Titre: La nuit blanche pourrait durer... toute l'éternité... jusqu'à la fin de l'été

Auteure : mnabokov

Traductrice : Elizabeth Mary Holmes

Relectrice : Nalou

Rating: M

Genre(s): Romance

Warning : Usage récréatif de drogue ; relation S/M sottovoce

Pairing : Charles Xavier/Erik Lenhsherr

Chapitre : 3/3

Notes : Merci beaucoup à mnabokov de m'avoir laissé traduire cette perle aigre-douce dont voici le dernier chapitre de la première partie. Merci aussi à Nalou de m'avoir initiée au Cherik et d'avoir relu ce texte ! Merci à vous de venir me lire. Vous trouverez sur Archive of Our Own un petit lexique en annexe. Bonne lecture !


trois

Cette sensation de se connaître depuis si longtemps et de pourtant ne pas encore avoir remarqué certains détails concernant Erik laisse Charles songeur.

Ce sont des petites choses. Qu'est-ce que disait déjà son professeur à Oxford, ah oui : Le diable est dans les détails ou une autre phrase toute faite du même acabit mais force est de constater que c'est vrai.

Tous les matins, alors que Charles dort encore ou qu'il est train de se remettre de sa gueule de bois, Erik, après son jogging parcourt les rues de Tel Aviv jusqu'à une boulangerie un peu isolée. Il vient trouver Nona et lui offre des breloques en métal et des figurines en forme d'animaux, à sa plus grande joie. S'il y a de l'affluence, Erik reste pour aider à pétrir la pâte et la tresser. Il raconte à Nona des histoires en hébreu et il lui apprend quelques mots d'allemand.

Quelques fois par semaine, il va passer l'après-midi à la synagogue. Parfois, Charles s'endort avec une cigarette entre les doigts et un livre sur le ventre, mais quand il se réveille, ses chaussures sont soigneusement rangées au coin du sofa, son livre sur la table basse, et ses mains propres.

Et certains matins, Erik fait du café, sucré et légèrement amer, exactement comme Charles l'aime. D'autres matins, Erik le tire du sofa et l'entraîne aux abords de la ville, dans des petits magasins et des librairies où Charles achète de nouvelles partitions et Erik de nouveaux livres. Ils passent leurs journées perdus dans la musique et la littérature.

Un après-midi, Charles est luxurieusement plongé dans la baignoire, l'eau presque soyeuse grâce aux sels de la Mer Morte, quand Erik entre sans crier gare, portant des pierres qu'il a ramené du Yarkon. Au grand déplaisir de Charles, l'eau a commencé à refroidir, sa peau se plisse et il est d'humeur massacrante.

« Tu collectionnes les cailloux maintenant ? » Charles ouvre un œil : Erik rince les pierres dans le lavabo de porcelaine: « Tu as lu un truc sur les vertus de la lapidation ? Je pense que tu sais qu'il y a des façons plus rapides de tuer des gens... »

Erik se retourne, restant de marbre, les pierres dans les bras.

« Eh bien ? » demande-t-il en tapotant sa cigarette sur le bord de la baignoire, laissant tomber la cendre sur le sol. Je ne nettoierai pas ça ! pense Charles bruyamment.

Sans un mot, Erik fait tomber les pierres dans la baignoire.

Dans un recoin de l'esprit de Charles, il fait remarquer qu'elles sont riches en fer - c'est comme ça qu'il arrive à les faire flotter doucement au fond de la baignoire. - Mais Charles est prêt à mordre et il se redresse et crie à un Erik qui lui a tourné le dos : « Hé ! C'est quoi ce bordel Erik ? »

« Va te faire foutre Charles ! » la réponse fuse.

« Génial... » Charles ronchonne mais les pierres ferreuses commencent à chauffer et en quelques minutes l'eau est aussi chaude que quelques heures auparavant.

Bien qu'Erik garde toujours le contrôle de presque tous les aspects de sa vie, il y a toujours un endroit où il se met en colère : dans ses rêves. Souvent Charles dort sur le sofa d'Erik et parfois au milieu de la nuit la colère bouille et fait rage. Charles se réveille quand la peur d'Erik fait voler le ciel en éclats. (Son corps est toujours au rythme de la traque). Ces nuits-là, Charles se tire péniblement du sofa et secoue Erik jusqu'à ce qu'il se réveille, en nage et confus, suant par tous les pores de sa peau sa colère (il est dangereux).

(Tel Aviv est la ville de toute les contradictions : la courbe parfaite des lèvres d'Erik et le métal dans son esprit, la douceur de sa peau et le sang sur ses mains. Charles est déchiré par des sentiments contradictoires).

Charles se demande si c'est l'ivresse de la poursuite qui rend Erik aussi désirable. Il se demande s'il en sera toujours ainsi - si ses pupilles se dilateraient encore à chaque fois qu'Erik entre dans la pièce, si sa respiration se ferait toujours aussi irrégulière chaque fois que leurs mains s'effleurent. - si c'était facile.

(Encore une fois, rien n'est jamais facile avec Erik).

Parce qu'aussi enivrant que soit Erik pour lui, ils ne veulent pas la même chose. Aussi agréable que soit leur situation, l'été n'est pas sans fin et ils sont deux corps dans l'espace, qui orbitent dans des directions opposés.

Et pourtant Charles a toujours envie de lui - comment est-ce encore possible ? - il a tellement envie de lui que c'en est presque douloureux, il veut l'avoir en lui comme de la fumée et le garder.


