Yas Queen, merci Mokingtwin, je t'aime ma petite coconut!

Nous avons ici un petit peu de POV Dwalin! Bonne lecture les copinos.

Dwalin aimait penser qu'il était relativement subtil quand il le fallait. Il avait ainsi pu observer le quinzième membre de leur compagnie et il était perturbé. Cela faisait maintenant trois jours qu'ils avaient quitté la maison de Bilbo et la présence de la jeune femme perturbait la compagnie quelque peu.

Non pas de manière négative, mais les nains se retenaient de chanter la moitié de leur répertoire musicale car s'étaient des chansons paillardes. Ou encore, ils ne savaient pas qu'elle attitude adopter envers elle. Elle semblait humaine, mais sa culture était tellement différente qu'il y avait beaucoup de choc.

Dwalin se dit qu'ils vont tous finir par s'habitué, il y avait également des chocs avec le hobbit. Le nain ne pouvait empêcher son attention de se tourner vers Miley. Elle l'intriguait au plus haut point.

Elle était petite pour une humaine, elle ne semblait pas pouvoir faire de mal à qui que ce soit. Pourtant elle possédait de multiples tatouages, peu importe ce qu'ils étaient. Elle avait même plusieurs boucles d'oreilles par côté. La jeune femme s'était également pointée avec une épée à sa ceinture et des morceaux d'armure sur les avant-bras.

Pendant les trois jours il l'écouta répondre aux questions qui lui était posées, mais elle restait silencieuse ou parlait avec Bilbo.

Le nain avait été grandement amusé quand elle s'était procuré une pipe et du tabac à Bree. Elle avait boucané pendant une journée entière pour essayer la pipe.

La jeune femme ne manquait également pas de réparti s'il fallait qu'elle se fasse entendre, ce qui était quand même pratique quand on se promène avec treize nains.

Il fallut trois jours complets avant que, la nuit tombée, lors du moment entre le souper et le coucher, Dwalin ne succombe à la curiosité.

Miley s'était installée à l'écart des autres, mais relativement proche comparé à la première nuit, où il n'y avait plus aucune lumière du feu qui atteignait l'endroit où elle dormait. Quoi que maintenant que le nain y pensait, elle n'avait sûrement pas dormi à en juger par ses cernes le lendemain.

Le nain s'approchait de la jeune femme en prenant la précaution de faire du bruit avec ses pieds, même si elle lui faisait face, comparé à la fois où il l'avait effrayé dans la cuisine. Le guerrier vit son attention, qui était portée sur un livre posé sur ses cuisses, être tourner vers lui. Elle releva la tête et ses yeux verts rencontrèrent ceux du nain. La brunette retourna son attention sur son livre en voyant qu'il venait s'asseoir à côté d'elle. Elle voulait au moins finir sa page.

Le nain s'assit sur le sol en face de la couche par-dessus laquelle Miley était installée. Il se positionna en indien et observa plus ou moins patiemment jusqu'à ce qu'elle finisse ce qu'elle faisait.

Les cheveux de sa compagne de voyage attiraient également beaucoup l'attention du nain. Il se demandait quel était son secret pour qu'ils puissent tenir ainsi sans tomber. Dwalin se demanda s'il aurait l'occasion de les voir détachés et il se dit qu'il pourrait peut-être partir un autre pari, sur la longueur des cheveux de la jeune femme.

Il faudrait qu'il en parle à Gloin.

La nuit était tombée, elle portait les mêmes pantalons noirs depuis trois jours, elle avait cependant enlevé ses étranges chaussures et ses bas et changer son chandail, portant celui dans lequel Dwalin l'avait croisé le matin chez Bilbo. Elle avait enfilé une veste en laine gris foncé et son épée reposait à côté de son oreiller. Quand la nuit tombait, elle portait ce qui semblait être d'étrange et énorme lunettes, mais pendant le jour, la jeune femme semblait voir très bien.

- Que puis-je faire pour vous Master Dwalin?, demanda-t-elle finalement après ce qui n'était qu'une vingtaine de seconde, en relevant la tête vers le nain assit devant elle.

