut un avertissement glacial de la part de Jellal :

« Ferme-la, abruti. Tu vas tout faire foirer. Essaie de faire en sorte de bouger tes grosses pattes sans tout faire s'écrouler, bon sang ! »

Jubia soupira en écho, et le petit groupe reprit sa route. Au bout de dix minutes passées à piétiner dans la rocaille, elle leur fit signe de se baisser et de la rejoindre derrière un gros rochers. Ils étaient arrivés. Et d'ici, un point d'observation un peu en surplomb, ils avaient une vue idéale sur ce qui se passait plus bas. Deux groupes de quatre personnes se faisaient face dans les ombres grandissantes du crépuscule.

« C'est bon, t'as ce qu'il faut ? » demanda une grande femme maigre à un homme à la peau tannée par le soleil.

Il acquiesça sombrement.

« Montre-moi ce que tu as apporté pour moi. »

Elle souleva un vieux draps criblé de taches et dévoila une dizaine de jerricans d'essence. Satisfait, l'homme fit signe à l'un de ses camarades de donner les sacs de nourriture à la femme. Elle y jeta un œil.

« Ça me va. On procède à l'échange et on se tire. Le Dragon d'Acier a des yeux partout. La prochaine fois, vaudra mieux qu'on change de lieu de rendez-vous.

— Il n'y aura pas de prochaine fois », annonça Jubia en surgissant de derrière son rocher, une carabine de chasse entre les mains. Elle chargea et commença aussitôt à tirer.

Elle n'aimait pas faire ça. Vraiment pas. Mais elle vivait dans un monde où l'on ne pouvait pas se permettre de faire seulement ce qu'on voulait. On ne pouvait pas éviter les violences. Ces types-là avaient déjà reçu plusieurs avertissements. Maintenant, c'était trop tard.

Jellal, Bixrow et Natsu émergèrent à leur tour pour canarder les trafiquants. L'échange fut bref : pris par surprise, les maraudeurs eurent à peine le temps de tirer leurs armes. Un beau massacre.

Après quoi, le quatuor sortit à découvert pour s'emparer des ressources et les ramener à la voiture. Un boulot vite fait, bien fait. Gajeel serait content. En plus, se dit Jubia, qui avait pris le temps d'observer Natsu, il visait juste, presque toutes ses balles avaient fait mouche. Le jeune homme alla chercher l'un des volumineux sacs de nourriture et le cala sur son épaule comme si c'était un oreiller. Et il est fort, avec ça. Gajeel a peut-être raison de vouloir le recruter. Même si je doute qu'il le veuille seulement pour ses divers talents. Ah, Gajeel... incapable de résister au charme d'un beau jeune homme, surtout quand il a la dent dure comme Natsu.

Elle n'allait pas le critiquer, cependant : c'était elle qui l'avait convaincu de recruter Grey, dans des circonstances assez similaires à celles de l'arrivée de Natsu. Ils avaient pincé Grey alors qu'il tentait de leur voler de l'équipement. Jubia avait argué qu'un type capable de s'infiltrer dans un camp aussi bien gardé que le leur serait forcément utile. Mais en son for intérieur, elle s'était surtout dit que se débarrasser d'un homme aussi séduisant relevait pratiquement du blasphème. Elle le voulait pour elle. Et ça avait été moins difficile qu'escompté : apparemment, lui aussi la trouvait à son goût.

V

Ils rentrèrent à la base sans incidents et déchargèrent les ressources à la lueur des torches et des feux de camp. La nuit était claire et le ciel criblé d'étoiles. Après la tuerie de tout à l'heure, ils trouvèrent tous un certain apaisement dans l'atmosphère tranquille de leur petite forteresse, où chacun vaquait calmement à ses occupations, ou bien ronflait sur son lit de camp.

Jubia alla faire son rapport à Gajeel, qui lui demanda de lui ramener Natsu. Elle s'exécuta et se dépêcha de s'éclipser pour aller rejoindre Grey sous la couette.