Sans que Charles ne puisse se souvenir pourquoi, un jour, tôt le matin, ils en viennent à se saouler. La bouteilles est là et ils n'ont rien d'autre à perdre que leur temps. Chacun a bu une demi-bouteille de scotch et ils vont à la plage.

C'est en semaine et la plage est déserte, tout le monde travaille si ce n'est ceux pour qui traîner sur la plage semble une occupation à temps plein.

Tout est doré : la deuxième bouteille de scotch qui pend mollement dans la main d'Erik, le soleil du matin, et le sable brûlant. Charles se débarrasse promptement de sa serviette qu'il avait mis autour de son cou sitôt qu'ils arrivent sur la plage. Ni lui ni Erik ne portent de chaussures et installent leurs serviettes au premier endroit disponible. Charles retire sa chemise puis le reste de ses vêtements pour paresser au soleil uniquement vêtu de son slip de bain, le ventre contre sa serviette. Dans l'eau Erik flotte à la surface, son visage tourné vers le ciel.

Un peu plus tard, il sort de l'eau et Charles ouvre un œil appréciateur : le caleçon d'Erik adhère à ses cuisses et à son cul. Il s'allonge sur la serviette à côté de Charles, sa peau luisante d'eau salée et de soleil. Tout est doré : la peau d'Erik, sa chevelure, le sable brûlant - Tout n'est que calme et langueur.

Tout est différent maintenant : avant Erik ne pouvait fumer sans marquer une pause pour repérer toutes les issues et morceaux de métal dans un rayon d'un kilomètre, maintenant ils sont allongés sur le sable, insouciants. Il faut tout de même admettre que les pouvoirs d'Erik font leur travail habituel, toujours calqués sur le rythme qui était celui de la chasse : répertoriant le métal de la montre de Charles, la pile cardiaque à plusieurs centaines de mètres, le yacht sur la côte - mais ses muscles se sont relâchés et ses yeux sont mi-clos.

« J'aimerai voir la Mer Morte. »

Erik se retourne et regarde Charles : « Maintenant ? »

« Mmm, plus tard. »

« D'accord » répond Erik en clignant lentement des yeux. Ils sont proches, i peine plus de quelques centimètres entre leurs corps. Tout est lent, hors du temps, doré et comme figé dans l'air salé. Charles se demande si la situation allait immanquablement dégénérer s'il embrassait Erik ici et maintenant.

Il somnole un moment alors qu'Erik étire ses pouvoirs, se saisissant des kilomètres de câbles téléphoniques et de canalisations d'égouts. Charles finit par s'étirer et se délecte de la sensation de ses muscles qui se dégourdissent. Lorsqu'il se lève, du sable tombe de ses membres. Il avance à petits pas dans l'eau fraîche et plonge sa tête sous l'eau pour se réveiller. Quand il revient, Erik est presque endormi, son dos se levant et s'abaissant au rythme de sa respiration régulière. Sa tête est enfouie dans ses mains, loin du soleil.

« Ça va ? » demande Charles alors qu'il se tient derrière les genoux d'Erik, gouttant sur ses cuisses.

Erik jure à mi-voix en allemand mais ne fait pas mine de bouger.

Ils n'ont pas eu de débat ou de dispute ou quelque chose du même goût depuis un moment et Charles brûle d'envie de se battre. Alors qu'Erik est toujours allongé, immobile, Charles soupire et s'installe spontanément sur le creux des reins d'Erik, son slip de bain glacial faisant un bruit de succion au contact de la peau dorée.

C'est comme s'il venait d'appuyer sur un bouton : Erik s-e fâche, se déplace plus rapidement qu'il est possible pour Charles de s'en apercevoir et se saisit de ses épaules, le clouant au sol avec un genou sur son torse.

C'est l'ivresse de la poursuite.

Charles réplique en s'immisçant dans l'esprit d'Erik, une seconde plus tard, il est debout et Erik allongé sur le dos.

« Viens donc, paresseux ! » Charles ricane et se dirige vers la rue.

Erik soupire d'incrédulité avant de le suivre.

Ce soir là, ils sortent. Ils marchent une bonne heure, faisant des allées et venues sur la promenade, avant qu'Erik décrète qu'il veut boire. Ils se rendent ainsi au bar le plus proche. Il est déjà tard quand ils arrivent et la foule est dense, bruyante, tactile et passablement éméchée. Il leur faut quelques minutes pour arriver à se frayer un chemin jusqu'au comptoir.

Le comptoir est encore plus bruyant, Charles devine aisément qu'Erik aurait préféré un endroit un peu plus intime où ils auraient pu prendre un thé ou même faire une partie d'échecs. Pour être tout à fait honnête, Charles aurait lui aussi préféré ce genre d'endroit.

« Tu veux danser ? » Charles lui demande négligemment, bien déterminé à ne pas s'imaginer valser avec Erik. Au milieu du bar, un espace semble avoir été désigné pour être la piste de danse et la foule s'y presse.

Erik ricane comme si Charles plaisantait.

« Allez ! Viens ! Juste pour quelques verres... » Charles sourit, ignorant ce quelque chose qui lui remue l'estomac, tirant sur le poignet d'Erik, le suppliant presque. Erik finit par céder et ils sont au bar où Erik lève la main pour demander une tournée.

« Tu te rends compte... » Charles commence sa phrase comme s'ils ne s'étaient jamais interrompus alors que la conversation date pourtant de quelques jours « Tous ceux de par le monde : leur solitude, leurs espoirs, leurs ambitions. Si on les trouvait, on pourrait les aider ! »

Erik boit une gorgée : « Tu sais, les humains ne vont rien faire pour t'aider. »

« Nous n'avons pas besoin de leur aide, uniquement de leur coopération. S'ils, si quelqu'un savait, ça serait facile d'en trouver d'autres ! »

« L'identification, c'est par là que ça commence, » dit Erik.