Il fronça les sourcils. Il était encore l'un des seuls avec qui elle parlait aussi poliment. C'était peut-être de sa faute? Il fallait peut-être qu'il lui dise pour qu'elle arrête de le vouvoyer? Il pensait que c'était évident après avoir partagé plus de 72 heures en compagnie de quelqu'un.

- Je me demandais si je pouvais voir l'arme que tu as utilisé contre Nori chez Bilbo, finit par demander Dwalin, en se rappelant qu'il ne pouvait juste pas rester assis quelque part et grogner.

Ce qui était son mode de communication préféré.

Miley le regarda quelques instants, le regard complètement vide, avant de se pencher rapidement vers lui, l'air agacé.

- Oi! Pas si fort, je ne veux pas qu'il sache que c'est moi!, lui murmura-t-elle.

- Il va finir par le savoir tôt ou tard, murmura en retour le nain avec sarcasme.

- Touché, dit-elle après une seconde de réflexion.

La jeune femme se recula pour accéder à Rupert, la sacoche et le nain se rendit compte de la proximité dans laquelle ils étaient. Il se redressa sur lui-même, s'écartant ainsi un peu, il avait dû se rapprocher pour murmurer sans s'en rendre compte.

C'était une des choses que Miley faisait qui perturbait un peu les nains. Elle n'avait pas le même espace vital qu'eux. Il semblait qu'il n'y avait pas de différence pour elle, qu'elle soit une femme, et elle agissait en grande partie comme s'ils étaient tous frères d'armes.

Les nains essayaient de garder une distance qu'ils jugeaient de respectable envers une jeune femme, non mariée en plus, avec elle. Dwalin avait remarqué que malgré tout, elle faisait toujours attention à ne jamais toucher personne et si elle devait le faire, c'était par-dessus des vêtements et son mouvement était toujours en périphérique de la personne qu'elle allait toucher. Le nain se dit que c'était peut-être cette distance pour elle qui était normale.

Miley se redressa en amenant l'arme et elle le tendit à son compagnon en lui expliquant :

- Ce n'est pas vraiment dangereux, mais il faut quand même faire attention. C'est un jouet d'une des armes les plus répandues dans mon monde. Un pistolet, ou fusil. Pour l'enclencher il faut peser ici, montra-t-elle en lui indiquant la gâchette.

Il hochait de la tête avant de prendre l'objet que lui tendait la jeune femme. C'était léger dans sa main, il avait l'impression que s'il fermait trop fort la main, il allait briser l'objet.

Ce qui était probablement le cas. C'était en forme de L et ses doigts trouvèrent facilement leur place dessus. L'endroit où sa paume se refermait semblait être remplis de petite boule d'une couleur très voyante. Il posa son doigt sur la gâchette et tourna l'objet dans sa main pour le contempler.

- Heu non, d'habitude c'est une très mauvaise idée de le tenir pointé sur quelq-Aïe!, s'exclama Miley douloureusement quand une balle de plastique frôla sa joue.

Dwalin sursauta et reposa immédiatement le fusil entre les deux. La jeune femme se tenait la joue et lui lançait un regard mauvais.

- Heureusement que c'est un jouet sinon je serais soit défigurée à vie ou morte. Les vrais tirent des balles de métal.

Le nain pâlit un peu.

Des pas se rapprochèrent et Kili vint s'asseoir avec eux. La présence de Dwalin et la plainte de Miley l'avait attiré.

- De quoi parlez-vous mes chers amis?, demanda-t-il joyeusement en s'installant confortablement face aux deux autres. Oh, c'est quoi?, demanda le plus jeune avant de prendre l'objet étrange dans sa main.

- Kili il ne faut pas…

- Kili no- AÏE! Putain de bordel de merde! Vous-voulez me tuer?!

Le nain aux tattoos haussa un sourcil, amusé malgré tout à entendre leur jeune camarade jurer.

Kili avait fait la même erreur que Dwalin et avait lui aussi accidentellement tirer. Et la balle en plastique arriva juste sous l'œil de la pauvre jeune femme qui n'avait rien demandé.

Le plus jeune avait failli la priver d'un œil! Miley, qui avait immédiatement porter la main à son visage, recula sa main et l'observa. Le tire avait été assez proche pour que le pincement de la balle ne créer une lésion qui s'était mise à saigner.

