Le jour où tout a basculé


Troisième chapitre


Trouver de quoi manger pour ce soir ne fut pas compliqué pour Hanzo. Santa Fe regorgeait de restaurants en tout genre. Bien sûr, l'archer avait pris un menu japonais pour satisfaire McCree et il en avait profité pour prendre quelques spécialités de la région. Il espérait que le cowboy allait mieux et qu'il pourrait enfin en savoir plus sur lui. Qui sait, peut-être avait-il sauvé un malfaiteur. Hanzo devait admettre que cet homme n'avait pas le profil pour être dans les mauvais coups. N'empêche que comme on le disait souvent, l'habit ne faisait pas le moine, et Hanzo n'avait aucune envie de se retrouver lié à un problème qui ne le concernait pas. Pour le moment, il cessa d'y penser et prit le chemin du retour avec deux sacs. Alors qu'il allait emprunter la rue de l'hôtel, il aperçut des omnics menaçants de couleur rouge et blanche. Il se colla aussitôt contre le mur perpendiculaire à sa rue de destination et se mit à espionner les robots. Il semblait rechercher quelqu'un ; l'un d'eux était en train de coller des affiches de recherche et Hanzo se demandait de qui il pouvait bien s'agir. Les tas de ferraille se rapprochaient de plus en plus de lui et il parvint à s'engouffrer dans une petite ruelle pour leur échapper. Au moment où ils longeaient la cachette de l'archer, ayant caché la moitié de sa tête dans le col de sa veste, Hanzo n'eut aucune peine à reconnaître le symbole qu'ils arboraient. Les robots appartenaient à Talon, l'organisation terroriste dont certains membres ne cessaient de le harceler pour qu'il les rejoigne. Évidemment, le japonais avait toujours refusé leurs offres. Il était hors de question que l'empire Shimada renaisse. Il faisait de son mieux pour faire une croix sur le passé et il n'avait aucune envie de revenir au Japon et surtout à Hanamura, cela lui était trop douloureux. Aussi, il entendit un brin de conversation entre les omnics :

« Tu penses qu'un jour Reaper réussira à coincer l'imbécile qui joue aux cowboys ?

- Sûrement. Enfin avec les affiches que l'on a collées je pense qu'il sera bientôt entre ses mains.

- Et puis, il y a Shimada aussi, tu penses qu'il nous rejoindra ?

- Aucune idée. Même Widowmaker n'a pas réussi à le convaincre de venir parmi nous, même si elle lui garantissait que Talon lui rendrait la totalité de son empire.

- Il n'aura que des avantages s'il nous rejoindra, je ne comprends pas ce type.

- Moi non plus. Continuons plutôt de traquer le cowboy, nous nous occuperons de Shimada plus tard »

Les deux robots s'éloignèrent de l'archer et ce dernier attendit quelques instants avant de sortir de sa cachette. Il jeta un rapide coup d'œil des deux côtés de la rue avant de sortir de la sombre ruelle et se dépêcha de rejoindre l'hôtel. Or, il se souvint que les robots avaient collé des affiches non loin du bâtiment et il s'empressa d'aller voir ce qu'elles contenaient. Au vu de leur conversation, Hanzo ne fut pas surpris de voir une affiche avec en gros titre « RECHERCHÉ MORT OU VIF » et en dessous, le visage de l'homme qu'il avait sauvé. Discrètement, il prit une des feuilles et la mit dans une de ses poches de veste afin de la montrer à McCree plus tard. Alors qu'il allait entrer dans l'hôtel, le docteur Álvarez en sortit et Hanzo, pressé, alla à sa rencontre.

« Comment va-t-il ? Demanda-t-il.

- Votre ami va bien, il est toujours sous morphine à l'heure actuelle et j'ai pu lui retirer les balles, répondit le médecin. Il lui faudra néanmoins quelques jours de repos »

Hanzo craignait cela. Avec ce qu'il venait d'entendre au sujet du cowboy, rester dans les parages n'était pas une très bonne idée. McCree ne s'était pas encore remis de ses blessures et Talon était à sa recherche. Il ignorait où est-ce qu'ils pouvaient aller pour passer inaperçu mais pour le moment, rester la nuit dans la chambre d'hôtel paraissait et était la meilleure solution.

« Combien de jours pensez-vous qu'il ait besoin pour totalement se rétablir ? Demanda l'archer, soucieux.