« Excusez-moi ! » une femme aux cheveux auburn les interrompt et s'accroche à la manche d'Erik : « Je suis désolée de vous interrompre mais j'ai remarqué que vous parliez anglais et je me demandais... je me demandais si vous vous pouviez m'aider. »

Erik lève les yeux vers Charles alors que la femme tend une poignée de livres israéliennes.

« Ça, c'est une livre, oui, celle-ci. » Erik lui parle sans méchanceté mais même sans sa télépathie, Charles sait que la femme connaît le taux de change entre la livre et le dollar mais il reste assis et silencieux ; tentant de garder à distance le monstre de la jalousie qui commence à le dévorer.

« Merci beaucoup ! » dit la femme tout sourire alors qu'elle rejoint son groupe d'amis de l'autre côté du bar.

« Elle avait l'air intéressée. »constate sèchement Charles.

« Ça commence avec l'identification et ça se termine avec les rafles, les expérimentations et l'extermination ! » Erik resserre son emprise sur son verre.

« Elle était jolie ! » Charles est morose alors qu'Erik finit son verre d'une traite : « Ils ne coopéreront jamais ! » Il hoche la tête et demande la note au barman. « Si une nouvelle espèce devait être découverte ce devrait être par ses semblables ! » Le barman lui fait passer l'addition et Erik s'en saisit: « C'est tout pour ce soir ? »

« Je crois que je vais rester encore un peu ! »

Erik grogne, il a saisit le message.

Une fois qu'il est parti, Charles se dirige de l'autre côté du bar et tapote sur le bras de la femme : « Je dis MC1R, mais vous diriez que c'est auburn ! »

Elle se retourne :

« Oh bonsoir ! »

« C'est une mutation, une mutation tout à fait extra ! »

La femme incline la tête: « Ce sont des avances que vous me faites ? »

« Que vous repoussez ? »

« Où est votre ami ? » demande-t-elle.

« Il est parti. »

« Comme c'est dommage ! »

« Je ne vous le fais pas dire ! » Charles fait la grimace.

Petit sourire satisfait de la part de la femme. Peu de temps après, ils sont de retour à la chambre d'hôtel de Charles où il la cloue à la couverture marron et se trémousse pour pouvoir la débarrasser de sa culotte avec ses dents. Il lèche, mord et embrasse son con jusqu'à en avoir les lèvres luisantes et qu'elle et lui soient à bout de souffle puis enfin il la caresse du pouce jusqu'à ce qu'elle jouisse dans un cri.

« Eh bien ... » Elle exhale avec jubilation : « C'était très sympathique ! » Elle fait mine de s'approcher de sa ceinture : « Est-ce que tu as ...? »

Charles plisse les lèvres et porte une main à sa tempe.

« Merde, je suis désolée ! » Elle retire sa main et fronce les sourcils « Mes amies doivent probablement se demander où je suis, si ça ne te dérange pas que... »

« Non pas du tout ! » Charles acquiesce.

Elle se lève, s'étire et récupère sa culotte là où Charles l'avait jetée: « Merci pour la nuit, love » Elle lui caresse la joue: « Bon retour ! »

« Pareil pour toi ! » La porte s'ouvre et se referme et Charles reste assis là. Il n'arrive pas à y penser au début, il n'y arrive pas du tout, sa main hésite sur son torse, sous ses hanches et là il se mord violemment la lèvre inférieure et puis pense à Erik. Bien sûr qu'il pense à Erik alors qu'il attrape le petit pot qu'il garde dans sa table de chevet et qu'il s'enduit copieusement les doigts de vaseline.

Il se prend vigoureusement en main et passe une fois, deux fois, trois fois, quatre fois avant de se retourner sur le ventre et rapproche son oreiller de l'autre, glissant un, deux, quatre doigts en lui, et s'étirant alors qu'il mord dans l'oreiller pour essayer d'assourdir son gémissement. Il en finit rapidement et s'essuie les mains sur les draps. Enfin il éteint la lumière et sombre dans un sommeil agité.


C'est la même dispute. Juste un autre jour et une autre tentative d'argumentation.

Charles est inquiet depuis quelque temps.

« Nous devons être capables d'être meilleurs qu'eux. » Il fait les cents pas, pied nus sur la moquette sale de sa chambre d'hôtel, les rideaux épais sont fermés mais la lumière parvient tout de même à s'immiscer. La pièce surchauffée sent le renfermé. Charles est encore une fois provocateur.

« Nous le sommes déjà ! » rétorque Erik en jetant son mégot par terre d'une chiquenaude et l'écrasant d'une chaussure particulièrement classieuse. Aujourd'hui, il est venu voir Charles avec une chemise habillée rentrée dans un pantalon fraîchement repassé, sa veste sur l'épaule retenu par son doigt. Charles ne lui demande pas où il est allé. « Nous sommes le prochain stade de l'évolution humaine, tu l'as dis toi-même ! »

« Non ! »

« Es-tu donc à ce point naïf pour croire qu'ils ne lutteront pas face à leur propre extinction ?! » Erik se relève et époussette son pantalon : « Ou alors est-ce de l'arrogance ? »

Charles hausse les sourcils, à bout : « Pardon ?! »

« Tu me provoques, Charles ! »

« Et ? » Son cœur bat la chamade et Charles se demande si Erik parvient à ressentir le fer dans son sang.