- Oh voilà! Je suis touchée! Merci Kili! Redonnes-moi ça!, s'exclama-t-elle, agacée en reprenant l'arme des mains du nain, qui la regardait avec horreur.

- Mahal Morgan! Je suis désolé! Oin!, s'écria Kili en se relevant à toute vitesse pour aller chercher le vieux guérisseur de la compagnie.

La jeune femme grognait en me prenant la tête entre les mains.

- Ça va?, fit la voix inquiète de Dwalin, qui était resté avec elle.

Il vit Miley se relevée lentement la tête vers lui, semblant être grandement découragée et agacée. Une plaie sous l'œil gauche, créer par Kili, avait laissé une trace de sang s'étendant jusque dans son cou.

Oin revint bientôt sous l'empressement de Kili, qui était sincèrement paniqué, accompagné de plus de la moitié de la compagnie.

Miley se reprit la tête entre les mains en grognant à nouveau.

- Je vais bien, ce n'est qu'une éraflure, rassura-t-elle.

Oin n'écouta rien et s'approcha jusqu'à être devant leur camarade touché gravement au combat. Il s'accroupit à terre en cherchant un linge dans sa sacoche avant de poser une main sur l'épaule de la jeune femme. Elle se raidit aussitôt et arrêta de protester. Son attention était entièrement sur Oin. Ses grands yeux verts étaient agrandis et sombres.

Dwalin était sûr que s'il plantait un doigt dans son bras, elle ne bougerait pas d'un poil. Le nain commença à s'inquiéter, il n'était pas normal qu'elle agisse ainsi.

Bofur et Fili étaient en train d'accuser bruyamment Kili de tentative de meurtre. Bombur, Gloin et Nori observait le fusil un peu plus loin. Dori, Bifur et Ori étaient de l'autre côté et se penchait par-dessus Oin pour voir ce qui était arrivé à Miley. Le nain vit son frère Balin et Thorin commencer à s'approcher ensemble vers la scène. Gandalf était déjà en chemin, précédé de Bilbo, qui s'inquiétait en faisant de grandes enjambés. Bientôt, toute la compagnie était autour de Dwalin, Oin et Miley, en parlant et se bousculant un peu. Voulant savoir ce qui s'était passé.

Dwalin était content d'être un nain observateur. Du moment que la main du guérisseur de la compagnie toucha la mâchoire et le coup de Miley, afin d'exposer où le sang avait coulé pour l'essuyer, la jeune femme avait arrêter de respirer.

Avant de se mettre à hyperventiler.

Le nain aux tatouages vit que leur compagnon entrait en crise de panique.

- Gandalf, fit-il de sa voix grave, sur le ton que tous les nains utilisaient quand il y avait un problème qu'il fallait absolument régler dans l'immédiat.

Bref, le ton sur lequel son nom était habituellement prononcé. Le magicien regarda aussitôt Dwalin, le nain lui parlait rarement. Gandalf vit alors que son attention était maintenant dirigée vers sa jeune amie et il agit dans l'instant.

Il brandit à nouveau son bâton avec beaucoup de #style et toutes les personnes se trouvant plus haut que Bilbo reculèrent sous l'assaut du vieux magicien. Kili le reçu sur la tronche dans un bruit sourd. Fili ria au dépend de son frère.

- Arrière manants!, s'exclama-t-il avec de grands mouvements jusqu'à ce que les nains se dispersent d'autour la jeune femme.

Miley fixait toujours Oin, son attention ne l'avait jamais quitté. Elle n'avait pas bougé, sachant probablement qu'il ne lui voulait pas de mal, mais sa panique intérieure était très forte et s'il n'avait pas été de Dwalin, qui avait appelé Gandalf à la rescousse, elle serait sûrement en petite boule entrain de pleurer.

- Voilà! Fini Morgan!, dit joyeusement Oin, en faisant exprès pour faire des gestes lents et de s'éloigner rapidement.

- Merci Oin, dit-elle faiblement avant de baisser la tête vers ses jambes.

Bilbo s'assit collée contre le flanc de son amie et passa un bras au travers son dos. Il resta ainsi sans rien dire, silencieux.

- Merci Dwalin, dit-elle finalement en redressant un peu la tête pour le regarder.

