Je demande humblement pardon au bon goût pour certains passages de ce chapitre :)
Enjoy!
I
« Sexy... murmura Gajeel.
— Hum. Pas mal. 'Uke'. U-K-E.
— C'est moi que tu traites d'uke, là ?!
— Nan, mais regarde, ça compte triple... »
Derrière la cloison qui les séparait de la cabine de Rogue, Sting et Natsu échangèrent un regard perplexe, puis penchèrent la tête pour observer ce qui se passait à travers la porte restée ouverte.
Sting se remit aussitôt à l'abri, les deux mains pressées sur sa bouche pour se retenir de hurler de rire. Natsu lui donna un coup de coude dans les côtes, mais rien n'y fit. Natsu prit son compagnon par le haut du bras et le traîna à l'autre bout du couloir pour éviter qu'ils ne se fassent repérer.
« Nan mais j'y crois pas ! s'esclaffa Sting, cherchant le soutien du mur pour laisser exploser son hilarité. Ils jouent au putain de Scrabble ! J'y aurais jamais cru si je l'avais pas vu de mes propres yeux ! »
Natsu lui jeta un regard noir.
« Tu vas nous faire repérer, idiot !
— Bah, y a pas grand-chose à espionner, de toute façon. T'es pas rassuré ? »
Natsu secoua la tête.
« Leurs choix de mots sont pour le moins... ambigus.
— Hmpf, grogna Sting.
— Personne t'a demandé de venir ! s'emporta Natsu en faisant un effort pour ne pas crier.
— Ok, ok ! fit Sting en levant les mains en signe d'apaisement. Continuons à espionner. »
Ils revinrent devant l'entrée de la cabine de Rogue, et n'entendirent d'abord rien d'autre qu'un silence pesant. Puis, la voix de Gajeel retentit :
« Si tu continues à me regarder comme ça, Rogue, je vais finir par me faire des idées. »
Silence.
Quelques secondes plus tard, quelque chose tomba violemment sur le sol, suivi du crépitement des pièces du jeu qui s'éparpillaient sur le sol. Natsu osa un regard à l'intérieur et vit Gajeel qui plaquait Rogue contre le mur, tenant ses cuisses à deux mains pour les maintenir à la hauteur de sa taille tandis que son amant s'accrochait à lui, les doigts plongés dans sa chevelure, l'embrassant passionnément.
Au même moment, Sting bougea derrière lui et étouffa un juron. Il se pencha – trop tard – pour rattraper le balai qu'il venait de heurter. En tombant, le manche heurta bruyamment un seau en métal. L'atmosphère dans la cabine changea immédiatement. Natsu et Sting détalèrent comme si leur vie en dépendait – ce qui d'ailleurs était possiblement le cas.
II
Ils ne s'arrêtèrent qu'une fois parvenus quasiment de l'autre côté de la forteresse. Les poumons en feu, ils s'adossèrent contre une paroi pour reprendre haleine.
« Y a pas plus discret que toi, hein... » marmonna Natsu d'une voix pleine de rancœur.
En même temps, pensa-t-il aussitôt, est-ce que j'avais vraiment envie de rester pour voir ça ?...
Sting émit un petit rire étouffé.
« Désolé, Natsu, j'ai menti... En tout cas, t'as eu la réponse à ta question, non ? »
Natsu soupira.
« Ouais. Je suppose que oui.
— Fais pas cette tête. T'as l'air en colère. Y a bien un truc entre vous, alors ? »
Natsu leva les yeux au ciel d'un air exaspéré.
« Mais bon sang, t'es vraiment incroyablement curieux, comme mec, tu sais ?!
— Ouais, je sais, rigola Sting. On me le dit souvent. »
Puis, quelque chose changea dans son regard. Une drôle de lueur s'y alluma. Sting se rapprocha de Natsu et soudain, sans prévenir, il l'embrassa.
Natsu écarquilla les yeux, sous le choc. Sting recula et lui sourit.
« Une petite revanche, ça te dit ? Je te laisserai même prendre le dessus, si t'en as envie. »
Natsu se mordilla la lèvre. La proposition, il devait l'admettre, était tentante. Le blond était plutôt mignon... Et il avait effectivement un certain désir de revanche. Il attrapa Sting par la nuque et imprima ses lèvres sur les siennes. Il goûta sa bouche longuement, tandis que des mains baladeuses se glissaient déjà sous ses vêtements. Un feu puissant s'éveilla dans son bas-ventre.