« On ne t'a jamais appris qu'il ne fallait pas jouer avec le feu ? »

« Tu as une trop haute estime image de toi, mon ami ! »

« Et toi donc ? » Erik hausse un sourcil, sceptique. Il fait le tour de la chaise sur laquelle il était assit et traverse la pièce.

« Tu ne crois pas qu'ils vont riposter ? »

« Tu nous crois si supérieurs à eux... »

Erik éclate d'un rire sans joie : « Tu ne survivrais pas une journée sans tes pouvoirs, Charles ! » Charles mord à l'hameçon et se retire de l'esprit d'Erik, scellant hermétiquement son esprit. Il n'avait pas encore pris conscience d'à quel point il était à son aise dans l'esprit d'Erik, c'est comme s'il essayait maintenant de retirer des os de goudron fondu, c'est tellement différent sans le fredonnement de la présence d'Erik dans son esprit.

« Tu vois ! » Erik fait un pas raide en avant et incline la tête, prédateur en puissance : « Tu es faible ! »

« Et qu'est ce que tu comptes faire maintenant ? » Charles se fait mordant et ils sont tellement proches que lui aussi doit rejeter la tête en arrière pour continuer de regarder Erik dans les yeux. C'est le moment qu'Erik choisit pour faire un bond en avant et écraser les jambes de Charles dans le matelas.

Charles glapit de surprise et se trémousse pour ne pas se faire écraser, renversant une pile de vinyles mais Erik le retient par la boucle métallique de sa ceinture et le ramène sur le lit. « Tu vois ! » Erik a le souffle court, les yeux pétillants de malice et repousse Charles dans le matelas. « Tu vois comment tu te bats ? »

Charles laisse échapper un cri de douleur quand son dos cogne le lit et parvient à rire mais Erik le saisit violemment par les hanches, le maltraitant presque. - il est au rythme de la chasse - Charles essaye de libérer ses jambes et donne un coup de genou en tentant de jouer des dents et des coudes mais Erik s'est toujours battu ne serait-ce que pour survivre quand Charles se bat pour une idéologie dont il commence à douter.

Erik grogne alors qu'il reçoit un violent coup de coude dans la poitrine. L'espace d'un instant, Charles parvient à se libérer en se tortillant mais Erik se saisit de ses chevilles et de ses genoux et le ramène à lui. « Laisses-moi partir ! » sussure Charles en donnant des coups de pied et se débattant. L'adrénaline déferle.

« Tu abandonnes ? » Erik a la voix rauque, le regard sombre et les ongles enfoncés dans les genoux de Charles.

« Jamais ! » Le ton est emplit de rage. Erik grogne encore une fois quand Charles se penche en avant pour saisir les cheveux d'Erik qui se sert lui-même de son genou pour immobiliser Charles. L'odeur d'Erik est partout, chaude et capiteuse, opprimant les poumons de Charles. Erik se saisit de ses mains et les redresse subitement, les plaquant contre la tête de lit métallique

« Bon Dieu ! » Charles est à bout de souffle alors que le métal s'entortille autour de ses poignets. Son sexe frémit dans son pantalon et il rut des hanches, essayant de se débarrasser d'Erik.

(C'est un homme dangereux - ).

Erik retire son genou mais il est pratiquement assis sur le ventre de Charles, le clouant au lit. Ils reprennent leur souffle avec difficulté. « Ah ? » parvient à dire Erik en se glissant jusqu'à être installé sur les hanches de Charles et lorsqu'il lui parle dans le creux de l'oreille, il sent sa langue sur la courbe de son hélix : « Et pourquoi pas maintenant ? »

C'est comme être frappé par la foudre, comme un coup de poing dans la gorge. Il désire si fort Erik que ça en est douloureux. Et Erik ne peut pas avoir manquer la bosse conséquente qui déforme son pantalon.

« Bon Dieu, Erik, laisse-moi me relever, je... » Il est à bout de souffle.

Et Erik, un rire grave qui ressemble au tonnerre et son torse contre le sien, leurs hanches jointes, le métal de la tête de lit glissant de ses poignets, aussi doucement qu'un filet d'eau.

« Oh putain de bon Dieu ! » Charles à la visage rouge vif et son corps entier tremble de honte. Il repousse Erik qui s'écarte habilement. Charles s'assoit sur le bord du lit « Allons bon Charles... ». Lorsqu'il se relève ses jambes tremblent, il se détourne pour cacher son érection et sort sa chemise de son pantalon, totalement humilié. Mais Erik saisit son poignet avec la même poigne de fer.

Erik qui est assis au bout du matelas et qui ramène Charles à lui, tirant violemment au point que Charles lui tombe sur les genoux. Et d'un coup la bouche chaude d'Erik est contre sa tempe : « C'est tout ce que tu as dans le ventre, Xavier ? » Une grande main se presse avec force sur la bosse qui déforme son pantalon. « Tu vas abandonner si facilement ? »

La colère lui monte au nez et Charles la laisse envahir chaque pore de sa peau et il inverse leur position. Erik laisse échapper un murmure de surprise alors qu'il se retrouve à son tour cloué au lit et que Charles se frotte frénétiquement contre lui alors qu'il grogne bruyamment.

La pièce est suffocante et le sexe de Charles palpite alors qu'il continue sans réfléchir, si avide de friction qu'il lui semble plus possible de faire marche arrière. Il se débat avec la boucle de la ceinture d'Erik puis ouvre la fermeture éclair avant de se débarrasser de son pantalon et de son boxer, retirant tout pour se rapprocher, pour toucher, pour baiser -

Erik regarde, les pupilles dilatées à l'extrême alors que Charles glisse trois doigts dans sa bouche pour les humidifier sans faire dans la dentelle et s'en sert pour entourer le sexe encore flaccide d'Erik avec vigueur et le pomper jusqu'à ce qu'Erik soit aussi dur que lui.