Le nain ne dit rien. Il se contenta d'hocher la tête avant de se lever et de partir vers le feu, où était rassemblé les autres, sous l'œil menaçant de Gandalf.

Il continuait sa conversation avec elle une autre fois. Demain peut-être.

Le nain arriva parmi ses compagnons et il trouva Kili, il s'arrangea pour passer derrière lui pour aller s'asseoir. Il lui claqua la nuque au passage. Le plus jeune se plaint un peu mais il arrêta bien vite, se sentant terriblement coupable maintenant.

- Mes chers compagnons, commença Gandalf, en sifflant entre ses dents, retenant très peu son agacement. À l'avenir, il serait juste d'éviter d'étouffer ainsi notre camarade. Tout comme lui demander avant d'instiguer un contact, nous éviterons ainsi beaucoup de fâcheuses situations.

Tous acquiescèrent et la compagnie se coucha tôt cette nuit-là, malgré les multiples bruits d'orcs.

Thorin soupira de découragement face à son neveu.

X

Je me réveillais car quelque chose gigotait dans mes bras. Je grognais un peu en ouvrant les yeux vers ce qui m'empêchait de dormir.

C'était Bilbo.

Il ne m'avait pas laissé seule depuis une semaine, depuis là-fois où j'avais frôlé la crise de panique.

Ce dont j'avais quelque peu honte. Je connaissais les nains, mais j'avais toujours hais les foules.

Plus il y a de gens, plus il y a d'idiots.

Le traitement des nains envers moi avait beaucoup changé depuis. Ils me prenaient pour une petite chose fragile, un animal blessé qui allait s'enfuir à tout moment. Du moins, c'était ce que je ressentais, mais rationnellement, je savais qu'il ne fallait pas que je prenne offense.

Je dégageais habilement du hobbit koala qui volait toute ma chaleur corporelle et je me relevais. L'aube pointait tout juste le bout de son nez. Je pris le temps d'observer un peu autour de moi avant de m'étirer.

Mon dos allait me tuer.

Je me dirigeais ensuite vers le feu, qui avait été maintenue en vie par le garde de nuit, et je m'assis à côté de Thorin, qui était bien réveillé sur son morceau de pierre.

- Bon matin, lui dis-je doucement, pour ne pas briser brusquement le silence de la nuit.

- Bon matin, me répondit-il avec un hochement de tête avant de retourner à son observation intense du feu.

J'avais repéré, un ruisseau non loin de là alors je me dépêchais d'aller y ramasser de l'eau dans la bouilloire en métal que je sorti de Rupert, qui pendait à mes côtés. Je revins vers Thorin et je mis ma théière sur le feu.

Je me réinstallai et je sorti ma fidèle tasse jumbo, mon colorant à café et mon café instantané, le tout aider de Janine, la cuillère en bois. Je sentais les yeux de Thorin suivre mes gestes, mais je le laissais faire sans rien dire, je ne faisais rien de mal.

- Votre sacoche Morgan, comment peut-elle être si petite et contenir autant d'objets?, finit-il par me demander de sa voix profonde, en me perçant de ses yeux pâles.

Une grande majorité des nains avaient cessé de me vouvoyer, ils avaient cependant opté pour m'appeler pas mon nom de famille, ce qui me rappelait mes collègues universitaires mais qui ne me dérangeait point. Gandalf était un vieux alcoolique et la compagnie pouvait boire leur poids en bière.

Ce qui était énorme.

Ce qui me rappelait la vie universitaire.

- C'est un de mes cadeaux du Valar, expliquais-je au roi à côté de moi. J'ai demandé à avoir un sac dans lequel je pouvais ranger autant qu'il me plaisait, sans jamais en être incommodé.

Je passais la bandoulière par-dessus ma tête et tendit Rupert à Thorin, pour qu'il l'inspecte par lui-même. Il avait un sourcil levé, clairement sceptique, en prenant mon sac dans ses mains.

Ses yeux bleus s'agrandirent comme des plats ronds quand il réussit à enfouir son bras jusqu'à l'épaule dans la fameuse sacoche.

- Aulë me l'a donné, c'est pour ça que c'est mon seul bagage, lui dis-je, un peu mal à l'aise du silence.

