Thomas.
C'était Thomas qui venait de sortir par la porte. Newton faillit s'étouffer avec sa fumée. À cause de cela, il toussa bruyamment, ce qui fit sursauter Thomas qui n'avait pas vu le blond avant qu'il fasse autant de bruit.
-Hm salut Thomas. Ça fait longtemps.
Le brun plissa les yeux et prit une gorgée de son verre, tout en regardant le blond qui déglutit avec difficulté, prévoyant que la discussion se passerait mal.
-Pas assez longtemps à mon goût.
Si Newton avait du parier sur une réponse, il aurait parié sur celle-ci.
-Toujours aussi avenant à ce que je vois.
-Excuses moi de ne pas être sympa avec la personne qui me trouve trop prévisible et banal.
Son interlocuteur leva les yeux aux ciel.
-Tu sais très bien que ce n'est pas ce que je voulais dire.
-Et qu'est-ce que tu voulais dire alors? Parce que honnêtement je vois pas d'autres interprétations.
Newton dévisagea le brun et toute la colère qu'il s'était infligé contre lui même le quitta. Il trouva Thomas trop hautain, trop imbus de sa personne méchant.
-Tu sais quoi? Peut être que je voulais en fait dire ça. Parce que là tout de suite, à te bourrer la gueule comme tout le monde, tu es banal. Tu es ordinaire. Tu ne te démarques pas des autres, parce que tu es comme les autres. Tu es les autres.
Thomas ne répondit pas et se contenta de le regarder, en silence. Alors le blond continua.
-Et après, quand tu vas retourner à la soirée, tu vas faire quoi? Surement trouver un gars plutôt bien foutu pour te faire baiser? Parce que c'est ce que tu sais faire de mieux pas vrai? Te faire baiser.
À ce moment, Thomas plaqua Newton contre le mur où celui-ci se trouvait depuis le début, et il posa ses lèvres contre celles du blond. Le brun passa sa main dans les cheveux du brun et le blond, un peu désarçonné mais pas totalement inconscient, mis ses mains sur les hanches du brun, de manière à approfondir le contact entre leurs corps. Le temps sembla s'arrêter. Newton ne ressentait plus l'air frais de dehors. Il ne sentait que la chaleur des lèvres du brun contre les siennes. Il ne sentait plus que les mains de Thomas qui se baladaient dans ses cheveux et sa nuque. Il ne sentait que la langue du jeune homme qui effleurait sauvagement la sienne. Plus rien n'importait à ce moment. Seulement eux deux, leur baiser et leurs corps qui se touchaient.
Puis le retour à la réalité. Thomas se détacha du blond, et heureux de l'effet qu'il avait fait à son interlocuteur, il arborait un sourire un coin.
-Suis-je toujours aussi prévisible mon cher?
Newton affichait un air ahuri. Ça non, il ne l'avait pas vu venir. Il ne l'aurait même jamais imaginé.
Avant qu'il ne puisse répondre, le brun rompit définitivement tout contact entre leurs deux corps et se dirigea de nouveau vers la soirée en laissant derrière lui un jeune homme plus que confus.
Newt se rendit compte qu'il avait fait tomber sa cigarette. Il la ramassa distraitement et la ralluma. Après avoir pris une grosse bouffée de ce tube libérateur, il porta sa main libre à sa bouche et pose ses doigts sur ses lèvres, le regard dans le vide. Il sentait ses lippes froides et nues. Les sensations se mélangeaient en lui et il n'appréciait pas vraiment ça. Il était comme anesthésié, il ne pouvait pas bouger. Mais il se sentait anormalement heureux, ce qui l'agaçait. Il n'était pas censé se sentir heureux après que Thomas l'ait embrassé. Pas après que ce dernier ne lui parle pas pendant 1 mois.
Thomas était de retour à la soirée, et depuis qu'il était rentré il affichait un sourire suffisant.
Il était tellement content de lui, et surtout de l'effet qu'il avait eu sur le blondinet. Celui-ci n'avait même pas hésité deux secondes avant de lui retourner son baiser.
Fidèle à lui même et aimant se faire désirer, la réaction du jeune homme avait grandement renforcé son ego. Il se sentait à bloc.
Il repéra un garçon dans le coin de la pièce qui le reluquait depuis quelques minutes et décida de se diriger vers lui, ça faisait longtemps qu'il n'avait pas eu de rapports sexuels après tout. Thomas décréta que le blond, et la chaleur qui l'avait envahit pendant le baiser, resteraient dans un coin de sa tête, au moins jusqu'au lendemain matin.