« Enlève ta chemise ! » grogne Erik, Charles obtempère en un clin d'œil et se saisit du membre d'Erik avec sa main enduite de salive, le guidant là où il était encore dilaté de ses activités de la veille. Il manque son coup la première fois et Erik grogne encore quand la tête de sa queue n'atteint son objectif. Charles est pantelant et essaye encore une fois, la sueur commence à rouler à ses yeux. Dans un recoin de sa tête, il note qu'Erik est encore complètement vêtu. Cette fois-ci est la bonne, et il est serré parce qu'Erik est énorme même avec tous les préparatifs de Charles la veille.

« Putain ! » Charles soupire et il a mal au cœur, parce qu'il est en colère contre lui-même parce qu'Erik est là, comme une catin en attente d'être prise, consentant et volontaire et Charles le veut toujours. (Est-ce que c'est encore l'ivresse de la poursuite ?)

Il pense à l'éleveur de cochon et comment Erik l'a massacré et comment il a apprécié ça, comment le métal a déchiqueté l'esprit de Shaw, les morts, le sang, le meurtre, tout ce que Charles n'approuve pas -

Et puis il repense à Nona à la boulangerie et aux mains qui ont aussi pétri la hallah ou qui tremblaient lorsqu'elles ont pour la première fois transformé la rambarde métallique en lierre. C'est Erik mis à nu et Charles le veut toujours et c'est terrible et c'est merveilleux et c'est en colère -

(C'est une contradiction -).

Et Charles s'empale sur la queue d'Erik jusqu'à la garde puis fais des mouvements d'avant en arrière, lents et insistant, ses poings crispés sur les draps de part et d'autre de la tête d'Erik, la tête basse et les lèvres effleurant le front d'Erik.

« Charles... » Erik l'appelle en un souffle.

Tout n'est que géométrie : la courbe du dos de Charles alors qu'il chevauche lentement Erik, l'angle de ses genoux, pliés et écartés de part et d'autre du torse d'Erik. Ses lents mouvements de hanche, la respiration haletante d'Erik : c'est enivrant, la chaleur de la pièce, la chaleur de leurs corps, et Charles qui chevauche Erik jusqu'à ce qu'il soit épuisé, ses genoux et les muscles de son ventre tremblant.

Erik jouit dans un grognement indistinct et Charles prend sa verge dans sa main humide, comme une arrière-pensée, se traitant sans ménagement jusqu'à ce qu'il se répande sur le torse d'Erik. Charles s'effondre à côté d'Erik. Le lit est bien trop petit pour eux deux mais il n'arrive pas à se dire qu'il faudrait bouger, ses genoux cognent contre ceux d'Erik et son torse poisseux.

Il ne se souvient pas de quand il s'est endormi, bordé par l'odeur d'Erik et la moiteur d'Israël.


Charles se réveille avec un mal de tête atroce. Il a mal partout et des contusions sur les poignets et sur les hanches. En allant à la salle de bain, il manque de se prendre les pieds dans les draps qui traînent sur le sol comme autant de mouchoirs usagés. Il plonge la tête dans le lavabo et se passe encore de l'eau sur le visage. Quand il se regarde dans le miroir, il a l'air d'avoir été attaqué par un ours. Dehors, le bruit de la circulation et des klaxons. Le monde, y compris le soleil, est indifférent à sa souffrance.

Il laisse échapper un gémissement pitoyable.

L'espace d'un instant, il pense rester à l'hôtel.

Au bout du compte, il se lave et sort.

Erik lit sur le canapé quand Charles entre dans son appartement, un échiquier est installé sur la table basse.

« Une partie ? »

Charles s'installe sur le sol, de l'autre côté de la table, étouffant un gémissement de douleur. Erik joue le premier. Chacun joue quelques coups et Erik se lève pour prendre un paquet de cigarettes. Charles se demande quand il trouvera le courage de dire : « Et on fait quoi maintenant ? » Apparemment, ce n'est pas encore à l'ordre du jour. Ils jouent en silence jusqu'à ce qu'Erik prenne sa tour.

« Échec et mat, » dit Erik.

« Tricheur ! » répond Charles au quart de tour. Gamin, se dit Erik, mais il est amusé tout de même et Charles se force à rire. Ils jouent quelques parties, Charles suggère d'aller à la plage où ils se baladent sans but et fument quelques heures durant avant de revenir chez Erik et lire le reste de la soirée. Charles lui souhaite bonne nuit, rentre à son hôtel. Et dort.


Ils gravitent sans effort.

(Ce n'est pas la même orbite, juste deux chemins qui se croisent - juste de la géométrie - l'espace d'un instant puis chacun reprend sa route, dans une direction différente. Charles ne veut pas penser à comment l'été se finira).

Ils n'en parlent pas, mais ça doit être là, quelque part - quelque part dans leurs pensées enchevêtrées, dans la toile de leur interaction - quelque chose qui les retient tous les deux. Dieu seul sait ce qui retient Charles. Erik a aussi ses raisons.

Rien n'est jamais facile avec Erik Lehnsherr.