Oui, Thorin m'intimidait.

- A-t-il une limite d'objets qu'il peut contenir?, me demanda-t-il après quelques instants, en me redonnant Rupert.

- Non, répondis-je, en esquissant un sourire.

- Pourrait-on y ranger plusieurs de nos choses essentielles ou encombrantes?, continua-t-il, sans jamais me lâcher du regard.

Je crois que c'est ça qui me rends mal à l'aise avec lui, j'ai l'impression qu'il regarde mon âme et qu'il me juge pour la fois où j'avais mangé tout le plat de macaroni gratiné à moi toute seule.

- Mais bien sûre, répondis-je en lui tendant à nouveau ma sacoche. Vous pouvez y ranger ce que vous voulez cependant, elle reste avec moi.

Thorin hocha la tête et lorsqu'il s'empara à nouveau de Rupert, il m'offrit un de ses rares sourire.

Je rougis comme une écolière. Il me sourit narquoisement. Je lui lançais un regard de pétasse avant de faire des allers-retours entre la forme paisible de Bilbo, qui dormait et lui, le tout en haussant des sourcils de manières suggestive.

Ce fut au tour de Thorin de rougir comme une écolière.

J'éclatais bruyamment de rire. Je penchais la tête en arrière et je dû me tenir les côtes tellement je riais. Je ne pensais pas que Thorin serait aussi prude envers Bilbo! Je jetais un nouveau coup d'œil au nain en ma présence et je me mis à rire de plus belle.

Il me fusillait du regard, le tout rouge comme une pivoine.

Je finis par réveiller la moitié du camp par mes rires et de mauvaise foi, Thorin nous fit partir pour la journée immédiatement.

Le roi avait décidé de mettre la moitié de la nourriture en plus de leurs instruments de musique et tous les sacs qui n'étaient pas les affaires personnelles dans ma sacoche.

Les nains furent très contents de voyager léger. La bonne humeur finit par revenir vers Thorin et il oublia qu'il était frustré contre moi car il ralenti son poney pour atteindre ma hauteur.

- Alors, guerrière envoyée par le Valar, d'où viens-tu?, me demanda-t-il.

Je restai surprise quelques instants que l'on s'intéresse à moi et que ce soit Thorin qui me pose la question encore plus, avant de me ressaisir :

- Je proviens d'un endroit appeler le Canada. Nous vivons dans le grand nord depuis plusieurs centaines d'années. Les paysages y sont très beau et c'est un territoire très vaste. Il y a des montagnes et des pleines. Il y a un été très chaud en juillet et un hiver impardonnable en Janvier, répondis-je en essayant d'expliquer d'où je venais.

- Y a-t-il des nains dans les montagnes?, demanda Ori, qui se trouvait non loin derrière moi, qui écoutait apparemment la conversation.

- Non, répondis-je en riant. Mon monde n'est peuplé que d'hommes. Il y n'a pas d'elfes, de nains, d'orcs ou d'aigles géants qui parlent. Il n'y a pas de magie non plus.

- N'est-ce pas un peu ennuyant?, demanda Bofur.

- Oh, dans mon monde, les hommes passent leur temps à s'entretuer dans des guerres depuis aussi longtemps que l'on peut se souvenir, et ce n'est malheureusement pas le point de s'arrêter, soupirais-je avec amertume. Les hommes ne sont pas capables de voir au-delà des différences alors je suis contente qu'il n'y aille qu'une seule espèce dans mon monde!

La compagnie, qui m'écoutait dans son entièreté, attentivement, me lança des gros yeux.

- Ah non! Ne le prenez pas méchamment, mais je voulais simplement dire que chez moi, du moins, dans des territoires lointains du miens, il y a des gens qui se font exécuter car… ils sont homosexuels!

Ou toute autre sexualité que celle autre que la majorité.

- Quoi?!

- Oui, c'est horrible. Les parents d'une de mes amies d'enfance l'on renié car elle était attirée par les femmes!

- Ça m'a l'air d'un monde bien sombre d'où vous venez, finit par dire Thorin, après quelques instants de silences.

Les nains avaient leurs âmes sœurs, et ils acceptaient la personne peu importe de son sexe.

