Newton se retourna pour l'énième fois et regarda l'heure qu'affichait son radio réveil. 6h12. Il était rentré de la soirée après sa rencontre avec Thomas. Ça faisait quatre heures qu'il essayait de dormir, en vain.

Pourquoi le brun l'avait-il embrassé? À quoi cela rimait? L'avait-il fait juste pour le contredire et lui montrer qu'il était bel et bien imprévisible ou l'avait-il embrassé parce qu'il voulait l'embrasser.

Ces questions étaient ce qui tenait le blond éveillé.

Il soupira bruyamment puis jeta son oreiller à travers sa chambre étudiante. Il décida finalement qu'il n'avait plus qu'à se lever pour se laver et entamer sa journée.

Thomas ferma la porte derrière lui et se mit à marcher vers la sortie du bâtiment. En sortant de la fraternité The Scorch, il mit les mains dans les poches de sa veste et se remémora la soirée. Il s'était amusé et avait assouvi ses besoins de chair. « Une soirée plutôt réussie ». C'était donc avec un grand sourire qu'il rentrait dans sa chambre à lui. Minho était déjà endormit dans son lit. Thomas se glissa dans ses draps, ne prenant pas la peine de se changer, tant la fatigue l'assaillait.

Il commençait à glisser dans les bras de Morphée puis il se rappela qu'il avait embrassé un certain blondinet. Il se retourna dans son lit, d'un coup totalement réveillé. « Merde mais qu'est-ce qu'il m'a pris? ». Bien évidemment il ne trouve pas de réponse à sa question. Il ne savait pas si c'était l'alcool ou juste une façon de prouver au blond qu'il se trompait sur lui? Dans tous les cas un sentiment persistait. En pensant au baiser il ressentait une sensation de chaleur l'envahir. Thomas se retourna à nouveau dans son lit de façon à faire face au mur et il décida que le baiser n'avait rien à voir avec son état de bien être. C'était dû à l'alcool et à l'orgasme de quelques temps plus tôt. Il s'endormit ensuite, en se forçant à penser à autre chose qu'au blond.

La fin des examens marquait la fin du semestre et ainsi, le début des vacances. 3 semaines de tranquillité et de repos en perspective.

Minho et Thomas étaient en train de préparer leurs bagages, tous deux rentrant dans leurs familles respectives pendant les vacances.

-Tu rentres pour la dernière semaine, comme d'hab?

-Évidemment, c'est pendant cette semaine qu'il y a les meilleures soirées.

-Je préfère demander, t'es quand même devenu sérieux d'un coup alors je voulais être sûr.

-Je peux être sérieux et aimer faire la fête.

L'asiatique haussa les épaules.

-Bon j'ai fini. J'y vais, tu donnera le bonjour à tes parents.

-Toi aussi vieux, et ramènes des restes de chez toi, ta mère fait toujours de super repas.

Minho sortit de leur chambre en criant qu'il le ferait. Thomas secoua la tête en souriant et continua de ranger ses affaires.

Quelques minutes plus tard, quelqu'un toqua à la porte déjà ouverte et Thomas sursauta.

-Ah salut Gally!

Ce dernier était un jeune homme grand et blond. Il paraissait, de premier abord, plutôt froid mais il faisait partie des hommes les plus gentils sur Terre. Thomas et Minho le connaissaient de certains cours qu'ils partageaient avec lui et ils avaient tout de suite accrochés avec son humour, sa gentillesse et sa bonne humeur.

-Salut Thomas, je passais dans le couloir et j'ai vu tous tes bagages, t'as besoin d'un coup de main?

Le brun regarda autour de lui et grimaça en voyant tous ses sacs et sa valise.

-Ça serait pas de refus.

-Tu emmènes toutes tes affaires et celles de Minho en plus ou comment ça se passe?

Thomas gloussa.

-Non non, c'est surtout les cadeaux de Noël pour tout le monde.

Gally hocha la tête et se dirigea vers deux sacs pour les emporter. Thomas pris sa valise et son sac à dos et suivi Gally dans la résidence. Arrivés au parking, ils mirent les affaires de Thomas dans sa voiture.

-Tu pars pas chez toi toi?

-Non pas cette fois, j'ai trouvé un job près de l'université donc je vais bosser.

-Hm d'accord. N'hésite pas à m'envoyer des messages si tu t'ennuies.