Un autre matin :

Ils jouent aux échecs au milieu du spacieux salon d'Erik. Les rideaux sont grand ouverts et la lumière blanche du soleil envahit la pièce. Au-delà du balcon, le bourdonnement de la ville. Ils ont déjà fini quelques parties (Charles ne parvient pas à se rappeler combien, il ne se rappelle jamais de toute façon) quand Erik relève la tête, l'esprit silencieux. Charles cligne des yeux: « Qu'y a t-il ? »

« Tu verrais un inconvénient, si... » commence Erik, tournant et retournant sa pièce d'argent dans sa poche : « Si j'interrompais notre partie ? »

Charles fronce les sourcils, perplexe : « Pourquoi donc ? »

Erik se penche en avant par dessus l'échiquier, prends la joue de Charles en coupe et l'embrasse.

C'est... inattendu.

Charles émet un petit cri autant de surprise que de plaisir et s'ouvre sous le toucher d'Erik. C'est trop facile, laisser le souffle d'Erik se mêler au sien, laisser Erik s'immiscer en lui. D'un grand geste souple, il repousse l'échiquier et quand sa bouche rencontre à nouveau celle de Charles, tous deux font comme si les lèvres d'Erik ne tremblaient pas.

La table basse entre eux rend le baiser maladroit, leurs corps font une sorte de triangle au dessus de l'échiquier,les bords de la table basse leur rentrant dans les hanches.

« Attends. » Charles murmure, à bout de souffle, juste après qu'Erik a glissé sa langue dans la bouche de Charles timidement : « Laisse-moi faire... »

Comme c'est étrange que ce ne soit que leurs bouches qui se rencontrent, ils sont rouges et le souffle court. Charles recule et grimpe sur la table. Erik rejette la tête en arrière pour regarder Charles. A travers les pensées d'Erik, Charles se voit : grand, fier, rougissant. - peau peau queue yeux putain ressentir.

Presque imperceptiblement, Erik s'approche et encercle de ses bras la taille de Charles avant de tirer d'un coup sec amenant Charles dans son étreinte étroite et âpre et d'un coup les fait se retourner, posant Charles sur le sofa avec douceur.

La majorité de son corps atterrit sur le canapé alors qu'Erik le surplombe, Charles n'a qu'une seconde pour apprécier l'esthétisme de la scène - la lumière du soleil sur leurs peaux, la courbe délectable du dos d'Erik, la couleur tendre de sa lèvre inférieure - avant qu'ils ne s'embrassent sauvagement.

La chaleur humide de la bouche d'Erik, la pression insistante de ses hanches fines, son odeur capiteuse : C'est absolument merveilleux et Charles se demande bien pourquoi est-ce qu'il s'interroge : alors c'est ça les nouvelles règles du jeu ?

Erik saisit son genou, la forme d'un Charles toutes cuisses écartées déjà peinte à la surface de ses pensées alors qu'il finit par enregistrer ce que Charles vient de penser.

« Quoi ? » Le ton est rauque et il s'écarte de la bouche de Charles.

Charles n'avait pas eu l'intention de projeter sa pensée mais il la réitère à voix haute : « Alors c'est ça les nouvelles règles du jeu ? »

Erik plisse les lèvres avec une moue d'incompréhension. Charles se recule et il ne sait pas pourquoi soudainement il sort de ses gonds :

« Tu me baises et après c'est comme s'il ne s'était rien passé ? »

Un muscle palpite dans la mâchoire d'Erik. Charles sait qu'il est allé trop loin, il a vu l'ombre de ses rêves - fumée noir étoile rose argent métal os chair sang jamais plus - mais Charles est accro au frisson que ça lui procure ; c'est tellement bon et il ne peut pas s'arrêter et il ne s'arrêtera pas, il ne veut pas s'arrêter.

« Tu comptes rester comme ça longtemps : à attendre de te la prendre ? » Erik finit par dire sur un ton cassant, et Charles éclate d'un rire sans joie. Il repousse Erik sans difficulté et va à la cuisine. Il ignore le nœud de culpabilité qui est en train de lui tordre le ventre.

(Il ne sait pas si il vient de lui ou d'Erik).

Quelques minutes s'écoulent, Erik se redresse et se réfugie sur le balcon. Dans la cuisine, Charles se verse un verre et allume une cigarette sur laquelle il tire lentement. Expire longuement. La fumée part en volutes dans la cuisine avec un léger parfum de regrets.

Il finit par sortir sur le balcon.

« Une cigarette ? » Il tend le paquet à Erik qui s'en saisit. Charles l'allume pour lui. Ils s'assoient, perdus dans leurs pensées un long moment, jusqu'à ce que Charles parte.

(C'est la poursuite et ses difficultés que Charles préfère - ce n'est pas aisé mais Charles n'a jamais refusé un défi).

Quand il sort de l'appartement d'Erik, le soleil commence à se coucher et une cigarette pend mollement au coin de sa bouche. Il va sur la plage et marche sur le sable humide, les orteils frémissant, puis il rentre à son hôtel. Il regarde la mer et une seconde durant, pense à Erik. L'espace d'un instant, il pense entrer dans un bar mais rapidement, l'idée le dégoutte et il rentre à l'hôtel, faisant virevolter sa cigarette entre ses doigts et ne pense à rien de particulier.

L'air frais s'engouffre dans la chambre d'hôtel quand il entre. Les rideaux sont grand ouverts et Charles a salement envie de boire un verre. Il finit par se rouler en boule sur le petit lit avec un livre de poche mince entre les mains, les lignes deviennent de plus en plus floues devant ses yeux jusqu'à ce qu'il finisse par céder : il referme le livre, le met de côté et éteint la lampe de chevet.


Ils couchent ensemble encore deux fois avant la fin de l'été.