- Certes, mais saviez-vous que nous avons trouvé un moyen de transport sous-terrain?

Je passais alors le restant de la journée à répondre à toutes les questions posées. Trains, métros, armes, architectures et médecine furent les sujets les plus récurent. Je ne pensais pas que les nains étaient intéressés dans mon monde mais leur intérêt était sincère et je me dis un plaisir de discuter avec eux.

- Quelle était ton occupation avant de venir ici?, finit par me demander Fili.

Tous avaient posé des questions, même Bifur avec l'aide d'un interprète pour moi, même si je comprenais quelques mots en Khuzdul, ce n'était pas assez pour pouvoir suivre les questions poussées du nain ayant la hache dans le front.

- J'étais journaliste, répondis-je, en repensant à mon bureau. C'est un métier où mon travail est de maintenir les gens informés des choses importantes qui se passe dans les environs. Ma spécialisation était les relations étrangères.

- Est-ce pour ça que tu t'es nommé ambassadrice des hobbits?, me demanda Bilbo, juste sous mon menton.

- Mon chéri, je suis l'ambassadrice des hobbits.

- Est-ce que journaliste est un métier dangereux? Fit la voix de Dwalin, bien en avant du groupe.

- Hum… ça dépends des sujets traités? Je n'étais pas en danger quand je traitais du remplacement des fenêtres dans toutes les maisons funéraires de la ville, mais j'étais définitivement à un faux-pas de la prison et torture quand j'ai dû aller couvrir la libération d'une prisonnière d'opinion dans un autre pays.

- Prisonnier d'opinion?

- C'est quand l'on se fait arrêter pour avoir dit ce que l'on pense, ce qui est majoritairement une pensée contre les personnes au pouvoir.

- Oh, firent plusieurs nains. Quel étrange monde.

- Et tu as pu avoir un travail et voyager?, demanda Gloin. Les femmes humaines ont-elles plus de liberté qu'ici?

- Oh oui. Notre monde essaye d'évoluer vers l'égalité des sexes, mais c'est un combat très lent, douloureux et ardus. Où je vivais, les conditions de vies étaient tout à fait respectables, nous pouvons avoir un emploie avec un salaire relativement proche de celui masculin, nous pouvons avoir notre propre place où vivre, le mariage n'est plus un élément de notre survie et je pouvais me promener en début de soirée seule sans trop de stress.

- Je crois que nous ayons trouvé un autre choc culturel, dit sagement Thorin en apaisant les questionnements des nains qui fusait de plus en plus face à ce que la jeune femme venait de leur raconter sur leur monde.

- Es-tu entrain de dire qu'il n'y a plus de mariage? Mais où va le monde?, s'outra Dori.

- Quoi? Il n'y a plus d'alliage?, demanda Oin, en essayant d'orienter sa trompette dans le sens général de la conversation, s'inquiétant maintenant gravement pour l'avenir du métal.

- Mais oui il y a toujours des couples qui se marient, notre culture est juste rendue où le mariage est une étape tardive dans un couple. Certains ne se marieront jamais et ça dépends encore des religions. Par exemple, mon oncle et ma tante ne se sont jamais marié et pourtant ils sont ensemble depuis une trentaine d'année et ont eu quatre filles. C'est relativement commun.

Un silence suivit où tous digéraient les informations suivit. Bifur fut le premier à l'interrompe en grognant en khuzdul. Je compris retourner, maison et famille.

- Il veut savoir si tu peux retourner chez toi, me traduit Bombur.

J'hochais négativement la tête. Le silence se fit encore.

Bifur parla à nouveau, très court, avec à nouveau le mot famille dedans. Je me tournais vers le nain en question et je lui demandais :

- Tu veux savoir si j'ai de la famille, si j'avais de la famille ou si je vais retrouver ma famille?, lui demandais-je directement.

J'étais agacée qu'on ne me traduise jamais exactement ce qu'il disait. J'étais très bonne en langue alors j'allais devoir trouver un moyen de perfectionner celles que je connaissais de la terre du milieu. Soit l'elfique, que je pratiquais déjà avec Elrond et compagnie, et le nain.

La langue noire était encore trop compliquée pour moi.