-Merci Thomas, c'est gentil.

-Je t'en prie. Puis on se voit pour la soirée de nouvel an hein?

-Évidemment, je voudrais pas manquer ça.

Les deux adolescents se dirent au revoir et se séparent. Le brun monta derrière le volant de sa voiture et démarra.

Il s'arrêta à un panneau stop, celui qui marquait l'officielle sortie et entrée du domaine de l'université, et il regarda à droite, où une étendue de verdure s'étalait. Et là, dessous un arbre, se trouvait Newton.

Toutes les pensées qu'il avait refoulé au moment de se coucher, refluèrent dans son esprit. Il observa de loin le blond qui lisait et qui ne l'avait pas remarqué. Il se demanda pourquoi il était encore ici et pas en route pour des vacances

Un Klaxon interrompit ses pensées. Il cligna des yeux rapidement et secoua la tête, comme pour aérer son esprit. Il saisit fermement son volant et s'engagea sur la route.

Le bruit d'un Klaxon lui fit lever les yeux et son regard tomba sur le brun, dans sa voiture, qui secouait la tête.

Le jeune homme était allongé sur son lit, son bras gauche derrière sa tête en guise d'oreiller. Il fixait le mur en face de lui, perdu dans ses pensées.

Il repensait à ce qu'il s'était passé avec un certain jeune homme blond. Comment leur relation avait pu évoluer, et surtout se dégrader, si rapidement?

Thomas avait était vraiment attiré par Newton et ce, dès le premier coup d'oeil. Il avait été heureux de passer une nuit avec lui, fantastique qui plus est.

Mais le blond l'avait par la suite tellement blessé dans son ego. Les mots qui avaient passés la bouche du blond avaient été tellement dévastateurs, Thomas en sentait encore les marques dans son esprit. Le brun n'aimait pas qu'on l'insulte sans raison. De plus, ce que l'autre lui avait dit était absolument faux, il n'était pas prévisible, ni ordinaire. Ou l'était-il? Thomas se leva et soupira. Il se torturait l'esprit. Tout ça c'était la faute du blond. Jamais il ne s'était senti aussi peu sûr de lui. Jamais il ne s'était posé autant de questions sur lui. Jamais il n'avait remis en cause sa personnalité. Tout était de la faute du blond.

Le blond était accoudé à sa fenêtre, relâchant la fumée emprisonnée dans ses poumons. Il la regarda sortir par l'ouverture que formaient ses lèvres, jusqu'à ce qu'elle se dissipe dans l'air et devienne invisible à l'oeil humain. Il continua de répéter ses gestes jusqu'à ce qu'il ne reste de sa cigarette que le filtre. Il mit ce dernier dans le cendrier sur sa fenêtre et s'installa à son bureau. Il ferma les yeux, appréciant le calme dans la résidence. Tout les élèves, ou presque, étaient partis dans leurs familles respectives pour célébrer les fêtes de fin d'année.

Lui ne partait pas. Il n'aimait pas Noël. Ça lui rappelait trop de sombres souvenirs qu'il préférait oublier. De plus, il ne manquait à personne dans sa famille. Depuis qu'il avait fait son coming-out il avait des relations très conflictuelles avec ceux qui partageaient son sang. Son père avait mit du temps à le regarder dans les yeux et à lui adresser la parole. Sa mère avait prétendu que tout allait bien mais Newton l'avait entendu pleurer la nuit où il avait annoncé qu'il était pansexuel. Sa soeur était la seule personne qu'il l'avait bien pris et qu'il l'avait accepté comme il est. C'était la seule raison pour laquelle il se sentait triste de ne jamais revenir chez lui. Mais il savait que ses parents étaient heureux qu'il ne vienne plus à la maison.

Newton rouvrit les yeux et soupira. Il n'aimait pas sa vie. Mais il ne voulait pas s'apitoyer, des milliers de gens vivaient pire que lui.

Il regarda par la fenêtre et son esprit divagua vers Thomas, encore une autre personne qu'il avait blessé par des paroles sorties de sa propre bouche. Il n'avait pas voulu tout ça, il n'avait pas voulu que le brun rentre dans sa vie et en sorte si rapidement. Mais c'était sa faute. Il aurait pu être ami avec lui. Mais il avait tout fait foirer. Encore. Il se releva et se repensa à la fenêtre, une autre cigarette entre ses lèvres.