Sting le guida jusqu'à sa propre cabine, ferma la porte et sourit d'un air provocant à Natsu. Il se déshabilla devant lui, dévoilant un corps athlétique et nerveux à la peau claire légèrement halée par le soleil. Natsu s'humecta les lèvres, séduit par le spectacle. Sting se rapprocha et pressa son corps nu contre le sien tout en lui caressant les fesses. Natsu frémit au contact de ses mains et attaqua de nouveau ses lèvres, qui avaient un léger goût de sel, et une texture délicieusement pulpeuse. Sans rompre le baiser, Sting défit son pantalon et caressa son entrejambe d'une main chaude et pressée, tandis que de l'autre, il se glissa sous son t-shirt pour découvrir le relief de son torse et le contour de ses mamelons. Avide de passer à la suite, Natsu repoussa son partenaire et se débarrassa de ses vêtements. Sting s'allongea sur le lit et écarta les jambes, comme pour l'inviter à se nicher entre ses cuisses. Natsu s'exécuta, et se crispa quand il sentit sa queue frotter contre celle de son partenaire. Il remua les hanches pour accentuer le contact. Sting ferma les yeux en laissant échapper un petit soupir. Natsu s'attaqua à son cou, suçant et mordillant la peau sensible tandis que son partenaire se raidissait sous lui, gémissant doucement.
« Natsu... dit finalement Sting d'une voix tendue par le désir. J'ai pas de lubrifiant, comme tu peux t'en douter... Mais j'ai bien un peu d'huile... Et je préférerais que tu t'en serves.
— De l'huile ? De l'huile de moteur ?
— Mais non, idiot, rigola Sting. De l'huile alimentaire. Je sais bien que t'aimes les bagnoles, mais faudrait voir à pas me prendre pour une grosse cylindrée, même si... Je suis plutôt bien équipé. »
Cette fois, Natsu éclata de rire.
« Ok, j'ai pigé le message, dit-il en souriant.
— Sous mon lit », indiqua Sting.
Natsu fouilla à l'aveuglette, mit la main sur de nombreuses canettes vides et autres reliquats d'emballage, avant d'extraire une bouteille... d'huile d'olive.
« Vierge extra, pressée à froid, en plus, commenta-t-il d'un ton faussement admiratif.
— Pour le côté vierge, en ce qui me concerne faudra repasser, mais sinon, je te le confirme, de la haute qualité. Je rigole pas avec mes lubrifiants.
— J'te comprends, un corps comme le tien, ça s'abîme pas avec de la vulgaire huile de colza. »
Ils éclatèrent de rire, après quoi Natsu déboucha la bouteille et enduisit ses doigts de graisse.
« Bon, fini de rigoler... Je vais te fourrer comme un bocadilo.
— Un quoi ?
— Oh, rien, de la gastronomie espagnole...
— Pff, après les bagnoles, la bouffe... se plaignit Sting en feignant un ton offensé.
— Râle pas, ça veut dire que je te trouve appétissant... »
Après avoir encore rigolé, ils convinrent que davantage de mauvais jeux de mots risquait de les faire définitivement renoncer à leur partie de jambes en l'air, et ils se mirent au boulot.
Natsu trouva Sting agréablement réceptif à ses attouchements, et son partenaire éphémère s'ouvrit rapidement sous ses doigts, le visage en feu. Natsu huma le parfum de sueur et d'huile d'olive qui émanait de lui, curieusement excitant dans son étrangeté même. Il pénétra son compagnon le plus doucement possible, puis se laissa aller au rythme dicté par son désir, oubliant tout ce qui le préoccupait et lui pesait.
Au bout d'un moment, il se retira et Sting s'allongea sur le ventre, puis Natsu le pénétra à nouveau tout en mordillant sa nuque moirée de sueur dont le petit goût salé picota le bout de sa langue. Sting ondula des hanches, cherchant le contact du matelas pour stimuler sa verge gonflée. Natsu le laissa faire un moment, excité par la vue de son cul qui ondulait sous lui, aspirant et relâchant sa queue en rythme. Après quelques minutes, Sting, lui demanda à nouveau de changer de position. Il s'agenouilla sur son lit, les jambes écartées, et Natsu se plaça derrière lui. Là, il le pilonna ardemment, une main refermée sur sa queue. Sting rejeta la tête en arrière et Natsu en profita pour l'embrasser fougueusement, recueillant ses gémissements à même ses lèvres, jusqu'à ce que son partenaire jouisse, la bouche entrouverte, la respiration bloquée, quelques secondes suspendues de plaisir total. Natsu ne tarda pas à le rejoindre sur les hauteurs de l'orgasme, puis resta un moment en lui, écoutant décroître les battements de son cœur tandis que sa queue palpitait dans les entrailles chaudes et moites de son partenaire.