Le nain avec une hache dans le front me regardait surpris avant de lever deux doigts dans les airs. Ma deuxième suggestion alors.

- Si j'avais de la famille?

Le nain hocha de la tête. Je restais sur mon trouble :

- Tu veux que je te parle de ma famille?, demandais-je à nouveau.

- Oui femme, allez parle!, s'impatienta Bofur m'envoyant un clin d'œil quand je le regardais.

- Ok… heum… vous-voulez savoir quoi?

Des soupirs exaspérés se firent entendre un peu partout. Je souris malgré moi. J'aime exaspérer les gens.

- Désolée chers camarades, je suis rarement habitué de parler aux gens et encore moins de ma famille! Je vais m'habituer d'ici la fin du voyage! Alors je suis née en début juillet, ma mère s'appelait Yvana et provenait du sud tandis que mon père lui, était d'une vieille famille du nord.

- Comment s'appelait-il?, me demanda Bilbo.

- Jake. Il n'était pas très studieux et sage, mais il a réussi à séduire ma mère. Ce qui reste encore un mystère pour moi… Bref, ils sont restés ensemble deux ans, grossesse incluse, avant qu'il ne nous quitte. Je crois que c'est ma mère qui la mit dehors… J'ai retrouvé mon père vers mes quinze ans…

Je leur parlais de ma grand-mère maternelle, qui me manquait terriblement, du frère à ma mère, mon oncle et sa femme et leurs quatre filles. Je leur parlais également de mon grand-père paternel et de ses aventures dans le nord.

Je fus rapidement nostalgique cependant et je m'arrêtais après un certain temps. Les conversations reprirent et certaines chansons furent chantées. Je restais silencieuse sur mon poney, en repensant au passé. Bilbo appuya sa tête contre ma cage thoracique dans un mouvement de réconfort, que j'acceptai avec joie.

Cette soirée-là, malgré notre nombre de seize, je me senti seule comme jamais. Je sorti mon cellulaire, qui avait encore de la batterie avant que je le recharge avec mes batteries solaires. Je mis mes écouteurs et je m'adossais contre la grosse roche derrière moi. Le feu était un peu plus loin devant moi, je recevais seulement de l'éclairage.

Je pesais sur play et je levais la tête, maintenant complètement accotée contre le rocher et je contemplais le ciel noir. J'observais les étoiles. J'admirais leur beauté dans l'immensité.

J'avais toujours été nulle en astronomie, mais il y avait quelques étoiles que je connaissais, et je serais capable de les reconnaître n'importe où.

Un crâne tatoué fit soudain son apparition dans mon champ de vision.

Je baissais légèrement la tête pour mieux observer Dwalin, que je n'avais pas entendue venir à cause de mes écouteurs. Mes yeux trouvèrent immédiatement le couteau dans ses mains. Il s'assit à côté de moi, en indien lui aussi, puis il se mit à aiguiser tranquillement dans son couteau, puis ses haches, qu'il traînait toujours dans son dos.

Je ne bougeais pas quelques instants, m'habituant à sa présence avant d'enlever l'écouteur qui se trouvait du côté de mon compagnon. Je retournais à observer les étoiles. Je reconnaissais dans le ciel la ceinture d'Orion et j'esquissais un sourire.

Fili et Kili revinrent alors en panique :

- TROIS TROLLS ONT MYSTÉRIEUSEMENT KIDNAPPÉS BILBO et des poneys!, crièrent-ils sans jamais s'arrêter de courir jusqu'à leurs armes avant de retourner d'où ils étaient venus, toujours en courant.

- ET QUOI?!, cria à son tour Thorin, indigné et en colère contre ses neveux avant de prendre son épée et de se mettre à courir après les deux frères.

Je ne savais pas s'il courait pour aider ou tuer les deux nains. La compagnie suivit plus ou moins rapidement après le départ de leur roi, tous armés. Je me levai tranquillement de ma roche et je pris le temps de m'étirer. Quelques mouvements plus tard, je sécurisais un de mes écouteurs à mon oreille en passant la corde dans mes nombreux anneaux et je passais l'autre dans mon chandail. Je pris le temps de sélectionner ma playlist avant de jogger vers la direction générale de tout le monde.