- Je dirais plusieurs jours, voire même une semaine. Les blessures ne se referment malheureusement pas en un claquement de doigts, Monsieur. Aussi, si vous aviez prévu de partir de Santa Fe d'ici demain, je pense que vous pouvez annuler, votre camarade ne parviendra pas à marcher correctement et se fatiguera très rapidement, annonça le docteur navré.

- Je vois. Je vous remercie pour tout. Voilà votre argent, déclara Hanzo en tendant un petite liasse de billets.

- Je vous remercie Monsieur. Passez une bonne soirée et prenez soin de votre ami ».

L'archer hocha la tête et délaissa le médecin pour se rendre à sa chambre. Lorsqu'il entra dans la pièce, il y découvrit un McCree allongé sur le lit et qui paraissait parti loin, très loin (dans la quatrième galaxie). Il posa ses sacs de repas sur le bureau avant de se rapprocher de lui.

« Comment vas-tu maintenant ? »

Jesse mit un certain à comprendre que quelqu'un lui parlait et après un moment qui parut une éternité pour Hanzo, il se décida à lui jeter un regard. Il le détailla de la tête au pieds et poussa un sifflement d'exclamation.

« Oh Hanzo ! s'exclama-t-il. T'ai-je déjà dit que je te trouvais plutôt canon ? »

Hanzo ne sut où se mettre. Il s'attendait à tout sauf à ça. Il était affreusement gêné et sentit le rouge lui monter aux joues. Il se retint de le frapper ; il se répéta en lui-même que ce n'était pas le vrai McCree qui parlait, que c'était l'effet de la morphine et qu'il reviendrait normal plus tard dans la soirée. Enfin, il l'espérait. Pour l'heure, il délaissa le cowboy dans son délire et s'occupa de son repas. Il s'assit sur le rebord du lit et commença à manger. A peine eut-il mit une tapas sur ses lèvres que Jesse s'écria :

« J'ai faim moi aussi, Hanzo… »

L'archer fit de son mieux pour paraître calme et déposa doucement sa nourriture avant d'aller prendre le paquet où se trouvait le fameux plat japonais de McCree. Il le déposa à côté de lui en espérant pouvoir être enfin tranquille pour savourer son repas. Mais ça, c'était sans compter sur le cowboy qui lui demanda aussitôt :

« J'pourrais avoir des couverts ?

- Les baguettes ne te suffisent pas ? » Demanda Hanzo qui commençait à être à bout de nerfs.

McCree mit un certain temps avant de lui répondre.

« J'sais pas comment m'en servir… »

L'archer laissa échapper un soupir d'exaspération. Heureusement, dans son menu à tendances plutôt mexicaines se trouvait une fourchette et s'empressa de la donner au chasseur de primes.

« Merci, partenaire. »

Allait-il enfin pouvoir manger tranquillement et en silence ? Hanzo mordit (enfin) dans une tapas. Il ne mit pas longtemps à la dévorer en plus des trois autres qu'il y avait dans le paquet. Il s'attaqua ensuite à une petite barquette de chili con carne qu'il trouva assez bon. Enfin, en boisson, il avait pris une Bohemia, une bière maltée, douce et un peu sucré. De son côté, McCree mangeait en silence son plat japonais composé de yakitori, de quelques sushi et de tamagoyaki (omelette roulée salée et sucrée). Son repas était accompagné d'une petite bouteille d'alcool de riz. En goûtant cette mixture, il ne put s'empêcher de tiquer après avoir avalé une gorgée.

« C'est pas mal comme boisson mais rien ne vaut un bon bourbon pure malt »

Hanzo lui jeta un regard avant de lui demander :

« Au quel McCree je parle là ?

- Au seul et unique... non sérieusement, je pense que les effets de la morphine se sont atténués. Enfin je crois...," répondit le cowboy, la tête dans sa main mécanique.

Le Japonais sauta de joie intérieurement. C'était un bon début.

« Tu penses pouvoir te lever un peu ?

- Je pense que c'est faisable, oui » répondit Jesse.

Hanzo se débarrassa de leurs détritus avant d'aider le cowboy à se mettre en position assise sur le bord du lit. Bien que qu'il ne soit plus sous l'emprise de la morphine, Hanzo voyait à quel point tous ces événements avaient fatigué McCree. Il hésita donc à lui révéler ce qu'il avait récemment appris lorsqu'il revenait des courses, il avait peur que cela ne le dépite encore plus. Cependant, il ne voulait en aucun cas lui mentir, il en allait de la vie du cowboy, et il lui proposa d'aller fumer au bord de la fenêtre ; ce que le chasseur de primes ne refusa pas, bien au contraire. Avant de se lever, il retira son chapeau et parvint, avec peine, à sortir un de ses cigares.