« Putain, ça fait du bien, dit-il dans un murmure en se laissant retomber sur le lit, essoufflé.
— Je confirme, acquiesça Sting en s'étirant comme un chat. Ça va mieux, maintenant ? »
Natsu fronça les sourcils, ramené à ce qui avait initialement déclenché cette débauche.
« J'me débrouillerai. Ça a pas d'importance. De toute façon... »
Il se tut brusquement. Il s'apprêtait à dire quelque chose qu'il serait plus avisé de garder pour lui. Après tout ça, il doutait encore plus de son avenir, surtout auprès de Gajeel. Il commençait à songer à prendre la fuite pour rentrer chez lui et retrouver ses amis... C'était donc ça, ce qu'on appelait des « confidences sur l'oreiller » ? Il ne pouvait nier qu'après un orgasme de ce genre, on avait envie de dire tout ce qu'on avait sur le cœur, mais il se rappela qu'ici, il était en territoire ennemi et que les mots devaient être maniés avec prudence.
« De toute façon, quoi ? voulut savoir Sting.
— Rien... » marmonna Natsu.
Le silence retomba dans la cabine étroite, qui sentait maintenant la sueur, le sperme... et l'huile d'olive.
« Bon, dit Natsu en se redressant. Merci pour tout, Sting. J'pense qu'il vaut mieux que j'y aille, maintenant.
— Pas de problème, j'en ai profité aussi. C'est quand tu veux, si tu reviens dans le coin.
— C'est noté. »
Il ramassa ses vêtements épars et s'habilla rapidement puis, après avoir adressé un dernier sourire à Sting, il quitta sa cabine et déambula dans la forteresse à la recherche de la sortie. Il comptait attendre la fin des ébats de Gajeel à l'endroit où il était le plus à l'aise, donc, dans sa bagnole.
Il se perdit plusieurs fois sur le trajet et commençait à perdre patience, quand soudain, il ressentit un choc violent à l'arrière du crâne et perdit connaissance.
III
Il émergea avec une sensation de froid sur sa peau. Le sol était dur. La douleur pulsait avec agressivité dans son crâne. Il ouvrit péniblement les yeux et découvrit un environnement étroit et obscur. Son souffle s'accéléra aussitôt, tandis que la panique pulsait lourdement dans sa poitrine. Il essaya de se redresser, et la douleur dans son crâne explosa. Le cœur au bord des lèvres, il rampa jusqu'à heurter une paroi et parvint laborieusement à s'asseoir. Peu à peu, ses yeux s'habituèrent à l'obscurité, et le voile de douleur se dissipa. Il observa son environnement et comprit qu'il se trouvait dans une cellule.
Merde... Pas si solide que ça, ton entente avec Rogue, pas vrai, Gajeel ?
À moins que... Non, il ne voulait pas penser à ça. Et pourtant... Maintenant qu'elle s'était élevée, impossible de faire taire la voix insidieuse qui lui racontait que Gajeel l'avait trahi, qu'il avait profité de sa venue dans le territoire de l'Ombre pour se débarrasser de lui. C'était logique, après tout : Gajeel avait bien plus à gagner en consolidant son alliance avec Rogue qu'en persistant à le protéger, alors que l'Ombre haïssait Luxus et que Gajeel avait juré de ne jamais passer de marcher avec lui, de quelque manière que ce soit. Et prendre sous son aile un homme de main de Luxus, est-ce que Rogue n'allait pas considérer ça comme une trahison ? L'instinct de Natsu lui soufflait que si.
Quelques minutes plus tard, un tintement métallique retentit, et la porte s'ouvrit sur une lumière aveuglante. Natsu plissa les yeux et reconnut la silhouette de Rogue dans l'encadrement de la porte.
« À ma merci... siffla l'Ombre. Tu es à ma merci. Je ne pensais pas que Gajeel me ferait un cadeau pareil. »
Le cœur de Natsu s'effrita. Rogue eut un rire bas.