Natsu apparut dans la lueur de la vieille lampe à huile que Gajeel utilisait pour éclairer le local en taule qui lui servait de bureau. Il observa Gajeel d'un air circonspect. Le Dragon d'Acier était assis sur une chaise, bras croisés, jambes largement écartées.

« Jubia a dit que t'avais fait du bon boulot », déclara-t-il en guise de préambule.

Natsu haussa les épaules.

« C'était un boulot facile. »

Un silence s'installa, mettant Natsu un peu mal à l'aise, d'autant plus que son interlocuteur le dévisageait avec une curieuse intensité. Il dansa d'un pied sur l'autre.

« Et ? C'est tout ? J'suis crevé, alors si t'as rien à me dire, j'vais aller me coucher... »

Il s'apprêtait à faire demi-tour quand la voix rocailleuse de Gajeel le retint.

« Attends. »

Il sembla peiner à trouver ses mots, ramenant un sourire sur le visage de Natsu.

« C'est bon, je crois que j'ai compris. Comme je te l'ai dit l'autre jour, ça me pose pas de problème. »

Gajeel déglutit, mais ne dit rien : il avait l'impression que s'il ouvrait sa grande gueule à cet instant précis, il allait sortir une énorme connerie. Mieux valait laisser faire Pinkie.

Celui-ci contourna le bureau et s'agenouilla entre les jambes de Gajeel. Il défit habilement sa ceinture, baissa braguette et se saisit de sa verge qui avait déjà commencé à se raidir par pure anticipation.

Puis, il l'engloutit entre ses lèvres délicieuses. Gajeel étouffa un cri de surprise en trouvant la bouche de Pinkie aussi chaude. Il commença à le sucer dans les règles de l'art, comme le fait quelqu'un qui a l'habitude d'offrir une telle gratification à ses partenaires. Et bon sang, que c'était bon... Se sentir aspiré entre ses lèvres serrées, éprouver la caresse presque irritante de sa langue sur le bout de son gland, se faire pomper la base de la queue par une main énergique... Merde, ça faisait trop longtemps. L'orgasme montait en lui à vitesse fulgurante, mais voir Pinkie dans cette position-là, à genoux entre ses cuisses, la tête nichée dans son entrejambe, avait réveillé en lui un désir qu'il n'allait pas satisfaire aussi facilement. Il repoussa la tête de Natsu, le souleva par les aisselles. Il le poussa violemment contre le mur de taule, provoquant un tremblement généralisé du taudis, qui allait probablement s'effondrer s'il ne faisait pas attention. Mais il n'arrivait pas à se contenir. Il pressa son corps contre celui de Natsu, emprisonna son menton entre ses doigts et se mit à l'embrasser avec toute la sauvagerie qui s'emparait de lui à son contact. Pinkie ne réagit pas tout de suite, sans doute pris par surprise. Après un long moment, Gajeel se contraignit à lâcher ses lèvres gonflées par ses mauvais traitements pour pouvoir observer son visage.

Natsu écarquillait les yeux, apparemment pris de court. Gajeel baissa les yeux. Il n'était pas seulement surpris : à en juger par la belle proéminence gonflant fièrement son pantalon, il avait aussi apprécié cette petite démonstration de force. Intéressant, pensa le Dragon d'Acier en souriant. D'un geste brutal, il saisit Pinkie par la taille et le positionna face à son bureau. Ensuite de quoi, il baissa son pantalon sur ses cuisses et appuya sur sa nuque pour le contraindre à se pencher. De façon assez surprenante, Pinkie ne protesta pas. Gajeel se mordit la lèvre inférieure, submergée de de désir devant la vision de ce cul offert de bonne volonté. Il écarta les cuisses de Natsu et posa une main sur ses couilles, les malaxant presque trop fermement. Il humidifia rapidement les doigts de son autre main et se mit à jouer avec son partenaire, décrivant des cercles appuyés et provocants autour de son anus. Natsu émit un petit grognement au fond de sa gorge, comme s'il s'efforçait de le refouler. Gajeel trouva ça incroyablement sexy et s'appliqua à en obtenir davantage. Puis, il se dépêcha de préparer son partenaire, trop impatient de le pénétrer pour être sûr de pouvoir de se tenir longtemps. Et il ne voulait pas traumatiser Pinkie. Parce qu'il espérait bien que cette fois ne serait pas la seule.