C'était la première fois que Hanzo voyait McCree sans son fameux couvre-chef et il devait avouer qu'il trouvait l'américain plutôt bel homme. Il n'avait beau le connaître que depuis quelques heures, l'archer avait du mal à croire qu'il puisse le trouver assez attirant. Peut-être était-ce la fatigue qui agissait ainsi. Pour le moment, tout ce qu'il voulait, c'était de fumer une cigarette en compagnie du cowboy afin de pouvoir parler franchement avec lui. Il l'aida à marcher jusqu'à la fenêtre et lui alluma son cigare avant de faire jaillir la flamme de son briquet sur sa tige. Il tira longuement, expulsa la fumée et commença la conversation.

« Je sais que tu es assez fatigué mais il faut que tu saches quelque chose »

« De quoi s'agit-il, partenaire ? demanda-t-il.

Hanzo garda sa cigarette entre ses lèvres et sortit l'affiche qu'il avait arraché du mur lorsqu'il revenait à l'hôtel. Il la tendit à Jesse qui la prit avec son bras mécanique. A ce moment-là, le japonais vit le visage du cowboy s'assombrir et l'affiche finir en boule dans la main de McCree.

« Talon hein ? Ils me cherchent ?

- Je le crains, répondit l'archer. Le mieux serait de partir de Santa Fe le plus vite possible, proposa-t-il.

- Et pour aller où ? Demanda McCree.

- Je n'en ai pas la moindre idée…, avoua Hanzo.

- Écoute, j'ai passé environ cinq ans à les fuir en restant ici, planqué dans une maison à l'abandon, on peut très bien rester quelques jours avant de plier bagages, déclara le cowboy.

- Et que ferons-nous lorsqu'ils nous auront trouvé ? Je te signale que tu n'es pas opérationnel …, fit remarquer l'archer.

- Certes, mais toi tu l'es…

- Qui te dis que je te protégerai, quitte à en mourir ?

- Il me semble que tu m'as sauvé des griffes d'un terroriste qui menaçait de te tirer dessus… tu aurais pu ne pas le faire mais pourtant tu t'es exécuté… »

Hanzo allait ajouter quelque chose mais se ravisa. Sa cigarette s'était totalement consumée entre temps, contrairement au cigare de Jesse sur lequel ce dernier tira une bouffée. Une sorte de malaise s'installa entre les deux hommes et aucun ne voulu reprendre la parole. Ils regardaient tout les deux le ciel qui commençait à être recouvert d'étoiles. Un vent frais fit virevolter leurs cheveux et sur un accord commun, ils rentrèrent à l'intérieur. Alors que le silence régnait encore, Hanzo, curieux, demanda :

« McCree, quelle était ce… cette chose qui t'a attaqué ? »

L'archer vit le chasseur de primes baisser la tête. Comme il s'y attendait, Jesse resta muet. Ce dernier s'assit sur le lit et continua de fixer le sol. Aussitôt, Hanzo s'en voulu de lui avoir poser cette question. Cela lui avait fait resurgir de mauvais souvenirs.

« Excuse-moi, cette question était inappropriée, je me demandais juste… »

Le cowboy releva vivement la tête et lança un regard noir à son acolyte qui fut troublé en croisant la lueur menaçante de ses yeux.

« On va être clair dès le début, partenaire. Tu m'as sauvé la mise et je t'en remercie mais, je ne te fais pas assez confiance pour que je te dévoile mon passé. Je pense que tu es assez malin pour comprendre.

- Oui, je comprends, répondit simplement Hanzo.Bon, je pense que nous avons tout les deux besoin de repos, je te laisse le lit, déclara-t-il.

- Merci mais... où vas-tu dormir ? Demanda McCree.

- Je vais aller voir s'il est possible d'avoir un matelas dépliable à la réception, tu peux prendre une douche pendant ce temps, proposa l'archer.

- Pas de refus, merci encore Hanzo.

- Je t'en prie ».