« Ne t'en fais pas, il ne t'a pas donné à moi librement. J'ai juste pris les devants. C'était vraiment con de sa part de me tenter de cette manière. Dire qu'il croyait que j'allais laisser filer un homme de Luxus... C'est pour ça qu'on n'est plus ensemble, tu sais. Gajeel voudrait contenter tout le monde. Mais c'est impossible. »
Rogue soupira, et maintenant que Natsu pouvait distinguer les traits de son visage, il lui parut authentiquement triste. Vu qu'il n'avait rien à perdre, il en profita pour tenter de se défendre :
« Tu n'es pas obligé de faire ça. J'imagine que ça te fera pas changer d'avis, mais je suis plutôt d'accord avec toi : Luxus est un connard. Je n'étais pas avec lui par loyauté. J'étais avec lui pour survivre. »
Rogue ne dit rien pendant un long moment, si bien que Natsu crut qu'il ne lui ferait pas l'honneur de lui répondre. Mais finalement, il gronda d'une voix sourde :
« La survie, hein ? Ça justifie tout, pas vrai ? Regarde ce qu'on est devenus... On est tous fous à lier. Je le sais, ça, ne te fais pas d'illusions. Je déteste ce que je suis devenu. Mais la haine... c'est tout ce qui me reste. Pas de chance pour toi, t'es du mauvais côté de la barrière. »
Natsu n'eut aucun mal à le croire. Cet homme allait le tuer, et si son instinct était juste, ce ne serait pas de la manière la plus agréable. Une boule d'appréhension lui noua la gorge. Il ne voulait pas mourir.
Il essaya de réfléchir à toute vitesse, mais ne trouva pas la moindre solution pour se sortir de ce guêpier. Et pendant qu'il paniquait, Rogue continuait de le fixer d'un air inexpressif, mêlé de cette insupportable tristesse que Natsu ne connaissait que trop bien.
« Rogue, prononça soudain une voix basse et vibrante que Natsu reconnut aussitôt. Laisse-le partir. Tout de suite. »
Rogue referma la porte de la cellule d'un coup de pied, et Natsu se recroquevilla au fond, trop terrifié pour tenter une évasion.
« On avait dit jamais, Gajeel ! cria Rogue. Tu te pointes ici avec un homme de Luxus, et t'espérais vraiment t'en tirer comme ça ? Est-ce que t'as perdu la tête ?! C'est ton nouveau caprice, c'est ça ? Ta petite obsession du moment ? T'as flashé sur son cul ? »
Natsu se crispa entendit un son mat qu'il identifia sans difficulté. C'était le bruit de la chair contre la chair, et plus précisément, d'un poing qui s'écrase sur un visage. Il entendit même un petit craquement. Juste après, un choc sourd secoua la structure métallique de l'épave.
« Arrête tes conneries, Rogue, gronda Gajeel. Je sais ce dont Luxus est capable, tu te rappelles ? J'étais là, nom de dieu ! Mais Natsu, lui n'était pas là ce jour-là, et tu le sais !
— Il aurait pu y être, ça change que dalle.
— Ça change tout ! Ta haine te fait perdre tout discernement, Rogue ! Tu ne sais plus qui sont tes ennemis et tes amis ! Tu me connais, putain ! Tu sais qui je suis ! Tu sais que je ne cherche pas à te faire du mal ! »
Un bruit étouffé résonna. Un rire, ou peut-être un sanglot.
« Rogue... murmura Gajeel d'une voix plus douce. Je tiens à ce type, d'accord ? Laisse-le-moi. Si tu fais ça, je te promets que les choses vont changer. On parle plus d'accords commerciaux. On parle de guerre. D'accord ? On va aller chercher Luxus, le traquer jusqu'à sa planque, et on va le buter. Ensemble. »
Natsu entendit un nouveau soupir étranglé, et cette fois, il fut presque certain que Rogue pleurait. Il s'ensuivit un froissement de tissu, puis Gajeel parla de nouveau, encore plus bas.
« Je te le promets. Laisse Natsu, et tu as ta déclaration de guerre. S'il te plaît, Rogue. Je t'en supplie. »
Un silence assourdissant succéda à cette prière. Natsu pressa ses poings contre sa bouche et attendit.
« D'accord... lâcha Rogue. Putain... je sais pas pourquoi j'accepte ça... mais... d'accord. »
Nouveau froissement de tissu, puis un nouveau silence. Natsu dut encore attendre un long moment avant que la porte de la cellule ne s'ouvre.
Gajeel lui sourit en lui tendant la main. Derrière lui, Rogue était appuyé contre le mur, le nez en sang, la tête baissée, des larmes traçant des sillons clairs sur son visage.
« Foutez le camp », murmura-t-il d'une voix étranglée.
Natsu ne se fit pas prier. Il attrapa la main de Gajeel et tous les deux déguerpirent. Aucun garde ne chercha à les retenir.