La première fois :

Charles est debout au bord du balcon. Tout semble augurer une autre nuit délicieuse, un autre soleil couchant superbe. Dans sa main, une bouteille tangue. Sur la platine tourne un disque. Erik a choisit du jazz aujourd'hui. Fredonnant, Charles s'écarte finalement du balcon, tanguant jusqu'au salon. Il continue de fredonner et étire son esprit, prenant les pensées d'Erik dans les siennes.

Il y a toujours quelque chose d'étrange dans la rencontre de deux esprits mais c'est encore plus étrange quand l'un d'eux est sous influence. Charles fait courir ses pensées sur la barrière mentale d'Erik : Charles veut l'assièger, assaillir les kilomètres de murs qu'Erik a dressé, les kilomètres de mur qu'Erik a mis entre eux deux et que Charles veut détruire avec force encore et encore, avec la détermination d'un alcoolique, chuchotant dans les fissures, faisant tourbillonner ses pensées avec force. Il n'en faut guère plus pour qu'ils soient tous les deux passablement éméchés.

« Tu es incorrigible. » murmure Erik en se levant pour se diriger vers Charles.

« Qu'avec toi, mon ami ! » répond Charles qui se rapproche pour lui faire face. L'expression d'Erik est indéchiffrable mais ses pensées sont une tempête de ténèbres : - métal os poignet rose Charles baiser sentir goûter -

Il est impossible de dire qui a fait le premier pas, leurs esprits sont enchevêtrés et ils sont tout les deux ivres d'une chose ou d'une autre. Peut-être qu'ils ont fait chacun un pas et qu'ils se rencontrent à mi-parcours. Mais Erik est celui qui rapproche Charles avec un mouvement souple du bras, une main se posant sur sa taille et l'autre prenant sa main. La question flotte, à demi-formée, jusque dans l'esprit de Charles.

« Puis-je ? » demande Erik alors qu'ils ont déjà commencé à danser.

Peut-être que la question suivante vient de Charles, la pensée se fondant dans l'esprit d'Erik, en osmose ou peut-être que l'idée refait soudainement surface dans son esprit. « J'ai appris à danser en Roumanie. » La sueur perle sur ses tempes et Charles veut le goûter.

« Vraiment ? »

Erik fredonne au rythme de la musique, il les dirige avec douceur, ses grandes enjambés suffisent à essouffler Charles, peu habitué à l'effort. Ils effleurent le sol de bois et de soleil doré.

Par leur lien télépathique, Charles reçoit l'image d'un homme aux yeux sombres avec un swastika brodé sur la manche - dents métal coupure écorchure tue tue tue - rapidement remplacée par l'image de vieux châteaux émergeant de verts pâturages. Les tours sont hérissés de piques qui crèvent le ventre de gras et sombres nuages, les montagnes se soulèvent et retombent irrégulièrement.

« Je l'ai traqué jusqu'à Hunedoara. » explique Erik alors que les derniers rayons du soleil tombent sur la peau de Charles, mais leur chaleur n'a rien de comparable à la sensation des poignets d'Erik, de ses paumes, de son souffle. « Il devait aller à une réception, et tu connais le reste de l'histoire… » Erik hausse les épaules comme pour dire que ce n'était rien du tout.

« J'ai du mal à te croire ! » Charles se rappelle qu'il faut répondre, ses pieds nus effleurant la cheville d'Erik alors qu'il les entraîne vers le balcon puis à nouveau à l'intérieur. Erik aime les histoires et la littérature, peut être davantage même que Charles. Quand Charles apprécie la science et la logique, Erik est souvent blottit avec un classique, et Charles capture des murmures de rêves d'enfant dans son esprit.

Pour toute défense, Erik pouffe.

Le soleil commence à plonger derrière l'horizon, lent, tiède et indolent, comme la brise du soir et leur rythme de leur valse. Erik réassure sa prise, glisse sa main le long du dos de Charles, jusqu'à ce que ses doigts effleurent la base de sa colonne vertébrale. Charles penche la tête en avant, s'arrête au-dessus du cou d'Erik et il semble qu'il acquiesce.

La musique meurt dans une saccade et Erik rapproche Charles, son souffle chaud contre sa joue. Charles rejette la tête en arrière juste assez pour voir les lèvres rosées d'Erik. Il attend qu'Erik l'embrasse mais il resserre sa prise sur les hanches de Charles, ses mains se font vagabondes et il tire brusquement, Charles en a le souffle coupé tant il ne s'y attendait pas.

« Je... » commence Charles avant qu'Erik pivote et que Charles voit la bosse naissante qui déforme son pantalon et que d'un coup, Charles lui aussi veut. Leurs pensées sont une nuance plus sombre et aucun d'eux n'est surpris lorsque Erik les entraîne jusqu'à sa chambre.

Métal - dans les ressorts du matelas, dans le cadre du lit, dans la tête de lit - se plie pour réceptionner Charles qui se laisse tomber sur les couvertures. Erik le domine en un instant, les genoux de part et d'autre des hanches de Charles, se penchant en avant pour l'embrasser vigoureusement.

Métal - dans les boucles de leurs ceintures, dans les dents de leurs fermetures éclairs - se défait seul et sans bruit et Charles gémit quand Erik le fait se tourner et attrappe ses mains et les pose sur la tête de lit qui se love autour de ses poignets et la sensation est la même que la première fois, le métal exerçant exactement la même pression que les mains d'Erik lorsqu'ils se sont touchés dans cette allée.

Eril le prend comme ça, les genoux tordus dans dans les draps, les poignets pris dans la tête de lit, sa tête basse et son cul en l'air. Erik le baise sans hésitation et quand il jouit il mord la peau de Charles là où son cou rencontre son épaule et ses doigts fourragent presque douloureusement les cheveux de Charles.