Les deux hommes échangèrent un hochement de tête avant que le japonais quitte la pièce. McCree se dirigea, comme il le pouvait, vers la salle de bain dans laquelle il s'enferma. Cela faisait un bail qu'il n'avait pas utilisé de douche ; c'était limite s'il avait oublié la sensation de l'eau qui coule sur la peau. Il s'empressa donc de quitter ses vêtements, tout en faisant attention à ne pas se faire mal. Il retira son bras métallique en dernier et ouvrit l'eau chaude avant d'entrer dans la cabine de douche. Jesse pouvait enfin se détendre et essayer de ne penser à rien. Le simple fait de sentir l'eau tomber parvenait à le soulager de toutes ses tensions. Il profita au maximum de cet instant de détente tandis que Hanzo revenait avec ce dont il avait besoin pour dormir. En entrant dans la chambre, l'archer profita que McCree soit dans l'autre pièce pour installer son lit de fortune. Il testa la qualité du matelas qu'il jugea passable puis alla chercher son sac bleu, qui contenait son arc et ses flèches. Il sortit ces dernières et les examina une par une pour confirmer leur éventuelle utilisation. Au même moment où il regardait son dernier projectile, Jesse sortit de la salle de bain, habillé seulement d'une serviette autour de la taille. Hanzo rangea ses armes dans son sac et jeta un coup d'œil au cowboy, désormais propre. Il ne s'attendait pas à ce qu'il soit aussi musclé, son espèce de plastron masquait tout son torse lorsqu'il était habillé. De l'eau s'échappait encore de ses cheveux et de petites gouttelettes tombaient avant de glisser le long de son torse. Hanzo paraissait ébahi devant cette vue et un toussotement qui venait du chasseur de primes le ramena à la réalité.

« J'sais que je suis plutôt bien foutu mais c'est peut être pas une raison pour me fixer autant »

Gêné, l'archer détourna aussitôt son regard tout en essayant de masquer le rouge qui lui montait aux joues.

« Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, stupide cowboy ! » s'exclama-t-il en croisant les bras.

McCree esquissa un sourire.

« Tu es mignon quand tu boudes, déclara-t-il, amusé du comportement de son acolyte.

- Je ne boude pas ! Répliqua Hanzo en lui lançant un regard qui se voulait menaçant.

- Mais bien sûr »

Le cowboy garda le sourire aux lèvres jusqu'à ce qu'il atteignit le lit. Il commença par s'y asseoir doucement et, avec autant de lenteur, il parvint à s'allonger. Hanzo retira ses vêtements à l'exception de son pantalon ; il sentit le regard de Jesse sur lui et le surpris entrain de regarder son bras gauche.

« Sacré tatouage ! S'exclama-t-il.

- Dois-je prendre cela pour un compliment ou pour le contraire ? Demanda le japonais.

- Prends le comme tu veux, je le trouve impressionnant, c'est tout, répondit McCree.

- Merci…

- Tu te l'ai fait il y a longtemps ? »

Hanzo ne s'attendait pas à cette question. Elle lui fit repenser à son passé et surtout à ses actes. En réponse, il resta muet et ignora le chasseur de primes. Ce dernier déclara alors :

« Je vois. On a chacun nos secrets, je comprends. Je pense que je vais roupiller un peu… »

C'est sur ses paroles que McCree commença à s'endormir tandis que Hanzo ruminait toujours sur la question que le cowboy venait de lui poser à propos de son tatouage. Il était hors de question de lui révéler sa véritable identité. Le chasseur de primes refusait de lui dire quoique ce soit sur sa personne, il était donc évident qu'il ne lui révèle rien en retour. Néanmoins, ce qui inquiétait le plus Hanzo était la situation actuelle. Le fait de rester au même endroit trop longtemps mettait sa vie en danger, étant donné son statut de fugitif. Aussi, il ne voulait en aucun cas se retrouver mêler aux affaires du cowboy, il avait déjà assez de problèmes comme ça. De plus, il ignorait ce qu'il allait se passer dans le futur. Allait-il être obligé de s'allier à McCree et de ce fait, devenir plus que de simples inconnus ou bien, allaient-ils tout les deux repartir de leurs côtés, comme si rien ne s'était passé ? L'archer médita un moment sur cette question avant de s'endormir paisiblement...


A suivre …


Voilà le troisième chapitre ! Je vous dis à très bientôt pour la suite !

Encore merci à Cao dreams in books pour les conseils et surtout la correction !

A la revoyure !