Quand il s'enfonça en lui, il agrippa solidement ses hanches, les lèvres serrées pour étouffer le grondement primal qui montait dans sa gorge.

Putain...

Appuyé sur ses coudes contre le bureau, Natsu haletait bruyamment. Plaisir, douleur, les deux ? Gajeel prit sa verge dans sa main droite, toujours aussi dure, et commença à le masturber, puis bougea lentement en lui, laissant le corps de Natsu s'habituer à sa présence. Le visage de Pinkie s'enflamma et sa bouche se crispa, mais là encore, il était difficile d'interpréter son expression. Gajeel bougea plus vite, s'enfonçant plus profondément en son partenaire à chaque coup de boutoir. Cette fois, Natsu ouvrit la bouche et laissa échapper un cri presque plaintif. Gajeel se laissa dominer par son plaisir et baisa Pinkie de plus belle, envoûté par la vision qu'il lui offrait, penché ainsi sur son bureau, le corps tressautant sous ses coups de reins.

Enfin, le plaisir explosa dans son bas-ventre et sa semence jaillit dans les entrailles de Natsu, libérant enfin Gajeel de sa transe. Il se retira et recula, contemplant Pinkie dont le visage disparaissait entre ses poings, le dos soulevé par une respiration précipitée.

Tu es allé trop loin, souffla la voix intérieure de Gajeel.

« N-Natsu... commença-t-il, hésitant. Je n'aurais pas dû... »

Tout d'abord, Pinkie ne dit rien, ne bougea pas. Puis, il se redressa, remit son pantalon en place, et lui tournant toujours le dos, il inspira et expira longuement. Quand il se retourna, il souriait. Même si le coin de ses lèvres tremblaient légèrement.

« J'ai vu pire », dit-il d'un air suffisant.

Pour une raison ou pour une autre, cela mit Gajeel en colère.

« Quoi, t'as aussi fait ça avec Luxus, c'est ça ? »

Pinkie pencha la tête d'un air intéressé.

« Jaloux ? » demanda-t-il.

Gajeel le fusilla du regard. Il soupira.

« Non. Ça n'a pas d'importance, et puis, c'est pas le sujet.

— C'est bon, détends-toi. Tu m'as pas violé. Si je voulais pas que ça arrive, crois-moi, il manquerait quelques dents à ta grande gueule de Dragon d'Acier.

— Alors tu y as pris du plaisir ?

— Ça peut aller », répliqua Natsu, impitoyable.

Merde, ce mec était tellement difficile à lire ! Gajeel s'aperçut qu'il était incapable de savoir quand Natsu lui mentait ou pas, quand est-ce qu'il se vantait et quand est-ce qu'il était sincère. Et il réalisa aussi qu'il détestait cette sensation. Il se sentait idiot et mal à l'aise. Il alla fouiller dans une caisse au fond du local et lança une bouteille de bourbon à Pinkie. Celui-ci la rattrapa au vol et haussa un sourcil.

« C'est mon paiement ? Alors c'est comme ça que ça va être ? Être la pute du Dragon d'Acier, y a pire, j'imagine. »

Avant que Gajeel n'ait le temps d'ouvrir la bouche, Natsu tourna les talons et s'en alla, le laissant planté là, le visage cramoisi, et une détestable sensation d'angoisse aux tripes.