Quand la tête de lit métallique libère Charles de son emprise, il s'effondre lourdement sur les oreillers, tremblant et sanglotant bruyamment jusqu'à ce qu'Erik, enfin, enfin le prenne dans sa paume luisante et le faisant jouir encore et encore.

« Pourquoi ? » demandera bien plus tard Charles une fois qu'ils se seront lavés et qu'ils se seront réinstallés sur le lit en vrac. Erik n'a pas besoin de demander à quoi Charles fait référence. Erik répond simplement : « Parce que tu m'avais demandé il y a quelques temps de danser avec toi. »

Et la seconde fois (la dernière) :

Juste un autre jour cet été-là, peut-être au milieu, peut-être à la fin. Pendant leur séjour commun à Tel Aviv ils ont visité la ville et sont aller au-delà : était-ce peut-être qu'en esprit, mais qui leur pourra leur dire que ce n'est pas vrai ? Ils en gardent le souvenir après tout.

Ils ont loué un voilier pour une balade sur la Méditerranée, aucun d'eux ne sait comment le piloter mais ils flottent sur les eaux turquoises jusqu'à ce qu'ils atteignent des îles sableuses blanches sous un soleil jaune et brillant.

Dans l'esprit de Charles, l'océan est toujours serein.

Ils sont allés à Jérusalem, pour se plonger dans les paysages, dans l'histoire, et les sons et les mosquées, ils ont flottés sur la Mer Morte et passé des années à fumer sur le balcon d'Erik, débattant du futur et du monde, ils ont assisté à une représentation de l'Orchestre Philharmonique d'Israël et ils ont perdu des heures dans la jungle de l'esprit de l'autre.

Le jour est sur le point de se finir : ils reviennent d'un bar sur la promenade et sont maintenant chez Erik. La fenêtre est grande ouverte et les rideaux de tulle murmurent dans le vent. Il fait nuit et ils somnolent, ils n'ont pas eu la main légère sur l'alcool.

Erik est le premier à s'endormir, son esprit se faisant silencieux quelques minutes après qu'il se soit installé sur son lit et sans même prendre le temps de se frayer un chemin sous les draps.

Charles reste encore un moment sur le balcon, pensant et fumant cigarette sur cigarette. Quand il rentre finalement, il décide sur un coup de tête d'aller sur le lit d'Erik - le canapé est brûlant et inconfortable - et il s'installe où il trouve de la place.

L'esprit d'Erik est dans cet état entre la veille et le sommeil : - ses pensées sont trop absurdes et surréalistes pour être autre choses que des rêves, pourtant elles sont trop concentrées et aiguisées pour ne pas être conscientes - se dirige, presque avec hésitation, vers Charles.

Charles ne sait pas quand il finit par s'endormir, mais lorsqu'il se réveille, c'est lentement, très lentement, et son esprit enregistre peu à peu le murmure doux du désir qui émane de l'esprit d'Erik. Charles se réveille complètement alors que ses hanches frottent contre la ligne dure du creux des reins d'Erik, sa bouche ouverte contre sa nuque.

Erik laisse échapper un murmure rauque et se retourne. La partie de jambes en l'air est tellement, tellement bonne. Les fenêtres sont ouvertes et l'odeur de sel sature l'air, l'air est doux et chaud et si c'est possible, les caresses d'Erik sont encore plus douces. Erik les fait changer encore de position et c'est comme ça qu'ils font l'amour - avec douceur et lenteur, encore un peu endormis.


Tout a une fin et cet été aussi.

(Cet été a été le temps d'une intersection de deux routes et maintenant chacun prend la sienne. Il se trouve qu'à un moment leurs orbites se sont rencontrées mais il est temps pour eux de se séparer, dans une direction différente).

Août s'achève, sans un bruit, et Charles prévoit de partir la veille du premier Septembre. Il ne demande pas à Erik s'il compte partir.

Le jour de son vol, il se lève tôt et se rend chez Erik. Ensemble, ils se rendent dans un café sur la promenade. Ils y déjeunent et Charles se délecte de sa shakshuka. Ils parlent littérature, musique et mutants avant de rentrer. Erik propose à Charles de l'emmener à l'aéroport.

Charles n'avait pas amené grand chose avec lui, ce n'est guère difficile d'arrimer ses quelques affaires à la moto d'Erik. Erik qui l'accompagne jusqu'à l'entrée du terminal. Il est encore tôt, les lieux sont presque déserts.

C'est là qu'ils se quittent. C'est là la fin (ou peut-être le commencement) et à ce moment-là la bouche d'Erik s'ourle d'un petit sourire. Charles inspire profondément, il veut s'excuser - il ne sait pas de quoi : peut-être de partir, de ce qu'il n'a pas pu dire - mais Erik prend les devant et prend la main de Charles où il y dépose une pièce métallique.

Avant qu'Erik ne puisse reculer, Charles le rapproche de lui. L'espace d'un instant, il se dit qu'il va l'embrasser, mais quelque chose, peut-être dans les lignes de la bouche d'Erik ou la nuance de ses pensées, change. Charles passe sa main sur le dos de celle d'Erik, ses doigts effleurant le duvet qui la recouvre et embrasse la tempe d'Erik.

douce peau yeux bleus argent os Charles Charles Charles -

Il recule, s'éclaircit la gorge.

« Au revoir, mon ami. »

« Au revoir, Charles »

Quand Charles met la main dans sa poche, bien longtemps après qu'Erik soit reparti, il presse son doigt contre la pièce de métal. Elle s'ajuste parfaitement à l'empreinte de son pouce.


Merci à Elora pour sa review !